LA REGLE DU JEU

LA REGLE DU JEU

Annexe à

LA MACHINE DE L’ETERNITE

LA THEORIE

Dans les époques sans dieu (qui ne sont pas, pour autant, sans quelque église), l’ambition de l’humanité est de contenir la réalité dans un système ou dans un dogme. Mais la loi unique de la réalité est que tout le possible doit être réalisé. Si bien qu’aucun système, aucun dogme ne contient la réalité sans être contredit par une autre possibilité dogmatique ou systématique. Comme l’ont compris au cours des âges les esprits doués de discernement, il n’est pas d’oui qui n’exige un non.

Le matérialiste en déduit que la pensée n’a pas d’importance, puisque tout peut être cru ou nié. Seul, le fait compterait, hors de toute croyance. Mais il n’est pas de fait qui ne soit nié ou cru selon les époques: que Staline était le Père des peuples et qu’il était un tyran; que la terre tourne autour du soleil et que le soleil tourne autour de la terre. D’où, le déclin qui achève toutes les époques: l’homme peut croire, et donc faire, n’importe quoi.

Mais l’échec qui menace n’importe quelle prétention, et le désastre qui la conclut toujours prouvent qu’une manière de loi existe, qui ne peut être éludée: ni dogmatique, ni proprement systématique, une machine fonctionne, qui ne cesse jamais de fonctionner, même alors que la machine est mise en doute.

Puisque cette machine ne concerne pas le fait (inconnaissable, inacceptable hors d’une croyance), il faut qu’elle concerne la croyance. Son étude ou « science machinale » a porté les noms successifs de polythéisme (la science des dieux dénombrés), de panthéisme (la science de l’univers-dieu), de mythologie (la science des mythes), d’ésotérisme (la science du réel impliqué). On pourrait la nommer philosophie (platonicienne des idées ou kantienne des Catégories), psychanalyse jungienne des archétypes, la macrobiologie de Watson, science des structures de la vie, l’ethnologie contemporaine, science des croyances ethniques, ou même la science nucléaire des structures de la matière/énergie.

L’histoire de six millénaires – au moins – prouve qu’il s’agit toujours d’établir les croyances/réalités en un nombre limité de structures: tribus, opérations de l’alchimie, imâms de l’Islam, catégories, archétypes, particules subatomiques, gènes porteurs de l’individu, et de déterminer à la fois la probabilité de position et la quantité de mouvements de la structure définie.

Illustration Pierre-Jean Debenat

LES TROIS APPROCHES

Une seconde loi s’impose à travers toutes ces quêtes: la seule sur laquelle toutes s’accordent en fait. Les croyances ou « approches » de la réalité d’un quelconque objet sont au nombre de 3: des 3 dimensions des l’espace humain aux 3 couleurs du quark subatomique par les 3 d’Ezéchiel, de Platon, de Kant, les 3 dieux de la Trimurti, les 3 natures de l’hermétisme, les 3 arts de Boèce ou les 3 personnes de la Trinité; mais aussi les 3 de Hegel (thèse, antithèse et synthèse), les 3 de Wronski, de Lacan, de Meichelbeck, les 3 relations du soufisme (je-moi, je-toi, je-lui), les 3 composants de la vis sans fin, du moteur à quatre temps, les 3 états de la double hélice macrobiologique ou même les 3 polariseurs de l’optique contemporaine. Différemment, le A, le U et le M brahmaniques ou l’Aleph, le Shin et le Mêm kabbalistiques, que j’ai nommé le Signe, l’Appareil et le Seuil.

En effet, les croyances ou perceptions trinitaires font de l’objet, quel qu’il soit, un signe en soi, que j’énonce quand je m’exprime dans une certaine grammaire, ou un appareil, que j’utilise dialectiquement quand je parle pour une personne quelconque, ou un seuil (de compréhension, d’échange, de connaissance, de libération) que me permet de franchir, ou non, l’exactitude, la conviction, la persuasion, l’habileté, la rhétorique de mon propos.

Il n’y a pas de 4ème approche (intelligible) de l’objet en question, mais il n’y en a pas moins de trois. Selon Hegel, de toute thèse et de toute antithèse se déduit une synthèse, qui fonde la thèse nouvelle. Selon Lacan: de tout imaginaire/réel se formule une symbolique et de toute symbolique imaginaire une forme sensible de réalité qu’on nommera dès lors le « symptôme ».

A partir des 3 sommets ABC d’un triangle, je peux formuler un centre O, mais ce centre est lui-même le sommet d’un triangle OA, OB, OC, construit à partir du premier, comme le démontre la conscience différentielle.

Tout le problème est alors de déterminer correctement dans quel ordre se succèderont le signe, le seuil et l’appareil, ou l’esprit, le corps et l’âme du scolastique, ou le conceptuel, le concret et le sensible.

Car je peux formuler un signe, en faire un appareil de communication et dire par lui quelque chose, franchir, grâce à lui, un certain seuil (A, B, C) ou éprouver le besoin d’une communication, formuler le signe adéquat et dire par lui quelque chose (B,A,C), ou je peux construire le triangle à partir d’un sommet quelconque ou je peux traiter un malade à partir d’un symptôme réel (C), de la symbolique que j’y découvre (A) ou de l’imaginaire communication (C) qui s’établit entre le patient et moi, etc.

De la première loi de l’univers: tout le possible doit être réalisé, et de la seconde: mes trois dimensions, se déduit nécessairement la troisième: le processus ABC, quel qu’il soit, doit être inversé non pas seulement successivement (un sens après l’autre), mais simultanément, comme la moitié du photon suit nécessairement et immédiatement une direction inverse de celle que suit l’autre moitié.

Des deux sens: A B C et C B A se déduit un ensemble qui contient statistiquement 9 structures: aa, bb, cc, ab, ac, ba, bc, ca, cb, mais dynamiquement, 12 successions:

ab  ac  aa  ac  ab aa  aa ac  ab  aa  ab  ac

bc ba  bb  bb  ba  bc cc  cb  ca  cb  cc  ca

ca  cb  cc ca  cc  cb  bb  ba  bc  bc  ba  bb

1   2    3   4   5    6   7    8   9    10  11   12

que rien me m’interdit de nommer les 12 dieux grecs ou romains, les 12 tribus, les 12 imâms, les 12 chevaliers de la Table Ronde, les 12 opérations, Principes, Causes, Préservations, Catégories ou Archétypes, selon mon zodiaque personnel.

Mais contrairement à l’illusion astrologique, la succession des 12 eux-mêmes ne se présente pas comme immuable, car la Machine n’est pas systématique: elle ne meut pas nos croyances sans être elle-même en perpétuel mouvement.

L’INVERSION PERPETUELLE

L’inversion  à la fois successive et simultanée qu’exige la Première Loi s’opère humainement de la manière la plus simple : par nomination (dans le Signe), alternance (par l’Appareil) et dépassement (au Seuil).

Pratiquement, si j’établis une dialectique quelconque, par exemple l’Espace et le Temps, mon premier mouvement sera toujours de l’identifier à une dialectique plus ancienne : le Même et l’Autre, la Substance et la Forme, ou le discontinu et la continuité. Je dirai que la Forme (ou le discontinu ou l’Autre) est toujours de l’espace, la matière (le continu ou le Même) toujours du temps.

Il me faudra l’expérience renouvelée de l’échec pour admettre les hypothèses paradoxales d’une forme (ou d’un discontinu) qui soit du temps : le calendrier, et d’une matière (ou d’une continuité) qui soit de l’espace : l’Espace même, hors de l’étendue.

Dès lors, le schème machinal comportera les 4 lieux : la forme spatiale (l’apparence dans l’étendue), la matière temporelle (dans la durée d’un corps quelconque), la matière spatiale (hors des apparences) et la forme temporelle (des cycles, hors des durées).

Différemment, si je traite des « natures » et des « lois », je parlerai d’abord des lois de la nature, en faisant dépendre celle-ci de celles-là, et plus tard seulement des natures de la loi, par un mouvement inverse : je traiterai des lois-signes, des lois-appareils, des lois-seuils, des catégories ou des archétypes.

Ou bien j’imaginerai que le Même est toujours sujet et l’Autre toujours objet (les premiers Yin et Yang) avant de concevoir que l’Autre est aussi un sujet (le « prochain ») et que je suis un objet pour l’Autre.

Ou bien je m’arracherai de l’identification tenue pour indiscutable entre le nombre et la quantité, la qualité et l’état. J’admettrai qu’un nombre du moins n’est pas quantitatif : la datation cyclique, le jour, le mois, et qu’un état n’est pas qualitatif : le degré de croissance ou de décroissance de l’objet entraîné par le cycle.

Il va de soi que cette dialectique indéfiniment diverse et constamment inversée ne peut se maintenir à l’infini dans sa perpétuelle nouveauté sans que, simultanément, « les choses reviennent en l’état », par le retour éternel des cycles. A la forme quadripartite de la dialectique dédoublée (Eléments, Cardinaux, Saisons, Mania ou Sciences), que figure à merveille l’analemme, se juxtapose nécessairement le cercle parfait; ou bien, à la forme mythique (hors de l’unité, qu’elle contient) la forme vide (exclusive des transformations indéfinies de l’Unité).

L’horloge apaise à terme les conflits insolubles. Mais bien sûr, ni la figure de l’analemme ni celle du cercle ne rendent compte exactement des deux « réels » dont il s’agit et qui ne se situent pas dans les deux dimensions, ni, hors de l’humain, dans les trois nôtres.

LES DEUX FIGURES

L’une de nos erreurs les plus évidentes – et que j’ai longtemps commise – est de considérer les phases temporelles comme des distances sur une ligne droite ou sur une courbe.

Quand, cependant, je dis qu’un jour est passé – ou une année – je ne parle pas d’une route sur laquelle j’aurais marché, mais d’une surface ou d’un volume ou de quelque espace à n dimensions qui englobe de fait, recouvre entièrement, tout ce qui s’est passé dans cette année ou ce jour.

Je dis que cette erreur, je l’ai commise moi-même, lorsque j’ai appliqué aux cycles temporels la « formule des moyennes » : N = 2 n-1, où N est la mesure du cercle et 2 n la mesure de l’analemme.

Il est clair, en effet, que, si n et N sont des rayons, N = 2 n-1 sera toujours plus petit que 2n. Le rapport se conservera si n et N sont des circonférences :

4nπ > 2Nπ     si 2n > N.

Plus généralement :

le rapport 2qn/qN demeure constant (2n/N) quelle que soit la valeur de q.

Mais ce n’est plus vrai si n et N sont des surfaces ou des volumes :

2n²/N² n’égale pas 2n³/N³.

Le rapport 2n puissance q/N puissance q n’est pas constant.

Le calcul prouve qu’au-dessus d’une certaine valeur de n, la surface 2n peut être plus petite que la surface N.

C’est le cas quand n est plus grand que (e-1) et N plus grand que (2e-3).

Pour cette valeur, les deux surfaces 2n² et N² sont égales.

De cette équivalence : 2(e-1)² = (2e – 3)² = 5,9, il se déduit une équivalence plus générale : 2q (e-1)² = q (2e – 3)².

Par exemple :

si q = 8,8, N = 21,2   n = (21,2 + 8,8)/2 = 15

2. 15² = 21,2² = 450,

si q = 105,49  N = 254,5   n = (254,5 + 105,49)/2 = 180

2. 180² = 254,5² = 64 800,

si q = 1 265,33   N = 3 054,77   n = (3 054,77 +1 265,33)/2 = 2 160

2.2.160² = 3 054,77² = 9 331 200.

Ces nombres sont ceux que j’ai retrouvés dans toute la quête temporelle, tant calendérique que mythologique ou archétypale et que j’ai recensés dans La machine de l’éternité. Ils définissent des cycles tels que la surface mythique égale la surface de la forme vide, ou la surface de l’analemme celle du cercle-horloge.

D’autres études, telles que celles des cycles d’aspects planétaires, des cycles d’activité solaire, du calendrier chinois ou des cycles du sommeil, modifient légèrement ces nombres en les simplifiant :

de 21,2 à 21, de 254,5 en 252, de 3 054 en 3 024.

La série des moyennes exige alors la modification de q et de n-q :

q = 1 296, n= 2 160, n-q = 864  N = 2n-q = 3 024,

q = 108, n = 180, n-q = 72,   N = 2n-q = 252,

q = 9, n = 15, n-q = 6,   N =2n-q = 21.

LES DEUX MOUVEMENTS

L’étude des cycles nous a révélé d’autre part que tous comportent le double mouvement que j’ai nommé le temps-trottoir, réductible au cercle, et le temps-balançoire, que contient toujours l’analemme : jour/nuit, saisons chaudes/saisons froides, sommeil AMOR/sommeil SMOR, systole/diastole, croissance/décroissance, etc.

Les cycles d’aspects plutoniens décrivent aussi les deux mouvements simultanés : ordre/désordre sur quelque 504 ans (= 2 X 252) et grandes conjonctions dans le rythme : 360 + 144 = 504.

C’est approximativement le rythme qu’épousent d’une part les phases activité/inactivité du cycle solaire et, d’autre part, la croissance et la décroissance des taches à la surface de l’astre. Dans le cycle lunaire, c’est d’une part l’alternance : nouvelle lune et premier quartier/pleine lune et dernier quartier, d’autre part les conjonctions lune/soleil, etc.

Sur 21 ans, le double rythme s’exprimera soit par la succession : 15 + 6, soit par la succession : 9 + 12,

sur 252 ans, par les successions : 180 + 72 et 108 + 144,

sur 3 024 ans, par les successions : 2 160 + 864 et 1 296 + 1 728.

Ce ne sont que des applications de l’égalité mise en lumière dans La machine de l’éternité :

1 + 2 (n-1) = n + (n-1) = 2n – 1,

et pour la valeur N = 2 e – 3 :

1 = 2 (e – 2) = (e – 1) + (e -2) = 2 e -3.

L’Unité quantique + la nomination (12 puissance n) = le cycle + sa durée entropique ou 7/7 + 10/7 = 12/7 + 5/7 = 17/7.

S’il est possible de définir un cycle quelconque comme une horloge ou une année : le cycle de base, le double mouvement du cycle en sa double forme exige de l’étudier en ses 17/7, peu différents des 12/5 chinois.

Comme les divers cycles mensuels s’équivalent en 21 mois et les divers cycles annuels en 252 mois lunaires, 235 lunaisons ou 228 mois grégoriens (6 940 jours).

Une démonstration qui vaut pour le calcul du degré de liberté du jour et pour celui du degré de liberté des cycles planétaires a des chances de valoir pour le calcul de n’importe quelle succession de croyances, entropique dans le sens du devenir au devenu, néguentropique dans le sens inverse (ou du passé vers l’avenir).

Or, bien avant que je m’adonne à ces calculs, l’histoire des mythes et des dieux me l’avait, en effet, montré. Sur les 12 et 15 ans, sur les 144 et 180 ans, sur les 1 728 et 2 160 ans, sur les 24 000 ans et les 25 920 ans de la Grande Année.

LE CYCLE DE BASE

Ce n’est pas dire que l’équivalence des deux surfaces (en N = 2 e -3) et l’inversion vectorielle nous soient garantes de la vérité, de l’utilité ou de l’harmonie de nos croyances.

Car le Vrai, le Bien et le Beau ne sont encore que des Idées.

Même à ce point, nous ne sommes pas saufs de l’erreur. Il suffirait, ici encore, d’identifier aux 2 formes les 2 mouvements et de présenter le vecteur N comme nécessairement axé dans un sens et le vecteur n dans le sens inverse. Ou, différemment, de confondre le temps-balançoire avec la forme mythique et le temps-trottoir avec la forme vide, ou à l’inverse, pour rendre de nouveau insaisissable le jeu complexe des croyances.

La double dialectique, ici, est d’une part celle de l’horizontal (la droite/la gauche) et du vertical (le bas/le haut), d’autre part celle du simultané et du successif.

Si je considère que les surfaces 2n²π etN²π contiennent les deux sens simultanés du temps (pour N = 2 e -3) : 1 + 2 (e-2) dans un sens, néguentropique, et (e – 1) + (e – 2) dans l’autre, entropique, comme dans les alternances ordre/désordre, croissance/décroissance, Systole/diastole, réchauffement/refroidissement, etc., il restera que les deux sens sont également successifs.

Par exemple, en 180 + 72 = 108 + 144 = 252, les 144 ans suivent les 180 ans (à l’exception du chevauchement des 36 ans ou 3 – e).

Mais ni cette succession ni cette simultanéité ne me permettent d’inclure les 252 ans dans la succession des cycles de 180 ans ou de 144 ans, ni dans le développement simultané d’un cycle plus étendu, tel que 2 160 = 12 X 180 ou 1 728 ans = 12 X 144 ans.

Au contraire, cette autre succession et cette autre simultanéité (verticales, en quelque sorte) me deviendront concevables si je joue d’un certain degré de liberté dans le cycle : exactement 1/12 + ou – 1/60, et si je lis le cycle en ses 9/10 ou 54/60, à 1/10 ou 6/60 près.

Le cycle comptera au plus : 1 980 + 36 = 2 016 ans sur 2 160, 165 + 3 = 168 sur 180 ans, 13,75 + 0,25 = 14 sur 15 ans, et, au moins : 1 980 – 36 = 1 944 ans, 165 – 3 = 162 ans, 13,75 – 0,25 = 13,5 ans.

Je nomme ce cycle de base ou saisonnier, car il se laisse toujours partager en « quartiers » ou « saisons ». Pour exemples : les 4 phases ordre/désordre du cycle d’aspects plutonien ne donnent pas 2 160 ans mais de 1 944 ans à 2 016 ans;

les 4 phases lunaires ne donnent pas pour somme 30 jours, mais 27/28 jours :    

30 – (30/10) jours ou 30 – (4 X 30/60) jours, etc.

A ce point seulement le matériel nécessaire au jeu est entièrement en place. Il comporte les 3 formes d’une part (les 3 niveaux, les 3 polariseurs ou le Signe, l’Appareil et le Seuil) et, de l’autre, les 2 successions indéfiniment inversées : ABC et ACB. Simultanément et successivement, à l’horizontal et au vertical, par l’équivalence des surfaces en N = 2 e – 3 et dans la coexistence des cycles aux 9/10 plus ou moins.

LE CHEVAUCHEMENT ET LA MARGE

Une chose est la résolution mathématique d’un problème, une toute autre sa représentation. En ce qui concerne le problème des deux simultanéités et des deux successions, je n’y vois pas de meilleure analogie que celle du passage à tabac d’une part, du passage à niveau de l’autre.

Du premier passage, on dira que la douleur suit le coup; il est cependant un moment où le coup même et la douleur la plus vive se présentent comme simultanés. Ce chevauchement caractérise toutes les successions temporelles et, notamment, celle des deux formes mythique et vide en N = 2 e – 3.

Différemment, du second passage, on dira que le passage du train et l’abaissement de la barrière se présentent comme simultanés : bien que l’abaissement de la barrière précède le passage du train et que son relèvement le suive. Cette marge caractérise toutes les simultanéités temporelles, et, notamment, celle du cycle contenu dans le cycle contenant (du mois dans l’année, de l’année dans le cycle d’activité solaire, etc.). Ce chevauchement est donc ce qui reste de simultanéité dans la succession; cette marge ce qui demeure de succession dans la simultanéité.

Or, l’un et l’autre s’équivalent. Nous avons vu qu’ils jouaient de 36 ans pour le chevauchement de 180 et de 144 en 252 et de 36 ans également pour la marge irréductible du degré de liberté du 1/12 en 2 160 ans.

Au niveau supérieur, le chevauchement de 1 728 et de 2 160 en 3 024 sera de 432 ans, et de 432 ans également la marge irréductible du degré de liberté du 1/12 en 25 920 ans.

En jouant de la constante e, cette marge et ce chevauchement valent toujours  (3- e). C’est ce qui reste de l’Unité quantique 7/7 ou 12:12 après l’éviction de toutes les approximations possibles de l’Unité :

1/2 + 1/6 + 1/24 + 1/120 + 1/720 +… = e-2 ou 5/12 du cycle ou 5/7 de l’Unité : 0,7182.

Ce reste, 7/7 – 5/7 = 2/7 ou 1 – 0,7182 = 0,2828 est également la différence constante entre :

3, e ou 19/7, 2 e -3 ou 17/7, Tau ou 15/7

2, (e-1) ou 12/7, 2 (e-2), Tau-1,

1, (e-2) ou 5/7, 0,436 ou (Tau-1) – (e-2), etc.

A l’approximation près, (3-e) peut être considéré comme le double du cycle contenu dans le cycle, au 1/12 :

36 = 2 X (15 + 3),

432 = 2 X (180 + 36), etc.

Nous retrouvons ici comme partout le corollaire paradoxal de la Première Loi : l’assumation parfaite du degré de liberté reconduit à une constante, qui n’est pas autre chose que le degré de liberté d’un niveau supérieur.

LES APPLICATIONS AUX CYCLES MYTHIQUES

Je l’ai déjà signalé dans La machine de l’éternité : ces lois et ces calculs sous-tendent ma quête chronologique, mais ils n’en sont pas le support. Vingt études – publiées ou non – de 1958 à 1975 – ont porté les tableaux suivants en les fondant seulement sur le recensement des grandes croyances humaines et de leurs syncrétismes au cours des divers cycles.

Le jeu éclaire la quête; il ne la suscite pas.

I – Du tableau de base des 24 192 ans (12 X 2 016) se déduisent les cycles de base de 2 016 ans (2 160 et 1 728 dans les 3 024 ans).

Le seul exemple précis que nous ayons est naturellement la présente Grande Année, prise du plus profond de la dernière glaciation, à partir des millénaires de plus grand réchauffement de la Terre (-5000/1000) :

l’Eté de cette Grande Année-là :

      – 17136   – 15120    Le Verbe ténébreux : Min ou Mym,

H   – 15120   – 13104    Elohim (Enlil, El, Ouranos),

      – 13104   – 11088    Aphrodite ou la Terre Vierge, la Fleur

      – 11088   –  9072    Le Souverain : Soleil ou Lion,

P    –  9072   – 7056    Nash ou Kronos, les Eaux,

      –  4056   –  5040    Les Gémeaux ou l’Adam Céleste; leur père, Zeus,

     –  5040    –  3024    Le Taureau ou le Créateur,

E   –  3024   – 1008    Le Bélier ou le dieu de Justice, IAV ou IHV,

     – 1008     1008      Le Poisson ou le dieu d’Amour, IHS,

       1008    3024      Le Verseau ou l’Esprit

A    3024    5040      Le Capricorne ou la Nouvelle Terre

     5040     7056     Le Sagittaire ou la Nouvelle Lumière.

Pour en déduire l’étude d’une ère précessionnelle quelconque comme du Bélier (-3024/-1008) ou du Poisson (-1008/+1008), je devrais d’abord développer cette ère en N = 3024 ans. Par exemple, le Poisson se prendra sur 2 160 ans + 864 ans de déclin entropique, de -1008 à 2016, ou sur 1 296 ans de formulation = 1 728 ans de nomination : -1008/+288 et 288/2016.

Ces syncrétismes jouent de la base : 36 ans, degré de liberté des 2 160 ans (72, 108, 144), comme les syncrétismes de la Grande Année jouent de la base des 432 ans (les 5 siècles de Spengler) et les 180 ans de la base des 3 ans (degré de liberté du cycle d’activité solaire), etc.

D’une autre manière, ces 432 ans doublent 216 + ou – 36 : 180/252,

ces 36 ans doublent 18, + ou – 3 : 15/21,

ces 3 ans doublent 1,5 an, + ou – la saison : 1,25/1,75 an.

C’est l’écart de la saison d’une année à l’autre, décrite dans le Coran, ou l’écart de 6 heures dans le jour, si je prends la journée dans son expansion totale, de 6 heures du soir à 8 heures du matin la nuit l’hiver et de 4 heures du matin à 10 heures du soir le jour l’été, sur 5 X 6 = 30 heures de 18 heures à 24 le lendemain (ou de 17 à 23, etc.).

Dans les 42 heures pour 24 : 2 e – 3, 18 +24 : une nuit, un jour, une nuit, sur 3 x 14 ou dans les deux jours (2 X 24 = 48 heures) moins 6 heures.

 

II – Du tableau de base des 2 016 ans (12 X 168) se déduisent les cycles de base de 168 ans (180 et 144 dans les 252 ans).

Pour exemple, les ères du Poisson et du Verseau dans la présente Grande Année :

 

Si je veux en déduire l’étude quelconque d’un petit cycle mythique, comme de la Vierge dans le Poisson (0/168) ou des Gémeaux dans le Verseau (1680/1848) je devrai développer ces cycles (n-1) ou (n) dans N = 2 e – 3 : ici, 252 ans. Pour exemples :

III – Du tableau de base des 168 ans (12 X 14) se déduisent les cycles de base de 14 ans (15 et 12 dans les 21). Pour exemple : le Cancer dans l’ère du Verseau :

Nous sommes dans le mois d’octobre de cette « année » de 168 ans et sous le signe de la Balance, de 1974 à 1988.

Développé dans les 21 ans, le cycle de 14 ans donne :

1) 11 X 1,25 = 13,75                               2) 0,75 + (13 X 1) = 13,75

et, dans le détail :                                   et, dans le détail :

 

LA LIBERTE

Ces jeux suggèrent, sinon une loi, une règle du jeu, qui pourrait s’énoncer ainsi.

Dans l’ignorance où nous sommes non seulement de la réalité non-humaine mais de cet être en soi que nous nommons l’Unité, nous ne pouvons nous fier qu’en nos croyances, que  formulent un certain nombre, limité, d’archétypes : les 12 successions possibles de nos propres dimensions.

A tout moment et en tout lieu, nous sommes motivés, semble-t-il, par un ou plusieurs de ces archétypes, soit dans le sens : signe-appareil-seuil, que nous dirons précessionnel, soit dans le sens inverse, que nous dirons direct.

Dans le premier sens, quelque chose passe en nous, qui nous régénère, nous enrichit, nous porte à une vie renouvelée; dans le second sens, cette chose (énergie, lumière, force) ne passe pas et nous sortons de l’épreuve affaiblis, appauvris, amoindris, dans l’approche d’une mort ou, du moins, d’un déclin dont rien ne nous protège plus.

Tout archétype peut se concevoir, se constater ou se créer comme cet accroissement ou cette décroissance, cette renaissance ou cette entropie.

Dans le sens précessionnel, le Capricorne conduit au Sagittaire, au surgissement, à l’ardeur, au courage, à l’invention; dans le sens direct, il ne reconduit qu’au caprice (dans le Verseau).

Dans le sens précessionnel, le Sagittaire conduit au choix, à l’implication, à la responsabilité et au discernement du Verbe scorpionnaire; dans le sens direct, il ne ramène qu’à l’enracinement matériel ou terrestre qu’exprime aussi le Capricorne.

Dans le sens précessionnel, le Scorpion conduit à la Balance : sa compensation fidèle, son équilibre; dans le sens direct, il reconduit à la volonté vide, à l’entêtement, à la prétention dogmatique du Sagittaire.

Dans le sens précessionnel, la Balance conduit à la Vierge, à sa préservation et à sa protection; dans le sens direct, au seuil de toute ambiguïté, à cette fourche ténébreuse qu’est aussi le Scorpion.

Dans le sens précessionnel, la Vierge conduit au Lion, à sa rigueur dans les traités, à son organisation sans faille; dans le sens direct, à l’envoûtement, à la prison qu’est aussi la Balance.

Dans le sens précessionnel, le Lion conduit à la savante hiérarchie des valeurs qu’est toute cratophanie cancérique; dans le sens direct, à la tenue dévote, à l’avarice bourgeoise que peut être la Vierge.

Dans le sens précessionnel, le Cancer n’établit que mieux ses rythmes savants, par la science de l’Observation et toutes les analogies essentiellement gémelliques; dans le sens direct, vers le Lion, il se fait la tyrannie systématique de « l’opinion autorisée ».

Dans le sens précessionnel, les Gémeaux se font créateurs comme le Taureau; ils ont l’art et la façon; dans le sens direct, ils s’emprisonnent dans le solfège ou la grammaire stérile des recensements.

Dans le sens précessionnel, le Taureau acquiert la distinction et la sélection des valeurs, l’exactitude; dans le sens direct, il n’est que plagiat.

Dans le sens précessionnel, le Bélier se fait agneau, ou la justice miséricorde; dans le sens direct, il cède à l’appel du Veau d’Or, à l’exigence de l’enrichissement, au crime des nomenclatures.

Dans le sens précessionnel, le Poisson tend à l’Esprit, l’amour se fait libération; dans le sens direct, il se perd et se corrompt en justification de ses actes, émotivité justifiante.

Dans le sens précessionnel, le Verseau se fait fondateur; il est le vin et la moisson; dans le sens direct, la sentimentalité le guette – et la confusion des valeurs.

Or, à tout moment, aucun archétype ne persiste dans le sens direct sans pouvoir exister dans le sens précessionnel. Si le Poisson du mois est direct, celui de l’année est précessionnel; si le Bélier de l’année est précessionnel, le Bélier du cycle solaire évolue dans le sens inverse. Puis, les tableaux nous montrent que le renversement s’opère toujours, du contenant au contenu, dans le signe complémentaire du signe déterminant : la Vierge dans le Poisson, le Poisson dans la Vierge, le Lion dans le Verseau, le Verseau dans le Lion, et qu’un tel renversement n’est pas possible dans le cycle d’activité solaire sans l’être aussi dans l’année, le mois, le temps du rêve, la vibration du césium. Le choix nous demeure donc toujours possible entre la voie de la mort et la voie de la vie.

N’est-ce pas pourquoi cette machine même ne se formule qu’aujourd’hui, à l’approche du grand midi de l’Esprit Libre ou du Verseau?

Illustration Pierre-Jean Debenat

 

Le 13 Avril 1983

Jean-Charles Pichon

Ci-dessous :

Extrait d’une conférence intitulée

« La Machine de l’Eternité »

(audio)

LES 4 DIMENSIONS

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