{"id":2945,"date":"2014-04-10T17:05:47","date_gmt":"2014-04-10T15:05:47","guid":{"rendered":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/?p=2945"},"modified":"2014-04-12T17:06:29","modified_gmt":"2014-04-12T15:06:29","slug":"un-handicape-gare-de-nantes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/?p=2945","title":{"rendered":"Un handicap\u00e9 gare de Nantes"},"content":{"rendered":"<h1 align=\"center\"><b>Un handicap\u00e9<\/b><\/h1>\n<h1 align=\"center\"><b>Gare de Nantes<\/b><\/h1>\n<div id=\"attachment_2969\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/?attachment_id=2969\" rel=\"attachment wp-att-2969\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2969\" class=\"size-medium wp-image-2969\" alt=\"Illustration Pierre-Jean Debenat \" src=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/HANDICAPE1-300x198.jpg\" width=\"300\" height=\"198\" srcset=\"https:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/HANDICAPE1-300x198.jpg 300w, https:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/HANDICAPE1-1024x678.jpg 1024w, https:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/HANDICAPE1.jpg 1531w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2969\" class=\"wp-caption-text\">Illustration Pierre-Jean Debenat<\/p><\/div>\n<p align=\"center\"><b>\u00a0<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><b>Je n\u2019aurais pu faire cette confession le mois dernier. C\u2019est le 5 juin que j\u2019ai v\u00e9cu la chose\u00a0: l\u2019aventure insens\u00e9e, d\u00e9sopilante, d\u2019un handicap\u00e9 dans la gare de Nantes. Handicap\u00e9, je l\u2019\u00e9tais, beaucoup plus concr\u00e8tement que pour les raisons que j\u2019ai dites\u00a0: arrachement au pays d\u2019enfance, engagements d\u00e9risoires, errance et po\u00e9sie. Par mon go\u00fbt et ma peur conjoints de la solitude, une jambe malade, les maux de la vieillesse, et le poids excessif d\u2019une lourde valise et d\u2019un \u00e9norme sac, au retour d\u2019un voyage de trois semaines. Pour tout dire d\u2019un mot\u00a0: mon refus de l\u2019escalier, non moins d\u00e9cisif, p\u00e9remptoire que si je m\u2019\u00e9tais d\u00e9plac\u00e9 dans un fauteuil roulant.<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><b>Qu\u2019est la gare de Nantes pour l\u2019infirme\u00a0? Les 7 chapitres le disent, que j\u2019intitule ainsi.<\/b><\/p>\n<p><b>\u00a0<\/b><\/p>\n<h2><b>1 \u2013 L\u2019entr\u00e9e et la sortie<\/b><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">En une cinquantaine d\u2019ann\u00e9es, d\u2019innombrables changements ont boulevers\u00e9 nos vies. Les d\u00e9veloppements simultan\u00e9s, d\u00e9mesur\u00e9s, de la science et de la terreur d\u2019un cataclysme universel\u00a0; l\u2019effondrement de toutes les croyances anciennes et le besoin d\u2019une foi nouvelle\u00a0; l\u2019accession sans frein \u00e0 ce qu\u2019on pourrait nommer une \u00ab\u00a0pens\u00e9e commune\u00a0\u00bb, par les m\u00e9dias, puis l\u2019internet, et la ruine sans recours de son support politique\u00a0: le communisme marxiste, etc. Mais le change le plus radical se pr\u00e9sente comme une inversion, de l\u2019axiome\u00a0: \u00ab\u00a0la pens\u00e9e pr\u00e9c\u00e8de le mot\u00a0\u00bb \u00e0 l\u2019axiome\u00a0: \u00ab\u00a0le mot pr\u00e9c\u00e8de la pens\u00e9e\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le premier a command\u00e9 tout le rationalisme du 19<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle\u00a0: les th\u00e9ories de l\u2019\u00e9volution, le naturalisme officiel, les principes de l\u2019\u00e9ducation (devenue un simple enseignement), la primaut\u00e9 \u2014 en tout domaine \u2014 du politique, puis de l\u2019\u00e9conomique et \u2014 bien s\u00fbr \u2014 le dieu nouveau et futile du bourgeois\u00a0: l\u2019irr\u00e9sistible Progr\u00e8s. Car si le mot succ\u00e8de \u00e0 la pens\u00e9e, l\u2019Art imite la Nature, il n\u2019est que le costume dont JE rev\u00eat la vie. Tout objet \u2014 et le JE lui-m\u00eame \u2014 est le fruit d\u2019une lente progression vers un mieux-\u00eatre. Il n\u2019est rien qui ne doive \u00eatre raisonn\u00e9 d\u2019abord\u00a0: la Raison est le moteur et le but de l\u2019univers, qu\u2019elle englobe tout entier.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au contraire, dire que le mot pr\u00e9c\u00e8de la pens\u00e9e, c\u2019est affirmer que le Masque (<i>personna<\/i>) fonde la Personne, que l\u2019Art cr\u00e9e la Nature, que l\u2019\u00e9volution n\u2019est que l\u2019effet visible d\u2019une succession de mutations brusques et que tout raisonnement (scientifique, politique, \u00e9conomique) ne peut que sanctionner ou justifier l\u2019erreur\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si le signifiant pr\u00e9c\u00e8de et prime le signifi\u00e9 (ou le mot le sens), le nombre positionn\u00e9 le quantitatif directionnel, la figure insens\u00e9e (abstraite) l\u2019imitation de la nature, il n\u2019est plus rien de bien et de mal, de vrai et de faux, d\u2019harmonie et de laideur. A la limite il n\u2019est plus de loi, ni justici\u00e8re ni scientiste. La Libert\u00e9 s\u2019instaure l\u00e0 o\u00f9 le Mot pr\u00e9vaut, car JE se croit capable d\u2019inventer tous les mots, \u00e0 son loisir\u00a0; ou, sinon lui, l\u2019ordinateur qu\u2019il cr\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais, <i>en fait<\/i>, du mot ou de la pens\u00e9e, lequel proc\u00e8de de l\u2019autre\u00a0? \u00ab\u00a0Aucun des deux\u00a0\u00bb nous dit la gare, \u00ab\u00a0car, entrer dans un lieu n\u2019est pas une autre action que sortir d\u2019un autre lieu, et \u00e0 l\u2019inverse.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une marche s\u00e9pare ma sortie du train de mon accession au quai\u00a0: la sortie pr\u00e9c\u00e8de l\u2019entr\u00e9e. Mais l\u2019entr\u00e9e du train dans la gare a d\u00fb pr\u00e9c\u00e9der ma sortie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je sais aussi, par exp\u00e9rience, qu\u2019au terme de l\u2019\u00e9preuve, je ne sortirai pas de la gare sans \u00eatre entr\u00e9 dans l\u2019\u00e9difice, sur le quai n\u00b01. Mais qu\u2019\u00e0 l\u2019inverse, je n\u2019entrerai pas dans la ville de Nantes sans \u00eatre sorti de la gare.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Laquelle est la premi\u00e8re, de l\u2019entr\u00e9e ou de la sortie\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et, si je l\u2019ignore ou ne puis le dire, comment dirai-je lequel pr\u00e9c\u00e8de l\u2019autre, du mot ou de la pens\u00e9e\u00a0?<\/p>\n<h2><b>2 \u2013 Le contenu et le contenant<\/b><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">On dira que le probl\u00e8me philosophique n\u2019a rien \u00e0 voir avec le passage dans une gare. Lorsque le philosophe parle d\u2019avant et d\u2019apr\u00e8s, il sous-entend tout autre chose\u00a0: il se demande si le signifiant est contenu dans le signifi\u00e9, la position dans le mouvement, l\u2019objet vu dans le regard ou le regard dans l\u2019objet. Il veut savoir si JE n\u2019est qu\u2019un mobile, un meuble, inscrit dans un voyage, ou s\u2019il n\u2019est pas le ma\u00eetre, le contenant des voyages qu\u2019il d\u00e9cide d\u2019accomplir. Si la pens\u00e9e pr\u00e9c\u00e8de le mot, l\u2019objet, elle en est le moteur (\u00ab\u00a0la cause pr\u00e9c\u00e8de l\u2019effet\u00a0\u00bb), elle les domine. Si le mot pr\u00e9c\u00e8de et domine, tout raisonnement, toute pens\u00e9e sont vanit\u00e9s ou accidents sur un parcours, dans un voyage dont j\u2019ignore tout.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais une gare, et moi-m\u00eame en elle, nous ne sommes faits que de ces contenus et de ces contenants.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je suis dans le train ou hors du train, dans la gare ou hors d\u2019elle. Le train est dans la gare, la gare dans la ville, la ville dans la Bretagne d\u00e9funte (sinon dans la Vend\u00e9e). La Loire-Atlantique, le d\u00e9partement o\u00f9 Nantes se situe, fut-elle de la Vend\u00e9e ou de la Bretagne quand elle n\u2019existait pas comme telle\u00a0? Etc.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le train est dans la gare. Par suite, quand je quitte l\u2019un, je ne cesse d\u2019\u00eatre dans l\u2019autre. Dans ce train d\u00e9j\u00e0, je fus dans la gare, la ville, le d\u00e9partement, le pays.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le mot n\u2019est-il pas dans la pens\u00e9e, bien que celle-ci tienne en une phrase (un autre objet)\u00a0? Quel mot n\u2019est de lettres, quelle lettre n\u2019est faite de mots\u00a0? Ce qui fut le signifi\u00e9 ou le sens dans le mot, n\u2019est-il devenu le signifiant, le message, le signe, de la lettre\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Allons plus loin. La gare n\u2019est faite que de mots, de nombres et de figures \u2014 c\u2019est-\u00e0-dire d\u2019objets\u00a0: les quais, les voies, les passages ouverts, les passages ferm\u00e9s ou cach\u00e9s et \u2014 le probl\u00e8me pour l\u2019handicap\u00e9 que je suis\u00a0! \u2014 d\u2019escaliers, de pentes et d\u2019ascenseurs. Mais je n\u2019y pense pas d\u2019abord, ignorant des plans selon lesquels, des niveaux sur lesquels la gare fut construite. Handicap\u00e9, d\u2019abord, par l\u2019ignorance. Je ne suis pas un employ\u00e9 de la S.D.F., un cheminot, mais seulement un S.D.F., un Sans Domicile Fixe, hors de chez moi \u2014 pour combien de temps encore\u00a0? Un simple chemineau, et mon seul r\u00f4le est de cheminer.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Suis-je le mot ou la pens\u00e9e\u00a0? Les deux m\u2019habitent. Les mots sont\u00a0: quai, voie, escalier, ascenseur, entr\u00e9e, sortie. Les pens\u00e9es sont d\u2019espoir\u00a0: quelqu\u2019un m\u2019attend, une autre personne, un autre autrui va se proposer pour m\u2019aider, un cheminot \u2014 de la S.D.F. \u2014 me conseillera. Ou de d\u00e9sarroi d\u00e9j\u00e0, avant le manque d\u2019espoir\u00a0: vers quel objet me diriger, comment, o\u00f9\u00a0? Y aurait-il un panneau, un avis quelque part\u00a0? Je suis sur le quai 9\u00a0; le quai 1, la sortie de la gare, est si loin de moi que je ne l\u2019aper\u00e7ois pas, cach\u00e9 \u00e0 mon regard par la distance et cinq ou six convois.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je ne suis plus dans le train, mais je suis dans la gare et, par elle, dans la ville, o\u00f9 je n\u2019entrerai pas, \u00e0 moins que quelque miracle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je regarde\u00a0: je vois des quais, o\u00f9 d\u2019autres passagers d\u00e9ambulent sans fin, et quelques voies infranchissables\u00a0: des vies, s\u00e9par\u00e9es par des morts \u2014 possibles, probables ou certaines. Ind\u00e9pendamment de mon handicap (l\u2019\u00e2ge, l\u2019infirmit\u00e9, les fardeaux), il ne me sert de rien de d\u00e9ambuler. Les voies me sont impraticables.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je cherche un autre recours que l\u2019escalier.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Car le contenant, le sup\u00e9rieur, a cess\u00e9 d\u2019\u00eatre le train, la gare, la ville, le d\u00e9partement ou le pays\u00a0; il est le visible, \u00e0 ciel ouvert, fait des quais et des voies. Le contenu a cess\u00e9 d\u2019\u00eatre le sens, ma conduite vers la sortie de la gare, l\u2019entr\u00e9e dans la ville pour devenir un chemin souterrain, cach\u00e9, non perceptible \u00e0 l\u2019\u0153il mais praticable, pratique si les fonctionnaires de la S.D.F. l\u2019ont imagin\u00e9 ainsi. Mon jeu est d\u2019un pari ou d\u2019une alternative\u00a0: peut-\u00eatre y arriverai-je\u00a0? D\u2019une alternance\u00a0: d\u2019une mani\u00e8re ou de l\u2019autre, j\u2019y arriverai, en sautant de quai en quai, par-dessus les voies. Un autre jeu, d\u2019un autre joueur, je le suppose, fera l\u2019alt\u00e9ration\u00a0: si le jeu est toujours possible, il n\u2019est jamais donn\u00e9 ou assur\u00e9 d\u2019avance. Il me reste \u00e0 d\u00e9couvrir, depuis le peut-\u00eatre du pari jusqu\u2019aux jamais et toujours de l\u2019alt\u00e9rit\u00e9 triomphante, les m\u00e9andres et les al\u00e9as du parfois.<\/p>\n<h2><b>3 \u2013 Les quais et les voies<\/b><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je suis sur le quai n\u00b09, ou 8 ou 7, d\u2019o\u00f9 je ne distingue rien que des quais et des voies, qu\u2019au plus loin, mon regard myope ne distingue pas les uns des autres. 7 quais me s\u00e9parent de l\u2019\u00e9difice de la gare (sur le quai n\u00b01) si mon quai est le 9\u00a0; ou 7 voies m\u2019en s\u00e9parent, si mon quai est le 8. Tel JE, regardant \u00e0 travers les si\u00e8cles ou les mill\u00e9naires, sinon \u00e0 travers sa vie. Du quai n\u00b0 x, toujours, il peut consid\u00e9rer \u2014 au mieux \u2014 une succession de \u00ab\u00a0x-1\u00a0\u00bb voies ou de \u00ab\u00a0x-2\u00a0\u00bb quais jusqu\u2019au premier.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je les sais successifs\u00a0; je ne les vois ainsi mais ensemble, simultan\u00e9s. En cet ensemble, ils se contredisent, ils alternent. Ma vie est sur les quais, les voies peuvent \u00eatre ma mort. Mais, regardant ma vie, je la vois \u00e9galement travers\u00e9e par des morts\u00a0: d\u2019une petite cousine, d\u2019oncles et de tantes, de mes grands-parents, de ma premi\u00e8re \u00e9pouse, de mes parents, de mes plus chers amis. J\u2019ai surv\u00e9cu, d\u2019un quai \u00e0 l\u2019autre. Fut-ce par miracle ou par raison\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Consid\u00e9ra les mill\u00e9naires, l\u2019humanit\u00e9 du quai n\u00b0 x, cet autre JE, n\u2019y distingue aussi bien \u2014 de pr\u00e8s, ou aussi mal de loin, que des quais o\u00f9 elle chemina, paisible, et des voies meurtri\u00e8res o\u00f9 elle p\u00e9rit en foule\u2026 Elle nomme les premiers\u00a0: \u00e9poque magique, Eden, Terre Promise, Royaume d\u2019Amour, Cit\u00e9 de Dieu\u00a0; les seconds\u00a0: Atlantide, Akkad, les temps hell\u00e9nistiques ou ceux dont nous sortons. Des sommets l\u00e0, des plaines ici, car le quai s\u2019\u00e9l\u00e8ve au-dessus de la voie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u2019autres passagers, en d\u2019autres gares, n\u2019ont sous les yeux que le mill\u00e9naire pass\u00e9. Les quais se nommeront ici\u00a0: le temps des cath\u00e9drales (le merveilleux r\u00e9pit du 13<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle), la pleine renaissance au c\u0153ur du 16<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, l\u2019essor de la Ma\u00e7onnerie sp\u00e9culative, \u00e0 partir de 1728, la Belle Epoque autour de 1900. Les voies seront, depuis l\u2019ab\u00eemation de l\u2019Etre vers l\u2019an Mil\u00a0: l\u2019avoir du commer\u00e7ant, le valoir du combattant, le savoir faire, le \u00ab\u00a0se faire avoir\u00a0\u00bb de l\u2019imposture \u00ab\u00a0moderne\u00a0\u00bb. Vers un autre Etre\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais je suis hors d\u2019un train et dans la gare de Nantes, sur le quai n\u00b0 x, et je veux, je dois atteindre le quai n\u00b0 1. J\u2019ai 78 ans, une jambe qui ploie sous moi, un point au c\u00f4t\u00e9 droit et deux bagages qui doivent peser ensemble dans les vingt-cinq kilos.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019ab\u00eeme le plus proche est de perplexit\u00e9, fait de vingt complexes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Que dois-je faire\u00a0? Qu\u2019est-ce qui vaut le mieux, que vaux-je encore\u00a0? Que dois-je savoir, que sais-je\u00a0? Puis-je me fier \u00e0 mon savoir faire ou faire savoir ma situation particuli\u00e8re et mon \u00e9tat d\u2019handicap\u00e9\u00a0? Faire valoir mon \u00e2ge, ma myopie, mes infirmit\u00e9s\u00a0? Je ne crois encore que je puisse me faire avoir, je n\u2019y pense pas. Je roule ma valise d\u2019une main (par bonheur, elle est \u00e0 roulette), porte le sac et ma canne de l\u2019autre. J\u2019entreprends d\u2019avancer, lentement, sur le quai x, puisque je ne peux rien faire d\u2019autre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le quai n\u2019est pas trop encombr\u00e9 \u2014 une autre chance\u00a0! On ne m\u2019a bouscul\u00e9 que deux fois lorsque j\u2019atteins l\u2019extr\u00e9mit\u00e9 du quai et l\u2019ascenseur. J\u2019y entre, apr\u00e8s le landau qu\u2019une m\u00e8re conduit et un gros poussif sans bagage, qui pousse le n\u00b0 0.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019ai quitt\u00e9 les quais et les voies. Une tout autre aventure commence, dans un monde autre que le visible, cach\u00e9, myst\u00e9rieux, souterrain.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2><b>4 \u2013 Les pas et les marches<\/b><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cela se complique. Si je n\u2019avais pas \u00e9t\u00e9 handicap\u00e9, comme tout vieillard et tout po\u00e8te, j\u2019aurais descendu l\u2019escalier qui s\u2019ouvrait devant moi, quai n\u00b0 x. J\u2019aurais suivi un couloir net et rectiligne, jusqu\u2019au quai n\u00b0 1, d\u2019o\u00f9 un autre escalier m\u2019e\u00fbt men\u00e9 \u00e0 la sortie de la gare. Mais, quand je sors de l\u2019ascenseur, un tout autre couloir s\u2019offre \u00e0 moi, vaguement courbe et si \u00e9troit que le landau de la m\u00e8re et l\u2019ob\u00e8se n\u2019y marchent pas de front. Je tra\u00eene\u00a0 derri\u00e8re eux, puis seul, car les deux autres passagers devaient \u00eatre en correspondance\u00a0: ils ont pris tous les deux le m\u00eame ascenseur, sous le quai n\u00b0 6 ou 5. Au terme de ce couloir, une cloison de planches interdit que j\u2019aille plus loin\u2026 Un ultime ascenseur\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je le prends, seul\u00a0; la porte s\u2019en referme deux fois, apr\u00e8s le transfert du sac, puis celui de la valise. Je remonte\u00a0\u2026 et me retrouve sur le quai n\u00b02, entre les voies 2 et3.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Combien, de m\u00eame, ayant cru mener leur vie jusqu\u2019\u00e0 son terme, s\u2019effondrent apr\u00e8s la mort, \u00e0 leur c\u00f4t\u00e9, d\u2019un \u00eatre aim\u00e9 ou quelque d\u00e9sastre personnel\u00a0? Combien de fois l\u2019humanit\u00e9, sinon tel peuple, telle civilisation, n\u2019ont-ils pas abord\u00e9 au quai n\u00b0 2, au terme d\u2019un parcours sinueux dont ils avaient cru qu\u2019il menait \u00e0 la sortie de la gare\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019y pense, lucidement d\u00e9j\u00e0, sur le quai atteint, n\u00b0 2, car l\u2019handicap\u00e9 que je suis ne peut s\u2019interdire de penser. Tra\u00eenant mon sac et ma valise sur un quai heureusement d\u00e9sert, c\u2019est ma vie que je tra\u00eene et le sort \u2014 destin \u2014 de l\u2019humanit\u00e9 que je con\u00e7ois clairement. N\u2019est-ce pas ainsi, sur le quai 2, d\u00e9couvrant que le quai 1 n\u2019est pas atteint, que les po\u00e8tes de la Belle Epoque ont invent\u00e9 leur machinerie \u00ab\u00a0c\u00e9libataire\u00a0\u00bb\u00a0? Hors de la \u00ab\u00a0mari\u00e9e pendue\u00a0\u00bb sur le quai 1, inaccessible, il s\u2019agit toujours, on le sait, des 4 cardinaux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Toujours d\u2019abord, ils ont situ\u00e9 \u00e0 l\u2019ouest le chemin vers la mari\u00e9e (au nord-ouest) et depuis elle (au sud-ouest)\u00a0; \u00e0 l\u2019est les chemins vers la Forme Vide ou depuis elle. Ce furent\u00a0: <i>Le Surm\u00e2le, La colonie p\u00e9nitentiaire, <\/i>le <i>Locus Solus<\/i> (avant 1914). Mais d\u00e9j\u00e0, Jarry, Kafka et Roussel avaient imagin\u00e9, au c\u0153ur de l\u2019appareillage, une mort (d\u2019un cycliste), une souffrance insupportable, une rupture dans la visite du Jardin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Plus tard, dans le <i>Proc\u00e8s<\/i> et le <i>Ch\u00e2teau<\/i>, Kafka s\u2019appesantit sur cette rupture\u00a0: une lettre perdue, un proc\u00e8s incompr\u00e9hensible. Et Roussel inventa les voies des <i>Nouvelles Impressions d\u2019Afrique\u00a0<\/i>: la Question et l\u2019Extinction \u00e0 l\u2019est, le Quiproquo et l\u2019Etiquette \u00e0 l\u2019ouest, disant au c\u0153ur un Ascenseur, depuis la Question vers le Quiproquo, une autre pente de l\u2019Etiquette vers l\u2019Extinction. Il r\u00e9p\u00e9tait ainsi le Jarry de <i>Faustroll<\/i>, qui pla\u00e7ait au c\u0153ur la pente (le cyclamen) entre le La et le Jaune. Sinon une \u0153uvre achev\u00e9e, le <i>Journal<\/i> de Kafka ne cesse de dire cette pente, cet escalier, cet ascenseur, des profondeurs \u00e0 l\u2019apparence, de la peur des faux-semblants \u00e0 l\u2019attirance du vide.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/?attachment_id=2951\" rel=\"attachment wp-att-2951\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-2951\" alt=\"HANDICAPE001\" src=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/HANDICAPE001.jpg\" width=\"674\" height=\"206\" srcset=\"https:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/HANDICAPE001.jpg 674w, https:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/HANDICAPE001-300x91.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 674px) 100vw, 674px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Compl\u00e8tement d\u00e9boussol\u00e9, comme eux, je suis revenu sur mes pas, j\u2019ai repris l\u2019ascenseur, \u00e0 la descente, j\u2019ai retrouv\u00e9 le souterrain. La cloison de planches y \u00e9tait toujours, l\u2019escalier sur ma droite, dont je ne voulais pas, l\u2019ascenseur sur ma gauche, dont je venais de descendre. Des ouvriers apparaissaient derri\u00e8re le mur de planches. Je les ai interpell\u00e9s\u00a0: \u00ab\u00a0S\u2019il vous pla\u00eet, un instant\u00a0: comment peut-on atteindre au quai n\u00b0 0, 1\u00a0?\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 Excellente question\u00a0!, a dit une voix qui venait de derri\u00e8re moi. Celle d\u2019un homme placide, sans bagage, \u00e9gar\u00e9 dans le corridor des handicap\u00e9s. Un ouvrier s\u2019est approch\u00e9, il m\u2019a d\u00e9sign\u00e9 l\u2019escalier\u00a0: \u00ab\u00a0Par l\u00e0, au bout du quai\u2026\u00a0\u00bb L\u2019homme normal le gravissait d\u00e9j\u00e0. Je l\u2019ai suivi, troubl\u00e9 \u00e0 ce point que j\u2019en oubliais l\u2019ascenseur, qu\u2019il m\u2019aurait suffi de reprendre. Peut-\u00eatre \u00e0 cause d\u2019un fol espoir aussi, que l\u2019escalier m\u00e8nerait ailleurs\u2026 J\u2019ai port\u00e9 le sac, de marche en marche, puis je suis redescendu pour la valise, que j\u2019ai port\u00e9e aussi, de marche en marche\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En haut, bien s\u00fbr, c\u2019\u00e9tait le quai n\u00b0 2.<\/p>\n<h2><b>5 \u2013 Le r\u00eave et le cauchemar<\/b><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quelle est la pire, de la d\u00e9mence du chemineau, vagabond S.D.F., ou du cheminot de la S.D.F., de ses plans inventori\u00e9s\u00a0? O\u00f9 est le r\u00eave, o\u00f9 le cauchemar\u00a0? Car ils n\u2019ont pas pr\u00e9m\u00e9dit\u00e9 par malveillance, les employ\u00e9s de la S.D.F. d\u2019interrompre au quai 2 le corridor sinueux de l\u2019handicap\u00e9. La cloison de planches prouve que, simplement, les travaux d\u2019enfouissage ne sont pas termin\u00e9s. A l\u2019inverse, je ne suis pas fou, bien que ma conduite donne \u00e0 le croire\u00a0: je n\u2019ai pas voulu cette angoisse qui m\u2019\u00e9treint le c\u0153ur \u00e0 pr\u00e9sent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais, assis sur un banc du quai n\u00b0 2 \u2014 je n\u2019en puis plus, \u00e0 bout de forces, je me souviens que la Belle Epoque, le temps des Machines C\u00e9libataires, fut aussi l\u2019\u00e9poque triomphante des trains et des tramways, des gares. Tous les impressionnistes, au terme, ont peint des gares, tous les grands \u00e9crivains en ont parl\u00e9, non seulement les handicap\u00e9s, de Bloy \u00e0 Artaud par Courteline, mais les plus normaux, les acad\u00e9miques, depuis Tennyson jusqu\u2019\u00e0 Martin du Gard, par Zola et Tolsto\u00ef. Sinon, encore, Queneau, par ses passagers de l\u2019autobus (les <i>Exercices de Style<\/i>).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les Machines C\u00e9libataires d\u2019une part, les gares de l\u2019autre, ne disent rien que le r\u00eave et le cauchemar v\u00e9cus de 1900 \u00e0 1919 d\u2019abord, puis de 1920 \u00e0 1946.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le r\u00eave on s\u2019\u00e9l\u00e8ve d\u2019abord, parfois on vole\u00a0: Roussel dit la photographie, d\u2019autres le cin\u00e9ma, d\u2019autres le vol\u00a0; les nantis le confort et les autres le po\u00e8me. Tous\u00a0: le record, le scoop, le progr\u00e8s d\u00e9lirant. Dans le cauchemar, on retombe\u00a0: ce sont des guerres atroces, sans pr\u00e9c\u00e9dent, o\u00f9 les morts se nombrent par millions, non plus par centaines de milliers comme il y a vingt-deux si\u00e8cles, les goulags de L\u00e9nine, les camps d\u2019Hitler\u00a0: d\u2019autres millions de victimes\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais, apr\u00e8s chaque guerre ou chaque horreur, on a repris l\u2019ascenseur, l\u2019escalier, vers le haut, on a tout reconstruit, selon le mot de Paracelse (en 1536), afin de mieux se pr\u00e9cipiter.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce qui n\u2019a \u00e9t\u00e9 qu\u2019un r\u00eave pour l\u2019\u00e9poque 1900 et, de nouveau, pour les Ann\u00e9es Folles (1920) est retomb\u00e9 au cauchemar, deux fois. Il en avait \u00e9t\u00e9 de m\u00eame pour les r\u00eaves des cath\u00e9drales, de la Renaissance, de la Ma\u00e7onnerie sp\u00e9culative, que l\u2019horreur avait toujours suivis\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">des invasions, des pestes, de la premi\u00e8re Inquisition,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">puis de la deuxi\u00e8me Inquisition, apr\u00e8s le concile de Trente, et des conqu\u00eates apr\u00e8s les espagnoles,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">puis de la Terreur et de ses suites, les guerres napol\u00e9oniennes entre autres.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais, entre le r\u00eave et le cauchemar ou \u00e0 l\u2019inverse, quelque jonglage, quelque machine \u2014 entretenue ou recr\u00e9\u00e9e \u2014 par les proph\u00e8tes juifs, chr\u00e9tiens et islamiques, les libertins et les baroques, les romantiques\u2026 que les machinistes de 1900, puis de 1919 adaptent seulement \u00e0 leur temps\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s 1945 non plus, ce jeux ne sont pas l\u2019\u0153uvre des philosophes (genre Sartre) et des savants nob\u00e9lis\u00e9s, mais d\u2019un Artaud, d\u2019un Vian, d\u2019un Queneau, d\u2019un Perec, de Beckett et de Heidegger surtout.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De Beckett, le <i>D\u00e9peupleur<\/i> et son cylindre les contiennent tous\u00a0: son fond plat, aux cercles concentriques, puis les parois de la machine, ses niches, et ses \u00e9chelles dress\u00e9es. Le th\u00e9\u00e2tre de Cocteau, \u00e0 Cap d\u2019Ail, en 1962, en aurait contenu quelque chose si le cr\u00e9ateur du <i>Testament d\u2019Orph\u00e9e<\/i> n\u2019avait \u00e0 ce point redout\u00e9 le cauchemar de la P\u00e9n\u00e9tration, en la fin de sa vie. Jean Genet, Lawrence avaient connu la m\u00eame terreur, Pasolini y succomba, plus tard.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019en tremble, sur mon banc du quai n\u00b0 2, \u00e9puis\u00e9 par l\u2019effort des marches gravies, perdu dans le labyrinthe des passages interdits. Si las que j\u2019ai ferm\u00e9 les yeux, que la nuit succ\u00e8de au brouillard o\u00f9 me plongeaient des lunettes embu\u00e9es. Je sais bien qu\u2019il me\u00a0\u00bb faudra redescendre avant que remonter, mais je ne le peux plus. J\u2019ai d\u00fb r\u00eaver, je cauchemarde. Dans le cauchemar JE crie, mais, ici, le cri retentit hors de moi\u00a0: \u00ab\u00a0Monsieur Pichon est attendu \u00e0 la sortie de gare\u00a0\u00bb. Le cri a perc\u00e9 le sommeil. Quand il se r\u00e9p\u00e8te, il me sort de l\u2019absence et de l\u2019\u00e9puisement. Je crie enfin, comme un d\u00e9ment\u00a0: \u00ab\u00a0Je suis l\u00e0\u00a0!\u00a0\u00bb. Je ressaisis le sac et la valise. Je marche, je cours presque, retrouve une ouverture \u2014 quel bonheur\u00a0! C\u2019est une pente\u00a0! \u2014. Je la d\u00e9vale, jusqu\u2019au couloir des gens normaux. Le dernier escalier se trouve devant moi, mais un visage connu s\u2019interpose entre lui et moi\u00a0: celui de ma belle-petite-fille, venue m\u2019attendre ainsi qu\u2019il fut promis. Elle s\u2019empare de ma valise, apr\u00e8s le baiser de rigueur, gravit all\u00e8grement les marches. Je monte, presque a\u00e9rien aussi, une main sur la rambarde, l\u2019autre portant le sac comme une provende. Que tout est simple et beau dans la normalit\u00e9\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Du bref sommeil sur le quai n\u00b0 2, il ne me reste qu\u2019un sch\u00e8me, \u00e0 peine distinct, que je formulerai seulement trois jours plus tard.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/?attachment_id=2952\" rel=\"attachment wp-att-2952\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-large wp-image-2952\" alt=\"HANDICAPE002\" src=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/HANDICAPE002-1024x379.jpg\" width=\"640\" height=\"236\" srcset=\"https:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/HANDICAPE002-1024x379.jpg 1024w, https:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/HANDICAPE002-300x111.jpg 300w, https:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/HANDICAPE002.jpg 1368w\" sizes=\"auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A mon \u00e9tonnement, les phases ne sont plus 3, 5 ou 7. Elles sont 9. Un nombre que les jeux interm\u00e9diaires portent aux 11.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Or, cette complexit\u00e9 du sch\u00e8me m\u2019interdit de l\u2019interrompre l\u00e0, d\u2019achever l\u2019aveu \u00e0 la sortie de la gare.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le pari (l\u2019alternative) des dispositions\u00a0: \u00ab\u00a0lequel, de la position ou du mouvement pr\u00e9c\u00e8de, englobe l\u2019autre\u00a0?\u00a0\u00bb n\u2019\u00e9tait que la fausse lecture d\u2019un saut-de-mouton (une alternance, du r\u00eave et du cauchemar).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour quel enjeu\u00a0? Un change, de la lecture\/acte \u00e0 l\u2019inscription\/fin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais pourquoi cette alt\u00e9ration\u00a0? Il faut poursuivre. S\u2019agit-il d\u2019un nouveau pari\u00a0? Ou d\u2019un autre saut-de-mouton\u00a0?<\/p>\n<h2><b>6 \u2013 L\u2019orbite et le rayon<\/b><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Marc-Aur\u00e8le disait de la vie que c\u2019est un spectacle interrompu, une pi\u00e8ce dont on n\u2019a pas fait le tour, dont on ne connait pas le d\u00e9nouement. D\u2019o\u00f9, au lieu du plaisir que donne le spectacle, l\u2019angoisse que fait na\u00eetre la vie. Le mot de Marc-Aur\u00e8le concluait un d\u00e9bat vieux de cinq si\u00e8cles, car Platon le posait d\u00e9j\u00e0 par sa dialectique de la distance (un trait) et du terme (le point).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Z\u00e9non \u00a0et les sophistes n\u2019avaient cess\u00e9 d\u2019en jouer, ainsi que les sto\u00efciens et les \u00e9picuriens, puis l\u2019herm\u00e9tiste et le gnostique, non moins que les \u00ab\u00a0badernes\u00a0\u00bb d\u2019Apollonius, les vibrations et la rigueur \u2014 toute virginale \u2014 de Lucr\u00e8ce, etc. Dans la course qui les oppose, il est certain qu\u2019Achille d\u00e9passera la tortue\u00a0; on ne pourra jamais dire qu\u2019il l\u2019a atteinte et qu\u2019il a pris sa place, car 2 corps n\u2019occupent pas le m\u00eame espace, ou plut\u00f4t la m\u00eame \u00e9tendue.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous n\u2019avons pas encore notre Marc-Aur\u00e8le\u00a0: il ne sera pas parmi nous avant trois si\u00e8cles, mais, depuis Newton \u2014 et m\u00eame Kepler et Galil\u00e9e \u2014 le probl\u00e8me ne cesse de se poser en sa figure c\u00e9leste (l\u2019Esprit est un dieu d\u2019Air). Qu\u2019en est-il du rapport entre l\u2019espace et le temps\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sous sa forme premi\u00e8re, ce fut\u00a0: quel est le rapport entre la dimension de l\u2019orbite que parcourt un corps c\u00e9leste et le temps que le corps met pour la parcourir\u00a0? La solution est l\u2019\u00e9quation\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">10 Pi = 12 Q<sup>2<\/sup> (le nombre d\u2019or au carr\u00e9).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et, apr\u00e8s l\u2019invention de \u00ab\u00a0e\u00a0\u00bb\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">4 (e\/2)3 Pi = 4 x 3 T<sup>2<\/sup>,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">en rempla\u00e7ant Q par T.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une \u00e9quation que la d\u00e9couverte de plan\u00e8tes plus \u00e9loign\u00e9es (Neptune, Uranus, Pluton) a fini par mettre au placard\u2026 en m\u00eame temps que l\u2019usage de Q. Nous passerons sur les syst\u00e8mes de Newton, Huygens et Laplace, qui tous s\u2019attaqu\u00e8rent au dilemme. Puis vint Einstein et son \u00e9quation espace\/temps, fond\u00e9e sur le rapport de l\u2019\u00e9nergie et de la masse, par la constante C<sup>2<\/sup>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sur cette constante, tr\u00e8s probablement inexacte, les syst\u00e8mes se sont succ\u00e9d\u00e9s, multipli\u00e9s et contredits. Car la Lumi\u00e8re n\u2019a pas de masse (le photon de lumi\u00e8re n\u2019en a pas), la lumi\u00e8re n\u2019a qu\u2019une forme, ondulatoire ou circulaire, contenante de notre univers, bien que sa vitesse soit une droite\u00a0: 300\u00a0000 kms en une seconde.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si je joue de cette droite, un corps per\u00e7u \u00e0 300 millions de kms ne devrait avoir que mille secondes d\u2019existence. Un corps vieux de 2 ann\u00e9es\/lumi\u00e8re ne pourrait \u00eatre per\u00e7u qu\u2019au terme de ce temps.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais, en cette ann\u00e9e m\u00eame, 1998, un corps c\u00e9leste dans le Taureau a \u00e9t\u00e9 aper\u00e7u \u00e0 2 ann\u00e9es\/lumi\u00e8re, dont on affirme qu\u2019il n\u2019a pas plus de 300 millions d\u2019ann\u00e9es d\u2019existence\u00a0! Tout le syst\u00e8me vole en \u00e9clats, on n\u2019y comprend plus rien\u00a0! On ne pourrait donc pas d\u00e9tecter l\u2019origine de l\u2019Univers (ou du Big-bang), temporelle, par la d\u00e9couverte et l\u2019estimation de la premi\u00e8re lueur\u00a0! Plus de cinquante ans d\u2019astrophysique s\u2019abolissent l\u00e0.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais, pour autant, les nombres ne sont pas d\u00e9mentis, ni leur math\u00e9matique. De fait, Einstein et Planck s\u2019accordent en cela\u00a0: le R\u00e9el est un volume, il est sph\u00e9rique. Le calcul du volume d\u2019une sph\u00e8re depuis son rayon se formule\u00a0: 4\/3 Pi R<sup>3<\/sup> qu\u2019en ces grands nombres, on peut simplifier en 4 R<sup>3<\/sup>, en donnant Pi pour \u00e9quivalent \u00e0 3.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">21\/7 au lieu de 22\/7, puisque 3,14159\u2026 se situe entre les 2 fractions.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les humains ont trouv\u00e9 l\u2019\u00e9quation du volume (ou elle leur fut donn\u00e9e) mais JE ne l\u2019appr\u00e9cie pas et l\u2019utilise rarement, sauf en ce qui concerne la propagation du son, depuis le rayon\u00a0: 300 m\u00e8tres\/secondes, qui donne un volume d\u2019\u00e9coute de 4 x 300<sup>3<\/sup> = 108\u00a0000 km<sup>3<\/sup>. D\u2019o\u00f9 l\u2019efficacit\u00e9 des satellites. On n\u2019aime gu\u00e8re parler du volume de la Terre, depuis un rayon de plus de 6\u00a0000 km, car il embrasserait l\u2019univers per\u00e7u.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Encore moins aime-t-on parler d\u2019un univers o\u00f9 un rayon (de vie) de 300 millions d\u2019ann\u00e9es donnerait une projection sph\u00e9rique de 2 ann\u00e9es\/lumi\u00e8re. D\u2019abord, parce que la constante d\u2019Einstein y serait inexacte. Le rapport entre le rayon et le volume n\u2019est pas C<sup>2<\/sup> (pour R\u00b2) mais 4 C\u00b2, bien que la vision \u2014 son angle \u2014 puisse en \u00eatre au 1\/4, jouant de Pi\/4 ou 11\/14 de l\u2019Unit\u00e9, selon la fonction r\u00e9currente.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le R\u00e9el, dit Marc-Aur\u00e8le, est le spectacle achev\u00e9, dont le rayon terrestre, la vitesse du son, la vitesse de la lumi\u00e8re, une vie ne sont que le facteur de base\u00a0: la lettre dans l\u2019Ile, le piquon dans le H\u00e9risson, la matrice math\u00e9matique dans la Matrice maternelle. Vocatives les lettres, nombr\u00e9s et figur\u00e9s, les piquons, les matrices math\u00e9matiques, mais dans un Englobant indivis (le Sympt\u00f4me) et, comme tel, inaccessible \u2014 en toute pr\u00e9cision \u2014 aux figures, aux nombres, aux vocables ainsi qu\u2019aux axiomes ou principes (concepts) que je pr\u00e9tends pouvoir en tirer.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Car je ne dis l\u2019Ensemble, le R\u00e9el, que par l\u2019un des syst\u00e8mes que j\u2019y construis. Et je ne dis l\u2019Ensemble, dans le syst\u00e8me, que comme une partie de celui-ci, quand il est la partie globale que JE joue, par la succession de ses syst\u00e8mes. La relation n\u2019est pas la m\u00eame dans un syst\u00e8me d\u2019ensembles et dans l\u2019ensemble des syst\u00e8mes, ni l\u2019Intelligence Naturelle \u2014 primitive dans l\u2019Intelligence Artificielle, n\u2019est l\u2019Intelligence Naturelle englobante des I.A. diverses dans une autre r\u00e9alit\u00e9. Dans un cas, les relations englobent les 3 alt\u00e9rit\u00e9s\u00a0; dans l\u2019autre, la 3<sup>\u00e8me<\/sup> alt\u00e9rit\u00e9, alt\u00e9rante, d\u00e8s la soif, an\u00e9antit toute possibilit\u00e9 de relations (relais ou relaxe alors).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une fois pour toutes, Marc-Aur\u00e8le fait du R\u00e9el (circulaire) un spectacle, de la vie une droite, vou\u00e9e \u00e0 l\u2019an\u00e9antissement de la rupture. Il oppose la droiture de la vie organique (et sa fin) \u00e0 la sph\u00e9ricit\u00e9, la courbure infinie de la r\u00e9alit\u00e9 spectaculaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Que pouvons-nous faire de cette lucidit\u00e9, \u00e0 trois si\u00e8cles de Marc-Aur\u00e8le\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Peu de choses, \u00e0 cause principalement de la diversit\u00e9 des sens du mot\u00a0: \u00ab\u00a0rayon\u00a0\u00bb. Sinon cette tr\u00e8s courte \u00e9vidence\u00a0: tout volume contient son rayon\u00a0; il n\u2019est qu\u2019un point sur quelque autre rayon contenu en un autre volume.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi, dans les 12 heures qui nombrent l\u2019apr\u00e8s-midi du 3 juin, je suis all\u00e9 de la gare \u00e0 la voiture o\u00f9 nous sommes entr\u00e9s, M. et moi\u00a0; de la voiture, \u00e0 l\u2019entr\u00e9e d\u2019une rue pi\u00e9tonne, jusqu\u2019au magasin de Marthe, o\u00f9 je suis entr\u00e9\u00a0; du magasin au restaurant, situ\u00e9 de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la rue\u00a0; du restaurant \u00e0 la librairie de l\u2019Irrationnel\u00a0; de la librairie au caf\u00e9 o\u00f9, longuement, l\u2019ami libraire et moi, avons discut\u00e9 et bu\u00a0; du caf\u00e9 au tramway qui m\u2019a men\u00e9 non loin de l\u2019appartement de Marthe, deux rues plus haut\u00a0; du v\u00e9hicule \u00e0 la rue, donc, puis de la rue \u00e0 la maison, o\u00f9 un escalier me guettait\u00a0; de l\u2019escalier \u00e0 la chambre qui m\u2019\u00e9tait propos\u00e9e, o\u00f9 j\u2019ai pu me reposer \u2014 enfin\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais dirai-je \u00ab\u00a0rayon\u00a0\u00bb celui du magasin \u2014 d\u2019antiquit\u00e9s \u2014 ou celui de la librairie\u00a0? Le rail du tramway ou le rayon de lumi\u00e8re entraper\u00e7u \u2014 si beau\u00a0! \u2014 dans la p\u00e9nombre du caf\u00e9\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Plus s\u00e9rieusement, traitant du seul rayon d\u2019un cercle, tenterai-je de mesurer ceux qui s\u2019\u00e9tablissent de la gare de Nantes aux autres lieux de la ville\u00a0: le magasin, le restaurant, la librairie, le caf\u00e9, l\u2019arr\u00eat du tramway MX, l\u2019appartement de Marthe\u00a0? Ou bien dois-je mesurer le rayon qui s\u2019\u00e9tablit de Paris \u00e0 telle autre gare de France, dont Nantes n\u2019est qu\u2019une\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sur vingt ans, et non plus douze heures, je n\u2019ai gu\u00e8re quitt\u00e9 la France, mais je l\u2019ai parcourue, de Nantes \u00e0 Lille ou Lyon, N\u00eemes ou Marseille, pour y donner des conf\u00e9rences. Des gares plus ou moins grandioses et contourn\u00e9es, o\u00f9 les quais et les voies, sans parler des couloirs, se situent \u00e0 divers niveaux, autour de la plus vaste et complexe de Paris (plurielle par l\u2019Est, le Nord, Montparnasse, Austerlitz, de Lyon)\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Me dirai-je contenu dans Nantes ou les douze heures\u00a0? Dans la France ou dans les vingt ans\u00a0? La gare de Nantes, toujours, n\u2019y est plus qu\u2019un d\u00e9tail, un point sur quelque trait. Mais JE, qu\u2019y est-il\u00a0? Plus jeune, alerte, impatient d\u2019aller, ou plus vieux, las d\u2019avance et cherchant un asile\u00a0? Supportant les 12 heures, peut-\u00eatre, plus difficilement que les 20 ans, et les 20 ans plus difficilement que les 60, o\u00f9 mes \u00e9tapes avaient \u00e9t\u00e9 l\u2019Afrique du Nord, la Gr\u00e8ce, l\u2019Italie, l\u2019Espagne, autour de la M\u00e9diterran\u00e9e\u00a0?<\/p>\n<h2><b>7 \u2013 Les dialectiques<\/b><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nettement, 2 appareils s\u2019imposent, d\u00e8s le d\u00e9part d\u00e9doubl\u00e9s\u00a0: de quelques lieux autour de la gare de Nantes, de cette gare parmi les autres dans la nation, mais aussi de JE, \u00e0 travers les ann\u00e9es ou \u00e0 travers les heures. Car le mot, le nombre et la figure du Rayon ne sont comparables ici et l\u00e0.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Etrangement, je les ai compos\u00e9es, ces machines, avec les 56 ans d\u2019\u00e9cart, que j\u2019ai d\u00e9nombr\u00e9s en mon premier aveu. A la diff\u00e9rence pr\u00e8s que la plus r\u00e9cente date de 1996, la plus ancienne de 1940, mais il m\u2019a fallu 2 ans avant de les figurer. A mieux y regarder m\u00eame, le germe de la plus ancienne ne fut-il pas les 3 Vertus de mes dix-huit ans, le germe de la plus r\u00e9cente dans mes travaux de 1993\/1994\u00a0? Les <i>vertus<\/i> avaient command\u00e9 \u00e0 ma jeunesse\u00a0; ma vieillesse (la \u00ab\u00a0retraite\u00a0\u00bb) s\u2019ouvre par les <i>dialectiques factrices<\/i> (la d\u00e9sunion et l\u2019union de l\u2019alchimie, le plein et le vide du Graal). C\u2019est lentement, sur les 10 ou 11 ans peut-\u00eatre, que les concepts se donnent un corps, ou que les aspects s\u2019organisent et s\u2019assemblent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce jeu de la datation des 2 machines n\u2019a plus qu\u2019un int\u00e9r\u00eat tr\u00e8s relatif, d\u00e8s l\u2019instant que les 2 machines sont.<\/p>\n<p><b><i>A) Les dialectiques factrices et la d\u00e9clinaison<\/i><\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019origine de la machine fut par les 2 jeux de mots sur monture et mouture, pour dire l\u2019Unit\u00e9 l\u00e0, la Forme Vide ici. Je voyais d\u00e9j\u00e0, sans doute, une lecture (un ench\u00e2ssement) et un acte, toujours sens\u00e9, directionnel, de quelque coursier, dans la Monture. Et un salaire (une fin), une reproduction, par l\u2019inscription, en toute Mouture.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Plus tard, le salaire, un vestige, et la reproduction (du chemin, par le talus) se sont formul\u00e9s tous deux dans le Relief.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Monture\u00a0\u00bb s\u2019est situ\u00e9 entre les \u00ab\u00a0parures\u00a0\u00bb ench\u00e2ss\u00e9es et le \u00ab\u00a0parage\u00a0\u00bb dans le double sens de la D\u00e9fense, \u00e0 l\u2019ouest de Paris\u00a0: une protection, une banlieue.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces 4 mots\u00a0: monture, mouture, relief, parade formulent l\u2019appareil en question, fait de parties \u00e9videmment discontinues, ludiques\u00a0: des donnes qui se pourraient proposer bien des divertissements multiples \u00e0 un public int\u00e9ress\u00e9. Une sorte de jeu de l\u2019oie ou m\u00eame de jeu de r\u00f4les non moins rigoureux que les \u00e9checs\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais plus utilisables, comme le montre le sch\u00e8me qui m\u2019y a men\u00e9\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/?attachment_id=2974\" rel=\"attachment wp-att-2974\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-large wp-image-2974\" alt=\"HANDICAPE003\" src=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/HANDICAPE003-1024x404.jpg\" width=\"640\" height=\"252\" srcset=\"https:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/HANDICAPE003-1024x404.jpg 1024w, https:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/HANDICAPE003-300x118.jpg 300w, https:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/HANDICAPE003.jpg 1368w\" sizes=\"auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et le montreraient d\u2019autres sch\u00e8mes, figuratifs d\u2019\u00e8res pr\u00e9c\u00e9dentes, qui ne diraient plus l\u2019Or et le Graal mais, par exemple, la Terre Promise et l\u2019Arche, ou le Souffle de Vie et le Jardin d\u2019Eden. Car les 4 mots et leurs sens peuvent \u00eatre lus comme des habits, des masques, d\u2019une pens\u00e9e coh\u00e9rente et pr\u00e9sente, quoique parfois cach\u00e9e, sur plusieurs mill\u00e9naires \u2014 ou comme des facteurs, diff\u00e9remment nomm\u00e9s en des \u00e8res diff\u00e9rentes, d\u2019une seule Entit\u00e9 que j\u2019ai dite le R\u00e9el.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans l\u2019\u00e8re gr\u00e9co-biblique, j\u2019aurais dit d\u2019autres 4\u00a0: le peuplement et le d\u00e9peuplement, l\u2019\u00e9loignement et l\u2019approche\u00a0; et d\u2019autres en l\u2019\u00e8re de Cr\u00e9ation, en celle de la Similitude, en celle du Nash. Mais c\u2019e\u00fbt \u00e9t\u00e9 toujours la dialectique d\u2019un M\u00eame (constant comme la Pierre, mod\u00e8le ou cr\u00e9atif comme l\u2019inconscient) et de l\u2019Autre, divers (debout, couch\u00e9) discontinu et s\u00e9par\u00e9 du M\u00eame, apparent en quelque conscience, etc.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si je dis le M\u00eame et l\u2019Autre, pourtant, en cette \u00e9poque-ci, n\u2019est-ce pas que l\u2019alchimie et la qu\u00eate m\u2019obs\u00e8dent encore alors que le Fils prime encore sur l\u2019Esprit, non advenu\u00a0? Ou est-ce que, dans l\u2019Esprit, le M\u00eame et l\u2019Autre primeront comme aujourd\u2019hui \u2014 et que les 4 mots les d\u00e9portent seulement vers plus de r\u00e9alit\u00e9 que le Graal et l\u2019Or\u00a0? Les 4 positionnent, mais non plus que les cardinaux, les \u00e9l\u00e9ments, les jeux, les \u00ab\u00a0sciences\u00a0\u00bb. Les 9 leur donnent sens, mais non plus que les Vents, les Muses, les H\u00e9ros, les Sibylles, les Mages.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Car, si JE compose le sch\u00e8me, \u00e0 chaque fois un peu diff\u00e9rent, on voit que JE, en ses 3 personnes, demeure indistinct\u00a0; et de m\u00eame innomm\u00e9s les 3 lieux, que le sch\u00e8me rassemble au centre (ici, le 7<sup>\u00e8me<\/sup>ou le 8<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle)\u00a0: \u00e0 la fois le moyeu de l\u2019\u0153uf ou de la roue, le moyen\/moyenne, et la partie (englobante dans le jeu, fragmentaire dans le Tout). L\u2019Unit\u00e9 m\u00eame du dieu, un carrefour et l\u2019entour que je nomme l\u2019Eden et sa sortie\u00a0; le temps de Mo\u00efse et l\u2019exode mais la Tribu\u00a0; le temps des maires du palais mais du Roi fait n\u00e9ant dans le fief. Primant le 3, jusqu\u2019\u00e0 le dissoudre, le 4 impose pr\u00e9cis\u00e9ment la double dialectique que disent les 4 mots. La lecture n\u2019est pas fid\u00e8le si elle n\u2019est pas \u00ab\u00a0actualis\u00e9e\u00a0\u00bb. L\u2019apog\u00e9e n\u2019est pas une fin, bien qu\u2019elle commence le d\u00e9clin, au plus haut de l\u2019inscription, dans le temple ou l\u2019\u00e9glise. Exactement comme l\u2019orbite atteinte minimise, puis annule le rayon tellement moindre\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais, pour le JE, conquis ou n\u00e9glig\u00e9, l\u2019orbite n\u2019en \u00e9tait pas moins l\u2019Autre. M\u00eame s\u2019il en fait, plus tard, le R\u00e9el-Dieu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><b><i>B) Les dialectiques facultantes (et facultatives)<\/i><\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De 1938 \u00e0 1942 (ou 43), maint ouvrage m\u2019avait r\u00e9v\u00e9l\u00e9 les 3 Vertus de Platon\u00a0: le Vrai, le Bien, le Beau et dispos\u00e9 \u00e0 en faire les 3 lieux qui conditionnent JE et d\u2019o\u00f9 JE se lib\u00e8re\u00a0: le Je-moi (l\u2019entendement), le Je-toi (la passion), et le Je-lui (la sensation). Les 4 ou 5 ans \u2014 je le vois aujourd\u2019hui \u2014 n\u2019avaient gu\u00e8re \u00e9t\u00e9 emplis que par le probl\u00e8me\u00a0: comment JE passe-t-il d\u2019un domaine \u00e0 l\u2019autre\u00a0? A la longue, il m\u2019avait sembl\u00e9 que ce ne pouvait \u00eatre que par les 2 voies de la Condensation et de l\u2019Extension.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De la condensation, du m\u00eame au m\u00eame, puisque JE perdure, par l\u2019accoutumance, l\u2019aptitude ou le pouvoir, l\u2019intelligence en soi\u00a0;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">de l\u2019extension, de l\u2019autre \u00e0 l\u2019autre, puisque JE communique, relationne et change, par l\u2019app\u00e9tence (ou le simple d\u00e9sir), la volition (toute volont\u00e9) et la conscience, de l\u2019autre essentiellement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La machine situait les 6 facult\u00e9s dans les 3 lieux ou 3 vertus. Mais ce n\u2019\u00e9tait pas sans faire de chacune d\u2019elles une condition de la localisation ou une lib\u00e9ration du lieu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je ne sais plus quel sch\u00e9ma j\u2019avais choisi d\u2019abord. Je propose celui-ci\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/?attachment_id=2975\" rel=\"attachment wp-att-2975\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-large wp-image-2975\" alt=\"HANDICAPE004\" src=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/HANDICAPE004-1024x488.jpg\" width=\"640\" height=\"305\" srcset=\"https:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/HANDICAPE004-1024x488.jpg 1024w, https:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/HANDICAPE004-300x143.jpg 300w, https:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/HANDICAPE004.jpg 1341w\" sizes=\"auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il n\u2019est pas besoin d\u2019\u00eatre expert dans la psychologie de l\u2019\u00e9poque 40, trop m\u00e9pris\u00e9e aujourd\u2019hui, pour noter que le sch\u00e8me subsiste en son int\u00e9grit\u00e9 si je prends le Je-lui ou le Je-moi pour centre au lieu du Je-toi (le Vrai ou le Beau au lieu du Bien). Mais, en effet, le temps du Taureau a plac\u00e9 le Beau au c\u0153ur, l\u2019\u00e8re du B\u00e9lier le Je-moi, l\u2019\u00e8re du Poisson le Je-toi. L\u2019\u00e8re de l\u2019Esprit y placera de nouveau le Je-lui ou le beau (l\u2019Harmonie). Car nous ne sommes plus dans la Croix cardinale mais dans les replis des 2 serpents dont l\u2019embrassement ne cesse de se modifier, comme ils se modifient, l\u2019un et l\u2019autre, en leurs mues. Ainsi que JE.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><b><i>Les 2 figures<\/i><\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Elles ne sont pas seulement diff\u00e9rentes, traitant l\u2019une de JE (courbe) et l\u2019autre d\u2019un Englobant ludique (droite). Elles s\u2019inversent en tous points, non moins que l\u2019entr\u00e9e et la sortie, la voie et le quai, l\u2019horizontal et le vertical, le continu et le discontinu, etc.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les dialectiques factrices, que fondent les 4 mots, \u00e9liminent les 3 lieux, qu\u2019elles confondent en un seul\u00a0: le centre de la Croix\u00a0: \u00e0 la fois le moyeu de la roue ou de l\u2019\u0153uf (le Temps de Dieu), le moyen\/moyenne des chronologies et la partie qui se joue non moins que la partie (fragment) du Tout. Eliminant les 3, elles refusent les 3 personnes de JE en la Doxa. Elles formulent le temps de l\u2019homme sans dieu, le rationnel, m\u00eame si sa raison n\u2019est plus qu\u2019un jeu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les dialectiques facultantes, que fondent les 3 Vertus ou Lieux, ne cessent de dire les 3 Personnes, m\u00eame si aucune des 3 ne se con\u00e7oit sans la quadrilogie des 2 conditions et 2 lib\u00e9rations, par le d\u00e9doublement des voies de condensation et d\u2019expansion.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est la formulation du temps de l\u2019homme de Foi, m\u00eame si sa croyance n\u2019est qu\u2019en l\u2019Etre-je, par les 3 personnes des Soufis\u00a0: Je-moi, Je-toi, Je-lui.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Niant les 3 de la Doxa, le rationaliste nie la Personne au profit de l\u2019observateur ou du joueur, que les cardinaux situent (comme le sophiste ou le philosophe Alain l\u2019ont d\u00e9montr\u00e9).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">N\u00e9gligeant le 4, \u00e0 ce point qu\u2019il ne sait plus quelle trilogie de tribus ou de vertus th\u00e9ologales se situe \u00e0 tel cardinal, le r\u00e9aliste irrationnel s\u2019isole de l\u2019Englobant r\u00e9el et de tout contenant de l\u2019Etre\u00a0: ce dieu-l\u00e0 en JE, qu\u2019il nomme Dieu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi que Poe, Nietzsche, Artaud l\u2019ont fait.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais l\u2019Englobant est-il une sph\u00e8re, dont JE ne serait que le rayon\u00a0? Ou une figure volumineuse toute diff\u00e9rente (le cylindre de Beckett, le c\u00f4ne de Yeats) ou JE serait comme une double ellipse, un analemme, une spirale\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ni une machine ni l\u2019autre ne le disent ou montrent, ou nombrent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Preuve que l\u2019aveu ne suffit pas.<\/p>\n<div id=\"attachment_2976\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/?attachment_id=2976\" rel=\"attachment wp-att-2976\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2976\" class=\"size-medium wp-image-2976\" alt=\"Illustration Pierre-Jean Debenat\" src=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/P1000997-300x225.jpg\" width=\"300\" height=\"225\" srcset=\"https:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/P1000997-300x225.jpg 300w, https:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/P1000997-1024x768.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2976\" class=\"wp-caption-text\">Illustration Pierre-Jean Debenat<\/p><\/div>\n<h3 style=\"text-align: center;\">Jean-Charles Pichon, 1999.<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00a0<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un handicap\u00e9 Gare de Nantes \u00a0 Je n\u2019aurais pu faire cette confession le mois dernier. 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Handicap\u00e9, je l\u2019\u00e9tais, beaucoup plus concr\u00e8tement &hellip; <a href=\"https:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/?p=2945\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[46],"tags":[],"class_list":["post-2945","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-recits"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2945","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2945"}],"version-history":[{"count":14,"href":"https:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2945\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2978,"href":"https:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2945\/revisions\/2978"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2945"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2945"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2945"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}