II – LA QUESTION DES JEUX

         II

LA QUESTION DES JEUX

 

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Quelle réponse faire?

 

Quelle réponse donner à la question : « Pourquoi questionner »?

Nous avons dit : poursuivre ou revenir. La réponse nous suffit si nous parlons du Seul : le facteur traître ou fidèle, l’enfant adultéré, ou bien revenu en sa fonction d’élu (sacrifié). Par la déférence le facteur, par le handicap l’enfant, comme nous le voyons par les vies de Poe ou de Baudelaire, du colonel Lawrence, de Jean Genet : des élus arrachés à leur élection de Fils, par l’orphelinat ou la bâtardise, le beau-père monstrueux (Allan, Aupic) ou le père, la mère renégats.

Sinon la faille première de l’homme, parmi la multitude des animaux : un cerveau imparfait et qui questionne toujours, bien au-delà de l’avance et du retour, qui assassine ses guides et ses prophètes, à cause du handicap premier : il ne sait plus pourquoi il est élu. Tous les enfants passeront, passent, ont passé par là.

Pourquoi Allah choisit-il l’homme pour complice, allié ou partenaire privilégié? A cause de la folie de l’homme, car les montagnes, les fleuves, le lion et le serpent ont refusé cette élection, selon le Coran. Avec exactitude.

Mais le handicap et la déférence (cap-in-hand) ont donné le choix — un autre choix déjà que la poursuite ou le retour; d’innombrables partages : entre le droit et le courbe, puis, dans le courbe, entre le pli et la fronce — ou entre soumission et révolte, conduit et réduit, condition et libération, etc.

La pluralité des desseins découle de celle des dessins territoriaux : le projet du basque n’est pas celui du rhénan, ni celui du flamand celui du wallon. Mais ils créent, ces desseins divers, d’autres dessins, cartographiés : l’Espagne, l’Allemagne, les deux Belgiques. Une République coupe la Bretagne en deux, et la Vendée en deux, pour créer la « Loire inférieure » ou « atlantique », détruisant de la sorte les deux pays. Un traité de Versailles suscite, dans le monde entier, de tels Etats fantômes, par l’association cartographiée de la Tchéco-slovaquie, de la Yougo-slavie, du Congo Belge ou du Soudan Français.

L’Etat tue les pays, ou l’humanitariste les hommes.

Que se passe-t-il donc là, quand à cent pays, Rome donne le nom : hellénistiques, ou les U.S.A. d’aujourd’hui le nom de « caucasiens »?

Quelque chose qui a commencé dès le déclin de la Grèce (-432) ou l’avènement de la Macédoine (-360), le déclin de l’Islam (1728) ou l’avènement de la France (1800). Sinon, un siècle avant Philippe ou Bonaparte, les délires des derniers rois macédoniens ou français; deux siècles plus tôt, vers -509, la fin des Etrusques ou, dès le Mayflower (1620) l’affrontement avec les Indiens, puis leur massacre.

Car la recherche est sans fin, quand elle ne quête que les causes.

L’origine de Rome? Non la victoire de Postumus, mais les Gémeaux, Romulus et Remus, au 8ème siècle, sinon Enée, au lendemain de la chute de Troie (-1200),… Celle des U.S.A.? Non l’arrivée du Mayflower, mais Colomb, au 15ème siècle, sinon les Vikings du 10ème : la naissance des Aztèques et des Incas, des Séminoles et des Hopis alors.

Comment s’y retrouver?

En recherchant la 1ère Troie (Jéricho ou Cnossos) sous la dernière ville découverte? ou le dialogue de Platon sous une hymne chrétienne? ou la peinture primitive sous la dernière? En grattant la toile ou le parchemin, la terre du pays? Cette quête suscite une figure : le palimpseste, l’analemme, la bande de Moebius (qui fut de Platon).

Elle est sans fin, comme celle du premier homme : un ossement toujours a précédé le squelette, et celui-ci le « chaînon manquant ».

Car il y eut un dessin d’enfant, une tache de peinture, ou un récit, peut-être oral, avant la première écriture, sinon le papyrus lui-même; une tribu, un clan, un nome, un tell avant la première ville, sinon, bien sûr, le pays même.

Quels handicaps, brisures, cassures firent le premier homme avant Poe? Le premier singe avant le premier homme? Le premier oiseau, reptile, poisson, amibe avant le premier singe?

Je n’en aurai pas la moindre idée aussi longtemps que je n’aurai pas considéré en face le problème de la Pluralité.

La pluralité

Afin de progresser de question en question, depuis la plus particulière : « Pourquoi est-ce là, plutôt qu’une autre chose? » jusqu’à la plus générale : « Pourquoi questionner? », j’ai usé de dialectiques diverses : le même et l’autre, Ana et Méta, les multiples (depuis 4) et les premiers (1, 2, 3). Mais la pluralité portait encore un nom, un seul : l’autre, Ana, la série.

Je m’aventure en des séjours, au-delà des dimensions (3) et des quadrilogies (le 4, premier multiple), où ces dialectiques ne suffisent plus, ni ces triangles.

La croix révèle son contenant : un cercle ou une pendule, qui joue de Pi. Le triangle, ou l’angle, révèle son contenu : une oscillation, un pendule.

Or, une infinité de directions, de sens, se découvre entre les cardinaux : les obliques : diagonale ou hypoténuse, diamètre, matrice, intégrale ou différentiel, sur lesquels les mathématiques géométriques se fondent — depuis Pythagore (ou Imouthès, deux mille ans plus tôt).

Et une infinité d’oscillations, non moins, fondées sur le même paradoxe, d’Aristote : toutes les bases du triangle, de la plus petite à la plus grande, exigent le même temps.

Qu’en est-il alors du même et de l’autre? De Méta et d’Ana? Des premiers et des multiples?

a) Le même et l’autre, figurés, ne sont qu’une figure, propre à l’Amour. Un aspect et ses sens, le point et le tiret; ou une croix — de la passion, et son centre, indifférencié.

Les sémites, les fils de Jacob et les tribus de Moïse ont ignoré cette dialectique, non moins que les Hittites, les Assyriens, les races, nombreuses, nées d’Abraham, ou de Noé, en remontant les temps.

Leur problème était celui du peuplement et du dépeuplement.

En ces jours que nous vivons, trop visiblement, la chose même (l’individu ou le territoire) n’a plus de sens. On ne dit plus que l’affectation (le souci de la même chose, de l’équivalence). L’autre chose n’en a guère plus, dans le refus des pays, des races, des sexes, des corporations, le souci est de l’autrement, comme d’un office à l’autre, du balayeur au P.D.G., en cet emploi, une autre affectation.

Mais la même chose et la chose autrement ne jouent plus de la chose même et de l’autre chose, dans l’Amour. La dialectique chrétienne, bouddhiste, a disparu. De quoi parlera-t-on demain? De semblables et de différences (différentiel?) dans un ordre intégral — celui du Mac Donald’s ou de la firme japonaise…

Dans le fait, une quadrilogie : la chose même et la même chose, l’autre chose, la chose autrement. Puisque l’affectation/simulacre m’a interdit d’être moi-même, par les handicaps imposés; et que l’affectation/service n’exige de moi qu’une symétrie de proportion (la partie dans le tout) contre la symétrie d’accord et d’harmonie, par une feinte déférence, un cap-in-hand de simagrée.

Bien évidemment, ni ceci ni cela — des conditionnements de religion, d’église — ne peuvent créer Dieu.

En la corruption du mythe gémellique (huit mille ans d’existence!) la dialectique « le même et l’autre » ne nous propose plus que les Frères ennemis.

b) C’est d’une manière plus subtile que Méta et Ana perdent leur caractère propre. J’ai dit que Méta disait l’unité : le change d’une lettre dans le mot, celui d’un mot dans une phrase; et qu’Ana disait la pluralité, les inversions de plusieurs lettres, de plusieurs mots. Mais voici que se propagent, en cette mode : le modernisme, les vocables : métamorphose, anamorphose.

Chérie des poètes romantiques, la métamorphose dit un change de formes, mais d’une forme synonymique à quelque autre, qui maintiendrait le même sens (signifié), comme lorsque je joue de « parure » à « parage » dans le sens de « parade ».

Ou comme les fils de Jacob et les apôtres, deux mille ans plus tard, vont dans le même sens : de l’est vers l’ouest (l’Egypte ou Rome). Et les tribus dans le même sens que les chevaliers, vers l’est, depuis l’ouest : ou de l’Egypte au Jourdain, ou de la Bretagne à l’Orient. Vers l’ouest, l’élu; vers l’est, le jaque. La métamorphose a seulement changé les servants de l’IHV (Iahvé) en disciples du Christ (IHS). Ou les quêteurs de la Terre Promise dans les quêteurs du Graal.

Chérie des techniciens, hogiens selon Poe, et des joueurs de la Forme Vide, l’anamorphose dit le change de sens en la même forme. Léonard de Vinci l’a peut-être inventée, par le vautour caché dans la robe de la Mère, Holbein l’a poursuivie (la tête de mort dans l’avant-plan de ses Ambassadeurs), Escher l’a accomplie, pleinement, en presque toutes ses peintures. Mais le 4 dans une figure non nombrée, le visage de la jeune et celui de la vieille dans le même visage ou les cerises et les vers de Dali en témoignent tout aussi bien.

En ce jeu homonymique, c’est bien la forme unique, peinte une fois pour toutes, qui comporte en soi des images (sensées) différentes, comme les 4 opérations de Pline et celles d’Evola, deux mille ans plus tard, ou les 4 instruments : la table, la coupe, l’arche, l’arme pour le quêteur du Graal ou celui de la Terre Promise. Bien que, sur ces deux mille ans, les usages en soient autres.

Change de formes dans la métamorphose? Change de sens dans l’anamorphose? Est-ce assez dire?

Ne l’oublions pas : il n’y plus que question après celle-là : Pourquoi questionner? Il ne peut y avoir que des réponses, nécessairement ludiques, puisque elles ne peuvent plus être rationnellement, sérieusement, apportées. Les métamorphoses, là, ne sont plus que des jeux de la matière, les anamorphoses que des jeux de formes, liés entre autres à l’habileté, la technique, du peintre ou du poète, sinon du mathématicien.

L’anamorphose tient à la technique, la métamorphose à l’ethnie.

c) les multiples et les premiers.

Bien sûr, le démembrement — par la pluralité — du Même et de l’Autre, ou de Méta et d’Ana, demeure ludique, par un jeu de figures ou de vocables. Cela fut ainsi, dira-t-on, mais ç’aurait pu être autrement. Osera-t-on dire que les jeux de nombres sont non moins ludiques, en même temps que contingentés?

Nous le constatons du moins : la Pluralité même n’est pas un concept des plus simples, ni même des plus évidents.

Il y a une pluralité fractionnelle, des parties dans l’UN. Peut-être abstraite ou virtuelle, car le pubère contient les mêmes parties que le bébé, mais sans laquelle je ne peux rien mesurer.

Il y a une pluralité des phases de la vie, en progression puis en dégression, de part et d’autre d’une apogée (très peu de temps après la puberté).

Je les nombre, pour faire court, M1 et M2; car elles jouent toutes deux de Méta, l’être en soi.

Il y a une pluralité, A2. Nous sommes plusieurs passants en cette rue passagère. Nous sommes plusieurs (de la même famille ou non) qui prennent ce train.

Il y a une pluralité de moyens de locomotion ou de cycles : plusieurs rues dans cette ville, plusieurs trains dans cette gare, peuplés ou non, plus ou moins passagers.

Passagers et passages, ces plusieurs sont Ana (A), bien que les passants se bousculent, s’affrontent, et que les passages ne soient que des carrefours (PAT ou PAN).

 

Le manège et le drapeau

On voit qu’ici l’Objet se présente différemment, et que les objets divers sont pourtant le même. Je les figurerai, ces objets, par le manège et le drapeau. L’oserai-je?

Le manège est constitué d’un pivot moteur et de figurines, de « fanfreluches » dit Rabelais.

Le drapeau est constitué d’une hampe et d’une effigie (enseigne).

a) le manège.

Le pivot est au centre, les silhouettes au pourtour.

L’UN est interne, la pluralité externe. Des parties (éléments du moteur) font le centre; des phases dans le tournoiement montrent cette figurine, un cheval, ou celle-là, une auto. Je pourrai dire l’auto une cinq-chevaux sans ajouter vraiment à la pluralité des figures alentour. Car la pluralité est des figures externes; il importe peu que cette figure, cette fanfreluche, soit constituée de 5 éléments (les 4 membres et le sexe) ou de 4, si le personnage est manchot, amputé d’une jambe ou impuissant. De toute façon, elle a cette place dans le manège/entour. Les danseurs à loisir peuvent évoluer, lever ou abaisser les membres qu’ils ont, autour de la piste de danse.

Mais le pivot-moteur ira plus ou moins vite, il sera plus ou moins fonctionnel, nouveau ou usagé, intact, détérioré. Et cela est très important : le manège marche bien ou non.

b) le drapeau.

Ici, l’extérieur se montre par les enseignes, fait (e) s d’étoffe. Il se fonde sur la hampe, qui toutes les enseignes ou pavillons. Puis-je réduire le pivot-moteur à une hampe, les silhouettes, fanfreluches, à des enseignes?

Réduire la métamorphose (du manège au drapeau, ou à l’inverse) à une anamorphose : un centre et un pourtour, dans tous les cas?

Je ne répondrai à cette question, encore, qu’en jouant des mots : hampe et enseigne, là, afin d’y retrouver le pivot et les silhouettes.

Enseigne est un homonyme riche : il se prête à l’anamorphose. On peut y distinguer :

l’emblème, fait d’étoffe tissée, du drapeau,

la marque d’une maison de commerce, placardée à l’entrée du magasin,

et, abstraitement :

un cas particulier (à telle enseigne, à la même enseigne),

une argumentation, sinon une preuve : à telle enseigne que…

Mais le nom, au masculin, décrit aussi une élection particulière : l’homme qui porte le drapeau, avant d’être seulement un élève officier.

Au contraire, par déformation classique du sens, au cours des siècles, le nom a donné le verbe : enseigner. Puis, de ce sens : enseignement, il n’a cessé de se disperser, se particularisant. On ne parlera plus que de l’enseignement laïc ou religieux, primaire ou secondaire, public ou privé.

L’élu est devenu fonctionnaire.

La mention primitive (un signe) s’est pervertie par l’usage.

Hampe ne dit rien que cela : le manche, de bois ou de métal qui supporte le ou les enseigne (s).

Afin que ce sens soit conservé au cours des âges, il faudra transformer la forme du mot, en de nombreuses métamorphoses.

Le vieux français disait son origine : la lance (hante), mais le vieux germain disait tout autre chose : ce qui contient, la panse du bœuf (wampa).

Jouant du double support, ce qui se dresse en avant et ce qui contient, l’empeigne dit cette tige en avant du pied, et l’empennage, un bouquet de plumes à l’arrière de la flèche ou à la queue de l’oiseau.

Comme enseigne en vient à se réduire à l’S, écrit « c », d’enseigner ou d’educere, hampe conserve, en ses changements de forme, le « p » premier du mot — jusqu’e ses plus étranges métamorphoses.

Le P qui porte l’enseigne.

Le S que trace dans l’air l’étoffe de l’enseigne au vent.

On aimerait rattacher les deux vocables, et les objets réels, ou les concepts qu’ils disent, à des dialectiques déjà éprouvées. A celles, peut-être, qui ouvrent ce livre, et qui dédoublent, en l’UN, l’agalma et l’amalga de Socrate et de Lacan : monture, parade.

On peut certes considérer la hampe comme une monture/enchâssement et l’enseigne au-devant de la compagnie d’uhlans comme la monture/coursier par excellence. Mais le moteur du manège est non moins le coursier et les silhouettes externes  s’y enchâssent tout comme les enseignes à la hampe, dans le drapeau.

Dira-t-on les enseignes parures, comme les fanfreluches du manège? En quoi la parade des enseignes se distingue-t-elle de la parade des silhouettes, des fanfreluches?

L’un peut-il donc se faire l’autre?

Effectivement. Une hampe circulaire et des enseignes qu’on disposerait sur son pourtour comme des godets (une image familière au bio technicien) ne constitueraient qu’un autre manège.

A l’inverse, vu de loin, comme d’une colline on regarde une fête foraine, le manège n’est plus qu’un drapeau dont le pavillon central, qui contient le moteur, s’offre comme une hampe, et le tournoiement des figurines comme celui des enseignes au vent.

C’est cela même qu’Ezéchiel prétendait avoir vu : les 4 roues semblables aux 4 faces de bêtes (par le moyen des Semblances), et que l’Apocalypse décrit longuement : comme des enseignes ou des silhouettes, les 6 (sceaux, trompettes, tonnerres, signes, coupes, cités/montagnes), et comme le squelette de la Chose, une hampe mais un moteur, les  7 phases vivantes en chacun des 6 : 7 sceaux, trompettes, tonnerres, etc.

Ici et là, l’anamorphose et la métamorphose se joignent ou se confondent — comme dans la hampe circulaire ou le manège vu de loin. Comme, dans l’Unité, la lecture de l’acte et l’acte de lecture. Comme d’autres objets aussi.

 

La pièce et la tour

Car métamorphose ne dit pas seulement : change de formes, mais aussi réalité du changement, une réalité substantielle : la chose même est concernée, comma quand je passe de la tour au fou dans le jeu d’échecs. Les différences ne sont pas seulement formelles, elles sont dynamiques, liées aux mouvements : la tour se meut en ligne droite, le fou en oblique. Ce ne sont pourtant que des pièces, et le vocable dira, dans une seule langue (française) : une chambre, une monnaie ou un spectacle, anamorphique alors.

Anamorphose ne dit pas seulement un change de sens, mais une lecture. C’est l’observateur qui se déplace ici, et, se déplaçant, change en image le symbole abstrait, comme dans les dessins de Vinci et d’Holbein. En regardant la figure de haut (de loin) ou à l’horizontale et de tout près.

Ainsi dirai-je que la Tour est un tout (un édifice, où les pièces sont des chambres),

un pourtour, un entour (par le tour de la pièce de terre ou de la pièce d’eau),

une habileté, une rouerie : un tour de cartes, l’escamotage d’une pièce, ou le talent de l’auteur si la pièce est spectacle,

le moteur, le moyeu de l’appareil, qui, généralement, unit ou relationne des pièces séparées.

Or, la pièce et la tour ne sont qu’un seul objet, au jeu d’échecs, bien que la tour n’ait que cette forme et cette conduite, quand la pièce peut être un autre élu (un fou, un cavalier, le roi, la reine) et même un jaque, le pion. Quand les tours (2 ou 4) ne sont qu’une partialité dans les 16 ou 32 pièces (le nominatif le plus général), commun. Les tours contenues dans les pièces, comme les 4 dans les 32.

On n’oserait pas de tels jeux (de mots) dans un propos auguste, si le jeu d’échecs, précisément, ne se retrouvait en tous les détours du Graal ou de ses quêtes. Car ce jeu est l’épreuve que la Dame du Château du Graal impose à Gauvain d’abord, à Perceval ensuite. Experte en ce jeu, d’abord.

Nous avons suspendu les Quêtes en 1260 ou 1296, un peu moins de 13 siècles après l’an 0. Et l’histoire active de l’alchimie en 1728 ou 1800, 2160 ans après 432 ou 360 avant J.-C. Nous ne voyons pas encore comment le Graal peut se métamorphoser en un objet tout différent. Mais nous commençons de distinguer comment 1728 (ou 1800) reproduit -432 (ou -360), de Socrate à Rousseau, ou de Platon à Kant. Parce que l’inventaire (Ana) s’y fait la borne (Méta) autour de laquelle le coureur, le coursier tourne. Quand le terminus se fait tête de ligne.

Ce sera notre figure 12, qui englobera les 12 du prophète Ezéchiel (3 X 4) et les 12 de l’Apocalypse (6 X 2); bien que la somme : 3 + 4 soit 7.

Je donne à cet inventaire, au terme des questions, le nom de donne, tout au début du jeu. Donne de règles, distinctes en chaque jeu : d’échecs, de dés, de cartes (ou de rugby, d’escrime, de judo); et donne d’éléments, également propres à chaque jeu : pièces, dés ou cartes (sinon les joueurs eux-mêmes : 11 ou 13, 4 ou 2).

De ces règles et de ces éléments, que vais-je faire?

Quelle que soit la réponse, comment, par quels chemins, vais-je la faire venir?

 

Note 1 — Régulés, les nombres jouent de la période (e-1) ou 2160 et de 3456 (pour « e »), comme je l’exposerai en annexe.

7776 = e + 2(e-1) ou 3456 + 4320,

4356 = e + (e-1)/2 ou 3456 + 1080.

Différemment, 7776 = 12 X 648,

4536 = 7 X 648,

et 7776/4536 = 12/7 ou (e-1), selon Platon, l’Apocalypse et Flore.

Les Rose-Croix jouent du 1/3 de 648 : 216, ou du 1/6 : 108.

3456 = 8 X 432, ou 16 X 216 ou 32 X 108,

4536 = 21 X 216 ou 42 X 108,

7776 = 36 X 216 ou 72 X 108.

 

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Comment la faire venir

 

De même que le « Quoi, cela? » de la première question (Heidegger), on voit que le premier problème de la réponse se déduit d’un inventaire, d’un recensement sémantique. Le sémanticien ici — ou l’épistémologiste — parlera de « topiques ». Le joueur dira : la donne.

De même que le « Comment être? » de la première question, le deuxième problème que pose la question sera : « Comment la faire venir? », par quels chemins?

Le sémanticien parlera d’Insertions, et l’informaticien de Canal (entre le message et le code). L’un et l’autre seront nombrés, ainsi que la deuxième question.

Le joueur aussi se fondera sur un certain nombre de règles ou d’éléments. Mais il devra distinguer entre les règles ou éléments qui entrent en jeu dans la partie (que jouent tous les joueurs, selon le jeu choisi) et ceux qui entrent en jeu dans ce coup-là, conditionné par la répartition des éléments : pièces, cartes ou dés, et par leur localisation : le pion se dirige en ligne droite ou en oblique, le roi peut roquer ou non, le valet vient après le roi ou le domine selon qu’il est d’atout ou non (à la belote).

Si je joue des dieux, ils seront généralement 12, en presque tous les panthéons (assyriens ou babyloniens, hittites, romains ou hindouistes, bouddhistes, etc.). Mais les entités purent n’être que 10 (Intelligences de l’Islam ou Sephiroth des mathématiques décimales), sinon les 13, en certaines périodes maya, bien que les lettres du Coran soient 12, comme les Fondamentales de la Kabbale, ou les Images du « royaume » maya.

Mais les vies des dieux, ou leurs insertions ne joueront que des 7, comme dans l’Apocalypse ou chez Ezéchiel (3 + 4), bien que le Yi King y adjoigne l’Unité, en 8, et que le quêteur scientiste de l’algorithme universel en retranche l’UN, en 6. Le 12 n’est alors que le doublement de ce nombre.

A notre connaissance, l’Apocalypse est le seul écrit qui se fonde sur le jeu plus complexe des 12 et des 7. Mais c’est en ne traitant que de la période de 6, au demi de 12 (le cycle).

Un autre jeu complexe est celui de l’hindouisme, mais cet ésotérisme double les 7 en 14 (yugas).

Les autres textes sacrés adjoignent seulement le 7 au 12, en 19, comme le Pentateuque ou le Coran : 7 + 12 = 19.

L’Apocalypse

Tout prophète ou maître du temps est un joueur.

L’auteur de l’Apocalypse (on le nomme Jean) joue aux dés, à la passe anglaise, aux craps. Car il joue des deux dés et de leurs 6 faces, dont les combinaisons possibles sont au nombre de 42 : 6 X 7.

Considérés comme des « mois », ces 42 contiendront 1260 jours et seront contenus en 3,5 ans. Si bien que, lorsque Jean parle des 3,5 ans ou des 1260 jours, il dit encore les 42 « mois ».

Ce serait là un bon exemple d’anamorphisme, qu’il conviendrait de nommer : anavalence, puisque les nombres, alors, se font calendériques (positionnels). Mais le mot prêterait à confusion, puisque les 42 englobent à la fois les 6 périodes de l’Apocalypse, et les 7 phases en chacune.

Or, les phases sont clairement quantitatives, liées au destin de chaque entité : en formation, en +, ou en déclin, en -.

Ezéchiel ne recourt qu’aux similitudes (semblables), la vertu des Gémeaux — le 3ème terme de sa trilogie, entre les Roues et les Figures bestiales. Le Cœur, dira la kabbale du Yetsira, entre la Roue et le Dragon.

L’Apocalypse, comme Potocki plus tard, ne dit que le déclin des Gémeaux (les Deux Témoins), divins en leur ère (scellée), puis mesureurs, puis propagateurs des plaies, en l’avènement des Coupes. Mais ils devront renaître, ou l’un des deux, dans la Jérusalem Nouvelle, au terme des villes/montagnes, dans le Cavalier Blanc : l’Arkhon suprême.

Comme toutes les entités : le Roi/Lion et le Serpent/Cancer, après la Vierge, ils auront alors traversé les 7 phases, plus les 3 de leur emprisonnement, de leur « grande mort ».

7 + 3 = 10, les 10 Rois ou les 10 Têtes du Serpent.

Les 7 Vierges aussi bien, les 7 réveils d’Ishtar, plus les 3 ans et demi ou 42 mois de la retraite au désert.

C’est alors le Roi Lion qui menace le Souffle de Vie, inspirateur du « livre de miel », ou le Serpent qui poursuit la Vierge, ou les Gémeaux qui dénaturent le Roi.

Mais, dit l’Apocalypse, le Temple hébraïque, depuis de le temple de toile (de Moïse), a uni le Roi, Adonaï, et le Souffle, Elohim, en IHV.

L’Eglise de la Ville aux 7 collines unira la Vierge et le Serpent, en Jésus-Christ, le fils d’Hermès et d’Aphrodite, l’hermaphrodite.

Un autre jour, le Maître et les Témoins s’uniront dans l’Institution du Verseur, de l’Inverseur, le dieu aux Coupes.

Et il faudra encore que le Serpent (mort) et la Création taurique s’allient en la Caper (capricieuse et capable) de la future Babylone, avant que le Cavalier à l’arc renaisse, par la nouvelle Mesure et le nouvelle Justice. L’aboutissement, le terme, de la quête apocalyptique.

2160 ans après le royaume de la Caper,

4320 après le royaume de l’Inverseur,

6480 ans après le temps des vendangeurs et moissonneurs, la Parousie chrétienne, au 7ème siècle,

8640 ans après l’écriture du Livre de miel, hébraïque,

10800 ans après Sumer, Mari ou Ekidu,

12960 ans après une Atlantide gémellique, où les Témoins étaient divins, et l’Horus/Anzati un mort, dispersé par le Seth — ou les Camés, en Amérique.

10 unités de 1296 ans (les 10 Têtes du Serpent ou les Rois) dans la Grande Année.

Car le temps suprême d’un dieu est aussi le temps de l’anéantissement de son père, comme il en est chez les humains.

C’est la mort du Cavalier à l’arc qui a fait le triomphe des Gémeaux;

la mort du Verbe scorpionnaire (Enki ou Min) qui a fait la gloire du Taureau (Mardouk, Apis);

la mort du Souffle, du Vent (Elohim, El) qui a fait l’expansion universelle du dieu de Justice;

la mort de la Vierge qui a créé le Fils, IHS.

La mort du Roi (le roi fait néant) fera, dit l’Apocalypse, la parousie de son fils, le Messie Verseur, qui videra les mers.

La mort du Serpent fera le temps des la Terre Première, capricorne, sa fille.

La mort des Gémeaux (de la symétrie) fera la splendeur de l’Archer, du Sagittaire, leur fils, quand les temps se seront retournés.

Un monumental édifice! Que fonde le sacrifice du Père, mais nous ne sommes pas assez savants du Jeu pour le comprendre (ou seulement l’admettre).

Nous n’en sommes qu’au manège ou au drapeau, que nous constatons seulement, sans les comprendre bien.

Œuvrant sur les douze millénaires, l’Apocalypse déborde — de tous côtés — le nôtre. Comme un jeu ses parties, ses coupes, et le JEU les jeux divers.

 

Des échecs au porche d’Amiens

Les dés ne furent pas le premier jeu. Les échecs les ont précédés, qui jouent des 8,16, 52 et les 2 cercles du Yi King (8, 16,64), sinon, presque certainement, les 4 figures du « jeu de mains »: le puits, la feuille qui le recouvre, les ciseaux qui coupent la feuille, la pierre qui écrase les ciseaux. Toujours les instruments des quêtes, les opérations de l’alchimie, ou les 4 Eléments en-deçà!

Aux échecs, les 52 pièces se partagent en 16 noires et 16 blanches, puis les 16 en 8 pions et 8 figures : les 4 dédoublées, des Souverains (Roi et Reine), des Tours, des Fous, des Cavaliers.

Jouant du même dédoublement, pour dire le nombre d’éléments atomiques contenus dans les corps, depuis l’hydrogène (2): la série de Mendeleïev.

Sa formule: 2 n au carré a semblé à Caillois une invention maîtresse, une « symbolique permanente » du plus haut niveau.

C’est seulement la série que donnent les produits des nombres pairs par les nombres entiers: 1×2, 2×4, 5×6, 4×8, 5×10, etc.

Les 42 de l’Apocalypse découlent d’un tout autre calcul: 6 x 7. Ils utilisent un nombre premier:7 dans ce domaine des jeux qui n’usait, jusqu’alors, que des pairs, des multiples ou des puissances.

L’invention médiévale des cartes, née de la Kabbale et des Tarots, semble en être revenue tout d’abord aux multiples, sinon aux pairs, par les 22 « atouts » (cabalistiques), ou les 52 cartes, puis les 52. Mais, par les 4, « as » ou figures: le roi, la dame, la cavalière, le valet, tous ces jeux préservaient la Tête. Puis, le 1/4 de 52 est 13 (la donne du bridge).

Un autre jeu de cartes me semble plus étonnant, en même temps que mieux accompli. Etrangement, ce fut, pendant deux ou trois siècles, le jeu des opprimés, des otages, révoltés de l’être : camisards, vendéens, arabes d’Afrique du Nord. Les uns le nomment les Aluettes, les Vendéens; d’autres (dans le midi de la France) la Vache; les Africains le Doulo.

Ce jeu retrouve le nombre de Sumer: 60. Il se constitue de 4 x 15 cartes : le maître, un intermédiaire (2 d’écrit, 2 de chêne, 9 de coupes, 9 de deniers), un as, puis les 4 figures: roi, dame, amazone, valet, puis 8 cartes nombrées: les 10, moins l’intermédiaire et l’as.

Il se joue entre 4 partenaires, qui ne sont que 3 : les 2 adversaires et le maître, le conducteur du jeu, qui connait le jeu de son aide, par les signaux que celui-ci lui envoie: de la main, pour dire les intermédiaires, et de la tête (la bouche, les yeux) pour dire les Maîtresses qu’il possède.

En chaque partie, l’enjeu sera 2 points (la totalité des plis) ou un seul point, selon l’annonce du Conducteur.

Clairement, les 32 cartes nombrées (8 x 4), les 4 intermédiaires, les 4 as et même les 16 figures (4×4) se formulent par des chiffres, car les figures demeurent valorisées : elles le sont en tout jeu de cartes : le roi prime la dame comme 4 prime 3, la dame l’amazone, comme 3 est plus grand que 2, l’amazone le valet, comme 2 contient le 1.

Les Maîtresses ne le sont pas: de pures entités.

Le Maître (des épées ou des styles),

la Dame, que figure le cygne, maîtresse des coupes,

la Vache, maîtresse des chênes ou des bâtons, de Terre,

le Borgne, scorpionnaire, le maître des monnaies, des deniers.

Depuis que j’ai lu Ruskin, et son traducteur: Proust, le jeu m’évoque une création du 13ème  siècle — le grand porche de la cathédrale d’Amiens, qui de même, se fondant sur des textes éprouvés: la bible hébraïque et les Evangiles, avait tenté d’atteindre à une « symbolique permanente », selon le mot de Leibniz.

Les 4 maîtres y sont les effigies du haut : le Christ, puis Firmin (le saint), David et Marie.

En découlent les 36: 5 x 12,

le zodiaque, à la droite du porche, sous Firmin,

les 12 apôtres, en 6 vertus et 6 vices,

6 rois et 6 vierges à gauche, sous Marie. `

A la base du porche se retrouvent les 16 des Echecs et du Yi King:

les 4 grands prophètes israélites; puis les 12 petits (en 3 groupes

de 4 ou 4 de 3).

L’ensemble: 4 + 36 + 16 donne le nombre 56, comme les cartes de la Vache, si j’en exclus les Maîtresses, non nombrées.

Pourquoi 56? Je ne l’ai pas su d’abord. Mais le nombre se retrouve à Stonehenge, des millénaires avant la Vache ou le commentaire de Ruskin et de Proust  (la quête du Temps perdu). Il ne peut donc être hasardeux.

J’y ai trouvé plus tard (je jouais aux Aluettes, en mon enfance) ce commentaire scientiste.

56 = 8 au carré – 8 = 7 au carré + 7.

Une équation de la série: N au carré – N = n au carré + n, déduite de la formule de Poincaré: N = n + 1.

D’autres ésotérismes jouent d’autres équations de la même série.

7² — 7 = 6² + 6, les 42 de l’Apocalypse,

6² – 6 = 5² + 5, les 30 du mois sumérien,

5² – 5 = 4² + 4, les 20 figures mayas (nombrées)

4² – 4 = 3² + 3, les 12 éternels.

Les nombres premiers ne sont pas exclus de cette série, plus qu’ils ne le sont de la série des factorielles inverses:

1/1 + 1/ (1×2) + 1/ (2x3x4) + 1/ (1x2x3x4x5) ou:

1, 1/2, 1/6, 1/24, 1/120, 1/720, 1/5040…, dont Platon tire la sommation 12/7, en s’arrêtant a 1/5.040, et dont Euler tire, deux mille ans plus tard, la sommation « e-1 », affinant les 12/7 ou 1,714 en 1,718.

De – 452/-360 a 1728/1800 encore : le domaine de l’alchimie.

C’est en ce temps que les dés ont vu le jour, puis les cartes, des jeux bien plus subtils que les osselets, les « dames » ou les échecs.

Par l’intervention des nombres premiers.

Mendeleieff, ici, marque un déclin. Mais il n’est pas le seul parmi les hogiens, les scientistes.

Que vivent les Ruskin, les Proust, les joueurs de la Vache! Les bons « facteurs »!

Le lituus

Ce cri poussé, bien sur, il serait illusoire de croire que Ruskin et Proust, ou les révoltés de la Vache aient dit ce qu’ils ont dit pour la première fois de l’Histoire. Le porche d’Amiens date de huit siècles, et Stonehenge, peut-être, de huit millénaires.

Sans remonter aussi loin, les vocables nous disent que les Sémites d’Abraham, puis les Hébreux de Moïse, et les peuples de leur époque, Egyptiens, Hittites, Assyriens, jouaient déjà du cercle (ou du demi-cercle) et de la pyramide ou du triangle. Les fils de Jacob et les tribus de Moise les disaient : lituus.

Le vocable disait le cercle, l’embouchure de la trompette, porteuse du Souffle Elohim, et le bâton fourchu, plus tard le bâton-serpent de Moïse, l’insigne du pouvoir, du Guide.

Les Patriarches le figuraient, ce lituus, en son mystère; ils ne l’avaient pas inventé.

Quatre siècles plus tôt, les Akkadiens ou les habitants de Lagash — les rationalistes de l’époque — avaient formulé le demi-cercle, l’arc, et son diamètre (la droite), trouvant ainsi le 11 et le 7 (figure 13) et le rapport 11/7 = Pi/2.

 Dès le 23ème  siècle ou le 22ème  avant J.-C., les Egyptiens fondaient leurs croyances, à demi rationnelles, à demi théologiques, sur les 2 chemins: le courbe, de Seth, et le droit, de Ra (une science, une autorité)-

Puis les Assyriens avaient créé la dialectique de l’Arc et de la Fleche.

Mais, dès le 27ème  siècle, ou le 26ème, Imouthès, puis Chéops avaient créé la Pyramide (un triangle volumineux). Ce triangle nous semble éternel, vieux de cinq mille ans. Il nous permet de figurer les 3 périodes :

Trois enseignes liées à la même hampe. Au pourtour du Manège. Ainsi que les 3 flèches dans la main du licteur.

Or, ces 3 ne sont mas vraiment distincts du cercle. Ils n’en figurent que le quart, par la Croix.

 La 1ère coupe

Elle se situe, nous l’avons vu par Galaad, en la fin de l’Unité, la Terre Promise d’Egypte ou le Sang Réal — et donc, également, par Moïse ou Josué, répartissant les 12 aux cardinaux. Deux mille ans avant Moïse, ce fut le partage de l’Arche/nef, pour isoler, en chaque douzième, les races (bestiales encore). Car l’architecture de la Nef n’était pas moins précise que celle des tribus, ou celle des chevaliers-quêteurs.

Le partage jouait déjà des 12, ou des 24, des 48, des 60, les nombres de Sumer étant trouvés.

 Du cercle naît la croix, et les 4 triangles, dont la Pyramide n’est que  le préféré.

Or, ce n’est rien que l’action du bâton, de la flèche, du diamètre et du rayon dans le cercle : du droit dans le courbe.

Mais le cercle fermait, fût-il de la Voix, du Souffle. Le droit, le triangle ouvre. Par le nombre d’Or d’abord (voir l’annexe).

Au cercle, la tête ou la pendule, quelque pendule s’accroche, qui fut dans le cercle, quelque triangle ou quelque queue. Ce pendu cependant…

Les nombres ne disent jamais que ce tête-à-queue.

Mais quelle anamorphose! Telle que l’Histoire n’y voit que des métamorphoses, comme du lituus au licnon. Parce que l’historien ne sait pas toujours se coucher ou se relever quand il le faut.

 

Le coup et la partie

Comme ils explicitent la question:  » Comment est-ce: être? », les nombres sont indispensables pour dire les chemins de la réponse, ils disent comment la faire venir. Mais, là encore, on voit qu’ils reconduisent à des figures; il faut donc que, d’une autre manière, ils procèdent aussi des vocables. L’insertion et le canal du sémanticien et de l’informatique ne sont-ils pas des mots?

Depuis le manège ou le drapeau, ces mots disent d’abord des objets: la pièce, la tour. Ils peuvent dire des positions: de la partie dans le jeu, du coup dans la partie. Et même des propositions: celles de Leibniz après Descartes (le oui et le non de Pythagore), puis celles de Boole: le + (et), le x (ou), fondements de toute l’informatique, deux mille ans après le dilemme de Zénon et le sophisme.

Commentant les quatrains de Nostradamus qui prédisaient la fuite et la prise à Varenne, Georges Dumézil refuse la traduction classique des « deux parts »: les deux époux, le Roi et la Reine. Il joue du mot : de (ux) parts, pour dire les deux départs, vers la liberté ou vers la prison. Il ne semble pas considérer les deux partis (royaliste, révolutionnaire). Les 3 acceptions du mot sont pourtant possibles. Un Raymond Roussel aurait pu écrire, comme Nostredame par son jeu de mots :  » des deux partis, le bon était parti (le fiancé – ou l’amant de la Reine) : le mariage fut rompu, au point que les époux seront séparés : l’une des parts du couple royal (Louis XVI) sacrifiée avant l’autre (Marie-Antoinette) ».

Au couple a succédé la coupe, par le coup précis de la guillotine. Ou par le couperet.

Aux cartes, c’est toujours l’atout qui coupe, si le coup a été bien joué, ou que la donne permettait celui-là. Josué ou Galaad ont été cet atout, dans les 2.160 ans, par l’anamorphose de l’Arc-en-ciel en Arche d’alliance, ou du Sang Réal au Saint Gréal.

Dans le domaine des dieux.

Mais aussi Saint-Just dans le monde des hommes, et dans le petit cycle des 180 ans : « La mort du roi sera le moteur même de la Révolution (et de l’âge à naître) ». La Coupe est ce qui donne la victoire au Parti — qui formule le triangle dans Le cercle.

Ces jeux : pièce/tour, coup et coupe, partie et parti, ouvrent sur beaucoup d’autres.

Le coup n’est qu’une partie de la partie, mais il englobe toute la partie, dont il décide, par la coupe. Il n’a qu’une situation d‘emploi dans la partie, comme la pièce. Mais, tour, il a un rôle particulier (par sa forme et ses directions, horizontale/verticale).

0r, le rôle n’est pas seulement cette élection : il englobe les emplois ou des causes diverses, dans le rôle d’équipage ou le rôle judiciaire.

L’emploi n’a pas seulement cet usage partiel (de valet, par exemple).

Mais, de l’emploi de valet, sont nés les rôles — inoubliables, élus — de Scapin, de Sganarelle, de Figaro. Deux mille ans plus tôt, le rôle de Sosie.

Le rôle et l’emploi jouent de sujets (de la phrase ou du prince), comme – ou + assujettis.

D’autres mots ne diront que des positions : la station et l’état.

Les stations (ferroviaires) sont dans l’Etat (la France).

Les états de Jésus, dans le chemin de croix (14 stations) sont propres à cette station-là.

D’ou, le jeu de mots de Jarry: le chemin de fer du Surmâle, et le chemin de croix de Faustroll, et la synthèse:  » le chemin de croix considéré comme une course cycliste ».

Nous arrêterons la: les exemples seraient sans fin.

C’en est assez pour démontrer que, dans le jeu, le mouvement a disparu.

Qu’il s’agisse d’objets (la pièce, la tour), de positions (la station, l’état) et de propositions (le rôle, l’emploi), il ne s‘agit jamais que du coup et de la partie: lequel est dépendant de l’autre?

Lequel est contenant, contenu?

A la limite il faut bien dire que la dialectique de l’Unité (acte et lecture) a disparu. Et que les vocables de l’UN n’ont plus de sens : monture, parade.

Il n’y a plus que ce qui sort et disparait : une fin, ou qui entre, s’inscrit dans l’inventaire: une entrée.

Mais, dans la fin, il y a le terme, ou ce qui subsiste après le terme: la mouture/salaire, dans le sens médiéval, et le relief/vestige.

Dans l’inscription, il y a le relief/remblai, autour de la borne : méta, qui indique le chemin du retour, et la mouture/copie, le duplicata du cycle précédent dans le nouveau, d’hier dans ce jour-ci.

Car nous sommes dans — ou autour de — la forme vide, dans l’ouverture (la fronce) ou la fermeture (le pli) de l’analemme ou du cercle, entre autres, mais de ce palimpseste ou de ce palindrome, de la bande de Moebius et de la 2ème  coupe.

Cette réponse immobile, inerte, où vais-je la faire venir?

Qu’est-ce que j’attends ou qui m’attend? Dans l’Au-delà de la mort, la Forme Vide parfaite?

 

9

où la faire venir?

 

Avant de se fonder sur le 3 et le 4, (sur la dernière des dimensions, le 3ème  nombre premier et sur le premier multiple), les questions ont posé le 2 (la dialectique), 2ème  dimension et base des multiples pairs.

Au point que certains, les facteurs, les hogiens, les systématiques, les rationalistes refusent le 3 (le tiers exclu), pour ne parler que de la lecture et de l’acte, du signifié et du signifiant, ou des 2 « ensembles » dans le système, ou d’un continu synchronique, d’un discontinu diachronique (la coagulation, fusion, et la dissolution, fission) de l’alchimie, etc.

Le domaine que nous tentons de décrire, des jeux, semble d’abord proscrire toutes ces dialectiques. Il n’y est plus que des pluralités, au lieu de la dualité : premiers/multiples. Il n’y est plus que des cens, des recensements, au lieu de la dualité : mention/usage, signifiant/signifié. Il n’y est plus de lecture et d’acte, ni d’imagerie ou de symbolique autour de l’UN, faute de l’UN et de ses sens.

Tout y est pluralité, cens, image.

Or, il n’est de raisonnement que dialectique, selon les raisonneurs.

Comment, donc, puis-je poursuivre mon raisonnement au-delà?

Etrangement, il me faut répondre: par le 4, le premier des multiples.

a) Car, des pluralités j’ai distingué les 4 : M1, M2, A1, A2, traitant des parties et des phases en M, des autres et des autrements en A.

Sans doute les pluralités peuvent être de lettres dans le mot, de mots dans la phrase, de phrases dans la proposition, de propositions dans le discours, le raisonnement.

Elle peut être de points et de tirets dans la ligne, de lignes (droites ou courbes) dans la surface, de surfaces ouvertes ou fermées dans l’image, d’images (visibles, audibles ou non) dans le rébus.

Elle peut être de nombres, de séries (suites ou fonctions), de fonctions convergentes ou divergentes, convergentes vers l’UN par Pi et ses fractions, ou vers 0, par les constantes « e » ou issues de « e ».

Fondé sur des propositions irrationnelles (des contingences), sur des rébus (concrets/abstraits), sur des constantes ou des fractions, parmi bien d’autres positions, l’univers des jeux se présentera d’abord comme un inventaire doublé d’une fin.

Une mouture/salaire la fin des inscriptions dans ce cycle : quotidien, mensuel, annuel.

Un relief/vestige l’inscription des fins, comme, au-delà de l’inventaire, il demeure le crayon qui le dressa (trop usé pour y figurer).

Bien que ce puisse être tout à l’inverse, si je fais du relief un remblai — de la piste autour de Méta; et de la mouture une copie, une reproduction du cycle.

b) le jeu exclut le mouvement. Il n’exclut pas le change. Si le facteur, celui qui fait, et l’élu se mêlent, se confondent, au point que l’innocent l’emporte sur le tricheur, le technicien, c’est qu’on ne sait plus bien, a la limite, s’ils sont les deux aspects du Même (les 2 Wilson, Hyde et Jekyll, Dorian et son portrait) dans l’anamorphose, ou si, ennemis, ils ne doivent pas changer de l’un à l’autre, se métamorphosant, comme le vaurien en saint (Augustin, Paul ou Saint François d’Assise) et le maudit, Hölderlin, Rimbaud, Artaud, en pur prophète et guide.

Par la métamorphose ou l’anamorphose, d’autres transmutations ou substitutions s’opèrent, bien que ces changes/transpositions ne soient en rien des mouvements, des transports. La substitution s’opère en ce lieu (d’une pièce à l’autre), la transmutation en ce temps — l’instant du sacrifice, de la messe. Maintenant le fils devient un père, ou le vivant un mort, la larve un papillon, la branche nue la branche fleurie, la bave d’escargot une étoile.

Ici, la tour a pris la place du fou, pris.

Le mouvement de la tour ne sera pas celui du fou. Le mouvement, l’insertion dans la réalité, du père, du papillon, du saint, de l’œuvre renommée, ne sera pas celui de l’enfant, de la chenille, du voyou, de l’œuvre maudite ou ignorée.

Mais, ici et maintenant, quel mouvement distinguer? Cela ne passe pas, seulement se passe.

c) Il sera moins aisé de dire ce qui a lieu hors da l’acte et de la lecture. Mais je l’ai dit, malgré moi : la fin et l’inscription.

A cela près que je conçois le salaire et le vestige (impayé, sinon incalculable) : l’angoisse ou le repos à l’heure du sommeil, le « quelque chose » qui va se déverser dans le rêve, selon que je considère l’homme comme une machine, les dieux comme des délires.

Il m’est plus difficile — presque inconcevable — de cerner et d’admettre  le relief/remblai, la mouture/copie., c’est à dire le chemin même et son (ou ses) tournant(s).

Je peux concevoir comment tout signe, un jour, ne signifie plus rien, au seuil. Par l’usure synchronique des synapses —  jusqu’a ce point, recensé à zéro : l’entropie. Car c‘est le chemin de la vie.

Il ne m’est pas concevable, puisque je vis,  que l’inventaire reconduise à l’indivis, en dépit de tous les degrés de liberté, les approximations, les indéterminations des contingences (le reste du crayon ou de l’homme : un squelette) par le simple remblai et la simple copie.

Comme les pluralités et comme les changes, il faut pourtant bien que ces figures soient concevables, ou déscriptivées, décryptées : la quadrilogie des figures.

« Mouture » et « relief » me l’ont dit.

C’est là — et là seulement — que peut venir la réponse.

L’espace et le temps

Traitant du  » Où? » dans les questions, j’ai opposé d’abord la carte ou le territoire, dans un espace réel (le territoire) ou virtuel  (la carte), puis le passé à l’avenir, dans le temps.

La carte et le territoire ne disent que des étendues.

Le passé, l’avenir ne disent qu’une durée, toujours axée de l’avant vers l’après, autour de l’UN, du présent.

Mais l’étendue ne recouvre  qu’un quiproquo selon Raymond Roussel, disant la Campagne d’Egypte et la bataille des Pyramides. La chose est-elle la même, vue de près ou de loin, invisible dans l’infrarouge, inexistante (?) dans l’ultra violet. Bonaparte y fut-il vainqueur (les musulmans ne l’ont pas cru)? Y fut-il, dès alors, vaincu par son destin, qui ne pouvait que le transmuer en Napoléon, le meurtrier d’un million d’hommes?

Quant à la durée, elle est telle que, pour m’y diriger, la mesurer, je dois user de l’étiquette, salon Roussel. Ce produit est miracle, ou cet autre un remède certain : l’étiquette de la bouteille le dit. La Vierge ou le vaccin sont tels que nul ne peut les mettre en doute (une idole, dans tous les cas). Roussel a dit le pilier, la colonne, dont le toucher guérit de la jaunisse, mais ses exemples n’ont pas omis le produit pharmaceutique, dont les ravages ne sont connus que bien plus tard.

Le calcul de l’étendue suppose le quiproquo; celui de la durée exige une étiquette (ou un quantum).

Il reste que l’espace n’est pas une étendue. Il n’est, dans les espaces, ou hors d’eux, que l’intervalle, l’interstice entre les étendues, qu’on dit précisément « espaces ».

Dans un temps réel, mais hors de ces durées, il n’est plus que des contingents, des cycles.

Les intervalles ne sont pas des étendues. Les cycles ne sont pas de la durée.

Il n’est d’étendue (et de quiproquos), de durée (l’étiquette) que de l’UN, l’En-soi, que le monde des jeux ignore. Il ne sera donc d’intervalles et de cycles que dans le monde du Jeu. Roussel les nomme la Question et sa fin (son Extinction), mais c’est seulement qu’il ne sait rien de ce monde, ne pouvant qu’y jouer.

Quand Gautier dit que les dieux sont les rêves de l’humanité, il ne dit aussi que des contingences, des quiproquos. Quand Bergson dit que l’homme est une machine à faire les dieux, il ne dénomme qu’une étiquette systématique (née du système de Darwin).

Les jeux usent de ces contingences (pièces, cartes, dés) et de ces nécessités (les règles du jeu). Mais ces contingences offrent une réalité, une matérialité dès l’abord évidente : une carte est autre chose qu’une pièce d’échecs, un pion des Dames.

L’abstraction des règles n’en fait pas de simples étiquettes, puisque, trichées ou non, elles sont le moteur du jeu.

Nous avons dit les éléments du jeu les fanfreluches du manège ou les enseignes du drapeau. Sa règle : le pavillon central du manège ou la hampe du drapeau.

Que sont-ils à l’autre bout, alors qu’il n’y a plus de quiproquos, d’étiquette, d’étendue ou de durée, mais seulement les intervalles et les cycles (espaces/temps)?

Au-delà de Roussel, entre 1950 et 1940, les deux derniers dicteurs de la Forme Vide ont été deux poètes : René Daumal (Quand l’aube parait) et Yeats (Visions).J’entends : formes vides littéraires, car bien d’autres, scientifiques ou scientistes, ont aspiré au vide (virtuel), jusqu’ à ce jour.

Daumal donne un jeu très complexe, de cercles non concentriques mais inclus l’un dans l’autre et de triangles mi-rouges mi-noirs; tel, ce jeu que, sans cesse, on passe d’une forme à l’autre.

Yeats suggère un jeu de cônes, l’un primaire, l’autre antithétique, dirigés vers l’est ou l’ouest. Unis par la base, ces cônes (ou gyres) donnent l’As de carreau; unis par le sommet, le Sablier.

Les deux visions de Yeats (reçues dès avant la mort de sa femme, en 1919) et de Daumal, plus tardives, sont clairement complémentaires, mais à tel point que 2 objets : le cercle et le triangle, ou le sablier et le carreau, ne suffisent pas pour en rendre compte.

Le jeu des mots m’en fournit 4 : la fusée/fuseau, la navette, le fil et le défilé, mais ces 4 en viendront très vite à 12.

La succession des peuples, en leurs croyances diverses, m’en permettent 4 autres, fondées sur le n et le u, ou sur le A et le V. Mais nous n’en saisirons pleinement la succession que par les interventions/inversions du W au M, ou à l’inverse. Nous y retrouverons le A d’Ana dans le W, et le V dans le M de Méta.

Je ne quitterai donc pas les 4 :

1) le X et le O de Yeats et de Daumal,

2) V dans M, A dans W.

1) X et O:

a) la fusée et la navette

Que disent les mots?

Fusée prend les 3 sens, du plus ancien au plus moderne:

à l’origine, au Moyen Age, elle dit un autre meuble que le mobile, le mobilier, qui ne se déplace pas de lui-même, ne bouge pas : le meuble de l’écu d’armoiries, en forme de losange (en héraldique);

à partir de la Renaissance, la partie de l’essieu autour duquel tourne la roue; puis le cylindre tournant de diverses machines;

plus récemment, en médecine, la projection ou prolongement d’un abcès en formation; en artillerie, l’organe ajouté a un projectile creux, pour en mesurer l’éclatement. Les deux acceptions situent ce troisième sens du mot au temps de Napoléon, origine de la médecine et du génie moderne (militaire). On sait ce que l’astronautique fait de la fusée, ce n’est qu’une autre projection, rigoureusement mesurée.

Parallèlement, mais sur une période plus courte (du 13ème  siècle au 18e) « fuseau » présente aussi 3 sens:

la totalité du fil enroulé (sur le fuseau),

le double cône dont les femmes se servent pour filer a la quenouille. C’est aussi, par suite, géométriquement, spatialement,  » la portion de la surface d’une sphère comprise entre deux demi-circonférences unies par ce diamètre commun »,

abstraitement ou temporellement, le même double cône qui permet de calculer le « temps », les temps divers, à la surface de la sphère terrestre : le fuseau horaire.

Les 3 sens de « navette » sont autres: simultanés plutôt que successifs, mais d’une simultanéité qui renvoie bien en-deçà du Moyen Age, aux temps gallo-romains et qui peut-être, comme éternelle, n’a pas fini de nous préoccuper, de nous obséder, en l’Inverseur.

La navette est, primitivement (?) un petit vase, en forme de navire, où les chrétiens conservent l’encens (mais, autrefois, quelle myrrhe ou quel alcool?);

l’assemblage de 2 navettes primitives, en une sorte de cône fermé aux deux extrémités, que le tisserand utilise pour faire courir le fil de la trame à la chaîne, ou de l’autre à l’une;

le va-et-vient lui-même, entre 2 points quelconques : l’oscillation du pendule (triangulaire) contre 1’horloge, la pendule des fuseaux horaires; ou l’instrument de retour, le véhicule récurrent, pour les passagers de la fusée moderne.

Anciennement, toujours, la fusée ou la navette n’ont dit qu’un contenant, un récipient (le meuble ou le vase) : puis le tournoiement ou le glissement d’un fil, d’un mouvement absent; puis le lancer (de la fusée), le va-et-vient de la navette, son retour dans le temps :

— un espace étendu,

— le passage de l’espace au temps,

— un temps cyclique.

Mais ceci et cela contraignent à d’autres dialectiques, objectives encore (fondées sur des objets) en même temps que conceptuels et, à là limite, subjectives.

b) le fil et le défilé.

b) le fil et le défilé

Que disent les mots?

Pour les entendre précisément, il faut se souvenir du mythe (grec) des 3 Parques, qui filent, mesurent et rompent la vie (la 3ème  se nomme Antropos, bien avant notre entropie).

Le FIL est une continuité, de la vie;

un support, le chemin de l’équilibriste;

une chose qui se rompt aisément, pour la 3ème   Parque, mais qui peut rompre aussi : le fil à couper le beurre.

Une poursuite, un support, une casse.

Le mot en impose donc un autre: DEFILE.

Or le défilé peut être celui des drapeaux ou des enseignes, des fanfreluches, autour de la seule hampe ou du seul moteur.

Il peut être le passage, la discontinuité, entre les montagnes ou les maisons, le chas de l‘aiguille par où le fil passe;

l‘état de ce qui est passé, s’est défilé, dont Roussel traite en son 4ème  poème des Nouvelles Impressions. Celui qui a quitté le salon, la réception, et dont on ne sait pas exactement s’il fut le tricheur honteux ou le solitaire, impatient de fuir la cohue;

Je dis ces 3 des objets/concepts car, pour les entendre ou les voir bien, il faut jouer du soulagement et de la délivrance.

Comme le fil, le SOULAGEMENT est une poursuite, une élévation. Soulagé, je suis plus léger, je m’envole;

pour prolonger mon soulagement, je m’appuie, sur un principe, une certitude conceptuelle,

déçu, je me casse ou casse. Je suis soulagé de ma bourse, par le voleur, ou de ma vie, par le tueur. Quand le fil à couper est, lui-même, rompu.

Nous le savons: le facteur/messager peut se faire « celui qui fait », l’ouvrier, le mauvais traducteur, le traître, pour créer l’automate, qui le tue. Il ne soulage qu’en volant ou tuant; il n’est soulagé que par sa propre mort.

C’est le destin du Fil.

A l’inverse, privé de mouvement, le défilé n’est qu’un passage, par ouverture : la DELIVRANCE de l’enfant; ou, plus généralement le passage par un col, entre les montagnes. Il est ce col même.

Ou, simplement, pluriel, il sera la succession des étendards ou des drapeaux : la présentation de celui-ci après celui-là : un positionnement de messages « délivrés », toujours l’un après l’autre.

Ou bien, privé de sens, l’état du délivré, de celui qui, s’étant défilé, est sorti de ma vue — et de la vue de tous.

Délivrance de l’enfant, par le passage, le col, le chas,

délivrance de cette lettre-là,

délivrance de celui, le fil rompu, qui s’est évadé, échappé.

Si le soulagement est du fil, la délivrance n’est que du défilé.

Unique, mobile, sensé, le fil et le soulagement sont de l’ordre des questions.  Pluriels, inertes (mais meubles) ou insensés, la délivrance et le défilé sont de l’ordre des jeux.

Or, ici et là, un seul LIEU demeure en cause ou comme enjeu: la Forme Vide. J’en devrai donc dire les 2 dispositions, définitions, déclinaisons contraires.

2) La Forme Vide.

A) Elle est comme une absence :

soit l’intervalle entre les 2 enseignes, si je traite du Drapeau, ou entre 2 silhouettes, si je traite du Manège.

Hors de l’Unité, mais une période l’incluant  (e-1), elle se nombrera (e-1) – 1 = (e—2). Ce sera les 900 ans de déclin si U vaut les 1.260.

2.160 – 1.260 = 900, selon les calculs de Platon, de l’Apoca1ypse et des prophètes médiévaux.

Dans le triangle de l’alchimie, ou de la Terre Promise quêtée antérieurement (une autre enseigne); mais hors du triangle du Graal (ou de l’Arche, antérieurement).

Comme les couches d’argile entre les villes — horizontales mais édifiées l’une au-dessus de l’autre, dans le palimpseste.

l’alchimie – le graal

la terre promise — l’arche                    le FEU — l’EAU

la TERRE — le FEU

le souffle de vie — l’éden (Terre première)

l’AIR – la TERRE

Mais la Balance, la Vierge, le Roi dans ce sens (ceux qui se meurent), la Dame de la Montagne (Caper), le Sagittaire, puis le Verbe scorpionnaire dans l’autre sens (les morts qui doivent revivre).

La Forme Vide, absence ou mort, est-elle de fait ce mort, le Souffle Enlil, la Vierge sacrifiée, le Roi fait néant, le Père ou la Mère défunts, desquels doivent ressusciter le Bélier de justice, le Poisson d’amour, le Verseau d’harmonie? L’Elu.

Comment?

B) Dans le monde des jeux, vertical, la F.V. est tout autre chose.

Non plus le V dans le M, mais le A dans le W.

La F.V. n’est pas hors du Jeu, car il n’est rien de plus vide qu’un jeu. Elles seraient au plus, plurielles, comme les rêves ou les visions du passager: les 2 cercles que le promeneur considère, de part et d’autre de sa marche : les objets lointains dans le sens de la marche, les objets tout proches dans le sens contraire, disparaissant derrière son dos. Hors de tout mouvement réel (sauf du passant), positionnés et insensés (ou chimériques).

Le moyen ou la moyenne

Il est, dit Einstein, non seulement inconcevable mais inadmissible que deux structures de l’univers existent, que ce soit successivement ou simultanément, synchroniquement ou diachroniquement. Mais ces 2 structures existent, sous les noms de corpuscule et d’onde, ou de masse pesante et de masse inerte, cu de forme et de matière (d’espèce et de genre), etc.

Nous les nommons ici: lacunes, entre les enseignes du drapeau ou les fanfreluches du manège : des espaces, dans le sens d’intervalles. En tout métier, de commerçant ou de militaire, de tisserand on d’orfèvre, de général ou de montreur de marionnettes. Mais toujours, d’une manière ou de l’autre, ce tisseur (de métier à tisser) qui, du puzzle ensemblier tire le système discernable » dans l’espoir de ramener cette distinction (visuelle, du jaque) à la  distinction/élection de l’enfant élu. Par la révélation da la lettre délivrée, le message originel.

Et nous les nommons : entours,  autour du cycle et par le cycle, mais, en fait, les 2 cycles, en direction ou précession ou les 2 rêves, de souvenir et de prémonition, par les sentiers.

La lacune pose un problème insupportable, puisque elle survient dans le royaume ou la présence, dans l’UN : l’introuvable symptôme (rejeté à l’asymptote).  Le dieu nouveau — le Fils — exige la mort du Père, afin d’atteindre à l’apogée. Une « traversée du désert. “ L’exode du  5ème  acte  précède nécessairement l’Œuvre accomplie ou le triomphe du politicien, de Galaad, le nouvel Elu.

La Forme Vide { entour) ne pose pas problème, mais elle impose les 2 visions ou les 2 cycles, le direct et le précessionnel, de part et d’autre du marcheur. Dans l’échelle des générations, il est le Fils de quelqu’un (l’inconnu) et le        Père de quelque chose — le nouveau sentier.

Nous le savons: les Machines Célibataires ont joué des 4 (le 5ème, la Mariée Pendue, en dehors des circuits, le Symptôme introuvable, rejeté à l’asymptote), à cause de l’Unité ou de la signature perdues, de la Lettre non délivrée). De part et d’autre de cette petite période (1896/1919), nous trouvons les machines de Samuel Butler : Erewhon (Nulle Part) et les Kaléidoscopes d’Irène Hillel-Erlanger.

Que disent ce mâle et cette femelle?

Irène dira le téléphone (son fil) et le thermomètre (ses niveaux), mais le téléphone jouant de l’audible et de l‘inaudible selon que le fil tient ou se casse, le thermomètre jouant de la froidure, de la chaleur, comme de l’ultraviolet à l’infrarouge. Puis, elle dira l’aboutissement du son: la lettre, dans l’alphabet de l’imprimeur (le caractère et le corps) et l’aboutissement des températures: la coquille d’huitre ou d’escargot, retrouvant la 5ème  figure de Kepler: le pentacle, entre les polyèdres duels. Ce 5ème, elle le nomme : la Monnaie, toujours duelle, par les alliages et l’effigie.

Butler a dit l’avant-naissance, où le fœtus choisit, en toute liberté, s’il veut être ou ne pas être, et l’aboutissement de toute morale sociale, non plus entre le bien et le mal, mais entre le bon (en bonne santé) et le mauvais (malade), seule distinction réelle, matérialisée. Entre ces 4 : être ou ne pas être, la maladie et la santé, quel centre (moyen/moyenne) Samuel a-t-il choisi? Les banques musicales.

En l’absence de la Mariée Pendue (la hie de Kafka ou de Roussel), Samuel, puis Irène ont situé  le 5ème  au centre et l’ont nommé « monnaie » ou « banque », l’espèce monétaire, de Marx, du Faux-monnayeur, puisque les genres sexuels ne se joignent plus. Un compte.

 

La comptine

C’est là que le compte se fait comptine ( un conte ) : l’âne ( ana ) et son maître ( méta ) et toutes les histoires où les ânes interviennent — de Balaam, de Buridan, du Christ en son Entrée, ou d’Apulée ( L’âne d’or ) et de Perrault ( Peau d’âne ), etc. Mais les contes aussi qui élisent, ennoblissent ou glorifient le Comte : son invention, ses aventures, et sa mesure, son harmonie. Entre le Baron, méticuleux, un peu sordide, et le Marquis, le maître au seuil (la marche de l’Empire).

Car c’est le fil de la couturière, et de la couture : ce soulagement, qui tisse la trame de chaque enseigne. Ou ces 2 fils : la mention et l’usage, de l’élu celle-là, du facteur celui—ci. En dépit de la menterie de la seule mention (le faux-semblant) et de l’usure, valorisante et destructrice.

Au-delà de la couture : l’équilibre, le suspens — ou la rupture, la casse qui tiennent encore à ce fil : du baladin ou du casseur (cassé).

Ce sont des défilés (procession ou chas) qui font la motion — de la délivrance (de l’enfant, de la lettre, de l’évadé), par une imposte qui n’est pas une imposture, un manipule qui n’est pas manipulation, le signe lu au lieu du cryptogramme. Hors des émotions et des passions vaines, cet objet-là, cet indivis: l’Objet. Imposte, manipule ou signe.

Mais les fils sont tous dans l’enseigne — ou dans le monde des questions, dont l’objectif est d’enseigner; et la Forme Vide, la mention, le signifiant, comme en dehors de la question, qui l’incrimine, jusqu’à l’ultime: pourquoi questionner?

Les défilés, leur promotion ou élection, le « pour mouvoir » du meuble, qui ne se meut pas lui-même, ou leur simple motivation, ne sont ni de l’enseigne ni de la question. Ils sont du jeu. On les dit: donne, en tant que topiques, coup ou partie comme insertions, enjeu (atropique, entropique) en promotion.

Si l’usage est le choix du facteur, puis de l’œuvrier, dans le mépris de la mention (le choix du signifié contre le signifiant), quel indistinct s’oppose à la distinction de la motion, quel trouble à sa sérénité, quelle casse à sa continuité? On les dira de l’émotion, de la passion.

Car l’usage (la tournée quotidienne) du facteur se perd par l’usure, volontaire, pécuniaire, puis imposée, de l’aspect à la spéculation.

Mais la passion du joueur non moins le perd : que je ne sois pas si vieux! Ou que cette partie se joue un autre jour, contre d’autres partenaires l Un autre jour, un autre adversaire (mauvais) fera le désespoir du passionné, lorsqu’il ne peut plus choisir, ou bien attendre.

Où faire venir la non-réponse du Jeu? ·

Dans une forme vide toujours. Mais cette F.V. est intervalle entre les enseignes et leurs croix, mention entre les usages. Elle est motion (imposte, manipule ou signe) entre les passions et les émotions de la biosphère, de la vie.

L’usage fait la négation des dieux, ces rêves.

L’émotion fait la destruction de l’homme.

Mais la divinité revit, d’un dieu (ou d’une enseigne) à l’autre.

L’humain aussi se recommence, lors de l’hypothèse de la métempsychose, par la filiation, la généalogie, comme de la mère ou du père au fils ou à la fille — et le poème mort, usé, a procréé d’autres poètes.

L’usage et l’émotion ne mènent qu’à leur fin : ils ne sont que pour finir. Comment la mention, la motion concluent-elles?

Illustration Pierre-Jean Debenat

 

10

Conclure ou finir

 

Pour que se succèdent sans mouvement les dieux, les entités ou — plus simplement — les coups dans la partie, les parties dans un jeu, ce jeu dans le domaine ludique, ce doit être assez que juxtaposer les dieux (les cartes) ou que d’inclure les coups dans la partie, les parties dans ce jeu, ce jeu dans le Jeu.

La difficulté réside en cela : les dieux doivent être juxtaposés, comme dans un panthéon métamorphique, alors que la volonté de préférence, de ce grand dieu sur les autres, fait de cette métamorphose une pure anamorphose : chacun y lit ce qu’il préfère, selon sa position (debout ou couché).

A l’inverse, la concentration de la partie dans le tout, essentiellement mutante, est perçue comme anamorphique : c’est moi qui décide du rôle de la tour en ce coup, ou de son emploi de pièce en la partie (pratiquement, je dois la sauver ou accepter de la perdre). Alors que ce change est métamorphique, comme les ronds seront plus larges, puis moins étendus au lancer d’une pierre dans un étang : à l’encontre du rationnel.

Ce paradoxe tient à la coexistence des deux modes : celui des questions et celui des jeux. Car le chemin du facteur et celui de l’élu me sont apparus successifs (le Graal intervenant bien après l’alchimie); ou la hantise systématique n’intervient dans l’Histoire que bien après la quête de l’Ensemble en soi, le hogien (Aristote, Hegel) après le cantien (Platon ou Kant). Je ne demande : Pourquoi questionner? qu’après m’être demandé : Pourquoi cette question?, une interrogation elle-même postérieure à la Question de Martin Heidegger.

Mais les quêtes du Graal sont incluses dans l’alchimie (comme 1260 en 2160), ou la question de Heidegger, la plus réduite, dans les autres, plus générales. Elles sont de fait concentriques. Historiquement, les Quêtes et l’alchimie ont opéré ensemble, sur plus de mille ans, Heidegger et Beckett œuvrent  ensemble, de 1930 à 1960, à quelques années près, bien que les dernières œuvres de l’Irlandais succèdent à celles de l’Allemand, et que la question de celui-ci précède la question de celui-là : que se passe-t-il si la notion est maintenue (dans Le dépeupleur)?

Au contraire, les jeux apparaissent successivement (les échecs, puis les dés, les cartes, et les tarots avant la Vache), ainsi que leurs éléments. Mais, aujourd’hui encore, on joue à tous ces jeux. Il ne s’agit pas d’une simultanéité de passage, de l’alchimie et des quêtes ou de la fin de Gautier et de la jeunesse de Bergson, mais d’une simultanéité qu’on peut dire éternelle : lesquelles ont précédé les autres, de la peinture abstraite et de la concrète, des « osselets » ou des « jeux de mains »?

En quelle anamorphose vois-je sûrement d’abord le dessin abstrait de Vinci ou d’Holbein, ou l’enfant qui sourit de l’un, la tête de mort de l’autre? C’est ce qu’illustre avec éclat la figure du licnon après (avant?) celle du lituus.

Le licnon

Nous avons situé dans le temps les différentes formes du rond et du droit, ou de la circonférence et de la pyramide. Depuis la pyramide et le cadran solaire jusqu’aux cercles/triangles de Daumal et les gyres de Yeats, sur cinq mille ans, par les Deux Chemins, l’Arc et la Flèche des Assyriens, le lituus des Hébreux, le licteur des Romains.

Mais ces figures n’ont pas continûment nourri les croyances humaines.

Dans la seconde moitié du 3ème millénaire, l’image du Chaudron succède à celle de la Pyramide; en témoignent d’antiques légendes : le Bélier que la cuisson fait revivre, dont les Bacchantes useront, que Médée utilise. Le mythe de Prométhée suivra, porteur d’une tradition plusieurs fois millénaire : l’invention même du Feu, le passage incontournable du cru au cuit. Revivifié, le mythe est plus que jamais puissant : le Feu domestiqué, une Justice régnera, de nouveau consentie aux hommes quand le nomade sémite instituera le Foyer, c’est-à-dire la Famille.

Cependant, au nomade s’imposera le lituus, tout ensemble la trompette (la Voix du Souffle Enlil, qu’Abraham nomme Elohim) et le bâton/serpent du guide : le patriarche, ses fils et petits-fils, Moïse enfin.

Mais, avant que d’être l’embouchure de la trompette, le cercle parfait, le symbole nouveau (?) n’a été que la Cloche, où retentit aussi une Voix, puis le cadran solaire, où l’ombre fait triangle; et le dieu lui-même IHV n’est pas le dieu de la Voix sans être l’Adonaï, le maître du Feu, et du Buisson dressé.

Ce n’est pas sans stupeur que, deux mille ans plus tard, après le triomphe d’une pyramide nouvelle (le triangle rectangle de Pythagore), nous retrouvons un autre demi-cercle, le Panier, puis cette figure inversée dans le Casque. Cette image double illustre inversement le dieu à naître, à renaître, qui fut Bacchus pour les Bacchantes, qui sera l’Attendu des sectes dionysiaques, agraire encore par le panier, à Eleusis, mais guerrier par le casque (le second sens du mot) quand il sera devenu le nouveau roi. Les historiens datent de 30 avant le Christ ce retournement, par le conflit entre Marc-Antoine et Octave-Auguste.

Suivront les deux triangles, ouvert par en haut, de l’alchimie, ouvert par le bas, des Quêtes. C’est toujours la figure 16b, mais inversée sous d’autres noms : le symbole royal (l’Or) en haut, le Vase — l’ancien panier — en bas. En la Renaissance, le Vase brisé de la Kabbale de Safed, et la Coupole de l’Islam turc, puis vingt conflits entre le Temple des protestants (une autre synagogue) et la Pièce Montée des églises catholiques ou entre le Pendule de Galilée et des hogiens, et l’éternelle Pendule cyclique des messianistes et des kantiens — la droite du progrès, le cercle de la récurrence, en d’autres lituus. Mais toujours par un change, qui serait le vrai pendule, d’une première coupe (du cercle par la croix) en une seconde, inconcevable, de l’analemme au cercle.

S’il s’agit de l’inversion du monde des Questions au monde des Jeux, ou l’inverse, je ne peux dire l’un de la succession, l’autre de la simultanéité, ou l’un de la symétrie d’équivalence, l’autre de la symétrie de proportion. Mais il est sûr que seul le lituus nous dit une coexistence parfaite entre le courbe et le droit, quand le licnon nous offre des images inverses et successives. Quant aux changes : lituus-licnon, et licnon-lituus, il est non moins sûr qu’ils se succèdent sans fin, comme d’une coupe à l’autre. Mais comment cette bande de Moebius, cet analemme, ce palimpseste n’imposeraient-ils pas une autre horloge, un autre cercle, un palindrome?

On ne le voit pas.

 

La 2ème coupe

A la 1ère coupe, toute rationnelle, topologique, de Josué ou de Galaad — le partage du cercle par la croix — s’oppose une 2ème coupe, mystique ou prodigieuse, qui transforme l’X en O. La grande tradition japonaise l’illustre par le coup de sabre (magique) du Héros divin, qui tranche les 8 têtes du Dragon — ou du Yi King — afin de faire du monstre lui-même l’enceinte de la Cité Parfaite, aux 8 portes. D’un même coup de sabre (spirituel) Mahomet tranche le nœud dont la Sorcière l’a ligoté. Selon la Bible, l’Exode est un tel dénouement (que la Kabale première, du Yetsira, s’efforcera de répéter).

Mais le Coup peut être ludique, dans le monde des Jeux. C’est toujours l’X, qu’il s’agit de transformer en un O, ou l’analemme en palindrome. Alors l’X et le O s’avouent pour ce qu’ils sont : des lettres, comme dans « Le parafe aux X » d’Edgar Poe, les jeux de Jarry (Faustroll) et de Raymond Roussel, à l’orée de la Forme Vide. C’est aussi bien le jeu d’Alexandre le Grand (dans la période équivalente) tranchant le Nœud Gordien, que nul ne peut défaire. C’est toute l’évolution de l’archéologie, depuis le palimpseste (le premier découvert en dernier) jusqu’aux cycles temporels des Villes successives : en leur succession même, le Temple.

L’homme descend-il du singe (théorie de Darwin)? Ou le singe ne fut-il qu’une branche pourrie dans le Grand Arbre adamique? Un homme — être étonnant, miraculeux — put succéder à quelque singe, plus handicapé qu’un autre. Mais il retombe au singe : on le constate tous les jours. Ou bien le singe, si perfectionné qu’il fût, n’interdit pas le retour de l’Homme à l’Homme… Car, dans le palindrome des « symboles permanents », l’X peut toujours susciter un O (entre deux X), et l’X se reconnaitre entre les deux O.

La lettre qu’inscrit le blanc sur la bande du billard n’est pas une autre chose que la lettre qu’inscrit le Blanc sur la bande du pillard. SATOR AREPO TENET OPERA ROTAS se lit dans les deux sens de l’inscription magique (le serpent en rampant tient par œuvre les roues).

Simplement, la 1ère coupe reconduit l’Unité indéchiffrable (la lettre perdue) et tout l’Inconnu du réel aux dimensions cruciales du vertical et de l’horizontal, comme De Saussure le diachronique et le synchronique, ou la cosmologie bantoue la ligne (verticale) des généalogies et la ligne (horizontale) de JE même, depuis sa naissance jusqu’à sa mort : la Noosphère et la Biosphère de Chardin.

La 2ème coupe réduit l’imbroglio « succession/simultané » aux sens de direction et de précession dans le cercle.

Par le rationalisme des Questions la première; par le double caractère sacralisé/ludique du Miracle ou du Jeu les secondes.

 

Le relief : vestige et remblai

Le premier sabreur ne peut aboutir qu’à un inventaire, en cette fin du cycle (le jour, le mois, l’année), qui permet le calcul d’un salaire, 1er sens de « mouture ». Le second sabreur, en renouvelant le cycle, n’autorise qu’une coupe, une reproduction (2ème sens du mot). Mais cette antinomie se fonde sur deux visions contraires de ce qui est : le vestige, ce pendu, qui subsiste après l’inventaire (le crayon à demi usé) — et le remblai qui dessine et figure le retour, dans le cercle ou le circuit. Les deux sens de « relief ».

Car la croix dans le cercle y dessine 4 triangles, dont je peux faire des carrés. Chacun des 4 carrés contient un cercle (inscrit); il est contenu dans un cercle circonscrit.

Les 4 cercles circonscrits s’interpénètrent, par des sécantes : ils dessinent la Fleur — la Rose ou le Trèfle (à quatre feuilles).

Les 4 cercles inscrits, tangents, laissent hors d’eux des triangles ou des cônes : les triangles de Daumal, les cônes de Yeats : l’as de carreau ou le sablier.

Ce sont ces analemmes, ces X, que le 2ème sabreur doit ramener au O de la Forme Vide, par son coup magistral. En attendant qu’un autre 1er sabreur, facteur ou questionneur, partage ce O en X, par la croix cardinale.

Ce qui nous trompe? C’est que le partage premier fait renaître les triangles (de l’alchimie et des quêtes, entre autres), bien qu’il ne joue que des 4. Et que la coupe seconde suscite d’autres quadrilogies, telles que les 4 cartes (trèfle, carreau, cœur, pique) ou les 4 instruments, ou, par exemple, le chaudron et la cloche, le panier et le casque : les 4 Eléments toujours! Bien que le second sabreur se soit fondé sur les 3 de la mue oscillatoire : le support (au sommet), le va-et-vient ou la navette au cœur, les termes à la base.

Ou, mieux : le Drapeau (hampe/enseignes) au sommet;

les lictuus et les licnons dans le parcours;

quelle chose autre à la base, sinon le double relief : ana, un inventaire, ou méta, une borne?

Mais le Cœur de la figure, au milieu des parcours, n’est plus qu’une forme vide, un O, et les 4 n’y sont plus que des anamorphoses : n sur u ou V sur A selon que je regarde sous un angle ou l’autre. Alors que ce Cœur, au centre des Questions, est l’Unité elle-même : la Terre Promise et l’Arche, ou l’Or et le Graal ensemble : le milieu de l’X;

Si j’inclus le V dans une suite quelconque, je retrouve le M.

Si, dans une autre série, j’inclus le A, c’est le W que je retrouve.

Si bien qu’une figure totale et non systématique (l’Ensemble) doit se constituer de ce M et (ou) de ce W.

Ce ne sera pas sans dire tout à la fois, alors, une conclusion ou (et) une fin.

 

 

La croix semble s’ouvrir, de ses 4 membres. Mais la 1ère coupe ne l’a que tracée dans le cercle, qui la tient enfermée; et les 4 parties (carrés ou cercles) qu’elle autorise seront d’autres prisons réduites à l’image de la plus grande enclave.

La bande de Moebius (analemme, palimpseste) ne révèle qu’une triple fermeture, à droite, à gauche et au milieu. Et la Fleur ou les cônes, de même, du Trèfle ou du Carreau. Mais la 2ème coupe en fait plus que l’Ouverture : l’infinité du cercle, parcouru à jamais.

Or, l’Ensemble recueille en effet les deux coupes, successives en un cycle donné mais simultanées sitôt que les coupes se situent en des cycles différents, en des domaines autres, des niveaux étagés.

Que puis-je dire ici des questions et des jeux?

L’équation nominale

Au plus ancien problème de JE, en son plus permanent enjeu : finir ou bien conclure (afin de poursuivre ailleurs ou autrement), se greffe la dialectique, peut-être aussi ancienne : connaître (ce qui fut, la cause) ou naître — à de nouvelles projections, motivations.

Nul ne l’ignore : la connaissance ne fait pas naissance. On ne crée jamais par la raison, c’est l’exception à la règle qui motive la règle nouvelle, le système encore inédit. Ou c’est l’erreur dans la pratique qui modifie la théorie. Quel vrai savant, de Claude Bernard à Poincaré et bien au-delà, quel physicien, quel médecin ne l’a pas « reconnu »? Quel poète digne de ce nom ne sait pas que la connaissance prématurée de ce qu’il veut dire (le sens) interdit le poème, tout de naissance des formes? Analysant Le Corbeau ou Le cimetière marin, leur pur chef-d’œuvre, Poe et Valéry ne disent que l’ignorance du sens et l’obsession du cens, des mots, des rythmes (le nombre de pieds ou de syllabes) ou la figure de la strophe.

Une tache sur la toile, un bris du marbre, un cri dans le silence est le premier geste du créateur : poète, sculpteur ou musicien. Un rêve ou une quelconque inattention est le reste, ce pendu, dont le savant partira.

On ignore généralement — ou l’on refuse ce paradoxe — que conclure n’est pas finir.

La fin achève, nul n’en ignore. La conclusion est arrangement, disposition, des conclusions de l’avocat (un recensement des prétentions et des moyens de son client) à celles d’un traité entre nations (les mêmes) qui ne ferment la guerre que pour ouvrir à la paix.

Il n’est pas d’historien ou de philosophe qui ne conclue son traité pour se laisser le moyen et la disposition d’en entreprendre un autre, dans l’espérance d’approfondir ou de développer son sujet.

On nommera : pessimiste celui qui attend la fin, et finalement finit, parce qu’il croit tout connaître. Optimiste celui qui s’acharne à conclure, dans le dessein de renaître en un autre système, en une autre chance.

Conclure s’oppose à finir comme naître à connaître.

On finit ce qu’on connaît (ou le croit). On conclut ce qu’on ignore encore, par l’hypothèse d’une suite — d’une poursuite — toujours.

Bien d’autres équations donnent des figures semblables.

Même les plus complexes. Telles que celles-ci :

Le JE qui veut connaître accumule seulement, jusqu’à ce point de rupture : la culmination. Le sujet actif, le JE, a joué d’une appropriation (la prise) qu’achèvera toujours une résignation (intransitive) par « remise » dans le meilleur des cas : un délai, la pièce aux déchets, ou « démission », s’il s’est agi d’un fonctionnaire.

Dans l’autre sens, un « cens », approchant de la fin, JE partage, par la 1ère coupe, et répartit ensuite, dans le cercle. Le JE sujet actif, s’est résigné (intransitif) au résignement (transitif). Il a choisi, rejetant la part nocive ou illusoire, afin de s’approprier à l’indivis qu’il quête.

A la résignation s’oppose le résignement. A l’appropriation l’appropriement.

S’opposent aussi le sens du facteur, traducteur puis traître : la prise puis la mise, et de l’élu enfant, otage puis hostie : la mise puis la prise : un cens.

De ce dernier cens : l’investissement, je ne donnerai que deux exemples, parce qu’ils complètent ce que j’ai dit de Joseph en la Genèse, et de l’Odyssée après l’Iliade.

Pour conquérir (prendre) l’Egypte, Joseph doit y introduire ses frères, les 12 Fils. Que fait-il? Il mise, met le bijou royal dans le sac de Benjamin : les frères et le père suivront, menés à la trace, et les Rois-bergers, Hyksos, seront les maîtres de l’Egypte pendant trois siècles ou guère moins (-1870/-1570).

Pour prendre Troie, Ulysse doit y introduire les Grecs alliés (les 12 rois). Que fait-il? Il mise le Cheval dans la Ville, qu’il prend.

Homme du rêve (des Vaches ou des Epis) Joseph ouvre un temps (le triomphe du Bélier) qu’Ulysse ferme. Mais l’un et l’autre sont des hommes de l’Investissement (élus, miseurs, preneurs au terme), des élus de la conclusion et de la renaissance.

Hors de ce temps, du Miracle ou du Prodige, d’autres hommes, non élus, les facteurs-ouvriers, traducteurs/traîtres, prendront d’abord (l’otage) pour le miser. Et ils auront raison : la prise (d’eau, de feu, de terre ou d’air) précède bien la mise : à l’eau, en feu, en l’air, en terre. Mais l’inondation, l’incendie, le typhon, le tremblement de terre ne sont que des fins; et, de même, pour le Sujet, la noyade, la combustion, la mise en l’air, le cimetière.

Car la voie rationnelle, des hogiens selon Poe, ne conduit qu’à la FIN.

Non pas d’investissement, mais de version, etc.

Je pourrais conclure sur ce mot, ou ces mots et leur jeu. Mais leur simple formulation m’en a dit davantage, que JE le veuille ou non.

JE ne joue pas seulement pour rassembler : → ← ou partager : ← → : fermer, ouvrir.

Il ne joue pas seulement du Sujet ou de l’Objet, mais de l’un et de l’autre, comme agents ou objets actifs : le sujet de la phrase, l’objet -objection/obstacle, et passifs : le sujet du prince, l’objectif.

C’est-à-dire des traitements et des entretiens.

Par le levier, qui élève ou abaisse l’assemblage, l’Ensemble. Mais aussi par le bouton, et son déclic, qui ouvre ou ferme le canal et les circuits. L’enjeu — plutôt que la réponse — reste le plein ou le vide de l’appareillage, debout ou couché, fermé ou ouvert, mais plein ou vide d’abord.

Par quelle manœuvre (main/œuvre) ou quel métier/sentier, que le levier et le déclic ne disent pas?

 

Les pas et les marches. Plus simplement: comment les fin et conclusions sont-elles conditionnées par l’horizontal et le vertical  (les synchronie et diachronie sémanticiennes)? Ou : comment le vertical (debout) et l’horizontal (couché) impliquent-ils ces actes: ouverture, fermeture, et ces états: plein, vide? C’est ce que disent encore des vocables : pas, marches, en un autre Porche de cathédrale, un autre jeu d’aluettes. Sans avoir à traiter du mouvement : pas de marche ou marche au pas.

Les vocables sont à l’infini, comme les nombres : signifiés ou non, selon l’époque, déclinée (le cycle) ou déclinante (la durée).

Mais ils reconduisent toujours à l’Unité de Sumer : 56 + 4 = 60.

A laquelle, différemment, reconduisent les calculs sino-mongols dont je n’ai rien dit : 5 X 12 = 60.

Jean-Charles Pichon

Illustration Pierre-Jean Debenat

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