{"id":319,"date":"2010-11-14T17:16:10","date_gmt":"2010-11-14T16:16:10","guid":{"rendered":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/?p=319"},"modified":"2010-11-14T17:16:19","modified_gmt":"2010-11-14T16:16:19","slug":"andre-lemelin","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/?p=319","title":{"rendered":"Andr\u00e9 Lemelin"},"content":{"rendered":"<p>\ufeff\ufeff<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>ANDRE  LEMELIN,<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong> <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>L\u2019EXIGENCE DU MOT  JUSTE<\/strong><\/p>\n<p><strong> <\/strong><\/p>\n<p>Andr\u00e9 Lemelin  habite la belle ville de Qu\u00e9bec. Il est l\u2019auteur d\u2019ouvrages  historico-sociologiques sur les institutions de la province du Qu\u00e9bec. Et depuis  des ann\u00e9es, il \u00e9crit des po\u00e8mes, modeste, silencieux et  inspir\u00e9.<\/p>\n<p>Il fut l\u2019ami \u2013 il  le demeure \u2013 de Jean-Charles Pichon. Il lui rendit visite un jour \u00e0 Blain, pr\u00e8s  de Nantes. Ce fut une rencontre des plus importantes, pour J.-C. Pichon et  surtout pour Andr\u00e9 Lemelin.<\/p>\n<p>On trouve des  traces des \u00e9changes entre les hommes dans le recueil <span style=\"text-decoration: underline;\">The Ballads of Frank  Finnegan<\/span>, Ed. Codex, Sainte-Foy (Qu\u00e9bec), Canada, 2001. Le recueil est bien  s\u00fbr r\u00e9dig\u00e9 en fran\u00e7ais, \u00e0 l\u2019exception d\u2019un texte \u00ab\u00a0introductif\u00a0\u00bb en anglais, non  dat\u00e9. Il semble d\u2019ailleurs anonyme mais Frank Finnegan \u2013 Andr\u00e9 Lemelin se cache,  ou se montre\u00a0 sous ce pseudonyme \u2013 en est  \u00e0 coup s\u00fbr l\u2019auteur.<\/p>\n<p>Il y d\u00e9clare que  son livre est \u00ab\u00a0en r\u00e9alit\u00e9 un journal, le recueil d\u2019\u00e9v\u00e8nements intimes tels  qu\u2019ils se produisirent comme le refl\u00e8te le soin que prit l\u2019auteur \u00e0 respecter  l\u2019ordre chronologique de ses \u00e9crits.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Ainsi, \u00ab\u00a0Codex  Animi\u00a0\u00bb (2<sup>\u00e8me<\/sup> partie) ressemble beaucoup plus \u00e0 quelque mat\u00e9riau brut  que \u00ab\u00a0Maritimes\u00a0\u00bb (1<sup>\u00e8re<\/sup> partie \u2013 il y en a 4 en tout). Pourrait-on  trouver la r\u00e9ponse derri\u00e8re le voile de ce vers fameux plac\u00e9 en frontispice du  livre\u00a0: \u00ab\u00a0Le Temps se souvient de l\u2019espace\u00a0\u00bb [ma  traduction]\u00a0?<\/p>\n<p>Permettez-moi  d\u2019ajouter une remarque. En effet, suite \u00e0 ce pr\u00e9ambule en langue anglaise, fort  \u00e9l\u00e9gant, on trouve la table des mati\u00e8res\u00a0:<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Maritimes<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Codex  Animi<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Du possible vers  la dur\u00e9e<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Vivre<\/p>\n<p>Apr\u00e8s le titre  \u00ab\u00a0Maritimes\u00a0\u00bb, la phrase \u00ab\u00a0<em>le temps se  souvient de l\u2019espace<\/em> \u00bb se d\u00e9tache sur la page  suivante.<\/p>\n<p>Andr\u00e9 Lemelin  l\u2019imprime donc deux fois, en anglais puis en  fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>Or, deux pages  auparavant, on a pu lire ceci\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<em>Pour  Jean-Charles<\/em><\/p>\n<p><em>Qui sans le savoir  m\u2019a aid\u00e9 \u00e0 vivre<\/em><\/p>\n<p><em>Pendant ces ann\u00e9es<\/em> \u00bb.<\/p>\n<p>Jean-Charles aura  contribu\u00e9 \u00e0 la fid\u00e9lit\u00e9 de Finnegan\/Lemelin \u00e0 son \u0153uvre de po\u00e8te silencieux,  solitaire et exigeant avec lui-m\u00eame. Tenez, consid\u00e9rez  ceci\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0La prescience  est le plus beau des sentiments. Nous ne pouvons plus \u00eatre des chroniqueurs de  la m\u00e9moire. L\u2019urgence nous commande de lever la t\u00eate et d\u2019en user comme d\u2019une  antenne, d\u2019un miroir parabolique branch\u00e9, en amont, sur l\u2019aval du fleuve. Il  s\u2019agit de se repr\u00e9senter l\u2019embouchure du temps. Et de ramer dans le bon sens,  pour faire que la douleur nous am\u00e8ne au bon endroit, puis s\u2019efface.\u00a0\u00bb<\/em> (le 18 mai  1978).<\/p>\n<p>Puis ceci, tir\u00e9 du  recueil <span style=\"text-decoration: underline;\">Le Vol de l\u2019Instant \u2013 Carnets  1997-2007<\/span> :<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0L\u2019encre est plus  noire que le noir<\/em><\/p>\n<p><em>La plume, plus  oiseau que l\u2019oiseau<\/em><\/p>\n<p><em>Le bec, plus  sonore que le chant<\/em><\/p>\n<p><em>L\u2019envol, plus  lointain que la mer\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<p>Ceci  encore\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<em>Lorsque la voile  gonfle le vent<\/em><\/p>\n<p><em>L\u2019homme peut  parcourir le temps\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<p>J\u2019allais oublier  ceci\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0La braise luit  sous la cendre<\/em><\/p>\n<p><em>La nuit s\u2019oublie  sous les violons<\/em><\/p>\n<p><em>La pens\u00e9e sort de  la plan\u00e8te<\/em><\/p>\n<p><em>Et va chanter sous  d\u2019autres feux\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<p>Les premiers mots  de l\u2019introduction au texte \u00ab\u00a0Palimpseste\u00a0\u00bb in <span style=\"text-decoration: underline;\">Le Vol de l\u2019Instant<\/span> pr\u00e9cisent que \u00ab\u00a0Toute vie est palimpseste\u00a0\u00bb, formule qui aurait s\u00e9duit  Jean-Charles Pichon.<\/p>\n<p>Il suffit de  quelques lignes pour entrevoir le monde po\u00e9tique de Frank  Finnegan\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0La vie est une  \u00e9ternit\u00e9 dont on s\u2019\u00e9veille tout \u00e0 coup\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<p>On go\u00fbtera ses  propos sur le ha\u00efku avant d\u2019aborder <span style=\"text-decoration: underline;\">Silences<\/span>, recueil de 100  ha\u00efkus.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Le ha\u00efku est  l\u2019une des manifestations de la \u00ab\u00a0japonitude\u00a0\u00bb classique, \u00e0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 Yeyasu  impose la paix aux barons et met l\u2019empereur en cage. On entre dans l\u2019ordre  parfait, assur\u00e9 par une dictature efficace, et le pays se referme sur lui-m\u00eame  dans un instant \u00e9ternel, extasi\u00e9 devant sa propre perfection, qui rappelle  l\u2019ordre m\u00eame de la nature. L\u2019ordre qui r\u00e8gne est harmonie, et ses gardiens se  plaisent \u00e0 m\u00e9diter sur le caract\u00e8re m\u00eame de l\u2019existence, cet infini d\u00e9roulement  de la conscience qui va d\u2019un instant lucide \u00e0 un lucide instant, et se fait  chute et saut, nage, mouvement, soc et sillon, chemin et perception du chemin  qui va\u2026 Les roses p\u00e9tales du cerisier, le destin de l\u2019eau qui va vers elle-m\u00eame,  la vie qui passe et n\u2019est que ce passage. Le bouddhisme, l\u2019autre grande religion  de l\u2019Amour, semble s\u2019\u00eatre int\u00e9gr\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e2me japonaise, au point d\u2019en constituer  l\u2019un des principaux versants. L\u2019individu n\u2019est qu\u2019une incarnation provisoire  d\u2019un principe anim\u00e9 universel, une petite flamme fragile, mais \u00f4 combien  persistante, condamn\u00e9e \u00e0 conna\u00eetre \u00e0 jamais, ou presque, cette souffrance qu\u2019est  la vie. Il est esclave d\u2019une sorte de loi naturelle implacable et aveugle, dont  les arr\u00eats tombent comme ceux d\u2019une certaine physique. C\u2019est comme \u00e7a. Et seul  sera d\u00e9livr\u00e9 de cet enfer celui qui se sera fait Bouddha \u00e0 son tour. Tout est  circulaire, comme cette logique m\u00eame, qui dit que seul le d\u00e9livr\u00e9 sera libre.  L\u2019illumination est au fond indescriptible et inconnaissable, comme l\u2019univers  lui-m\u00eame. N\u2019esp\u00e9rons pas sottement, en cette existence-ci, gagner le nirv\u00e2na  comme un gros lot, mais consid\u00e9rons lucidement la perspective, effor\u00e7ons-nous  vers la perfection, qui porte en elle le germe de la d\u00e9livrance, engross\u00e9e par  l\u2019harmonie. Dans les \u00e9coles japonaises, le bouddhisme prend une allure  volontiers esth\u00e9tisante et ritualis\u00e9e, qui trouve son pendant dans plusieurs  expressions culturelles. Il y a la c\u00e9r\u00e9monie du th\u00e9, et, pourrait-on dire, la  c\u00e9r\u00e9monie po\u00e9tique. La po\u00e9sie classique pose un regard amoureux, mais retenu sur  le monde. Cet art est fait de petites touches subtiles, de fragments concis, de  petits coups de brosse s\u2019essayant \u00e0 tout dire en disant l\u2019essentiel, tel qu\u2019il  se manifeste dans le trivial, dans l\u2019\u00e9vidence de l\u2019\u00e9ph\u00e9m\u00e8re. La seule action  digne de l\u2019homme consiste alors \u00e0 cr\u00e9er de la beaut\u00e9 tout en affirmant le c\u00f4t\u00e9  d\u00e9risoire de l\u2019existence. Il s\u2019agit de r\u00e9former la vie humaine par cet  embellissement, de lui rendre un peu de la splendeur du monde. Le ha\u00efku est la  traduction, comme sur une plaque de verre, de micro-moments de  r\u00e9alit\u00e9\/conscience. Une humble contribution \u00e0 la peinture du monde, un chant du  d\u00e9risoire qui est en m\u00eame temps une preuve et un chant  d\u2019amour.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p><strong>\u00ab\u00a0Le po\u00e8me n\u2019est  pas un \u00e0-c\u00f4t\u00e9 de l\u2019existence, mais il la recouvre\u00a0: ce que montrent les mots,  c\u2019est la vie elle-m\u00eame, et \u00ab\u00a0plus que la vie\u00a0\u00bb<\/strong>. Jean-Charles Pichon,  <span style=\"text-decoration: underline;\">Reliefs<\/span>, Editions e-dite, Paris 2009.<\/p>\n<p><strong>Jean-Paul  DEBENAT<\/strong><\/p>\n<p><strong> F\u00e9vrier 2010<\/strong><\/p>\n<p><strong> <\/strong><\/p>\n<p>Note\u00a0: Le recueil  de Frank Finnegan (alias Andr\u00e9 Lemelin) est disponible \u00e0 l\u2019adresse suivante\u00a0:  Codex 984, avenue Duchesneau Sainte-Foy(Qu\u00e9bec) Canada G1W  4A9<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-321\" title=\"lemelincouv(1)\" src=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2010\/11\/lemelincouv1-183x300.jpg\" alt=\"\" width=\"183\" height=\"300\" srcset=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2010\/11\/lemelincouv1-183x300.jpg 183w, http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2010\/11\/lemelincouv1-627x1024.jpg 627w, http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2010\/11\/lemelincouv1.jpg 1046w\" sizes=\"auto, (max-width: 183px) 100vw, 183px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Silences<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>1<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Au  bout du respir<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Pour un peu, tout l\u2019avenir<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Calm\u00e9 dans l\u2019instant<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>5<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Le reflet sur l\u2019eau<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Tout \u00e0 coup, comme un cadeau<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">De l\u2019inanim\u00e9<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>9<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Garder un secret<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">L\u2019exposer aux yeux de tous<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Ne pas \u00eatre cru<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>15<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">C\u2019est l\u2019enfant qui va<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Sa route n\u2019est pas trac\u00e9e<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">\u00catre\u00a0: libert\u00e9<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>16<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Il pleuvait d\u00e9j\u00e0<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Sur la neige corrompue<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Promesse d\u2019\u00e9t\u00e9<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>30<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Quand il fut parti<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Au-del\u00e0 de toute nuit<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Il fut pr\u00e8s de moi<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>35<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Langue des oiseaux<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">\u00c0 la recherche du sens<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">J\u2019ouvre mes ailes<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>39<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Je ne comprends plus<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Ce qui est ne jure plus<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Que par le n\u00e9ant<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>42<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">La porte franchie<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Les deux p\u00f4les r\u00e9unis<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">L\u2019Un se r\u00e9jouit<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>46<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Les feuilles, enfin<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Se d\u00e9ploient comme une fin<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Qui veut commencer<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>48<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">C\u2019est un moi de mai<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Qui te dit sans aucun mais\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">\u00ab\u00a0Demain, je t\u2019aimais\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>49<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Plus loin que le non<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Affronte le non du non<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Et trouve le oui<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>59<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Marcher et dormir<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Contribuer au r\u00e9el<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Vivre sans permis<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>67<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Se savoir mortel<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">S\u2019installer dans la dur\u00e9e<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Pr\u00e9sent \u00e9ternel<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>68<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">S\u2019approcher du but<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Le repousser sans merci<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">En tirer espoir<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>71<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Prison du ha\u00efku<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Courte laisse de l\u2019id\u00e9e<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Ne me quitte pas<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>80<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">J\u2019aurai tout v\u00e9cu<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Toute mort et toute vie<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Quand je serai n\u00e9<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>95<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Rien n\u2019est arriv\u00e9<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Qui ne soit d\u00e9j\u00e0 chang\u00e9<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">En futur pass\u00e9<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>99<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Je n\u2019ai pas couch\u00e9<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Dans le lit de la pens\u00e9e<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Sans \u00eatre invit\u00e9<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>100<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Comme une ros\u00e9e<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Une caresse pos\u00e9e<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Un souffle dernier<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">\n<div id=\"attachment_324\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2010\/11\/LEMELIN1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-324\" class=\"size-medium wp-image-324\" title=\"LEMELIN1\" src=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2010\/11\/LEMELIN1-300x194.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"194\" srcset=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2010\/11\/LEMELIN1-300x194.jpg 300w, http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2010\/11\/LEMELIN1.jpg 698w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-324\" class=\"wp-caption-text\">Illustration Pierre-Jean Debenat<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Le vol de l\u2019instant<\/strong><\/p>\n<p><strong> <\/strong><\/p>\n<p>Ce n\u2019est pas nous qui questionnons\u00a0: c\u2019est l\u2019univers tout entier  qui s\u2019interroge sur sa propre existence et met tout en \u0153uvre pour perp\u00e9tuer  l\u2019acte de cr\u00e9ation par quoi il cesse \u00e0 chaque instant de ne pas \u00eatre. Toute  existence est ce rituel par quoi elle c\u00e9l\u00e8bre, non pas elle-m\u00eame, mais le fait  extraordinaire qu\u2019elle puisse \u00eatre. C\u2019est pour cette raison que l\u2019existence est  consubstantielle \u00e0 la conscience.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">~<\/p>\n<p>Le temps est une auto-abolition <em>ad infinitum<\/em>, et c\u2019est en cela,  pr\u00e9cis\u00e9ment, qu\u2019il est, et rend possible toute manifestation. Rien ne saurait  \u00eatre sans lui. Mais \u00e0 l\u2019inverse il peut \u00eatre tentant de penser que ce sont les  choses, par leur existence m\u00eame, qui le mettent en marche en se maintenant. En  r\u00e9alit\u00e9, la question est fausse, puisque ni l\u2019un, ni les autres ne peuvent avoir  d\u2019existence propre. Le couple choses-temps forme le r\u00e9el, et celui-ci finit par  susciter, en certaines \u00ab\u00a0choses\u00a0\u00bb, le regard conscient capable d\u2019appr\u00e9hender ce  qui pr\u00e9c\u00e8de \u2013 et de pr\u00e9voir et d\u2019appeler ce qui suit.<\/p>\n<p>Le commencement ne cesse jamais d\u2019exister, ni de tomber dans la  suite, dont il ne cesse de rena\u00eetre.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">~<\/p>\n<p><strong>Frank Finnegan<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong> <\/strong><\/p>\n<div id=\"attachment_325\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><strong><strong><a href=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2010\/11\/LEMELIN2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-325\" class=\"size-medium wp-image-325\" title=\"LEMELIN2\" src=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2010\/11\/LEMELIN2-300x195.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"195\" srcset=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2010\/11\/LEMELIN2-300x195.jpg 300w, http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2010\/11\/LEMELIN2.jpg 708w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><\/strong><\/strong><p id=\"caption-attachment-325\" class=\"wp-caption-text\">Illustration Pierre-Jean Debenat<\/p><\/div>\n<p><strong> <\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\ufeff\ufeff ANDRE LEMELIN, L\u2019EXIGENCE DU MOT JUSTE Andr\u00e9 Lemelin habite la belle ville de Qu\u00e9bec. Il est l\u2019auteur d\u2019ouvrages historico-sociologiques sur les institutions de la province du Qu\u00e9bec. 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