{"id":602,"date":"2011-02-01T10:05:07","date_gmt":"2011-02-01T09:05:07","guid":{"rendered":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/?p=602"},"modified":"2011-02-01T10:05:07","modified_gmt":"2011-02-01T09:05:07","slug":"la-vie-des-dieux","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/?p=602","title":{"rendered":"La vie des dieux"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">En 1972, parut aux Editions Payot \u00ab\u00a0Les Dieux Ph\u00e9nom\u00e9naux\u00a0\u00bb, premier ouvrage d&rsquo;une trilogie intitul\u00e9e \u00ab\u00a0La vie des dieux\u00a0\u00bb. Puis suivirent \u00ab\u00a0Les Dieux Humains\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Les Dieux Etrangers\u00a0\u00bb. Ce dernier livre fut r\u00e9\u00e9dit\u00e9 chez E-dite, sous le titre \u00ab\u00a0Le cri articul\u00e9\u00a0\u00bb. En r\u00e9alit\u00e9, c&rsquo;est ce dernier texte que Jean-Charles tenait \u00e0 voir publi\u00e9. Mais, craignant que, s&rsquo;il le pr\u00e9sentait d&#8217;embl\u00e9e, M. Payot ne le refus\u00e2t, il proposa cette trilogie dont les deux premiers tomes consistent en un recensement th\u00e9matique des diverses divinit\u00e9s connues depuis environ huit mille ans.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est un extrait de la pr\u00e9face des \u00ab\u00a0Dieux ph\u00e9nom\u00e9naux\u00a0\u00bb que nous vous proposons ici.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<h2 style=\"text-align: center;\"><strong>La vie des dieux<\/strong><\/h2>\n<p><strong> <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s de longues \u00e9tudes men\u00e9es dans le dessein de collationner et de situer temporellement les traditions communes aux religions (<em>Les cycles du retour \u00e9ternel, L&rsquo;homme et les dieux<\/em>), aux proph\u00e9ties (<em>Le dieu du futur, Nostradamus en clair, Les t\u00e9moins de l&rsquo;Apocalypse<\/em>), aux groupements religieux ou non (<em>Histoire universelle des sectes et des soci\u00e9t\u00e9s secr\u00e8tes<\/em>) et aux croyances les plus diverses de l&rsquo;humanit\u00e9 (<em>Histoire des mythes<\/em>), le pr\u00e9sent ouvrage ne poursuit pas de telles recherches. Mais il se fonde sur elles pour tenter d&rsquo;en tirer des lignes de forces capables de susciter des qu\u00eates diff\u00e9rentes, tourn\u00e9es non plus vers le pass\u00e9 causal, mais vers ce qui en demeure dans l&rsquo;\u00e9ternelle dur\u00e9e et qui formule par l\u00e0 des prospectives nouvelles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En regard de ce but, excessif on l&rsquo;avoue, les trois livres de <em>La vie des dieux<\/em> para\u00eetront bien na\u00effs \u00e0 de certains esprits, leur documentation et leur rigueur insuffisantes, leur construction et leurs sch\u00e9mas gratuits; mais non plus qu&rsquo;en regard des grandes religions du IIe mill\u00e9naire av. J.-C. ou de notre Ier mill\u00e9naire, ne nous apparaissent na\u00effs les recensements astrologiques des chald\u00e9ens ou d\u00e9risoires les <em>Physica<\/em> de Bolos et de ses successeurs, qui ont cependant conduit l&rsquo;Akkadien, puis l&rsquo;Egyptien, \u00e0 la conscience de la Justice ou l&rsquo;Hell\u00e9nistique, puis le Romain, \u00e0 l&rsquo;exigence de l&rsquo;Amour. Un embryon de figure, ici, vaut mieux que pas de figure du tout : il n&rsquo;est rien de plus gratuit que les r\u00e8gles d&rsquo;\u00e9checs, mais aucun jeu plus beau que celui qu&rsquo;elles fondent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quant \u00e0 d\u00e9montrer l&rsquo;urgence d&rsquo;une telle qu\u00eate, beaucoup douteront que ce soit n\u00e9cessaire d\u00e9sormais. La renaissance des sectes depuis 1916, leur multiplication depuis 1928, l&rsquo;\u00e9clatement des croyances purement rationalistes de l&rsquo;\u00e9poque 1900, les tentatives fascistes et nazies, le r\u00e9veil mythologique de tous les peuples dits \u00ab\u00a0sauvages\u00a0\u00bb, en Am\u00e9rique et en Afrique, les crises religieuses qui se multiplient soudain au sein du christianisme, du bouddhisme et de l&rsquo;Islam, l&rsquo;engouement des civilis\u00e9s pour la litt\u00e9rature fantastique, la r\u00e9volte et l&rsquo;\u00e9veil de la jeunesse, la renaissance des races dans un monde qui les nie, le structuralisme m\u00eame, ou s\u00e9mantique ou biologique, et bien d&rsquo;autres ph\u00e9nom\u00e8nes, innombrables en v\u00e9rit\u00e9, puisqu&rsquo;ils vont de la restauration de l&rsquo;astrologie \u00e0 l&rsquo;\u00e9tude des pouvoirs <em>psi<\/em>, par l&rsquo;\u00e9volution de la psychanalyse depuis Freud jusqu&rsquo;\u00e0 Jung et la croyance mondiale aux soucoupes volantes, tout atteste qu&rsquo;\u00e0 nouveau les hommes n&rsquo;ont soif que de l&rsquo;Irrationnel, officiellement rejet\u00e9 deux si\u00e8cles, absent de nos cit\u00e9s depuis cent ans et plus.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Or, le plus grand danger qui menace les peuples et les individus saisis par ce besoin n&rsquo;est aucun de ceux que nous redoutons : la destruction atomique, la famine, la pollution, le racisme ou la guerre. Car l&rsquo;homme a cent fois prouv\u00e9 qu&rsquo;il peut survivre aux fl\u00e9aux. Mais les peuples atteints de la fi\u00e8vre mythologique, dans le bref intervalle qui s\u00e9pare l&rsquo;ath\u00e9isme du renouveau sacr\u00e9, n&rsquo;y ont de fait pas surv\u00e9cu : les Akkadiens et les Hell\u00e9nistiques, entre autres.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On voit comment cette destruction peut se produire. L&rsquo;homme qui revient au besoin de l&rsquo;Irrationnel \u00e0 la sortie de ce temps m\u00eame o\u00f9 l&rsquo;Irrationnel \u00e9tait ni\u00e9 p\u00e9n\u00e8tre dans un univers dont il ne sait rien. Il en ignore les lois et les r\u00e9alit\u00e9s. Tout ce qui l&rsquo;\u00e9tonne l&rsquo;attire, tout ce qui le d\u00e9concerte lui para\u00eet admirable. Il met sur le m\u00eame plan le vertige de l&rsquo;\u00e9rotisme, le risque de la passion, le combat des croyances, la parodie des dieux que donne, comme un spectacle, l&rsquo;habile charlatan. Il lui faut se droguer ou mourir par amour, tuer ou se faire tuer, jouer tous les r\u00f4les. Par exigence de vivre, il lui faut nier la vie : le suicide sto\u00efcien est au bout de ces qu\u00eates.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous n&rsquo;en sommes point l\u00e0, mais le processus irr\u00e9versible a d\u00e9but\u00e9. Quand le savant dit qu&rsquo;il faut vivre pour la Connaissance, sans se pr\u00e9occuper de la cons\u00e9quence de sa d\u00e9couverte, et le technocrate, plus \u00e9trangement encore, que l&rsquo;important est de faire, sans savoir ce qu&rsquo;on fait (ou bien que le Progr\u00e8s se suffit \u00e0 soi-m\u00eame), ils parlent comme le marxiste quand il proclame qu&rsquo;au prix de son paradis futur, l&rsquo;enfer de l&rsquo;\u00e9tatisme est un mal n\u00e9cessaire, ou comme le jeune r\u00e9volt\u00e9 qui dit : \u00ab\u00a0il faut d\u00e9truire \u2013 et on verra, apr\u00e8s!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est que l&rsquo;ignorance mythique est \u00e0 son comble. Des chr\u00e9tiens nient le sens du bapt\u00eame (car ils ne veulent pas que l&rsquo;IHS soit l&rsquo;<em>Ichtus<\/em>) et d&rsquo;autres nient le sens de l&rsquo;eucharistie, parce qu&rsquo;ils ont perdu la m\u00e9moire de la tradition fraternelle, fond\u00e9e sur la magie du pain. Le disciple de Cousteau esp\u00e8re \u00ab\u00a0le dieu de l&rsquo;Eau\u00a0\u00bb en ignorant que le Christ-Herm\u00e8s ou le Bouddha du Petit V\u00e9hicule le furent il y a deux mille ans. Le fanatique de la science-fiction croit que les Elohim \u00e9taient d&rsquo;autres hommes venus du ciel, il attend leur retour et ne sait point qu&rsquo;ainsi il honore le dieu d&rsquo;Air. L&rsquo;alcoolique et le drogu\u00e9 servent Bacchus, Dionysos, sans conna\u00eetre ces dieux. Chacun con\u00e7oit le sacr\u00e9 \u00e0 sa fa\u00e7on, sur la foi de quelque <em>guru<\/em> non moins ignare que son disciple, de quelque livre mal traduit, mal dig\u00e9r\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne, dont le \u00ab\u00a0chercheur\u00a0\u00bb fait sa friandise, n&rsquo;est que le fruit de cette ignorance, o\u00f9 tous les r\u00eaves prolif\u00e8rent en libert\u00e9. Mais le mot nous trompe encore, car aucune libert\u00e9 n&rsquo;\u00e9clot dans le vertige, le risque ou le combat. Elle est elle-m\u00eame une structure des plus pr\u00e9cises, des mieux form\u00e9es. Parce qu&rsquo;il n&rsquo;existe rien qui n&rsquo;ait une forme et il n&rsquo;est pas de forme qui ne soit structur\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce n&rsquo;est pas dire que l&rsquo;homme n&rsquo;ait pas le droit \u2013 ou le devoir \u2013 de poursuivre au hasard ses qu\u00eates mythologiques. Comme nous commen\u00e7ons de le ressentir, il ne s&rsquo;agit sans doute ni d&rsquo;un droit ni d&rsquo;un devoir, mais d&rsquo;une exigence telle qu&rsquo;on ne s&rsquo;y refuse pas sans se d\u00e9chirer.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Vers un \u00ab\u00a0esprit\u00a0\u00bb nouveau, les chemins sont multiples. La connaissance n&rsquo;en est pas le seul, mais on ne peut nier que l&rsquo;amour (ou la passion), la cr\u00e9ation (ou l&rsquo;aventure) d\u00e9truisent \u00e9galement les structures anciennes pour en formuler de nouvelles. Les saints ont plus chang\u00e9 le monde que les gnostiques et, depuis un si\u00e8cle, ce sont des po\u00e8tes, des peintres, des musiciens, des inventeurs qui ont cr\u00e9\u00e9 les symboles r\u00e9volutionnaires; non pas le professeur ou le technicien.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pourtant, chacun de ces chemins, f\u00fbt-ce le plus hasardeux, doit \u00eatre suivi rigoureusement, comme s&rsquo;il \u00e9tait le seul possible, quoiqu&rsquo;il soit un parmi plusieurs, car on ne peut nier non plus, sur le plan historique, que les \u00e2ges h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes reconduisent \u00e0 la rigueur des panth\u00e9ons : l&rsquo;akkadien \u00e0 Th\u00e8bes, le s\u00e9leucide \u00e0 Rome, o\u00f9 chaque structure est re\u00e7ue comme relative aux autres et absolue en soi. Il n&rsquo;est pas un dieu qui ne soit formel (contenu en sa forme) en m\u00eame temps qu&rsquo;universel (contenant de toutes les formes ou pass\u00e9es ou possibles).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Or, cette contradiction, o\u00f9 vit le mythologue, consterne le rationnel : elle lui r\u00e9v\u00e8le son impuissance de se faire dieu, c&rsquo;est-\u00e0-dire d&rsquo;assumer \u00e0 la fois le relatif (discontinu et comparable) et le Tout-contenant (continu, incomparable \u00e0 ses parties). On poss\u00e8de celui-l\u00e0, on le conna\u00eet, on s&rsquo;en sert, on le circonscrit; on \u00e9pouse, on sert, mais on ne conna\u00eet pas, on ne circonscrit pas ce qui nous contient.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;exp\u00e9rience en est si commune que nous n&rsquo;y pr\u00eatons plus attention; mais notre existence s&rsquo;en trouve partag\u00e9e. Je suis dans une chambre ou dans un champ mais je contiens tels organes ou telles id\u00e9es. Mais je ne suis pas \u00e0 la fois dans la chambre et l&rsquo;organe, ou dans le champ et l&rsquo;id\u00e9e. A l&rsquo;inverse, je puis contenir l&rsquo;id\u00e9e de champ ou de chambre, je ne contiens pas r\u00e9ellement l&rsquo;espace mat\u00e9riel o\u00f9 je suis. C&rsquo;est toute la diff\u00e9rence qu&rsquo;il y a entre le <em>territoire<\/em> o\u00f9 j&rsquo;\u00e9volue et la <em>carte<\/em> que j&rsquo;en puis dresser en mon cerveau.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais tout se passe comme si, pour les dieux, cette distinction n&rsquo;avait pas de sens. Car ils sont en effet contenus dans des <em>ensembles<\/em> qui les englobent, par exemple le dieu de Feu et la Terre-M\u00e8re dans l&rsquo;ensemble des dieux ph\u00e9nom\u00e9naux, ou le dieu \u00e0 l&rsquo;Arc et le dieu au B\u00e9lier dans l&rsquo;ensemble des dieux de Feu, ou Horus, Ar\u00e8s, Eros, Mars, dans l&rsquo;ensemble des dieux \u00e0 l&rsquo;Arc, mais, en tant que dieu unique, Dieu, ce qu&rsquo;il fut pour des millions d&rsquo;hommes, Horus recouvre effectivement non seulement tous les dieux de Feu, mais tous les dieux \u00e0 forme humaine et, par l\u00e0 m\u00eame, tous les dieux concevables dans tous les plans \u00e9l\u00e9mentaux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A l&rsquo;inverse, les dieux que contient le dieu unique \u2013 qu&rsquo;on les nomme ses g\u00e9nies, ses anges, ses principes ou simplement ses Noms \u2013 sont capables, en d&rsquo;autres temps, de l&rsquo;englober lui-m\u00eame. Zeus n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 qu&rsquo;un des enfants de Saturne, le Bouddha qu&rsquo;un des avatars de Vichnou, avant de supplanter, comme dieu universel, celui qui les contint. Si l&rsquo;on m&rsquo;oppose qu&rsquo;il s&rsquo;agit l\u00e0 de divinit\u00e9s pa\u00efennes, je prendrai ces autres exemples : IAV \u00e9tait dit le fils d&rsquo;El au d\u00e9but du IIe mill\u00e9naire av. J.-C. et le Christ ne fut d&rsquo;abord que le Messie, l&rsquo;envoy\u00e9 de Celui qui envoie (le dieu de l&rsquo;Arche ou l&rsquo;Eros archer).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Selon, donc, que je consid\u00e8re un dieu donn\u00e9 comme constituant d&rsquo;un ensemble \u2013 dans l&rsquo;acception panth\u00e9iste de sa nature \u2013 ou comme contenant de ce m\u00eame ensemble, dans une acception monoth\u00e9iste, je ne le change pas vraiment. Mais, au contraire, je ne saisirai pleinement son caract\u00e8re divin qu&rsquo;en le consid\u00e9rant \u00e0 la fois comme l&rsquo;h\u00f4te re\u00e7u, la cr\u00e9ation ou le reflet \u2013 et l&rsquo;h\u00f4te recevant, le cr\u00e9ateur ou le miroir d&rsquo;une carte-territoire sans exemple dans notre monde. J\u00e9sus-Christ, tout \u00e0 la fois, comme Dieu unique et la seconde Personne de la Trinit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cela, dira-t-on, est un \u00ab\u00a0myst\u00e8re\u00a0\u00bb, cela n&rsquo;est pas concevable. Mais cela peut \u00eatre \u00ab\u00a0figur\u00e9\u00a0\u00bb. Il n&rsquo;est pas impossible d&rsquo;imaginer un \u00eatre tel qu&rsquo;il serait contenu <em>dans la carte<\/em>, sous forme de symbole, d&rsquo;idole ou de vocable, et contenant du territoire r\u00e9el, qu&rsquo;il poss\u00e9derait effectivement, un peu comme un propri\u00e9taire foncier n&rsquo;est qu&rsquo;un nom et un num\u00e9ro dans le cadastre communal, dont la carte figure en effet le territoire qu&rsquo;il poss\u00e8de.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;image est imparfaite, on le sait, car nul propri\u00e9taire n&rsquo;est l&rsquo;essence m\u00eame, le cr\u00e9ateur ou le formateur, de la propri\u00e9t\u00e9 qu&rsquo;il d\u00e9tient, tandis que les dieux sont les principes, les cr\u00e9ateurs ou les miroirs dont l&rsquo;univers n&rsquo;est que le reflet, la cr\u00e9ation ou la contingence selon la foi choisie. Ma\u00eetre ou esclave, dominateur ou domin\u00e9, l&rsquo;homme ne d\u00e9tient jamais que les cartes de ses possessions pr\u00e9tendues. A l&rsquo;inverse, Dieu d\u00e9tient le territoire que ces cartes, les religions et les sciences, d\u00e9limitent symboliquement, dans l&rsquo;espoir de l&rsquo;y contenir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: center;\">\n<div id=\"attachment_605\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/01\/VIE-DES-DIEUX001.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-605\" class=\"size-medium wp-image-605\" title=\"VIE DES DIEUX001\" src=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/01\/VIE-DES-DIEUX001-300x237.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"237\" srcset=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/01\/VIE-DES-DIEUX001-300x237.jpg 300w, http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/01\/VIE-DES-DIEUX001.jpg 653w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-605\" class=\"wp-caption-text\">Illustration Pierre-Jean Debenat<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;homme poss\u00e8de fictivement une r\u00e9alit\u00e9 qui l&#8217;emprisonne et dont il ignore tout (f\u00fbt-ce la simple nature de sa naissance et de sa mort); Dieu poss\u00e8de r\u00e9ellement les univers dont il est fictivement l&rsquo;occupant ou le captif. Ainsi le premier ne peut-il cheminer que du territoire \u00e0 la carte, en dessinant celle-ci \u00e0 partir de celui-l\u00e0, alors que les dieux nous semblent cheminer d&rsquo;une construction abstraite (symboles, mythes, religions) \u00e0 la saisie concr\u00e8te de l&rsquo;univers-territoire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Autant, spatialement, la contradiction nous est inconcevable, car elle oppose l&rsquo;un \u00e0 l&rsquo;autre des espaces sans commune mesure, autant elle se con\u00e7oit ais\u00e9ment sur le \u00ab\u00a0plan\u00a0\u00bb temporel. Car le cheminement rationnel, du territoire \u00e0 la carte, s&rsquo;exprime alors par un mouvement du contenant \u00e0 la figure, du devenir au devenu et, plus pr\u00e9cis\u00e9ment, de la cause \u00e0 l&rsquo;effet, du Pass\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Avenir; le cheminement inverse, par une projection du possible mythique (mille fois advenu en <em>figure<\/em>) \u00e0 l&rsquo;\u00e9ternelle dur\u00e9e contenante (n\u00e9cessairement dynamique, puisque nous en vivons).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Or, on sait que le premier cheminement se pr\u00e9sente toujours comme explicatif, r\u00e9ducteur, et finalement entropique (car l&rsquo;avenir rationnel, la planification, n&rsquo;est jamais que la fin d&rsquo;un processus plus ou moins lent de consommation, de stylisation et de rar\u00e9faction du r\u00e9el). Le cheminement inverse, irrationnel, ne peut donc \u00eatre que n\u00e9guentropique, miraculeux ou prodigieux, dans la mesure o\u00f9 il ne se fonde sur aucune cause r\u00e9elle, sur aucun <em>fait<\/em>, mais sur une finalit\u00e9 virtuelle, le renouvellement ou l&rsquo;\u00e9volution d&rsquo;un mythe, que ce cheminement dote en fin de compte d&rsquo;une r\u00e9alit\u00e9 croissante.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais les deux chemins se croisent \u00e9videmment en ce point, l&rsquo;instant, o\u00f9 la fl\u00e8che du temps Pass\u00e9-Avenir rencontre la fl\u00e8che Possible-Dur\u00e9e. Et, de fait, en ce point, il se trouve que je puis choisir de suivre ou l&rsquo;une ou l&rsquo;autre voie, selon que j&rsquo;affirme et pr\u00e9tends : je dois accomplir cet acte, parce que le Pass\u00e9 m&rsquo;y porte (dans le sens rationnel) ou je puis l&rsquo;accomplir ou non, car ce qui n&rsquo;a pas eu lieu est encore \u00e0 venir et l&rsquo;acte ne sera pass\u00e9 que lorsqu&rsquo;il sera accompli.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La logique nous en persuadait. L&rsquo;histoire des religions nous le confirme : ici et maintenant, Dieu et l&rsquo;homme se rencontrent, non pas d&rsquo;une mani\u00e8re exceptionnelle ou par hasard, mais \u00e0 chaque fois que l&rsquo;homme vit concr\u00e8tement l&rsquo;instant, par l&rsquo;amour, l&rsquo;\u00e9vidence, l&rsquo;intuition, la cr\u00e9ation, le combat pour la justice, le jeu de la libert\u00e9, etc., quelle que soit sa d\u00e9mence, si elle est assez forte pour l&rsquo;arracher au sens entropique du temps et le faire participer \u00e0 la nature des dieux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Car, pour approcher Dieu \u2013 par l&rsquo;un de ses Noms \u2013 l&rsquo;homme doit renoncer \u00e0 ce qu&rsquo;il nomme raison, renverser toutes ses conceptions (se convertir) et nier ce qu&rsquo;il tenait pour certain. Mais, quand un homme rejette le sens rationnel du temps, toute causalit\u00e9 et son pass\u00e9 m\u00eame, c&rsquo;est alors seulement qu&rsquo;il conna\u00eet, qu&rsquo;il imagine ou qu&rsquo;il \u00e9prouve que son dieu n&rsquo;est qu&rsquo;un parmi bien d&rsquo;autres (symboliquement) en m\u00eame temps que r\u00e9ellement le seul, l&rsquo;immanent et l&rsquo;universel.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est alors que, soudain, comme on passe d&rsquo;une orbite \u00e0 l&rsquo;autre, il franchit ce seuil invisible qui s\u00e9pare notre monde des autres (l&rsquo;amour, la cr\u00e9ation ou l&rsquo;\u00e9vidence, etc.) et entre de plain pied dans la r\u00e9alit\u00e9 temporelle des dieux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans ces \u00e9poques de confusion mythique o\u00f9 furent les Akkadiens et les Hell\u00e9nistiques, o\u00f9 nous sommes aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;homme n&rsquo;y peut p\u00e9n\u00e9trer qu&rsquo;exceptionnellement, par le \u00ab\u00a0royaume d&rsquo;enfance\u00a0\u00bb, en \u00e9tat de crise, d&rsquo;ivresse, sous l&rsquo;effet d&rsquo;une drogue ou d&rsquo;une grande passion, au moment de sa mort ou dans l&rsquo;\u00e9tat clinique d&rsquo;ali\u00e9nation mentale qui fut celui de H\u00f6lderlin, Gogol, Nietzsche, Van Gogh, Antonin Artaud, etc. Car nous ne pouvons rationnellement admettre un \u00eatre qui, au contraire de nous, serait contenu dans la carte et ma\u00eetre du territoire, abstraitement d\u00e9pendant d&rsquo;ensembles \u00e9sot\u00e9riques et r\u00e9ellement contenant de ces m\u00eames ensembles r\u00e9alis\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au contraire, l&rsquo;esprit rationnel feint de croire les dieux, comme lui-m\u00eame, fictivement dominants dans l&rsquo;\u00e9chelle des mythes et sur ce plan seulement, mais en r\u00e9alit\u00e9 prisonniers de la fl\u00e8che rationnelle du temps, dont ils ne sont que des \u00e9chappatoires commodes pour l&rsquo;ali\u00e9n\u00e9 ou l&rsquo;enfantin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par suite, tout lui \u00e9chappe de la divinit\u00e9, soit qu&rsquo;il r\u00e9duise les dieux \u00e0 des morceaux de r\u00e9el qu&rsquo;il dira \u00ab\u00a0transcend\u00e9s\u00a0\u00bb (les astres, les proph\u00e8tes, les structures s\u00e9mantiques), ou qu&rsquo;il n&rsquo;y voie que des arch\u00e9types fragiles, invent\u00e9s par son propre esprit ou celui, pr\u00e9tendu \u00ab\u00a0primitif\u00a0\u00bb, de ses anc\u00eatres.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A une extr\u00e9mit\u00e9 de la divagation, l&rsquo;homme contemporain fera des dieux d&rsquo;Air, les Elohim, des voyageurs extraterrestres qui seraient venus nous visiter il y a cinq ou vingt mille ans, sinon des millions d&rsquo;ann\u00e9es (cf. toute une partie de notre science-fiction, d&rsquo;Adamski \u00e0 Sendy). A l&rsquo;autre extr\u00e9mit\u00e9, il en fera des r\u00eaves collectifs de l&rsquo;humanit\u00e9, comme les Soucoupes Volantes dans le syst\u00e8me jungien. Mais, ou bien, mat\u00e9riel, le dieu sera d\u00e9pouill\u00e9 de toute universalit\u00e9; ou bien, universel, il sera d\u00e9pouill\u00e9 de toute r\u00e9alit\u00e9. Dans l&rsquo;un et l&rsquo;autre cas, on n&rsquo;a pas expliqu\u00e9 que l&rsquo;institution franc-ma\u00e7onnique de la Trinit\u00e9 d&rsquo;Air : G\u00e9meaux-Balance-Verseau (Fraternit\u00e9, Egalit\u00e9 et Libert\u00e9) ait r\u00e9ellement correspondu \u00e0 l&rsquo;av\u00e8nement des R\u00e9publiques, d&rsquo;une part, \u00e0 la conqu\u00eate de l&rsquo;Air, de l&rsquo;autre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On n&rsquo;explique plus le miracle, qu&rsquo;on nie, ou le ph\u00e9nom\u00e8ne de conversion instantan\u00e9e, qui d\u00e9concerte, ni m\u00eame pourquoi et comment, en certaines p\u00e9riodes de l&rsquo;Histoire, tel dieu particulier : les fr\u00e8res jumeaux, le Taureau, le B\u00e9lier ou le Poisson, a \u00e9t\u00e9 honor\u00e9 par toute la terre et une culture nouvelle est n\u00e9e de cette croyance. Puis, la contradiction atteint d&rsquo;autres secteurs et l&rsquo;on y voit confondre l&rsquo;exigence profonde d&rsquo;une mutation radicale avec l&rsquo;acquisition de quelques biens douteux : de la Justice avec des lois, de l&rsquo;Amour avec l&rsquo;\u00e9rotisme, de la Libert\u00e9 avec de d\u00e9sastreux \u00ab\u00a0progr\u00e8s\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De ce chaos mental qui va croissant, nul ne peut croire, en notre \u00e9poque, que l&rsquo;homme sortira sans dommage. Nul n&rsquo;imagine bien, \u00e0 vrai dire, comment il s&rsquo;en tirerait. Mais il s&rsquo;en est tir\u00e9 d\u00e9j\u00e0 \u2013 aux temps anciens \u2013 et ce qui s&rsquo;est produit tant de fois doit se produire une fois encore (compte tenu de rythmes et de cycles plus vastes, dont nous ne savons rien).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour passer de la maison dans le champ qui l&rsquo;entoure, je dois franchir un seuil, et, de m\u00eame, pour passer de l&rsquo;atmosph\u00e8re terrestre \u00e0 quelque autre stratosph\u00e8re. S&rsquo;il existe un passage quelconque de notre cartographie mentale au territoire des dieux, un seuil doit exister aussi, o\u00f9 la conversion sera possible. Je l&rsquo;ai nomm\u00e9 le <em>Panth\u00e9isme<\/em>, car, ni au XXIIe si\u00e8cle av. J.-C. ni aux temps m\u00eames du Christ, l&rsquo;homme n&rsquo;est pass\u00e9 de l&rsquo;abstraction rationnelle \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 divine par un autre seuil que celui-l\u00e0.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais le probl\u00e8me demeure : qu&rsquo;en nos \u00e9poques rationalistes, le panth\u00e9isme est lui-m\u00eame une notion presque inconcevable. On ne peut concevoir un panth\u00e9on lorsqu&rsquo;on n&rsquo;\u00e9prouve pas le besoin de croire en un dieu. Or, des trois grandes divinit\u00e9s qui, aujourd&rsquo;hui, se partagent les esprits : le Christ, la Connaissance et le Cr\u00e9ateur, le premier n&rsquo;est qu&rsquo;une tradition, le deuxi\u00e8me une entit\u00e9 \u00e0 ce point d\u00e9sacralis\u00e9e que le rationaliste, aveugl\u00e9ment, se laisse conduire par lui. Quant au troisi\u00e8me, seul l&rsquo;insens\u00e9 l&rsquo;honore, on le sait, les hommes raisonnables, hommes de lettres, fabriquant ou fabriqu\u00e9s, jouant seulement le jeu qu&rsquo;il offre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cependant, il doit \u00eatre not\u00e9 que tous, nostalgiques de J\u00e9sus, technocrates et charlatans, attendent de leur mythe propre une sorte de \u00ab\u00a0libert\u00e9\u00a0\u00bb, de dieu nouveau : soit la Seconde Venue du Christ, soit un Age d&rsquo;Or issu de notre \u00ab\u00a0progr\u00e8s\u00a0\u00bb, soit un Eden de consommation o\u00f9 le plus habile, mon Dieu! n&rsquo;aura qu&rsquo;\u00e0 prendre ce que les plus sots laisseront tomber. Or, il est bon que tous rattachent de la sorte le Lib\u00e9rateur, le Dispensateur ou l&rsquo;Esprit-Saint, aux trois mythes pr\u00e9sentement vivants. Car, de fait, il tiendra de chacun des trois dieux ce qui doit lui en revenir, le probl\u00e8me \u00e9tant de savoir quoi (ou de le cr\u00e9er ou de s&rsquo;en impr\u00e9gner par osmose).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour avoir \u00e9tudi\u00e9 distinctement les trois divinit\u00e9s : le dieu du Savoir chez Lao-Tseu et Parm\u00e9nide, la Kabbale juive, la scolastique chr\u00e9tienne, le premier bouddhisme et le chi&rsquo;ite; le dieu d&rsquo;Amour dans les Evangiles et dans les Ep\u00eetres de Paul mais aussi dans Platon (Socrate et Diotime), les Puranas, Achvagocha et la \u00ab\u00a0doctrine du c\u0153ur\u00a0\u00bb des Islamiques im\u00e2mites; le Cr\u00e9ateur dans tous les livres qui parlent de lui, depuis l&rsquo;<em>Enuma \u00e9lish<\/em> jusqu&rsquo;au <em>Granth<\/em> des Sikhs, par le Coran et le cinqui\u00e8me ciel de Dante, je ne crois plus qu&rsquo;on puisse les confondre en un seul dieu, car ils ne se situent pas sur le m\u00eame plan ou dans le m\u00eame \u00ab\u00a0espace\u00a0\u00bb temporel.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Christ, le Bouddha et tous les dieux humains, Horus, la Vierge, les Dioscures, viennent dans le monde, parmi les hommes. Int\u00e9rieurs \u00e0 notre univers, ils ne nous sont assimilables que par l&rsquo;amour ou l&rsquo;amiti\u00e9, l&rsquo;adoration ou la d\u00e9voration. Pr\u00e9sents \u00e0 nous comme des mod\u00e8les, nous n&rsquo;en sommes que les reflets. Selon le Coll\u00e8ge des Rites (ou la Canon p\u00e2li), le saint n&rsquo;est-il pas celui qui, par sa vie, atteint \u00e0 la <em>conformit\u00e9<\/em> avec le Christ (ou le Bouddha, en Orient)?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au contraire, le Cr\u00e9ateur et tous les dieux \u00e9tranges, le T\u00e9n\u00e9breux, le Solaire, le Lib\u00e9rateur sont hors du monde. Nous ressentons les effets de leur pr\u00e9sence ou de leur absence plut\u00f4t que nous ne les percevons eux-m\u00eames. Ils ne nous gu\u00e8re perceptibles que par leurs agents (g\u00e9nies ou djinns, h\u00e9ros, gurus), de sorte que l&rsquo;aveuglement ou la soumission, l&rsquo;all\u00e9gorie, le jeu demeurent les seuls chemins qui les m\u00e8nent vers nous.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Jean-Charles Pichon\u00a0 1972<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En 1972, parut aux Editions Payot \u00ab\u00a0Les Dieux Ph\u00e9nom\u00e9naux\u00a0\u00bb, premier ouvrage d&rsquo;une trilogie intitul\u00e9e \u00ab\u00a0La vie des dieux\u00a0\u00bb. Puis suivirent \u00ab\u00a0Les Dieux Humains\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Les Dieux Etrangers\u00a0\u00bb. Ce dernier livre fut r\u00e9\u00e9dit\u00e9 chez E-dite, sous le titre \u00ab\u00a0Le cri articul\u00e9\u00a0\u00bb. &hellip; <a href=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/?p=602\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[12],"tags":[],"class_list":["post-602","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-presentation-doeuvres"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/602","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=602"}],"version-history":[{"count":5,"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/602\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":608,"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/602\/revisions\/608"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=602"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=602"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=602"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}