{"id":661,"date":"2012-08-28T17:35:38","date_gmt":"2012-08-28T15:35:38","guid":{"rendered":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/?p=661"},"modified":"2012-08-28T17:40:54","modified_gmt":"2012-08-28T15:40:54","slug":"defense-de-leternel-retour","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/?p=661","title":{"rendered":"LE ROYAUME ET LES PROPHETES &#8211; INTRODUCTION GENERALE"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">En 1963, Jean-Charles Pichon publiait, chez Robert Laffont, un ouvrage en deux volumes (<em>Le Royaume et les Proph\u00e8tes, Les jours et les nuits du Cosmos<\/em>), sous le titre g\u00e9n\u00e9ral : <em>Les cycles du retour \u00e9ternel<\/em>. Jamais r\u00e9\u00e9dit\u00e9e, cette \u0153uvre nous fait d\u00e9couvrir l&rsquo;impressionnant travail de recherche, d&rsquo;analyse et de synth\u00e8se effectu\u00e9 par Jean-Charles. C&rsquo;est pourquoi je mets en ligne ci-dessous son <em>Introduction g\u00e9n\u00e9rale.<\/em><\/p>\n<p>Pierre-Jean Debenat<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 style=\"text-align: center;\"><strong>DEFENSE DE L&rsquo;ETERNEL RETOUR<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\">1<\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour beaucoup de personnes, le mythe de \u00ab\u00a0l&rsquo;\u00e9ternel retour\u00a0\u00bb est une invention po\u00e9tique, qu&rsquo;elles connaissent uniquement par quelques versets bibliques ou par le film de Cocteau; au mieux, par des fragments ou aphorismes de Nietzsche. Je me rappelle : vers 1949, conduit \u00e0 une r\u00e9union de th\u00e9osophes, j&rsquo;entendis pour la premi\u00e8re fois pr\u00e9senter gravement cette th\u00e9orie comme une clef de l&rsquo;histoire; je m&#8217;empressai de quitter la salle, o\u00f9 l&rsquo;on ne me revit jamais.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Des ann\u00e9es plus tard, pr\u00e9parant une vie de Michel de Nostredame <a href=\"#_ftn1\">[1]<\/a> et m&rsquo;interrogeant sur les sources de son instinct proph\u00e9tique, je devais reconna\u00eetre pour l&rsquo;une d&rsquo;elles la croyance (tenue secr\u00e8te) en un retour cyclique des \u00e9v\u00e8nements de l&rsquo;histoire. Mais je notai le d\u00e9tail, anecdotiquement, comme une faiblesse presque inexplicable chez un esprit dont j&rsquo;admirais d&rsquo;autre part la parfaite lucidit\u00e9. Puis, je l&rsquo;oubliai de nouveau.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est seulement en juin 1959 que, commen\u00e7ant d&rsquo;\u00e9crire <em>Saint N\u00e9ron<\/em>, je fus amen\u00e9 \u00e0 \u00e9tudier sous un angle nouveau pour moi les origines du christianisme. Des textes de Tacite, <em>La vie d&rsquo;Apollonius de Tyane<\/em>, des articles de Donald Atkinson relatifs \u00e0 la d\u00e9couverte de la formule \u00ab\u00a0Rotas\u00a0\u00bb, etc. impos\u00e8rent \u00e0 mon attention, une fois encore, l&rsquo;irritant probl\u00e8me. Cette fois, je ne pus m&rsquo;en arracher, curieux de tous les ouvrages qui en traitent : \u00e0 ma surprise, une multitude.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais, tr\u00e8s vite, plus que le nombre et l&rsquo;importance de ces \u00e9tudes, me frapp\u00e8rent la richesse du mythe et sa p\u00e9rennit\u00e9. Non seulement des textes grecs et latins, mais des \u00e9crits arabes, indiens, juifs et chr\u00e9tiens ont transmis jusqu&rsquo;\u00e0 nous le \u00ab\u00a0secret\u00a0\u00bb \u00e9pars dans les grands livres sacr\u00e9s de l&rsquo;humanit\u00e9. Certains de ces livres m\u00eames nous furent conserv\u00e9s : V\u00e9das indiens, Avesta perse, bibles h\u00e9bra\u00efque et babylonienne\u2026 Quant aux religions dont les Livres sont perdus ou ind\u00e9chiffrables, il arrive que d&rsquo;autres vestiges : traditions, l\u00e9gendes, ruines, nous en sugg\u00e8rent les clefs, et ce sont encore les clefs de l&rsquo;\u00e9ternel retour.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Des Sum\u00e9riens jusqu&rsquo;\u00e0 nous, en effet, le mythe n&rsquo;a cess\u00e9 d&rsquo;\u00eatre red\u00e9couvert que pour \u00eatre \u00e0 nouveau combattu. Vers 1600 av. J.-C., les V\u00e9das l&rsquo;avaient codifi\u00e9; vers -900, les pr\u00eatres d&rsquo;H\u00e9liopolis en faisaient la base de leur syst\u00e8me.\u00a0 En -700 les proph\u00e8tes juifs, vers -500 les Chinois, vers -200 les S\u00e9leucides, au temps du Christ les Romains, au VIIIe si\u00e8cle les Mayas du Yucatan, au XIIe si\u00e8cle les chr\u00e9tiens (sous l&rsquo;influence des Arabes) tent\u00e8rent de r\u00e9former \u00e0 partir du mythe une certaine conception de l&rsquo;histoire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aucune autre croyance \u2013 cela vaut d&rsquo;\u00eatre soulign\u00e9 d&rsquo;abord \u2013 ne se retrouve ainsi, sur quarante si\u00e8cles, au c\u0153ur des plus grandes et des plus diverses civilisations. Survie d&rsquo;autant plus surprenante que les pers\u00e9cutions de toutes sortes ne lui ont pas \u00e9t\u00e9 \u00e9pargn\u00e9es. Si la science officielle la combat aujourd&rsquo;hui, nos facult\u00e9s et nos sorbonnes ne font en cela que suivre l&rsquo;exemple de l&rsquo;Inquisition au XVIe si\u00e8cle, Philippe le Bel au XIIIe, l&#8217;empereur Claude au Ier, T&rsquo;sin Che Houang-Ti 200 ans av. J.-C., les rois de Juda il y a trois mille ans.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est probable que ce rapprochement ne sera pas du go\u00fbt de certains critiques. Ils m&rsquo;opposeront que l&#8217;empereur romain, le roi h\u00e9breu ou les souverains chinois, en condamnant le mythe de l&rsquo;\u00e9ternel retour, avaient de tout autres buts que la science contemporaine. A les entendre, Claude et J\u00e9hu, Torquemada et Che Houang-Ti furent des sortes de tyrans qui interdisaient par la force ce que la Raison conseille simplement de proscrire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">N\u00e9anmoins, nous voyons que ces interdictions politiques ou religieuses ob\u00e9issaient au m\u00eame souci profond que l&rsquo;attitude rationaliste, \u00e0 savoir le refus d&rsquo;une \u00ab\u00a0d\u00e9termination\u00a0\u00bb quelconque. Certains sujets excitent l&rsquo;esprit aussi longtemps qu&rsquo;ils ne l&rsquo;accablent pas; s&rsquo;ils ne divertissent plus, ils doivent \u00e9pouvanter. Le mythe de l&rsquo;\u00e9ternel retour est de ceux-l\u00e0.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On peut tenir pour r\u00e8gle qu&rsquo;une civilisation quelle qu&rsquo;elle soit, parvenue \u00e0 son apog\u00e9e, s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve toujours avec violence contre les th\u00e9ories et les croyances qui pr\u00e9supposent sa propre fin. Comment s&rsquo;en \u00e9tonner, quand les individus ne montrent pas plus de courage?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Car il s&rsquo;agit de savoir, en somme, si l&rsquo;homme fait l&rsquo;Histoire ou si l&rsquo;Histoire le fait; si, \u00e9crivant ce mot, je pouvais ne pas l&rsquo;\u00e9crire ou si, des milliards de fois, il ne fut pas \u00e9crit \u2013 par d&rsquo;autres auteurs, en d&rsquo;autres temps \u2013 non point tout \u00e0 fait le m\u00eame sans doute, mais \u00e0 chaque fois d\u00e9pendant d&rsquo;un rythme auquel ni eux ni moi n&rsquo;aurions pu \u00e9chapper.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Un voyageur \u00e9ternel qui traverserait ce lieu \u00e9prouverait au bout des si\u00e8cles que les m\u00eames volumes se r\u00e9p\u00e8tent toujours dans le m\u00eame d\u00e9sordre (qui, r\u00e9p\u00e9t\u00e9, serait un ordre : l&rsquo;Ordre)\u00a0\u00bb. Ce monde que Jorge Luis Borg\u00e8s d\u00e9crit dans sa nouvelle c\u00e9l\u00e8bre <em>La biblioth\u00e8que de Babel<\/em>, il s&rsquo;agit de savoir s&rsquo;il n&rsquo;est pas notre propre univers; ou plus exactement, et plus tragiquement, si notre monde peut \u00eatre autre que celui-l\u00e0.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aussi, bien que ce ne soit pas un probl\u00e8me neuf, peu d&rsquo;hommes, \u00e0 l&rsquo;exception de certains pr\u00eatres orientaux, am\u00e9rindiens ou \u00e9gyptiens, ont pu ou ont os\u00e9 le traiter \u00e0 fond, jusqu&rsquo;en ses derni\u00e8res cons\u00e9quences. Dispos\u00e9s \u00e0 l&rsquo;entendre, sinon \u00e0 le r\u00e9soudre, les plus mystiques m\u00e9prisent les informations, innombrables et pr\u00e9cises, qui le conditionnent dans le temps; par suite, ils n&rsquo;osent aventurer des hypoth\u00e8ses que le premier cuistre venu, moyennement inform\u00e9, croira d\u00e9truire d&rsquo;un mot; ou, parfois, ils les aventurent, si peu fond\u00e9es qu&rsquo;elles desservent la cause qu&rsquo;ils pr\u00e9tendaient servir. Quant aux esprits scientifiques, ou simplement raisonnables, leurs recherches personnelles les emprisonnent vite dans un cadre \u00e9troit, d\u00e9fini : non seulement une discipline, l&rsquo;histoire, l&rsquo;ethnologie ou l&rsquo;arch\u00e9ologie, mais plus courtement l&rsquo;\u00e9tude et la connaissance d&rsquo;une p\u00e9riode particuli\u00e8re de l&rsquo;histoire ou des mythes et rites de quelque tribu. Sortis de ce champ clairement d\u00e9limit\u00e9, ils ne sont plus assur\u00e9s de rien.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aux premiers esprits manquent la patience et le soin de longues recherches; aux seconds, l&rsquo;audace ou le besoin de la synth\u00e8se. Ou bien, \u00e0 tous, n&rsquo;est-ce pas un certain courage qui fait d\u00e9faut? Car, tr\u00e8s souvent, j&rsquo;ai vu le m\u00eame visage ferm\u00e9, le m\u00eame regard but\u00e9, au technicien auquel je demandais l&rsquo;effort de sortir de son trou et \u00e0 l&rsquo;illumin\u00e9 que je voulais amener \u00e0 se poser sur le sol. Celui-l\u00e0 ne sait vivre que dans une taupini\u00e8re \u2013 et celui-ci dans le ciel, au-dessus des nuages; mais c&rsquo;est \u00e9galement refuser le R\u00e9el, que s&rsquo;en cacher le d\u00e9tail ou la totalit\u00e9.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\">2<\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le premier argument que le profane oppose d&rsquo;ordinaire au mythe est son apparente na\u00efvet\u00e9. En effet, tout syst\u00e8me de retour \u00e9ternel s&rsquo;arroge a priori le droit de circonscrire \u00e0 quelque rythme les \u00e9v\u00e8nements marquants de l&rsquo;histoire. La connaissance accrue que nous avons de ceux-ci ne rend-elle pas risible toute pr\u00e9tention de cet ordre?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il faut l&rsquo;admettre : les grands syst\u00e8mes (dans ce que nous pouvons en savoir) semblent souvent se contredire, ou avoir \u00e9t\u00e9 contredits tr\u00e8s vite par une plus pr\u00e9cise, ou plus vaste, connaissance des religions et des cultures. Pour nos contemporains, certains sont devenus presque inintelligibles; ou bien, comme le syst\u00e8me trinitaire de Joachim de Flore, ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9mentis dans le si\u00e8cle m\u00eame o\u00f9 ils naquirent; d&rsquo;autres, comme le syst\u00e8me mazd\u00e9iste, l&rsquo;ont \u00e9t\u00e9 dans un d\u00e9lai de quelques si\u00e8cles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais on voit bien que ces faiblesses et ces erreurs provenaient moins de la th\u00e9orie m\u00eame que de l&rsquo;impuissance o\u00f9 semble \u00eatre le cr\u00e9ateur de syst\u00e8me de s&rsquo;arracher \u00e0 ses croyances religieuses. Pour Joachim de Flore, par exemple, la foi chr\u00e9tienne \u00e9tant hors de question, la th\u00e9orie astrologique devait se soumettre au dogme de la Trinit\u00e9 : \u00e0 l&rsquo;av\u00e8nement du P\u00e8re, Yahv\u00e9, succ\u00e9dait l&rsquo;\u00e8re du Fils, J\u00e9sus, auquel devrait succ\u00e9der l&rsquo;\u00e8re du Saint-Esprit\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De m\u00eame, consid\u00e9rant leur religion (l&rsquo;indo-europ\u00e9enne) comme l&rsquo;enveloppe spirituelle de l&rsquo;histoire de l&rsquo;humanit\u00e9, les zoroastriens se devaient de limiter l&rsquo;histoire \u00e0 la dur\u00e9e m\u00eame de leur religion. Nous retrouverons une semblable confusion au c\u0153ur du grand r\u00eave des pr\u00eatres \u00e9gyptiens, au centre de l&rsquo;Apocalypse, \u00e0 tous les d\u00e9tours du Zohar.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est assur\u00e9 que l&rsquo;av\u00e8nement de l&rsquo;Esprit n&rsquo;a pas succ\u00e9d\u00e9 \u00e0 la mort du Fils (dans les formes, du moins, que Joachim de Flore lui donnait); ou que le monde n&rsquo;a pas disparu en m\u00eame temps que le mazd\u00e9isme (mais le \u00ab\u00a0monde\u00a0\u00bb des Sassanides, o\u00f9 le syst\u00e8me s&rsquo;\u00e9tait accr\u00e9dit\u00e9, a bien fini en m\u00eame temps que lui). Dans une \u00e9gale mesure, l&rsquo;\u00e9v\u00e8nement pr\u00e9dit s&rsquo;accomplit et ne s&rsquo;accomplit pas, ou, plus exactement, il s&rsquo;accomplit dans le cadre que la pr\u00e9diction lui donne \u2013 et nulle part ailleurs : la croyance ne concerne que le croyant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Na\u00efvet\u00e9, donc. Et l&rsquo;on con\u00e7oit que cette na\u00efvet\u00e9 ait pu d\u00e9tourner de l&rsquo;\u00e9ternel retour et de tout syst\u00e8me astrologique l&rsquo;esprit qui se veut \u00ab\u00a0raisonnable\u00a0\u00bb. Elle ne pr\u00e9juge pas, pourtant, d&rsquo;un syst\u00e8me fond\u00e9 non plus sur l&rsquo;\u00e9tude d&rsquo;une seule religion mais sur l&rsquo;ensemble de l&rsquo;\u00e9volution humaine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Exactement, le probl\u00e8me n&rsquo;est pas de choisir entre un syst\u00e8me et point de syst\u00e8me du tout, car l&rsquo;esprit ne peut se passer de comprendre, et il comprend seulement cela qu&rsquo;on lui pr\u00e9sente sous une forme intelligible, organis\u00e9e. Mais il est vrai aussi qu&rsquo;une trop pr\u00e9cise formulation des choses nous irrite et nous d\u00e9\u00e7oit, comme si les cadres et syst\u00e8mes nous d\u00e9robaient pr\u00e9cis\u00e9ment la qualit\u00e9 la plus sensible du r\u00e9el : sa permanente fluidit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En somme, depuis que l&rsquo;homme cherche \u00e0 se faire une claire id\u00e9e (spatiale et temporelle) du monde o\u00f9 il se trouve, il est arr\u00eat\u00e9 par deux impuissances et renvoy\u00e9 de l&rsquo;une \u00e0 l&rsquo;autre : l&rsquo;impuissance de concevoir l&rsquo;infini et celle d&rsquo;admettre le fini. Or, l&rsquo;\u00e9ternel retour, sous sa forme traditionnelle : le cercle, supprime la tragique alternative. Le cercle est l&rsquo;univers le plus \u00ab\u00a0fini\u00a0\u00bb qui soit; cependant, pour qui le parcourt, il peut se pr\u00e9senter comme un infini : si le point de d\u00e9part n&rsquo;est pas jalonn\u00e9, le voyageur y reviendra mille milliards de fois sans cesser de poursuivre sa route.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On ne peut rejeter cette notion du cercle (ou celle de la spirale, plus subtile puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit alors de \u00ab\u00a0cercles ouverts\u00a0\u00bb) sans tomber aussit\u00f4t dans une na\u00efvet\u00e9 pire. C&rsquo;est ainsi que le rationalisme est mal venu de condamner l&rsquo;\u00e9ternel retour sur la primarit\u00e9 des syst\u00e8mes qui l&rsquo;expriment. Car nul n&rsquo;est plus primaire que lui et nul syst\u00e8me, si th\u00e9orique ou simplifi\u00e9 qu&rsquo;il soit, n&rsquo;atteint l&rsquo;extr\u00eame na\u00efvet\u00e9 de la notion d&rsquo;un progr\u00e8s ind\u00e9fini telle qu&rsquo;on l&rsquo;enseigne dans les \u00e9coles. Non seulement l&rsquo;histoire la d\u00e9ment, mais la raison la condamne : de toutes les figures g\u00e9om\u00e9triques concevables, la ligne droite est la plus fausse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En effet, le \u00ab\u00a0progressisme\u00a0\u00bb rationaliste se pr\u00e9sente lui-m\u00eame comme un syst\u00e8me, et des moins d\u00e9fendables. Pour l&rsquo;\u00e9tayer, il a fallu r\u00e9duire l&rsquo;histoire de l&rsquo;humanit\u00e9 \u00e0 une progression continue, de l&rsquo;homme des cavernes \u00e0 l&rsquo;homme chasseur, de l&rsquo;homme chasseur \u00e0 l&rsquo;agriculteur, de l&rsquo;agriculteur \u00e0 l&rsquo;ouvrier m\u00e9tallurgiste; ou bien, sur un autre plan, de l&rsquo;\u00e2ge de la pierre \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge du bronze, de l&rsquo;\u00e2ge du bronze \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge du fer, etc.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lorsqu&rsquo;il s&rsquo;est trouv\u00e9 un savant (Boucher de Perthes) pour sugg\u00e9rer que les quelques milliers d&rsquo;ann\u00e9es connues ne repr\u00e9sentaient peut-\u00eatre pas toute l&rsquo;histoire de l&rsquo;homme, nos rationalistes se sont attaqu\u00e9s d&rsquo;abord \u00e0 ces dangereuses th\u00e9ories avec autant de vigueur qu&rsquo;aux astrologues, alchimistes et autres \u00ab\u00a0fous\u00a0\u00bb. Et quand, il y a trente ans, la d\u00e9couverte des c\u00e9ramiques de Suse I r\u00e9v\u00e9la l&rsquo;existence d&rsquo;une civilisation tr\u00e8s \u00e9volu\u00e9e en Perse d\u00e8s 5000 av. J.-C., la premi\u00e8re r\u00e9action scientifique a \u00e9t\u00e9 l&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Encore cette incr\u00e9dulit\u00e9 se maintient-elle dans certaines \u00e9coles en ce qui concerne les d\u00e9couvertes de Ts&rsquo;i-kia-p&rsquo;ing au Kan-sou et de Yang-chao au Hunan, que certains refusent de dater ant\u00e9rieurement \u00e0 2500 av. J.-C. Car si de telles civilisations ont pu exister en Iran et en Chine au Ve mill\u00e9naire avant le Christ, alors, trois mille ans plus tard, l&rsquo;Iran et la Chine semblaient se maintenir au stade des communaut\u00e9s agricoles, c&rsquo;est toute la conception moderne du progr\u00e8s qu&rsquo;il faut reconsid\u00e9rer.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Imaginons cependant, pour un instant, que cette conception soit un leurre. Les d\u00e9couvertes de Suse i et de Ts&rsquo;i-kia-p&rsquo;ing sont aujourd&rsquo;hui bien d\u00e9pass\u00e9es; puis, une science nouvelle, l&rsquo;ethnologie, nous a fait prendre une plus juste conscience de l&rsquo;\u00e9volution des races.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors que les plus r\u00e9centes fouilles de J\u00e9richo mettaient \u00e0 jour une ville fortifi\u00e9e vieille de 9000 ans, nous apprenions qu&rsquo;en Australie et en Polyn\u00e9sie des hommes vivaient encore en 1960 \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de la pierre. Nous n&rsquo;ignorons plus qu&rsquo;\u00e0 toutes les \u00e9poques de l&rsquo;histoire l&rsquo;\u00e9tonnant hiatus a pu exister. Douze si\u00e8cles avant le Christ, les Gaulois d\u00e9couvraient \u00e0 peine le bronze quand, depuis un mill\u00e9naire, Ach\u00e9ens et Hittites utilisaient le fer et quand d&rsquo;archa\u00efques cultures d&rsquo;Extr\u00eame-Orient avaient d\u00e9j\u00e0 domin\u00e9 sur toute l&rsquo;Asie et s&rsquo;\u00e9taient ab\u00eem\u00e9es en laissant des vestiges d&rsquo;un art du plus parfait ach\u00e8vement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les Egyptiens n&rsquo;\u00e9taient encore que des sauvages et Sumer n&rsquo;existait pas quand les premi\u00e8res villes de J\u00e9richo et de Suse dressaient leurs tours orgueilleuses au-dessus d&rsquo;une plaine verdoyante. Mais Suse n&rsquo;existait plus et J\u00e9richo \u00e9tait redevenu un village quand les grandes cit\u00e9s d&rsquo;Anatolie faisaient trembler l&rsquo;univers.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous n&rsquo;en sommes plus \u00e0 fixer au n\u00e9olithique une dur\u00e9e uniforme pour tous les peuples de la plan\u00e8te. Si l&rsquo;arch\u00e9ologie ne permet pas d&rsquo;affirmer l&rsquo;an\u00e9antissement et le renouveau de civilisations ant\u00e9rieures au VIIe mill\u00e9naire av. J.-C., elle en sugg\u00e8re l&rsquo;hypoth\u00e8se (je pense aux statues de l&rsquo;Ile de P\u00e2ques, au \u00ab\u00a0calendrier\u00a0\u00bb de Tiahuanaco, aux rochers \u00e0 facettes de Marcahuasi) et rendent moins risible que nagu\u00e8re l&rsquo;indestructible croyance aux cycles d&rsquo;un \u00e9ternel retour.<\/p>\n<div id=\"attachment_664\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/DEFENSE1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-664\" class=\"size-medium wp-image-664\" title=\"DEFENSE1\" src=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/DEFENSE1-300x297.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"297\" srcset=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/DEFENSE1-300x297.jpg 300w, http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/DEFENSE1-150x150.jpg 150w, http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/DEFENSE1.jpg 728w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-664\" class=\"wp-caption-text\">Illustration Pierre-Jean Debenat<\/p><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\">3<\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Le principe de la conservation de l&rsquo;\u00e9nergie exige le retour \u00e9ternel\u00a0\u00bb.<a href=\"#_ftn2\">[2]<\/a> Cette g\u00e9niale intuition de Nietzsche appelait un commentaire que le philosophe n&rsquo;eut pas le temps ou les moyens d&rsquo;entreprendre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il l&rsquo;avait cependant \u00e9bauch\u00e9 dans un autre aphorisme :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Suppos\u00e9 que l&rsquo;univers dispos\u00e2t d&rsquo;une quantit\u00e9 fixe de force, il serait \u00e9vident que tout d\u00e9placement de force en un point quelconque conditionnerait le syst\u00e8me entier. A c\u00f4t\u00e9 de la causalit\u00e9 du successif, il y aurait une suj\u00e9tion due \u00e0 la proximit\u00e9 et \u00e0 la simultan\u00e9it\u00e9\u00a0\u00bb.<a href=\"#_ftn3\">[3]<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La premi\u00e8re partie de cette affirmation est assez d\u00e9monstrative; la seconde est plus confuse. Il vaut d&rsquo;y r\u00e9fl\u00e9chir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans un univers command\u00e9 par une \u00e9nergie limit\u00e9e, dit Nietzsche, aucune partie ne peut \u00eatre ind\u00e9pendante des autres parties; aucune r\u00e9action \u00e9nerg\u00e9tique (et la vie en est une) ne peut se pr\u00e9senter comme impr\u00e9vue, \u00ab\u00a0libre\u00a0\u00bb, sous peine de mettre en danger l&rsquo;ensemble. Il s&rsquo;ensuit que l&rsquo;inter r\u00e9action entre les parties devient un conditionnement et ob\u00e9it \u00e0 un d\u00e9terminisme aussi rigoureux que le conditionnement \u00ab\u00a0cause-effet\u00a0\u00bb et le d\u00e9terminisme qui en d\u00e9coule. Il ne suffit plus de dire : \u00ab\u00a0Quand j&rsquo;avance le pied, je marche\u00a0\u00bb, il faut dire : \u00ab\u00a0Quand j&rsquo;avance le pied, je marche, si d&rsquo;autres \u00e9v\u00e8nements simultan\u00e9s ne viennent pas me l&rsquo;interdire (par exemple, le pot de fleurs qui me tomberait sur la t\u00eate)\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La grande tentation, alors, est de comprendre le \u00ab\u00a0syst\u00e8me\u00a0\u00bb et de l&rsquo;enfermer dans une \u00ab\u00a0grille de lois\u00a0\u00bb, o\u00f9 le nouveau d\u00e9terminisme, dit \u00ab\u00a0de simultan\u00e9it\u00e9\u00a0\u00bb, appara\u00eetrait clairement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi, la c\u00e9l\u00e8bre formule d&rsquo;Einstein : E = MC\u00b2 \u00e9tablit un rapport immuable entre l&rsquo;\u00e9nergie d\u00e9plac\u00e9e par tout corps en mouvement d&rsquo;une part, et d&rsquo;autre part par la masse et la vitesse de ce corps. Sur un autre plan, la chimie nucl\u00e9aire est parvenue \u00e0 classer les atomes par ordre de num\u00e9ro atomique croissant dans un tableau p\u00e9riodique, o\u00f9 les \u00e9l\u00e9ments dont les propri\u00e9t\u00e9s chimiques sont analogues se retrouvent sur une m\u00eame \u00ab\u00a0ligne hypoth\u00e9tique\u00a0\u00bb. Dans ce tableau, les structures \u00e9lectroniques des atomes, li\u00e9es au nombre et \u00e0 l&#8217;emplacement des \u00e9lectrons qui les constituent, ob\u00e9issent \u00e0 la formule <em>2 n\u00b2<\/em>, selon le sch\u00e9ma :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">2 \u00e9lectrons sur la couche K\u00a0 (1<sup>\u00e8re<\/sup> orbite)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">8 \u00e9lectrons sur la couche L<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">18 \u00e9lectrons sur la couche M<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">32 \u00e9lectrons sur la couche N, etc.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est l\u00e0 tout le dessein de la science th\u00e9orique : lier entre eux les \u00e9l\u00e9ments constitutifs de l&rsquo;univers, de mani\u00e8re qu&rsquo;y apparaisse un rapport d\u00e9terminant. Mais, en cons\u00e9quence, il arrive parfois que la science th\u00e9orique fr\u00f4le dangereusement le vieux mythe de l&rsquo;\u00e9ternel retour.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Etudiant les \u00ab\u00a0mod\u00e8les d&rsquo;univers\u00a0\u00bb propos\u00e9s depuis l&rsquo;av\u00e8nement de la relativit\u00e9, notamment ceux de Friedman et de Georges Lema\u00eetre (1920, 1927) compl\u00e9t\u00e9s par la th\u00e9orie d&rsquo;Eddington (1930), le physicien Jean-E. Charon est conduit \u00e0 conclure<a href=\"#_ftn4\">[4]<\/a> :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Ainsi retrouverait-on, au cours d&rsquo;une dur\u00e9e s&rsquo;\u00e9tendant \u00e0 l&rsquo;infini \u00e0 la fois dans le pass\u00e9 et dans le futur, une succession de \u00ab\u00a0cycles\u00a0\u00bb au cours desquels l&rsquo;univers reprendrait des \u00e9tats analogues, sinon identiques. C&rsquo;est, en d\u00e9finitive, la vieille id\u00e9e platonicienne, \u00e0 cela pr\u00e8s que la p\u00e9riode du cycle propos\u00e9 par Platon \u00e9tait de 12 954 ans (\u00e9valuation pr\u00e9cise de Cic\u00e9ron!) alors que le cycle de nos cosmologues modernes est de quelques dizaines de milliard d&rsquo;ann\u00e9es\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce\u00a0 que le physicien chimiste accomplit au niveau de l&rsquo;atome, ce que l&rsquo;astrophysicien esp\u00e8re faire appara\u00eetre au niveau des galaxies, serait-il interdit de le r\u00e9aliser au niveau de l&rsquo;histoire humaine? Pendant des mill\u00e9naires, des pr\u00eatres, des philosophes, des initi\u00e9s ne l&rsquo;ont pas cru; et il se peut que certains d&rsquo;entre eux aient approch\u00e9 un r\u00e9sultat.<\/p>\n<div id=\"attachment_666\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/DEFENSE4.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-666\" class=\"size-medium wp-image-666\" title=\"DEFENSE4\" src=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/DEFENSE4-300x239.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"239\" srcset=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/DEFENSE4-300x239.jpg 300w, http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/DEFENSE4.jpg 567w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-666\" class=\"wp-caption-text\">Illustration Pierre-Jean Debenat<\/p><\/div>\n<h3 style=\"text-align: center;\">4<\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le m\u00e9pris nous cache ce \u00ab\u00a0r\u00e9sultat\u00a0\u00bb, celui que nous inspirent les m\u00e9thodes employ\u00e9es par les grands pr\u00e9curseurs. Les pr\u00e9tentions de l&rsquo;astrologie nous g\u00eanent plus encore que le mythe m\u00eame d&rsquo;un \u00e9ternel retour.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Des \u00ab\u00a0cycles\u00a0\u00bb? D&rsquo;accord. Mais comment se meuvent-ils? Qui les meut? Pour le Chald\u00e9en, l&rsquo;Indien, l&rsquo;Egyptien, le platonicien, le cabaliste, le probl\u00e8me \u00e9tait r\u00e9solu par l&rsquo;existence d&rsquo;un contenant : le cosmos. La terre \u00e9tait au centre de l&rsquo;univers : elle recevait tout naturellement ses \u00ab\u00a0directives\u00a0\u00bb de l&rsquo;univers qui la contenait<a href=\"#_ftn5\">[5]<\/a>. Mais que notre plan\u00e8te, ses climats, l&rsquo;\u00e9volution de sa faune et de sa flore, le rythme des cultures humaines puissent \u00eatre d\u00e9pendants des mouvements des astres, cette id\u00e9e en trois si\u00e8cles allait devenir pour tous, les plus mystiques, les plus mat\u00e9rialistes, le chiffon rouge brandi sous le nez du taureau.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bizarre obstination! D\u00e8s 1741, le physicien su\u00e9dois Calsius signalait une co\u00efncidence frappante entre une aurore bor\u00e9ale et une d\u00e9viation anormale de l&rsquo;aiguille aimant\u00e9e. En 1841, 1872, 1882, 1898, des astronomes de diff\u00e9rents pays \u00e9tablissaient d&rsquo;autres co\u00efncidences entre des \u00e9ruptions chromosph\u00e9riques et le d\u00e9r\u00e8glement soit des boussoles, soit m\u00eame des transmissions t\u00e9l\u00e9graphiques. Enfin, le 31 octobre 1903, l&rsquo;apparition d&rsquo;une grosse tache solaire correspondit \u00e0 un arr\u00eat complet des communications par c\u00e2ble en France, en Angleterre et aux Etats-Unis.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il fallut se rendre \u00e0 l&rsquo;\u00e9vidence, car, depuis 1940, ces incidents, d\u00fbment enregistr\u00e9s, se comptent par milliers. Les plus spectaculaires ont concern\u00e9, en mars 1940, le r\u00e9seau \u00e9lectrique de transport de force en Am\u00e9rique du Nord; en f\u00e9vrier 1946, plusieurs villes de France, priv\u00e9es de courant \u00e0 la suite d&rsquo;une \u00e9ruption solaire; en f\u00e9vrier 1956, le sous-marin britannique <em>Acheron<\/em>, port\u00e9 disparu parce que l&rsquo;Amiraut\u00e9 ne recevait plus ses messages; en septembre 1957, le croiseur sovi\u00e9tique <em>Jdanov<\/em>, qui accusa les puissances occidentales d&rsquo;avoir paralys\u00e9 ses \u00e9missions de radio. Cette m\u00eame ann\u00e9e 1957 (o\u00f9 l&rsquo;on rel\u00e8ve 3 856 \u00e9ruptions solaires) 13 gros orages magn\u00e9tiques, 74 \u00e9vanouissements d&rsquo;ondes courtes et 122 renforcements d&rsquo;ondes longues ont \u00e9t\u00e9 constat\u00e9s. Mais un seul ph\u00e9nom\u00e8ne \u00e9lectromagn\u00e9tique l&rsquo;avait \u00e9t\u00e9 en 1954, ann\u00e9e faible en \u00e9ruptions (17).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En bref, il est admis aujourd&rsquo;hui que le soleil exerce une action directe non seulement sur la radio et tous les ph\u00e9nom\u00e8nes \u00e9lectromagn\u00e9tiques terrestres, mais encore sur des ph\u00e9nom\u00e8nes climatiques et biologiques, qui nous concernent tout particuli\u00e8rement. Il est reconnu que ces ann\u00e9es terribles que furent pour Lisbonne 1755, pour Quito 1797, pour Messine 1908 et pour le Japon 1923, \u00e9taient \u00e9galement, curieusement, des ann\u00e9es de fortes \u00e9ruptions solaires.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Puis, le professeur am\u00e9ricain Donald B. Lawrence constata une concordance entre les taches solaires et le grossissement des glaciers. Des sp\u00e9cialistes admirent que le niveau des lacs \u00e9quatoriaux suivait les hauts et les bas du cycle solaire. L&rsquo;Abb\u00e9 Moreux avait attest\u00e9, d\u00e8s le d\u00e9but de ce si\u00e8cle, un certain parall\u00e9lisme entre l&rsquo;activit\u00e9 solaire et la production en bl\u00e9 et en vin. Depuis, le docteur Maurice Faure a \u00e9tabli d&rsquo;autres relations entre les \u00e9ruptions et les vagues de suicides, de catastrophes diverses, de recrudescence de maladies chroniques. En 1938, le professeur sovi\u00e9tique Tchijevsky confirmait ces observations en accusant le soleil des grandes \u00e9pid\u00e9mies microbiennes. En bon rationaliste, il expliquait le fait par l&rsquo;hypoth\u00e8se qu&rsquo;\u00e0 certaines \u00e9poques l&rsquo;astre irradie des ondes courtes en plus grandes quantit\u00e9s et que celles-ci favorisent le d\u00e9veloppement des microbes. En 1958 et 1960, l&rsquo;Acad\u00e9mie de m\u00e9decine de Paris, puis l&rsquo;Acad\u00e9mie des sciences de Leningrad confirm\u00e8rent que la courbe de fr\u00e9quence de l&rsquo;infarctus et celle des maladies de c\u0153ur correspondaient \u00e0 la courbe de l&rsquo;activit\u00e9 solaire et aux pointes de l&rsquo;activit\u00e9 g\u00e9omagn\u00e9tique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sans doute, certains savants et vulgarisateurs qui reconnaissent ces faits (entre autres M. Pierre Rousseau, auquel j&#8217;emprunte cette nomenclature alarmante<a href=\"#_ftn6\">[6]<\/a>) affirment qu&rsquo;ils d\u00e9montrent seulement l&rsquo;action du soleil sur notre plan\u00e8te et se refusent \u00e0 tenir compte de toute autre action cosmique. Notre soleil, disent-ils, est le centre de notre univers, toute vie n&rsquo;existe que par lui; il est naturel qu&rsquo;il nous influence. Mais les \u00e9toiles!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est vrai qu&rsquo;elles sont bien lointaines! Ald\u00e9baran, dans le Taureau, \u00e0 63 ann\u00e9es-lumi\u00e8re; l&rsquo;Epi de la Vierge \u00e0 191 ann\u00e9es-lumi\u00e8re; Antar\u00e8s, dans le Scorpion, \u00e0 232 ann\u00e9es-lumi\u00e8re\u2026 Le soleil se trouve seulement \u00e0 150 millions de kilom\u00e8tres de notre plan\u00e8te et sa masse est 333 432 fois celle de la terre. S&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une constellation, m\u00eame proche, nous devrions multiplier la distance terre-soleil par le million : l&rsquo;\u00e9toile Fomalhaut, sous le Verseau, par exemple, se trouve \u00e0 23,2 ann\u00e9es-lumi\u00e8re, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 plus de 200 000 milliards de kilom\u00e8tres. Dans ces conditions, quelle peut \u00eatre son action sur notre plan\u00e8te? Mais, \u00e9galement, la production \u00e9nerg\u00e9tique d&rsquo;une constellation, comment la calculer? A peine si nous connaissons toutes les \u00e9toiles qui composent certaines d&rsquo;entre elles : ici, plusieurs centaines, l\u00e0, plusieurs dizaines de milliers. Leurs dimensions sont consid\u00e9rables. Un \u00ab\u00a0soleil\u00a0\u00bb comme Ald\u00e9baran est 36 fois plus gros que le n\u00f4tre, Antar\u00e8s 280 fois plus.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Imaginons une constellation \u00ab\u00a0moyenne\u00a0\u00bb : 2 000 \u00e9toiles, de 60 \u00e0 100 fois plus grosses que le soleil; c&rsquo;est par 160 000 qu&rsquo;il faudrait multiplier la production \u00e9nerg\u00e9tique solaire pour avoir une id\u00e9e de la sienne. A une distance de 23 ann\u00e9es-lumi\u00e8re, son influence sur la terre resterait neuf fois moindre que l&rsquo;influence solaire; cela est loin d&rsquo;\u00eatre n\u00e9gligeable!<\/p>\n<div id=\"attachment_667\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/DEFENSE2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-667\" class=\"size-medium wp-image-667\" title=\"DEFENSE2\" src=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/DEFENSE2-300x224.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"224\" srcset=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/DEFENSE2-300x224.jpg 300w, http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/DEFENSE2.jpg 567w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-667\" class=\"wp-caption-text\">Illustration Pierre-Jean Debenat<\/p><\/div>\n<h3 style=\"text-align: center;\">5<\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On se gausse volontiers des antiques astrologues qui basaient leur syst\u00e8me sur un \u00ab\u00a0monceau d&rsquo;erreurs\u00a0\u00bb. Sans doute. Dans l&rsquo;\u00e9tat actuel de nos connaissances, il semble que, longtemps, la ronde des constellations ait \u00e9t\u00e9 vue sous l&rsquo;aspect d&rsquo;un simple cadran \u00e0 deux dimensions, cadran d&rsquo;une pendule o\u00f9 les signes eussent tenu la place des heures, de I \u00e0 XII. Au milieu : la terre, immobile centre de l&rsquo;univers; puis, entre la terre et le zodiaque : la lune, les plan\u00e8tes, le soleil entra\u00een\u00e9s dans un mouvement annuel et r\u00e9gulier.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J&rsquo;\u00e9cris : \u00ab\u00a0il semble\u00a0\u00bb, car il se peut que ce sch\u00e9ma ait eu pour but de simplifier \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame des notions d\u00e9j\u00e0 trop complexes, en faisant appara\u00eetre clairement le passage r\u00e9gulier du soleil et des plan\u00e8tes d&rsquo;un signe \u00e0 l&rsquo;autre (et chez les Egyptiens, m\u00eame, d&rsquo;un d\u00e9can \u00e0 l&rsquo;autre, leurs pr\u00eatres divisant le zodiaque non pas en douze mais en trente-six parties, de 10\u00b0 chacune).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En effet, les calculs des astrologues n&rsquo;\u00e9taient point si erron\u00e9s, puisque notre calendrier de 365 jours date de l&rsquo;ancienne Egypte, compte tenu des remaniements successifs qui en pr\u00e9cis\u00e8rent l&rsquo;exactitude : il a cinq ou six mille ans d&rsquo;\u00e2ge. D&rsquo;autre part, nous verrons que, partout dans le monde (Egypte, Inde, Chine, ancien P\u00e9rou), le calendrier lunaire, qui a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 le calendrier solaire, exigeait de nos plus lointains anc\u00eatres une appr\u00e9ciation d\u00e9j\u00e0 relativement exacte des mouvements de certaines \u00e9toiles dans le ciel visible et <em>invisible<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Encore une fois, notre m\u00e9pris nous trompe et l&rsquo;on doit en croire L\u00e9opold de Saussure quand il affirme : \u00ab\u00a0On a l\u00e0 un exemple m\u00e9morable des erreurs d&rsquo;appr\u00e9ciation auxquelles entra\u00eene la d\u00e9fiance inspir\u00e9e par le sens critique, dans un domaine sp\u00e9cial qui ne lui est pas familier\u00a0\u00bb. Le grand r\u00e9v\u00e9lateur de l&rsquo;astronomie chinoise \u00e9crit \u00e0 ce sujet : \u00ab\u00a0Depuis que le syst\u00e8me des apparences a \u00e9t\u00e9 d\u00e9truit par Copernic et Newton, l&rsquo;astronomie a \u00e9t\u00e9 de plus en plus consid\u00e9r\u00e9e comme une science de hautes math\u00e9matiques r\u00e9serv\u00e9e aux sp\u00e9cialistes; on est port\u00e9 \u00e0 m\u00e9conna\u00eetre le r\u00f4le primordial qu&rsquo;elle a jou\u00e9 \u00e0 l&rsquo;aube des grandes civilisations, o\u00f9 de puissants mobiles, d&rsquo;ordre philosophique, religieux et calend\u00e9rique, la pla\u00e7aient au premier rang des connaissances utiles.\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn7\">[7]<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cependant? le sch\u00e9ma zodiacal devait \u00eatre aussi l&rsquo;effet d&rsquo;une certaine ignorance \u2013 qui allait (chez les H\u00e9breux, par exemple) jusqu&rsquo;\u00e0 se repr\u00e9senter le monde comme une sph\u00e8re occup\u00e9e \u00e0 demi par le ciel, \u00e0 demi par notre plan\u00e8te elle-m\u00eame et par \u00ab\u00a0l&rsquo;ab\u00eeme\u00a0\u00bb qu&rsquo;elle e\u00fbt contenu, de sorte que la surface terrestre constituait en somme le grand cercle de l&rsquo;univers. Mais, alors m\u00eame, tout se passe comme si cette ignorance n&#8217;emp\u00eachait pas nos anc\u00eatres d&rsquo;acc\u00e9der \u00e0 une connaissance \u00ab\u00a0th\u00e9oriquement juste\u00a0\u00bb de l&rsquo;espace.<a href=\"#_ftn8\">[8]<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sur le plan astrologique, ainsi, le syst\u00e8me zodiacal tenait compte du fait que les constellations n&rsquo;\u00e9taient pas fixes. On croyait qu&rsquo;elles se d\u00e9pla\u00e7aient sur l&rsquo;\u00e9cliptique (dans le sens inverse du mouvement annuel) de 30 degr\u00e9s tous les vingt-deux si\u00e8cles environ, si bien que, tous les 2 200 ans, chaque constellation prenait, dans un Signe donn\u00e9, la place de la constellation \u00ab\u00a0suivante\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un point hypoth\u00e9tique Y <a href=\"#_ftn9\">[9]<\/a> fix\u00e9 sur le zodiaque \u00e0 la fin du mois de mars, \u00e9poque o\u00f9 l&rsquo;observation stellaire \u00e9tait la plus ais\u00e9e, se d\u00e9pla\u00e7ait ainsi, ann\u00e9e apr\u00e8s ann\u00e9e, de quelques 50\u00a0\u00bb par an, tout autour du zodiaque. Ce point, qu&rsquo;on nomme \u00ab\u00a0vernal\u00a0\u00bb parce qu&rsquo;il indique l&rsquo;\u00e9quinoxe du printemps, se trouvait pour Sumer et pour Memphis, 3 000 ans avant J.-C., dans la constellation du Taureau. En 128 avant J.-C., Hipparque, le c\u00e9l\u00e8bre astronome grec, le d\u00e9couvrait d\u00e9j\u00e0 dans les Poissons, \u00e0 174\u00b0 de l&rsquo;Epi de la Vierge. En 1862, Maskelyne le situait \u00e0 201\u00b04 de l&rsquo;Epi; en\u00a0 1990 ans, 27\u00b04 avaient \u00e9t\u00e9 franchis, soit 49\u00a0\u00bb par an.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans l&rsquo;intervalle, comme on sait, notre connaissance du cosmos s&rsquo;\u00e9tait totalement transform\u00e9e. Pour un Kepler, la terre n&rsquo;\u00e9tait plus le centre du syst\u00e8me solaire; elle tournait autour du soleil et le sch\u00e9ma des astrologues babyloniens paraissait \u00e0 reconsid\u00e9rer. D&rsquo;une certaine mani\u00e8re, pourtant, l&rsquo;ancienne symbolique demeurait valable, car, si la terre tourne autour du soleil en une ann\u00e9e, il s&rsquo;ensuit que, dans une ann\u00e9e, elle fait \u00e9galement le tour du zodiaque, passant de mois en mois dans un nouveau signe. Les d\u00e9couvertes de Copernic (1473-1543) et de Galil\u00e9e (1564-1643), non plus que les siennes propres (loi des orbites : 1604; loi des aires : 1605; loi harmonique : 1618) ne parurent donc pas suffisantes \u00e0 Kepler pour rejeter la plus ancienne croyance des hommes. Au contraire, ses th\u00e9ories astrologiques, relatives entre autres \u00e0 l&rsquo;\u00e9ternel retour, sont l&rsquo;une des choses que les astronomes du XXe si\u00e8cle lui reprochent le plus v\u00e9h\u00e9mentement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Restait \u00e0 expliquer le d\u00e9placement bimill\u00e9naire du point vernal d&rsquo;un signe \u00e0 l&rsquo;autre. L&rsquo;explication que J. Kepler y trouva porte le nom impropre de \u00ab\u00a0pr\u00e9cession des \u00e9quinoxes\u00a0\u00bb. Et, depuis trois si\u00e8cles, les commentaires de l&rsquo;astronomie officielle en demeurent assez confus.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais on enseigne encore dans les \u00e9coles que l&rsquo;axe de la terre n&rsquo;est que pr\u00e9tendument immobile. En r\u00e9alit\u00e9, notre plan\u00e8te effectuerait autour de son axe fictif un troisi\u00e8me mouvement circulaire (le premier \u00e9tant l&rsquo;ellipse orbitale qu&rsquo;elle d\u00e9crit autour du soleil, le second le mouvement qu&rsquo;elle accomplit sur elle-m\u00eame en vingt-quatre heures). Cette troisi\u00e8me rotation, comparable \u00e0 celle d&rsquo;une toupie lanc\u00e9e, pourrait se repr\u00e9senter figurativement comme un c\u00f4ne, dont l&rsquo;axe serait l&rsquo;axe fictif de la terre; c\u00f4ne circonscrit en 25 800 ans, \u00e0 raison de 50\u00a0\u00bb\u00a0 par an, soit d&rsquo;un signe zodiacal (30\u00b0) tous les 2 150 ans.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On notera la diff\u00e9rence avec le calcul bas\u00e9 sur les observations d&rsquo;Hipparque et de Maskelyne. L&rsquo;erreur du Grec serait minime : une seconde un dixi\u00e8me par an, bien qu&rsquo;elle entra\u00eene un \u00e9cart de sept si\u00e8cles pour la circonvolution compl\u00e8te de la terre autour du \u00ab\u00a0zodiaque \u00a0\u00bb : 26 520 ans, au lieu de 25 800 ans.<a href=\"#_ftn10\">[10]<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Puis, sont venus les g\u00e9ants du XVIIIe si\u00e8cle : Halley, Wright et surtout Herschel, le fondateur de l&rsquo;astronomie stellaire. A la lumi\u00e8re de leurs d\u00e9couvertes, il apparut tout d&rsquo;abord que la figuration zodiacale, d\u00e9cid\u00e9ment, \u00e9tait inacceptable. De m\u00eame que les plan\u00e8tes, pendant des mill\u00e9naires, avaient pu \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme des cercles-plans \u00e9pingl\u00e9s sur la vo\u00fbte du ciel, de m\u00eame les constellations avaient pu \u00eatre figur\u00e9es au nombre et sous l&rsquo;aspect de douze signes \u00ab\u00a0divins\u00a0\u00bb \u2013 bien qu&rsquo;elles fussent infiniment plus nombreuses (40 dans le seul ciel bor\u00e9al) et distantes les unes des autres de plusieurs dizaines d&rsquo;ann\u00e9es-lumi\u00e8re. Pendant des mill\u00e9naires, les hommes avaient pris pour une sorte d&rsquo;horloge ce qui \u00e9tait une mer sans fond!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s cette r\u00e9v\u00e9lation, aucun esprit savant du si\u00e8cle dernier n&rsquo;aurait voulu traiter avec s\u00e9rieux les inventions des astrologues! Les \u00ab\u00a0esprits savants\u00a0\u00bb avaient tort. Car l&rsquo;astronomie n&rsquo;en resta pas l\u00e0.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sans doute, \u00e0 l&rsquo;antique image d&rsquo;un cosmos circulaire au centre duquel se trouverait la terre, s&rsquo;est substitu\u00e9e une vision bien diff\u00e9rente. Non seulement la terre n&rsquo;en est pas le centre, mais le syst\u00e8me solaire lui-m\u00eame n&rsquo;est plus que l&rsquo;habitant vagabond d&rsquo;un \u00ab\u00a0faubourg\u00a0\u00bb de la Voie Lact\u00e9e, laquelle n&rsquo;est plus qu&rsquo;une galaxie parmi des milliards d&rsquo;autres.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le bras de la Voie Lact\u00e9e o\u00f9 nous nous mouvons a de quoi nous suffire, puisqu&rsquo;il atteint 30 ann\u00e9es-lumi\u00e8re de diam\u00e8tre (ou, si l&rsquo;on veut, 94 \u00bc\u00a0 ann\u00e9es-lumi\u00e8re de circonf\u00e9rence). Le soleil s&rsquo;y meut \u00e0 la vitesse de 20 kilom\u00e8tres-seconde, soit de 630 millions 720 000 kilom\u00e8tres par an.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cependant, le zodiaque ne repr\u00e9sente aucune r\u00e9alit\u00e9 concr\u00e8te : les constellations qui ont donn\u00e9 leurs noms aux Signes ne sont pas dispos\u00e9es sagement sur les bords de la Voie Lact\u00e9e, mais elles s&rsquo;y meuvent elles-m\u00eames, \u00e0 une vitesse de cinq \u00e0 trente fois sup\u00e9rieure \u00e0 celle de notre soleil.<a href=\"#_ftn11\">[11]<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pratiquement, nous pouvons dire qu&rsquo;en son point le plus rapproch\u00e9, une constellation se trouve \u00e0 une distance comprise entre 3 ou 4 ou 20 ou 30 ann\u00e9es-lumi\u00e8re. Quant \u00e0 son plus grand \u00e9loignement, il peut atteindre la profondeur m\u00eame de la spirale galactique, puisque les constellations s&rsquo;\u00e9loignent ou se rapprochent\u00a0 de nous \u00e0 travers toute la Voie Lact\u00e9e, o\u00f9 le syst\u00e8me solaire les suit avec un retard croissant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il s&rsquo;ensuit que leur mouvement, insensible \u00e0 nos regards, change \u00e0 tout moment la carte du ciel. Rien n&rsquo;y est immobile, pas plus les astres que les plan\u00e8tes, pas plus les galaxies que les astres. Notre Voie Lact\u00e9e fonce vers un grand inconnu (ou tourne autour d&rsquo;un axe encore myst\u00e9rieux) \u00e0 une vitesse qu&rsquo;on ne peut \u00e9valuer directement mais seulement en comparaison des vitesses des autres galaxies : elles sont de l&rsquo;ordre de plusieurs de kilom\u00e8tres-seconde.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De m\u00eame, notre soleil, dans le Voie Lact\u00e9e, se meut en direction de la constellation d&rsquo;Hercule (en se rapprochant de celle du Capricorne) et\u00a0 toutes les plan\u00e8tes du syst\u00e8me y courent de compagnie. La terre, ainsi, d\u00e9crit dans le cosmos une trajectoire en forme d&rsquo;h\u00e9lice et, ce faisant, coupe diversement les lignes des champs de forces cosmiques (d&rsquo;autant plus diversement que son mouvement oscille du plan de l&rsquo;\u00e9quateur, en mars, jusqu&rsquo;au parall\u00e8le de son axe nord-sud, en septembre, tandis que sa vitesse totale varie de 45 kilom\u00e8tres-seconde en mars \u00e0 24 kilom\u00e8tres-seconde en septembre).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Or, il y a quelques ann\u00e9es, un Italien, le professeur Piccardi, a \u00e9tabli math\u00e9matiquement cette figure h\u00e9lico\u00efdale (mouvement elliptique autour du soleil plus mouvement du soleil dans la galaxie) et ses calculs semblent devoir bouleverser le scepticisme de la science officielle \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de la plus vieille des sciences. Pour que l&rsquo;astrophysique actuelle puisse admettre sans r\u00e9ticence les th\u00e9ories de l&rsquo;astrologie la plus traditionnelle, il lui suffirait de nommer \u00ab\u00a0champs de force galactiques\u00a0\u00bb ce que nos p\u00e8res nommaient les signes zodiacaux (et les pr\u00eatres \u00e9gyptiens, il y a trois mille ans, les \u00ab\u00a0champs\u00a0\u00bb)<a href=\"#_ftn12\">[12]<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout prouve que nous allons tr\u00e8s vite vers une telle reconnaissance. Un physicien portugais, Antonio Giao, vient de d\u00e9montrer que des \u00e9quations d&rsquo;Einstein supposaient l&rsquo;existence des \u00ab\u00a0champs\u00a0\u00bb. Et, dans la seule p\u00e9riode de mars 1951 \u00e0 octobre 1960, deux cent cinquante mille essais ont \u00e9t\u00e9 faits, touchant l&rsquo;action de l&rsquo;eau ordinaire sur le trichlorure de bismuth, sous l&rsquo;influence des ondes cosmiques. Les courbes des r\u00e9sultats de ces exp\u00e9riences correspondent \u00e0 celles des ph\u00e9nom\u00e8nes g\u00e9ophysiques et astronomiques. Elles r\u00e9v\u00e8lent \u00ab\u00a0une corr\u00e9lation inattendue avec les variations du champ magn\u00e9tique terrestre, l&rsquo;ionisation de l&rsquo;atmosph\u00e8re, l&rsquo;intensit\u00e9 du rayonnement cosmique, la dur\u00e9e de la rotation solaire\u2026\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn13\">[13]<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Des tests pratiqu\u00e9s depuis douze ans \u00e0 Madagascar, au Japon, dans l&rsquo;Antarctique, que sortira-t-il demain? Nous n&rsquo;en savons rien encore, sinon que la plus grande difficult\u00e9 rencontr\u00e9e par les chercheurs provient pr\u00e9cis\u00e9ment de ce que les r\u00e9sultats varient selon les \u00e9poques auxquelles les exp\u00e9riences sont effectu\u00e9es. Mais cette difficult\u00e9 m\u00eame appara\u00eet comme une preuve. C&rsquo;est elle qui permet au professeur Piccardi de pr\u00e9tendre d\u00e9tenir aujourd&rsquo;hui une hypoth\u00e8se de travail \u00ab\u00a0selon laquelle le mouvement h\u00e9lico\u00efdal de la terre dans la galaxie doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un ph\u00e9nom\u00e8ne important, susceptible de provoquer des effets notables.\u00a0\u00bb Une hypoth\u00e8se de travail qui suffit \u00e0 l&rsquo;astrophysique peut nous suffire aussi, provisoirement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Peut-\u00eatre le ministre des Finances, dans l&rsquo;avenir, pr\u00e9voira-t-il le rendement des imp\u00f4ts d&rsquo;apr\u00e8s les ph\u00e9nom\u00e8nes chromosph\u00e9riques\u2026\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn14\">[14]<\/a> N&rsquo;\u00e9tait-ce pas ce que faisaient, deux mille ans avant J.-C., les pr\u00eatres de Mardouk, pendant l&rsquo;Akitu?<\/p>\n<div id=\"attachment_670\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/DEFENSE3.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-670\" class=\"size-medium wp-image-670\" title=\"DEFENSE3\" src=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/DEFENSE3-300x224.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"224\" srcset=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/DEFENSE3-300x224.jpg 300w, http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/DEFENSE3.jpg 567w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-670\" class=\"wp-caption-text\">Illustration Pierre-Jean Debenat<\/p><\/div>\n<h3 style=\"text-align: center;\">6<\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces illusions pourtant, ne sont plus de mise. Ce que nos grands-p\u00e8res n&rsquo;eussent pas admis, nous le savons clairement aujourd&rsquo;hui : notre conception actuelle du cosmos n&rsquo;a pas plus de chance de durer que n&rsquo;en eurent celles de Copernic, de Ptol\u00e9m\u00e9e ou d&rsquo;Eudoxe.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il y a seulement dix ans, l&rsquo;astronome Walter Beade, en utilisant le t\u00e9lescope g\u00e9ant du Mont Palomar, a pu identifier une des sources d&rsquo;\u00e9mission des \u00ab\u00a0ondes de l&rsquo;espace\u00a0\u00bb avec la galaxie du Cygne, distante de 700 millions d&rsquo;ann\u00e9es-lumi\u00e8re. Depuis, d&rsquo;autres sources ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9tect\u00e9es, dont on suppose que la puissance varie de 10 puissance 28 \u00e0 10 puissance 34 kilowatts; nous voil\u00e0 loin des milliards kilowatts de l&rsquo;\u00e9nergie solaire!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Des hypoth\u00e8ses refont surface : celle qu&rsquo;un \u00e9crivain de science-fiction, Edward E. Smith, \u00e9mit d\u00e8s 1940, \u00e0 savoir que des collisions seraient possibles entre les galaxies\u2026 D&rsquo;autres naissent, et l&rsquo;on voit des savants sovi\u00e9tiques, Chklovsky et Ginzburg, pr\u00e9f\u00e9rer croire \u00e0 l&rsquo;existence d&rsquo;\u00e9lectrons interstellaires voyageant presque \u00e0 la vitesse de la lumi\u00e8re, dont l&rsquo;origine selon le premier serait une explosion d&rsquo;\u00e9toiles, et dont l&rsquo;effet selon le second serait une naissance de galaxie. Chacun r\u00eave de cr\u00e9er son petit (ou grand) syst\u00e8me; ceux-l\u00e0 qui refusent d&rsquo;admettre les \u00ab\u00a0champs\u00a0\u00bb de l&rsquo;ancienne Egypte ne sont pas ceux qui reculent devant les hypoth\u00e8ses les plus folles. Du moins toutes ces inventions pr\u00e9sentent-elles un point commun avec les th\u00e8ses antiques; la terre n&rsquo;est qu&rsquo;un atome dans l&rsquo;univers, balay\u00e9 par des forces, des \u00ab\u00a0puissances\u00a0\u00bb \u00e9normes dont nous n&rsquo;aurons jamais qu&rsquo;une id\u00e9e incertaine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En effet, entre ces puissances et notre intelligence existe une diff\u00e9rence de plan, de \u00ab\u00a0niveau\u00a0\u00bb, telle que nos lois ne peuvent en rendre qu&rsquo;imparfaitement compte, comme si nos lois n&rsquo;\u00e9taient que les \u00ab\u00a0rayons\u00a0\u00bb cr\u00e9ateurs d&rsquo;une sph\u00e8re ind\u00e9finiment agrandie. Aussi loin que nous inventions, nous ne faisons qu&rsquo;\u00e9largir l&rsquo;orbe de l&rsquo;univers, et l&rsquo;\u00e9cart ne cesse de s&rsquo;accro\u00eetre qui s\u00e9pare le rayon-loi de la circonf\u00e9rence-univers.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En cela les plus savants ne se trompent pas, qui tiennent \u00e0 leur humilit\u00e9 plus qu&rsquo;\u00e0 leur science. Copernic admettait qu&rsquo;il avait retrouv\u00e9 l&rsquo;id\u00e9e du mouvement de la terre dans des ouvrages tr\u00e8s anciens. Le g\u00e9nial auteur du principe d&rsquo;ind\u00e9termination en physique nucl\u00e9aire, W. Heisenberg lui fait \u00e9cho : \u00ab\u00a0Au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies, les liens qui unissent les diff\u00e9rentes sciences naturelles sont devenus bien plus apparents qu&rsquo;ils ne l&rsquo;\u00e9taient auparavant. Fr\u00e9quemment, on reconna\u00eet les signes de l&rsquo;origine commune\u00a0 et, d&rsquo;une fa\u00e7on ou d&rsquo;une autre, cette origine commune r\u00e9side finalement dans la pens\u00e9e antique\u00a0\u00bb.<a href=\"#_ftn15\">[15]<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Or, cette synth\u00e8se r\u00eav\u00e9e, suppos\u00e9 qu&rsquo;on l&rsquo;obtienne, ne serait plus du ressort d&rsquo;aucune des sciences connues : chimie, physique, astrophysique, astronomie, etc\u2026 Nous le voyons bien par la tentative de Jean Charon qui, aujourd&rsquo;hui, va plus loin que tous en ce sens : il lui faut \u00e9tablir au d\u00e9part un \u00ab\u00a0hiatus\u00a0\u00bb entre (ce sont ses termes) le R\u00e9el et le Connu. Se profilent ici, tout \u00e0 la fois, les th\u00e8ses ch\u00e8res aux cabalistes, aux brahmanes, aux disciples d&rsquo;Ockham, aux pr\u00eatres chald\u00e9ens : l&rsquo;homme cr\u00e9e le r\u00e9el, il ne le \u00ab\u00a0d\u00e9couvre\u00a0\u00bb pas. Alors, une science survit, une seule : celle des mythes, et notamment des mythes astrologiques, pour lesquels l&rsquo;homme recommence de se passionner.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quand je parle de l&rsquo;astrologie, on entend que je ne parle pas de l&rsquo;horoscope quotidien sur lequel se jette d\u00e8s l&rsquo;aube l&rsquo;homme d&rsquo;affaires am\u00e9ricain ou la midinette parisienne. Je n&rsquo;\u00e9prouve aucun m\u00e9pris mais non plus aucune confiance pour des pr\u00e9dictions individuelles que la presse diffuse \u00e0 des millions d&rsquo;exemplaires. En fait, cette branche de l&rsquo;astrologie m&rsquo;est parfaitement inconnue et je ne saurais dire si, comme on le pr\u00e9tend, les sportifs naissent plus nombreux sous le signe du B\u00e9lier, les artisans sous le signe de la Vierge.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cependant, je crois \u00e0 ce qu&rsquo;on pourrait nommer la caract\u00e9rologie des signes. Il me semble qu&rsquo;une recherche vieille de cinq mille ans a d\u00fb obtenir souvent des r\u00e9sultats \u00e9vidents et durables; sans quoi, qui l&rsquo;aurait poursuivie? Suppos\u00e9 que nos anc\u00eatres fussent des ignorants (cela n&rsquo;est pas prouv\u00e9), on ne peut les croire stupides; ce l&rsquo;aurait \u00e9t\u00e9 que s&rsquo;attacher si\u00e8cle apr\u00e8s si\u00e8cle \u00e0 des croyances que l&rsquo;exp\u00e9rience e\u00fbt d\u00e9menties. Si l&rsquo;histoire peut devenir une science, l&rsquo;historien doit s&rsquo;en tenir \u00e0 cette humilit\u00e9. Pour l&rsquo;instant, observer et noter ce qu&rsquo;on observe, sans se presser de conclure, sans se permettre de juger, est la seule attitude concevable.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\">7<\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aussi, quittant le domaine plaisant de la th\u00e9orie, que l&rsquo;astronome aujourd&rsquo;hui comme l&rsquo;astrologue hier ma\u00eetrise trop ais\u00e9ment, ce sont les faits que dans ce livre j&rsquo;ai voulu r\u00e9unir et confronter.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Des faits \u00ab\u00a0historiques\u00a0\u00bb, d&rsquo;abord, pour les cinq mill\u00e9naires o\u00f9 l&rsquo;on peut parler d&rsquo;Histoire, c&rsquo;est-\u00e0-dire de dates plus ou moins pr\u00e9cises et de rapports de causalit\u00e9 plus ou moins s\u00fbrs. Puis, des faits arch\u00e9ologiques, moins incertains parfois, dans la mesure o\u00f9 les pierres subsistent plus longtemps que les id\u00e9es et se pr\u00eatent moins au jeu des interpr\u00e9tations. Des faits mythiques, enfin, des vestiges l\u00e9gendaires, pour les \u00e9poques recul\u00e9es o\u00f9 ni l&rsquo;histoire ni l&rsquo;arch\u00e9ologie ne nous sont plus d&rsquo;aucun secours; car il arrive que les grands th\u00e8mes mystiques laissent parmi les peuples qui en furent impr\u00e9gn\u00e9s des traces plus durables que les pierres.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mon \u00e9diteur et moi aurions voulu publier tout l&rsquo;ouvrage en un volume; son importance mat\u00e9rielle nous a contraints d&rsquo;y renoncer. Je ne le regrette pas trop, car le livre en comporte effectivement deux, qui ne se ressemblent ni par leur objet, ni m\u00eame par les m\u00e9thodes auxquelles j&rsquo;ai d\u00fb me soumettre ici et l\u00e0.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Le Royaume et les Proph\u00e8tes<\/em> traite de trois religions qui ne sont \u00e0 aucun degr\u00e9 des syncr\u00e9tismes mais les expressions de mystiques originales et qui restent assez proches de nous pour que, vivant, l&rsquo;Esprit nous en parvienne. Leur \u00e9volution correspond \u00e0 une p\u00e9riode o\u00f9 les datations ne sont incertaines, au pire, qu&rsquo;\u00e0 vingt ans pr\u00e8s, si bien que l&rsquo;Histoire, ici, imposait ses m\u00e9thodes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En ce qui concerne les dates et les \u00e9v\u00e8nements que nul ne discute plus (jusqu&rsquo;au VIIIe si\u00e8cle avant J.-C.), je me suis content\u00e9 des ouvrages classiques, faciles \u00e0 consulter, et des \u00e9tudes contemporaines les plus connues. Quand je me suis trouv\u00e9 devant une incertitude ou un point contest\u00e9 (les datations des \u00e9v\u00e8nements bibliques ou de l&rsquo;ancienne Sumer), je me suis attach\u00e9 \u00e0 discuter les arguments contradictoires, les interpr\u00e9tations des deux th\u00e8ses en pr\u00e9sence. Pour l&rsquo;essentiel, ce premier tome ne traite que des religions babylonienne, h\u00e9bra\u00efque et chr\u00e9tienne : il couvre six mill\u00e9naires.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le tome second, <em>Les jours et les nuits du Cosmos<\/em>, traitera des autres religions, dont nous ne connaissons plus que les mutations, les \u00ab\u00a0r\u00e9veils\u00a0\u00bb : syncr\u00e9tismes et panth\u00e9ons. Leur \u00e9tude couvre douze mille ans et englobe celles des civilisations les plus diverses : de l&rsquo;Asie Centrale, de la Perse, des pays musulmans, des pays celtes, de l&rsquo;Extr\u00eame Orient, de l&rsquo;Am\u00e9rique du Sud\u2026 Elle dut s&rsquo;appuyer sur l&rsquo;arch\u00e9ologie en ce qui concerne les dieux morts; sur les \u00ab\u00a0trouvailles\u00a0\u00bb des ethnologues, en ce qui concerne les survivances des mythes. Elle dut \u00e9galement faire une grande place \u00e0 ces mythes m\u00eames, l\u00e9gendes sacr\u00e9es que l&rsquo;esprit contemporain tient pour de simples impostures, mais qui sont n\u00e9anmoins comme l&rsquo;histoire des peuples qui avaient de l&rsquo;Histoire une conception diff\u00e9rente de la n\u00f4tre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Depuis trente ans, ces faits mythiques, fruits des recherches patientes de centaines d&rsquo;historiens et d&rsquo;ethnologues, nous parviennent en telle abondance qu&rsquo;une vie serait \u00e0 peine suffisante pour les r\u00e9unir et les confronter. Heureusement, des hommes ont d\u00e9j\u00e0 fait pour nous, dans une large mesure, le collationnement n\u00e9cessaire. Au premier rang de ceux-ci, je nommerai le professeur roumain Mircea Eliade, dont le <em>Trait\u00e9 d&rsquo;Histoire des religions<\/em> me fut un instrument de travail irrempla\u00e7able.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais il ne suffit pas de collationner des faits, il convient de les comprendre. L&rsquo;esprit scientifique, hier, refusait la synth\u00e8se; il y vient aujourd&rsquo;hui. Claude L\u00e9vi-Strauss entre autres a sans doute pr\u00e9par\u00e9 le terrain aux chercheurs; je lui dois, quant \u00e0 moi, de m&rsquo;avoir encourag\u00e9 en montrant que la pens\u00e9e des peuples dits sauvages est un \u00e9tat normal de l&rsquo;intelligence, puisqu&rsquo;elle peut \u00eatre, en certains cas, plus cr\u00e9atrice que la n\u00f4tre. <a href=\"#_ftn16\">[16]<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Certains esprits, philosophiques plut\u00f4t que scientifiques, avaient pressenti cette v\u00e9rit\u00e9 avant l&rsquo;ethnologue moderne; ou, du moins, ressenti que les mythes dont s&rsquo;est toujours berc\u00e9e l&rsquo;humanit\u00e9, f\u00fbt-ce aux temps \u00ab\u00a0barbares\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0sauvages\u00a0\u00bb, n&rsquo;avaient pas une valeur de cr\u00e9ation moindre que les th\u00e8mes et les mythes des grandes religions constitu\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En ce qui concerne pr\u00e9cis\u00e9ment le th\u00e8me de l&rsquo;\u00e9ternel retour, il doit suffire de citer ici une page de J.-L. Borges, tir\u00e9e de son <em>Histoire de l&rsquo;Eternit\u00e9<\/em> :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Je pense aux jours, aux nuits de Brahma; aux \u00e9poques dont l&rsquo;horloge immobile est une pyramide tr\u00e8s lentement us\u00e9e par l&rsquo;aile d&rsquo;un oiseau qui l&rsquo;effleure chaque mille et une ann\u00e9e; au hommes d&rsquo;H\u00e9siode, qui d\u00e9g\u00e9n\u00e8rent de l&rsquo;or jusqu&rsquo;au fer; au monde d&rsquo;H\u00e9raclite, engendr\u00e9 par le feu et cycliquement d\u00e9vor\u00e9 par le feu; au monde de S\u00e9n\u00e8que et de Chrysippe, an\u00e9anti par le feu, r\u00e9nov\u00e9 par l&rsquo;eau; \u00e0 la Quatri\u00e8me Bucolique de Virgile, et \u00e0 l&rsquo;\u00e9cho splendide qu&rsquo;on en trouve dans les vers de Shelley; \u00e0 l&rsquo;Eccl\u00e9siaste; aux th\u00e9osophes; \u00e0 l&rsquo;Histoire d\u00e9cimale qu&rsquo;imagina Condorcet; \u00e0 Francis Bacon et \u00e0 Ouspenski; \u00e0 G\u00e9rald Heard, \u00e0 Spengler et \u00e0 Vico; \u00e0 Schopenhauer, \u00e0 Emerson, aux <em>First Principles <\/em>de Spencer et \u00e0 <em>Eureka<\/em> de Poe.\u00a0\u00bb <a href=\"#_ftn17\">[17]<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Jusqu&rsquo;au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle, pourtant, on pouvait encore croire que ces th\u00e8mes et recoupements \u00e9taient la cr\u00e9ation de po\u00e8tes hallucin\u00e9s ou d&rsquo;\u00e9crivains na\u00effs et qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas lieu de s&rsquo;en soucier. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;une d\u00e9monstration aussi magistrale que <em>Le d\u00e9clin de l&rsquo;Occident<\/em>, d&rsquo;Oswald Spengler, malgr\u00e9 de nombreuses r\u00e9\u00e9ditions depuis sa parution en 1917, ne semble pas avoir troubl\u00e9 profond\u00e9ment la qui\u00e9tude de nos progressistes, que seule peut-\u00eatre la tornade nazie devait amener \u00e0 se poser les premi\u00e8res questions s\u00e9rieuses. Parti des pr\u00e9tentions de la psychanalyse freudienne, le professeur Jung fut l&rsquo;un des premiers \u00ab\u00a0scientifiques\u00a0\u00bb \u00e0 voir dans les grands mythes de l&rsquo;humanit\u00e9 autre chose que de simples divagations. Sous le nom d&rsquo;<em>arch\u00e9types<\/em>, il en fit le d\u00e9part d&rsquo;une m\u00e9thode de d\u00e9pistage dont nous ne savons pas encore, il est vrai, quels seront les r\u00e9sultats th\u00e9rapeutiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Vers les m\u00eames temps, Gaston Bachelard cherchait dans l&rsquo;\u00e9tude des grands mythes la cl\u00e9 de notre \u00ab\u00a0inconscient cr\u00e9ateur\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Psychiquement, \u00e9crivait-il, nous sommes cr\u00e9\u00e9s par notre r\u00eaverie, car c&rsquo;est la r\u00eaverie qui dessine les derniers confins de notre esprit.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Or, tous les th\u00e8mes qu&rsquo;\u00e9tudie son \u0153uvre <a href=\"#_ftn18\">[18]<\/a> s&rsquo;ordonnent autour des \u00e9l\u00e9ments : l&rsquo;eau, l&rsquo;air, la terre, le feu, lesquels recouvrent pr\u00e9cis\u00e9ment les signes astrologiques, soit l&rsquo;eau : le Scorpion, le Cancer et les Poissons; l&rsquo;air : la Balance, les G\u00e9meaux et le Verseau; le feu : le Sagittaire, le Lion et le B\u00e9lier; la terre : le Capricorne, la Vierge et le Taureau.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il s&rsquo;ensuit que tous les th\u00e8mes qu&rsquo;on peut rattacher aux \u00e9l\u00e9ments se retrouvent n\u00e9cessairement dans les signes du zodiaque. Par exemple, le Feu est ce qui se d\u00e9truit soi-m\u00eame (caract\u00e8re du b\u00e9lier) mais \u00e9galement ce qui rayonne en aveuglant (le lion). La Terre, c&rsquo;est la moisson, l&rsquo;\u00e9quilibre des saisons, ce qui se garde et survit (la vierge) mais aussi le d\u00e9sir satisfait et de nouveau avide, l&rsquo;\u00e9lan du faune, l&rsquo;ardeur du germe (le capricorne), enfin l&rsquo;\u00e9panouissement, la cr\u00e9ation m\u00eame avec toutes ses jouissances, o\u00f9 triomphe le taureau.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si donc on peut classer, comme Bachelard le croyait, les grands mythes humains en fonction des \u00e9l\u00e9ments, on doit pouvoir les classer de m\u00eame relativement aux douze signes zodiacaux, et ce fut le dessein que j&rsquo;eus, nagu\u00e8re, en le lisant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mon travail a pu m&rsquo;entra\u00eener bien au-del\u00e0 de ce premier projet. Mais ce fut, d&rsquo;une certaine mani\u00e8re, sans le trahir. Aussi, comme j&rsquo;en eus le d\u00e9sir en d\u00e9cidant de l&rsquo;entreprendre, j&rsquo;ose d\u00e9dier au souvenir de Gaston Bachelard un livre dont la premi\u00e8re partie raconte la vie des religions, la seconde leur mort; dont la premi\u00e8re partie s&rsquo;attache \u00e0 d\u00e9finir comment l&rsquo;homme vit des dieux, la seconde par quels moyens il esp\u00e8re leur survivre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;ensemble donne de l&rsquo;Histoire, et de notre situation dans l&rsquo;univers, une vision nouvelle sans doute, d\u00e9concertante peut-\u00eatre, mais utile, je le pense, en une \u00e9poque o\u00f9 nous n&rsquo;avons que trop tendance \u00e0 nous poser en fossoyeurs de toutes les religions, de toutes les cultures et de toutes les croyances des peuples disparus.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/DEFENSE5.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-671\" title=\"DEFENSE5\" src=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/DEFENSE5-241x300.jpg\" alt=\"\" width=\"241\" height=\"300\" srcset=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/DEFENSE5-241x300.jpg 241w, http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/DEFENSE5-824x1024.jpg 824w, http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/DEFENSE5.jpg 1254w\" sizes=\"auto, (max-width: 241px) 100vw, 241px\" \/><\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>Jean-Charles Pichon\u00a0\u00a0 1963<\/h3>\n<div>\n<hr size=\"1\" \/>\n<div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> <em>Nostradamus ou le secret des temps<\/em> (Le Livre Contemporain)<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><a href=\"#_ftnref2\">[2]<\/a> NIETZSCHE, 1886-87 (XVI \u2013 1603) : <em>Carnets intimes<\/em><\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><a href=\"#_ftnref3\">[3]<\/a> NIETZSCHE, 1885-86 (XVI \u2013 638) : <em>Carnets intimes<\/em><\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><a href=\"#_ftnref4\">[4]<\/a> Jean E. CHARON : <em>La connaissance de l&rsquo;univers<\/em>, Le Seuil, 1962<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><a href=\"#_ftnref5\">[5]<\/a> <em>Le principe de la conception de l&rsquo;\u00e9ternel retour est astrologique, <\/em>J.-L. BORGES. \u00ab\u00a0Histoire de l&rsquo;Eternit\u00e9\u00a0\u00bb, Editions du Rocher, 1951<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><a href=\"#_ftnref6\">[6]<\/a> Pierre ROUSSEAU : <em>L&rsquo;Astronomie<\/em>, L.G.F., 1959<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><a href=\"#_ftnref7\">[7]<\/a> L\u00e9opold DE SAUSSURE : <em>Les Origines de l&rsquo;astronomie chinoise<\/em>, p. 554, Maisonneuve, Paris, 1930.<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><a href=\"#_ftnref8\">[8]<\/a> L. DE SAUSSURE note, \u00e0 titre d&rsquo;exemple de cette connaissance antique, intuitive et directe : \u00ab\u00a0C&rsquo;\u00e9tait une notion \u00e9l\u00e9mentaire (souvent ignor\u00e9e de nos jours, des gens cultiv\u00e9s) que l&rsquo;\u00e9quinoxe est marqu\u00e9e par le lever et le coucher du soleil sur la ligne est-ouest, qu&rsquo;en hiver il se l\u00e8ve au nord de cette ligne et au sud en \u00e9t\u00e9.\u00a0\u00bb Cependant? \u00ab\u00a0selon les th\u00e9ories modernes, la repr\u00e9sentation des phases cardinales (o\u00f9 interviennent la translation annuelle de la terre autour du soleil, la rotation diurne et l&rsquo;inclinaison de l&rsquo;axe des p\u00f4les) peut appara\u00eetre comme un concept effroyablement compliqu\u00e9\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><a href=\"#_ftnref9\">[9]<\/a> Point de rencontre de l&rsquo;\u00e9quateur et de l&rsquo;\u00e9cliptique.<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><a href=\"#_ftnref10\">[10]<\/a> Nous verrons que d&rsquo;autres estimations ont \u00e9t\u00e9 donn\u00e9es de ce calcul primordial. Bien avant Hipparque, Platon proposait : 25 908 ans; 50 ans avant Kepler, Nostradamus : 26 040 ans.<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><a href=\"#_ftnref11\">[11]<\/a> Une \u00e9toile qui semble des moins rapides, Acturus, dans la constellation Libra (la Balance), vole \u00e0 raison de 137 kms-seconde. En 1846 ans, d&rsquo;Hipparque \u00e0 Halley, son emplacement dans le cosmos n&rsquo;a cependant vari\u00e9, pour nous, que d&rsquo;1\u00b0 7&prime;.<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><a href=\"#_ftnref12\">[12]<\/a> Il est remarquable, d\u00e9j\u00e0, qu&rsquo;en 1930, les astronomes du monde entier aient d\u00e9cid\u00e9 d&rsquo;en revenir au vieux syst\u00e8me des \u00ab\u00a0Constellations\u00a0\u00bb apr\u00e8s s&rsquo;\u00eatre beaucoup moqu\u00e9 des astrologues du temps pass\u00e9 \u00ab\u00a0qui, artificiellement, recouvraient d&rsquo;un seul nom des \u00e9toiles en r\u00e9alit\u00e9 fort \u00e9loign\u00e9es les unes des autres\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><a href=\"#_ftnref13\">[13]<\/a> Pour comprendre l&rsquo;importance de ces tests, il convient de pr\u00e9ciser que la vie n&rsquo;est autre qu&rsquo;une r\u00e9action chimique du m\u00eame type (collo\u00efdale) que celle du trichlorure de bismuth sur l&rsquo;eau.<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><a href=\"#_ftnref14\">[14]<\/a> Pierre ROUSSEAU, opus cit\u00e9.<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><a href=\"#_ftnref15\">[15]<\/a> Werner HEISENBERG : <em>La nature dans la physique contemporaine.<\/em> Gallimard, 1962.<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><a href=\"#_ftnref16\">[16]<\/a> Claude LEVI-STRAUSS : <em>Tristes Tropiques<\/em>. Plon, 1955; <em>La Pens\u00e9e Sauvage<\/em>, 1962.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><a href=\"#_ftnref17\">[17]<\/a> Cependant, Borges n\u00e9glige Hom\u00e8re, l&rsquo;Apocalypse, Rabelais, Nerval : \u00e9tranges oublis! D&rsquo;autre part, d&rsquo;importants fragments de la litt\u00e9rature symboliste (de Mallarm\u00e9 \u00e0 Elie Faure) et de la philosophie n\u00e9o-fasciste concerneraient notre propos, si les symboles n&rsquo;y \u00e9taient pris dans leur sens hi\u00e9ratique, sans souci du contexte social o\u00f9 ils naquirent et hors duquel ils n&rsquo;ont gu\u00e8re de valeur.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref18\">[18]<\/a> Outre une partie plus sp\u00e9cialement scientifique, <em>Le nouvel esprit scientifique<\/em>, <em>La Philosophie du Non<\/em>, <em>L&rsquo;exp\u00e9rience de l&rsquo;Espace dans la physique contemporaine<\/em>, l&rsquo;\u0153uvre de Gaston BACHELARD comprend quatre livres qu&rsquo;il faut absolument avoir lus : <em>La po\u00e9tique de l&rsquo;espace, L&rsquo;eau et les r\u00eaves, La psychanalyse du feu, La terre et les r\u00eaveries du repos<\/em> (\u00e9dit\u00e9s par Jos\u00e9 Corti).<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En 1963, Jean-Charles Pichon publiait, chez Robert Laffont, un ouvrage en deux volumes (Le Royaume et les Proph\u00e8tes, Les jours et les nuits du Cosmos), sous le titre g\u00e9n\u00e9ral : Les cycles du retour \u00e9ternel. Jamais r\u00e9\u00e9dit\u00e9e, cette \u0153uvre nous &hellip; <a href=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/?p=661\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[31],"tags":[],"class_list":["post-661","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-les-cycles-du-retour-eternel"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/661","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=661"}],"version-history":[{"count":16,"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/661\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2148,"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/661\/revisions\/2148"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=661"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=661"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=661"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}