{"id":959,"date":"2011-10-06T11:37:55","date_gmt":"2011-10-06T09:37:55","guid":{"rendered":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/?p=959"},"modified":"2012-06-22T17:14:26","modified_gmt":"2012-06-22T15:14:26","slug":"les-precis-ridicules-ii-1","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/?p=959","title":{"rendered":"LES PRECIS RIDICULES &#8211; II (1) &#8211;"},"content":{"rendered":"<h2 style=\"text-align: center;\"><strong>Deuxi\u00e8me partie<\/strong><\/h2>\n<h2 style=\"text-align: center;\"><strong>DE L&rsquo;OBJET<br \/>\n<\/strong><\/h2>\n<h2 style=\"text-align: center;\"><strong>AU MOTIF<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 style=\"text-align: center;\"><strong>I<\/strong><\/h2>\n<h2 style=\"text-align: center;\">Les Alchimistes<\/h2>\n<h2 style=\"text-align: center;\"><strong>NUYSEMENT<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le texte : <em>Les visions herm\u00e9tiques<\/em>, du sire Heurtier de Nuysement (1620).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Deux textes marquent l&rsquo;origine et la fin de l&rsquo;alchimie \u00e9sot\u00e9rique. Le premier est un apocryphe de D\u00e9mocrite : <em>le livre de D\u00e9mocrite \u00e0 Leucippe<\/em>, certainement ant\u00e9rieur au Christ. Le deuxi\u00e8me est <em>L&rsquo;entr\u00e9e ouverte au palais ferm\u00e9 du roi<\/em>, du myst\u00e9rieux Philal\u00e8te, certainement post\u00e9rieur \u00e0 1620.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le premier n&rsquo;est que l&rsquo;un des innombrables <em>trait\u00e9s de teinture<\/em> r\u00e9pandus du 2<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle avant J\u00e9sus-Christ au 2<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle de notre \u00e8re. Selon le R.P. Festugi\u00e8re, qui les recense <a href=\"#_ftn1\">[1]<\/a>, la majorit\u00e9 de ces trait\u00e9s r\u00e9partissent les op\u00e9rations de l&rsquo;\u0152uvre en 4 phases :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">a) de l&rsquo;antimoine, le plomb le plus riche en eau, le plus ductile et fusible, est tir\u00e9e la <em>mati\u00e8re premi\u00e8re<\/em> (au noir),<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">b) devenu fluide, le plomb s&rsquo;unit aux substances qui ont affinit\u00e9 avec lui et le blanchissent (\u0153uvre en blanc),<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">c) la cuisson fait passer le <em>noir premier<\/em>, devenu blanc, par toute la gamme des couleurs (autour du jaune), que l&rsquo;apocryphe de D\u00e9mocrite nomme le Cam\u00e9l\u00e9on,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">d) \u00e0 la fin des op\u00e9rations, la teinture est r\u00e9alis\u00e9e. Selon le but recherch\u00e9 et les corps employ\u00e9s, en argent, or, pierre pr\u00e9cieuse ou pourpre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous ne savons pas quelle date donner \u00e0 l&rsquo;apocryphe, mais nous savons que, d\u00e8s -220, les \u00ab\u00a0teintures\u00a0\u00bb \u00e9taient pratiqu\u00e9es, puisque Archim\u00e8de est l&rsquo;auteur d&rsquo;un petit trait\u00e9 qui expliquait comment distinguer un or ou un argent v\u00e9ritables du m\u00e9tal teint.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Du 23<sup>\u00e8me<\/sup> chapitre au 30<sup>\u00e8me<\/sup>, le second texte \u00e9num\u00e8re les m\u00eames phases de l&rsquo;\u0152uvre, mais en d\u00e9taillant la troisi\u00e8me (c), que les alchimistes m\u00e9di\u00e9vaux avaient appel\u00e9e : l&rsquo;Arc-en-ciel :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u0153uvre au noir <\/em>:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">le r\u00e9gime de Mercure, 50 jours,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">le r\u00e9gime de Saturne ou le travail du plomb, 40 jours,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u0153uvre au blanc <\/em>:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">le r\u00e9gime de Jupiter ou le travail de l&rsquo;\u00e9tain, 21 jours,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">le r\u00e9gime de la Lune ou de l&rsquo;argent philosophique,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>l&rsquo;arc-en-ciel<\/em> :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">le r\u00e9gime de V\u00e9nus ou du cuivre, le vert, de 10 \u00e0 20 jours,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">le r\u00e9gime de Mars ou du fer, le jaune ou la <em>Queue du Paon<\/em>, 40 + 14 = 54 jours,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>la 4<sup>\u00e8me<\/sup> phase<\/em> :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">le r\u00e9gime du Soleil ou de l&rsquo;or philosophique, 14 + 26 + 3 = 43 jours.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le caract\u00e8re le plus remarquable de <em>l&rsquo;Entr\u00e9e ouverte<\/em> est que le trait\u00e9 unit en un seul symbolisme celui des 7 plan\u00e8tes, des 7 mati\u00e8res (mercure, plomb, \u00e9tain, argent, cuivre, fer, or) et celui des 7 couleurs du spectre. Il faut y adjoindre le fait que l&rsquo;ensemble des op\u00e9rations couvre les huit mois et que Philal\u00e8te conseille d&rsquo;entreprendre le travail en Mai. Or, de Mai en D\u00e9cembre, les Signes auront \u00e9t\u00e9 : Taureau, G\u00e9meaux, Cancer, Lion, Vierge, Balance, Scorpion et Sagittaire, adjoignant une quatri\u00e8me symbolique aux trois pr\u00e9c\u00e9dentes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Entre l&rsquo;apocryphe de D\u00e9mocrite et le trait\u00e9 de Philal\u00e8te, cinquante autres successions auront \u00e9t\u00e9 propos\u00e9es, fond\u00e9es sur les 4, les 7 ou les 12. Mais, parmi ces derni\u00e8res m\u00eame, l&rsquo;ordre des 4 est demeur\u00e9 immuable, comme on le voit par la plus r\u00e9cente, celle de l&rsquo;\u00e9sot\u00e9riste italien Evola<a href=\"#_ftn2\">[2]<\/a> :<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/NUYSEMENT001.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-999\" title=\"NUYSEMENT001\" src=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/NUYSEMENT001-300x241.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"241\" srcset=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/NUYSEMENT001-300x241.jpg 300w, http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/NUYSEMENT001.jpg 761w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est certain que les 12 Principes de Lulle (1312) ou les 12 Cl\u00e9s de Valentin (1550?) nommaient diff\u00e9remment les Douze et, m\u00eame, se fondaient sur des bases diff\u00e9rentes : Lulle sur la Forme et la Mati\u00e8re, Valentin sur les 3 Mati\u00e8res : le Mercure, le Soufre et le Sel. Mais la succession des 4 s&rsquo;y retrouve sensiblement la m\u00eame, ainsi que chez le commentateur le moins qualifi\u00e9 de la Grande \u0152uvre :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">a) putr\u00e9faction,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">b) volatilisation,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">c) solidification,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">d) ultime combinaison<a href=\"#_ftn3\">[3]<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si l&rsquo;abondance et la diversit\u00e9 de ces trait\u00e9s et commentaires posent un probl\u00e8me, on prend conscience que celui-ci tient moins aux mati\u00e8res employ\u00e9es et aux d\u00e9nominations des phases qu&rsquo;\u00e0 la succession des couleurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En effet, du Noir au Blanc se d\u00e9ploie d\u00e9j\u00e0 un premier \u00ab\u00a0arc-en-ciel\u00a0\u00bb que certains confondent avec le second, ou \u00ab\u00a0grand\u00a0\u00bb. Puis, certains, comme Philal\u00e8te, ont tendance \u00e0 contenir les 4 dans les 7, quand les 7 couleurs s&rsquo;\u00e9chelonnent dans la 3<sup>\u00e8me<\/sup> op\u00e9ration parmi les 4 :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1) \u2013 L&rsquo;\u0153uvre au noir (1),<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">2) \u2013 l&rsquo;\u0153uvre au blanc, n\u00e9cessairement double : a et b (ou 2 et 3),<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">3) \u2013 l&rsquo;arc-en-ciel : les 7 r\u00e9gimes, de 4 \u00e0 10,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">4 \u2013 le passage \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat final et cet \u00e9tat : 11 et 12.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il n&rsquo;est donc d&rsquo;alchimie qui puisse s&rsquo;analyser sans qu&rsquo;il soit tenu compte des deux sens des couleurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;un de ceux qui en ont trait\u00e9 le mieux est certainement Georges Lano\u00eb-Vill\u00e8ne, dans les 7 volumes dans son Livre des Symboles<a href=\"#_ftn4\">[4]<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Les trait\u00e9s de teintures<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est difficile pour un esprit du 20<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle de se faire une id\u00e9e de l&rsquo;importance prise par les couleurs de -200 \u00e0 +200 plus ou moins, c&rsquo;est-\u00e0-dire depuis Bolos jusqu&rsquo;aux pierres pr\u00e9cieuses de l&rsquo;Apocalypse. Mais l&rsquo;\u00e9sot\u00e9risme d&rsquo;un Ovide ou d&rsquo;un Virgile y puise non moins assur\u00e9ment que la \u00ab\u00a0science\u00a0\u00bb encore naturaliste d&rsquo;un Lucr\u00e8ce ou d&rsquo;un Pline.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La difficult\u00e9 provient en partie de ce que cet \u00e9sot\u00e9risme n&rsquo;est pas homog\u00e8ne, il joue des 3 couleurs chez l&rsquo;un (le Vert, le Rouge et le Jaune), de 7 chez l&rsquo;autre, des 12 pierres pr\u00e9cieuses chez l&rsquo;apocalyptique ou l&rsquo;astrologue. S&rsquo;y adjoint et le complique l&rsquo;\u00e9sot\u00e9risme des m\u00e9taux (de l&rsquo;Or au Plomb) et, parfois, des plantes (Jacinthe = Hyacinthe = le rouge tirant vers le violet).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une autre difficult\u00e9 est que le spectre est inconnu de la plupart des Occidentaux : les couleurs ne s&rsquo;\u00e9chelonnent pas du rouge au violet, par l&rsquo;orang\u00e9, le jaune, le vert et le bleu, mais elles forment le cycle, le bleu se situant alors au-del\u00e0 du violet : bleu, violet, rouge.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D&rsquo;o\u00f9, une importance du violet \u2013 plaque tournante \u2013 compl\u00e8tement rejet\u00e9e par la suite, quand Apollon \u2013 l&rsquo;Or rouge \u2013 a triomph\u00e9 de Hyacinthe. Mais le mythe du Violet r\u00e9dempteur, au-del\u00e0 de la mort, survivra chez de nombreux auteurs, comme chez Pline, qui distingue cinq teintures, toutes violettes : le rouge de crocus, l&rsquo;am\u00e9thyste, l&rsquo;h\u00e9liotrope, la mauve et la \u00ab\u00a0violette tardive\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quant \u00e0 l&rsquo;origine du mythe, on doit la faire remonter jusqu&rsquo;\u00e0 H\u00e9siode : \u00ab\u00a0Les sots ne savent pas combien la moiti\u00e9 vaut mieux que le tout, ni quelle richesse se cache dans la mauve et l&rsquo;asphod\u00e8le\u00a0\u00bb (<em>Les Travaux et les Jours, <\/em>40).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous savons que la dur\u00e9e, de l&rsquo;Unit\u00e9 \u00e0 la mort, tient entre le 1 et 12\/7 (ou e-1). Le nombrement du Violet au 1\/2\u00a0 situe donc cette couleur bien en de\u00e7\u00e0 de l&rsquo;Unit\u00e9, et en de\u00e7\u00e0 de la Dur\u00e9e. M\u00eame quand le Mauve aura disparu de l&rsquo;\u00e9sot\u00e9risme et le spectre pris la place du cycle, le Violet demeurera le symbole de la r\u00e9surrection, de la plus haute spiritualit\u00e9, comme une nostalgie du malheureux Hyacinthe, de l&rsquo;\u00e9poque r\u00e9volue o\u00f9 les couleurs form\u00e8rent le cercle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce sera d\u00e8s lors le Jaune qui deviendra le \u00ab\u00a0Centre\u00a0\u00bb, le point de retournement entre les deux processions, du violet au rouge ou du rouge au violet, sinon du spirituel au mat\u00e9riel ou \u00e0 l&rsquo;inverse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais, pendant tous ces si\u00e8cles, les Orientaux semblent avoir ma\u00eetris\u00e9 plus assur\u00e9ment et contin\u00fbment le neuf \u00e9sot\u00e9risme : le Chinois par la tradition des Cinq Empereurs, et l&rsquo;Indien par le panth\u00e9on de la <em>Trimurti<\/em>, dont le Jaune, couleur de Houang-ti ou de Brahma, fut toujours le Centre.<\/p>\n<div id=\"attachment_1011\" style=\"width: 231px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/NUYSEMENT004.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1011\" class=\"size-medium wp-image-1011\" title=\"NUYSEMENT004\" src=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/NUYSEMENT004-221x300.jpg\" alt=\"\" width=\"221\" height=\"300\" srcset=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/NUYSEMENT004-221x300.jpg 221w, http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/NUYSEMENT004.jpg 575w\" sizes=\"auto, (max-width: 221px) 100vw, 221px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1011\" class=\"wp-caption-text\">Illustration Pierre-Jean Debenat<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>L&rsquo;\u00e9sot\u00e9risme des couleurs<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Selon le sens choisi, d&rsquo;augmentation de la longueur d&rsquo;onde lumineuse (de 0,4 \u00e0 0,7 microns) ou de la r\u00e9duction de la longueur d&rsquo;onde (de 0,7 \u00e0 0,4), on sait que l&rsquo;ordre des couleurs s&rsquo;inverse : infrarouge, rouge, orang\u00e9, jaune, vert, bleu, violet, ultraviolet ou de l&rsquo;ultraviolet \u00e0 l&rsquo;infrarouge.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La \u00ab\u00a0plaque tournante\u00a0\u00bb ou point de r\u00e9sonance est ici le Jaune, en 0,6.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En des temps o\u00f9 l&rsquo;on peut penser que le spectre n&rsquo;\u00e9tait pas connu (on le nomme autrement avant Newton), il reste que le Jaune garde cette situation privil\u00e9gi\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les Chinois de l&rsquo;\u00e2ge archa\u00efque connaissaient les 5 Empereurs : le Noir, le Rouge, le Blanc, le Jaune et le Vert.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le sens de la Grande Ann\u00e9e, ces correspondances zodiacales devaient leur \u00eatre attribu\u00e9es :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La Vierge (ou la Banni\u00e8re) Noire au Noir,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Lion le Cheval ou le Souverain au Rouge,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Dragon volant (ou nos G\u00e9meaux) au Blanc,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Taureau au Vert.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Serpent Jaune Houang-ti (notre Cancer) se situait alors entre le Rouge et le Blanc. Il avait suivi le temps solaire, vers -11 000\/-9 000, et pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 le temps g\u00e9mellique, vers -7 000\/-5 000.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais les souverains de l&rsquo;an 1 000 de notre \u00e8re, les Tcheou, avaient honor\u00e9 le Serpent Jaune, et les rois pr\u00e9c\u00e9dents, les Yang, avaient honor\u00e9 le Dragon volant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;ordre \u00e9tait alors :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">les Han, sous le signe du Taureau vert, vers -3 000,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">les Yang, sous le signe du Blanc, au 2<sup>\u00e8me<\/sup> mill\u00e9naire avant J\u00e9sus-Christ,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">les Tcheou, sous le signe du Jaune, entre -1 080 et -780,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">les princes Ts&rsquo;in entre -780 et -230, sous le signe du Rouge, ou, plut\u00f4t les signes successifs du Jaune, du Blanc et du Rouge, par renouvellement successif des symboles-ma\u00eetres, dans le sens des couleurs \u00e0 nouveau invers\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Soit,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">sur 10 000 ans, l&rsquo;ordre : Noir, Rouge, Jaune, Blanc, Vert,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">sur 2 000 ans, l&rsquo;ordre : Vert, Blanc, Jaune, Rouge, (Noir),<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">sur 500 ans, l&rsquo;ordre : (Vert), Jaune, Blanc, Rouge.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces changements, peut-\u00eatre, seraient sans importance si, dans la Gr\u00e8ce d&rsquo;Hom\u00e8re, d&rsquo;H\u00e9siode et de leurs successeurs, ils n&rsquo;expliquaient l&rsquo;\u00e9trange ballet que pr\u00e9sentent les trois divinit\u00e9s : Apollon (le Feu rouge, d\u00e9vastateur), Aphrodite ou V\u00e9nus (d\u00e9esse des bl\u00e9s d&rsquo;or) et Vulcain ou H\u00e9pha\u00efstos (le Feu jaune, forgeron, bienfaisant, mais aussi le dieu des Profondeurs, l&rsquo;antique Apsu-B\u00e8s et, comme tel, plus verd\u00e2tre que jaune).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ici encore le Jaune de la d\u00e9esse tant\u00f4t se situe entre le Rouge et le Vert et tant\u00f4t \u00e0 l&rsquo;inverse, selon que le Feu de la lumi\u00e8re ou le Feu profond, t\u00e9n\u00e9breux, forgeron ou vulcanique l&#8217;emporte. C&rsquo;est ainsi que l&rsquo;Et\u00e9 se situe entre le Printemps ou l&rsquo;Eveil de la Lumi\u00e8re et l&rsquo;Hiver t\u00e9n\u00e9breux, mais \u00e9galement entre l&rsquo;Hiver et l&rsquo;Automne fructueux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Or, si la succession des Eres, dans la Grande Ann\u00e9e, ou des Jours dans la Semaine se pr\u00e9sente comme une telle m\u00e9tamorphose des figures ou des noms, renaissants en chaque \u00e9veil d&rsquo;un dieu ou chaque aurore, la succession des phases de la journ\u00e9e ou de l&rsquo;\u00e8re offre la d\u00e9ch\u00e9ance inverse, de la premi\u00e8re heure \u00e0 la derni\u00e8re, ou de la premi\u00e8re \u00e0 la douzi\u00e8me, par le royaume (Kr\u00eeta), la corruption (Tr\u00eata), la division (Dvapara) et l&rsquo;\u00e2ge de mort (K\u00e2li). Si les Figures ordonnent l&rsquo;\u00e9ternelle renaissance, les Lois de la mati\u00e8re pr\u00e9cipitent chaque phase en sa destruction.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;histoire des 12 Op\u00e9rations, en cela, se r\u00e9v\u00e8le pareille \u00e0 celle des 12 Tribus.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>La forme et la substance<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">N\u00e9anmoins, il n&rsquo;est d&rsquo;autre point commun que leur nombre aux 12 Fils de Jacob d&rsquo;une part et aux 12 Tribus cardinales de l&rsquo;autre. De m\u00eame n&rsquo;est-il d&rsquo;autre communaut\u00e9 que le nombre 12 entre les Pierres Pr\u00e9cieuses de l&rsquo;Apocalypse, par exemple, et les Op\u00e9rations m\u00e9di\u00e9vales.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Entre les deux premiers \u00e9sot\u00e9rismes tribaux s&rsquo;\u00e9tait situ\u00e9 le temps myst\u00e9rieux des Juges ou de la divine Terre Promise : les Fils l&rsquo;ont esp\u00e9r\u00e9; \u00e0 partir de Samuel les Tribus le regrettent. Ainsi, le premier \u00e9sot\u00e9risme fut d&rsquo;espoir, mais le second de nostalgie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Entre les deux \u00e9sot\u00e9rismes op\u00e9rationnels se situe le temps de Tous les Saints, ou le temps de la Forme\/Substance.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A \u2013 L&rsquo;origine peut en \u00eatre prise du 5<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, o\u00f9 Zozime proclame la pr\u00e9\u00e9minence du Soufre, l&rsquo;exhalaison s\u00e8che, le min\u00e9ral, par opposition au Mercure (la part humide du m\u00e9tal), selon les Qualit\u00e9s d&rsquo;Aristote; puis, Syn\u00e9sius proclame la pr\u00e9\u00e9minence du Mercure. Car \u00ab\u00a0il blanchit les corps et attire leurs \u00e2mes. Il les dig\u00e8re par la cuisson et s&rsquo;en empare. Il en est le fond permanent (la substance) tandis que les couleurs (formelles) n&rsquo;ont pas de fondement propre\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn5\">[5]<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Esot\u00e9riquement, les figures, les couleurs, les formes qu&#8217;emprunte le Soufre (ou le min\u00e9ral en poudre) constituent r\u00e9ellement la succession visible des m\u00e9tamorphoses, mais par la gr\u00e2ce ou la vertu de l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment contraire, liquide, ductile et fusible, que symbolise le Mercure des philosophes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">B \u2013 La fin peut en \u00eatre dat\u00e9e de l&rsquo;an 1 000, o\u00f9 les alchimistes arabes, par Avicenne, identifient de nouveau le Mercure \u00e0 la substance et le Soufre \u00e0 la forme, recr\u00e9ant de la sorte les 4 Qualit\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1 050, la notion de l&rsquo;Etre <em>en-soi<\/em> redevenue inconcevable, il ne sera m\u00eame plus question de substance mais de lois causales, comme l&rsquo;indique le conseil de Michel Psellus au patriarche Xiphilin : \u00ab\u00a0L&rsquo;alchimie ne se fonde pas sur les formes mais sur des causes rationnelles : la nature des 4 El\u00e9ments, dont tout vient par combinaison et de qui tout retourne par dissolution\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e8s lors rena\u00eetra l&rsquo;\u00e9sot\u00e9risme des 12 (Pierres Pr\u00e9cieuses de Marbode et de Joachim de Flore ou Op\u00e9rations de Bacon et de Villeneuve), mais il ne sera plus que nostalgique, en la fin du Doux Temps d&rsquo;Amour, quand l&rsquo;herm\u00e9tique et le gnostique avaient tendu au Royaume.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En cette acception de l&rsquo;Etre le temps se referme comme une ann\u00e9e de mars \u00e0 mars (l&rsquo;\u00e8re pr\u00e9cessionnelle) ou d&rsquo;Ez\u00e9chiel aux Rose-Croix autour d&rsquo;un point X : la Toussaint ou, pour l&rsquo;Islam, l&rsquo;H\u00e9gire :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">le Printemps : de la r\u00e9forme de Josias au panth\u00e9on d&rsquo;Auguste,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">l&rsquo;Et\u00e9 : du panth\u00e9on au 5<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle (Zozime),<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">l&rsquo;Automne ou le temps de l&rsquo;Etre : de Zozime \u00e0 Avicenne,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">l&rsquo;Hiver : d&rsquo;Avicenne au Concile de Trente.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Puis, le cycle sera ni\u00e9, au profit de l&rsquo;Histoire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Une histoire de l&rsquo;alchimie<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lorsque le sire Heurtier de Nuysement compose ses po\u00e8mes, entre 1590 et 1620, l&rsquo;origine historique de la Science des sciences : les trait\u00e9s de teinture herm\u00e9tiques, est enti\u00e8rement proscrite ou ignor\u00e9e. Aux nouveaux \u00ab\u00a0chimistes\u00a0\u00bb il faut des filiations plus glorieuses.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1 \u2013 Selon une premi\u00e8re tradition, l&rsquo;alchimie a eu pour p\u00e8re Mo\u00efse et c&rsquo;est son enseignement, transmis par Marie la juive, qui a permis de renouer, par-del\u00e0 le christianisme, avec la science trois fois mill\u00e9naire, en \u00e9tablissant le transfert du 3 au 4 par adjonction de l&rsquo;unit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les d\u00e9fenseurs de cette tradition vont valoir que les 3 mati\u00e8res, Soufre, Mercure et Sel ne sont autres que les 3 Lettres h\u00e9bra\u00efques Aleph, Shin et M\u00eam ou les Lettres brahmaniques A U M, elles-m\u00eames symbolisantes de la Roue, du C\u0153ur et du Dragon (la Roue, la Semblance et le Vivant d&rsquo;Ez\u00e9chiel).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais, alors que Ez\u00e9chiel savait jouer de ses 3 structures et des 4 El\u00e9ments, l&rsquo;alchimiste du 17<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle ne sait plus comment jouer des 3 et des 4. Exactement, il ne sait comment remonter de la mati\u00e8re \u00e0 la Forme. Selon le mot de G\u00e9rard Dorn (<em>De tenebris contra Naturam<\/em>, 1602), \u00ab\u00a0la d\u00e9cision est impossible entre la Trinit\u00e9 et le Dragon \u00e0 4 cornes\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">2 \u2013 Selon une autre tradition, l&rsquo;alchimie ne viendrait pas des juifs mais de l&rsquo;Islam, par le prince Khalid et Dj\u00e2bir ibn Hayyan (8<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle). De fait, la <em>science de la Balance<\/em>, vers 750, semble bien correspondre \u00e0 la cr\u00e9ation d&rsquo;un nouvel \u00e9sot\u00e9risme, enti\u00e8rement symbolique ou math\u00e9matique, dont le fondement n&rsquo;est pas les 3 mais les 4 Qualit\u00e9s d&rsquo;Aristote : le froid\/le chaud, le sec\/l&rsquo;humide.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mahomet lui-m\u00eame n&rsquo;a-t-il pas d\u00e9fini l&rsquo;Etre par la quadrilogie du Visible et de l&rsquo;Invisible, du Premier et du Dernier?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Fondamentalement attach\u00e9s \u00e0 la notion de Substance, ces \u00e9sot\u00e9ristes \u2013 islamiques, puis scolastiques \u2013 n&rsquo;ont cess\u00e9, tout au long du Moyen Age, de l&rsquo;opposer aux \u00ab\u00a0apparences\u00a0\u00bb, en opposant le sens invisible du Dernier au Premier au sens visible, inverse. Mais eux non plus ne sont pas remont\u00e9s des apparences \u00e0 la Substance, et les \u00e9sot\u00e9rismes se sont multipli\u00e9s sans s&rsquo;\u00e9clairer l&rsquo;un par l&rsquo;autre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les deux traditions ne sont pas contradictoires, \u00e0 condition de consid\u00e9rer qu&rsquo;elles ne se situent pas dans le m\u00eame plan.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comparons :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Les tribus\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 L&rsquo;alchimie<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">a) le passage Sumer\/Patriarches\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 a) le passage Bible\/Evangile<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">b) Jacob, vers -1900\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 b) la 1<sup>\u00e8re<\/sup> kabbale vers 250<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">c) Mo\u00efse, vers -1400\/-1340\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 c) la Balance, 750\/820<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">le partage cardinal des tribus\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 les 4 Qualit\u00e9s<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">d) Ez\u00e9chiel, -580\/-560\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 d) les Rose-Croix, 1580\/1600<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une premi\u00e8re lecture des deux chronologies est d&rsquo;ordre symbolique, mais il est vrai qu&rsquo;en ce plan, l&rsquo;\u00e9volution, de Bar Yocha\u00ef \u00e0 Nuysement, renouvelle seulement l&rsquo;\u00e9volution notable de Jacob \u00e0 Ez\u00e9chiel. Au contraire, une lecture historique ou causale des deux suites fait appara\u00eetre deux \u00e9volutions tr\u00e8s diff\u00e9rentes l&rsquo;une de l&rsquo;autre : depuis Mo\u00efse, le jeu des Cardinaux; depuis la science de la Balance, le jeu des Qualit\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans cette seconde lecture, le jeu des Cardinaux divise la phase (c) \u00a0en 4 p\u00e9riodes :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1) le partage des tribus par ordre de marche,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">2) le partage territorial,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">3) l&rsquo;\u00e9clatement des tribus,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">4) les partages symboliques et la formulation nouvelle des 3; les derniers proph\u00e8tes : -600\/-540.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sur ce mod\u00e8le, depuis la science de la Balance jusqu&rsquo;aux derniers Rose-Croix, quatre p\u00e9riodes apparaissent clairement, qu&rsquo;on ne peut plus confondre d\u00e8s qu&rsquo;elles sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1 \u2013 L&rsquo;alchimie arabe s&rsquo;est fond\u00e9e sur les 4 Qualit\u00e9s d&rsquo;Aristote en m\u00eame temps que sur les 4 de Mahomet. Si les premi\u00e8res d\u00e9finissaient les \u00e9tats substantiels de l&rsquo;Etre, les seconds d\u00e9finissaient les sens formels de <em>ce qui est<\/em>, soit du visible \u00e0 l&rsquo;invisible, soit \u00e0 l&rsquo;inverse, selon que le Visible ou l&rsquo;Invisible \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme <em>premier temps<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette osmose Forme\/substance \u00e9tait \u00e0 ce point indivise qu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait pas possible de distinguer l&rsquo;une de l&rsquo;autre. D&rsquo;o\u00f9, l&rsquo;absence d&rsquo;une 3<sup>\u00e8me<\/sup> mati\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si l&rsquo;alchimiste parle de Mercure et de Soufre, il entend par Mercure (tir\u00e9 de l&rsquo;argent) la part f\u00e9minine, substantielle de l&rsquo;Etre, que symbolise \u00e9galement la Lune; par Soufre (tir\u00e9 de l&rsquo;or) la part virile, formelle de l&rsquo;Etre que symbolise \u00e9galement le Soleil.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si le trinitaire s&rsquo;exprime en cette p\u00e9riode, du 8<sup>\u00e8me<\/sup> au 10<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, c&rsquo;est seulement par les 3 natures de Bolos : celle qui contient, celle qui vainc, celle qui unit : la Grammaire, la Rh\u00e9torique et la Dialectique de Bo\u00e8ce, ou le Vrai, le Beau et le Bien de Platon.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">2 \u2013 La seconde alchimie, scolastique, est revenue aux 4 El\u00e9ments, pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s aux 4 de Mahomet, et, de ce fait, a perdu la notion de Substance\/Forme, d\u00e9sormais inintelligible (au point que la trans-substantion eucharistique est discut\u00e9e, d\u00e8s 1080, puis d\u00e9voy\u00e9e, d\u00e9natur\u00e9e, ni\u00e9e).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Que la dialectique nouvelle soit celle de la Forme et de la mati\u00e8re (la Substance moins la Forme) ou celle de la Substance et de l&rsquo;apparence (la Forme moins la substance), un troisi\u00e8me terme devient n\u00e9cessaire pour unir l&rsquo;une et l&rsquo;autre. On ne le nomme pas encore le Sel mais le <em>mixte<\/em> : c&rsquo;est le miracle du C\u0153ur ou de la Semblance (l&rsquo;analogie).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En cette m\u00eame p\u00e9riode cependant, du 12<sup>\u00e8me<\/sup> au 14<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, se r\u00e9v\u00e8lent les premiers \u00e9sot\u00e9ristes alchimistes chr\u00e9tiens, non seulement praticiens, Arnault de Villeneuve, Roger Bacon, mais th\u00e9oriciens et th\u00e9ologiens : saint Albert, saint Thomas. Tandis que les premiers jouent de la mati\u00e8re et de la forme, les seconds jouent de la substance et des apparences, ainsi que les scolastiques dominicains.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les 12 op\u00e9rations des uns (Roger Bacon) ou les 12 Pierres des autres, h\u00e9rit\u00e9es de l&rsquo;Apocalypse, de Marbode et de Joachim de Flore (chez le Grand Albert encore) se d\u00e9duisent soit des 4 El\u00e9ments et du Mercure, du Soufre et du Mixte, soit de 3 Vertus (duret\u00e9, puret\u00e9, transparence) et de 4 couleurs (g\u00e9n\u00e9ralement le vert, le bleu, le jaune et le rouge).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">3 \u2013 Les alchimistes de la 3<sup>\u00e8me<\/sup> p\u00e9riode ont affin\u00e9 sans fin les 12 op\u00e9rations, depuis <em>les Douze principes<\/em> de Raymond Lulle (1313) jusqu&rsquo;aux <em>Douze cl\u00e9s de la Philosophie<\/em>, de Basile Valentin, vers 1540.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est alors que, d&rsquo;une part, l&rsquo;abondance des symboles et, de l&rsquo;autre, la multiplicit\u00e9 croissante des op\u00e9rations d\u00e9pouillent les premiers de toute mat\u00e9rialit\u00e9, les secondes de toute rigueur \u00e9sot\u00e9rique. Seul Raymond Lulle, par sa math\u00e9matique des combinaisons, semble renouer avec les qu\u00eates de Pythagore, Platon et Dj\u00e2bir; mais son partage dialectique des 12 entre la forme et la mati\u00e8re atteste que le sens de la substance est bien perdu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au d\u00e9but du 16<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle il n&rsquo;est plus possible de retrouver une r\u00e9partition des 12 op\u00e9rations dans les 4 d&rsquo;Aristote, de Mahomet, de Bo\u00e8ce, qu&rsquo;au temps de Josias il ne l&rsquo;\u00e9tait de r\u00e9partir les 12 tribus dans les 4 Cardinaux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">4 \u2013 C&rsquo;est alors que Valentin lui-m\u00eame, ou Paracelse selon une autre version, invente la 3<sup>\u00e8me<\/sup> mati\u00e8re : le Sel, vers 1530\/1550.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">N\u00e9e de la trinit\u00e9 scolastique, le Corps, l&rsquo;Ame et l&rsquo;Esprit<a href=\"#_ftn6\">[6]<\/a>, la trilogie nouvelle renouvelle \u00e9videmment les 3 Lettres kabbalistiques mais, en l&rsquo;abolition de l&rsquo;osmose Forme\/Substance, sa d\u00e9finition n&rsquo;en est pas \u00e9claircie pour autant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si la Forme n&rsquo;est plus que l&rsquo;apparence, l&rsquo;ancienne Forme islamique, le Soufre, n&rsquo;est plus que l&rsquo;antique Semblance d&rsquo;Ez\u00e9chiel, le C\u0153ur ou le Shin de la trilogie; le Mercure est la mati\u00e8re, le M\u00eam ou le Dragon, et le Sel est le nouvel Aleph (ou la Roue qui ferme le cycle).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au contraire, si le Sel prend la place du C\u0153ur (de l&rsquo;Hermaphrodite ou du Re-bis), le Mercure n&rsquo;est plus que <em>la mati\u00e8re des Philosophes<\/em> (ce qui demeure de l&rsquo;ancienne Substance), et le Soufre \u00e9pouse le Serpent des apparences, M\u00eam ou le Dragon.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les 3 mati\u00e8res ne peuvent se ramener assur\u00e9ment aux 3 symboles d&rsquo;Ez\u00e9chiel, ni m\u00eame aux 3 natures. Mais il y a pire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La confusion du Mercure avec la femelle et du Soufre avec le m\u00e2le ne simplifie pas la qu\u00eate mais la complique. Car la Terre et l&rsquo;Eau sont femelles, comme l&rsquo;humide et le froid, l&rsquo;Air et le Feu sont m\u00e2les, comme le sec et le chaud.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e8s son invention, ainsi, le Sel doit s&rsquo;identifier \u00e0 l&rsquo;un des \u00e9l\u00e9ments. Cherchant \u00e0 formuler clairement les 3 mati\u00e8res, Paracelse lui-m\u00eame n&rsquo;a-t-il pas invent\u00e9 l&rsquo;\u00e9trange image du bois qui br\u00fble et qui se r\u00e9v\u00e8le comme triple, dans la flamme qu&rsquo;il nourrit, la fum\u00e9e qui l&rsquo;\u00e9vapore et les cendres qu&rsquo;il devient? Ici, le Soufre est <em>comme<\/em> la flamme, le Mercure <em>comme<\/em> la vapeur, le Sel <em>comme<\/em> la cendre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme toujours, la volont\u00e9 de ramener le Trois \u00e0 3 des 4 annule tout \u00e9sot\u00e9risme.<\/p>\n<div id=\"attachment_1013\" style=\"width: 229px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/NUYSEMENT005.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1013\" class=\"size-medium wp-image-1013\" title=\"NUYSEMENT005\" src=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/NUYSEMENT005-219x300.jpg\" alt=\"\" width=\"219\" height=\"300\" srcset=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/NUYSEMENT005-219x300.jpg 219w, http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/NUYSEMENT005.jpg 575w\" sizes=\"auto, (max-width: 219px) 100vw, 219px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1013\" class=\"wp-caption-text\">Illustration Pierre-Jean Debenat<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Des teintures hell\u00e9nistiques et des m\u00e9taux romains, vers -200, jusqu&rsquo;aux ouvrages alchimistes de la p\u00e9riode 1600, un immense travail a \u00e9t\u00e9 poursuivi, dans l&rsquo;accord recherch\u00e9, puis aboli, de la Substance et de la Forme : il n&rsquo;a cess\u00e9 de s&rsquo;\u00e9panouir, au 8<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, que pour se dissoudre en toutes les folies coutumi\u00e8res aux esprits d\u00e9pourvus du sens de l&rsquo;\u00e9ternel.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Non seulement, vers 1600, la Forme et la Substance ne risquent plus de s&rsquo;unir, mais elles n&rsquo;existent plus, ni l&rsquo;une ni l&rsquo;autre. En leur place, les Trois ne sont plus que des <em>mati\u00e8res<\/em>; les Quatre, ou ce qu&rsquo;il en reste, ne sont plus que d&rsquo;incertains symboles, que d\u00e9mentent sans fin les <em>apparences<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Or, si les visions d&rsquo;Ez\u00e9chiel ont achev\u00e9 l&rsquo;\u00e9sot\u00e9risme, \u00e9l\u00e9mental puis cardinal, des tribus, ce sont les <em>Visions herm\u00e9tiques<\/em> de Nuysement qui mettent un terme \u00e0 l&rsquo;\u00e9sot\u00e9risme des couleurs, des pierres et des op\u00e9rations.<\/p>\n<div id=\"attachment_1014\" style=\"width: 223px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/NUYSEMENT006.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1014\" class=\"size-medium wp-image-1014\" title=\"NUYSEMENT006\" src=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/NUYSEMENT006-213x300.jpg\" alt=\"\" width=\"213\" height=\"300\" srcset=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/NUYSEMENT006-213x300.jpg 213w, http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/NUYSEMENT006.jpg 575w\" sizes=\"auto, (max-width: 213px) 100vw, 213px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1014\" class=\"wp-caption-text\">Illustration Pierre-Jean Debenat<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>De Sc\u00e8ve \u00e0 Nuysement<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Certaines p\u00e9riodes-charni\u00e8res de l&rsquo;Histoire se signalent par une floraison \u00e9blouissante d&rsquo;ouvrages insolites, par un renouvellement radical de l&rsquo;\u00e9sot\u00e9risme ancien : le romantisme allemand dans les quinze derni\u00e8res ann\u00e9es du 18<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle ou \u00ab\u00a0les machines c\u00e9libataires\u00a0\u00bb dans les quinze premi\u00e8res ann\u00e9es du 20<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il en est ainsi pour les quinze premi\u00e8res ann\u00e9es du 17<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, o\u00f9 paraissent coup sur coup l&rsquo;\u0153uvre d&rsquo;Andrea, celle de G\u00e9rard Dorn (1602), le <em>De la Nature<\/em> de Sethon (1604), le <em>Discours des Sorciers<\/em> de Henry Boquet (1610), <em>Le Miroir d&rsquo;Alquimie<\/em> de Jean de Mehun (1612) et ces retentissants apocryphes : <em>Le livre des figures hi\u00e9roglyphiques<\/em> de Nicolas Flamel (1612) et <em>L&rsquo;\u0152uvre royale de Charles VI<\/em> (1618). Chacun de ces livres, \u00e0 sa fa\u00e7on, traite du probl\u00e8me insoluble des 3 et des 4, et l&rsquo;on ne voit pas, \u00e0 premi\u00e8re vue, pourquoi l&rsquo;on pr\u00e9f\u00e9rerait celui-ci \u00e0 celui-l\u00e0.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D&rsquo;une certaine mani\u00e8re, d\u00e8s 1545, le po\u00e8te libertin Sc\u00e8ve a recouvert d&rsquo;avance toutes ces tentatives dans son \u0153uvre extraordinaire : <em>D\u00e9lie<\/em>, dont le complexe appareil joue de 504 structures mythiques :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">(12 X 5) + (9 X 49) + 3.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Non seulement nombr\u00e9es mais nomm\u00e9es, ces structures composent l&rsquo;\u00e9sot\u00e9risme des v\u00e9g\u00e9taux (l&rsquo;absinthe, l&rsquo;alo\u00e8s, l&rsquo;ambre, le c\u00e8dre, le dictame, la marjolaine, la myrrhe, l&rsquo;\u0153illet, la pomme), l&rsquo;\u00e9sot\u00e9risme bestiaire (le lion, le basilic, la ch\u00e8vre, le corbeau, l&rsquo;hydre, le li\u00e8vre, le loup, le lynx, le papegai, le ph\u00e9nix, la salamandre, le serpent), l&rsquo;\u00e9sot\u00e9risme des 12 Pierres, celui des 7 couleurs, l&rsquo;\u00e9sot\u00e9risme topologique des Anciens (l&rsquo;Arabie, le B\u00e9thys, l&rsquo;Egypte, l&rsquo;Etna, le Gange, Paphos, la Lybie), etc., mais leur ensemble recueille tous les vocabulaires mythiques en usage depuis des mill\u00e9naires, \u00e0 l&rsquo;exception de la symbolique zodiacale, trop \u00e9clairante.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais, pr\u00e9cis\u00e9ment, la D\u00e9lie r\u00e9v\u00e8le l&rsquo;insignifiance des nomenclatures en l&rsquo;absence de toute quadrilogie consciente. Car, dans la suite des nombres qui l&rsquo;ordonnent : 3, 5, 7, 9, 12, et leurs carr\u00e9s, 9, 25, 49, 81, on ne peut pas ne pas remarquer le d\u00e9faut du 4.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les m\u00e9tamorphoses de l&rsquo;Esprit-JE qu&rsquo;exige un tel ensemble ne peuvent, en fin de compte, qu&rsquo;\u00e9parpiller le JE, comme Sc\u00e8ve lui-m\u00eame l&rsquo;avoue :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Rien, ou bien peu, faudrait pour me dissoudre,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D&rsquo;avec son vif ce caduque mortel\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Car, toute affirmation est ni\u00e9e par son contraire, simultan\u00e9ment vrai :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Quand, sur la nuit, le jour vient \u00e0 mourir,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le soir d&rsquo;ici est aube \u00e0 l&rsquo;Antipode.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La Haute Science de Sc\u00e8ve, ainsi, retombe au \u00ab\u00a0Gay S\u00e7avoir\u00a0\u00bb de Rabelais, sinon \u00e0 la \u00ab\u00a0docte ignorance\u00a0\u00bb du cardinal de Cues.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quand, en 1562, dix-sept ans plus tard, Sc\u00e8ve publiera son <em>Microcosme<\/em>, il ne sera plus question d&rsquo;\u00e9sot\u00e9risme mais d&rsquo;une prospective quasi scientifique, d&rsquo;un regard d\u00e9j\u00e0 savant jet\u00e9 sur l&rsquo;avenir progressiste et m\u00e9canique de l&rsquo;humanit\u00e9<a href=\"#_ftn7\">[7]<\/a>.Le seul \u00ab\u00a0appareil\u00a0\u00bb retenu est le \u00ab\u00a0quadrivium\u00a0\u00bb\u00a0 et le \u00ab\u00a0trivium\u00a0\u00bb de Bo\u00e8ce : les 4 sciences et les 3 arts. Quant au langage sacr\u00e9 des symboles, devenu inconcevable ou pleinement oubli\u00e9, il ne peut \u00eatre d&rsquo;aucune utilit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Adam foudroy\u00e9 qui,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Ne sachant que son dieu qui en Dieu le forma,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En langage de Dieu tous ces brutaux nomma,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Selon le propre nom de leur propre nature\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le courage d&rsquo;un Nuysement est autre, et son g\u00e9nie plus ferme.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En effet, le m\u00eame processus a reconduit jadis des figures aux lois, qui reconduit \u00e0 pr\u00e9sent des analogies \u00e0 la science. Mais, contre l&rsquo;Histoire, c&rsquo;\u00e9tait aux figures qu&rsquo;Ez\u00e9chiel donnait sa confiance, comme Nuysement donne la sienne aux analogies.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Car, dans le d\u00e9p\u00e9rissement de la Mati\u00e8re (la mort de la Vierge), on ne savait pas lesquelles, des lois ou des figures, susciteraient l&rsquo;Ordre nouveau. Et, dans l&rsquo;abolition de l&rsquo;Objet, en sa structure ou sa substance (la mort du Roi, de la Hi\u00e9rarchie), on ne sait pas laquelle, de la m\u00e9taphore ou de la m\u00e9tonymie scientiste, suscitera le nouvel Esprit.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Chacune des \u00ab\u00a0visions herm\u00e9tiques\u00a0\u00bb ne d\u00e9finit pas seulement un \u00e9sot\u00e9risme particulier comme les po\u00e8mes de Sc\u00e8ve, mais raconte l&rsquo;op\u00e9ration m\u00eame par laquelle l&rsquo;analogie se transforme et se perp\u00e9tue.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je n&rsquo;en donnerai que ce seul exemple : la transmutation des oiseaux bicolores, par la vertu de l&rsquo;arbre, en un nouveau ph\u00e9nix :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Au-dessus de ce nid, je vis, sur une branche,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Deux oiseaux se piller et se donner la mort,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;un de couleur de sang, l&rsquo;autre de couleur blanche,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et tous deux, en mourant, prendre un plus heureux sort.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je les vis transmuer en blanches colombelles,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Puis en un seul ph\u00e9nix toutes deux se changer,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Qui, semblable au soleil, sur ses brillantes ailes,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Affranchi de la parque, au ciel s&rsquo;alla ranger.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Donn\u00e9 pour une description po\u00e9tique de la transmutation alchimique du Blanc et du Rouge en l&rsquo;Or philosophal, le po\u00e8me conte de fait l&rsquo;accord des deux mythes ail\u00e9s : la Fraternit\u00e9 et l&rsquo;Egalit\u00e9 (les deux Aigles d&rsquo;Ez\u00e9chiel) dans le Libre Esprit, par la vertu de l&rsquo;Arbre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Car aucun des dieux pass\u00e9s n&rsquo;a embrass\u00e9 les 4 (El\u00e9ments, Cardinaux, Qualit\u00e9s, Sciences) sans \u00eatre <em>en soi<\/em> les 3 Personnes ou Natures :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">le Cr\u00e9ateur : la Vierge, la M\u00e8re ou Caper Ea et le Taureau lui-m\u00eame;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">le Justicier : le Souverain, l&rsquo;Arche et le B\u00e9lier;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">le dieu d&rsquo;Amour : la Sagesse Sophia, le Verbe Basis et le Poisson.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Toujours : le C\u0153ur (Vierge, Archer, Poisson), en m\u00eame temps que la Roue (Ea, le B\u00e9lier, la Sagesse) et le Vivant (Taureau, Souverain, Verbe-Substance).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi, l&rsquo;Esprit que tous esp\u00e8rent devra \u00eatre tout \u00e0 la fois de la 1<sup>\u00e8re<\/sup>, de la 2<sup>\u00e8me<\/sup> et de la 3<sup>\u00e8me<\/sup> Personne, bien qu&rsquo;en tant que 3<sup>\u00e8me<\/sup> Personne (le nouveau Christ ou le Verseau, l&rsquo;Esprit Saint) il doive \u00e9galement recouvrir les 4, en leur formulation nouvelle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ayant acquis une pleine ma\u00eetrise dans le jeu des 3, c&rsquo;est \u00e0 cette formulation des 4 que le po\u00e8te doit s&rsquo;attaquer.<\/p>\n<p><em>Les victoires sur la mort<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Nous avons vu que, pour le proph\u00e8te du 18<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle : Joachim, Albert, les couleurs, r\u00e9duites \u00e0 4, pouvaient recouvrir les El\u00e9ments :<\/p>\n<p>rouge est le Feu,<\/p>\n<p>jaune la Terre,<\/p>\n<p>verte l&rsquo;Eau,<\/p>\n<p>bleu le Ciel.<\/p>\n<p>Mais cette symbolique, imparfaite, a \u00e9t\u00e9 promptement oubli\u00e9e. Au point que l&rsquo;alchimiste ne joue plus que du Noir, du Blanc, de l&rsquo;Arc-en-ciel et du Rouge.<\/p>\n<p>Au milieu du 16<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, un homme cependant s&rsquo;en est souvenu : Paracelse. Si les Couleurs ne symbolisent plus les El\u00e9ments, ne serait-il pas possible d&rsquo;arch\u00e9typer ceux qu&rsquo;elles v\u00eatent? D&rsquo;imaginer que des habitants divers hantent les El\u00e9ments?<\/p>\n<p>En effet, chacune des 4 phases de l&rsquo;\u0152uvre ne s&rsquo;ach\u00e8ve-t-elle pas comme la vie, par une r\u00e9elle mise \u00e0 mort? Les Couleurs, ici, cependant, ne sont plus celles des scolastiques : le bleu, le vert, le jaune, le rouge, ou elles ne le sont que dans la 3<sup>\u00e8me<\/sup> phase, dite : l&rsquo;Arc-en-ciel. Deux \u00ab\u00a0\u0153uvres\u00a0\u00bb l&rsquo;ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e : au Noir, puis au Blanc; une 4<sup>\u00e8me<\/sup> la suit : la sublimation finale.<\/p>\n<p>Identifiant les 4 phases aux 4 El\u00e9ments, Paracelse y a vu d&rsquo;abord comme une succession de la Terre ou mati\u00e8re premi\u00e8re (l&rsquo;\u0152uvre au noir) au liquide ou Lait de la Vierge (l&rsquo;\u0152uvre au Blanc). Puis, par l&rsquo;action de la cuisson du Feu, l&rsquo;accession \u00e0 l&rsquo;Or Philosophal ou spirituel.<\/p>\n<p>Il a nomm\u00e9 Pygm\u00e9es ou Gnomes les habitants de la Terre Profonde,<\/p>\n<p>Ondins ou Nymphes les habitants de l&rsquo;Eau,<\/p>\n<p>Salamandres ou Vulcains les habitants du Feu,<\/p>\n<p>Sylphes ou Ph\u00e9nix les habitants de l&rsquo;Air (<em>Les Grimoires<\/em>).<\/p>\n<p>Nuysement retient certains de ces noms et en invente d&rsquo;autres, quand, faisant parler l&rsquo;Esprit attendu, le nouveau Christ, il \u00e9crit :<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Je suis donc le Ph\u00e9nix qui rena\u00eet de sa cendre,<\/p>\n<p>Le Grain qui, pour produire, en la terre pourrit,<\/p>\n<p>Je suis ce P\u00e9lican et cette Salamandre<\/p>\n<p>Qui au feu prend naissance et du feu se nourrit.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Je dis qu&rsquo;il invente : \u00e0 peine! Car, les nouveaux symboles sont d\u00e9j\u00e0 longuement explicit\u00e9s.<\/p>\n<p>a) l&rsquo;\u0153uvre au noir se r\u00e9sout en la putr\u00e9faction du min\u00e9ral premier par adjonction d&rsquo;un m\u00e9tal ou d&rsquo;un liquide, dont l&rsquo;union constitue le mercure des philosophes et que Jean de Mehun a nomm\u00e9 le Grain :<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La Pierre est une et trine, ayant quatre \u00e9l\u00e9ments. Elle est aussi appel\u00e9e le grain du froment qui, s&rsquo;il ne meurt, demeurera seul\u00a0\u00bb (<em>Le miroir d&rsquo;Alquimie<\/em>).<\/p>\n<p>b) l&rsquo;\u0153uvre au blanc se r\u00e9alise par une s\u00e9rie de distillations du Mercure des philosophes, d&rsquo;autant plus efficaces qu&rsquo;elles sont plus nombreuses. Cette lente et laborieuse pr\u00e9paration s&rsquo;accomplissait dans l&rsquo;appareil que l&rsquo;alchimiste nommait un P\u00e9lican, sorte d&rsquo;alambic multiple o\u00f9 la vapeur r\u00e9cup\u00e9r\u00e9e par \u00ab\u00a0le feu constant et fort\u00a0\u00bb retombait en eau, blanchissant de plus en plus le produit. Pratiqu\u00e9, \u00e0 une autre \u00e9chelle, dans toutes les distillations industrielles, le proc\u00e9d\u00e9 donne toujours le m\u00eame r\u00e9sultat.<\/p>\n<p>Comme le P\u00e9lican s&rsquo;ouvre le ventre pour nourrir de sa propre chair sa prog\u00e9niture, le bec de l&rsquo;alambic nourrit de sa vapeur-eau la mati\u00e8re qu&rsquo;il blanchit et rend de plus en plus \u00ab\u00a0subtile\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>c) les Hell\u00e9nistiques d\u00e9j\u00e0 nommaient : le cam\u00e9l\u00e9on la phase que d&rsquo;autres alchimistes ont nomm\u00e9e le Serpent ou la Salamandre, et un Pline l&rsquo;Ancien croyait que ce dernier animal peut traverser le feu. C&rsquo;est en effet la phase des m\u00e9tamorphoses, o\u00f9 le corps pr\u00e9cieux passe par le spectre des couleurs : le vert, le jaune, l&rsquo;orang\u00e9.<\/p>\n<p>d) arrach\u00e9 \u00e0 sa propre cendre, sauv\u00e9 du feu, le Ph\u00e9nix prend enfin son envol, et sa couleur, rouge sombre ou pourpre, \u00ab\u00a0la plus belle couleur du monde\u00a0\u00bb, t\u00e9moigne que l&rsquo;\u0152uvre est achev\u00e9.<\/p>\n<p>Or, les 4 symboles : Grain, P\u00e9lican, Salamandre, Ph\u00e9nix, recouvrent les vocables de Paracelse et de ses successeurs. Mais \u00e9galement ils symbolisent les 4 victoires sur la mort du Mercure des philosophes, du corps, de la mati\u00e8re mutante et de l&rsquo;Or obtenu :<\/p>\n<p>a) le Grain meurt pour produire,<\/p>\n<p>b) de son propre sang, le P\u00e9lican nourrit ses enfants,<\/p>\n<p>c) ses mutations sont autant de renaissances pour celle que le feu m\u00e9tamorphose,<\/p>\n<p>d) de sa propre cendre rena\u00eet l&rsquo;oiseau divin, comme le savait d\u00e9j\u00e0 l&rsquo;\u00e9gyptien de S\u00e9sostris (et Tacite, deux mille ans plus tard).<\/p>\n<p>Ce qui meurt dans un sens du temps, selon les lois de la mati\u00e8re, rena\u00eet dans un sens inverse, en son \u00e9ternelle figure.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Ez\u00e9chiel et Nuysement<\/em><\/p>\n<p>L&rsquo;erreur du progressiste est de croire que les temps ne se r\u00e9p\u00e8tent pas; l&rsquo;erreur de l&rsquo;adepte de l&rsquo;\u00e9ternel Retour est de croire que les formes se r\u00e9p\u00e8tent.<\/p>\n<p>Il est aujourd&rsquo;hui neuf heures comme hier (dans le Jour m\u00eame) mais l&rsquo;\u00e9clat du ciel y est diff\u00e9rent et je n&rsquo;y ressens pas le m\u00eame bonheur, parce que aujourd&rsquo;hui n&rsquo;est pas le m\u00eame jour qu&rsquo;hier.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9clatement du cercle des Tribus (le zodiaque) avait conduit les juifs \u00e0 restreindre les 12 aux 4, \u00e9l\u00e9mentaux, puis cardinaux. L&rsquo;\u00e9clatement du cercle des Couleurs (Hyacinthe ou la Substance au c\u0153ur) a ramen\u00e9 les 12 ou les 7 aux 3 : le Vert, l&rsquo;affinit\u00e9, la s\u00e8ve ou la nature qui charme, le Jaune au centre, et le Rouge, la nature qui combat.<\/p>\n<p>D&rsquo;o\u00f9, la n\u00e9cessit\u00e9 pour Ez\u00e9chiel, de recr\u00e9er les 3 disparus (le Vivant, la Roue et la Semblance) et, pour Nuysement, de formuler \u00e0 nouveau les 4 : le P\u00e9lican, le Grain, la Salamandre et le Ph\u00e9nix. Le temps de Nuysement renouvelle le temps du proph\u00e8te juif, dans le Temps m\u00eame; cependant, ce n&rsquo;est pas le m\u00eame temps et l&rsquo;exigence formelle y est tout autre.<\/p>\n<p>D&rsquo;une \u00e8re \u00e0 la suivante, les deux voies sont substantiellement identiques (dans la mati\u00e8re et la loi) et formellement invers\u00e9es. Pour le comprendre, ni le jeu des tribus ne suffit, ni le jeu des couleurs ou des op\u00e9rations. Il faut se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 la \u00ab\u00a0science des structures\u00a0\u00bb en laquelle aussi bien Nuysement qu&rsquo;Ez\u00e9chiel ne cessent de puiser.<\/p>\n<p>a) <em>En la mort de la Vierge<\/em>, l&rsquo;ancien dieu Sagittaire, Ar\u00e8s-Horus-Wra, demeure prisonnier de l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment de Feu : il ne peut plus acc\u00e9der au Bien ou \u00e0 la 2<sup>\u00e8me<\/sup> Personne, c&rsquo;est-\u00e0-dire devenir Eros, le Grand Arkhon.<\/p>\n<p>Par l&rsquo;invention de la Semblance, Ez\u00e9chiel (puis, par le recours au Nombre Platon) n&rsquo;autre but que de permettre ce renversement de l&rsquo;El\u00e9ment \u00e0 la Personne.<\/p>\n<p>Ce ne peut \u00eatre sans recr\u00e9er l&rsquo;\u00e9sot\u00e9risme trinitaire, par le Vivant, la Roue ou la Semblance, ou par le Beau, le Vrai et le Bien, ou la chose diff\u00e9rente, la chose m\u00eame et la m\u00eame chose plus tard.<\/p>\n<p>b) <em>En la mort du Souverain<\/em> (le Lion, le Roi), l&rsquo;ancien dieu scorpionnaire, l&rsquo;Aps\u00fb, Basis, B\u00e8s ou Pistis, demeure prisonnier de l&rsquo;Herm\u00e8s Trism\u00e9giste, le dieu d&rsquo;Eau : il ne peut plus acc\u00e9der \u00e0 la 3<sup>\u00e8me<\/sup> Personne, c&rsquo;est-\u00e0-dire devenir le Verbe Interne ou le Libre Esprit.<\/p>\n<p>Par l&rsquo;invention de l&rsquo;<em>Arch\u00e9typus<\/em>, Sc\u00e8ve et Nuysement, entre autres, n&rsquo;ont d&rsquo;autre but que de permettre ce renversement de l&rsquo;El\u00e9ment \u00e0 la Personne.<\/p>\n<p>Mais c&rsquo;est-\u00e0-dire faire du Verbe ou de l&rsquo;Esprit Saint, l&rsquo;un des 3 dans le Trism\u00e9giste, quelque chose d&rsquo;autre : l&rsquo;un des 4 dans le Verseau. D&rsquo;o\u00f9 la n\u00e9cessit\u00e9 de recr\u00e9er une quadrilogie conforme aux nouveaux arch\u00e9types.<\/p>\n<p>En effet, concr\u00e8tement, la mort de la Vierge s&rsquo;est manifest\u00e9e par la destruction d&rsquo;une certaine r\u00e9alit\u00e9 (la Terre Promise), ne laissant plus subsister que ces abstractions : le M\u00eame et l&rsquo;Autre, dont Eros a d\u00fb jouer, par la Semblance, l&rsquo;Id\u00e9e, la Polarit\u00e9 enfin.<\/p>\n<p>Diff\u00e9remment, la mort du Souverain se manifeste par la destruction de l&rsquo;harmonie universelle, le Royaume de Dieu ou la Forme\/Substance. Elle laisse en vis-\u00e0-vis l&rsquo;Externe (l&rsquo;objet) et l&rsquo;Interne (le sujet) ou, plus na\u00efvement, le corps et l&rsquo;esprit.<\/p>\n<p>On remarque, sous cette optique, que les 4 morts de Nuysement s&rsquo;opposent deux \u00e0 deux : le Grain et le P\u00e9lican survivent par l&rsquo;objet ou en dehors de soi, en tant que plante ou nourriture; la Salamandre et le Ph\u00e9nix survivent par soi ou en soi-m\u00eame, par la m\u00e9tamorphose ou la r\u00e9surrection.<\/p>\n<p>Mais c&rsquo;est l\u00e0 encore une vue ext\u00e9rieure ou objective, superficielle des choses.<\/p>\n<p>Subjectivement substantielles, l&rsquo;\u0153uvre de la Salamandre et celle du Grain sont leurs : ils y perdent leurs formes (couleurs ou qualit\u00e9s). Si bien que le rationaliste lui-m\u00eame reconna\u00eet l&rsquo;existence de ces regains : la mutation, la germination, par-del\u00e0 une mort corporelle.<\/p>\n<div id=\"attachment_1015\" style=\"width: 217px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/NUYSEMENT007.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1015\" class=\"size-medium wp-image-1015\" title=\"NUYSEMENT007\" src=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/NUYSEMENT007-207x300.jpg\" alt=\"\" width=\"207\" height=\"300\" srcset=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/NUYSEMENT007-207x300.jpg 207w, http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/NUYSEMENT007.jpg 575w\" sizes=\"auto, (max-width: 207px) 100vw, 207px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1015\" class=\"wp-caption-text\">Illustration Pierre-Jean Debenat<\/p><\/div>\n<p>Subjectivement formul\u00e9es, l&rsquo;\u0153uvre du P\u00e9lican (l&rsquo;osmose d&rsquo;Amour) et celle du Ph\u00e9nix (le prodige de la Lib\u00e9ration) ne laissent pas leur substance intacte. Les petits du P\u00e9lican ne ressuscitent que sa forme et non pas son en-soi; rejailli de ses cendres, le Ph\u00e9nix est seulement comme l&rsquo;analogie de ce que furent ses anc\u00eatres, en une m\u00eame renaissance et non dans cette renaissance m\u00eame. Si bien que, seul, un mystique croit en l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 de ces retours : la race ou la lib\u00e9ration, par-del\u00e0 m\u00eame la mort du JE.<\/p>\n<p>D\u00e8s lors, les s\u00e9jours des 4 ne sont plus ni les El\u00e9ments ni les Cardinaux (qui ne se fondaient pas sur la dialectique du sujet et de l&rsquo;objet), mais les phases successives de l&rsquo;\u0152uvre Universelle, en ses sens invers\u00e9s : du pass\u00e9 \u00e0 l&rsquo;avenir d&rsquo;une part, du devenir au devenu, de l&rsquo;autre :<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/NUYSEMENT002.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1006\" title=\"NUYSEMENT002\" src=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/NUYSEMENT002.jpg\" alt=\"\" width=\"1035\" height=\"331\" srcset=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/NUYSEMENT002.jpg 1035w, http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/NUYSEMENT002-300x95.jpg 300w, http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/NUYSEMENT002-1024x327.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 1035px) 100vw, 1035px\" \/><\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>L&rsquo;ARCHETYPUS<\/em><\/p>\n<p>A partir de Nuysement, Basilicus, l&rsquo;ancien Verbe, n&rsquo;est plus seulement le dieu de la crypte, de la subterrestre t\u00e9n\u00e8bre, de l&rsquo;eau profonde, qu&rsquo;il \u00e9tait \u00e0 Byzance encore. Mais il est le dieu que, d\u00e9j\u00e0, Ignace de Loyola et Luther ont nomm\u00e9 le Verbe Int\u00e9rieur et que Boehme et Campanella, Fox et Milton vont nommer le dieu du subconscient, le v\u00e9ritable esprit cr\u00e9ateur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Subjectivement appr\u00e9hend\u00e9 mais objectivement r\u00e9v\u00e9l\u00e9, apr\u00e8s sa mort, par la nourriture qu&rsquo;il offre, la race qu&rsquo;il porte, les m\u00e9tamorphoses qu&rsquo;il assume, la lib\u00e9ration qu&rsquo;il permet.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si l&rsquo;arch\u00e9type, en tant qu&rsquo;analogie ou m\u00e9taphore, r\u00e9nove de l&rsquo;oubli les formes, contre la fuyante m\u00e9tonymie et l&rsquo;in\u00e9vitable entropie (des notions inconnues de Nuysement), il suscite, en tant qu&rsquo;esprit cr\u00e9ateur, contre la diversit\u00e9 des formes, le rythme substantiel qui triomphe de l&rsquo;oubli.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est, au-del\u00e0 des lois scientistes, la mati\u00e8re m\u00eame qui perdure, en toutes ses figures imaginables (y compris celle de l&rsquo;\u00e9nergie), en d\u00e9pit de la mort certaine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ou, contradictoirement, au-del\u00e0 des apparences c&rsquo;est l&rsquo;essence de l&rsquo;Etre qui survit, comme le JE \u00e0 travers les visages successifs de l&rsquo;enfant, de l&rsquo;adolescent, de l&rsquo;adulte, du vieillard.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Car, en son dernier \u00e9tat comme dans l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;origine, l&rsquo;Etre englobe les \u00ab\u00a0quatre \u00e9l\u00e9ments\u00a0\u00bb, ainsi que le disait Jean de Mehun. Il est aussi \u00ab\u00a0un et trine\u00a0\u00bb ainsi que s&rsquo;en pr\u00e9vaut l&rsquo;Esprit de Nuysement :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0En trinit\u00e9 unique et trine en unit\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais le probl\u00e8me est de maintenir cette Essence-Pierre vivante, au-del\u00e0 de ses quatre morts, car<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Tout le monde \u00e0 vil prix m&rsquo;ach\u00e8te et me poss\u00e8de,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais c&rsquo;est apr\u00e8s ma mort et quand seulet je suis.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Qui doncques me prend vif et sait ce que je suis<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Peut dire qu&rsquo;aux tr\u00e9sors des \u00e9lus il succ\u00e8de\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On l&rsquo;a beaucoup \u00e9crit, on l&rsquo;\u00e9crira encore : la Pierre n&rsquo;est pas de l&rsquo;or vulgaire. Lorsqu&rsquo;un alchimiste commence d&rsquo;en <em>faire<\/em> (Nicolas Flamel) le temps de la Substance est d\u00e9j\u00e0 termin\u00e9. Le but de l&rsquo;\u0152uvre est la transmutation de l&rsquo;alchimiste lui-m\u00eame. Mais ce but n&rsquo;est pas l&rsquo;Azoth sans \u00eatre l&rsquo;Alpha. Ce dernier est un premier : le JE fondamental, ant\u00e9rieur \u00e0 l&rsquo;enfance et aux trois autres phases.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par cette vie renaissante et par ces 4 morts, qu&rsquo;on les prenne dans l&rsquo;ann\u00e9e (les 4 saisons), dans la dur\u00e9e d&rsquo;une vie (les 4 \u00e2ges) ou dans une \u00e8re pr\u00e9cessionnelle ou dans une Grande Ann\u00e9e, c&rsquo;est toujours l&rsquo;Etre qui survit : la nature d&rsquo;une ann\u00e9e \u00e0 l&rsquo;autre; le vivant par ses enfants et par ses \u0153uvres; ce dieu-l\u00e0, le Taureau, IHV ou l&rsquo;IHS dans ses m\u00e9tamorphoses; une \u00ab\u00a0race\u00a0\u00bb humaine ou un \u00ab\u00a0\u00e9tat\u00a0\u00bb de l&rsquo;\u00e9volution, d&rsquo;une p\u00e9riode interglaciaire \u00e0 la suivante, etc.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Toujours en vie, comme grain ou salamandre, p\u00e9lican ou ph\u00e9nix, parce que toujours Unique et Trine, dans ses trois Natures ou ses trois Personnes : les trois dimensions de Platon, les trois symboles d&rsquo;Ez\u00e9chiel\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La figure que sugg\u00e8rent les po\u00e8mes de Nuysement est apparemment tout autre que celle du proph\u00e8te juif, non seulement par les symboles retenus mais par l&rsquo;architecture choisie :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/NUYSEMENT003.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1009\" title=\"NUYSEMENT003\" src=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/NUYSEMENT003.jpg\" alt=\"\" width=\"1036\" height=\"310\" srcset=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/NUYSEMENT003.jpg 1036w, http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/NUYSEMENT003-300x89.jpg 300w, http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/NUYSEMENT003-1024x306.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 1036px) 100vw, 1036px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais le r\u00e9sultat est le m\u00eame : la recr\u00e9ation des 12 : mois dans l&rsquo;ann\u00e9e ou heures dans l&rsquo;horloge, ann\u00e9es dans le cycle solaire, phases dans la vie, \u00e8res pr\u00e9cessionnelles dans la Grande Ann\u00e9e, comme jadis des 12 tribus dans la J\u00e9rusalem nouvelle.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Jean-Charles Pichon<\/p>\n<div>\n<hr size=\"1\" \/>\n<div>\n<p><a href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> <em>La r\u00e9v\u00e9lation d&rsquo;Herm\u00e8s Trism\u00e9giste (Gabalda, 1950).<\/em><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a href=\"#_ftnref2\">[2]<\/a> Rapport\u00e9 par Elisabeth Antebi, dans <em>Ave Lucifer<\/em> (Calmann-L\u00e9vy, 1970).<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a href=\"#_ftnref3\">[3]<\/a> Voir l&rsquo;article \u00ab\u00a0Alchimie\u00a0\u00bb dans <em>Dictionnaire des symboles<\/em>, de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant (Robert Laffont, 1969).<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a href=\"#_ftnref4\">[4]<\/a> <em>Le Livre des symboles<\/em>, dictionnaire de symbolique et de mythologie (Editions Brossard, 1930).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a href=\"#_ftnref5\">[5]<\/a> Cit\u00e9 dans le remarquable ouvrage de Lucien G\u00e9rardin, <em>L&rsquo;alchimie<\/em> (Biblioth\u00e8que de l&rsquo;Irrationnel, 1972).<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a href=\"#_ftnref6\">[6]<\/a> On trouve chez Lulle (<em>Le codicille<\/em>) cette mention alchimique d&rsquo;un corps (la mati\u00e8re premi\u00e8re), d&rsquo;un esprit purifi\u00e9 (par la distillation) et de l&rsquo;\u00e2me que fixe l&rsquo;op\u00e9ration finale (\u00e0 travers les m\u00e9tamorphoses de l&rsquo;Arc-en-ciel). Mais le mot <em>Corps<\/em> n&rsquo;a plus que le sens qu&rsquo;il aura en imprimerie, le mot <em>Esprit<\/em> que le sens qu&rsquo;on lui trouve en \u00ab\u00a0esprit de vie\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0eau de vie\u00a0\u00bb, le mot <em>Ame<\/em> que le sens qui subsiste encore dans les expressions : \u00ab\u00a0l&rsquo;\u00e2me du canon\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0l&rsquo;\u00e2me d&rsquo;un violon\u00a0\u00bb, etc.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a href=\"#_ftnref7\">[7]<\/a> La m\u00eame p\u00e9riode (1549\/1563) est celle o\u00f9 si\u00e8ge le concile de Trente et o\u00f9 s&rsquo;imposent les th\u00e9ocraties calvinistes, \u00e9galement destructeurs de la \u00ab\u00a0divine science\u00a0\u00bb et pourvoyeurs des nouvelles inquisitions.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Deuxi\u00e8me partie DE L&rsquo;OBJET AU MOTIF &nbsp; &nbsp; I Les Alchimistes NUYSEMENT &nbsp; &nbsp; Le texte : Les visions herm\u00e9tiques, du sire Heurtier de Nuysement (1620). Deux textes marquent l&rsquo;origine et la fin de l&rsquo;alchimie \u00e9sot\u00e9rique. Le premier est un &hellip; <a href=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/?p=959\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[41],"tags":[],"class_list":["post-959","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-le-jeu-de-la-realite"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/959","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=959"}],"version-history":[{"count":21,"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/959\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1934,"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/959\/revisions\/1934"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=959"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=959"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=959"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}