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	<title>Jean-Charles Pichon</title>
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		<title>RALPH BENNETT</title>
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		<pubDate>Wed, 30 May 2012 18:31:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Les Passeurs de Mythes]]></category>

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		<description><![CDATA[RALPH BENNETT, SCULPTEUR DE MYTHES     GOO LA&#8217; SLACOON   Il est maître-sculpteur et conteur. Pendant l&#8217;été 2011, il a commencé à graver dans le cèdre jaune River Woman [la Femme du Fleuve]. Il est entouré de jeunes gens &#8230; <a href="http://www.jeancharlespichon.com/wp/?p=1750">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2 align="center"><strong><em>RALPH BENNETT,</em></strong></h2>
<h2 align="center"><strong><em>SCULPTEUR DE MYTHES</em></strong></h2>
<div id="attachment_1751" class="wp-caption aligncenter" style="width: 319px"><a href="http://www.jeancharlespichon.com/wp/wp-content/uploads/2012/05/Ralph-Bennett.jpg"><img class="size-full wp-image-1751" title="Ralph Bennett" src="http://www.jeancharlespichon.com/wp/wp-content/uploads/2012/05/Ralph-Bennett.jpg" alt="" width="309" height="468" /></a><p class="wp-caption-text">Collection Jean-Paul Debenat</p></div>
<p align="center"><strong><em> </em></strong></p>
<p align="center"><strong><em> </em></strong></p>
<h2 align="center"><strong>GOO LA&#8217; SLACOON</strong></h2>
<p align="center"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Il est maître-sculpteur et conteur. Pendant l&#8217;été 2011, il a commencé à graver dans le cèdre jaune River Woman [la Femme du Fleuve]. Il est entouré de jeunes gens qui vont, avec lui, insuffler une nouvelle vie à l&#8217;énorme tronc qui a été transporté jusqu&#8217;à la bourgade d&#8217;Index (178 habitants), dans l&#8217;Etat de Washington (U.S.A.).</p>
<p style="text-align: justify;">Là, sur les contreforts de la Chaîne des Cascades, dans un écrin de montagnes recouvertes de grands résineux — non loin de Steven&#8217;s Pass — l&#8217;équipe rassemblée par le sculpteur va apprendre à ciseler les différentes figures symboliques qui constituent la personnalité de River Woman.</p>
<p style="text-align: justify;">Le <em>River Woman Totem</em> a l&#8217;ambition d&#8217;évoquer les richesses de la Nature qui entourent le village. Le totem sera un double de River Woman elle-même, cette entité qui préside à la vie sous diverses formes; cette vie que l&#8217;on trouve en abondance dans les forêts fluviales du Pacifique Nord-Ouest.</p>
<p style="text-align: justify;">River Woman est aussi l&#8217;incarnation des populations, passées et présentes, et de leurs activités sur les rives de la rivière Skykomish.</p>
<p style="text-align: justify;">Afin d&#8217;évaluer la tâche — l&#8217;épreuve, dirons-nous — qui attend les jeunes travailleurs, il faut aller sur Google et taper : <span style="text-decoration: underline;">Photos : the Cedar Log Arrival into the town of Index</span>.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;équipe peut se fier à Goo la&#8217; Slacoon. Son nom se traduit en anglais par &laquo;&nbsp;Abalone Fingers&nbsp;&raquo; et s&#8217;interprète en français par &laquo;&nbsp;Les doigts de nacre&nbsp;&raquo;. La nacre est souvent utilisée dans l&#8217;ornementation des masques traditionnels.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour l&#8217;état-civil américain, le sculpteur s&#8217;appelle Ralph Bennett et il a suivi la même voie que son père, le maître-sculpteur John R. Bennet. Originaires des Iles de la Reine Charlotte, au large de la Colombie Britannique (Canada), ils sont issus de la tribu Haida.</p>
<p style="text-align: justify;">Ralph est un artiste, et un &laquo;&nbsp;guide&nbsp;&raquo; également. Au travers des contes, chants et danses, il sait ouvrir les chemins de la réflexion. Le <em>River Woman  Totem Project</em> est beaucoup plus qu&#8217;une activité &laquo;&nbsp;culturelle&nbsp;&raquo;. Nous savons qu&#8217;il laissera des traces invisibles mais durables dans les esprits des participants.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous avons admiré l&#8217;art de Ralph lorsqu&#8217;un de ses totems, en cèdre rouge celui-là, fut offert à la ville de Nantes par le comité de jumelage Seattle-Nantes.</p>
<p style="text-align: justify;">Puis, le sculpteur fut invité officiel de la ville de Nantes — avec un groupe de danseurs et chanteurs Tlingit — en 1997; précisément à l&#8217;occasion du festival des Arts et Traditions Populaires (1986-1998).</p>
<p style="text-align: justify;">Ralph dirigea les opérations lorsque le totem fut érigé — temporairement au bord des douves du château de la Duchesse Anne.</p>
<p style="text-align: justify;">Goo la&#8217; Slacoon poursuit son œuvre tout en initiant les jeunes générations — d&#8217;Amérindiens notamment — aux savoirs des peuples premiers du Pacifique Nord-Ouest.</p>
<div id="attachment_1752" class="wp-caption aligncenter" style="width: 610px"><a href="http://www.jeancharlespichon.com/wp/wp-content/uploads/2012/05/C-14-Gagiid-Ralph-Bennett.jpg"><img class="size-full wp-image-1752" title="C - 14 -Gagiid (Ralph Bennett)" src="http://www.jeancharlespichon.com/wp/wp-content/uploads/2012/05/C-14-Gagiid-Ralph-Bennett.jpg" alt="" width="600" height="886" /></a><p class="wp-caption-text">Gagiid Photo Jean-Paul Debenat</p></div>
<p style="text-align: justify;" align="center"><em> </em></p>
<p style="text-align: justify;">Chez les Haida, Gagiid est un proche cousin de Sasquash, l&#8217;Homme Sauvage des Forêts, ainsi nommé en langur Salish.</p>
<p style="text-align: justify;">Jean-Paul Debenat</p>
<div id="attachment_1753" class="wp-caption aligncenter" style="width: 810px"><a href="http://www.jeancharlespichon.com/wp/wp-content/uploads/2012/05/C-11-Corbeau-Ralph-Bennett.jpg"><img class="size-full wp-image-1753" title="C - 11 -Corbeau (Ralph Bennett)" src="http://www.jeancharlespichon.com/wp/wp-content/uploads/2012/05/C-11-Corbeau-Ralph-Bennett.jpg" alt="" width="800" height="559" /></a><p class="wp-caption-text">Corbeau Photo Jean-Paul Debenat</p></div>
<p style="text-align: justify;"><em> </em></p>
<p style="text-align: justify;" align="center"><strong> </strong></p>
<h2 align="center"><strong>RECIT</strong></h2>
<p style="text-align: justify;" align="center"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Je suis d&#8217;une tribu qui n&#8217;allaite pas ses enfants. Ils se gavent pourtant — certains — de sucs autrement maternels. D&#8217;aucuns s&#8217;y enivrent. Ils se perdront plus tard dans des labyrinthes de roches… n&#8217;auront de sépulture qu&#8217;une sèche ravine et de rite funéraire que la becquée des busards.</p>
<p style="text-align: justify;">D&#8217;autres se dessèchent : momies-fœtus à vocation de talisman. Une vie suspendue… Je me demande s&#8217;ils l&#8217;ont choisie. Ils nous servent d&#8217;emblème, a contrario. Ce sont les seuls, joues plissées, yeux bridés et rictus immuable, à demeurer statiques les jours de grand vent. Les sorciers les ignorent, à tort ou à peur, peut-être…</p>
<p style="text-align: justify;">La plupart des autres se nourrissent des légendes que nous taisons. Ils savent voyager dans les esprits des morts, et se gaver du miel des récits millénaires. Ils sont de goût délicat : un tel se régalera de l&#8217;âme inachevée d&#8217;une vierge immolée à un dieu subalterne; un autre sucera avec délice les rêves tumultueux d&#8217;un vieux mâcheur de peyotl; un autre encore picorera avec grâce l&#8217;amertume d&#8217;un banni…</p>
<p style="text-align: justify;">En règle générale, ils dédaignent la psyché des guerriers et matrones. Ils n&#8217;aiment pas les fruits mûrs.</p>
<p style="text-align: justify;">Ils fuient les prêtres et, les jours de cérémonie, se mettent à distance pour leur cracher dessus.</p>
<p style="text-align: justify;">Ils ne marchent pas et pourtant se déplacent — on ne sait comment. On veut les prendre dans ses bras, on s&#8217;approche doucement, la distance reste la même. On ne peut les toucher.</p>
<p style="text-align: justify;">Ils se touchent pourtant entre eux — d&#8217;une façon qui nous dérange. Une étrange fusion…</p>
<p style="text-align: justify;">Nous évitons leur regard, qui toujours accommode juste derrière nous.</p>
<p style="text-align: justify;">Ils ne parlent pas, ou du moins nous ne comprenons pas les sons qu&#8217;ils émettent, en de rares occasions.</p>
<p style="text-align: justify;">Par les nuits sans lune, ils se rassemblent sur la Colline, en petits groupes, et grognent de temps à autre, accroupis ou couchés sur le dos.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans la journée, on ne sait à quoi ils s&#8217;occupent. Pour certains, la contemplation d&#8217;une feuille de yucca peut prendre des heures. D&#8217;autres resteront assis, tout l&#8217;après-midi, le dos tourné à une fourmilière. Tous semblent porter une grande attention aux mouvements des nuages.</p>
<p style="text-align: justify;">Ils vivent nus, et paraissent prendre plaisir à la caresse du vent sur leur peau.</p>
<p style="text-align: justify;">Dorment-ils? Je ne saurais le dire. Même les yeux fermés, tout recroquevillés, ils gardent leur distance à notre approche.</p>
<p style="text-align: justify;">Lorsque, par exception, nous surprenons l&#8217;un d&#8217;eux au détour d&#8217;un buisson, l&#8217;air se remplit de haine et nous devons faire demi-tour.</p>
<p style="text-align: justify;">Apparemment ils ne jouent pas et pourtant j&#8217;ai l&#8217;impression en les voyant qu&#8217;ils se livrent à un jeu dont nous ignorons les règles.</p>
<p style="text-align: justify;">Je ne sais combien ils sont, n&#8217;ayant pu les voir tous ensemble.</p>
<p style="text-align: justify;">Ils ne vieillissent pas.</p>
<p style="text-align: justify;">A présent, le Chef est toujours pris de tremblements, le sorcier se mutile en scarifications, ma femme et mon cousin, devenus aveugles, demeurent dans leurs cases jour et nuit, sursautant au moindre bruit.</p>
<p style="text-align: justify;">Oui, nous ne sommes plus que cinq dans ma tribu.</p>
<p style="text-align: justify;">Auriez-vous encore du gin, je vous prie?</p>
<p style="text-align: justify;">Pierre-Jean Debenat</p>
<div id="attachment_1754" class="wp-caption aligncenter" style="width: 473px"><a href="http://www.jeancharlespichon.com/wp/wp-content/uploads/2012/05/Ralphs-hands.jpg"><img class="size-full wp-image-1754" title="Ralph's hands" src="http://www.jeancharlespichon.com/wp/wp-content/uploads/2012/05/Ralphs-hands.jpg" alt="" width="463" height="307" /></a><p class="wp-caption-text">Collection Jean-Paul Debenat</p></div>
<p style="text-align: justify;"><em>J&#8217;ai écrit, en 1997, ce texte pour Ralph Bennett. Mon frère Jean-Paul le lui a remis, et, à ce qu&#8217;il m&#8217;en a retransmis à l&#8217;époque, Ralph l&#8217;a apprécié.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Vous pouvez faire connaissance avec Ralph par l&#8217;intermédiaire d&#8217;une vidéo :</em></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.youtube.com/watch?v=FStV4PgVOpw">http://www.youtube.com/watch?v=FStV4PgVOpw</a></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Devant le totem qu&#8217;il a sculpté, Ralph raconte son histoire : l&#8217;union du Vent du Nord et du Vent du Sud, le combat entre l&#8217;Oiseau-Tonnerre et la Baleine, autant de mythes fondateurs de la tribu Haida. </em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Il termine son récit par cette phrase : &laquo;&nbsp;La sagesse vient avec l&#8217;âge, et non par la force&nbsp;&raquo;.</em></p>
<div id="attachment_1755" class="wp-caption aligncenter" style="width: 810px"><a href="http://www.jeancharlespichon.com/wp/wp-content/uploads/2012/05/C-12-Baleine-Tueuse-Ralph-Bennett.jpg"><img class="size-full wp-image-1755" title="C - 12 -Baleine Tueuse (Ralph Bennett)" src="http://www.jeancharlespichon.com/wp/wp-content/uploads/2012/05/C-12-Baleine-Tueuse-Ralph-Bennett.jpg" alt="" width="800" height="491" /></a><p class="wp-caption-text">Baleine-tueuse Photo Jean-Paul Debenat</p></div>
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		<title>A propos de &#171;&#160;Reliefs&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Wed, 30 May 2012 11:34:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Conférences]]></category>

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		<description><![CDATA[En 1994, Jean-Charles Pichon donna une conférence à des étudiants de l&#8217;I.U.T. de Nantes. Il y évoquait son dernier journal, &#171;&#160;Reliefs&#160;&#187;, qui devait être publié en 2009 par les éditions Edite. Voici la première partie de cette conférence, dans laquelle &#8230; <a href="http://www.jeancharlespichon.com/wp/?p=1768">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">En 1994, Jean-Charles Pichon donna une conférence à des étudiants de l&#8217;I.U.T. de Nantes. Il y évoquait son dernier<em> journal</em>, &laquo;&nbsp;Reliefs&nbsp;&raquo;, qui devait être publié en 2009 par les éditions Edite.</p>
<p style="text-align: justify;">Voici la première partie de cette conférence, dans laquelle il parle de ses enfances, en parallèle avec celles d&#8217;Edgar Poe. (Document audio).</p>
<p>Pierre-Jean Debenat</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.jeancharlespichon.com/wp/wp-content/uploads/2012/05/RELIEFS001.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1789" title="RELIEFS001" src="http://www.jeancharlespichon.com/wp/wp-content/uploads/2012/05/RELIEFS001-195x300.jpg" alt="" width="195" height="300" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.jeancharlespichon.com/wp/wp-content/uploads/2012/05/RELIEFS1.mp3">RELIEFS1</a></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.jeancharlespichon.com/wp/wp-content/uploads/2012/05/RELIEFS-02.mp3">RELIEFS 02</a></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.jeancharlespichon.com/wp/wp-content/uploads/2012/05/RELIEFS-03.mp3">RELIEFS 03</a></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.jeancharlespichon.com/wp/wp-content/uploads/2012/05/RELIEFS-04.mp3">RELIEFS 04</a></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.jeancharlespichon.com/wp/wp-content/uploads/2012/05/RELIEFS-05.mp3">RELIEFS 05</a></p>
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		<title>Métamorphoses</title>
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		<pubDate>Wed, 30 May 2012 08:23:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Poésies]]></category>

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		<description><![CDATA[En 1986, j&#8217;ai réalisé une série de photos pour laquelle Jean-Charles a écrit ce poème. P-J Debenat &#160; &#160; Vue des métamorphoses Comme une ombre portée   De la pierre à la chair, de la chair à la pierre de &#8230; <a href="http://www.jeancharlespichon.com/wp/?p=1675">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>En 1986, j&#8217;ai réalisé une série de photos pour laquelle Jean-Charles a écrit ce poème.</p>
<p>P-J Debenat</p>
<div id="attachment_1676" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://www.jeancharlespichon.com/wp/wp-content/uploads/2012/05/METAMORPHOSES001.jpg"><img class="size-full wp-image-1676" title="METAMORPHOSES001" src="http://www.jeancharlespichon.com/wp/wp-content/uploads/2012/05/METAMORPHOSES001.jpg" alt="" width="555" height="825" /></a><p class="wp-caption-text">Pierre-Jean Debenat</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><em>Vue des métamorphoses</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>Comme une ombre portée</em></p>
<p style="text-align: center;"><em> </em></p>
<p style="text-align: center;"><em>De la pierre à la chair, de la chair à la pierre</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>de l&#8217;entraille terrestre aux rives de la femme</em></p>
<p style="text-align: center;"><em> </em></p>
<p style="text-align: center;"><em>La terre au ciel de l&#8217;homme</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>mais Eros en Ghéa bien avant que d&#8217;éclore</em></p>
<p style="text-align: center;"><em> </em></p>
<p style="text-align: center;"><em>La couleur comme odeur</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>L&#8217;absence comme joie</em></p>
<p style="text-align: center;"><em> </em></p>
<p style="text-align: center;"><em>Au profond de la mort l&#8217;ébrouement de la vie</em></p>
<p style="text-align: center;"><em> </em></p>
<p style="text-align: center;"><em>L&#8217;érotisme vainqueur de son épais désir</em></p>
<p style="text-align: center;"><em> </em></p>
<p style="text-align: center;"><em>La ferveur retenue</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>d&#8217;un œil qui s&#8217;est ouvert pour dire le silence</em></p>
<p><em> </em></p>
<p align="center"><em>Jean-Charles Pichon</em></p>
<div id="attachment_1677" class="wp-caption aligncenter" style="width: 203px"><a href="http://www.jeancharlespichon.com/wp/wp-content/uploads/2012/05/METAMORPHOSES002.jpg"><img class="size-medium wp-image-1677" title="METAMORPHOSES002" src="http://www.jeancharlespichon.com/wp/wp-content/uploads/2012/05/METAMORPHOSES002-193x300.jpg" alt="" width="193" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Pierre-Jean Debenat</p></div>
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		</item>
		<item>
		<title>Introduction :  L&#8217;IMAGE ET LE SYMBOLE</title>
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		<pubDate>Tue, 29 May 2012 14:40:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[LES DIALECTIQUES FACTRICES dans les quêtes du Graal et les alchimies]]></category>

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		<description><![CDATA[En 1989, Jean-Charles me donna un exemplaire de son dernier ouvrage, publié par les Editions de l&#8217;Association des Etudiants en Médecine de Nantes. Il faisait suite, en quelque sorte, aux recherches qui donnèrent lieu à la publication des &#171;&#160;Précis ridicules&#160;&#187;. &#8230; <a href="http://www.jeancharlespichon.com/wp/?p=1571">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="center"><em>En 1989, Jean-Charles me donna un exemplaire de son dernier ouvrage, publié par les Editions de l&#8217;Association des Etudiants en Médecine de Nantes. Il faisait suite, en quelque sorte, aux recherches qui donnèrent lieu à la publication des &laquo;&nbsp;Précis ridicules&nbsp;&raquo;. C&#8217;était, me dit-il, une illustration des dialectiques machinales, plus abordable que &laquo;&nbsp;La Machine de l&#8217;éternité&nbsp;&raquo;. C&#8217;est pourquoi il me semble important de le  porter à votre connaissance.</em></p>
<p style="text-align: justify;" align="center"><em>Pierre-Jean Debena</em>t</p>
<h1 align="center"></h1>
<h1 align="center"><strong>LES DIALECTIQUES FACTRICES</strong></h1>
<h1 align="center"><strong>dans les quêtes du Graal</strong></h1>
<div>
<h1 align="center"><strong>et les alchimies</strong></h1>
<p align="center"><strong> </strong></p>
</div>
<p align="center"><strong> </strong></p>
<p align="center"><em>Les uns (mythomanes ou scientistes) se croient</em></p>
<p align="center"><em>toujours en possession des clés;</em></p>
<p align="center"><em>les autres, les savants, les mythologues,</em></p>
<p align="center"><em>les cherchent.</em></p>
<h2 style="text-align: center;" align="center"><strong><span style="text-decoration: underline;">SOMMAIRE</span></strong></h2>
<p><strong>L&#8217;IMAGE ET LE SYMBOLE</strong></p>
<p><strong>Première parie : LE GRAAL</strong></p>
<p><a title="Première partie : LE GRAAL  – I – Les formes du Temps" href="http://www.jeancharlespichon.com/wp/?p=1574"><strong>I &#8211; Les formes du temps</strong></a></p>
<p><a title="LE GRAAL – II – Le temps d’une mode" href="http://www.jeancharlespichon.com/wp/?p=1579"><strong>II &#8211; Les temps d&#8217;une mode</strong></a></p>
<p><a title="LE GRAAL – III – Les modalités d’une mise au point" href="http://www.jeancharlespichon.com/wp/?p=1585"><strong>III &#8211; Les modalités d&#8217;une mise au point</strong></a></p>
<p><a title="LE GRAAL – IV – Les mises au point de l’objectif" href="http://www.jeancharlespichon.com/wp/?p=1589"><strong>IV &#8211; Les mises au point de l&#8217;objectif</strong></a></p>
<p><strong>Deuxième partie : LES ALCHIMIES</strong></p>
<p><a title="LES ALCHIMIES I – L’objectif des inversions" href="http://www.jeancharlespichon.com/wp/?p=1627"><strong>I &#8211; L&#8217;objectif des inversions</strong></a></p>
<p><a title="LES ALCHIMIES II – L’inversion des symétries" href="http://www.jeancharlespichon.com/wp/?p=1652"><strong>II &#8211; L&#8217;inversion des symétries</strong></a></p>
<p><a title="LES ALCHIMIES III – La symétrie des abrégés" href="http://www.jeancharlespichon.com/wp/?p=1547"><strong>III &#8211; La symétrie des abrégés</strong></a></p>
<p><a title="LES ALCHIMIES IV – L’abrégé des formulations" href="http://www.jeancharlespichon.com/wp/?p=1563"><strong>IV &#8211; L&#8217;abrégé des formulations</strong></a></p>
<p><a title="LES ALCHIMIES V – La formulation des ambivalences" href="http://www.jeancharlespichon.com/wp/?p=1664"><strong>V &#8211; La formulation des ambivalences</strong></a></p>
<p><strong>Troisième partie : LA FORME VIDE</strong></p>
<p><a title="LA FORME VIDE I – L’ambivalence des applications" href="http://www.jeancharlespichon.com/wp/?p=1798"><strong>I &#8211; L&#8217;ambivalence des applications</strong></a></p>
<p><strong>II &#8211; Les applications de la table</strong></p>
<p><strong>III &#8211; La table des matières</strong></p>
<p><strong>LES MACHINES ANNEXES</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<div>
<p align="center"><em> </em></p>
</div>
<h2 align="center"><strong>L&#8217;IMAGE ET LE SYMBOLE</strong></h2>
<p align="center"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;homme de raison et l&#8217;homme de foi prétendent tous deux à la saisie objective de ce qui est, soit par la perception, soit par la conception de l&#8217;Objet. Mais, très souvent, pour les besoins de leur cause, ils confondent ces deux sortes d&#8217;objets : l&#8217;objet dont l&#8217;homme — JE — est l&#8217;origine : une fugue musicale, un poème, une peinture, une machine, un système, et celui dont <em>je</em> ne se donne pas pour l&#8217;origine et que, seul, il prétend &laquo;&nbsp;réel&nbsp;&raquo; : un animal, un végétal, une substance minérale, etc.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans le premier cas,<em> je</em> considère l&#8217;objet <em>comme </em>une lecture de quelque chose d&#8217;autre, que l&#8217;objet eut pour fonction de représenter, de reproduire ou d&#8217;imiter : il n&#8217;est rien qu&#8217;une<em> image</em> de la réalité. Dans le second cas, <em>je</em> ne peut approcher l&#8217;objet que par une lecture particulière, que <em>je</em> dira scientifique ou rationnelle et qui ne sera jamais qu&#8217;une lecture de <em>symboles</em> déterminés (mathématiques, chimiques, etc.).</p>
<p style="text-align: justify;">Du moins, telles furent les deux formulations de l&#8217;objet, les deux vocables utilisés par <em>je</em> depuis deux siècles pour dire &laquo;&nbsp;l&#8217;objet comme&nbsp;&raquo; : l&#8217;image, et &laquo;&nbsp;l&#8217;objet par&nbsp;&raquo; (la constitution de ces symboles-là). L&#8217;image ne concernait que les aspects du réel, rendus + ou &#8211; fidèlement par l&#8217;artiste ou le mythologue, mais aucunement la substance même de la réalité. Le symbole ne traitait que de cette matière (en sa masse ou son énergie), mais aucunement des aspects de l&#8217;objet réel : quand j&#8217;ai dit les cellules, molécules ou atomes qui constituent un arbre, je n&#8217;ai rien dit de l&#8217;arbre, de la couleur de son feuillage au crépuscule, à l&#8217;aube, à l&#8217;automne, au printemps.</p>
<p style="text-align: justify;">Plutôt que la chose en soi, le vocable : objet en venait à nommer le but, la projection de la lecture. L&#8217;objet de l&#8217;art était une ressemblance parfaite avec la chose, comme l&#8217;affirmait le naturalisme, le réalisme, le cinéma-vérité. L&#8217;objet de la science n&#8217;était que la constitution d&#8217;une méthode ou technique exacte dans l&#8217;approche de la réalité. Plutôt que la beauté, l&#8217;objet de l&#8217;image était une &laquo;&nbsp;conformité&nbsp;&raquo;; plutôt que la vérité, l&#8217;objet du symbole était une &laquo;&nbsp;exactitude&nbsp;&raquo;, une justesse.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais, vers le milieu du 20<sup>ème</sup> siècle, soudain, les deux vocables ont inversé leur sens. De nombreux chercheurs auront concouru à cette inversion. Mais se peut dater de l&#8217;invention des Grandes Images par Jung (autour de 1940) et du Système de symbole physique, par Herbert A. Simon, trente ans plus tard. Etrangement, Jung ne fut d&#8217;abord qu&#8217;un médecin, Simon qu&#8217;un économiste, techniciens (scientistes) l&#8217;un et l&#8217;autre. Ils recouvraient et justifiaient, que ce fût consciemment ou non, une longue suite de poètes, de peintres et de musiciens mythologues, depuis Edgar Poe ou Baudelaire jusqu&#8217;à Roussel, Artaud, Michaux, depuis l&#8217;impressionnisme jusqu&#8217;à Magritte ou Dali, depuis la musique romantique jusqu&#8217;à la musique sérielle.</p>
<p style="text-align: justify;">Or, il s&#8217;agit toujours, ici et là, d&#8217;une intériorisation de la notion d&#8217;image, d&#8217;une extériorisation  de la notion de symbole.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour Jung, les Grandes Images ne sont plus des aspects de l&#8217;objet humain mais <em>comme</em> des éléments — scientifiques — de la connaissance la plus intime de l&#8217;Etre. Pour Simon, le Système de symbole physique déborde le champ scientiste : il ne constitue pas l&#8217;étude ultime de la matière, de la vie, de la pensée (par l&#8217;atome, le gène, le neurone) sans expliciter la fugue musicale, le poème ou la fable. Au cœur de l&#8217;être, la Grande Image est constituée de la substance même. L&#8217;homme du Poisson n&#8217;est pas l&#8217;homme des Frères. Non seulement l&#8217;objet mais le sujet qui l&#8217;observe (JE) ne sont que des composés de Grandes Images, dont l&#8217;étude révèle la réalité profonde (l&#8217;Inconscient).</p>
<p style="text-align: justify;">A l&#8217;inverse, en tant que véritable, le symbole n&#8217;est pas seulement un élément de la recherche scientifique. Il ne peut être distingué du Système qui l&#8217;utilise. Ce système (de symbole physique) n&#8217;est pas constitué de symboles, mais il est lui-même symbole, tel que le système de Ptolémée ou celui de Kepler, le système de Newton et celui d&#8217;Einstein. Plus : ce système également celui de Charles Perrault (en ses contes) ou de Bach (en ses fugues). Je pourrais dire qu&#8217;un sub (ou sur) conscient impose le même ordre symbolique à Virgile et à Ptolémée, aux Rose-Croix et à Kepler, aux poètes de la Golden Dawn et à Planck.</p>
<p style="text-align: justify;">Si étrange qu&#8217;elle soit, cette révolution de Jung et de Simon n&#8217;est pas vraiment nouvelle. Car il y eut de nombreuses époques (avant le 18<sup>ème</sup> siècle pour la dernière) où le symbole fut reçu pour le signe extérieur de la réalité : exactement, ce qui est manifesté, et l&#8217;image pour la saisie la plus intime de l&#8217;être : &laquo;&nbsp;l&#8217;homme est fait à l&#8217;image de Dieu&nbsp;&raquo;. Le signe/symbole, alors, n&#8217;était que l&#8217;aspect visible, sensible, de l&#8217;image/substance.</p>
<p style="text-align: justify;">Pourrait-on en déduire que, quelque part, les Grandes Images et le Système de symbole physique sont synonymes? Que les unes peuvent être prises l&#8217;une pour l&#8217;autre? Il s&#8217;ensuivrait que l&#8217;image (et l&#8217;œuvre d&#8217;art, la mythologie qui la porte) et le symbole (et toutes les sciences qui en usent) expriment et contiennent la même réalité; ou, qu&#8217;au bout des deux quêtes, l&#8217;homme-je doit se reconnaître également ignorant — ou savant — de ce qu&#8217;il est. Jung et Simon le disent, en pariant tous les deux sur le Savoir (final) de Je. Mais, avant eux, bien sûr, des dizaines de savants, depuis Archimède et Démocrite, sinon depuis les experts, les &laquo;&nbsp;apkalu&nbsp;&raquo; de Sumer.</p>
<p style="text-align: justify;">Des milliers de mythologues et d&#8217;artistes l&#8217;ont montré, dont les vestiges, les ruines et les textes, nous prouvent l&#8217;existence depuis 6 000 ans aussi. Car, moins nombreuses que les systèmes de symbole physique, les Grandes Images sont plus durables, et plus diversifiées.</p>
<p style="text-align: justify;">Une autre conséquence de la synonymie serait qu&#8217;en de certaines époques, le système de symbole physique se fait une grande image, ou à l&#8217;inverse, le rationalisme un nouveau dieu, ou à l&#8217;inverse, et l&#8217;histoire nous prouve qu&#8217;il en est bien ainsi.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;objet de ce livre n&#8217;est pas autre que l&#8217;étude des processus par lesquels la Grande Image se fait un Système de symbole physique : ce sont les Quêtes du Graal, lors du dernier renversement. Et l&#8217;étude des processus par lesquels le Système de symbole physique donne lieu à de nouvelles Grandes Images : c&#8217;est toute l&#8217;alchimie. Il n&#8217;en suit pas que les quêtes du Graal et l&#8217;alchimie révèlent ce qui est l&#8217;Etre en soi. Mais aucune quête et aucune science ne le révèlent, bien qu&#8217;elles l&#8217;imitent, le créent ou le connaissent parfois, soit symboliquement, soit par l&#8217;image.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Je</em> ne peut parler des Quêtes ou de l&#8217;Alchimie sans dire leur &laquo;&nbsp;objet&nbsp;&raquo;. Mais cet objet ne sera jamais qu&#8217;une image ou un symbole, dans les sens — tout contradictoires — que je viens tenter de définir.</p>
<p style="text-align: justify;">Il reste que ce <em>changement</em> — s&#8217;il est possible — du Système de symbole physique (S.S.P.) à la Grande Image (G.I.) ou à l&#8217;inverse, n&#8217;est pas contenu dans l&#8217;image (une figure) ou dans le symbole (un nombre), c&#8217;est-à-dire qu&#8217;il échappe à la lecture de l&#8217;objet. Au contraire, le changement se caractérisera comme ou par un <em>fait</em>, dont <em>Je</em> sera la cause : on parlera d&#8217;un <em>acte</em>, ou dont le processus échappera au <em>Je</em> : on parlera d&#8217;un <em>évènement</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">Il s&#8217;ensuit que la dialectique du fait se présente à l&#8217;inverse de la dialectique de l&#8217;objet, ou le change à l&#8217;inverse de la lecture. Considéré comme indépendant de l&#8217;homme-je, le symbole n&#8217;est connu, approché que par une méthode bien définie, un S.S.P.; considérée comme dépendante, l&#8217;image n&#8217;est perçue ou reçue que comme une représentation, fidèle plus ou moins, du réel. Au contraire, le fait d&#8217;origine humaine, l&#8217;acte, est reproductible <em>par</em> un ordre de symboles ou un système; le fait non-humain, l&#8217;évènement, n&#8217;est reçu que <em>comme</em> semblable, ou non, à quelque change déjà connu : le typhon évoque une courbe refermée sur soi-même, un cycle, je le nomme un cyclone.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour être perçue, la G.I. intériorisée (archétypale) devra être conçue comme un Système de symbole physique, mais aussi modifiée par l&#8217;acte (médical, psychanalytique). pour être seulement nommé, le S.S.P. extériorisé devra passer par le canal d&#8217;une ou de plusieurs G.I., exhaustives ou valorisantes.</p>
<p style="text-align: justify;">Il en est ainsi, par exemple, quand une G.I. religieuse se fonde sur un évènement, mythique ou phénoménal : la Création d&#8217;Adam, l&#8217;Alliance d&#8217;Abraham, la Passion du Christ. Le S.S.P., alors, est la religion même qui naît de la G.I. : sumérienne, hébraïque, chrétienne. Il s&#8217;agira d&#8217;un S.S.P. rituel ou liturgique, qui reproduira chaque jour, chaque semaine ou chaque mois le mythe originel.</p>
<p style="text-align: justify;">Il en est ainsi, à l&#8217;inverse, quand un S.S.P. d&#8217;origine humaine ou scientiste, se fait, à la longue, une G.I., comme le système de Ptolémée a imposé au monde romain une certaine image du Cosmos; ou le système de Copernic, douze siècles plus tard, une image du Cosmos toute différente.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;Histoire montre que le premier change mène d&#8217;une Promesse à une série de déliements, de désobéissances, qui ne sont jamais que des actes; et que le deuxième change mène d&#8217;une sorte de Défi à une nouvelle Réponse, valable un certain temps comme représentative de l&#8217;univers.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais dans ce dédoublement de la dialectique première (image ou symbole) par la seconde (acte ou évènement), je ne peux plus parler de synonymie, car il n&#8217;est plus de sens commun entre la lecture de l&#8217;objet d&#8217;une part et le change ou le fait de l&#8217;autre.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est possible, néanmoins, qu&#8217;une communauté demeure entre les deux directions ou les deux sens (irrationnel et rationnel). Cette communauté sera une homonymie. C&#8217;est ainsi qu&#8217;un objet localisé (une banlieue) et un acte de défense se diront tous les deux : parage. Puis, le parage, comme acte, et un ensemble d&#8217;objets, de parures, se diront tous deux : parade.</p>
<p style="text-align: justify;">Si je considère le changement comme un passage plus ou moins passager, ce pourra être une rue, plus ou moins peuplée, ou un vol, plus ou moins rapide. Si je traite de rues ou de voies, au carrefour, je dis le passage à niveau, le PAN; si je traite de la vitesse et de la charge d&#8217;un coup, d&#8217;une agression, je dis le passage à tabac, le PAT. Le PAN ordonne le déplacement, le PAT entraîne une mutation. Or, il n&#8217;est de change que de l&#8217;un ou de l&#8217;autre, c&#8217;est un déplacement ou une mue.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est donc par le jeu de mots ou par la méthode des homonymies que le jeu des figures, des images, et celui des symboles-nombres peuvent se rassembler en ces deux approches du réel : la G.I. et le S.S.P., si étrange, si improbable qu&#8217;en soit le rapprochement. Nous tenterons de le démontrer dans ce livre.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais la tâche n&#8217;en est pas aisée. Comme on le voit par le  simple change de deux dialectiques évidentes en une diversité de dialectiques déjà considérable. Car je ne peux pas traiter de certaines homonymies de l&#8217;image et du symbole, dans la Lecture, sans traiter aussitôt de leurs changes (de l&#8217;une en l&#8217;autre ou à l&#8217;inverse), de l&#8217;évènement ou de l&#8217;acte; puis des sens de Parade ou de Passage. Du peuplement, dans l&#8217;espace, et de la rapidité dans le temps, ou du carrefour, du PAN, et du conflit, du PAT, etc.</p>
<p style="text-align: justify;">A ne considérer que les 4 : les 2 lectures et les 2 faits d&#8217;une part, les 3 de l&#8217;autre : l&#8217;horizontale, la verticale, les diagonales, deux schèmes bien différents apparaissent nécessaires :</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.jeancharlespichon.com/wp/wp-content/uploads/2012/04/IMAGE-ET-SYMBOLE001.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1572" title="IMAGE ET SYMBOLE001" src="http://www.jeancharlespichon.com/wp/wp-content/uploads/2012/04/IMAGE-ET-SYMBOLE001.jpg" alt="" width="493" height="274" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Ces schèmes ne sont pas de mon invention. Le premier reproduit la croix sur laquelle se fonde la physique moderne : le Temps à la verticale, l&#8217;Espace à l&#8217;horizontale (en donnant les lectures pour une vision classique, très ancienne, de l&#8217;Univers et les Faits pour une conquête récente d&#8217;une autre science, relativiste et quantique). Sans doute, ici, le S.S.P. domine, par le symbole et l&#8217;acte, mais l&#8217;ensemble est bien une Grande Image (par exemple, celle des 4 cordes ou Modèles d&#8217;Univers), et le Système se veut soumis à l&#8217;évènement.</p>
<p style="text-align: justify;">Le second schème reproduit la croix par laquelle l&#8217;épistémologie explicite les objets et les changes du langage, depuis de Saussure jusqu&#8217;à Hallyn, mais aussi par laquelle Jung, Eliade, Teilhard de Chardin (et Baudelaire, Mallarmé, Valéry avant eux) ont conçu l&#8217;univers de l&#8217;évènement et de l&#8217;image. A la verticale, une plongée, une &laquo;&nbsp;retombée&nbsp;&raquo;, de la Transposition, de la Noosphère à la pression des faits; à l&#8217;horizontale, une multiplication, une complexification des actes, par l&#8217;autre presse, dans la Biosphère de Chardin, ou par la syntagmique des linguistes. La Fable verticale, le Principe horizontal, toujours.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est sûr que les quêtes du Graal ignoraient tout de l&#8217;épistémologie, ainsi que du &laquo;&nbsp;symbolisme&nbsp;&raquo;; certain que l&#8217;alchimie n&#8217;a rien su des physiques subatomiques. Mais nos sciences de la lecture n&#8217;ignorent pas tout du Graal, ni nos sciences physiques de l&#8217;alchimie. D&#8217;où, la passion de Jung pour le Graal, d&#8217;où celle de Guilli et d&#8217;autres biochimistes pour l&#8217;alchimie. Si quelque ethnologie (la science des traditions) guide nos psychanalystes, le rêve alchimiste : l&#8217;algorithme universel ne cesse de hanter nos physiciens et nos biologistes. Aujourd&#8217;hui comme hier, le change de la Promesse au déliement nous désespère; le change du défi à la réponse nous exaspère et nous relance — envers et contre tout.</p>
<p style="text-align: justify;">Jean-Charles Pichon</p>
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		<title>Première partie : LE GRAAL  &#8211; I &#8211; Les formes du Temps</title>
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		<pubDate>Mon, 28 May 2012 13:47:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Les Quêtes du graal]]></category>

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		<description><![CDATA[Première partie : LE GRAAL &#160;   I Les formes du Temps   Je nomme les Lectures du Graal une promesse et une réponse, selon qu&#8217;il m&#8217;est donné comme une G.I. ou que je l&#8217;institue comme un S.S.P. Je nommerai &#8230; <a href="http://www.jeancharlespichon.com/wp/?p=1574">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h1 align="center"><strong>Première partie :</strong></h1>
<h1 align="center"><strong>LE GRAAL</strong></h1>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_1643" class="wp-caption aligncenter" style="width: 789px"><a href="http://www.jeancharlespichon.com/wp/wp-content/uploads/2012/04/GRAAL001.jpg"><img class="size-full wp-image-1643" title="GRAAL001" src="http://www.jeancharlespichon.com/wp/wp-content/uploads/2012/04/GRAAL001.jpg" alt="" width="779" height="584" /></a><p class="wp-caption-text">Illustration Pierre-Jean Debenat</p></div>
<p align="center"><strong> </strong></p>
<h2 align="center"><strong>I</strong></h2>
<h2 align="center"><strong><span style="text-decoration: underline;">Les formes du Temps</span></strong></h2>
<p align="center"><strong><span style="text-decoration: underline;"> </span></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Je nomme les Lectures du Graal une <em>promesse</em> et une <em>réponse</em>, selon qu&#8217;il m&#8217;est donné comme une G.I. ou que je l&#8217;institue comme un S.S.P. Je nommerai Délits les changes (translations, mutations) du S.S.P. à la G.I. ou à l&#8217;inverse. Mais le temps n&#8217;est pas venu de s&#8217;en expliquer.</p>
<p style="text-align: justify;">A ce plan du Graal, tout est contenu entre les deux lectures : une promesse et une réponse. Cette circonstance n&#8217;est point particulière au Graal. Toutes les &laquo;&nbsp;plus grandes images&nbsp;&raquo; la reproduisent. Car il s&#8217;agit toujours d&#8217;une longue période, d&#8217;au moins mille ans (et de plutôt 12 siècles) entre une promesse et une réponse. Deux millénaires avant le millénium du Graal, ce fut la G.I. de l&#8217;Alliance. Quatre millénaires avant le Graal, ce fut la G.I. de l&#8217;Eden.</p>
<p style="text-align: justify;">Jusqu&#8217;en notre 18<sup>ème</sup> siècle, personne ne doutait que l&#8217;Eden s&#8217;était situé vers 4000 avant le Christ, et l&#8217;Alliance vers 2000 avant J.-C.  Historiquement datés par le rationalisme, le temps de la Création (du nombre et de l&#8217;écriture, entre autres) et le temps d&#8217;Abraham, de la Justice-foi, se situent aux mêmes dates : entre le Tigre et l&#8217;Euphrate le premier (Jemdet-Nashr), au nord de la Palestine le second (le Harrar).</p>
<p style="text-align: justify;">En ce qui concerne le temps de la Création, de ses experts ou &laquo;&nbsp;apkalu&nbsp;&raquo; depuis les &laquo;&nbsp;nomes&nbsp;&raquo; égyptiens jusqu&#8217;à la 1<sup>ère</sup> dynastie ou depuis les &laquo;&nbsp;tells&nbsp;&raquo; mésopotamiens jusqu&#8217;à l&#8217;ultime Warka, il est contenu en ces deux lectures : du <span style="text-decoration: underline;">Livre de la Création</span> et du <span style="text-decoration: underline;">Livre de l&#8217;homme qui a vu</span> (Gilgamesh). L&#8217;homme de la promesse, Adam, a légendairement vécu mille années; et l&#8217;homme de la réponse (Oupanishtim ou Noé) a vécu ces mille ans aussi.</p>
<p style="text-align: justify;">En ce qui concerne le temps de la Justice ou de l&#8217;Alliance, de ses justes ou des patriarches (dans la <span style="text-decoration: underline;">Genèse</span>) et des <span style="text-decoration: underline;">livres des rois</span>, mille ans plus tard. L&#8217;ensemble des lectures constitue le Pentateuque, ou les 5 Livres d&#8217;inspiration divine : <span style="text-decoration: underline;">Genèse</span>, <span style="text-decoration: underline;">Exode</span>, <span style="text-decoration: underline;">Deutéronome</span>, <span style="text-decoration: underline;">Lévitique</span>, <span style="text-decoration: underline;">Nombres</span> quelquefois dénombres tout autrement.</p>
<p style="text-align: justify;">Toutes les quêtes du Graal, inconscientes ou conscientes, content le temps qui s&#8217;est écoulé entre la formulation du Graal, après la mort du Christ, et son élucidation, au 12<sup>ème</sup> siècle.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">La promesse</span></strong> — Elle est un évènement : la Création (ou le mythe de Création), l&#8217;alliance/justice (ou le mythe de Justice), l&#8217;amour/nourriture (ou le mythe de l&#8217;Amour). Evénementielle, elle est divine. C&#8217;est Dieu Même qui, d&#8217;abord, se fait le Créateur, ou le Justicier, ou l&#8217;Amant.</p>
<p style="text-align: justify;">La promesse, par suite, n&#8217;est pas autre que l&#8217;Etre Même : &laquo;&nbsp;Je te crée créateur&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;Je tu juge justicier&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;Je t&#8217;aime, aimé/amant&nbsp;&raquo;. Matériellement — car elle n&#8217;est pas abstraite — la promesse est aussi l&#8217;engagement, le lien : un lieu, l&#8217;Eden, une durée (de la race d&#8217;Abraham), une nourriture (le corps et le sang du dieu).</p>
<p style="text-align: justify;">Mais cette Terre édénique, cette Race, cette Nourriture sont éternelles, à une seule <em>condition</em> près : que <em>Je</em> s&#8217;accepte conditionné par le Réel, par ce qui est, par Dieu.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce lieu, l&#8217;Eden, est aussi une permanence, pour la race d&#8217;Adam, l&#8217;espèce humaine, et une nourriture, de la Voix d&#8217;Elohim, du souffle divin. Cette permanence, la Race d&#8217;Abraham (et, plus généralement, celle des Justes : les Brahmanes dans l&#8217;Inde) résidera en un lieu : l&#8217;Egypte pour Jacob, Quetta, Argos, elle y trouvera sa nourriture : l&#8217;Alliance même.</p>
<p style="text-align: justify;">De même et autrement, cette Nourriture, le corps et le sang du Christ, fera la subsistance, la permanence de <em>Je</em>, en un lieu plus mal défini mais encore situé à l&#8217;Ouest, à l&#8217;occident : Rome, d&#8217;abord, quelque Bretagne plus tard.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette nourriture, cet engagement, ce lieu ne sont qu&#8217;un. Ensemble, ils constituent la première lecture, la Promesse, que portent le Livre de la Création, le Livre de l&#8217;Alliance (des patriarches), les Evangiles, vers -4000, ou -2000 ou l&#8217;an 0. Ineffaçables, les trois livres. Car il n&#8217;y aurait pas de création (ni de technique), de justice (ni de loi), d&#8217;amour (ni de charité) sans eux.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais quelque chose est advenu ou s&#8217;est produit — un acte de <em>Je</em> — qui m&#8217;a délié de la promesse, qui l&#8217;a changée en un défi.</p>
<p style="text-align: justify;">Le déliement achevait le temps de la promesse. Le défi exigeait une réponse, après les 10 ou 12 siècles.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">La réponse</span></strong> — La promesse, en sa substance même, fut un acte (divin) de description nouvelle de ce qui est : l&#8217;évènement qui produisit la G.I. : Eden, Alliance, Graal. La réponse n&#8217;est jamais qu&#8217;une description des actes, agis par <em>Je</em>, qui ont conduit de la promesse à la réponse.</p>
<p style="text-align: justify;">Celle-ci se développe — dans le temps — par la description des générations d&#8217;Adam, ou des Tribus (de Jacob, puis de Moïse), ou des Quêteurs : la description des personnages ou des acteurs. Il suit que la dialectique de la promesse se joue entre les deux : le dieu ou l&#8217;homme-je (Adam, Abraham, l&#8217;homme en soi). Mais la réponse comporte des éléments innombrables, ou autant de réponses qu&#8217;il y eut d&#8217;acteurs ou de moyens : la réponse de Noé ne fut pas celle de Caïn, ni celle de Salomon celle de Dan, ni celle de Galaad celle de Gauvain.</p>
<p style="text-align: justify;">Si la Promesse fut l&#8217;Unité (de l&#8217;Etre Même) et la Réponse une pluralité (ou un néant), il demeure certain que l&#8217;humanité est revenue de ce néant à cette unité, un certain nombre de fois. Il s&#8217;en déduit que l&#8217;Unité n&#8217;est pas unique : elle peut être une singularité (par opposition à la généralité), ou une partialité (en une totalité). Et que son opposition peut être une généralité ou une totalité.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est ainsi que la totalité de la Réponse : les œuvres de la création, le Pentateuque, les Quêtes du Graal, contient de fait une généralité, dont chaque action d&#8217;un descendant d&#8217;Adam, une tribu, un quêteur ne fut qu&#8217;une partie, en même temps qu&#8217;une singularité.</p>
<p style="text-align: justify;">Si, donc, la Promesse tient en un livre, une lecture : du Livre de la Création, de la vie d&#8217;Abraham, de l&#8217;Evangile, la Réponse tient en de nombreux livres : les livres des Témoins, les cinq du Pentateuque, les Quêtes du Graal. Nous savons seulement que ces livres furent écrits dix ou douze siècles après le temps de la Promesse : vers -3000, vers -1000, vers 1180/1260.</p>
<p style="text-align: justify;">Car toutes les quêtes du Graal, entre autres, tiennent entre le 12<sup>ème</sup> siècle (1180) et le milieu du 13<sup>ème</sup> (1260?) : elles traitent toutes de la réponse que <em>Je</em> apporte au problème du Graal, quand les écrits et les lectures des premiers siècles n&#8217;en contenaient que la promesse : le premier Graal.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Le déliement et le défi</span></strong> — Présentées de la sorte, cependant, les lectures demeurent inintelligibles, car je ne distingue pas du tout le rapport qui devait exister entre la Promesse (l&#8217;Eden, l&#8217;Alliance, le sang Réal) et la Réponse, mille ans plus tard. On ne répond qu&#8217;à un défi, alors qu&#8217;on se délie d&#8217;une promesse.</p>
<p style="text-align: justify;">Quelque chose dans les mille ans a dû se produire entre les deux lectures : un déliement de la promesse divine par l&#8217;homme, un défi de Dieu à l&#8217;homme, auquel celui-ci dut répondre.</p>
<p style="text-align: justify;">Or, le défi, cet évènement, et le déliement, cet acte, sont toujours longuement commentés dans les textes. D&#8217;une certaine manière, la promesse s&#8217;achève ou se complète par ce défi. La réponse, l&#8217;action humaine, s&#8217;amorce dès le déliement.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Le défi</span></strong> — Les livres de la Promesse se fondent sur le 4. Dans le passé le plus lointain, il s&#8217;est agi des 4 fleuves de l&#8217;Eden, d&#8217;une manière peu intelligible (pour l&#8217;homme du 20<sup>ème</sup> siècle chrétien), mais aussi par la formation (ou la Genèse) de l&#8217;Androgyne et par la création proprement dite d&#8217;Adam et d&#8217;Eve, puis par le destin des Frères, fils du Couple, et par celui du Fils Seul, de l&#8217;Adam mâle/femelle : Seth.</p>
<p style="text-align: justify;">Au 1<sup>er</sup> Adam, &laquo;&nbsp;qui se nourrissait d&#8217;herbe&nbsp;&raquo;, l&#8217;Eden appartint sans partage, ainsi que sans restriction. Il en sera de même pour sa descendance, celle de Seth, d&#8217;où Noé, Abraham et Jésus sortiront. Une race à demi divine, en quelque sorte, qui maintiendra dans son intégrité la pure promesse.</p>
<p style="text-align: justify;">Au 2<sup>ème</sup> Adam, &laquo;&nbsp;maître de tous les animaux et qui se nourrissait d&#8217;eux&nbsp;&raquo;, est réservé le défi de Dieu : &laquo;&nbsp;Tu ne toucheras pas à l&#8217;arbre du Savoir, mais seulement aux fruits de la Vie&nbsp;&raquo;, ou, sinon, tu seras arraché à l&#8217;Eden. Le défi se présente ici comme une interdiction : tu ne passeras pas outre; et, par suite, comme une limitation, la plus parfaite de toutes les limitations : la mort.</p>
<p style="text-align: justify;">Les Livres de la promesse suivante, l&#8217;Alliance, se fondent également sur le 4 : les 4 patriarches d&#8217;abord : Abraham, Isaac, Jacob, Joseph, les 4 cardinaux ensuite, où tous, de Jacob à Ezéchiel, tenteront de répartir les 12 tribus.</p>
<p style="text-align: justify;">Ici, de même, une 1<sup>ère</sup> promesse a été transmise à Abraham : une race invincible naîtra de ton sexe (circoncis), la terre lui appartiendra. Bien évidemment, cette Terre Promise est celle du plus grand empire de l&#8217;époque : l&#8217;Egypte, qu&#8217;Abraham a visité et que Joseph dominera.</p>
<p style="text-align: justify;">Pourtant, au terme du Livre de la Promesse, elle sera tout autre : Vous reviendrez en votre territoire, a dit Jacob à Joseph, et Joseph le redit à ses frères quand, maître de l&#8217;Egypte, il <em>pardonne</em> à ses frères de l&#8217;avoir vendu.</p>
<p style="text-align: justify;">Tout le monde sait que les Evangiles, les Livres de la 3<sup>ème</sup> Promesse, sont 4. Plus tard, ces 4 évangélistes seront imagés par des animaux, symboles eux-mêmes des Eléments : le Taureau de Terre, le Lion de Feu, l&#8217;Aigle d&#8217;Air, l&#8217;Homme-Poisson.</p>
<p style="text-align: justify;">Ici, la promesse innocente et pure ouvre le recueil : Je suis pour vous nourrir, par mon sang et ma chair, par mon amour. Celui que je nourris ne périt point. Mais, dans le dernier évangile, de Jean, la promesse s&#8217;est faite tout autre : Je ne serai plus là, un jour, l&#8217;autre viendra, le Consolateur, le Paraclet, l&#8217;Esprit, qui vous comblera de ses dons. Pour le recevoir, il ne vous suffira plus de vous nourrir de moi, mais il faudra que vous vous aimiez les une les autres.</p>
<p style="text-align: justify;">A chaque fois, pour que l&#8217;homme-je ne s&#8217;y trompe pas, quelque désastre est annoncé, qui doit séparer la promesse pure de la promesse défi :</p>
<p style="text-align: justify;">&laquo;&nbsp;Tu peineras et mourras&nbsp;&raquo; a dit le Souffle à l&#8217;Adam deuxième.</p>
<p style="text-align: justify;">&laquo;&nbsp;Vous peinerez et souffrirez (au point de vouloir quitter l&#8217;Egypte)&nbsp;&raquo; a dit IAV à Jacob, puis Jacob à Joseph, puis Joseph à ses frères.</p>
<p style="text-align: justify;">&laquo;&nbsp;Vous souffrirez et me trahirez, comme Judas&nbsp;&raquo; a dit le Christ à ses apôtres, dans l&#8217;évangile de Jean.</p>
<p style="text-align: justify;">Car le déliement n&#8217;est pas moins assuré, annoncé, proclamé que le défi. <em>Je</em> ne peut que désobéir.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Le délit</span></strong> — Il échappe aux promesses ou aux formes du Temps. Il fait cependant l&#8217;objet de la seconde lecture, et impose la réponse au défi précédent. D&#8217;une certaine manière, il remplit les 12 siècles qui s&#8217;écoulent d&#8217;une lecture à l&#8217;autre. Car la promesse est double : promesse pure, défi. Mais le déliement est innombrable.</p>
<p style="text-align: justify;">Adam s&#8217;est délié, puis Caïn, puis les femmes tentées par les anges, puis le créateur de Babel : Nemrod (ou Nemred ou Nami, selon les religions). La race d&#8217;Adam a eu son mal (Caïn), la race de Seth le sien (Japhet ou Cham), la race de Sem le sien (Nemrod), etc.</p>
<p style="text-align: justify;">Abraham a commis sa faute (donner son épouse pour sa sœur), les fils de Jacob ont commis la leur (vendre Joseph), Moïse doutera, le Peuple adorera le Veau d&#8217;Or, etc.</p>
<p style="text-align: justify;">Parmi les apôtres, Judas a trahi le Christ. Parmi les quêteurs du Graal, Melyant se trompera et Lyonel trahira. Lancelot, Hector, bien d&#8217;autres, n&#8217;iront pas jusqu&#8217;au bout de la Quête.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais le nombre des coupables est tel, ici, qu&#8217;ils ne peuvent appartenir seulement aux Lectures ou, plus précisément, à une Grande Image. Car, tous,  ils ont joué d&#8217;un système de symbole physique, d&#8217;une technique, d&#8217;une loi, d&#8217;une morale, qu&#8217;ils ont placés, en quelque sorte, au-dessus de Dieu, jusqu&#8217;à nier Dieu. Ils n&#8217;ont pas respecté les &laquo;&nbsp;formes du Temps&nbsp;&raquo;, leur préférant &laquo;&nbsp;le temps d&#8217;une mode&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">Reste la question : lequel précède l&#8217;autre, du déliement ou du défi?</p>
<p style="text-align: justify;">Jean-Charles Pichon</p>
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		<title>LE GRAAL &#8211; II &#8211; Le temps d&#8217;une mode</title>
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		<pubDate>Sun, 27 May 2012 13:49:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Les Quêtes du graal]]></category>

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		<description><![CDATA[II Le temps d&#8217;une mode De ce qui précède, il suit que la Grande Image n&#8217;est pas une notion simple, ni seulement dialectique, car elle recouvre les 3 notions bien différentes : un lieu (externe), une nourriture (interne), une permanence &#8230; <a href="http://www.jeancharlespichon.com/wp/?p=1579">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2 align="center"><strong>II</strong></h2>
<h2 align="center"><strong><span style="text-decoration: underline;">Le temps d&#8217;une mode</span></strong></h2>
<h2 align="center"><strong><span style="text-decoration: underline;"><br />
</span></strong></h2>
<p style="text-align: justify;">De ce qui précède, il suit que la Grande Image n&#8217;est pas une notion simple, ni seulement dialectique, car elle recouvre les 3 notions bien différentes : un lieu (externe), une nourriture (interne), une permanence ou une rupture, une liaison ou un déliement, qui exigent la notion de succession (de phases ou d&#8217;états distincts).</p>
<p style="text-align: justify;">Mais il n&#8217;est pas possible de traiter de ces 3 sans supposer quelque communauté entre eux : celui ou cela que le lieu localise, que la nourriture charge ou nourrit, et qui se délie ou se lie, se développe ou se réduit au long de la succession susdite. Cette chose, localisée ou non, chargée ou non, durable ou non, ne peut être dite un objet (car il peut être sujet), ni un fait seulement objectif (évènement, acte), car il peut être agi, par l&#8217;évènement, ou acteur de l&#8217;action. Ce 4<sup>ème</sup> élément, je le nomme un <em>personnage</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">Aussitôt se découvrent des dialectiques autres.</p>
<p style="text-align: justify;">Le personnage peut être l&#8217;objet de la promesse ou du défi, de la lecture/promesse ou de l&#8217;évènement : en quelque sorte, au terme du processus. C&#8217;est lui qu&#8217;on place : dans l&#8217;Eden ou hors de l&#8217;Eden, en Egypte ou en Palestine, en Orient ou en Occident; c&#8217;est lui qu&#8217;on nourrit : d&#8217;herbe ou de viande, richement ou pauvrement, du Sang ou d&#8217;aucun sang, selon l&#8217;époque; qu&#8217;on oblige au voyage, de l&#8217;est vers l&#8217;ouest ou à l&#8217;inverse, etc.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais il demeure ou redevient le sujet du déplacement, de la liaison ou du déliement, de l&#8217;enrichissement ou de l&#8217;appauvrissement. On ne lui impose que le Plein ou le Vide, l&#8217;Eden ou la Sauvagerie, l&#8217;Egypte ou le Jourdain, le Château ou le Désert. Mais c&#8217;est le personnage, en son Système de symbole physique propre, qui demeure la cause du processus, par l&#8217;acte.</p>
<p style="text-align: justify;">Il n&#8217;étonne pas que, comme objet, le personnage ne soit qu&#8217;<em>un</em> : Adam, le Peuple ou le Quêteur du Graal, même si le défi le partage en 2 Adam (de la Genèse 1<sup>ère</sup> ou de la Création), en 2 peuples (l&#8217;Israël de Jacob, l&#8217;hébreu de Moïse) ou en 2 Quêteurs (les Apôtres de Jésus, les Chevaliers de la Quête). Mais ce ne peut être sans que le personnage/sujet se diversifie sans fin. Il se fait les générations de Seth, celles de Caïn; les fils de Jacob ou les tribus de Moïse; les 12 apôtres, puis les 12 chevaliers. Incomparables, comme les &laquo;&nbsp;modes&nbsp;&raquo; qui se succèdent dans le temps, car chaque génération de Caïn, chaque tribu de Moïse, chaque chevalier vivra son destin propre, commettra son délit ou répondra au grand défi d&#8217;une manière autre.</p>
<p style="text-align: justify;">La complexification des personnages se fait telle, en fin de compte, que toute comparaison entre les Grandes Images apparait illusoire. De nombreux exégètes ont tenté de comparer les générations aux tribus (les prophètes juifs) ou les tribus aux chevaliers (les prophètes chrétiens) sans parvenir à autre chose qu&#8217;un amalgame.</p>
<p style="text-align: justify;">Car le monde où vivaient les uns ne fut pas le monde où vivaient les autres, leurs objectifs furent autres. La réponse donnée par Noé ne pouvait être un modèle pour Salomon, ni la réponse donnée par Salomon un modèle pour Galaad. <em>Je</em> essaie toujours de comprendre pourquoi.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est que si <em>je</em> traite des personnages, <em>je</em> doit renoncer à un parallélisme suspect ou improbable. Il lui sera permis de garder en mémoire que, d&#8217;une manière indescriptible pour l&#8217;instant, le processus des Quêteurs a reproduit celui des tribus, qui reproduisait celui des Générations. Mais sans qu&#8217;il soit possible de comparer tel quêteur à telle tribu, telle tribu à telle génération. <em>Je </em>ne peut traiter du personnage que dans son monde, son ère, sa croyance propre (comme le savant ne traite que de &laquo;&nbsp;relativité restreinte&nbsp;&raquo; ou de la vitesse, de l&#8217;énergie dans un système donné).</p>
<p style="text-align: justify;">Le système choisi est le plus proche de nous, le mieux connu : celui du Graal.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Les personnages du Graal</span></strong> — Ils sont enclos entre les deux lectures, de la Promesse (de Matthieu à Jean) et de la Réponse (à partir de 1180). Car ils ne sont jamais que les objets du défi ou les sujets du déliement.</p>
<p style="text-align: justify;">Ils sont innombrables (certains textes parlent de 300 chevaliers) ou nombrés, par les 12, comme les apôtres. Mais, en chaque phase du processus, ils ne sont que 3 :</p>
<p style="text-align: justify;">a) en l&#8217;origine, les 3 du Lac, élevés par la Dame du Lac (la Vierge) : Lancelot, Hector et Bohort;</p>
<p style="text-align: justify;">b) au terme, les 3 de la quête finale : Bohort, Perceval, Galaad;</p>
<p style="text-align: justify;">c) dans l&#8217;ensemble des quêtes : l&#8217;homme de l&#8217;origine, Gauvain, l&#8217;homme du terme, Galaad, l&#8217;intermédiaire : Perceval.</p>
<p style="text-align: justify;">Les 9, par suite, ne sont que 6 : Lancelot, Hector, Bohort, Gauvain, Perceval, Galaad.</p>
<p style="text-align: justify;">6 autres personnages sont exclus de la Quête, ou y périssent : le traître par le cœur : Mordred, le traître par l&#8217;aspect : le Chevalier Noir (ou Vert), les victimes : Melyant, Yvan, Cologranant, et le bourreau-victime : Lyonel.</p>
<p style="text-align: justify;">Yvain précède la Quête : il n&#8217;a pas su choisir entre les bêtes : le Serpent et le Lion. Gauvain le tue.</p>
<p style="text-align: justify;">Cologranant, le non-défini, est tué par Lyonel, frère de Bohort.</p>
<p style="text-align: justify;">Melyant, l&#8217;indécis, s&#8217;est trompé de route, au carrefour. Il a choisi la voie qu&#8217;il ne fallait pas prendre.</p>
<p style="text-align: justify;">Mordred est le traître du château d&#8217;Arthur; Lyonel, le maudit de la Quête.</p>
<p style="text-align: justify;">Le Chevalier Noir (ou Vert) plane sur l&#8217;ensemble : tous le rencontrent : ils meurent de son défi ou y survivent. S&#8217;il prend une forme féminine, ce qu&#8217;il peut faire, seuls le vierge (Bohort) et le chaste (Perceval) triomphent de son défi, de sa tentation. Sinon, il n&#8217;est que l&#8217;adversaire, dans le PAT, ou le doute au carrefour, dans le PAN. En tous les cas, le Malin, le Démon Même.</p>
<p style="text-align: justify;">Tels sont les personnages de la Réponse, de la Quête, écrite mille ans après l&#8217;achèvement de la Promesse/défi :</p>
<p style="text-align: justify;">30/180, les 4 Evangiles, de Matthieu au prêtre Jean;</p>
<p style="text-align: justify;">1180/1260, les quêtes de Gauvain, depuis Chrétien de Troyes et Boron, jusqu&#8217;aux quêtes de Galaad, allemandes ou cisterciennes, dans la première moitié du 13<sup>ème</sup> siècle.</p>
<p style="text-align: justify;">En sa transcription, cette lecture : la Réponse, ne couvre pas un siècle, au plus les 90 ans (1180/1270). En son objet, elle ne couvre guère que les 4 siècles, du temps d&#8217;Arthur, le 5<sup>ème</sup> siècle, au temps de Charlemagne (empereur en 800), mais elle réduit ces 4 siècles en un seul, puisque Galaad a connu Gauvain.</p>
<p style="text-align: justify;">D&#8217;où la question première : lesquels succèdent les uns aux autres?</p>
<p style="text-align: justify;">Lesquels se présentent comme simultanés? C&#8217;est le problème qui traverse toutes les quêtes du Graal, comme il traversé les &laquo;&nbsp;réponses&nbsp;&raquo; hébraïques : des 12 tribus, laquelle est la première, l&#8217;élue? Ou bien lesquelles, par groupes de 3, doivent être situées au nord, au sud, à l&#8217;ouest, à l&#8217;est?</p>
<p style="text-align: justify;">Depuis le premier ordonnancement de Moïse : l&#8217;ordre de marche des tribus jusqu&#8217;au dernier, d&#8217;Ezéchiel (très au-delà du terme du Pentateuque), le problème a exigé de nombreuses réponses, contradictoires, de Moïse lui-même, de Josué, des Juges et des Rois. Mais, dans les quêtes du Graal, il n&#8217;apparait qu&#8217;une fois sous cette forme archaïque (dans les textes tardifs du 13<sup>ème</sup> siècle).</p>
<p style="text-align: justify;">Perceval, Bohort et Galaad se retrouvent au château du Graal chrétien, pour la dernière eucharistie, avant le voyage ultime. Neuf autres chevaliers sont là : 3 du Nord (Normands ou Vikings), 3 de l&#8217;Ouest (Irlandais ou Gallois) et 3 de l&#8217;Est (Gaulois). Il suit que Perceval, Bohort et Galaad sont des héros du Sud, et ce sera bien vers le Sud (est) que le dernier voyage les portera.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour le reste, il convient de ne pas l&#8217;oublier, rien n&#8217;identifie les 12 de la Quête aux 12 des G.I. antérieures (tribus, générations) et même pas le nombre. Car, très vite, les Fils de Jacob n&#8217;ont plus été que 11 (par l&#8217;exclusion de quelque tribu, de Siméon, de Dan ou de Benjamin) ou les 12 autrement (par le dédoublement de Joseph en Ephraïm ou Manassé), sinon les 9 nombrables, en 3 triades (avant, après, successivement) que portaient les 6 Elus, au demi de 12.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est que les 12 Fils ou les 12 Apôtres (les 12 du Zodiaque sumérien aussi) ne posaient aucunement le problème : la Promesse les contenait ensemble, elle les maintenait dans cet ensemble, toujours une Table : d&#8217;Emeraude, de la Loi, de la Cène. Mais le millénium qui sépare les lectures (promesse/réponse) n&#8217;impose pas la succession, des 11, des 10 ou des 9, sans rompre cet accord premier (par le déliement) ou exiger d&#8217;autres délits.</p>
<p style="text-align: justify;">Que demeure-t-il alors? Des dialectiques annexes, et peut-être illusoires, abstraites, qui ne jouent plus de la G.I., comme promesse ou comme réponse, mais d&#8217;une infinité de S.S.P., selon les symboles choisis.</p>
<p style="text-align: justify;">De ces dialectiques abstraites, la plus fréquente est celle des Sens : de l&#8217;est vers l&#8217;ouest ou de l&#8217;ouest vers l&#8217;est, mais ce peut être du vide au plein, du plein au vide, d&#8217;enrichissement ou d&#8217;appauvrissement, d&#8217;augmentation ou de réduction, etc. Telle, en tous cas, qu&#8217;une voie est au contraire de l&#8217;autre en tous ces points.</p>
<p style="text-align: justify;">En ce qui concerne les Quêtes, deux personnages incarnent clairement les deux voies : Gauvain et Galaad.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Gauvain</span></strong> — Il n&#8217;est clairement décrit que dans les quêtes du 12<sup>ème</sup> siècle. Toutes ses aventures se situent au temps d&#8217;Arthur (autour de 500). Bien qu&#8217;il ne soit jamais dit s&#8217;il survit ou non au roi, il apparait — furtivement — dans les quêtes les plus postérieures, et même dans certaines où triomphe Galaad.</p>
<p style="text-align: justify;">Trois traits le caractérisent, qui l&#8217;apparent tous trois aux premiers chevaliers ou aux chevaliers du Lac (préchrétiens) : il est noble, il voyage de l&#8217;est vers l&#8217;ouest, son domaine est la fable, le monde du féerique ou du merveilleux (la Promesse).</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Gauvain est noble</em>, fils de Roi (un frère d&#8217;Arthur). Ce n&#8217;est sans doute pas assez dire. Il ne vit, ne voyage que dans son clan, en sa propre famille. Toutes les femmes, tous les hommes qu&#8217;il rencontre, aime, combat, sont des sœurs, des cousines, une tante, une mère, des oncles ou des cousins.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est comme ces héros de fables africaines (des traditions bantous ou bambaras) où les combats se livrent entre le neveu et l&#8217;oncle, le fils et le neveu. Ce lieu clos, la famille, est le lieu du combat, la lice; mais aussi de l&#8217;amour, le lit. Car c&#8217;est bien, toujours, une conjugaison de la femelle et du mâle (la &laquo;&nbsp;connaissance&nbsp;&raquo; hébraïque) qui procrée le fils ou le neveu, associe le frère et la belle-sœur, ou le beau-frère et la sœur, etc.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;acte de Gauvain ne peut donc être qu&#8217;un PAT, un Passage à Tabac.</p>
<p style="text-align: justify;">A la limite, il n&#8217;a jamais le choix : il doit prendre ce qui lui vient, le vaincre ou être vaincu.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Son domaine est la fable</em>. Ce trait se déduit du précédent. S&#8217;il n&#8217;a pas le choix, il n&#8217;a pas non plus de liberté. Il ne peut être que conduit en ses voyages, comme le héros des contes par la fée qui le guide, la sorcière qui le tente. La Dame  domine ici, et, de fait, c&#8217;est le plus souvent une femme qui le lance en de nouveaux exploits : la bonne Demoiselle, ou la Malicieuse, une tante ou sa mère. Le prétexte à l&#8217;aventure est des plus minces, parfois : un caprice donné pour tel. Mais voilà Gauvain reparti!</p>
<p style="text-align: justify;">Si l&#8217;incitateur est un homme, oncle ou cousin, le prétexte n&#8217;est pas moins étrange (au regard d&#8217;un homme du 20<sup>ème</sup> siècle) : la vengeance d&#8217;une injure, ou seulement un mauvais accueil, un objet dérobé, le souci d&#8217;aider un ami, qui parfois ne fut qu&#8217;un passant. Plus il est dirigé, conduit, plus il a de motifs pour se dire libre, livré au moindre de ses instincts. L&#8217;impuissance de choisir le rend esclave de toutes les sollicitudes; la plus faible des incitations le met en branle.</p>
<p style="text-align: justify;">Féerique, féminin, ce monde est monstrueux. Les monstres ne hantent que les contes. Ceux que les chevaliers combat sont des géants, des lions ou des serpents; celles qu&#8217;il aime sont des fées ou des sorcières. Ici, l&#8217;échiquier joue tout seul, les chambres changent de forme, les lits s&#8217;effondrent sans motif, les rivières s&#8217;assèchent ou s&#8217;enflent.</p>
<p style="text-align: justify;">Lorsque le Graal lui apparait enfin — en son château — il se présente à lui comme une procession d&#8217;objets inconcevables ou incompréhensibles : une épée brisée, deux couteaux, un plat partagé ainsi qu&#8217;un blason (un tailloir). Une lance égoutte du sang dans les deux coupes.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce monde est encore celui des traditions barbares ou panthéistes (africaines, amérindiennes) : chaque monstre, chaque objet, chaque rencontre y conserve son pouvoir magique, son caractère archétypal de Grande Image (dégénérée ou non).</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Il chemine de l&#8217;est à l&#8217;ouest</em>. Parti de la Bretagne continentale, il a gagné la Grande-Bretagne. Il est allé au Pays de Galles, où se situe le Château d&#8217;Arthur. Quand il quittera le roi, il cheminera vers l&#8217;ouest encore, où se situe le château du Graal. Il en est de même pour tous les premiers chevaliers, et pour Arthur lui-même, qu&#8217;après sa mort, une barque emportera vers la Grande Ile, des ombres et des dieux, Avallon.</p>
<p style="text-align: justify;">A voir ce cheminement irrésistible, certains commentateurs l&#8217;apparentent au parcours du soleil, de l&#8217;Orient vers le couchant, de l&#8217;aube au crépuscule. Et c&#8217;est vrai que, d&#8217;une certaine manière, toute la vie de Gauvain se résume en ce voyage, de l&#8217;éclat de sa naissance, royale, à une fin mal connue, ténébreuse, oubliée.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais, bien plutôt, son destin est celui du 1<sup>er</sup> Age, qui précède la puberté. Ce n&#8217;est pas le réduire que voir en lui l&#8217;Enfant, qui vit dans un monde féerique, ne quitte pas le cercle de la famille et auquel tous les &laquo;&nbsp;biens&nbsp;&raquo; sont donnés à l&#8217;avance, sans qu&#8217;il les ait voulus.</p>
<p style="text-align: justify;">Tous les temps de la Promesse, ainsi, peuvent être donnés pour des enfances : de l&#8217;humanité l&#8217;Eden, du Peuple Elu le temps des Patriarches, du miracle chrétien le temps des Apôtres. Et tous ont cheminé vers l&#8217;Ouest : Adam, d&#8217;Abraham à Joseph les patriarches (vers l&#8217;Egypte) ou vers Rome les apôtres : Matthieu et les Marie, Paul, Pierre, les premiers papes.</p>
<p style="text-align: justify;">Les premières aventures de la Table Ronde, ainsi, ne portent filigrane que le monde féerique et la marche vers l&#8217;ouest. Mais il convient de préciser que le premier texte qui évoque la Table remonte à 1135 : <span style="text-decoration: underline;">Historia regum Britanniae</span>, de Geoffroy de Monmouth, et qu&#8217;il n&#8217;y est pas encore question du Graal.</p>
<p style="text-align: justify;">Au contraire, les traditions, postérieures au 12<sup>ème</sup> siècle, donnent l&#8217;apparition de la Coupe (ou du Vase ou du Plat), les dates 717/720. Il s&#8217;agirait de contes ou de poèmes oraux, de caractère épique, chantés par des &laquo;&nbsp;rhapsodes&nbsp;&raquo; occidentaux, précurseurs des trouvères et des goliards du 11<sup>ème</sup> siècle. Le plus célèbre d&#8217;entre eux, Teliecin (ou Tiercelin) sera donné aussi comme un autre Merlin, sinon comme une forme première de l&#8217;Enchanteur.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans son poème (oral) le plus connu, fragmentairement reconstitué, les 12 sont des arbres, et Tiercelin se nomme lui-même ou l&#8217;arbre ou leur ensemble, la Forêt. Or, Gauvain est souvent dénommé &laquo;&nbsp;l&#8217;ancien Arbre&nbsp;&raquo;, et tous les monstres qu&#8217;il combat, le Lion et le Serpent entre autres, se retrouvent dans ces anciens contes (ou le Loup et le Dragon dans les contes germaniques).</p>
<p style="text-align: justify;">Il s&#8217;agit donc toujours, dans ces premiers récits de la Réponse, d&#8217;évènements très antérieurs à la Réponse, d&#8217;un temps où l&#8217;on n&#8217;écrivait plus, absent de la lecture et dévoué à l&#8217;acte : la christianisation elle-même de l&#8217;Europe, de l&#8217;est vers l&#8217;ouest.</p>
<p style="text-align: justify;">Le Michel roumain ou lithuanien, ici, se faisait le Lokis, puis l&#8217;Ours (Arthur), comme l&#8217;a découvert, en &laquo;&nbsp;Lokis&nbsp;&raquo;, Mérimée. Mais il n&#8217;est pas temps de parler de l&#8217;ange Michel et de la symbolique de l&#8217;Ours.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour éclairer ce propos, il faut en venir, tout de suite, à <span style="text-decoration: underline;"><strong>Galaad</strong>.</span></p>
<p style="text-align: justify;">Il n&#8217;apparait qu&#8217;au 13<sup>ème</sup> siècle, sans doute au temps de Fréderic II &laquo;&nbsp;le premier empereur moderne&nbsp;&raquo;. Pendant de nombreux siècles, sa postérité a pu être jugée des plus courtes : ni Goethe, ni Wagner ne parleront de lui. Mais son nom renaît avec le soulèvement de la Jeunesse, et c&#8217;est son nom que prennent certains meneurs hippies, preuve qu&#8217;elle n&#8217;était pas si brève.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est d&#8217;ailleurs au 20<sup>ème</sup> siècle que la quête cistercienne a été traduite et rééditée par Albert Pauphilet (<span style="text-decoration: underline;">Queste del Saint Graal</span>), puis par Albert Béguin (1944), puis par Yves Bonnefoy (1965), sans parler d&#8217;innombrables ouvrages, romancés ou annexes. Car cette quête ne pouvait être comprise — ou admise — avant le 20<sup>ème</sup> siècle, comme d&#8217;ailleurs les prophètes du Moyen Age l&#8217;avaient prévu et annoncé. Qu&#8217;il s&#8217;agisse du règne de Frédéric II ou des adaptations contemporaines, les quêtes de Galaad portent, au premier chef, le sceau de la &laquo;&nbsp;modernité&nbsp;&raquo;, dans le double sens, scientiste et utopiste, qu&#8217;on donne à ce vocable.</p>
<p style="text-align: justify;">Car Galaad n&#8217;est pas un noble, il chemine de l&#8217;ouest vers l&#8217;est, son univers n&#8217;est pas celui du conte mais celui de la sentence ou du principe. C&#8217;est, au contraire d&#8217;une Grande Image, un Système de symbole physique.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Galaad est un roturier</em>. Le vocable vient de &laquo;&nbsp;roture&nbsp;&raquo; : la terre que le paysan exploite sans la posséder et pour laquelle, naturellement, il paie une redevance à son seigneur.</p>
<p style="text-align: justify;">Plus que cela : Galaad n&#8217;a pas un père. Lorsqu&#8217;on l&#8217;interroge sur ce point, il répons : &laquo;&nbsp;Je ne sais pas&nbsp;&raquo;. Certains lui donnent pour ancêtre Lancelot, l&#8217;un des 3 frères du Lac; d&#8217;autres lui préfèrent Perceval, son compagnon. Dans tous les cas, il fut &laquo;&nbsp;le fils du Péché&nbsp;&raquo;, car sa mère fut l&#8217;Etrangère, soit une fille du Roi Pêcheur, soit une islamique, une Sarrasine.</p>
<p style="text-align: justify;">N&#8217;ayant pas de parents, ce n&#8217;est pas au sein de sa famille qu&#8217;il va, mais au milieu de maints étrangers, dont sa vertu sera de faire des frères. Comme les générations de Caïn ou comme les tribus de Moïse, il traversera les peuples — et l&#8217;humanité tout entière.</p>
<p style="text-align: justify;">Il ne peut y réussir seulement par le combat, car on ne triomphe pas toujours : les générations, les tribus l&#8217;ont montré. Avec un art extrême, la Quête cistercienne parvient à éviter totalement ce combat, ce PAT. Une seule fois, Galaad combat de nombreux ennemis : les 7 nains ou Gnomes qui gardent les Vierges prisonnières, mais il les met en fuite et ne les massacre pas. Un prudhomme, un homme sage en donne la raison : en libérant les Vierges, il a libéré les Sept Nains de leur fonction de geôliers, il n&#8217;eut donc pas besoin de les tuer.</p>
<p style="text-align: justify;">Le nom qu&#8217;on lui donne souvent, de &laquo;&nbsp;bon chevalier&nbsp;&raquo;, témoigne de ce refus constant du PAT. Il s&#8217;agit d&#8217;une bonté différente du bien (qui exige le mal), ainsi que Nietzsche le montrera. Le &laquo;&nbsp;bon&nbsp;&raquo; est supérieur parce qu&#8217;il est englobant, le plus grand, le plus fort, mais non comme partie d&#8217;une autre dialectique : le bien/le mal.</p>
<p style="text-align: justify;">Galaad, par suite, est ignorant de toute justice, qui partage le monde selon les règles morales. Son ennemi n&#8217;est pas le mal mais le mauvais (ce qui fait mal parce que c&#8217;est hors de l&#8217;harmonie du monde, d&#8217;une certaine manière : hors du Monde).</p>
<p style="text-align: justify;">Il ne combat jamais (pour le bien), il est seulement bien portant, et c&#8217;est-à-dire &laquo;&nbsp;porté vers le meilleur des deux chemins&nbsp;&raquo;, au carrefour. Ses quêtes ne sont faites que de tels carrefours, de PAN, à l&#8217;orée de la Forêt Périlleuse, puis à l&#8217;orée de la Forêt Aube. Là, toujours, il perd l&#8217;un de ses compagnons, Melyant, qui n&#8217;a pas su choisir, Bohort ou Perceval, qu&#8217;il retrouvera au-delà de la Forêt.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais, si je nomme Gauvain l&#8217;homme du PAT et Galaad l&#8217;homme du PAN, je dis déjà tout autre chose que la noblesse de celui-là et la roture de celui-ci. Je dois parler du Récit là et de la Sentence ici.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Le domaine de Galaad est rationnel</em>. Le mot surprendra d&#8217;abord. Comment des textes du 13<sup>ème</sup> siècle pourraient-ils être dits rationnels? Ils le peuvent au point de n&#8217;être compris qu&#8217;au 20<sup>ème</sup> siècle. Comment expliquer autrement que, dans les quêtes du 13<sup>ème</sup> siècle, toute féerie a disparu? Plus de monstres, de serpent, de lion, plus de sorcières, de fées, et plus d&#8217;anamorphoses. Le carrefour, le PAN, seul dirige.</p>
<p style="text-align: justify;">Le Bien ne combat plus le Mal : la fonction même s&#8217;anéantit, il n&#8217;y a plus que des dispositions, à droite, à gauche, selon qu&#8217;on se désire ou s&#8217;accepte malade, et qu&#8217;on se veut d&#8217;abord en bonne santé. Il n&#8217;y a plus que remèdes, des méthodes, des techniques pour s&#8217;assurer, non point du Bien, mais du meilleur. Les objets qui subsistent, et que portent les Rêves, de Bohort ou de Perceval, sont encore des symboles (la fleur et l&#8217;arbre, les deux oiseaux), ce ne sont plus des images : si bien qu&#8217;ils ne seront complets qu&#8217;une fois expliqués, nombrés, par quelque moine ou nonne.</p>
<p style="text-align: justify;">Galaad ne chemine plus dans un monde d&#8217;images, merveilleuses, monstrueuses, mais dans une forêt de symboles, qu&#8217;une certaine science, toujours, pourra expliciter.</p>
<p style="text-align: justify;">Gauvain ne pouvait pas comprendre, et le désir de comprendre le tue. Galaad ne veut pas comprendre, car il sait; mais ses deux compagnons ne peuvent que comprendre, ou périr. Si Gauvain était l&#8217;innocence, Galaad est la compréhension : leurs compagnons ne vont que de l&#8217;innocence au péché (Lancelot) ou de la compréhension à l&#8217;incompréhension (Melyant). Comme une multitude d&#8217;humains, sans doute, entre le Mythe et le Savoir.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Galaad s&#8217;oriente toujours</em>. Sans père (ou fils d&#8217;un père hypothétique, imaginé) et hors du féerique, il ne peut être qu&#8217;orienté, de l&#8217;occident vers l&#8217;orient. Car, si l&#8217;enfant chemine de sa conception à sa mort (la puberté), l&#8217;Adulte chemine, dans le sens inverse, de la puberté aux sollicitations de la vie.</p>
<p style="text-align: justify;">En toutes les lectures qui le décrivent, Galaad sort de l&#8217;adolescence, on ne sait rien de son enfance. A quinze ou seize ans, il prendra la route. Et, toujours, ce sera vers l&#8217;Orient, à l&#8217;exception peut-être, d&#8217;un tout premier voyage, où Bohort et Perceval l&#8217;ont ramené au Château du Graal, vers l&#8217;ouest.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est qu&#8217;il est apparu dans le château d&#8217;Arthur, adolescent encore, mais il n&#8217;y a vécu que le temps de s&#8217;asseoir sur le &laquo;&nbsp;siège périlleux&nbsp;&raquo;, la place vide de Judas, où nul ne prend place sans périr.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;essentiel de sa quête se situe autre part. Elle n&#8217;est même plus terrestre, comme les quêtes précédentes. Une Nef l&#8217;attend ici ou là, qui, pourrait-on dire, le précède. C&#8217;est elle, finalement, qui le transportera vers l&#8217;Est, le pays des Musulmans, leur capitale : Sarraz, où règne le second Graal, qui ne doit plus rien au Sang.</p>
<p style="text-align: justify;">Là, Galaad est élu Roi, contre son gré, et, tout de suite, meurt, après avoir perçu la vraie nature du Graal : un contenant vide, dont le contenu, le Rêve, grée à chacun.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce vase est si différent de la nourriture première que plusieurs, ici et là, parlent d&#8217;objets différents ou que, selon sa foi, le commentateur partial rejette l&#8217;un ou l&#8217;autre. Le celtique nie que le Graal ait pu être chrétien : il l&#8217;explique tout entier par les fables païennes. Au contraire, un Beguin exclut de sa traduction l&#8217;aventure de Galaad et la majeure partie des archétypes (floraux, animaux) qu&#8217;elle contient, pour garder au Graal son caractère chrétien.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais il s&#8217;agit bien d&#8217;un unique objet. Et, malgré les contradictoires qui les opposent, le Quêteur est bien unique aussi, comme l&#8217;Androgyne et l&#8217;époux d&#8217;Eve ne furent qu&#8217;Adam, ou le peuple de Jacob et celui de Moïse l&#8217;Elu.</p>
<p style="text-align: justify;">Le Sang Réal et le Gré sont également le Graal, leurs quêtes ne sont que la Quête. Gauvain et Galaad se rencontrent en Perceval qui les unit.</p>
<p style="text-align: justify;">Jean-Charles Pichon</p>
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		<title>LE GRAAL &#8211; III &#8211; Les modalités d&#8217;une mise au point</title>
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		<pubDate>Sat, 26 May 2012 14:31:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Les Quêtes du graal]]></category>

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		<description><![CDATA[III Les modalités d&#8217;une mise au point &#160;   Gauvain et Galaad sont parfaitement décrits, aussi précisément que possible : antinomiques au point que le Trivial de celui-là peut être le Bon de celui-ci, ou la vertu de l&#8217;un (son &#8230; <a href="http://www.jeancharlespichon.com/wp/?p=1585">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2 style="text-align: center;"><strong>III</strong></h2>
<h2 style="text-align: center;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Les modalités d&#8217;une mise au point</strong></span></h2>
<p>&nbsp;</p>
<p align="center"><strong><span style="text-decoration: underline;"> </span></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Gauvain et Galaad sont parfaitement décrits, aussi précisément que possible : antinomiques au point que le Trivial de celui-là peut être le Bon de celui-ci, ou la vertu de l&#8217;un (son goût pour l&#8217;amour charnel) le péché de l&#8217;autre, etc. Si contraires leurs points de vue que, depuis l&#8217;un ou l&#8217;autre, le même objet : le Graal peut se faire méconnaissable, et d&#8217;ailleurs méconnu!</p>
<p style="text-align: justify;">On ne voit pas le même objet depuis l&#8217;orient ou l&#8217;occident, depuis le plateau de la noblesse ou la vallée de la roture. L&#8217;enfant et l&#8217;adulte ne vivent pas les mêmes faits; ni le crépuscule n&#8217;offre les mêmes couleurs que l&#8217;aube. La diversité des points de vue, d&#8217;abord, tient de celle des positions.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais il arrive que, localisé entre les deux extrêmes, un seul individu ou un seul personnage puisse avoir de l&#8217;objet ou du fait des visions non moins antinomiques, selon que, par exemple, il a tourné la tête vers la droite ou la gauche, qu&#8217;il a regardé de bas en haut ou à l&#8217;inverse, etc. Ses points de vue, alors, ne seront pas dépendants de son positionnement, de sa localisation dans le temps ou dans l&#8217;espace, mais ils seront dépendants de la disposition — de son corps ou de son esprit.</p>
<p style="text-align: justify;">Un tel personnage est au cœur de toutes les G.I. Mais ce &laquo;&nbsp;cœur&nbsp;&raquo; est singulier, car, d&#8217;une autre manière, il englobe le Tout et peut Tout percevoir, de par sa position centrale. Nulle vision ne peut se faire plus partiale et plus générale, plus dominatrice et plus asservie : on y reconnait celle de JE même, en sa jeunesse ou, plus précisément, en son adolescence. Dans les quêtes du Graal, cet Adam jeune ou ce Peuple jeune se nomme Perceval.</p>
<p style="text-align: justify;">La plus simple lecture en révèle à la fois la position centrale et les dispositions presque infinies.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Cœur de la Quête</span></strong>, les premiers chants (oraux) l&#8217;ignorent et, dans le triomphe final de Galaad il s&#8217;estompe, au point de disparaître — en quelque ermitage. Il vient après Gauvain, qu&#8217;il doit suivre à la trace; il accompagne le bon chevalier de loin et ne le retrouve qu&#8217;en des moments privilégiés.</p>
<p style="text-align: justify;">Fils de noble à coup sûr, il lui faut, dès le départ, prouver son ascendance, car son père est mort avant sa naissance; son apparition dans le conte est celle d&#8217;un orphelin qui veut être reconnu : il rêve d&#8217;un blason.</p>
<p style="text-align: justify;">En ses voyages, sans cesse, il court de çà et de là, de droite et de gauche, à la poursuite de l&#8217;Ennemi, voleur de la Coupe, vers l&#8217;ouest, puis vers le château d&#8217;Arthur, à l&#8217;est alors. Il pourra même, plus tard, entraîner Galaad vers le Château du Graal, le détournant de la Quête véritable, vers l&#8217;Orient. Ce va-et-vient est un sur-place. Au point que, parfois, il semble s&#8217;absenter de la Quête, réfugié en quelque ermitage. Mais c&#8217;est aussi, bizarrement, un englobement de toute l&#8217;aventure. On dirait que le Temps, en sa succession, ne peut pas l&#8217;atteindre.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Homme du pourtour</span></strong> ou du Milieu (dans le sens, cette fois, d&#8217;entourage, de climat), il n&#8217;est rien qu&#8217;il ignore ou qu&#8217;il n&#8217;ait pas vécu. Son domaine n&#8217;est pas moins magique que celui de Gauvain : il affronte, lui aussi, le dragon et la licorne, la sorcière et le géant; il courtise les Dames et ne peut se passer d&#8217;elles. Mais, chaste tout à coup, il les évite non moins que Bohort et Galaad; comme le bon chevalier, il lui faut tout comprendre ou, pour mieux dire, tout expliquer. Quand le PAN remplace le PAT, avec la même rigueur ou la même précision que ses deux compagnons, il choisit la bonne route.</p>
<p style="text-align: justify;">Non seulement le carrefour ne l&#8217;égare pas, mais il semble qu&#8217;il s&#8217;y complait, car il ne quitte guère le lieu du doute. Ce n&#8217;est pas dans une partie de sa vie qu&#8217;il choisit l&#8217;est ou l&#8217;ouest, l&#8217;action ou la promesse de l&#8217;ermitage. La tentation de l&#8217;ermite, entre autres, le poursuit tout au long de son existence. Dès le temps de Gauvain, un ermite l&#8217;a convaincu et rejeté vers Dieu, le dieu de l&#8217;eucharistie, &laquo;&nbsp;abandonné depuis sept ans&nbsp;&raquo;; d&#8217;autres le séduiront, par leur sagesse, au temps de Galaad. Entre sa jeunesse et son âge adulte, un ermitage le reçoit, longtemps; il s&#8217;y réfugiera en sa vieillesse. Orphelin mais noble, orienté ou non, il n&#8217;a jamais connu la naïveté de l&#8217;enfant, il ne connaîtra jamais l&#8217;assurance de l&#8217;adulte. Ne devrait-on pas le dire un &laquo;&nbsp;éternel adolescent&nbsp;&raquo;? Cet âge est sans pitié, mais aussi sans œillère. Perceval éclaircit les énigmes du Château, qui laissent Gauvain pantois. Il peut donner à Galaad le grand rendez-vous, sur la Nef.</p>
<p style="text-align: justify;">Son mérite est immense, car, si les conseillers ne lui font pas défaut, très souvent ils le trompent, de bonne ou de mauvaise foi.</p>
<p style="text-align: justify;">Un ermite lui a donné le Graal pour une nourriture et, plus précisément, pour le Poisson. Un autre lui montrera qu&#8217;il n&#8217;est que le Lui-même, la Personne Même, le JE, avant qu&#8217;il le découvre, par soi-même, le Gré.</p>
<p style="text-align: justify;">Il a aimé, connu au sens biblique, de nombreuses donzelles. Chaste, il ne pourra toujours se soustraire aux pitiés — mais aussi aux amours — qu&#8217;elles lui suggèreront (à l&#8217;encontre de Bohort, que nulle pitié, nul désir ne tentera au point de renoncer à son vœu).</p>
<p style="text-align: justify;">Une dame qui l&#8217;apitoie, jamais le Dubiteux ne peut l&#8217;imaginer sorcière; il ne devine jamais le Serpent ou le Malin sous la métamorphose.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais, temporellement, il vit au 7<sup>ème</sup> siècle, entre la mort d&#8217;Arthur, au siècle précédent, et l&#8217;invention sublime du Graal, vers 720. Il n&#8217;a connu que le Roi malade, non plus Arthur mais le Pêcheur — ou l&#8217;Islam en son tout début. Si l&#8217;on pouvait donner à la durée d&#8217;un homme les deux siècles, sa vie tiendrait entre l&#8217;avènement du grand saint Grégoire (590) et l&#8217;avènement de Charlemagne (756), qui fut aussi le premier schisme de l&#8217;Islam (ou le second, selon les comptes) : l&#8217;achèvement des Omeyyades.</p>
<p style="text-align: justify;">Or, ce temps est d&#8217;abord celui des Conversions, de la 1<sup>ère</sup> Chrétienté. Entre les deux coupes de Gauvain, encore à demi païennes, et le Gréant de Galaad, le Graal n&#8217;est ici que le Sang de l&#8217;eucharistie, la Nourriture suprême et souveraine.</p>
<p style="text-align: justify;">On en tiendra pour preuve que le récit de Boron (tristement fragmentaire), qui fait le pont entre le Gauvain de Chrétien de Troyes et le Galaad des cisterciens, est aussi le seul texte qui conte précisément l&#8217;histoire du Graal chrétien — en même temps qu&#8217;il invente le personnage entier de Perceval.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce vase est celui où le bon juif, Josèphe d&#8217;Arimathie, a recueilli le Sang du Christ après le coup de la Lance. Compagnon de Matthieu et des Marie, Josèphe l&#8217;a translaté en Gaule, en Provence puis au Pays de Galles, comme en d&#8217;autres légendes, le trésor des Juifs, l&#8217;Arche, a été translaté du Temple à Rome, puis de Rome en Gaule (par les Barbares). Mais, d&#8217;une autre manière, ce Vase ne contient que le désir du JE, car il comble tous les désirs. L&#8217;eucharistie ne nourrit pas seulement : elle sauve, de toutes les tentations. Elle guérit, et c&#8217;est bien pour sauver le Roi moribond (pécheur autant que pêcheur) que Perceval poursuit la quête.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">L&#8217;ermitage et la mort du Roi </span></strong>— Jésus a dit : &laquo;&nbsp;Les premiers seront les derniers, les derniers seront les premiers&nbsp;&raquo;, abolissant d&#8217;un mot le mythe de Hiérarchie. Le triomphe du Poisson, ainsi, ne peut être que le roi &laquo;&nbsp;fait néant&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;Histoire date ce drame, en trois temps :</p>
<p style="text-align: justify;">Dagobert 1<sup>er</sup> a régné (de 628 à 638) sous la seule influence d&#8217;un saint, son ministre saint Eloi : la chanson populaire rapporte comment, pour les détails les plus vulgaires, il ne pouvait se passer de son ministre. Un Clovis a pu prendre ses décisions lui-même, et quelquefois contre l&#8217;avis de Saint Rémy, mais un Dagobert ne le peut plus.</p>
<p style="text-align: justify;">Son petit-fils, Dagobert II sera fait roi en 656. On le dit un saint, et il le fut sans doute. Mais, saint, il n&#8217;était plus un roi, bien avant son abdication (en 679). Un roi ordonne, régit et hiérarchise, un saint perçoit, reçoit et donne. Au regard de la réalité de l&#8217;amour, la hiérarchie n&#8217;est qu&#8217;abstraction. Un 3<sup>ème</sup> Dagobert règnera, deux ans ou trois, vers 712, mais on doit le tenir pour négligeable; le Roi sera bien mort : un Maire prendra sa place.</p>
<p style="text-align: justify;">Le véritable néant du Roi est autre, que porte le nom de Sigebert (638/656). Deuxième fils de Dagobert 1<sup>er</sup>, il est le roi qui laissa toute l&#8217;autorité, toute la hiérarchie aux Maires du Palais, mais aussi le germe de la Tradition qui, jusqu&#8217;au 20<sup>ème</sup> siècle, fera du Souverain à la fois le Disparu et l&#8217;Eternel Renaissant. La disparition de Sigebert, celle du Roi, n&#8217;est pas une mort seulement humaine : un Paul de Russie ou un Louis XVII ne seront que matériellement morts (ou déments, un Charles d&#8217;Angleterre, un Georges III, un roi de Bavière — depuis Charles VI de France).</p>
<p style="text-align: justify;">Ils ne seront pas moins immortels que les Frederick (Barberousse ou Frédéric II). Aujourd&#8217;hui même, des descendants de tous ces rois, défunts ou fous, aspirent au trône.</p>
<p style="text-align: justify;">Un autre millénium, depuis Charlemagne empereur (800) jusqu&#8217;à l&#8217;assassinat de Louis XVI, est tout empli de cette rumeur immense : la nostalgie du Roi, dont le germe fut le temps de Perceval et du Graal entièrement considéré : de 638 à 656, exactement. C&#8217;est aussi l&#8217;éveil de l&#8217;Islam, la constitution du Coran, depuis la mort de Mahomet jusqu&#8217;à l&#8217;ordonnancement irréfutable du Livre, par les 4 premiers califes, avant l&#8217;avènement des Conquérants, les Omeyyades : tout l&#8217;ésotérisme, entre autres, des Lettres et des Serments, lui-même contenu dans les trois premières sourates (1, 2, 3) ou de 622 à 679 si la prophétie de chaque sourate contient 19 ans d&#8217;Histoire, comme le montre <span style="text-decoration: underline;">L&#8217;Islam dans le Coran</span>.</p>
<p style="text-align: justify;">On sait que les 4 califes furent :</p>
<p style="text-align: justify;">Abou Bekr (622/634),</p>
<p style="text-align: justify;">Omar (634/644),</p>
<p style="text-align: justify;">Othman (644/656),</p>
<p style="text-align: justify;">Ali, assassiné et dont la mort ouvrit le premier schisme.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est, à très peu près (le degré de liberté par cycle), un cycle d&#8217;activité solaire par calife. Et c&#8217;est aussi, à deux ans près, les temps de présence de Dagobert 1<sup>er</sup>, Sigebert, Dagobert II. Le Roi se fait néant ici, alors qu&#8217;ailleurs l&#8217;Esprit naît.</p>
<p style="text-align: justify;">Une cinquantaine d&#8217;années contient l&#8217;ensemble : l&#8217;ermitage de Perceval, entre le jouvenceau et le vieillard, encore adolescent. C&#8217;est à la fois le triomphe — l&#8217;apogée pacifique — du dieu-poisson, la mort du roi, et l&#8217;avènement d&#8217;un autre dieu, Esprit. Mais le roi n&#8217;est mort que du triomphe du Poisson, du Roi Pêcheur; l&#8217;Esprit ne naît que de la mort du Roi, du Lion (comme le Poisson est né de la mort de la Vierge, 2 160 ans plus tôt).</p>
<p style="text-align: justify;">Ici et maintenant s&#8217;éclaire l&#8217;ambiguïté de Perceval, son doute, son éternel combat : ils ne sont pas faits d&#8217;ignorance mais d&#8217;une science universelle, car <em>hic et nunc</em>, en l&#8217;Etre Je, tout est compris, tout peut être prévu. Cette prédiction n&#8217;est pas autre chose que cette connaissance, le Graal-gré une autre chose que le Graal-nourriture, la volonté que l&#8217;acquis, la conception que la perception, ou la couleur (sa longueur d&#8217;onde) une autre chose que la note (sa fréquence). L&#8217;apparence de l&#8217;objet (l&#8217;image) y chevauche sa durée (le symbole en système prescrit), ou le récit la sentence, la fable le principe.</p>
<p style="text-align: justify;">Le doute n&#8217;est pas autre que la conscience parfaite de la totalité. Mais il en fait, par suite, cette généralité où ne se découvrent plus que des partialités. Une œuvre a dit, magistralement, ce combat sans fin : <span style="text-decoration: underline;">La tentation de Saint-Antoine</span>, mais ce fut au temps de Rimbaud, de Nietzsche, de <span style="text-decoration: underline;">La fin de Satan</span> et de <span style="text-decoration: underline;">La Sorcière</span> — de Michelet, en la première fissure des temps rationalistes, où Wagner réveillait le spectre de Perceval.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">L&#8217;enchâssement et l&#8217;édification</span></strong> — Gauvain et Galaad ont pu être des humains, des êtres matériels, vivants, le premier au 6<sup>ème</sup> siècle, le second au 8<sup>ème</sup>, dans le triomphe de l&#8217;Islam. Mais Perceval est, en soi-même, une Grande Image, car aucun mortel ne vit les deux siècles.</p>
<p style="text-align: justify;">Le mystère du Coran, sa longue prophétie, sur plus de 2 000 ans, peut encore s&#8217;expliquer, par le génie d&#8217;un homme, qu&#8217;ont instruit les prophètes hébraïques et chrétiens. Mais comment expliquer cet ouvrage d&#8217;orfèvre que représente l&#8217;enchâssement de la mort du Roi Pêcheur dans la vie de Perceval, de cette vie au cœur des Quêtes du Graal (de Gauvain à Galaad), de cette Quête enfin au cœur de la Grande Image que constituent — sur douze siècles — les Lectures du Graal?</p>
<p style="text-align: justify;">Visiblement, ici, l&#8217;Histoire se fait poème. Le Temps lui-même s&#8217;enroule ainsi qu&#8217;un médaillon.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais il se déroule aussi, dans l&#8217;autre sens, et c&#8217;est un second mystère que cet élargissement des cycles, depuis la période 620/670 jusqu&#8217;aux 12 siècles — et bien au-delà, car six siècles après les dernières Quêtes médiévales, musiciens et poètes s&#8217;en nourrissent encore.</p>
<p style="text-align: justify;">Or, cet enroulement et ce déroulement, ni Gauvain ni Galaad ne semblent en prendre conscience, liés à leurs marches horizontales, vers l&#8217;Occident ou vers l&#8217;Orient, selon qu&#8217;ils voyagent (et vivent) avant ou après le 7<sup>ème</sup> siècle.</p>
<p style="text-align: justify;">Au contraire, au plan de l&#8217;horizontal, qui est du domaine de la Succession, les voyages de Perceval ne sont que de va-et-vient. La tentation de l&#8217;ermitage ou son regret l&#8217;attachent à l&#8217;obscure forêt de la simultanéité. A son regard Gauvain, plutôt qu&#8217;il ne va vers l&#8217;ouest, participe d&#8217;un enroulement inévitable, insupportable. Il faut que l&#8217;Enfant et lui en viennent à se combattre.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais au terme du PAT : &laquo;&nbsp;Quoi donc? se disent-ils. Je n&#8217;ai rien fait que me combattre moi-même!&nbsp;&raquo; Car, hors du successif, ils ne sont pas différents.</p>
<p style="text-align: justify;">Pas davantage la quête de Galaad ne paraît orientée à celui qui tantôt le suit, tantôt le précède, et qui, souvent le quitte pour s&#8217;enfoncer au plus profond de la forêt. Mais il ne doute pas de l&#8217;élévation de cette quête, de sa prodigieuse  et pourtant rationnelle &laquo;&nbsp;remontée&nbsp;&raquo;. L&#8217;édification que portent tous les actes du bon chevalier l&#8217;édifie lui-même, comme elle édifie également le Graal, d&#8217;une apparition de la Coupe à l&#8217;autre — jusqu&#8217;à la révélation finale, en la capitale sarrasine.</p>
<p style="text-align: justify;">Si la retombée fut fantastique, affublée, pareille à un &laquo;&nbsp;affect&nbsp;&raquo; jungien, elle fut aussi comme, au plan de la Lecture, la <em>diachronie</em> de Saussure, d&#8217;une ère à l&#8217;autre, par l&#8217;échelle des générations ou le mystérieux voyage que Teilhard de Chardin situe de la Noosphère céleste à la trop humaine Biosphère. Dans le songe de Jacob, les anges descendent ainsi du Ciel sur la Terre.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais dans le même songe, d&#8217;autres anges s&#8217;élèvent, par la même échelle. Cette édification ne peut être que morale ou scientifique, théologique, voulue. Qu&#8217;on en fasse une sentence éthique ou un principe scientifique, elle impose une &laquo;&nbsp;loi&nbsp;&raquo; que la retombée ignore. Cette loi, en la mort du Lion, du Roi divin, ne peut se fonder que sur la Vierge : d&#8217;où, la virginité de Galaad, la chasteté de Bohort — et de Perceval, à partir d&#8217;ici.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette Vierge n&#8217;est pas sauvée par la destruction des 7 vices, ses geôliers, comme Hector le croira, mais par le simple triomphe de la Sainte Raison sur l&#8217;abject  esclavage. Nul témoignage n&#8217;en est plus clair que la façon dont le &laquo;&nbsp;taureau&nbsp;&raquo; Bohort s&#8217;arrache aux tentations, aux fausses pitiés. Une dame ira jusqu&#8217;à lui dire : &laquo;&nbsp;Si tu ne m&#8217;aimes pas, je me tue&nbsp;&raquo;. Il la laisse se suicider et il en souffre, mais le Vœu est au-dessus de toutes les autres lois — et de la compassion.</p>
<p style="text-align: justify;">A cette rigueur, à cette extrémité, l&#8217;Adolescent maintenant aspire, sans toujours y atteindre, il n&#8217;est pas sûr que, dans une pareille circonstance, il réagirait comme Bohort : on ne le peut croire. Mais ce pire lui est évité. Tout au plus, couché dans le même lit que la plus belle demoiselle du monde, trouvera-t-il la vertu de saisir son épée, en ultime recours, et d&#8217;en baiser la croix. Tout le maléfice se dissipera dans ce geste : la fille, le lit, la chambre, ne laissant en leur place qu&#8217;une &laquo;&nbsp;immonde puanteur&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">Or, un mot — homonyme — dit à la fois ce &laquo;&nbsp;montage&nbsp;&raquo; qu&#8217;est tout enchâssement et l&#8217;édification à quoi tend le principe : <em>monture</em>. Il dit bien davantage, étant le coursier d&#8217;abord, qui va où on le mène à moins qu&#8217;il ne mène son chevalier.</p>
<p style="text-align: justify;">Le mot ne dit pas seulement le domaine de Perceval, et ses voyages. Il dit le cœur inconcevable de toute la machinerie du Graal, <em>le moyeu de l&#8217;œuf</em>, ou, dans le langage contemporain, le noyau de l&#8217;atome, monture des <em>quarks</em>, de leurs 3 couleurs, de leurs 4 saveurs, en même temps que de la colle la plus forte, que les physiciens nomment le <em>gluon</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">Alliance des formes et de la force? Peut-être. Mais non moins, à un autre niveau, alliance de la G.I. et du S.S.P. Car ce n&#8217;est jamais que la dernière image, la plus interne (du quark, du quasar), qui est un symbole; et le plus petit système de symbole physique (le gluon) qui contient aussi bien l&#8217;infini du Trou Noir.</p>
<p style="text-align: justify;">La monture secrète — invisible — de tous les contes : de la Création, de l&#8217;Alliance, de la Quête, et de tous les systèmes scientistes, dès qu&#8217;un principe les fonde…</p>
<p style="text-align: justify;">Simplement si le conte se décompose ainsi, en 3 (ou 6, ou 9, 12) personnages, il faut que le principe se fonde sur de tout autres éléments. Je les nomme les outils, les instruments ou les moyens. Ils ordonnent bien différemment les deux Lectures.</p>
<p style="text-align: justify;">Jean-Charles Pichon</p>
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		<title>LE GRAAL &#8211; IV &#8211; Les mises au point de l&#8217;objectif</title>
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		<pubDate>Fri, 25 May 2012 14:31:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Les Quêtes du graal]]></category>

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		<description><![CDATA[IV Les mises au point de l&#8217;objectif &#160; L&#8217;Evénement est une Grande Image. L&#8217;un et l&#8217;autre disent à l&#8217;observateur comme les choses apparaissent ou disparaissent. Car JE n&#8217;en est pas le maître : il ne peut dire par quoi cela &#8230; <a href="http://www.jeancharlespichon.com/wp/?p=1589">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2 align="center"><strong>IV</strong></h2>
<h2 align="center"><strong><span style="text-decoration: underline;">Les mises au point de l&#8217;objectif</span></strong></h2>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;Evénement est une Grande Image. L&#8217;un et l&#8217;autre disent à l&#8217;observateur <em>comme</em> les choses apparaissent ou disparaissent. Car JE n&#8217;en est pas le maître : il ne peut dire par quoi cela se fait.</p>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;ai rêvé, cette nuit, un songe qui revient souvent. Celui d&#8217;un Livre dont l&#8217;élaboration a nourri des centaines de rêves; je l&#8217;ai songé comme désir, puis comme besoin, à travers ses fragments, hétéroclites (poèmes, nouvelles, études); je me suis vu l&#8217;offrant à divers éditeurs, en vain, car il était impubliable. Je l&#8217;ai caché, ici ou là, pour le dérober aux convoitises de mes ennemis.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais, cette nuit, après cinquante années de songes, je l&#8217;ai vu entier, publié, j&#8217;en ai perçu la récompense : une joie extraordinaire. Je l&#8217;ai feuilleté, relu, fragmentairement, car c&#8217;est un livre énorme : j&#8217;en ai admiré les figures nombreuses, combien diverses! Certaines semblent extraites d&#8217;un catalogue de mode, d&#8217;autres d&#8217;une manufacture. Ce poème est un catalogue, cet inventaire est un roman. Cependant, l&#8217;énigme en est autre.</p>
<p style="text-align: justify;">En aucun rêve, je n&#8217;ai lu tout le Livre; le composant ou le feuilletant, je n&#8217;en ai distingué que des mots ou des figures, des phrases au plus, ou des images complexes. Mais il ne fait pas de doute pour moi que le Livre existe, quelque part : la plus infime partie témoigne d&#8217;une totalité. Quelque <em>chose</em> s&#8217;y conserve intacte d&#8217;un bout à l&#8217;autre : le JE qui l&#8217;a écrit — et ce n&#8217;est pas moi. Ce mystère, je ne peux mieux le comparer qu&#8217;à ces autres. Je regarde un arbre, en mon jardin, je ne vois que lui, mais je sais la place qu&#8217;il occupe dans l&#8217;univers, bien que je ne puisse dire, parfois, où est le nord, où est le sud en mon jardin. Tel croyant sait l&#8217;Hégire, le Coran et le temps que les Califes mirent pour l&#8217;ordonner, mais il ignore que le temps des Califes fut celui du &laquo;&nbsp;roi fait néant&nbsp;&raquo;. Tel autre historien sait tout des Dagobert et de Sigebert, mais il ne croit pas au Temps de Tous les Saints, la Toussaint. Un autre, théologien, sait et croit tout de la Vie des Saints ou des Légendes sacrées du 7<sup>ème</sup> siècle, des derniers conciles, des premiers papes-saints, mais il ne croit pas en la mort du Roi, il ne sait rien — ou presque — des commencements de l&#8217;Islam.</p>
<p style="text-align: justify;">Cependant, l&#8217;univers existe, autour de l&#8217;arbre de mon jardin. Le 7<sup>ème</sup> siècle en soi fut ce temps incomparable, où le Souverain mourut (se faisant le Suprême, le dernier), où l&#8217;Islam se fonda, où l&#8217;Hostie sanctifia et guérit tous les êtres. Aussi sûrement que, dans la puberté, l&#8217;enfant se fait un adulte, en même temps que le crépuscule l&#8217;aube, ou l&#8217;agonie d&#8217;un dieu le point 0 d&#8217;un autre.</p>
<p style="text-align: justify;">Le Livre — l&#8217;univers ou le temps — n&#8217;est jamais lu en son entier : il ne peur l&#8217;être, car il appartient à l&#8217;Autre Monde, au Rêve; il n&#8217;en existe pas moins, existant à ce point que nulle partie, nul fragment n&#8217;en peut être perçu (ou conçu) sans témoigner de sa Totalité réelle.</p>
<p style="text-align: justify;">Or, le Livre est aussi l&#8217;objectif — et le seul — que se donnent tous les quêteurs, rationnels ou mystiques, scientistes ou religieux, bien qu&#8217;il ne soit jamais qu&#8217;enfoui au cœur d&#8217;un rêve : le songe éternel de l&#8217;humanité. Puisqu&#8217;il existe, ce Livre, et qu&#8217;il est l&#8217;Objectif, point n&#8217;est besoin, ni même souhaitable, d&#8217;en faire l&#8217;effet d&#8217;une cause, le produit d&#8217;un acte, et de chercher à sa quête des personnages, des acteurs (différents d&#8217;une quête à l&#8217;autre, nécessairement). Mieux vaut en chercher les moyens, les instruments : non pas d&#8217;une création, d&#8217;une connaissance, d&#8217;une semblance suspectes, mais de la mise au point de l&#8217;objectif.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">La contradiction</span></strong> — La principale obscurité des quêtes provient d&#8217;une double antinomie.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;acte de Gauvain est toujours un PAT, un passage à tabac, un acte de violence, qu&#8217;il s&#8217;agisse d&#8217;un combat ou d&#8217;une possession. L&#8217;acte de Galaad est toujours un choix, au carrefour, au passage à niveau ou PAN. Le premier prend, le second mise ou se mise. Mais aussi, 2 objets étant donnés, Je et l&#8217;Autre, Gauvain se doit toujours de les ramener à l&#8217;unique, par la victoire de l&#8217;un sur l&#8217;autre ou par la &laquo;&nbsp;prise d&#8217;amour&nbsp;&raquo;. Il semble que ce PAT doit être une pression, la plus forte qu&#8217;il se peut.</p>
<p style="text-align: justify;">Les 2 objets, tout au contraire, (la droite, la gauche) naissent pour Galaad du carrefour, du PAN. Une pulsion parait les contenir : quand c&#8217;est à l&#8217;un de passer, ce n&#8217;est pas à l&#8217;autre. Le refus du combat, et de toute violence, fait que l&#8217;Orphelin, effectivement, attend ou passe : il n&#8217;interdit jamais aux autres de suivre leur propre destin.</p>
<p style="text-align: justify;">a) Mais le monde de Gauvain est celui du récit, de la fable, où les évènements se produisent au hasard et dans la contingence; c&#8217;est aussi le monde des simultanés, où chaque objet, en somme, n&#8217;a qu&#8217;une position, une localisation particulière, sans rapport de causalité de l&#8217;un à l&#8217;autre. Mieux : le récit est ré-citation, répétition à l&#8217;infini des actes. S&#8217;il n&#8217;est plus de succession, tout acte ne peut plus que se reproduire sans fin. Comme, d&#8217;ailleurs, Gauvain reproduit l&#8217;Ancien Arbre, de l&#8217;Eden; ou bien la Table Ronde l&#8217;ancienne Table d&#8217;Emeraude, la Table de la Loi. Dire qu&#8217;il connait son héritage, comme noble et fils de Roi, c&#8217;est dire que son père, son grand-père, son plus lointain aïeul revivent en lui. Et les monstres mêmes qu&#8217;il affronte : le Dragon, la Sorcière, furent connus de Caïn et de Salomon. Car il ne vit que les archétypes du Conte; les 12 signes zodiacaux en bref : la Vierge, les Gémeaux, l&#8217;Archer (ou Sagittaire), etc., différemment localisés. Mieux : les PAT qu&#8217;il affronte lui demeurent des hasards; il peut y vaincre ou y être vaincu : dans une tradition très ancienne, antérieure aux Quêtes de Galaad, il est mort au cours d&#8217;un combat. Celui qui ne fait que prendre sait qu&#8217;il peut être pris : ni le guerrier ni l&#8217;amant ne sont toujours &laquo;&nbsp;en forme&nbsp;&raquo;. Une même <em>pulsion</em> fait la défaite de l&#8217;un ou de l&#8217;autre, après avoir fait leur triomphe.</p>
<p style="text-align: justify;">b) A l&#8217;inverse, le monde de Galaad est celui du principe, de l&#8217;édification. Il parvient au carrefour mais n&#8217;hésite jamais. L&#8217;intuition est sans faille qui lui donne pour règle de passer ou de ne pas franchir la ligne pour l&#8217;instant interdite. Puis, quand il passe, il a choisi la bonne route, vers la gauche ou la droite, vers l&#8217;ouest ou l&#8217;est, sans cesser d&#8217;aller droit, et vers l&#8217;Orient, son But. Une pression singulière, intense, ne lui permet pas longtemps de dévier de sa route, jamais de son principe. Une disposition profonde (sa volonté?) lui permet, lui impose, de se jouer des positions, des localisations. Il n&#8217;est pas une figure que le mouvement contraint de changer d&#8217;emplacement ou de forme; mais il est un mouvement, qu&#8217;aucune figure ne peut contraindre à changer de sens, de direction.</p>
<p style="text-align: justify;">Si un système de symbole physique — sa pulsion — arrête, et peut tuer, le Vieil Arbre, cette G.I., aucune image ou Grande Image ne suspend la marche du Nouvel Arbre, cette succession de symboles, ce système de symbole physique qu&#8217;est Galaad, en sa constante <em>pression</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">Comment donc s&#8217;y retrouver?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Les instruments</span></strong> — Les plus sages commentateurs du Graal, les Jung, Carl et sa femme, Madame Von Franz, répondent : par l&#8217;instrumentation des Quêtes, puisque, d&#8217;une part, elle apparait diverse d&#8217;une quête à l&#8217;autre, mais d&#8217;autre part, se rassemble en la Quête qui unit les instruments les plus divers. Ils nomment ces instruments ou ces outils : la Table Ronde, l&#8217;Arme : la Lance, l&#8217;Epée ou les Couteaux, la Coupe enfin, dont un jeu de mots fait tantôt le vase, le verre où l&#8217;on boit, tantôt le partage, la partition, le &laquo;&nbsp;tailloir&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">D&#8217;un bout à l&#8217;autre des Lectures, pourtant, ces outils ne sont pas les mêmes. Ceux de la Promesse : la Cène, la Lance qui pénètre le flanc du Christ, le premier Graal, qui recueille le sang, composent un outillage bien défini. Ceux de la Réponse, au Moyen Age, composent un outillage tout autre : le second Graal, vide, grée à chacun; la Table Ronde de Charlemagne (les 12 Preux) n&#8217;a que peu à voir avec la Cène, sinon les 12. Quant à la Lance, elle disparait des contes; les Couteaux (ou ciseaux) ont pris sa place.</p>
<p style="text-align: justify;">D&#8217;un bout à l&#8217;autre des Actes, de Gauvain à Galaad, les instruments se modifient non moins. Dans le Château de l&#8217;Ouest, Gauvain encore distingue la Lance, mais le Sang s&#8217;égoutte dans les 2 coupes, et le chevalier ne comprend pas pourquoi, comme il ne sait le pourquoi de la grande épée brisée (annonce de la mort du Roi) ou de l&#8217;étrange Tailloir que présentent les anges : un plat que la Croix partage en quatre.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour Galaad, le tailloir est devenu l&#8217;Ecu, vierge de tout blason — puisque le bon chevalier n&#8217;est pas un noble — que partage une croix de sang.</p>
<p style="text-align: justify;">Il ignore la Lance mais il a rassemblé les morceaux de l&#8217;Epée, ou une autre Epée — celle de l&#8217;Epopée ou de la Rhapsodie — lui a été remise, en un étrange fourreau, fait de guenilles vulgaires, que la Dame remplace par la plus belle des gaines, aux cent couleurs (et ce n&#8217;est pas sans user de l&#8217;aiguille et des ciseaux). Le Graal, ici, n&#8217;est qu&#8217;un : le trésor de Sarraz, en Orient, mais n&#8217;est-il pas une autre coupe : une Partition pareille aux 4 fleuves de l&#8217;Eden, ou aux 4 patriarches ou aux 4 évangiles?</p>
<p style="text-align: justify;">Puisque chacun — chaque élément, chaque cardinal d&#8217;abord — y voit ce qui lui convient?</p>
<p style="text-align: justify;">Un 3<sup>ème</sup> s&#8217;impose bien ici, mais ce n&#8217;est que le 3<sup>ème</sup> personnage, le noble orphelin, l&#8217;homme de la Promesse encore et de la Réponse déjà : Perceval. Car, par lui seul, l&#8217;énigme du Château est éclaircie, celle de Sarraz projetée. Entre la 1<sup>ère</sup> Table Ronde : la Cène, et la dernière, celle des Preux, il ne connait que celle d&#8217;Arthur, le vrai fondement de toutes les quêtes (clairement consacrée au Zodiaque). En son temps même, l&#8217;ordonnancement du Coran ne fonde-t-il pas l&#8217;Islam sur la Table Gardée : l&#8217;ordonnancement des Signes et des Constellations, des Serments et des Lettres?</p>
<p style="text-align: justify;">Mais, surtout, avec lui s&#8217;introduit dans la Quête le 4<sup>ème</sup> instrument, ignoré de Gauvain — et d&#8217;ailleurs méconnu de Madame Von Franz — l&#8217;ancienne Arche de Noé, devenue la Nef.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce moyen de transport, brusquement apparu, modifie tout l&#8217;ensemble. Il impose le contingentement à ce qui parut une contingence, il autorise le schème :</p>
<p style="text-align: justify;">Gauvain : la Lance, l&#8217;ambiguïté des coupes,</p>
<p style="text-align: justify;">Au cœur : la lance, mais les ciseaux, la nef et le tailloir,</p>
<p style="text-align: justify;">Galaad : la nef et l&#8217;autre coupe (la partition).</p>
<p style="text-align: justify;">Quelque chose demeure d&#8217;un terme à l&#8217;autre : la Table Ronde; quelque chose s&#8217;est transformée au point d&#8217;en être méconnaissable : la Coupe; quelque chose modifie et se modifie, comme la Lance en Ciseaux, par l&#8217;Epée brisée, puis par les Couteaux; quelque chose sauvegarde, conserve intact, d&#8217;un lieu à l&#8217;autre : la Nef.</p>
<p style="text-align: justify;">La Nef triomphe du PAT et de sa pulsion. Elle impose au dernier voyage une pression irrésistible, vers l&#8217;Est, comme l&#8217;Amour, le Poisson, le fait à tout carrefour.</p>
<p style="text-align: justify;">A l&#8217;inverse, les 2 coupes, l&#8217;épée brisée ou le tailloir ont dit les diverses pulsions du PAT, moins assuré qu&#8217;il ne le prétend, car il est le bien (la correction) et le mal (la violence, la cruauté), ou la victoire ou la défaite, au hasard des rencontres et des conflits.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;Arme fait du PAT un carrefour, un PAN : quand c&#8217;est à l&#8217;un de passer, le bien ou le mal, le victorieux ou le défait, ce n&#8217;est pas à l&#8217;autre. Le passage à niveau n&#8217;a pas un autre objet que de rappeler cette loi.</p>
<p style="text-align: justify;">La Nef fait du PAN, du carrefour, un PAT; la pression, du vent, de la marée, qui la meut (et le principe, qui la dirige) ne lui permet que cet objet : Sarraz.</p>
<p style="text-align: justify;">Il y eut donc un objet cohérent ou impénétrable, que la Table illustre — et que l&#8217;Arme pénétra (la lance) avant de la partager (par les couteaux). Il y aura donc un objet vide, le cercle final, que les ciseaux ont divisé avant que JE puisse y boire : le Coupe.</p>
<p style="text-align: justify;">La Table, l&#8217;Arme, la Nef, la Coupe ne figurent pas seulement la quadrature du Graal. Elles en figurent le Signe, le Seuil et l&#8217;Appareil double : les deux voies, du noble et du roturier, de l&#8217;homme de la fable et de l&#8217;homme du principe, de l&#8217;homme du PAT (esclave de ses pulsions) et de l&#8217;homme du PAN, que son existence ou son besoin (une pression toujours) dirige dans le bon chemin.</p>
<p style="text-align: justify;">Les instruments imposent un recensement spatial : vers l&#8217;ouest, vers l&#8217;est, ou bien une &laquo;&nbsp;retombée&nbsp;&raquo;, de la Promesse à la Chute, une &laquo;&nbsp;édification&nbsp;&raquo;, comme du Défi à la Réponse. Mais le jeu n&#8217;est pas moins d&#8217;un ordre temporel.</p>
<p style="text-align: justify;">La voie de Gauvain procède du plus lointain Passé, par les générations de rois et de princes qui l&#8217;animent, mais c&#8217;est vers un &laquo;&nbsp;devenir&nbsp;&raquo;, qu&#8217;il est — le devenant — bien plutôt qu&#8217;il ne le veut, car il est sans principe.</p>
<p style="text-align: justify;">La voie de Galaad le porte vers l&#8217;Avenir (l&#8217;avenir même de l&#8217;homme-je), mais il n&#8217;a pas de Passé, seulement ce &laquo;&nbsp;devenu&nbsp;&raquo; qu&#8217;il est en cet instant et ce lieu, <em>hic et nunc</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">Si le premier se meut du Passé vers le devenir, le second se meut du devenu vers l&#8217;Avenir, par la fable celui-là, le principe celui-ci, justifiant tous les deux l&#8217;affirmation scientiste, mais aussi rationnelle : nul ne chemine jamais que d&#8217;hier à demain, ou de la cause vers l&#8217;effet.</p>
<p style="text-align: justify;">Il reste que Perceval établit le chevauchement (au cœur même de la Table) : il est ce devenir que porte un long passé, puisqu&#8217;il est noble, mais aussi ce devenu, où commence, à l&#8217;inverse, l&#8217;action de Galaad. Il n&#8217;est que du devenir ou devenu, comme l&#8217;Acte même, car : je bois ce verre, je l&#8217;ai bu, je ne l&#8217;ai pas bu avant de pouvoir — ou devoir — le boire. Le principe seul prétend qu&#8217;il se meut dans le sens inverse, de la cause devenue à l&#8217;effet en devenir.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais il est ce principiel, ce rationnel aussi. Et ce sont les deux voies (d&#8217;enchâssement et d&#8217;édification alors) qui le tourmentent en son ermitage, puisqu&#8217;il ne peut décider entre les deux chemins. Celui qu&#8217;en fait, le roi fait néant implique, et celui auquel incite l&#8217;espérance du Verseau.</p>
<p style="text-align: justify;">JE dit que ce drame ne fut point particulier à Perceval : Adam, puis le Peuple l&#8217;ont connu.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Les quatre mises au point</span></strong> — Considérons l&#8217;objet comme un simple objectif : un arbre dans le jardin, une table dans le salon.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour le voir tout entier et bien, il faut nécessairement que JE en soit assez proche pour le considérer en tous ses éléments, et assez loin pour le considérer dans son ensemble : le jardin ou le salon.</p>
<p style="text-align: justify;">Si JE en est trop loin, il lui faut agrandir l&#8217;objet avant d&#8217;en découvrir les composants. Si JE en est trop proche, il lui faut réduire l&#8217;objet pour le considérer en son domaine, son contenant. Les deux actes s&#8217;obtiennent par une mise au point de l&#8217;objectif, en tournant, simplement, vers la droite ou la gauche, l&#8217;appareil en question : longue-vue ou microscope.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais si l&#8217;objet se meut ou mue, il ne sera pas suffisant de le réduire ou de le grandir pour le bien voir. Il me faudra le reconnaître (le même) en des places différentes, ou bien, tout au contraire le discerner différent (comme la particule ou le bacille changent dans un milieu donné).</p>
<p style="text-align: justify;">Il n&#8217;est de lecture de l&#8217;objet, ainsi, qu&#8217;au travers de ces 4 facteurs : sa cohérence, son partage, sa maintenance, sa transformation. Et c&#8217;est pourquoi les 4 définis comme approches privilégiées du Graal : la Tale, la Partition, la Nef et les Couteaux, ne sont pas seulement les instruments de la Quête, mais — à peine modifiés — ceux de toutes les Grandes Images.</p>
<p style="text-align: justify;">1) Sans doute, la Table n&#8217;est pas toujours la Table Ronde. Elle put être la Table de pierre ou le Joût (le Jacût, fait de diverses couleurs, qui deviendra la livrée du roturier, du Jaque, ou le costume bigarré de l&#8217;arlequin). Mais il y eut un temps — très lointain, dans la Grande Image de l&#8217;ancienne Egypte — où la couleur fut le Vert, de l&#8217;espérance ou de l&#8217;herbe des champs. Cette Table d&#8217;Emeraude fut un Livre, le Livre de Toth, qui contenait toutes les vérités (comme l&#8217;Arbre du Bien et du Mal), parce qu&#8217;il contenait tous les Mots. Le Pentateuque se fonde sur la Table des lois, qui contient toutes les prescriptions requises, tous les principes — pour maintenir le Peuple en son élection. Parallèlement aux Tables Rondes des chevaliers, l&#8217;Islam possède sa Table Gardée, qui non seulement contient &laquo;&nbsp;tous les signes du ciel&nbsp;&raquo;, les 12 du Zodiaque, mais également les tient et les maintient contre les œuvres du Découvreur ou du Démon.</p>
<p style="text-align: justify;">Toutes ces tables existent de par leur cohérence et leur totalité. Leur fonction est de maintenir, de conserver, ou les formes des mots (les hiéroglyphes primaires) ou les couleurs, les lois ou les tribus, les apôtres, les imâms, les preux.</p>
<p style="text-align: justify;">2) Tous les transferts que symbolise l&#8217;Arche, passages ou voyages, ne se font point par l&#8217;eau, le fleuve ou la mer, comme ceux des Noé sumériens ou bibliques, ceux de Jason ou d&#8217;Ulysse, de Sindbad ou de Galaad. L&#8217;arche n&#8217;est pas nécessairement une nef. Mais elle est toujours l&#8217;outil, le moyen qui transporte l&#8217;objet, sinon le personnage, le JE, d&#8217;un point à l&#8217;autre. En ce cas, il s&#8217;agit d&#8217;une Arche d&#8217;Alliance, dont la première fut, de l&#8217;Elohim à Noé, l&#8217;Arc même dans le ciel (symbole d&#8217;Air, alors) et dont l&#8217;ultime sera le cintre ou l&#8217;ogive des cathédrales, au 13<sup>ème</sup> siècle. La ligne courbe figure l&#8217;arc ainsi que l&#8217;ogive. Elle fait survivre, fût-ce dans le Ciel ou sur Terre, la courbure de l&#8217;Eau, de la Musique ou du Risque.</p>
<p style="text-align: justify;">Le plus audacieux défi de Moïse, ou du dieu qui lui prescrivait les choses, Iahvé, le dieu de Feu, fut sans doute de faire un signe de Feu de l&#8217;Arche : le réceptacle de toutes les foudres, et dont le simple toucher frappe à mort l&#8217;ignorant. Mais, par ce défi, l&#8217;Arche d&#8217;Alliance relie la Nef de Noé à celle de Galaad, ou celle de Gilgamesh à celle de Sindbad, par les barques de Jason, d&#8217;Amon, d&#8217;Ulysse.</p>
<p style="text-align: justify;">Quand la Nef entre en jeu dans les quêtes cisterciennes (Gauvain l&#8217;a ignorée), elle est donnée pour l&#8217;œuvre de Salomon, provenant tout droit de l&#8217;Arche d&#8217;Alliance : elle est faite du bois de l&#8217;Arbre édénique; en son cœur trône la Table de pierre, qui garde l&#8217;Epée emprise. Car l&#8217;Arche n&#8217;est rien d&#8217;autre que la préservatrice de la Table immortelle, elle-même protectrice de l&#8217;Epée invincible.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais, à cet enchâssement, de l&#8217;Arme dans la Table, et de la Table dans l&#8217;Arche (de la table des Lois dans l&#8217;arche d&#8217;Alliance) correspond le changement inverse, non plus resserrement mais la dispensation, non plus l&#8217;enchâssement mais l&#8217;édification.</p>
<p style="text-align: justify;">3) Car l&#8217;arme ne pénètre pas toujours, comme la Lance, la Vis, le Tire-bouchon : il arrache d&#8217;abord, le couteau (la lame); elles fendent et coupent, les lames doubles : les deux couteaux, les deux moitiés de l&#8217;Epée brisée ou les Ciseaux.</p>
<p style="text-align: justify;">Les ciseaux sont propres au Graal : les âges précédents ne les utilisent pas. Mais aucun n&#8217;ignora l&#8217;Arme : le couteau fut dans la main de Caïn avant d&#8217;être en celle d&#8217;Abraham. A l&#8217;arc, l&#8217;Assyrien du 3<sup>ème</sup> millénaire associait déjà le flèche (et le Livre d&#8217;Egypte, à la même époque, le Livre des deux chemins, associait la voie courbe, de Toth, à la voie droite de Râ).</p>
<p style="text-align: justify;">Quand il pense &laquo;&nbsp;promesse&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;conservation&nbsp;&raquo;, JE évoque la table, sa cohérence, ou l&#8217;arche, qui conserve intact dans le parcours.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais il ne pense point &laquo;&nbsp;réponse&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;change&nbsp;&raquo; sans évoquer la lancer, l&#8217;épée ou les couteaux. Si JE fait du délit l&#8217;acte du JE, il emprunte toujours ce symbole. Adam a tranché quand il a choisi l&#8217;Arbre de connaissance; ou les fils  de Jacob lorsqu&#8217;ils vendirent Joseph; ou Judas. Mais Caïn, ou le Peuple adorant le Veau d&#8217;Or, ou Lyonel, quand il essaie de tuer Bohort, ils ne choisissent, ils ne tranchent pas moins. Le &laquo;&nbsp;Tu ne tueras point!&nbsp;&raquo; d&#8217;Elohim, de Iahvé, de Jésus, brille au cœur de l&#8217;Histoire d&#8217;un éclat absolu, car tous ces dieux ne sont que le Dieu de Vie. Il n&#8217;en reste pas moins qu&#8217;en un cœur de l&#8217;Histoire, JE tue. Il commet le délit et ne peut pas ne pas le commettre : le Souffle, la Vierge, le Roi sont morts, tués par Celui même qui proscrivait le meurtre.</p>
<p style="text-align: justify;">Tous les prophètes le disent : que serait ce dieu-là sans l&#8217;orage, la foudre, l&#8217;Arkhon qui fut son père (&laquo;&nbsp;Celui qui m&#8217;envoie&nbsp;&raquo;, dit Jésus). L&#8217;Ange au glaive flamboyant de l&#8217;Eden interdit, le Buisson de Feu, le nouvel archer/Eros ornent ou défendent le dieu, quel qu&#8217;il soit. La justice partage non moins que la Création, et l&#8217;Amour comme la Justice (par la préférence). Un dieu désarmé, que serait-il?</p>
<p style="text-align: justify;">4) L&#8217;Arche conserve la Table, mais l&#8217;Arme la pénètre ou la partage, la détruit. Le dernier instrument est donc cette coupe même, cette partition en quoi l&#8217;Arme partage la Table. C&#8217;est toujours une croix dans le cercle. Le blason de Gauvain, l&#8217;écu partagé de Galaad, mais aussi le partage de l&#8217;Eden entre les 4 fleuves, du Vent/souffle par les 4 Vents, du Peuple entre les Cardinaux, des Chevaliers par l&#8217;Est et l&#8217;Ouest, la retombée et l&#8217;édification.</p>
<p style="text-align: justify;">Les 4 se retrouvent toujours quelque part, qui ne sont, plus clairement, que les 4 instruments : la Table, de terre, l&#8217;Arche, d&#8217;eau, l&#8217;Arme, de feu, la Coupe, d&#8217;air.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle n&#8217;est pas toujours, cette coupe, l&#8217;urne, le vase, le Graal plein ou vide. Elle peut n&#8217;être que le Partage même, la partition (du blason, de l&#8217;écu, de la table, du morceau de musique). Mais ce blason, cet écu, cette table partagée, cette fugue, ils sont ce qui permet de poursuivre l&#8217;œuvre, et d&#8217;abord la lecture du Livre, fragment par fragment, quantum par quantum, cadran par cadran — et cela, même quand JE ne peut plus saisir l&#8217;Ensemble, comme par les sciences de la Raison. Il s&#8217;agit toujours d&#8217;une croix.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Le délit ou les 3</span></strong> — Dès la Promesse/Défi, dès le début, l&#8217;étonnement! Les fleuves sont 4, les patriarches, les évangiles ou les califes qui ordonnèrent le Coran. En fin de compte, les instruments ou les moyens ne sont que ces 4 aussi : la Table, l&#8217;Arche, l&#8217;Arme et la Coupe.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;étonnement naît de là : que penser de ces 4 (Cardinaux, Eléments ou Jeux) alors que les personnages s&#8217;offrent comme innombrables, péniblement réduits aux 12, aux 6, aux 3? Plus étrange : les personnages sont différents, d&#8217;une G.I. à l&#8217;autre, JE ne peut reconduire cette écriture (hiéroglyphique) à une autre (la phénicienne, la grecque) sans une série d&#8217;équivalences, plus ou moins approximatives, telle que celle que constitue le double lexique, un dictionnaire de traduction. Peut-être que &laquo;&nbsp;love&nbsp;&raquo; dit la même chose que &laquo;&nbsp;amour&nbsp;&raquo;, mais ce peut être &laquo;&nbsp;like&nbsp;&raquo;. Peut-être que l&#8217;aleph juif est l&#8217;alpha grec, bien qu&#8217;il s&#8217;agisse de tout autre chose.</p>
<p style="text-align: justify;">Or, les moyens, outils ou instruments, révèlent bien cette concomitance entre les G.I. différentes, successives, comme de la Création à la Justice, de la Justice à l&#8217;Amour, etc. Mais il se trouve que JE les reconduit difficilement aux 4. L&#8217;Arche peut être de Feu, bien que la Nef soit d&#8217;Eau et l&#8217;Arc-en-ciel de l&#8217;Air.</p>
<p style="text-align: justify;">La table est pierreuse, terrestre, mais Toth en fait &laquo;&nbsp;le trésor au fond des mers&nbsp;&raquo;, car la Connaissance est rythmique, comme l&#8217;Eau. La Coupe porte un breuvage, une nourriture dionysiaque, bien qu&#8217;elle soit aussi — et d&#8217;abord, peut-être  — une partition. Que penser d&#8217;une arme qui tantôt pénètre et puis libère, comme la lance pénètre la chair et dispense le sang, tantôt coupe et partage, comme les deux couteaux, les ciseaux?</p>
<p style="text-align: justify;">D&#8217;une autre manière — la bonne? — les instruments ne sont que ces 3 : un <em>signe</em>, immuable, que porte le vocable; un <em>seuil non moins certain</em> : maintenance ou changement; un <em>appareil</em>, de A vers B ou de B vers A : la conservation, la redite, l&#8217;éternel retour, ou l&#8217;autrement, le change, à l&#8217;infini. La fable et la sentence, le conte et le principe, l&#8217;enchâssement et l&#8217;édification.</p>
<p style="text-align: justify;">De la Table à la Croix, ou bien du Cercle aux deux perpendiculaires fut le chemin de Galaad (mais la Table n&#8217;était alors que d&#8217;Emeraude, le Jakût) et Galaad lui-même un roturier, un Jaque. D&#8217;où, l&#8217;écu, partagé mais sans blason particulier, de l&#8217;adulte et de l&#8217;arlequin. Comme du défi à la réponse. DE la partition (et de la Croix du Christ) aux diverses tables rondes, ou de l&#8217;est à l&#8217;ouest furent les péripéties du voyage de Gauvain (et des Apôtres, avant lui), comme de la promesse au défi.</p>
<p style="text-align: justify;">Au mot <em>Délit</em>, le vieux français et de nombreuses techniques maçonnes encore prêtent ces deux sens :</p>
<p style="text-align: justify;">a) toute face d&#8217;une pierre autre celle sur laquelle elle reposait dans la carrière, c&#8217;est-à-dire toute <em>face découverte</em>;</p>
<p style="text-align: justify;">b) le joint, <em>recouvert</em> alors, entre des feuillets, d&#8217;ardoise par exemple.</p>
<p style="text-align: justify;">En ces sens, étrangement, le &laquo;&nbsp;découvert&nbsp;&raquo; comptable n&#8217;est pas moins un délit que le &laquo;&nbsp;recouvrement&nbsp;&raquo;. Mais que peut être une lecture, sinon ce dévêtement : une épellation, le commencement d&#8217;une compréhension, ou ce revêtement : une révélation de la chose cachée, à la fin?</p>
<p style="text-align: justify;">Quel plus grand défi peut-il y avoir que de faire des deux lectures contraires des délits?</p>
<p style="text-align: justify;">Mais peut-être, plutôt, le délit, ici et là, n&#8217;est-il rien qu&#8217;une <em>erreur</em>. Dans une lecture A, l&#8217;erreur est le recours aux seules faces distinctes, apparentes, de la pierre, ou bien aux 3 côtés découverts du carré. Cette épellation ignore la 6<sup>ème</sup> face ou le 4<sup>ème</sup> côté : le Fondement de l&#8217;unique : pierre ou carré.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans une lecture B, le joint qui unit les 2 feuillets ou les 2 plaques, 3<sup>ème</sup> facteur, fait de l&#8217;ensemble : le bloc d&#8217;ardoise, une unité factice ou illusoire; il interdit de distinguer clairement les composants du bloc.</p>
<p style="text-align: justify;">Le 1<sup>er</sup> délit est celui de Gauvain ou de la Fable : la contingence d&#8217;évènements prodigieux ou magiques, apparemment déliés (car leur fondement, caché, fut la promesse, la race ou l&#8217;élection — une distinction encore — enracinées dans un lointain passé).</p>
<p style="text-align: justify;">Le 2<sup>ème</sup> délit est celui de Galaad, son Principe, qui rassemble au départ des éléments épars, de tailles et de couleurs, quelquefois, différentes.</p>
<p style="text-align: justify;">A la 1<sup>ère</sup> erreur, la seule réponse possible est l&#8217;<em>arrachement</em> qui, séparant la pierre de la carrière, en révèle le 4<sup>ème</sup> côté, ou la 6<sup>ème</sup> face, et recouvre en effet l&#8217;impair (3 côtés ou 5 faces) par le pair : 4 ou 6. Cet arrachement est le PAT, l&#8217;action violente ou le combat, auquel le chevalier noble doit enfin recourir.</p>
<p style="text-align: justify;">A la 2<sup>ème</sup> erreur, le seul remède est le <em>détachement</em>, d&#8217;une feuille après l&#8217;autre : le 3<sup>ème</sup> facteur, le joint, s&#8217;élimine dans l&#8217;acte, il ne reste dans la main que les 2 feuilles détachées. Comme au carrefour, dans le PAN, se découvrent les 2 voies, sinon les 4.</p>
<p style="text-align: justify;">Néanmoins, les deux remèdes ou réponses, l&#8217;arrachement, le détachement, ne sont jamais que des déliements : l&#8217;autre délit. Par la violence Gauvain, par le partage Galaad n&#8217;ont fait que se distancer de la Promesse première : le Graal chrétien. D&#8217;où, les 2 Coupes de Gauvain, le noble, et d&#8217;où le second Graal : la coupe/partition du roturier.</p>
<p style="text-align: justify;">Par cet arrachement, l&#8217;enfant quitte l&#8217;enfance, le féerique, la fable. Par ce détachement, l&#8217;adulte ne cesse de fuir, de carrefour en carrefour, jusqu&#8217;à cette entropie, cette dissolution auxquelles doit mener l&#8217;analyse scientifique, puis la complexification scientiste du Rationnel.</p>
<p style="text-align: justify;">Or, le vocable : délit porte le double sens : le défi de l&#8217;erreur, le déliement de la réponse. Il se présente comme homonyme, porteur des sens contradictoires.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais aussi les deux vocables : les apparences d&#8217;une part, le joint de l&#8217;autre, contiennent un seul sens : le délit. Et, de même, l&#8217;arrachement et le détachement portent ce sens unique : le déliement. Les lectures de l&#8217;objet (A et B) d&#8217;une part, les actes de Gauvain et de Galaad de l&#8217;autre peuvent être des synonymes, comme délits les premières, déliements les seconds.</p>
<p style="text-align: justify;">Puis, la lecture, sa faute, et l&#8217;acte, son déliement, se retrouvent liés, comme l&#8217;image et le symbole physique, en la G.I. et le S.S.P., au cœur des lectures et des actes, en Perceval, sinon au cœur de Perceval : son ermitage. Car, <em>hic et nunc</em>, précisément, le Perceval ermite ne sait plus où est le bien, le mal, le bon, le mauvais. A la limite : où est la faute, où le châtiment; où le défi, où la réponse. Fuyant à la fois l&#8217;arrachement et le détachement, l&#8217;Ermite rejette à la fois le Poisson de l&#8217;Evangile et le Gré sarrasin, pour faire du Graal &laquo;&nbsp;l&#8217;Obscure connaissance de soi-même&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">Livré au choix, l&#8217;adolescent ne peut plus choisir, ni entre les lectures, car il sait que l&#8217;une et l&#8217;autre sont des erreurs : l&#8217;irrationnelle, la rationnelle, le conte et la sentence, ni entre les deux actes, tous deux des déliements, par la violence ou le partage, l&#8217;arme ou la partition.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est pourtant cette Monture : montage/coursier, cet enchâssement d&#8217;une part, cette édification de l&#8217;autre, que reconstituent sans cesse les 4, outils ou instruments, moyens.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Les acteurs et les moyens</span></strong> — JE le voit nettement : les personnages sont synonymes. Dans un espace/temps donné, comme dans le millénium chrétien et islamique : les Apôtres d&#8217;une part, les Chevaliers de l&#8217;autre : ces vocables sont différents, discontinus. Pour les joindre, il convient de les traduire les uns en les autres, par un lexique commun, le 3<sup>ème</sup> facteur (toujours les 12 signes du Zodiaque).</p>
<p style="text-align: justify;">Mais aussi d&#8217;un ensemble à l&#8217;autre, comme les 12 Fils ou Tribus, dans l&#8217;ère de Justice, aux 12 Apôtres ou Chevaliers dans l&#8217;ère d&#8217;Amour, le 3<sup>ème</sup> facteur, le joint, est nécessaire.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est encore le Zodiaque, puisque Apôtres, Chevaliers, Preux de Charlemagne (Imâms aussi) sont 12.</p>
<p style="text-align: justify;">Au contraire, les moyens, outils ou instruments, sont homonymes. Les mêmes vocables, aux sens multiples, se retrouvent ici et là : de la Promesse à la Réponse dans l&#8217;ère, ensemble, de l&#8217;ère de Justice à l&#8217;ère d&#8217;Amour, différemment.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce sont toujours : la Table — les tables rondes du Graal (de la Cène à Charlemagne); ou la Table d&#8217;Emeraude ou la Table des Lois; l&#8217;Arme, qui pénètre ou arrache, la Lance, ou partage, les Ciseaux, dans le Graal; ou le couteau et les Couteaux depuis six mille ans au moins, depuis Caïn jusqu&#8217;à Galaad, par les couteaux du Sacrifice biblique.</p>
<p style="text-align: justify;">Et ce sont toujours l&#8217;Arche — depuis l&#8217;Arc de Lancelot jusqu&#8217;à la Nef de Galaad; mais aussi le 1<sup>er</sup> signe d&#8217;alliance, l&#8217;Arc-en-ciel de Noé, au sortir de son arche, et le dernier : l&#8217;arche de Moïse, qu&#8217;on dit d&#8217;alliance.</p>
<p style="text-align: justify;">Et la Coupe, toujours présente : celle où l&#8217;on boit (le Fruit de l&#8217;arbre, la coupe de Bacchus, de Dionysos, de Ganymède, de Josèphe d&#8217;Arimathie) et celle qui présente partagé le plat, le tailloir, l&#8217;écu, la partition toujours, depuis les 4 Eléments ou les 4 cardinaux.</p>
<p style="text-align: justify;">Si la Coupe est délit (la faute, <em>la coulpe</em>, qui avoue le coupable), l&#8217;Arme est la cause de cette coulpe-là : les ciseaux de la coupe. Mais, si la Table garde et préserve, se donne pour la loi, c&#8217;est l&#8217;arche/nef qui la déplace sans la changer, immuable en tous les parcours.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;homonymat des instruments est comme une mer que ne peut briser aucun îlot, comme une campagne que n&#8217;interrompt aucun village. La synonymie des acteurs fait de plusieurs villages les séjours des mêmes hommes, que distinguent pourtant leurs religions, leurs races ou leurs ethnies. Les tribus habitent cet îlot du temps; les chevaliers celui-ci, que seul un principe (des Droits de l&#8217;homme, par exemple) peut équivaloir — ou traduire, d&#8217;un langage, d&#8217;une religion, d&#8217;une race dans l&#8217;autre. Mais tous, ici ou là, utilisent la table, l&#8217;arme, l&#8217;arche et la coupe; car, tous, ils ont besoin d&#8217;un fondement, du PAT, du PAN et du partage (qui leur permet de se nourrir).</p>
<p style="text-align: justify;">Parmi d&#8217;autres G.I., cet îlot, ce village, le Graal met l&#8217;accent sur les personnages (comme d&#8217;autres îlots avant lui); il ne peut, néanmoins, ignorer les outils, les instruments que ces acteurs utilisent. Ils le reconduisent à l&#8217;éternel, à l&#8217;universel qu&#8217;est l&#8217;Etre Même, dont l&#8217;un fera l&#8217;Océan, l&#8217;autre la Terre — et d&#8217;autres, peut-être l&#8217;Espace ou le Temps, l&#8217;Air ou le Feu.</p>
<p style="text-align: justify;">Reste à savoir, ou distinguer ce qui se passe, ce qu&#8217;il advient hors de l&#8217;îlot ou du village, hors du foyer ou de la forme céleste (que l&#8217;un dira planète, un autre étoile, celui-ci un trou noir, celui-là un nuage).</p>
<p style="text-align: justify;">En-deçà ou au-delà que deviennent les personnages et les outils, les acteurs et les moyens?</p>
<p style="text-align: justify;">Le goût de la symétrie dans la contradiction porte à croire que les moyens y seront apparents, dans une diversité donnée pour telle, mais que la symétrie des personnages y sera plus secrète, cachée. C&#8217;est ce qu&#8217;il convient de démontrer, par l&#8217;étude des fables et des principes qui ordonnent ou désorganisent la grande terre ou l&#8217;océan de l&#8217;Alchimie. Entourant l&#8217;île ou le village du Graal, JE doit admettre, d&#8217;avance, que l&#8217;Alchimie précède le Graal (comme l&#8217;enfant précède le père, ou la seconde génération la première) d&#8217;un grand nombre de siècles : les douze siècles (0/1260) n&#8217;y suffiront plus.</p>
<p style="text-align: justify;">Il se peut même que le Graal ne soit que li milieu, le centre, le cœur, de l&#8217;alchimie. Contenu en elle, après être apparu, de tant de lectures et de faits, promesses ou réponses, évènements ou actes, l&#8217;obscur contenant.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.jeancharlespichon.com/wp/wp-content/uploads/2012/04/LES-MISES-AU-POINT001.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1611" title="LES MISES AU POINT001" src="http://www.jeancharlespichon.com/wp/wp-content/uploads/2012/04/LES-MISES-AU-POINT001.jpg" alt="" width="486" height="358" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Quant au scandale divin : le transfert ou le change de Promesse en Défi, il n&#8217;est rien que l&#8217;évolution du dieu A au dieu B, si je joue de plusieurs cycles divins, de plusieurs îlots ou villages dans la mer ou le pays du Temps :</p>
<p style="text-align: justify;">— du Créateur taurique (de l&#8217;Eden) au Justicier bélique : &laquo;&nbsp;Tu ne toucheras pas à l&#8217;Arbre&nbsp;&raquo;. Réponses : le crime de Caïn, le prodige de Cadmos, les créations de Nemrod — qui prolongent la Création bien au-delà de la Justice;</p>
<p style="text-align: justify;">— du dieu de l&#8217;Alliance, bélique, à Celui qui impose le pardon à Jacob, à Joseph, aux tribus. Réponses : le châtiment des Benjamites par les Danites, puis par Juda (David), puis par les Lois, de Salomon, de Lycurgue, de Solon, qui prolongent la Justice bien au-delà de l&#8217;Amour;</p>
<p style="text-align: justify;">— du Graal/nourriture au Graal/partition, de l&#8217;Ichtus au Paraclet, à l&#8217;Esprit Libre, au Verseau. Réponses : le retour au dieu du Pentateuque, l&#8217;Inquisition, la scolastique kabbalistique, les Croisades, etc.</p>
<p style="text-align: justify;">La Réponse est <em>essentiellement</em>, principiellement, abstraitement, un retour, une maintenance à force du dieu antérieur, démontré, confirmé — et rationalisé — par vingt siècles d&#8217;Histoire.</p>
<div id="attachment_1646" class="wp-caption aligncenter" style="width: 1021px"><a href="http://www.jeancharlespichon.com/wp/wp-content/uploads/2012/04/GRAAL002.jpg"><img class="size-full wp-image-1646" title="GRAAL002" src="http://www.jeancharlespichon.com/wp/wp-content/uploads/2012/04/GRAAL002.jpg" alt="" width="1011" height="761" /></a><p class="wp-caption-text">Illustration Pierre-Jean Debenat</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>Jean-Charles Pichon</p>
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		<title>LES ALCHIMIES I &#8211; L&#8217;objectif des inversions</title>
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		<pubDate>Thu, 24 May 2012 08:20:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Les Alchimies]]></category>

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		<description><![CDATA[Deuxième partie LES ALCHIMIES &#160;   I L&#8217;objectif des inversions   L&#8217;Or — L&#8217;objet de l&#8217;alchimie n&#8217;est pas le Graal, c&#8217;est l&#8217;Or. Entre les deux objets, la contradiction éclate à tous les regards. Le Graal est un creux, fait pour &#8230; <a href="http://www.jeancharlespichon.com/wp/?p=1627">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2 align="center"><strong>Deuxième partie</strong></h2>
<h2 align="center"><strong>LES ALCHIMIES</strong></h2>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_1649" class="wp-caption aligncenter" style="width: 789px"><a href="http://www.jeancharlespichon.com/wp/wp-content/uploads/2012/05/ALCHIMIES001.jpg"><img class="size-full wp-image-1649" title="ALCHIMIES001" src="http://www.jeancharlespichon.com/wp/wp-content/uploads/2012/05/ALCHIMIES001.jpg" alt="" width="779" height="584" /></a><p class="wp-caption-text">Illustration Pierre-Jean Debenat</p></div>
<p align="center"><strong> </strong></p>
<h3 align="center"><strong>I</strong></h3>
<h3 align="center"><strong><span style="text-decoration: underline;">L&#8217;objectif des inversions</span></strong></h3>
<p style="text-align: justify;" align="center"><strong><span style="text-decoration: underline;"> </span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">L&#8217;Or</span></strong> — L&#8217;objet de l&#8217;alchimie n&#8217;est pas le Graal, c&#8217;est l&#8217;Or.</p>
<p style="text-align: justify;">Entre les deux objets, la contradiction éclate à tous les regards. Le Graal est un creux, fait pour être rempli, un orifice fait pour le déversement; ou bien une forme vide, inscrite, par la coupe, dans un plan et qu&#8217;il convient encore de couper, de partager pour en découvrir les secteurs, les parties, la partition.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;Or est une excroissance, une pierre, un bloc, un monticule.</p>
<p style="text-align: justify;">Le Graal, pourtant, nous a révélé ces délits : ce qui se voit, pareils aux parures, aux gréements, à la matière dont la coupe est faite — et ce qui se cache, la jointure des feuilles ou des niveaux, pareil à une défense (un parage), à un gré : ce qui convient à chacun. La Parade ou l&#8217;Agrégation, tout aussi bien. Pierre ou ensemble de paillettes, l&#8217;Or est cette parade ET cette agrégation. Un chevauchement d&#8217;aspects et de jointure géniale, en même temps que le fondement du bloc : la face cachée ou enterrée, ET les feuillets ou plaques inutilisables, une fois détachées. L&#8217;Or n&#8217;est pas les délits sans être leur remède.</p>
<p style="text-align: justify;">Il suit que, comme le Graal de Perceval fut au centre de toutes les quêtes — en même temps que leur ensemble, depuis la Promesse de l&#8217;an 0 ou 30 jusqu&#8217;aux Réponses du 13<sup>ème</sup> siècle, l&#8217;Or/substance est au cœur de toutes les alchimies — en même temps que leur seul objet, depuis Démocrite à ce qu&#8217;on dit, vers -360, jusqu&#8217;à leur terme, vers 1800. Le <em>milieu</em> entre ces deux dates, leur moyenne, donnerait : -360 + 1080 = 1800 &#8211; 1080 = 720.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais nous noterons que les débuts de l&#8217;alchimie furent rationnels, bien antérieurs à la Promesse, et que ses fins furent rationnelles aussi, très longtemps après la formulation de la Réponse. Les alchimistes englobent le Graal : elles le débordent de tous côtés. Un moment, donc, elles ne font qu&#8217;un avec les quêtes, de 450 à 882 plus ou moins, d&#8217;Arthur à l&#8217;Occultation des Islamiques ou du début de la Grande Byzance à la fin réelle des Carolingiens, car Byzance se chercha d&#8217;abord, et les descendants de Charlemagne se survécurent, depuis 330 jusqu&#8217;à 930.</p>
<p style="text-align: justify;">Le centre/milieu, le moyeu de l&#8217;Œuf, se situerait alors en : 882 &#8211; 216 = 450 + 216 = 666.</p>
<p style="text-align: justify;">Plus précisément nous savons que ni l&#8217;après-Charlemagne (814) ni le temps de Justinien (mort en 565) ne furent le Royaume de Dieu, du dieu d&#8217;Amour. Ils ne pouvaient être le temps du Graal de Perceval ou de l&#8217;Or/substance. Sur ces quelque 244 ans (568/812), le moyeu-moyenne serait : 568 + 112, 812 &#8211; 112 = 650.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;œuvre qui glorifie l&#8217;Or/substance fut celle d&#8217;Etienne, professeur de 610 à 641. Elle se situe probablement entre l&#8217;Hégire (622) et l&#8217;apparition de Sigebert (638), c&#8217;est-à-dire vers 630. Car, avant 622, l&#8217;Esprit n&#8217;a pas atteint son point 0 (d&#8217;origine), et, après 638, le Roi/Lion n&#8217;a atteint que le sien (son terme). 630 est, de nouveau, le moyeu/moyenne entre 0 et 1260.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme je ne peux parler du Graal sans traiter de l&#8217;ermitage de Perceval, je ne peux dire l&#8217;Or sans traiter de l&#8217;œuvre d&#8217;Etienne. Même si, dans le processus des alchimies, le moyeu/moyenne peut être toujours localisé plus loin, en 640, 666, 720, etc.</p>
<p style="text-align: justify;">On notera qu&#8217;avant Perceval ou Etienne (l&#8217;ermitage du premier, l&#8217;œuvre du second), le Royaume de Dieu, la Toussaint (Tous des Saints) fut toujours située trop tôt : en 590 par le pape-saint Grégoire, au début du 6<sup>ème</sup> siècle par Augustin, en la mort d&#8217;Arthur ou par l&#8217;abolition des rites et des dieux païens (524), par les traditions celtiques et les conciles chrétiens, etc. Mais ni l&#8217;espoir, puis le désespoir des Attendants, ni l&#8217;étonnement, puis la nostalgie des survivants ne peuvent rien changer aux dates : 622/638. S&#8217;ils n&#8217;ont pas compris que le Royaume était le roi fait néant ou l&#8217;apogée du Christ le point 0 de l&#8217;Esprit, c&#8217;est évidemment que ces inversions sont proprement inconcevables pour JE. <em>Le Verseau naît de la mort du Lion</em>, qui est la seule victoire absolue du Poisson : une telle formule/code était inacceptable, et même pour ceux qui avaient su que l&#8217;Ichtus naît de la mort de la Vierge, la seule victoire, tragique mais proclamé de IAV.</p>
<p style="text-align: justify;">Des hommes, pourtant, avaient admis et proclamé ce message-ci : Orphée, Akhenaton (après la mort de la Vierge aimée). Des hommes énoncent ce message-là : Mahomet, Cankara dans l&#8217;Inde, devant la mort certaine du Souverain.</p>
<p style="text-align: justify;">Or, l&#8217;acceptation de l&#8217;Arrêt inévitable n&#8217;abolit pas seulement les deux délits de l&#8217;Etre : elle en énonce les solutions, les remèdes. Elle remplace la Promesse par la Réponse, en décrivant l&#8217;<em>Objet en soi</em>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Etienne</span></strong> — Etienne est un autre Perceval. Ce n&#8217;est certainement pas un serf, car un serf enseigne rarement l&#8217;Ontologie; rien ne prouve qu&#8217;il fût un noble, puisqu&#8217;un prénom le nomme. Un prénom et une ville : Alexandrie, où il donna la plupart de ses conférences.</p>
<p style="text-align: justify;">Homme de l&#8217;Ouest, sans doute de Rome, il a pu être l&#8217;un de ces moines que, vers 600, Saint Grégoire le Grand envoyait à travers le monde dans les 12 directions. Mais africain, il a, plus tôt qu&#8217;un autre, pu connaitre les débuts de l&#8217;Islam : l&#8217;existence du prophète de la Mecque et de Médine, que le reste du monde ignorait. Promené de gauche et de droite comme l&#8217;ermite chevalier, son langage est celui d&#8217;un Mage, d&#8217;un Apollonius de Tyane, en même temps que celui de Grégoire lui-même : exaltant mais sage, presque rationnel. Car son objet, l&#8217;Or/substance est l&#8217;objet/moyeu de l&#8217;alchimie, son Graal; mais, pas plus que la Coupe première, il ne peut être pénétré.</p>
<p style="text-align: justify;">Impénétrable, il ne peut être que conté, comme une fable, ou décrit comme un cercle qu&#8217;on circonscrit. Comme toutes les œuvres de l&#8217;époque : le Coran, les premiers hymnes grégoriens, les Conférences d&#8217;Etienne, sur la nature de l&#8217;Or, n&#8217;ont que ce projet-là. Ce leur est assez que chanter, glorifier, adorer l&#8217;Indicible.</p>
<p style="text-align: justify;">La 1<sup>ère</sup> conférence, fondamentale, se présente comme un chant de louange, de félicité qui serait également un traité de grammaire ou de géométrie. La nature de la substance, faite des 3 personnes, y est donnée pour &laquo;&nbsp;Une et Identique en toutes ses parties&nbsp;&raquo;, engendrant et satisfaisant le Tout, immatérielle et tenant solide la matière, etc. Cette pierre ou ce bloc, pourtant, n&#8217;est pas au cœur du monde sans être l&#8217;univers, pareil à cette Maison dont Grégoire disait que les 12 fenêtres éclairent tout à la fois la maison par le monde (la lune et le soleil) et le monde par la maison : la lumière de la lampe ou du flambeau portés.</p>
<p style="text-align: justify;">Quant aux autres conférences, il n&#8217;est pas si aisé de les traduire ou de les résumer, car elles traitent alchimiquement des corps constitutifs de l&#8217;Or, mais elles en traitent comme de formulations (ésotériques, géométriques) qui se trouveraient être des matières (impénétrables). Pire : elles ne disent pas la Forme et la Matière, que nous pourrions comprendre : elles parlent du <em>genre </em>et de l&#8217;<em>espèce</em>, deux notions que nul commentateur des Conférences ne se charge plus d&#8217;expliquer.</p>
<p style="text-align: justify;">Autour du Nombre, magique, ou dans le Nombre, inexprimé mais que l&#8217;on peut tenir pour l&#8217;unité minima de l&#8217;Etre, les 4 ordonnent la <em>Terta somia</em>, où les 4 ne sont guère que les points cardinaux.</p>
<p style="text-align: justify;">La branche verticale de la Croix se constitue d&#8217;étapes ou de marches, depuis celles de l&#8217;Empire (byzantin encore) jusqu&#8217;à celles de l&#8217;escalier. Ces niveaux, cependant, Etienne ne les donne pas pour des ères successives, car ils ne sont qu&#8217;en Dieu — hors du Temps — comme les <em>Sephiroth </em>de la Kabbale, les Fenêtres de Grégoire ou ces Manifestations de l&#8217;Un que les chiites de l&#8217;Islam, bientôt, vont découvrir dans le Coran. Etienne les nomme : <em>epipédés</em>, car ce ne sont que des pas circonvolutifs, chacun transporte l&#8217;ensemble qui embrasse les parties. Mais, généralités, comme ces ensembles, ils n&#8217;en sont pas moins des &laquo;&nbsp;gènes&nbsp;&raquo;, constitutifs de l&#8217;Etre qu&#8217;ils ne peuvent que décrire, par quelque &laquo;&nbsp;génie&nbsp;&raquo; propre.</p>
<p style="text-align: justify;">La conjugaison de ces divers vocables : généralité, gène, génie, donne le vocable : GENRE : ce qui contient l&#8217;espèce, selon les 3 Natures éclaircies depuis Boèce et, par-delà, depuis Bolos (vers 200 avant le Christ). Un peu comme l&#8217;ARN de nos biologies.</p>
<p style="text-align: justify;">Différemment, la branche horizontale de la Croix s&#8217;institue et se destitue d&#8217;idées ou de concepts, qui furent d&#8217;abord des perceptions, des aspects (les faces visibles de la Pierre), et se révèlent à la fin comme des spécialités ou des spécificités, par opposition aux généralités : l&#8217;évidence, puis la notion d&#8217;Arbre, en regard de la forêt contenante.</p>
<p style="text-align: justify;">Par ces vocables : aspect, spécialité, spécificité se formule le vocable : <em>eidos</em>, qu&#8217;Etienne définit tantôt comme un aspect, tantôt comme une idée, c&#8217;est-à-dire une ESPECE.</p>
<p style="text-align: justify;">Le mot gardera ce triple sens depuis le 7<sup>ème</sup> siècle jusqu&#8217;à nous. Les espèces diront les aspects du Corps et du Sang, dans le Pain et le Vin; elles diront les parties d&#8217;un genre : le parallélogramme est une espèce du genre quadrilatère, le crocodile une espèce du genre des reptiles; elles diront une approche, un peu à peu ou à peu près du genre : ce conférencier est une espèce de professeur, ou ce beatnik est une espèce de clochard, etc.</p>
<p style="text-align: justify;">Or, comme aspect, spécialisation ou mélange, l&#8217;espèce se fonde sur la ressemblance, l&#8217;équivalence, <em>la même chose</em>. Le pain est le corps, solide, le vin est comme le sang, liquide, c&#8217;est pourquoi je les identifie les uns avec les autres. Le crocodile a quelque chose de commun avec la couleuvre (vertébré, ovipare, etc.), c&#8217;est pourquoi j&#8217;en fais des parties de l&#8217;ensemble &laquo;&nbsp;reptiles&nbsp;&raquo;. Le conférencier vit des paroles comme le professeur, le beatnik vit de rien comme le clochard, l&#8217;un est donc une espèce de l&#8217;autre.</p>
<p style="text-align: justify;">Au contraire, le genre, le génie, la généralité se fondent sur le nonpareil, la chose différente de toute espèce, que le genre la contienne, ou qu&#8217;il l&#8217;instaure ou que, simplement, il déplace, mue ou nomme autrement. Cette <em>chose autrement</em> n&#8217;est pas la partie mais l&#8217;ensemble, la généralité. Elle n&#8217;est pas l&#8217;effet (ce qui se produit après, naît du mélange), mais elle en est la cause, gène. Elle est incomparable, n&#8217;étant en rien semblable à ce qu&#8217;elle n&#8217;est pas.</p>
<p style="text-align: justify;">Puisque l&#8217;Espèce se présente comme simultanée, ou dans l&#8217;ensemble, ou en même temps que le comparable, ou comme approche d&#8217;un genre, il suit que les Genres ne peuvent être que successifs : un système après l&#8217;autre — en ce temps, ce cycle, cette ère. Ce sont ici le successif qui se fait vertical : le genre, l&#8217;épipédés, et le simultané qui se fait horizontal : l&#8217;espèce, l&#8217;eidos.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais cette distinction va tout à l&#8217;inverse de celle de nos épistémologues (Hallyn), pour lesquels les simultanés seraient verticaux, les successifs horizontaux. D&#8217;où, notre difficulté — notre impuissance — à comprendre Etienne.</p>
<p style="text-align: justify;">D&#8217;où, sans doute aussi, son refus d&#8217;expliquer : c&#8217;est ainsi, dit-il. Cela est la Pierre, cela est le Bloc — ou le Graal, le Temple, l&#8217;Eden n&#8217;est qu&#8217;ainsi, à l&#8217;inverse de toute analyse ou de toute pénétration.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais une autre conséquence de l&#8217;hymne-conférence, du &laquo;&nbsp;nombre étrange&nbsp;&raquo;, de la Croix trinitaire, est cette énigme : du genre ou de l&#8217;espèce, lequel contient l&#8217;autre?</p>
<p style="text-align: justify;">Comme aspect formel, l&#8217;espèce contient le genre (une généralité conceptuelle); mais, en tant que généralité, le genre contient l&#8217;espèce (le genre des reptiles l&#8217;espèce des crocodiles, ou les quadrilatères les parallélogrammes).</p>
<p style="text-align: justify;">Etienne ne se soucie pas de ce contenant et de contenu, car le plus petit, le milieu-centre, est aussi le milieu-ambiance, le plus grand. Si la Table n&#8217;est plus ronde (elle peut être carrée), elle est toujours la Table d&#8217;Emeraude pour laquelle le plus petit est le plus grand.</p>
<p style="text-align: justify;">Les 3 faces ou côtés visibles de la Pierre obtenus dans les 4 côtés ou les 6 faces de la Pierre Arrachée. Ou les 4 de la Croix (les feuilles détachées) contenus dans les 3 Personnes : l&#8217;Avant, l&#8217;Après, le &laquo;&nbsp;<em>Hic et Nunc</em>&laquo;&nbsp;…</p>
<p style="text-align: justify;">Cinquante ans plus tôt, le problème a fini de se poser : il se posera de nouveau cent ans plus tard. Qu&#8217;en fut-il vers 570, avant l&#8217;avènement de Grégoire? Qu&#8217;en sera-t-il vers 720 ou 730, après l&#8217;avènement et le triomphe de Pépin le Bref, le premier des Carolingiens?</p>
<p style="text-align: justify;">Nous le savons par l&#8217;œuvre du Chrétien, vers la fin du 6<sup>ème</sup> siècle, et par celle de l&#8217;Anonyme, au début du 8<sup>ème</sup> siècle. La Substance trône ici et là (déjà/encore), mais on la quête encore, on la regrette déjà : on l&#8217;entrevoit, comme une fable réalisable, on la connait et s&#8217;en souvient, comme d&#8217;un principe nécessaire. Du lieu ineffable le Chrétien s&#8217;approche; de l&#8217;Inexprimable, l&#8217;Anonyme a commencé de s&#8217;éloigner.</p>
<p style="text-align: justify;">Il leur faut savoir lequel contient l&#8217;autre, du genre ou de l&#8217;espèce.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Le Chrétien et l&#8217;Anonyme</span></strong> — Ils ne sont pas mieux définis que par ces noms. La tradition ignore tout de l&#8217;un et de l&#8217;autre. Les meilleurs commentateurs (un Jack Lindsay) font du Chrétien un précurseur d&#8217;Etienne, de l&#8217;Anonyme un de ses disciples. Car le genre et l&#8217;espèce les hantent tous les deux.</p>
<p style="text-align: justify;">Ils ont — mieux que tout autre — parlé du Dehors et du Dedans, mais surtout, de la Membrane, qui sépare l&#8217;un de l&#8217;autre. De l&#8217;entrée et de la sortie. On peut parier que saint Grégoire a lu le Chrétien, et que l&#8217;Anonyme connut le Coran.</p>
<p style="text-align: justify;">Tous les deux tiennent à l&#8217;œuvre d&#8217;Etienne, par prémonition ou par exégèse : il leur suffit de vivre pleinement leur temps.</p>
<p style="text-align: justify;">Dès le départ, il faut l&#8217;admettre, si déconcertant que cela soit : bien qu&#8217;il précède Etienne, le Chrétien ne l&#8217;annonce pas; bien qu&#8217;il suive le Conférencier, l&#8217;Anonyme n&#8217;est pas son disciple.</p>
<p style="text-align: justify;">Le Chrétien est un disciple du dernier philosophe païen : Boèce (mort en 524). S&#8217;il traite du genre et de l&#8217;espèce, c&#8217;est d&#8217;une généralité (et de la spécificité, qui s&#8217;y oppose), ou bien d&#8217;un ensemble de parties (une totalité) et de la partialité, qui s&#8217;y oppose. Il parle souvent de l&#8217;Arbre et de la Forêt, mais à titre d&#8217;images et sans tirer de ces symboles l&#8217;évidence qu&#8217;ils imposent. Totalité, une forêt contient ses arbres, leurs espèces (bouleaux, chênes, etc.). Mais, en tant que spécialité, cet Arbre peut être pris dans la forêt ou s&#8217;élever seul, en dehors d&#8217;elle : il contient donc l&#8217;ensemble &laquo;&nbsp;général&nbsp;&raquo;, duquel il peut sortir.</p>
<p style="text-align: justify;">La grande révélation de Le Chrétien, ainsi, est que cela — l&#8217;objet — ne peut atteindre la totalité sans se faire l&#8217;unité, sa spécificité, la chose même. En tant que telle, la chose embrasse le genre, l&#8217;englobe — en même temps qu&#8217;autre chose (la non-forêt, la solitude), bien que la généralité (de la forêt) englobe toutes ses parties ou espèces.</p>
<p style="text-align: justify;">Si le philosophe anonyme annonce, ce ne peut être Etienne, qu&#8217;il suit, au 8<sup>ème</sup> siècle, mais ce peut être Scot Erigène, qui œuvrera au 9<sup>ème</sup> siècle. Pour lui, le genre (<em>Genos</em>) et l&#8217;espèce (<em>Eidos</em>) détiennent des facultés distinctes, c&#8217;est-à-dire magiques. Au point que le genre est ce qui conserve une réalité (une <em>physis</em>) propre, ainsi que l&#8217;or, le cuivre et, donc, tous les métaux; l&#8217;espèce est ce qui imite, reproduit, ressemble et rassemble, comme la terre en ses aspects (rouge, ocre, jaune) ou, si l&#8217;on veut, les minéraux (l&#8217;or en est un).</p>
<p style="text-align: justify;">Il n&#8217;hésite point, par suite, à dire le genre quadripartite : il comporte en soi les 4 éléments : la terre d&#8217;où il sort, l&#8217;eau que contient le métal, le feu qui l&#8217;évapore, l&#8217;air où s&#8217;ébat le phénix ressuscité. Quant aux espèces, elles obéissent aux 3 Natures : celle qui unit, celle qui divise, celle qui associe ou dissocie (coagule ou dissout).</p>
<p style="text-align: justify;">En ce monde magique, le Serpent ou l&#8217;Hermès peuvent bien symboliser le Serpent qu&#8217;est la courbe, ou l&#8217;Hermès ambigu que protège le caducée : l&#8217;indissoluble union. Ce qui divise, partage — ce n&#8217;est pas sans disjoindre, déchirer, morceler — sera symbolisé par le Lion de la fable. Ils seront également, non moins clairement, l&#8217;Eau celui-là, le Feu celui-ci. Toute cette magie se retrouvera dans Erigène.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Boèce, Erigène</span></strong> — Le Chrétien a vécu l&#8217;effondrement des Justiniens, de la Byzance romaine; peut-être a-t-il connu Grégoire. L&#8217;Anonyme a vécu le début des Carolingiens, ou le triomphe du nouveau Moïse : Pépin le Bref, c&#8217;est-à-dire le 1<sup>er</sup> schisme de l&#8217;Islam et les 1ères défaites des Conquérants (Omeyyades).</p>
<p style="text-align: justify;">Tous deux convertis, chrétiens, ils ont vécu dans le Royaume, la Toussaint, où le Graal a triomphé de tous ses adversaires : le dieu de Justice et le dieu de Création. Car, en ce Temps d&#8217;Amour, la force est abaissée, le code ridiculisé, les hindouistes et les brahmanes se font bouddhistes, les juifs se convertissent au Christ (les caraïtes), les Prêtres Jean dominent, même sur les déserts, de Mongolie ou d&#8217;Ethiopie. En Amérique du Sud, les Chimus, les Minimoltèques (Métèques) honorent le Poisson.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais Boèce ne vit pas encore dans le Royaume. Si l&#8217;Eglise l&#8217;emprisonne et le tue (en 524), c&#8217;est qu&#8217;il défend une croyance païenne, inacceptable. L&#8217;agent de l&#8217;Eglise, l&#8217;Empereur fait fermer tous les temples grecs et interdire tous les &laquo;&nbsp;mystères&nbsp;&raquo; anciens. Mais c&#8217;est à tort que, dans le Consolateur des Philosophes, l&#8217;église et l&#8217;empereur veulent voir un vestige des anciennes croyances.</p>
<p style="text-align: justify;">Boèce est l&#8217;initiateur d&#8217;un système que tous les scolastiques utiliseront, que les Renaissants honoreront et que Kant reproduira, en la fin du 18<sup>ème</sup> siècle.</p>
<p style="text-align: justify;">Car le système est rationnel. Mieux : il est le fondement de notre Raison. Lorsque JE cherche, dit Boèce, il se spécialise : ces espèces de savoir se nomment les Sciences, soit de l&#8217;Air : l&#8217;astronomie, soit de la Terre : la géométrie (qui deviendra la Topologie); soit de l&#8217;Eau : l&#8217;arithmétique rythmique, que la musique exprime au 6<sup>ème</sup> siècle; soit du Feu, que le nombre quantique formule exactement, car le Feu, comme le nombre en soi, est là ou n&#8217;y est pas : rien ne le prépare et rien ne le suit, à la différence du rythme, qui perdure ou s&#8217;atténue, de la surface que suscite la ligne, de la ligne que suscite le point, et bien sûr de la course des astres, existant ailleurs quand ils ne sont pas ici.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais, dit Boèce, ces spécialisations, ces espèces de recherches, de quêtes, ne seraient rien que des fantasmes sans les lois générales qui leur permettent d&#8217;être. Ces généralités, il les nomme les Arts, au nombre de 3. JE parle un certain langage pour soi : le Signe, dont la Grammaire opère le cens, le recensement : je parle latin ou franc. Je parle de quelque chose, rhétoriquement, d&#8217;une manière plus ou moins belle, ou tolérable ou non à la limite, au Seuil. Par ce Signe je parle en ce Seuil, et je parle pour Toi, qui m&#8217;entends ou ne m&#8217;entends pas, réponds ou ne peux pas répondre (si je parle latin à un Franc). Cette Grammaire, cette Rhétorique et ces Dialectiques sont des arts.</p>
<p style="text-align: justify;">Il existe une grammaire de l&#8217;astrologie : son langage, le zodiaque, une rhétorique, liée à ce seuil : le cosmos que je crois être, cent dialectiques, savantes, innées, etc. Il existe une grammaire de la musique : le solfège ou l&#8217;harmonie des notes; un seuil à la musique, une limité, une clé; et une dialectique, car toute musique est faite de sa contradiction (les notes et la clé), mais aussi entendue ou non, etc.</p>
<p style="text-align: justify;">La généralité des arts, contenue en toute spécialisation des sciences, prétend à contenir cette dernière, pourtant. Le savant n&#8217;aime point parler des arts qui le dirigent : il en fait des parties, négligeables, de cette science, la sienne. Il ne veut pas savoir que toute partie d&#8217;une totalité (l&#8217;arbre dans la forêt) est aussi la loi en soi, la plus générale, des Arts, dont est tissée toute science, toute spécialité.</p>
<p style="text-align: justify;">Emmanuel Kant nommera les 4 : la Quantité, la Qualité, la Relation et le Mode, mais il se référera toujours aux 3 (Jugements) : l&#8217;associatif, le dissociatif, l&#8217;hypothétique, pour dire le Signe grammatical, le Seuil rhétorique, et le dialectique ambiguë : douze siècle siècles d&#8217;Histoire ou un peu plus (1 260 ans, de 520 à 1780) sont contenus dans cette équivalence.</p>
<p style="text-align: justify;">Le choix de Scot Erigène est autre. La tradition plutôt que l&#8217;Histoire dit qu&#8217;il aurait pu vivre de la fin de Charlemagne à la fin des Carolingiens. On date son œuvre de 850 (plus ou moins 36 ans).</p>
<p style="text-align: justify;">Mais, de toutes les façons et par tous les calculs, c&#8217;est hors de la Toussaint, du Temps de tous des saints : l&#8217;Islam a vécu ses schismes, l&#8217;Eglise a vécu les siens (la Papesse Jeanne, vers 848), Rome, envahie par les Barbares (Islamiques ou Vikings) a survécu et triomphé, par Dieu. Il ne reste plus rien de la Rome antique et de Byzance, qui devront se faire autres.</p>
<p style="text-align: justify;">Que dit Erigène? Quelque chose qui, d&#8217;une certaine manière, ne cesse d&#8217;être dit depuis douze siècles, depuis Platon. Les 4, ici, ne sont pas les Sciences (spécialisées) mais comme des Jeux ou des genres (selon l&#8217;Anonyme) : des changes, de déplacement et de <em>vertige</em>, ou de mutation, de transformation, de <em>mimecry</em>; mais aussi de contradiction, de combat, de PAT, par l&#8217;<em>agôn</em>, ou de risque, au carrefour, dans le PAN, par l&#8217;<em>aléa</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">Plus clairement que les sciences, les jeux se rattachent aux Eléments, aux dieux élémentaux, que Platon disait : Ghéa, la Terre Première, les dieux de l&#8217;Air, dont Dionysos, le dieu de Feu, le Souverain (mais Hélios comme lumière, ou le dieu des Armées), le dieu de l&#8217;Eau ou du Rythme, Hermès, le Vieux Serpent, ainsi que Jésus — en tant que Sophia, Sagesse.</p>
<p style="text-align: justify;">La complexité d&#8217;une science tient aux 3 Arts qui l&#8217;autorisent et par quoi se retrouve, en chacune, la trinité de la Quête : le Signe, le Seuil et l&#8217;Appareil dialectique. La complexité de l&#8217;élément ludique, ce &laquo;&nbsp;genre&nbsp;&raquo;, tient à la trinité qui recouvre toutes les Quêtes où JE soi-même s&#8217;implique : les 3 vertus. Mais ces Vertus ne sont plus celles de Platon, païennes : le Vrai, le Beau, le Bien. L&#8217;Eglise les a nommées la Foi, l&#8217;Espérance, la Charité, selon les 3 Vies d&#8217;Augustin : du corps, de l&#8217;Esprit et de l&#8217;âme.</p>
<p style="text-align: justify;">Car, objective, la science ne peut être qu&#8217;un leurre, si elle ne fonde sur les arts, ces principes subjectifs : des relations de JE à la réalité. Aux feuillets que sont la Musique, l&#8217;Arithmétique, la Géométrie ou l&#8217;Astronomie, il faut ce joint : le principe (le Jugement, dira Kant) qui les rattache toutes à la science, ce système, ce bloc.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais, subjectif, le Jeu/élément demeure un aspect, parmi les autres, du Réel, une contingence hasardeuse, si elle ne respecte l&#8217;Unité de l&#8217;Ensemble, dans l&#8217;objectivité absolue des Vertus (par la projection ou la coupe, entre autres).</p>
<p style="text-align: justify;">D&#8217;où, la plus étrange et la moins comprise des affirmations d&#8217;Erigène : les Espèces <em>montrent</em> Dieu en sa diversité, ses changes, comme les 3 Rayonnants des Patriarches se sont faits les 3 Composants de l&#8217;Arche : l&#8217;or, l&#8217;acacia, la toison du bélier, ou comme les 3 du Trismégiste se font les 3 Vertus chrétiennes; mais aussi comme la Terre et le Feu s&#8217;incarnent dans le Buisson de Feu, ou le corps et le sang dans l&#8217;Eucharistie.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais le dieu, quel qu&#8217;il soit, en ses 4 Genres ou Génies, est autre chose que ces aspects. Ce que Scot Erigène nomme le Spirituel (contre l&#8217;aspect/espèce) et qui deviendra l&#8217;Essence des scolastiques (contre les apparences). Les éléments de cette essence, les espèces, ne sont que des jeux, trompeurs si JE ne considère pas les 4 ensemble, comme le quêteur, d&#8217;abord, ne voit que les faces apparentes de la Pierre enterrée.</p>
<p style="text-align: justify;">Quel lecteur de 524, devant <em>La Consolation des Philosophes</em>, pouvait imaginer l&#8217;œuvre d&#8217;Etienne, concevoir l&#8217;Or en sa splendeur?</p>
<p style="text-align: justify;">Et quel lecteur de 864, devant l&#8217;œuvre d&#8217;Erigène (sur <em>La Nature de l&#8217;Etre</em>) pouvait revivre cette splendeur?</p>
<p style="text-align: justify;">Même la distinction d&#8217;Etienne (le genre au vertical, l&#8217;espèce à l&#8217;horizontal) n&#8217;a pas encore de sens, ou n&#8217;en a plus. Car c&#8217;est Scot Erigène qui commente la Croix (des éléments), ne faisant guère de la triangulation des Personnes qu&#8217;une espèce/aspect parmi d&#8217;autres. Mais l&#8217;important pour Boèce est cette triangulation des Arts, le principe général des sciences. Boèce honore le triangle et, dans cette figure, le délit du Joint (le sommet). Erigène joue de la Croix, mais ce n&#8217;est plus que le jeu des Eléments, dans le mépris — ou, du moins, la relativisation — des Vertus. Ce qui le fascine dans le Jeu unitaire, ce ne sont plus que les faces apparentes de la Pierre, l&#8217;autre délit. Il se soumet à cette fascination au point de ne plus considérer les 3 (de la Trinité ou de la Vertu globale) que comme 3 côtés du carré, 3 jeux sur 4. Car, si l&#8217;Essence, le Spirituel, le Genre comportent les 4 Jeux ou Eléments, n&#8217;est-ce pas le réduire <em>en soi</em> que le réduire aux 3 aspects ou aux 3 vies : le corps solide, le sang liquide et l&#8217;âme de l&#8217;Eucharistie, la Transsubstantiation elle-même?</p>
<p style="text-align: justify;">Mais pour Etienne, un court instant, et même dans le siècle, le 7<sup>ème</sup>, qui sépare Le Chrétien de l&#8217;Anonyme, ce mystère n&#8217;en <em>est</em> plus un. Ni le genre ne rabaisse l&#8217;espèce, ni à l&#8217;inverse. Ce qui comble le Tout (la partie) est ce qui suscite le Tout (la spécificité), car la plus petite partie, le Un parmi les nombres, est une totalité en soi : l&#8217;ensemble des fractions qui conduisent à l&#8217;Un.</p>
<p style="text-align: justify;">On dira ces calculs, ces jeux de figures et ces jeux de mots abstraits, des simplifications abusives du problème. Ou bien trop matériels, faits de chevauchements, englués de cohérence, par suite impénétrables. Mais il s&#8217;agit du noyau de l&#8217;Etre, du moyeu de l&#8217;Œuf, de l&#8217;enchâssement suprême en même temps que souverain.</p>
<p style="text-align: justify;">De sa réalité, les historiens prétendent qu&#8217;on ne peut rien dire : le royaume de l&#8217;Ichtus (ou le roi fait néant) ne se démontrerait que par son attente, jusqu&#8217;au Pontificat de Grégoire, ou par sa nostalgie (l&#8217;Occultation des Islamiques, vers 900), qui ira jusqu&#8217; aux craintes de l&#8217;An Mil (la fin du Temps) et au désespoir des Grandes Pestes.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais la légende dit que le Graal était le seul salut, et l&#8217;Or/substance l&#8217;unique valeur. De fait, en ce temps, tous furent des saints, ou ils tendirent à l&#8217;être (des hommes de Jésus, du Bouddha de Charité, de Tonapa ou de Kukultan en Amérique); Ariens et Nestoriens, Bouddhistes, Caraïtes, islamiques chiites, Soufis ou Doctrinaires du Cœur, etc. Les rois ne furent plus que des saints (Sigebert, Dagobert II), les Papes le furent, après Grégoire, les érudits (des moines) et les guerriers même, convertis. &laquo;&nbsp;Le temps du Bon Dieu&nbsp;&raquo;, dit Michelet. Qu&#8217;est-ce que cela veut dire? Un temps sans médecin, car l&#8217;hostie seule guérit. Un temps sans banque et sans monnaie, car le troc seul régit les échanges nécessaires, comme un objet d&#8217;art contre cet objet naturel : de la nourriture, du bois, de l&#8217;eau.</p>
<p style="text-align: justify;">On objectera que Sindbad, l&#8217;islamique, en ses voyages/quêtes, peu après l&#8217;an 800, recherche l&#8217;or, la soie, l&#8217;ivoire et s&#8217;en remplit les poches. Mais justement il ne cherche que des objets précieux, et rares, qui offriront le troc le meilleur. Il rejoint dans le temps celui des Mérovingiens, deux siècles plus tôt, ou les Marchés d&#8217;Echange qui unissaient, au 6<sup>ème</sup> siècle, l&#8217;Orient et l&#8217;Occident. L&#8217;objet a une valeur &laquo;&nbsp;d&#8217;échange&nbsp;&raquo; en soi — et l&#8217;Or, plus que tout autre objet.</p>
<p style="text-align: justify;">Nul ne parle des trésors de Dagobert II : il est à croire qu&#8217;il les abandonna, devenant un saint. On parle des trésors, des possessions de Grégoire le Grand, mais c&#8217;est pour dire qu&#8217;il ne possédait rien qu&#8217;aussitôt, il ne distribuât. Le pape qui se voulait l&#8217;esclave du serf ne pouvait conserver aucun bien. Quel &laquo;&nbsp;paiement&nbsp;&raquo;, dû ou non, un moine comme Etienne aurait-il accepté de recevoir? Le dernier des grands moines bouddhistes, qu&#8217;on donne pour le fondateur du Tantrisme, Milarepa, deux siècles plus tard encore (et fort loin de la Toussaint) ne chantera, en ses Mille et Un chants, que l&#8217;ivresse de ne rien posséder. Au 11<sup>ème</sup> siècle, bien sûr, il sera difficilement compris.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Le paradoxe spatial</span> — Graal ou Or/substance, il ne s&#8217;agit jamais que d&#8217;un Objet divin, que les hommes ne peuvent pas percevoir avant qu&#8217;il ne soit en leur présence, et qu&#8217;ils ne peuvent reconstituer une fois qu&#8217;il a disparu.</p>
<p style="text-align: justify;">Pire : ils ne le perçoivent pas dans sa totalité avant de l&#8217;avoir, pierre, arraché à sa gaine terrestre, car ses aspects, ses apparences ne sont que des parties de l&#8217;En-soi; nominativement : les délits de la pierre.</p>
<p style="text-align: justify;">Ils n&#8217;en distinguent pas les composants réels, les feuilles ou les paillettes, avant de les avoir effeuillées, détachées du joint qui les lie au bloc, car ce joint, comme factice, est aussi un délit — du bloc.</p>
<p style="text-align: justify;">Il se pourrait que le paradoxe tînt à ce compte : le Joint est le délit du bloc, mais toute jointure n&#8217;est pas un délit : la face cachée de la pierre unit toutes ses faces : elle porte une totalité. Si ce 2<sup>ème</sup> Joint, non délictueux, n&#8217;est pas le &laquo;&nbsp;principe&nbsp;&raquo; des scientistes, il peut être la race, la distinction ou la lignée du noble chevalier. Des alchimistes antiques, et de leur art, ce 2<sup>ème</sup> Joint a fait la cohérence, en dépit de l&#8217;autre distinction — délictueuse — des faces et des aspects (de la fable, du conte).</p>
<p style="text-align: justify;">La disjonction des faces visibles est le délit de la pierre, mais toute disjonction n&#8217;est pas délit : celle des feuillets découvre une autre réalité, qui permet l&#8217;acte et la réponse, des nouveaux alchimistes, chrétiens ou islamiques entre autres. Ici, d&#8217;autres merveilles, ou d&#8217;autres symboliques s&#8217;expriment par les systèmes de l&#8217;honnête chercheur, le véritable savant.</p>
<p style="text-align: justify;">Le continu (le Yang chinois) n&#8217;est pas un mal en soi, car il peut être contenu dans la diversité, et assurer cette dernière d&#8217;une cohérence certaine. Le discontinu (le Yin) n&#8217;est pas plus mauvais, en tous cas. Car la raison peut le découvrir dans le bloc, considérer les feuilles et les utiliser.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est au point qu&#8217;en certaines périodes, le Yin peut se faire une continuité, et le Yang une discontinuité (comme pour Lie tseu, au 2<sup>ème</sup> siècle avant J.-C.).</p>
<p style="text-align: justify;">Les formes discontinues recouvrent une unité (par la Figure); la matière la plus secrète, impénétrable, découvre sa diversité, ou ses quantités de mouvements. L&#8217;onde de lumière impose la perfection de sa figure : elle ne peut être que localisée, positionnée. Les fréquences des corpuscules découvrent leurs différences de masse; non seulement plus ou moins grandes mais positives ou négatives, axées dans un sens ou dans l&#8217;autre, elles permettent de distinguer le proton de l&#8217;électron, le spin 2 du spin 1/2, le fermion du boson, etc.</p>
<p style="text-align: justify;">Le continu et le discontinu, le contenant et le contenu, alors, peuvent être dits des Sciences, des Eléments, des Jeux : les cardinaux de la Croix. Mais ce n&#8217;est qu&#8217;aux passages de la membrane, d&#8217;un Centre, que les quêtes désignent par Perceval et que l&#8217;histoire de l&#8217;alchimie désigne en l&#8217;alchimiste Etienne.</p>
<p style="text-align: justify;">De part et d&#8217;autre de ce moyeu, douze siècles, ou treize, ne seront pas un trop long temps pour révéler tous les motifs magiques et tous les effets rationnels de la prodigieuse machine vivante.</p>
<p style="text-align: justify;">Jean-Charles Pichon</p>
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		<title>LES ALCHIMIES II &#8211; L&#8217;inversion des symétries</title>
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		<pubDate>Wed, 23 May 2012 12:42:58 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Les Alchimies]]></category>

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		<description><![CDATA[II L&#8217;inversion des symétries Le premier objet de ce livre fut de tenter de montrer : a) la coexistence des Quêtes et de l&#8217;alchimie, comme Grandes Images celles-là, par Système de symbole physique celle-ci; b) la coïncidence dans le temps &#8230; <a href="http://www.jeancharlespichon.com/wp/?p=1652">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2 align="center"><strong>II</strong></h2>
<h2 align="center"><strong><span style="text-decoration: underline;">L&#8217;inversion des symétries</span></strong></h2>
<p align="center"><strong><span style="text-decoration: underline;"><br />
</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le premier objet de ce livre fut de tenter de montrer :</p>
<p style="text-align: justify;">a) la coexistence des Quêtes et de l&#8217;alchimie, comme Grandes Images celles-là, par Système de symbole physique celle-ci;</p>
<p style="text-align: justify;">b) la coïncidence dans le temps (le 7<sup>ème</sup> siècle) et dans l&#8217;espace (à l&#8217;ouest) du Graal et de l&#8217;Or/substance, comme et par la réalité de l&#8217;objet en soi, de l&#8217;Objet Divin.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais, en ce qui concerne le premier point, tous les commentateurs de l&#8217;alchimie savent que sa durée fut beaucoup plus longue que celle des Quêtes. De Gauvain à Galaad, les Quêtes n&#8217;ont pu commencer avant le temps d&#8217;Arthur (le 5<sup>ème</sup> siècle) et tous les livres qui en traitent étaient écrits en 1230/1260, même si d&#8217;innombrables poèmes, opéras ou études en répètent les thèmes et les exploits jusqu&#8217;à notre époque. Une alchimie (des Teintures) existait trois siècles avant le Christ; une autre (de pure fabrication) nourrit l&#8217;espérance de certains hommes jusqu&#8217;au 18<sup>ème</sup> siècle.</p>
<p style="text-align: justify;">Il fut un temps où les deux recherches coexistèrent, par l&#8217;acte ou la lecture. Il y eut des temps, de -360 à + 450, ou de 1300 à 1800, où elles ne coexistèrent pas, les Quêtes du Graal inexistantes.</p>
<p style="text-align: justify;">En ce qui concerne le second point, les chapitres qui précèdent, déjà, ont découvert plus de différences entre la Coupe et l&#8217;Or qu&#8217;ils n&#8217;y ont révélé de ressemblances ou d&#8217;analogies.</p>
<p style="text-align: justify;">S&#8217;il est vrai que 2 notions apparaissent communes à l&#8217;Or et au Graal, 2 autres notions propres à l&#8217;Or se différencient absolument des 2 autres notions  propres au Graal.</p>
<p style="text-align: justify;">Les 2 notions communes sont le Continu (la cohérence) et le Discontinu (par le partage ou l&#8217;effeuillement). L&#8217;alchimie parlera de coagulation, dans l&#8217;Un, de dissolution dans le divers, là où les Quêtes parlent du Sang et de la Partition, de la première Coupe ou de la dernière.</p>
<p style="text-align: justify;">Les 2 notions propres au Graal jouent de la maintenance (par l&#8217;arche, la nef) et du changement, par l&#8217;arme : pénétrante la lance, sécants les ciseaux. Elles ne peuvent être étudiées que dans la <em>succession</em> : le Vase qui contient précède le Vase vide, Gauvain Galaad, le noble le roturier, la fable le principe, etc.</p>
<p style="text-align: justify;">Les 2 notions propres à l&#8217;Or jouent du contenant et du contenu, de l&#8217;espèce et du genre, par les Sciences et les Arts, ou les Jeux et les Vertus. Mais ce sont toujours les Cardinaux d&#8217;une part (ou les 4 Eléments), les Natures ou <em>physis</em> de l&#8217;autre (les Personnes de la Trinité). Leur complexité provient de leur simultanéité : il n&#8217;y a pas d&#8217;espèces sans genre, ni, à l&#8217;inverse, de généralité sans spécialisation.</p>
<p style="text-align: justify;">Si le lecteur veut reconduire ces 3 : une communauté, 2 divergences, aux 4 qu&#8217;il ne distingue plus, il devra dire le continu et le discontinu d&#8217;une part (dans la liaison), le successif et le simultané de l&#8217;autre (dans l&#8217;opposition). Mais ce sera par le partage de la simultanéité en espèces et genres dans le dehors ou le dedans, et par le partage de la succession en association, vers la maintenance, de la dissociation vers le changement, dans l&#8217;avant ou dans l&#8217;après.</p>
<p style="text-align: justify;">La tentation sera vive — et nécessaire peut-être — de ramener ces 6 aux 2 (quels qu&#8217;ils puissent être). Je pourrai que les quêtes du Graal se fondent sur des matérialités : les personnages, les instruments, et que les alchimies se fondent sur des formulations : le carré ou le cube de la pierre, la triangulation des feuilles, le cercle ou la sphère (l&#8217;Ouroboros), la croix de la partition, etc.</p>
<p style="text-align: justify;">Il semblerait que la Croix dût triompher ici et là, comme le fait d&#8217;ailleurs, pour Perceval (son ermitage) et pour Galaad (son écu), pour Etienne (l&#8217;horizontal, le vertical) et pour Scot Erigène encore (les Eléments). C&#8217;est qu&#8217;elle partage le Cercle et révèle les triangles. Mais le problème demeure : comment concrétiser les Cardinaux?</p>
<p style="text-align: justify;">Ce ne peut être par le continu et le discontinu, le successif et le simultané, bien que mille quêteurs ou chercheurs l&#8217;aient tenté depuis l&#8217;an Mil. De ces 4, lequel serait au nord, au sud, à l&#8217;est, à l&#8217;ouest?</p>
<p style="text-align: justify;">Pour apprécier — dans la durée — la complexité du problème, rien de mieux que d&#8217;étudier, sans plus, les formulations/réalisations des deux voies, verticales/horizontales, de Platon à Erigène ou de Boèce à Kant. Ce seront toujours celles du genre et de l&#8217;espèce, mais à travers de très nombreuses nominations : la forme et la matière, la figure et le mouvement, l&#8217;espace et le temps, le mâle et la femelle, l&#8217;effigie et l&#8217;alliage, etc. Partis de l&#8217;Or/substance au centre, il nous faudra traiter de divers Ors/symboles d&#8217;abord, de l&#8217;Or/valeur pour finir. Sur les douze ou treize siècles encore, dont les trois de chevauchement (Boèce/Erigène) :</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.jeancharlespichon.com/wp/wp-content/uploads/2012/05/ALCHIMIES003.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1653" title="ALCHIMIES003" src="http://www.jeancharlespichon.com/wp/wp-content/uploads/2012/05/ALCHIMIES003.jpg" alt="" width="529" height="84" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Le chevauchement? Au cœur, au moyeu, le Graal n&#8217;est pas moins formel que matériel : on l&#8217;assemble ou le partage : la croix est dans le cercle, elle formule les triangles, les carrefours, les voies contraires. L&#8217;Or n&#8217;est pas moins matériel que formel : une pierre ou un bloc. La fable seule est sans principe, le principe sans affabulation, mais l&#8217;Objet divin des conteurs, ou l&#8217;algorithme universel de nos scientistes tiennent autant de l&#8217;un que l&#8217;autre.</p>
<p style="text-align: justify;">Or, de fait, l&#8217;alchimie antique n&#8217;a tenu compte, pendant 2 siècles (de 300 à 500), que de cette matière et de cette forme. Pendant 400 ans (de 900 à 1300), l&#8217;alchimie médiévale n&#8217;a tenu compte de rien d&#8217;autre. Même si, pour la première, la Forme fut espoir et, pour la seconde, nostalgie. Ou à l&#8217;inverse, sous les noms autres de Figure et de Mouvement.</p>
<p style="text-align: justify;">En ce chapitre, seule nous importera cette inversion des symétries.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">L&#8217;Ouroboros</span></strong> — A l&#8217;arrivée (après Boèce) et au départ (avant Scot Erigène), le Cercle seul commande : le Serpent qui se mord la queue.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;<em>Agathodémon</em> de Synésius, et peut-être du Harran, avant Etienne, l&#8217;Hermès cosmique des islamiques, puis des Byzantins, après lui. Les premiers le définissent comme le &laquo;&nbsp;bon daïmon&nbsp;&raquo; (de Socrate), les seconds comme l&#8217;<em>Unus Mundus</em> ou le Tout de l&#8217;Univers. Génie ou Généralité, il est le Coagulant ou l&#8217;Unificateur, de l&#8217;élément d&#8217;Eau toujours.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais, ici et là, le Feu le combat, comme le Lion le Serpent. Les adversaires de l&#8217;Agathodémon se nommeront Zosime, Olympiodor, Aeineias; ceux de l&#8217;Hermès se nommeront Michel Scot, Arnault de Villeneuve, Lulle (en Occident). Ces 6 noms éclairent les neuf siècles, du 4<sup>ème</sup> au 13<sup>ème</sup>. Ils nous donnent, à eux six, une définition parfaite de ce que furent la Forme et le Matière alors, mais par la double action de ce deux éléments seuls : le Feu et l&#8217;Eau.</p>
<p style="text-align: justify;">Que l&#8217;Ouroboros soit une figure d&#8217;Eau et le demeure d&#8217;un bout à l&#8217;autre du processus, voilà qui n&#8217;est pas douteux. Tous ses adeptes honorent la <em>voie humide</em> de l&#8217;alchimie et rejettent ou nient la <em>voie sèche</em>. A tout le moins, la chaleur doit être constamment réduite ou contrôlée, car, par exemple, &laquo;&nbsp;à trop chauffer le cuivre, on le dissout&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">Le rêve de l&#8217;adepte est de réaliser une cohérence parfaite de la matière, une imprégnante continuité; or c&#8217;est l&#8217;Eau — ou du moins l&#8217;Humide — qui associe les éléments (les grains de sable), quand le Feu, ou la chaleur, ne peut que les dissocier, les séparer les uns des autres.</p>
<p style="text-align: justify;">Le corps le plus chargé d&#8217;humidité domine ici : le Mercure, qui est un nom d&#8217;Hermès. Mais il s&#8217;agit du Trismégiste, le 3 fois maître, qui recouvre, zodiacalement, la trinité de l&#8217;Eau : Scorpion, Cancer, Poisson, ou le Pistis, le Toth et l&#8217;Ichtus : la compréhension/création, le savoir/cohérence, l&#8217;amour/charité.</p>
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<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">L&#8217;Ouroboros</span></strong> — A l&#8217;arrivée (après Boèce) et au départ (avant Scot Erigène), le Cercle seul commande : le Serpent qui se mord la queue.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;<em>Agathodémon</em> de Synésius, et peut-être du Harran, avant Etienne, l&#8217;Hermès cosmique des islamiques, puis des Byzantins, après lui. Les premiers le définissent comme le &laquo;&nbsp;bon daïmon&nbsp;&raquo; (de Socrate), les seconds comme l&#8217;<em>Unus Mundus</em> ou le Tout de l&#8217;Univers. Génie ou Généralité, il est le Coagulant ou l&#8217;Unificateur, de l&#8217;élément d&#8217;Eau toujours.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais, ici et là, le Feu le combat, comme le Lion le Serpent. Les adversaires de l&#8217;Agathodémon se nommeront Zosime, Olympiodor, Aeineias; ceux de l&#8217;Hermès se nommeront Michel Scot, Arnault de Villeneuve, Lulle (en Occident). Ces 6 noms éclairent les neuf siècles, du 4<sup>ème</sup> au 13<sup>ème</sup>. Ils nous donnent, à eux six, une définition parfaite de ce que furent la Forme et le Matière alors, mais par la double action de ce deux éléments seuls : le Feu et l&#8217;Eau.</p>
<p style="text-align: justify;">Que l&#8217;Ouroboros soit une figure d&#8217;Eau et le demeure d&#8217;un bout à l&#8217;autre du processus, voilà qui n&#8217;est pas douteux. Tous ses adeptes honorent la <em>voie humide</em> de l&#8217;alchimie et rejettent ou nient la <em>voie sèche</em>. A tout le moins, la chaleur doit être constamment réduite ou contrôlée, car, par exemple, &laquo;&nbsp;à trop chauffer le cuivre, on le dissout&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">Le rêve de l&#8217;adepte est de réaliser une cohérence parfaite de la matière, une imprégnante continuité; or c&#8217;est l&#8217;Eau — ou du moins l&#8217;Humide — qui associe les éléments (les grains de sable), quand le Feu, ou la chaleur, ne peut que les dissocier, les séparer les uns des autres.</p>
<p style="text-align: justify;">Le corps le plus chargé d&#8217;humidité domine ici : le Mercure, qui est un nom d&#8217;Hermès. Mais il s&#8217;agit du Trismégiste, le 3 fois maître, qui recouvre, zodiacalement, la trinité de l&#8217;Eau : Scorpion, Cancer, Poisson, ou le Pistis, le Toth et l&#8217;Ichtus : la compréhension/création, le savoir/cohérence, l&#8217;amour/charité.</p>
<p style="text-align: justify;">Des 3, le plus important, sinon le plus durable (qu&#8217;il est aussi), se réfère au pistis, au basis des gnostiques, que l&#8217;ancienne Egypte nommait Khnoum, et la plus récente Chnoumis. Car le Scorpion est ce B ou ce P d&#8217;une part, en tant que d&#8217;Eau, ce K d&#8217;autre part, en tant que dieu du Beau ou démiurge.</p>
<p style="text-align: justify;">S&#8217;il révèle sa nature d&#8217;Eau dans le christianisme (le Verbe), par le pistis, le basis, le dieu de la basilique, il fut, aux temps anciens, le générateur du Kamoutef ou d&#8217;Apis, les Taureaux (Mardouk en Mésopotamie) : le père, ou plutôt, la mère du créateur, dont la création l&#8217;engendre, comme l&#8217;œuvre d&#8217;art engendre la beauté.</p>
<p style="text-align: justify;">Il suit que le triomphe du christianisme fait de l&#8217;Ouroboros, de l&#8217;Agathodémon, le &laquo;&nbsp;bon génie&nbsp;&raquo;, un esprit du Bien. Sa loi est le secret de la table d&#8217;Emeraude, de la table d&#8217;Hermès : le Tout est Un, puisque l&#8217;Okéanos, le Grand Océan entoure le monde, comme la basilique contient tous les mystères de Dieu.</p>
<p style="text-align: justify;">Par l&#8217;action de l&#8217;humide, le plomb devient le cuivre, le cuivre l&#8217;or. Toutes les diversités, tous les discontinus se fondront dans l&#8217;Unique, quand le Royaume sera là. Plutôt que le temps du Roi, ce Royaume est lui-même conçu comme une autre Terre Promise, un retour à l&#8217;Eden depuis longtemps disparu.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette nostalgie de l&#8217;Eden rénove le démiurge, le Créateur de Sumer ou de l&#8217;Ancienne Egypte, où Khnoum (Enki) ne fut pas un dieu bon mais un dieu conjugué aux déesses de Terre : la Grand-mère Damkina, et la Vierge Innina (plus tard : Ishtar).</p>
<p style="text-align: justify;">Mais le Taureau ne fut pas de Terre sans être le dieu de l&#8217;Harmonie, du Beau, et comme tel lié aux autres constituants du Beau : l&#8217;Arbre, le Scorpion, le Soleil (Souverain). D&#8217;où, ces affirmations qui étonnent l&#8217;exégète incompétent : sur la pierre, &laquo;&nbsp;grave un serpent annelé dont la tête est une tête de lion, ornée de rayons. Porte-le pour prévenir les maux d&#8217;estomac, par excès de nourriture&nbsp;&raquo;. (<em>Des pierres</em>, de Denys).</p>
<p style="text-align: justify;">Khnoum ou Chnoumis, démiurges, sont également des <em>Ka</em>, des pouvoirs d&#8217;harmonie, associés aux symboles souverains : le Soleil, le Lion.</p>
<p style="text-align: justify;">Sur certaines figures, les rayons sont 7 et, sur d&#8217;autres 12. Les 7 planètes ou les 12 signes. C&#8217;est tout le choix du Triangle (le joint au sommet) ou du Cercle (le zodiaque). Car les deux serpents d&#8217;Hermès (le caducée) s&#8217;embrassent et s&#8217;enlacent pour atteindre l&#8217;Unique : l&#8217;embrassement suprême : Tous dans l&#8217;Un. Mais l&#8217;Ouroboros fait le cercle ou l&#8217;Okéanos : en l&#8217;Un est Tout.</p>
<p style="text-align: justify;">En ce point précis : le milieu/centre et le milieu/entour, d&#8217;autres alchimistes prennent la relève.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">L&#8217;Arkhé</span></strong> — Les alchimistes du Harran remontent à l&#8217;ancienne Mésopotamie (c&#8217;est là que le père d&#8217;Abraham s&#8217;est réfugié, venant d&#8217;Our).</p>
<p style="text-align: justify;">Pendant deux mille ans ou plus, forgerons, ils ont honoré le Démiurge par le travail des métaux. La mort de Pan, du Minotaure (exclu des enseignes de Rome), de Kématef et d&#8217;Apis (changé en Sérapis) les a fait mépriser par Rome et par Byzance, plus qu&#8217;à demi disparaitre. Mais le renouveau de la Création, par le Coran, les a ressuscités : en Bagdad, les Abbassides succèdent aux Omeyyades, au 8<sup>ème</sup> siècle : là s&#8217;élève la première mosquée, construite sur l&#8217;exemple des ziggourats babyloniennes. La Vache Rousse de Mahomet recrée les composants tauriques, parmi lesquels le Ka ancien : le Croissant n&#8217;est pas le signe lunaire sans être les cornes de l&#8217;ancien dieu. Et, du Harran, renaît l&#8217;antique Ouroboros.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais, dans l&#8217;attente de ce renouveau (au 3<sup>ème</sup>, au 4<sup>ème</sup> siècle) et, de nouveau, contre l&#8217;Islam, à partir du 11<sup>ème</sup> siècle, d&#8217;autres alchimistes ont rejeté à la fois le Serpent et le Démiurge, l&#8217;Eau et la Terre. Ils se fondent sur l&#8217;Air et le Feu. Ils se nomment Aeineias (Enée) vers 450, Olympiodore, un peu plus tôt, Zosime, plus tôt encore. Ou bien, Michel Scot, Arnault de Villeneuve et Lulle, au 13<sup>ème</sup> siècle. Tous convertis, tous chrétiens.</p>
<p style="text-align: justify;">Aeineias ne nous est connu que par quelques fragments, mais combien révélateurs! Une affirmation survit au désastre de son œuvre : la matière mue, elle se transforme et change, une statue d&#8217;Apollon peut être en cuivre, puis en or, par le processus de l&#8217;alchimie; mais c&#8217;est toujours Apollon. La forme, la figure, survit aux changes de la matière. Autrement dit : les disciples de l&#8217;Ouroboros, de la Terre-Eau, ont tort de croire en la permanence, la continuité de la matière : c&#8217;est la Forme qui se maintient et préserve l&#8217;acquis. La Forme est Une, quand les matières ne sont que diverses : le cuivre, l&#8217;argent, l&#8217;or.</p>
<p style="text-align: justify;">Dès le début du 5<sup>ème</sup> siècle, Olympiodore l&#8217;a déjà dit, hors du raisonnement, par la fable. Il était vieux, déjà, en 415, quand, envoyé vers Attila, vers l&#8217;ouest, il enchantait le barbare.</p>
<p style="text-align: justify;">Olympiodore n&#8217;invente guère (il est bien éloigné de croire en un démiurge). Pour l&#8217;essentiel, son œuvre recense — les croyances des anciens Grecs, les Eléates. Sa croix est celle des Eléments, et son propos de distinguer entre les croyances des uns ou des autres. L&#8217;un, montre-t-il, croyait dans la prééminence de l&#8217;Eau, un autre en celle de l&#8217;Air, mais la Terre — et son démiurge — fut peu honorée par les Philosophes (le Taureau déjà décadent, la Vierge morte). Olympiodore ne cite, avec mépris, qu&#8217;un Xénophon.</p>
<p style="text-align: justify;">Il n&#8217;invente qu&#8217;un archétype, mais éloquent : l&#8217;Arkhé. Dieu de Feu, il fut l&#8217;Arès, puis le Centaure, celui qui tirait l&#8217;arc et ne ratait jamais la cible; en tant que tel, le Souverain, de Sumer et de la Bible, l&#8217;a honoré, car le Souverain ne peut se dispenser de viser juste. Cependant, l&#8217;Arkhé fut également, et depuis, l&#8217;allié du Christ (&laquo;&nbsp;Celui qui m&#8217;envoie&nbsp;&raquo;) et du dieu du Bien : l&#8217;Eros ou l&#8217;Arkhon des gnostiques. Dieu de Bien, en l&#8217;ère du Poisson, il doit s&#8217;associer aux entités de l&#8217;Eau, par l&#8217;Arche (la Nef), car la Forme conserve, protège et préserve, au-delà des matérialités.</p>
<p style="text-align: justify;">Il n&#8217;est pas vrai, disent les alchimistes, que le Feu dévore seulement. C&#8217;est, au contraire, par la destruction du cuivre, sous l&#8217;effet de la chaleur, que l&#8217;oxyde de cuivre devient un élément de la forme éternelle : l&#8217;Or. Car, du vide naît une récurrence, un retour, qui ressuscite la Forme.</p>
<p style="text-align: justify;">S&#8217;emparant de l&#8217;Ouroboros des islamiques, un Michel Scot, puis un Villeneuve, surtout, iront plus loin dans la démonstration. Arnault traitera toutes les figures matérielles (les Images) comme des expressions de symboles cachés (systématiques) : sous le visage humain, la cathédrale, le coq, le lion, il montrera les formes géométriques qui les constituent : le triangle, le carré, le pentagone.</p>
<p style="text-align: justify;">Les images matérielles se modifient sans fin, mais leurs constituants, formels, demeurent immuables (comme les Arts en chaque Science de Boèce).</p>
<p style="text-align: justify;">Dès le 11<sup>ème</sup> siècle, un évêque, Bérenger de Tours, qui peut-être ne songeait pas à l&#8217;alchimie, l&#8217;avait affirmé, renouvelant Erigène.</p>
<p style="text-align: justify;">Les Espèces se modifient sans cesse de l&#8217;une à l&#8217;autre : la vigne dans le raisin, le raisin dans le vin, ou le blé en froment, le froment dans le pain, et pourquoi pas le sang dans le vin, le corps dans le pain, ou à l&#8217;inverse, quand le vin devient le Sang, le pain dans le Corps? Mais, hors de ces matières, une Forme subsiste, l&#8217;Essence, la Forme même, hors des figures.</p>
<p style="text-align: justify;">La figure géométrique (la croix dans le cercle, essentiellement) redevient le support  de tous les changes de la matière. Ce qui était dehors : l&#8217;aspect, devient le dedans : la spécificité (de ce dieu-là). Et, bien sûr, à cette inversion de l&#8217;Espèce s&#8217;oppose une inversion du Genre, comme du gène intérieur à la généralité externe.</p>
<p style="text-align: justify;">Les figures internes de Villeneuve ouvrent la porte à toutes les abstractions, à toutes les sciences : de la géométrie au rythme musical (de la longueur d&#8217;onde à la fréquence), du rythme au nombre arithmétique, du nombre aux figures du cosmos, que feront triompher Copernic et Kepler, au 16<sup>ème</sup> siècle. Tout peut être mesurable, puisque tout peut être figuré. Il y suffisait de faire de l&#8217;aspect matériel une spécialisation scientifique.</p>
<p style="text-align: justify;">Il reste que les analogies d&#8217;Aeineias, d&#8217;Olympiodore, demeuraient des fables privées de leur contenu magique, bien qu&#8217;un homme, déjà, leur ait donné ce contenu : Zosime. Et que les démonstrations de Bérenger et de Villeneuve s&#8217;offraient comme des principes géométriques encore privés de leur scientisme, de leur systématique.</p>
<p style="text-align: justify;">Un homme leur donnera le Système : Lulle.</p>
<p style="text-align: justify;">Zosime n&#8217;a pas écrit avant le 4<sup>ème</sup> siècle (d&#8217;autres exégètes disent : avant le 3<sup>ème</sup>). De Zosime à Boèce, trois siècles s&#8217;écoulent, ou plus ou moins : ils sont emplis de cent abrégés que, hors de l&#8217;alchimie, nomment les Conciles chrétiens et les pseudo-Virgile, d&#8217;Arles ou de Toulouse. Lulle a écrit autour de 1300 (1296/1316), quatre siècles après Erigène, et d&#8217;autres abrégés y ont proliféré.</p>
<p style="text-align: justify;">Il convient d&#8217;en dire quelques mots, rapidement.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Les machines mythologiques et septénaires </span></strong>— Du 4<sup>ème</sup> au 6<sup>ème</sup> siècle, les hommes écrivent peu. En ce qui concerne l&#8217;Occident (les royaumes barbares, des Goths, des Wisigoths, puis des Mérovingiens) seules survivent les œuvres des Virgile, de Flandre ou d&#8217;Occitanie. L&#8217;une des plus complètes est de Virgile de Toulouse : le démembrement des 12 en 144, 12 symboles en 12 symboles chacun.</p>
<p style="text-align: justify;">Les Vierges sont 12, les symboles de l&#8217;Arkhé 12, les Souverains 12, les Serpents 12, etc. On dira que cela ne mène pas très loin. Mais comment traiter de la Vierge ou de l&#8217;Arkhé sans en avoir épelé tous les possibles? Ou des Sciences sans les avoir multipliées par 3, des Vertus sans les avoir multipliées par 4? Comment dire les changes de l&#8217;Arme, de la lance aux ciseaux sans dire les changes de la Table, ceux de la Coupe, ceux de l&#8217;Arche? Dérisoires, les abrégés de ces Virgile furent indispensables au passage de Zosime au Chrétien, par l&#8217;Arkhé. Car il est vrai que les changes de la matière, comme du plomb à l&#8217;or, ne cessent de remettre en cause l&#8217;Objet divin, dont seule demeure intacte la forme projective. Au contraire, de l&#8217;Anonyme à Lulle, nous ne trouvons plus de tels abrégés, car l&#8217;Arkhé ne cesse de s&#8217;y partager en arché-types, qu&#8217;aucun ensemble n&#8217;associe plus. En Orient comme en Occident — et sans doute plus qu&#8217;en Bretagne — les archétypes se présentent séparés : l&#8217;Hindouiste et le Templier honorent avant tout les Gémeaux, les <em>Açvins</em> ou Oiseaux jumeaux dans l&#8217;Inde, les Frères sur un seul cheval dans l&#8217;Ordre des moines chevaliers. Le Juif (Juda Halévy) a proclamé d&#8217;abord la prééminence de l&#8217;Archer, du Sagittaire, maître dans la Kabbale ainsi que dans l&#8217;Evangile, et que l&#8217;Arabe et l&#8217;Omeyyade ne rejettent pas. L&#8217;ouroboros subsiste, par l&#8217;Alchimie arabe et par la scolastique chrétienne, que fonde la Table d&#8217;Hermès. La Vierge anime d&#8217;abord les saintes et les mystiques : Hildegarde, Brigitte, Angèle de Foligno, la Grande Catherine, mais celle-ci hait le &laquo;&nbsp;Scorpion d&#8217;Or&nbsp;&raquo; quand Angèle adore le dieu des Ténèbres. Hildegarde craint par-dessus tout le Bélier juif et sa justice (dont elle sait que, dans neuf siècles, ils auront institué le nouveau matérialisme, le nouvel Age sans dieu); mais les dominicaines, fidèles à Dominique, et les sorcières dans leur lande ne pourront concevoir une Sagesse dénuée de justification, leur Vierge sera lunaire, leur compréhension connaissance.</p>
<p style="text-align: justify;">Le Roi mort, même, cent princes vont tenter de le restaurer, les Angevins au premier chef, jusqu&#8217;à Londres ou à Palerme, puis les Germaniques, les Slaves, les Bohémiens.</p>
<p style="text-align: justify;">Cet éparpillement eut pour but de préserver la puissance des Gémeaux, sous leur forme — spartiate ou indienne — de svastika : l&#8217;inimitable Imitation dialecticienne de Boèce. La Croix aussi — de sang — qui orne les écussons des Chevaliers, teutoniques, templiers, tout au long des croisades…</p>
<p style="text-align: justify;">Mais cette Croix n&#8217;est plus celle de Galaad; symbole du combat, du PAT, non plus du PAN, du carrefour. Les archétypes ne sont plus positionnés (dans le zodiaque d&#8217;un Boèce, d&#8217;un Erigène), car le Joint n&#8217;existe plus entre les feuilles, et le Principe exact — de la Science — ne s&#8217;est pas formulé encore.</p>
<p style="text-align: justify;">En ce double vertige, des Virgile ou des scolastiques, l&#8217;Ouroboros ne peut disparaitre, mais la Croix s&#8217;y volatilise. En place des 12, ridiculisés, ou bien impuissants, le nombre impair domine — ou déjà, ou encore : les 3 du triangle, le 5 du pentacle, le 7 en poursuivant.</p>
<p style="text-align: justify;">Chaque nombre porte sa tradition. Le 3 celle de la Trinité, des Arts ou des Vertus. Le pentacle renouvelle — éternise — celui de Salomon, 2 160 ans plus tôt. Le 7 recompose en des synthèses sans faille :</p>
<p style="text-align: justify;">a) les 7 métaux, planètes, couleurs et notes des Antiques,</p>
<p style="text-align: justify;">b) les 7 Vallées du musulman Attar (dans <em>Le Colloque des Oiseaux</em>) ou les 7 Paraboles de l&#8217;<em>Aurora consurgens</em>, deux œuvres du 13<sup>ème</sup> siècle.</p>
<p style="text-align: justify;">Une magie scientifique ou une Science magique est derrière les deux tentatives : celle d&#8217;Aristote, qui démontra que le plus petit est comme le plus grand : la base d&#8217;un triangle de 7 coudées est <em>égale </em>à celle de 5, de 3 coudées. Car, si, du sommet du triangle, j&#8217;abaisse une infinité d&#8217;obliques (bissectrices ou diagonales), elles coupent toutes les bases en autant de points : il y a donc autant de points dans la plus petite base que dans la plus grande.</p>
<p style="text-align: justify;">Aristote fut le maître du Savoir, l&#8217;homme-serpent; mais il donnait l&#8217;Arkhé, l&#8217;architecte, pour son maître à lui : Apollon Lycéen, et son Ecole portait ce nom : le Lycée. Il faudra Valéry (au 20<sup>ème</sup> siècle), pour rêver d&#8217;une pareille synthèse, entre l&#8217;Architecte et le Musicien, un hermétique Arkhé.</p>
<p style="text-align: justify;">Comment les Septénaires y sont-ils parvenus?</p>
<p style="text-align: justify;">En faisant de l&#8217;Un ou de l&#8217;Objet divin un être double et central : une <em>unité</em> totalisante et <em>motivante</em>, à laquelle tendent toutes les parties de l&#8217;ensemble : <em>Um</em>; une <em>unité</em> causale, un joint, <em>articulaire</em> de tous les principes et de toutes les sciences, comme 1 se retrouve en toutes les séries de nombres, naturels ou imaginaires, l&#8217;<em>Ua</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">Centrale, les Septénaires donnent à l&#8217;unité double les phases 3 et 4 (paraboles ou vallées). Ici, celui qui croit qu&#8217;il monte, qu&#8217;il édifie, descend ou tombe (de la perception à la conception); celui qui croit tomber et succomber s&#8217;élève, par la Foi.</p>
<p style="text-align: justify;">Tel est le Temps de Dieu, le monde Un, ou bien l&#8217;Objet de Perceval, d&#8217;Etienne : l&#8217;univers même du chevauchement.</p>
<p style="text-align: justify;">Par suite, le chemin de l&#8217;est vers l&#8217;ouest, la fable, se présente comme une question d&#8217;abord : où vais-je? Puis, comme un Quiproquo, qu&#8217;impose le désir (d&#8217;aller ici ou là, au hasard des couleurs et de leurs tentations). Ce sont la 1<sup>ère</sup> et la 2<sup>ème</sup>, vallée ou parabole.</p>
<p style="text-align: justify;">A l&#8217;inverse, le chemin de l&#8217;ouest vers l&#8217;est, le principe, se présente comme une série de jonctions, plus ou moins illusoires, dans l&#8217;assurance de l&#8217;Idole, en 5, puis dans l&#8217;extinction, le partage absolu, la dissolution en 6 (la Stupeur d&#8217;Attar, l&#8217;anéantissement de l&#8217;<em>Aurora</em>).</p>
<p style="text-align: justify;">La 7<sup>ème</sup> vallée ou 7<sup>ème</sup> parabole est, au contraire de l&#8217;Un et de son chevauchement, une Forme Pure et Vide : le cycle lui-même, en son recommencement.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.jeancharlespichon.com/wp/wp-content/uploads/2012/05/ALCHIMIES004.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1657" title="ALCHIMIES004" src="http://www.jeancharlespichon.com/wp/wp-content/uploads/2012/05/ALCHIMIES004.jpg" alt="" width="562" height="121" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Si l&#8217;Unité Même est le dieu lui-même : de Terre et du Beau, le Créateur, de Feu et du Vrai, le Justicier, d&#8217;Eau et du Bien, l&#8217;Ichtus ou le Bouddha de Charité, les 5 autres seront :</p>
<p style="text-align: justify;">la mort d&#8217;une entité en 7, le Souffle à Sumer, la Vierge pour les Hébreux, le Souverain au 7<sup>ème</sup> siècle;</p>
<p style="text-align: justify;">le passage d&#8217;un mythe à l&#8217;autre en 1 et 2, comme de la Terre Première à l&#8217;Arche, dans le Bélier, ou comme de l&#8217;Arkhon à l&#8217;Hermès-Sophia dans le Poisson;</p>
<p style="text-align: justify;">le passage inverse en 5 et 6, comme de l&#8217;Eden taurique à la fin du Taureau (le Bélier), ou comme de l&#8217;apogée bélique (l&#8217;Arche) à la fin du Bélier : le Poisson. Mais aussi le passage du Souverain léonin à l&#8217;Ouroboros hermétique, puis d&#8217;Hermès aux Gémeaux. Car l&#8217;enfance du Bélier fut l&#8217;agonie de la Vierge, son âge Kali, l&#8217;enfance du Poisson fut l&#8217;agonie du Lion souverain. L&#8217;enfance du Verseau, de l&#8217;Esprit, du Paraclet sera l&#8217;agonie, dans le millénaire, de l&#8217;antique Hermès ou Toth.</p>
<p style="text-align: justify;">Par les métaux ou les couleurs, les 7 planètes, les Antiques entendirent le démontrer. C&#8217;est par les 7 planètes aussi, mais les 7 notes de l&#8217;Harmonie, les 7 vallées/paraboles que les Médiévaux entendent le démontrer.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette démonstration ne se fait plus dans le Cercle et par la Croix, mais par l&#8217;analemme des deux ellipses, ou les deux serpents qui s&#8217;enlacent, sinon les deux triangles qui se succèdent. L&#8217;analemme apparait dès le 8<sup>ème</sup> siècle, dans les églises romanes, certains disent au 9<sup>ème</sup> siècle seulement (le temps d&#8217;Erigène); les triangles premiers sont l&#8217;œuvre de Villeneuve, au 13<sup>ème</sup> siècle. Dans ces quatre siècles (8<sup>ème</sup> &#8211; 12<sup>ème</sup>), il ne sera question que du Cercle et de la Croix.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">La Figure et le Mouvement</span></strong> — Notre étude est trop courte (de la Forme et de la Matière). C&#8217;est qu&#8217;elle se limite à l&#8217;Espace, au continu et au discontinu dans le contenu et le contenant. Si le contenant est le Cercle (l&#8217;Ouroboros), le contenu est une Croix, sa partition : les Cardinaux, les Eléments, les Sciences ou les Jeux.</p>
<p style="text-align: justify;">Hermès contient Arkhé.</p>
<p style="text-align: justify;">Si le contenu est triangulaire, son contenant est un ensemble mouvant, un analemme, un caducée, car les droites du triangle ne sont que des simplifications des courbes elliptiques, qu&#8217;il s&#8217;agisse des Arts ou des Vertus, des Personnes ou des Jugements.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais, ni de la forme ni de la matière, je ne peux faire à coup sûr un contenant discontinu (l&#8217;aspect) ou une contenu continu (la spécificité), ni un contenu discontinu (les parties de la totalité) ou un contenant continu (la généralité principielle).</p>
<p style="text-align: justify;">Deux autres notions s&#8217;imposent : la Figure, en sa localisation (qui peut être une matière, en sa masse), le Mouvement, en sa charge (qui peut être de l&#8217;énergie, de la spiritualité pure).</p>
<p style="text-align: justify;">La figure est rarement une matière : il y faut l&#8217;infinie fragmentation des archétypes ou des <em>quanta</em>. Le mouvement est rarement formel : il y faut l&#8217;astuce d&#8217;Aeineias, ou celle des 4 Cordes de la physique moderne. Mais, à la limite, au seuil, cela peut être ou se faire. Il n&#8217;est pas possible, sans délit (le délit des mythomanes) de ramener une figure à la Forme, ni de reconduire le mouvement à la Substance (le délit des scientistes).</p>
<p style="text-align: justify;">Mais le temps de Dieu s&#8217;achève totalement, vers 1300, ou bien il n&#8217;a pas commencé (vers 400) assez nettement pour seulement le construire.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans l&#8217;univers entier, notre univers, il n&#8217;est plus que des mythomanes ou des scientistes. De la pierre, les mythomanes (gréco-romains) ne voient que les faces apparentes, leur délit; du bloc d&#8217;ardoises ou de paillettes, les scientistes ne considèrent que le joint inévitable, l&#8217;autre délit, principiel.</p>
<p style="text-align: justify;">Les mythomanes sont les générations qui précédèrent Gauvain; les scientistes sont les descendants, les utilisateurs, les vestiges de Galaad; à la limite de la Promesse (en deçà) les uns, à la limite de la Réponse (au-delà) les autres. Ils ont donc précédé les Quêtes : Zosime, ou suivi leurs ultimes lectures : Lulle. Qu&#8217;en était-il avant 432 ou après 1296? D&#8217;autres symboles de l&#8217;Or, en deçà ou au-delà du Graal.</p>
<p>Jean-Charles Pichon</p>
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