{"id":685,"date":"2011-04-18T10:30:30","date_gmt":"2011-04-18T09:30:30","guid":{"rendered":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/?p=685"},"modified":"2011-04-18T10:30:30","modified_gmt":"2011-04-18T09:30:30","slug":"le-saute-mouton","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/?p=685","title":{"rendered":"Le saute-mouton"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">Le 19 juillet 1997, nous \u00e9tions, Marie-Jo Saurin et moi, dans le bureau\/salon\/salle \u00e0 manger d&rsquo;une petite maison \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de Blain, en Bretagne. Face \u00e0 nous, devant un \u00e9pais manuscrit, Jean-Charles Pichon se mit en devoir de nous pr\u00e9senter sa derni\u00e8re oeuvre, le 3\u00e8 volume de sa somme \u00ab\u00a0Le rire du Verseau\u00a0\u00bb. C&rsquo;est un extrait de cette pr\u00e9sentation que je vous livre ici. Sa lecture suppose une certaine connaissance des ouvrages ant\u00e9rieurs et du parcours philosophique de Jean-Charles. N\u00e9anmoins, il permet de constater une fois de plus l&rsquo;originalit\u00e9 et la puissance d&rsquo;une r\u00e9flexion enrichissante.<\/p>\n<p>Pierre-Jean Debenat<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>LE SAUTE-MOUTON<\/strong><\/p>\n<p><strong> <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il s&rsquo;agit du troisi\u00e8me livre du \u00ab\u00a0Rire du Verseau\u00a0\u00bb. Le premier c&rsquo;est \u00ab\u00a0La question et le jeu\u00a0\u00bb, le deuxi\u00e8me c&rsquo;est \u00ab\u00a0Le train et le vagabond\u00a0\u00bb, l\u00e0 \u00e7a s&rsquo;appelle \u00ab\u00a0Le saute-mouton\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J&rsquo;ai mis en exergue ce qui est inintelligible actuellement : <em>le r\u00eave est la pr\u00e9sence de Dieu dans le Je absent, en sommeil, mort. Toute \u0153uvre humaine, cette tapisserie, est la pr\u00e9sence de Je dans le Dieu absent, lointain ou endormi<\/em>. Lorsque Heidegger pose sa question, il \u00e9videmment vu l&rsquo;Etre. Lorsqu&rsquo;il dit \u00ab\u00a0cela\u00a0\u00bb, il dit l&rsquo;Etre, bien s\u00fbr : est-ce que cet Etre est Dieu ou Je, c&rsquo;est tout le probl\u00e8me, non seulement d&rsquo;Heidegger, mais de tous ceux qui ont \u00e9crit sur la question, depuis la scolastique jusqu&rsquo;\u00e0 Lacan.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En quoi ce qu&rsquo;on a dit jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent r\u00e9pond-il \u00e0 la question de Je et de Dieu? A la question de l&rsquo;Etre? Il faut reprendre tout ce qu&rsquo;on a dit, d&rsquo;une autre fa\u00e7on, d&rsquo;une fa\u00e7on plus simple, plus d\u00e9pouill\u00e9e. Nous sommes partis des Aspects, les 3 aspects de l&rsquo;Objet; nous avons montr\u00e9 que les 3 Sens \u2013 directionnel, s\u00e9mantique et sensoriel \u2013 s&rsquo;ensuivent; s&rsquo;ensuivent aussi les 3 Lieux : l&rsquo;unit\u00e9, l&rsquo;appareil et le terme. Ce qu&rsquo;on a ajout\u00e9 \u00e0 ces premi\u00e8res trinit\u00e9s, c&rsquo;est la notion que la trinit\u00e9 est la seule fa\u00e7on de saisir la Personne, c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;Etre en soi, en soi vis-\u00e0-vis de toi et envers l&rsquo;autre. Mais, en m\u00eame temps, apr\u00e8s avoir rejet\u00e9 les questions vaines, nous avons esquiss\u00e9 des jeux, \u00e0 peu pr\u00e8s tous les jeux de table, qui jouent des cartes, des d\u00e9s et des pi\u00e8ces, et puis les jeux les plus complexes, du jeu de l&rsquo;oie aux jeux de r\u00f4les et \u00e0 l&rsquo;internet. Nous sommes revenus \u00e0 quelque chose que nous n&rsquo;avons pas exprim\u00e9, qui devrait \u00eatre commun \u00e0 tous ces jeux, et que nous n&rsquo;avons pas dit en r\u00e9alit\u00e9 : cette chose commune, je l&rsquo;ai dite il y a trois ans, dans une conf\u00e9rence-spectacle. La premi\u00e8re sc\u00e9nette traitait du saute-mouton. Et c&rsquo;\u00e9tait curieux de commencer par l\u00e0, je ne savais pas pourquoi je commen\u00e7ais par l\u00e0; en r\u00e9alit\u00e9, le saute-mouton s&rsquo;est trouv\u00e9 \u00e0 la fin, quand le conf\u00e9rencier est rejet\u00e9, exclu par son public, lapid\u00e9, fichu hors de la sc\u00e8ne. Je n&rsquo;avais pas compris pourquoi je pla\u00e7ais au d\u00e9but ce qui se passait \u00e0 la fin. Mais, en approfondissant la notion de saute-mouton, j&rsquo;y ai trouv\u00e9 des notions toutes diff\u00e9rentes : une question de sommaire, une question de sommation math\u00e9matique et une question de somme (dans le jeu de mots : une somme, un compte et un somme, un r\u00eave).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors, traiter du sommaire revient \u00e0 traiter de tout ce qui est \u00e9crit jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent. C&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;il y a toujours au d\u00e9part une trinit\u00e9, par exemple les Aspects, les aspects de l&rsquo;Objet, puis la saisie de ces aspects dans les questions successives : \u2013 je rappelle la question : \u00ab\u00a0Pourquoi cela est-il l\u00e0 plut\u00f4t qu&rsquo;une autre chose?\u00a0\u00bb \u2013 <em>qu&rsquo;est-ce que cela? qu&rsquo;est-ce que c&rsquo;est \u00ab\u00a0\u00eatre\u00a0\u00bb? o\u00f9, l\u00e0?<\/em> et comment r\u00e9pondre\u00a0 \u00e0 cette question. Et je r\u00e9pondais ou bien par le <em>parce que<\/em>, parce que c&rsquo;est ainsi, le pass\u00e9, l&rsquo;explication, ou <em>pour que<\/em>, pour que \u00e7a serve \u00e0 quelque chose, la projection.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et puis ces 5, je les encastrais dans la notion de question et \u00e0 ce moment-l\u00e0 j&rsquo;\u00e9tais amen\u00e9 \u00e0 opposer les m\u00eames questions : comment est-ce qu&rsquo;on r\u00e9pond? quelle est la r\u00e9ponse? quelle r\u00e9ponse choisir, comment la faire venir, o\u00f9 la faire venir? Et ces 3, de nouveau, je les encastrais dans la notion de jeux, et puis cette notion de jeux, qui contenait les 3, je la prolongeais par la notion de voyage et de meuble, etc.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De telle sorte que les sommaires de ce livre reposent sur une notion de 3, puis 2, les 3 premiers \u00e9tant pris pour une premi\u00e8re question, et les 5, \u00e0 ce moment-l\u00e0, en constituant 3. Plus tard, j&rsquo;ai montr\u00e9 que cela proc\u00e9dait de la possibilit\u00e9 de trouver le 4, qui n&rsquo;existe pas, par le passage du 3 au 5.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[\u2026]<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En fait, \u00e7a veut dire que le Je ne se suffit pas des 3, bien que seuls les 3 existent, il a besoin de quelque chose qui n&rsquo;existe pas, le 4, et de quelque chose qui le relance, le 5. Ce n&rsquo;est possible que si on admet que le Je ne dispose pas d&rsquo;un seul sens, comme du signe au seuil, mais qu&rsquo;il dispose d&rsquo;un sens contraire, de l&rsquo;inventaire \u00e0 l&rsquo;indivis. Il faudrait tenir compte au moins de ces deux sens.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D&rsquo;autre part, ces 1, 2, 3 ne sont jamais, ou rarement, dans la m\u00eame formulation. Ils ne le sont que dans le sommaire, en r\u00e9alit\u00e9! Mais il y a eu des combinaisons qui jouaient du 1, 3, 2 ou du 2, 3, 1, enfin des combinaisons tout \u00e0 fait diff\u00e9rentes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors, \u00e7a veut dire que notre sommaire ne suffit pas, puisqu&rsquo;il se base sur les 3 et se situe dans un seul sens de 1, 2, 3 et qu&rsquo;en r\u00e9alit\u00e9 c&rsquo;est beaucoup plus complexe que \u00e7a.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A ce moment-l\u00e0, je vais parler d&rsquo;une autre approche du probl\u00e8me, que j&rsquo;appelle les <em>sommations<\/em>, mais sommations en un sens qui n&rsquo;est pas uniquement math\u00e9matique : il y a des sommations de lettres, des sommations de figures.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;une sommation? Je dis que la sommation, bri\u00e8vement, est toujours comme un saut : c&rsquo;est un saut, en r\u00e9alit\u00e9, d&rsquo;un \u00e9tat \u00e0 un autre, et par-dessus quelque chose, qu&rsquo;on peut appeler l&rsquo;adversaire, bien s\u00fbr, le <em>saut\u00e9<\/em>, mais nous verrons que c&rsquo;est plus que le saut et beaucoup plus complexe que \u00e7a.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Prenons quelques exemples. Une des choses que nous avons apprises aussi, c&rsquo;est qu&rsquo;on n&rsquo;atteint au g\u00e9n\u00e9ral, au plus g\u00e9n\u00e9ral, que par le plus particulier. En fait, on ne peut pas traiter du g\u00e9n\u00e9ral, parce que le g\u00e9n\u00e9ral est infini, bien s\u00fbr, on peut toujours y ajouter quelque chose, pour que ce soit plus g\u00e9n\u00e9ral. Il ne proc\u00e8de pas d&rsquo;une accumulation, il proc\u00e8de d&rsquo;une saisie conjointe des choses, et finalement \u00e0 un retour \u00e0 l&rsquo;origine, \u00e0 l&rsquo;indivis. Quand je dis qu&rsquo;on va du signe au seuil, c&rsquo;est clair, c&rsquo;est l&rsquo;accumulation, le d\u00e9veloppement, mais l&rsquo;autre sens, de l&rsquo;inventaire \u00e0 l&rsquo;indivis, propose un sens inverse o\u00f9 l&rsquo;unit\u00e9 serait au terme. Or \u00e7a, ce n&rsquo;est pas dicible dans la g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9, parce qu&rsquo;il y aura toujours, encore une fois, des accumulations \u00e0 l&rsquo;infini. Donc il faut proc\u00e9der par un particularisme de plus en plus grand.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je vais choisir la langue fran\u00e7aise comme particularit\u00e9. Je choisirai ensuite des nombres tr\u00e8s pr\u00e9cis dans le Zodiaque ou la T\u00e9traktys, je choisirai aussi des figures assez pr\u00e9cises puisqu&rsquo;elles se r\u00e9solvent dans le cercle, le z\u00e9ro, et la croix, le X. Ce n&rsquo;est pas que je r\u00e9duise tout le probl\u00e8me \u00e0 ces exemples, mais c&rsquo;est que seuls ces exemples sont assez clairs pour pouvoir \u00eatre d\u00e9velopp\u00e9s jusqu&rsquo;\u00e0 leur terme.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans un premier temps, je vais donc traiter du langage et, tout de suite, je trouverai les deux approches du langage, le langage comme parole et le langage comme signe.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A notre \u00e9poque, le dogme pr\u00e9pond\u00e9rant, universel, c&rsquo;est \u00e9videmment un th\u00e8me d&rsquo;accumulation. On ajoute des choses et, ajoutant les choses, on les d\u00e9veloppe, on les rend universelles. \u00c7a va dans un sens tr\u00e8s pr\u00e9cis, de la cause vers l&rsquo;effet. La cause est identifi\u00e9e \u00e0 une masse compacte, pr\u00e9tendument, en r\u00e9alit\u00e9 un simple axiome \u2013 on pr\u00e9tend que c&rsquo;est ainsi \u2013 et, \u00e0 partir de ce signe, on va d\u00e9duire des appareils, comme la math\u00e9matique des ensembles; et puis de cet appareil, on va r\u00eaver une fin extr\u00eamement complexifi\u00e9e, extr\u00eamement pluralis\u00e9e, et qui sera le n\u00e9ant en fin de compte, qui sera l&rsquo;entropie, puisque cette m\u00e9thode ne m\u00e8ne qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;entropie. C&rsquo;est une dispersion du signe initial, qu&rsquo;exprime parfaitement notre dogme final qu&rsquo;est le Big Bang. Effectivement, la th\u00e9orie du Big Bang, c&rsquo;est la mani\u00e8re dont, \u00e0 partir d&rsquo;une masse compacte on arriverait \u00e0 cr\u00e9er les univers.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&nbsp;<\/p>\n<div id=\"attachment_686\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/04\/SAUTE-MOUTON-1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-686\" class=\"size-medium wp-image-686\" title=\"KONICA MINOLTA DIGITAL CAMERA\" src=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/04\/SAUTE-MOUTON-1-300x224.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"224\" srcset=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/04\/SAUTE-MOUTON-1-300x224.jpg 300w, http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/04\/SAUTE-MOUTON-1.jpg 650w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-686\" class=\"wp-caption-text\">Illustration Pierre-Jean Debenat<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il y a \u00e9videmment une autre notion, au contraire, c&rsquo;est celle d&rsquo;Edgar Poe, o\u00f9, \u00e0 partir de la dispersion finale, par un mouvement et des formules inverses de celles de Newton, on recr\u00e9erait l&rsquo;unit\u00e9 de d\u00e9part \u2013 qui \u00e0 ce moment-l\u00e0 ne serait pas une unit\u00e9, d&rsquo;ailleurs, qui serait quelque chose d&rsquo;incalculable, d&rsquo;innommable, d&rsquo;inexprimable : l&rsquo;Etre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce dogme lui-m\u00eame, bien s\u00fbr, vient de tout ce qui a \u00e9t\u00e9 propos\u00e9 depuis 150\u00a0 ans, dans les syst\u00e8mes, tout axiomatiques d&rsquo;ailleurs, physiques, chimiques, linguistiques, astronomiques, etc. Donc, au terme de tous ces syst\u00e8mes, on devait arriver au Big Bang, \u00e0 la notion que rien ne se cr\u00e9e, bien s\u00fbr, sauf par dispersion, mais qu&rsquo;en m\u00eame temps rien ne se perd, et tout se disperse quelque part. Seulement, cette m\u00e9thode part \u00e9videmment d&rsquo;un monde originel, d&rsquo;un \u00e9tat originel des choses, qu&rsquo;il s&rsquo;agit de retrouver \u00e0 partir du pr\u00e9sent, puisque nous ne connaissons que le pr\u00e9sent, nous ne vivons que le pr\u00e9sent. A partir de ce pr\u00e9sent, on pr\u00e9tend r\u00e9inventer, et conna\u00eetre, et comprendre l&rsquo;origine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors ce n&rsquo;est jamais r\u00e9alis\u00e9, bien entendu. On trouve une pierre, l&rsquo;un dira : c&rsquo;est le vestige d&rsquo;un temple d&rsquo;il y a 4 000 ans, parce que nos anc\u00eatres \u00e9taient des imb\u00e9ciles, il croyaient dans les dieux, on en est sorti; ou bien \u00e7a c&rsquo;est d&rsquo;une maison, d&rsquo;une cit\u00e9, d&rsquo;un village, sinon d&rsquo;une administration, comme on dit maintenant des \u00e9difices hell\u00e9nistiques, donc l&rsquo;homme a toujours \u00e9t\u00e9 raisonnable, a toujours su, a toujours v\u00e9cu comme nous vivons. En r\u00e9alit\u00e9, personne n&rsquo;en sait rien : on ne sait pas si c&rsquo;est la pierre d&rsquo;un temple ou la pierre d&rsquo;une simple maison.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si on prend un signe, on va le construire \u00e0 partir d&rsquo;une th\u00e9ogonie, comme Champollion, qui est d&rsquo;abord un grand mythologue et qui, \u00e0 partir de sa mythologie propre a \u00ab\u00a0traduit\u00a0\u00bb le langage \u00e9gyptien. Ou bien de toute fa\u00e7on on peut dire n&rsquo;importe quoi d&rsquo;autre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&nbsp;<\/p>\n<div id=\"attachment_687\" style=\"width: 235px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/04\/SAUTE-MOUTON002.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-687\" class=\"size-medium wp-image-687\" title=\"SAUTE MOUTON002\" src=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/04\/SAUTE-MOUTON002-225x300.jpg\" alt=\"\" width=\"225\" height=\"300\" srcset=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/04\/SAUTE-MOUTON002-225x300.jpg 225w, http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/04\/SAUTE-MOUTON002.jpg 382w\" sizes=\"auto, (max-width: 225px) 100vw, 225px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-687\" class=\"wp-caption-text\">PHATH - SOKARI<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">En fin de compte, on dira ou bien c&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 une langue structur\u00e9e, ou bien c&rsquo;est un balbutiement de singe. On n&rsquo;en sait rien. Ou bien on dira que l&rsquo;homme est un adulte qui est n\u00e9 de l&rsquo;enfant \u2013 et en effet l&rsquo;enfant commence par des signes, puis en devenant adulte il acc\u00e8de \u00e0 la parole. Nous dirons, ce qui est plus vraisemblable, qu&rsquo;\u00e0 partir de la parole actuelle, la parole des bien-entendants, on va cr\u00e9er des syst\u00e8mes de signes pour celui qui ne parle pas. C&rsquo;est-\u00e0-dire pour le singe. Et en effet, on peut \u00e9duquer un singe, \u00e0 la longue, avec beaucoup de patience, \u00e0 formuler quelques signes qui \u00e9quivaudront \u00e0 des paroles. L\u00e0 encore, on ne sait pas : est-ce que le singe descend de l&rsquo;homme, est-ce que l&rsquo;homme descend du singe, on est absolument incapable de le savoir. D&rsquo;ailleurs, est-ce que le singe fut \u00e0 l&rsquo;origine des choses, ou est-ce qu&rsquo;il ne fut qu&rsquo;une branche cass\u00e9e, on ne sait rien du tout de ce qu&rsquo;on pr\u00e9tend conna\u00eetre du pass\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u00e0 je te cite <a href=\"#_ftn1\">[1]<\/a>, parce que vraiment tu m&rsquo;as apport\u00e9 beaucoup de choses, et notamment cela que personne ne m&rsquo;avait jamais dit, parce qu&rsquo;on ne dit jamais ces choses-l\u00e0, que le langage des signes n&rsquo;est pas du tout une sorte de formulation universelle de ce qu&rsquo;essaye d&rsquo;exprimer la parole, mais qu&rsquo;il y a des langues de signes \u00e0 l&rsquo;infini, qui d\u00e9pendent non seulement de ce qu&rsquo;on est li\u00e9 \u00e0 un pays, ou \u00e0 une famille. On voit tr\u00e8s bien que dans certaines familles, certains signes seraient prohib\u00e9s. Alors je dis l\u00e0 que, pr\u00e9cis\u00e9ment, l&rsquo;internet actuel, dont j&rsquo;ai \u00e9mis un moment l&rsquo;hypoth\u00e8se que \u00e7a pouvait \u00eatre l&rsquo;aboutissement de notre langage, l&rsquo;internet n&rsquo;est qu&rsquo;un internat. Ce n&rsquo;est pas autre chose. C&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;en r\u00e9alit\u00e9, nous mettons ensemble des gens de m\u00eame fortune, de m\u00eame civilisation, de m\u00eame culture, de m\u00eame religion, qui auront pour but premier de proscrire ceux qui emploieront des signes diff\u00e9rents.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Donc il y a l\u00e0 quelque chose d&rsquo;absolument d\u00e9terminant, et si on examine un langage, comme le langage fran\u00e7ais, et bien on est incapable de dire si ce langage est sorti de signes primitifs et comment il en serait sorti, pourquoi celui-l\u00e0, du moins, plut\u00f4t que le ph\u00e9nicien ou le grec \u2013 et, dans le sens contraire, comment est-ce qu&rsquo;on va traduire ce langage fran\u00e7ais par des signes universels? On n&rsquo;arrive pas non plus \u00e0 le dire tr\u00e8s clairement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais je vais rester fid\u00e8le \u00e0 la langue fran\u00e7aise, parce que c&rsquo;est elle que je connais le mieux. Je dis que, un mot \u00e9tant donn\u00e9, il y a une d\u00e9ch\u00e9ance du mot dans le sens, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;on va lui trouver des sens de plus en plus nombreux, et qui finalement d\u00e9truiront le signifiant. C&rsquo;est-\u00e0-dire que le signifiant lui-m\u00eame n&rsquo;aura plus de sens, il n&rsquo;aura que le sens qu&rsquo;on lui donne. L&rsquo;aboutissement de cette synchronicit\u00e9, pour parler le langage de Saussure, cette synchronicit\u00e9 conduit \u00e9videmment \u00e0 l&rsquo;entropie, \u00e0 l&rsquo;\u00e9parpillement, \u00e0 la dispersion. Donc \u00e0 la mort du mot : je l&rsquo;ai montr\u00e9 pour <em>opus<\/em>, pour <em>prescription<\/em>, pour <em>caritas<\/em> et il y en a bien d&rsquo;autres\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce qui est important pour nous, c&rsquo;est le combat entre le S et le C. Il est clair qu&rsquo;\u00e0 un certain moment, au d\u00e9part il y a eu un S pr\u00e9pond\u00e9rant, qui \u00e9tait le Sepher, qui \u00e9tait le Nash, et m\u00eame avant on ne sait quel mot qui portait le S, le Serpent, puisque ces cultures primitives reposent sur le Serpent, la lune, la pluie, l&rsquo;eau. Et puis, peu \u00e0 peu, cela s&rsquo;est chang\u00e9, s&rsquo;est transform\u00e9 et d\u00e9grad\u00e9, par les innombrables pr\u00e9tentions d&rsquo;enseignement \u2013 religieux entre autres \u2013 mais, en m\u00eame temps, il faut le dire, par l&rsquo;\u00e9clat de v\u00e9rit\u00e9 qui restait dans Joseph, dans Josu\u00e9, le vainqueur du soleil, dans J\u00e9sus. Il y a une survivance du S \u00e0 travers les \u00e2ges chez les proph\u00e8tes, chez les ap\u00f4tres de la V\u00e9rit\u00e9. Et puis, \u00e0 la fin, le S est combattu par le C, le C de <em>klino<\/em>, de <em>klin\u00e9<\/em>, de <em>culture<\/em>, d&rsquo;<em>\u00e9ducation<\/em>, et le C \u00e0 ce moment-l\u00e0 va jouer aussi, d&rsquo;abord avec l&rsquo;appui du L, dans la <em>coulpe<\/em> judiciaire et le <em>couple<\/em> chr\u00e9tien. Et puis en fin de compte, le L va dispara\u00eetre et on va se trouver devant la <em>coupe<\/em> du Graal. Quelque chose survit \u00e0 travers tout \u00e7a, \u00e9videmment, c&rsquo;est le C, CL qui peu \u00e0 peu va se modifier en CP.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En m\u00eame temps, on pourra voir d&rsquo;autres d\u00e9gradations avec le L, du <em>lituus<\/em> au <em>licnon<\/em>, etc. Par le <em>licteur<\/em>, le <em>lith\u00e9en<\/em> des Sibylles, par le <em>lituus <\/em>du loup, etc.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors c&rsquo;est ce qui fait dire, qui faisait r\u00eaver que le temps du T revenait peut-\u00eatre avec internet, retrouvant le TL de l&rsquo;Atlantide primitive, etc.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il y a donc cette d\u00e9ch\u00e9ance qui va jusqu&rsquo;au point o\u00f9 le S n&rsquo;existe plus que dans le F, \u00e0 partir du langage m\u00e9di\u00e9val, on ne va m\u00eame plus parler d&rsquo;enseignement, mais d&rsquo;affabulation, d&rsquo;affection, d&rsquo;affectivit\u00e9 et puis d&rsquo;affectation pour finir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais en m\u00eame temps qu&rsquo;il y a cette d\u00e9ch\u00e9ance du sens, il y a des changements de lettres, des changements de formes, des inversions de lettres, etc. A ce moment-l\u00e0, le langage ne se fonde plus sur des usages, sur des sens, il se fonde sur des mythologies \u2013 on peut dire des anamorphoses, o\u00f9 on croit voir une chose et en r\u00e9alit\u00e9 c&rsquo;en est une autre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apparemment, \u00e7a peut \u00eatre n&rsquo;importe quelle lettre, mais en fin de compte, on voit qu&rsquo;on va jouer du H, on va jouer du N ou du M, du P ou du V, du J ou du R, etc. Ces lettres sont appel\u00e9es \u00e0 la rescousse, en r\u00e9alit\u00e9, \u00e0 partir des dieux morts. C&rsquo;est \u00e7a qui est assez curieux. On a vu la vie du S, la vie du C, mais il y a des civilisations, autres que la fran\u00e7aise, qui vont utiliser d&rsquo;autres lettres pour modifier les formes. En d\u00e9pit de leurs usages propres, ou de leur expansion g\u00e9n\u00e9ratrice ou g\u00e9n\u00e9ralisante, ces langues apportent effectivement quelque chose. Cet apport est \u00e9trange, il est scandaleux m\u00eame, mais il apporte un panth\u00e9isme dans le monoth\u00e9isme simpliste du sens.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u00e0, j&rsquo;ai pris la langue fran\u00e7aise, mais je pourrais prendre comme exemples des langues \u00e9trang\u00e8res, l&rsquo;anglo-saxon, j&rsquo;aurais pu le faire avec le grec et le latin, le ph\u00e9nicien et le cun\u00e9iforme, etc.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette clart\u00e9 que la langue mythologique apporte ne va pas sans une certaine confusion des sens. Il y a d\u00e9veloppement, affinement de la formalit\u00e9, donc il y a d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence accrue du sens. Ce fut en Assyrie que le Taureau cr\u00e9ateur s&rsquo;est alli\u00e9 \u00e0 son adversaire g\u00e9mellique rejet\u00e9 \u00e0 Sumer, dans le Taureau ail\u00e9, le K\u00e9rubim, anc\u00eatre du Ch\u00e9rubin et des autres anges sauveurs porteurs de l&rsquo;S, Isaac, Jos\u00e9, J\u00e9sus. Ce fut \u00e0 Rome que le Justicier s&rsquo;est associ\u00e9 au Cr\u00e9ateur, le Veau d&rsquo;Or rejet\u00e9 par Mo\u00efse, en ce Jupin, Jovis au g\u00e9nitif, qui n&rsquo;est diff\u00e9renci\u00e9 de Iahv\u00e9 que par cette alliance justement \u2013 tandis que les deux chemins allaient devenir prioritaires dans Janus, d&rsquo;o\u00f9 allaient sortir les deux Jean, etc.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est par l&rsquo;union de l&rsquo;Icthus, le Christ et du Justicier biblique, ces anciens adversaires, que les Etats-Unis se sont cr\u00e9\u00e9s, oublieux de leur mythe fondamental : la vache, le taureau, dans le cow-boy ou l&rsquo;indien, mais il s&rsquo;imposera de nouveau.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&nbsp;<\/p>\n<p>Jean-Charles Pichon 1997<\/p>\n<div>\n<hr size=\"1\" \/>\n<div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> Jean-Charles s&rsquo;adresse ici \u00e0 Marie-Jo Saurin, qui lui avait donn\u00e9 un exemplaire de son m\u00e9moire de ma\u00eetrise en Sciences du Langage, intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Le n\u0153ud gordien\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 19 juillet 1997, nous \u00e9tions, Marie-Jo Saurin et moi, dans le bureau\/salon\/salle \u00e0 manger d&rsquo;une petite maison \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de Blain, en Bretagne. 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