L’imaginaire face au nazisme

Avant-propos

 

                                                               On sait bien que le silence et la censure

                                                                       Ne font qu’aggraver les fantasmes.

(Ph. Sollers)

 

L’imaginaire face au nazisme (Le Cauchemar de Fer) est la réédition d’un ouvrage publié à Bruxelles en 1993. La version présente comporte un chapitre supplémentaire, « L’Utopie, ici et maintenant », mais l’ensemble reste fidèle en son esprit à l’original. Quelques corrections et ajouts justifient cependant la qualification d’édition révisée.

Les auteurs étaient au nombre de trois : Jean-Charles Pichon (1920 – 2006), journaliste, romancier, scénariste, historien des religions, auteur d’une œuvre considérable.

Lorsque Jean-Paul Debenat et Lauric Guillaud le rencontrent les années 80, Jean-Charles Pichon se consacre presque uniquement à l’étude des mythologies et des ésotérismes. Son savoir encyclopédique constitue non seulement un enrichissement mais un stimulant intellectuel puissant pour les deux nouveaux amis de Jean-Charles Pichon. Bientôt, Pierre-Jean Debenat se joint à ce cercle informel.

Lors de discussions animées à propos de la naissance et de l’implantation du nazisme, nous nous interrogions sur les sources profondes de l’idéologie hitlérienne.

Jean-Charles Pichon avait vécu la période de l’occupation allemande. Il s’était engagé dans la Marine Nationale en 1939.

Michel, le père de Lauric Guillaud, alors adolescent, avait échappé aux 2 500 soldats de la Wehrmacht et de la Milice Française qui encerclèrent le camp de Saffré, au nord de Nantes, en juin 1944. Il y eut 13 morts parmi les 350 maquisards, 27 furent fusillés, 29 décédèrent en camp de concentration, 2 furent assassinés en prison. Le père de Jean-Paul et Pierre-Jean Debenat, soldat dans un régiment d’artillerie, fut retenu prisonnier pendant trois mois seulement. Son métier, cheminot, le sauva : en effet, les Allemands avaient besoin de lui pour faire circuler les trains.

Nous avions donc tous le désir d’en savoir plus sur le phénomène qui déclencha la Seconde Guerre Mondiale. Notre ami et maître à penser Jean-Charles, ainsi que nos pères y avaient été mêlés.

Avec le temps, l’Histoire prend du recul devant les faits et les éclaire de manière plus lucide. Il est certain qu’il y a dans les prémices de l’hitlérisme des tendances diverses, idéalisme, socialisme, créativité. Mais ces tendances seules ne parviennent pas à expliquer que de grands esprits du XXe siècle se soient voués à l’attente, puis à la défense et même à la justification des actes du nazisme : Drieu La Rochelle, Heidegger, Hamsun, Céline, Alphonse de Châteaubriant, Brasillach, Malaparte, etc.

Le problème posé exige que certains aspects du phénomène soient étudiés avec plus d’objectivité qu’il y a bientôt 70 ans. Nous avons fait appel aux historiens, aux mythologues et aux romanciers. Nous avons voulu traiter des sectes fondatrices ou annonciatrices de l’esthétisme, de l’architecture et de la technologie du nazisme, et de sa place dans l’histoire révélée par la prophétie. C’est pourquoi nous offrons la publication de ces quelques études. Il va de soi qu’en aucun cas, les auteurs de cet ouvrage ne cautionnent l’école historique dite « révisionniste », et encore moins les innombrables atrocités commises par le national-socialisme.

Il faut ajouter que devant la ruine du communisme et du vide qui lui succède d’une part, et d’autre part devant l’idée d’un Grand Empire américain ou asiatique — sans oublier l’éventualité d’une troisième voie, théocratique celle-là —, ces contributions présentent un intérêt d’autant plus « contemporain ».

CAUCHEMAR001

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