{"id":2431,"date":"2012-08-27T10:16:24","date_gmt":"2012-08-27T08:16:24","guid":{"rendered":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/?p=2431"},"modified":"2012-11-14T17:18:02","modified_gmt":"2012-11-14T15:18:02","slug":"les-jours-et-les-nuits-du-cosmos-troisieme-partie-3-la-vierge-aux-epis","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/?p=2431","title":{"rendered":"LES JOURS ET LES NUITS DU COSMOS &#8211; TROISIEME PARTIE &#8211; 3 &#8211; LA VIERGE AUX EPIS"},"content":{"rendered":"<h2 align=\"center\"><strong>III<\/strong><\/h2>\n<h2 align=\"center\"><strong>LA VIERGE AUX EPIS<\/strong><\/h2>\n<p align=\"center\"><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Donc, les dieux meurent \u2014 enfin\u00a0! Un dieu du moins est mort \u2014 d\u00e9finitivement, puisque voici neuf si\u00e8cles que nul ne l\u2019adore plus ou que, si quelque peuple a voulu les restaurer (Incas du XV<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, Nazis du XX<sup>e<\/sup>), l\u2019effondrement de ce peuple a bient\u00f4t attest\u00e9 la corruption du mythe, sa d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A cette mort sans r\u00e9veil, la premi\u00e8re rencontr\u00e9e au cours de cette \u00e9tude, il serait naturel de chercher une concordance plus avant dans le temps, car un dieu ne saurait \u00eatre mortel que tous ne le soient. Au contraire, si un rythme quelconque pr\u00e9side \u00e0 la gen\u00e8se des dieux, et j\u2019esp\u00e8re l\u2019avoir d\u00e9montr\u00e9, la logique doit conduire \u00e0 croire qu\u2019ils meurent selon un rythme semblable. Ainsi, les intervalles qui s\u00e9parent les aurores se retrouvent au cr\u00e9puscule\u00a0; ceux qui s\u00e9parent les \u00e9quinoxes de conditionnent les \u00e9quinoxes d\u2019automne\u00a0; de p\u00e9riodes de croissance \u00e9quivalentes, on peut d\u00e9duire, f\u00fbt-ce pour des esp\u00e8ces dissemblables, des dur\u00e9es de vie \u00e9gales organiquement. Et nulle technique, nulle pr\u00e9vision de fabrication n\u2019est concevable, qui ne se fondrait sur un raisonnement analogue.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans cette hypoth\u00e8se, l\u2019intervalle qui s\u00e9pare deux naissances mythiques se retrouve \u00e0 l\u2019autre bout du cycle et les morts des dieux, comme leurs naissances, sont li\u00e9es au rythme des 2\u00a0150 ans. Or, la divinit\u00e9 pr\u00e9cessionnellement ant\u00e9rieure au Lion \u2014 la Vierge \u2014 aurait alors d\u00fb dispara\u00eetre vers 1100 avant J.-C., cependant que la \u00ab\u00a0nostalgie\u00a0\u00bb en aurait subsist\u00e9 jusqu\u2019au Christ. Ce ne sont pas des dates si lointaines que le fait ne puisse \u00eatre v\u00e9rifi\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les premi\u00e8res traces historiques d\u2019un culte de la Vierge remontent au III<sup>e<\/sup> mill\u00e9naire avant notre \u00e8re. Elles ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9couvertes \u00e0 Goubla, la Byblos connue des Grecs, dont la d\u00e9esse principale se nommait Baalat, par\u00e8dre du Baal taurique. Les Egyptiens la v\u00e9n\u00e9raient (l\u2019identifiant \u00e0 leur Isis). L\u2019un de ses autres hypostases serait Ash\u00e9rat-de-la-Mer, dont les Carthaginois feront Astart (et les Grecs, Astr\u00e9e).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aucune de ces divinit\u00e9s n\u2019est pure de tout syncr\u00e9tisme\u00a0; mais la plupart d\u2019entre elles se laissent reconna\u00eetre \u00e0 quelque d\u00e9tail signifiant. C\u2019est ainsi que la Vierge repousse ou humilie toute virilit\u00e9 (M\u00e9d\u00e9e en Jason, Dalila en Samson, Omphale en Hercule)\u00a0; or, la plus grande des d\u00e9esses vierges, Isis, lorsqu\u2019elle eut rendu la vie \u00e0 son \u00e9poux Osiris, s\u2019aper\u00e7ut qu\u2019il \u00e9tait priv\u00e9 de ses organes virils (que le Serpent \u2014 Seth \u2014 avait d\u00e9rob\u00e9s<a title=\"\" href=\"#_ftn1\">[1]<\/a>).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette r\u00e9surrection du h\u00e9ros solaire et cette vengeance du Serpent sont \u00e9galement significatives. Elles nous sont confirm\u00e9es, litt\u00e9ralement, par une des plus anciennes l\u00e9gendes du Nil, o\u00f9 l\u2019on voit R\u00e9, dans son extr\u00eame vieillesse, mordu par un reptile. Isis s\u2019offrit \u00e0 la gu\u00e9rir, \u00e0 condition qu\u2019il lui avou\u00e2t son v\u00e9ritable nom\u00a0: de m\u00eame, Dalila obtiendra de Samson le secret de sa force. Apr\u00e8s avoir tent\u00e9 de tromper la Vierge, vaincu par la douleur, le dieu-soleil c\u00e9da\u00a0; si bien que, de ce jour, Isis d\u00e9tient les pouvoirs de R\u00e9<a title=\"\" href=\"#_ftn2\">[2]<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous sommes alors dans la seconde moiti\u00e9 de la premi\u00e8re mue de la Vierge (8000-5000) et dans le renouveau du Lion (6000-3000)\u00a0; c\u2019est \u00e9galement l\u2019\u00e9poque o\u00f9 le \u00ab\u00a0royaume\u00a0\u00bb g\u00e9mique s\u2019implante en Anatolie, en Iran, et commence d\u2019influencer l\u2019Egypte, en sorte qu\u2019Osiris-faucon sera ressuscit\u00e9 par une Vierge-vautour\u00a0: vers 5500 avant J.-C.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A cette alliance G\u00e9meaux-Vierge succ\u00e9der un nouveau syncr\u00e9tisme Vierge-Lion, dont nous retrouvons la trace en Ph\u00e9nicie, o\u00f9 les par\u00e8dres d\u2019El et de Baal, identifi\u00e9s \u00e0 Baalit et Ash\u00e9rat, Qadesh (la Sainte) ou Elat, sont fr\u00e9quemment repr\u00e9sent\u00e9s en compagnie d\u2019un lion. Au second mill\u00e9naire, les Hyksos adoreront \u00e9galement une Vierge, Anat, conjointement avec le Lion.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais c\u2019est \u00e0 Cnossos et chez les Hittites que le culte de la D\u00e9esse para\u00eet avoir \u00e9t\u00e9 le plus assid\u00fbment pratiqu\u00e9. Or il se trouve que les deux cultures se sont d\u00e9velopp\u00e9es simultan\u00e9ment.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On distingue aujourd\u2019hui trois phases dans l\u2019histoire de la Cr\u00e8te pr\u00e9hell\u00e9nique\u00a0: le minoen ancien (3000-2400), le minoen moyen (2200-1600) et le minoen r\u00e9cent (1600-1400). Les deux derni\u00e8res s\u2019encha\u00eenent sans solution de continuit\u00e9, si bien qu\u2019en ce qui concerne notre propos elles ne font qu\u2019une. Quant au minoen ancien, il se peut que ses origines doivent \u00eatre recul\u00e9es de plusieurs si\u00e8cles, comme presque toujours l\u2019aurore des civilisations archa\u00efques, la tendance des \u00ab\u00a0historiens\u00a0\u00bb \u00e9tant de nier leur anciennet\u00e9 \u00e0 la limite du possible<a title=\"\" href=\"#_ftn3\">[3]<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le dieu essentiel de Cnossos n\u2019\u00e9tait pas le Minotaure (de toute mani\u00e8re plus tardif). Les d\u00e9corations des palais et des tombes cr\u00e9toises montrent principalement des effigies d\u2019une myst\u00e9rieuse d\u00e9esse, repr\u00e9sent\u00e9e tant\u00f4t avec deux serpents (syncr\u00e9tisme Cancer-G\u00e9meaux), tant\u00f4t portant une hache double, le <em>labrys<\/em>, en laquelle se laisse reconna\u00eetre un symbole g\u00e9mique-ouranien. On estime commun\u00e9ment que deux divinit\u00e9s diff\u00e9rentes \u00e9taient ador\u00e9es dans l\u2019\u00eele\u00a0: Dictynna la M\u00e8re, Britomartis la Vierge.<\/p>\n<div><br clear=\"all\" \/><\/p>\n<hr align=\"left\" size=\"1\" width=\"33%\" \/>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> D\u2019autre part, pour les Romains comme pour les Grecs, le lotus, embl\u00e8me virginal, poss\u00e9dait le pouvoir de diminuer les forces g\u00e9n\u00e9siques.<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref2\">[2]<\/a> JACQUES VANDIER, opus cit\u00e9.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a title=\"\" href=\"#_ftnref3\">[3]<\/a> Nous l\u2019avons v\u00e9rifi\u00e9 pour Abraham, Mo\u00efse, les premi\u00e8res dynasties thinites, \u00ab\u00a0l\u2019\u00e2ge classique\u00a0\u00bb maya, l\u2019astronomie chinoise, etc.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><em>Les Hittites<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les Hittites sont un peuple mieux connu de nous, depuis que des fouilles fructueuses en Asie Mineure nous ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 des ruines de leur capitale Hattousa. A ce sujet, il est remarquable que l\u2019ignorance o\u00f9 nous \u00e9tions tout r\u00e9cemment du peuple hittite r\u00e9ponde \u00e0 l\u2019ignorance des historiens d\u2019hier en ce qui concerne les Parthes et les Sassanides, pourtant plus proches de nous.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On peut dire que la renomm\u00e9e de ces derniers, pendant des si\u00e8cles, fut \u00e9clips\u00e9e par celle de Rome, bien que Rome n\u2019ait jamais pu les vaincre\u00a0; bien que l\u2019empire parthe (et sassanide) ait domin\u00e9 pendant huit si\u00e8cles quand la grandeur de Rome n\u2019exc\u00e8de pas cinq cents ans (du II<sup>e<\/sup> si\u00e8cle avant J.-C. au IV<sup>e<\/sup> si\u00e8cle apr\u00e8s J.-C.) et bien que la culture des Sassanides f\u00fbt parfaitement originale, alors que la culture \u00ab\u00a0romaine\u00a0\u00bb devait tout aux Etrusques, aux Sabins et aux Grecs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De m\u00eame, la renomm\u00e9e de l\u2019Assyrie a \u00e9clips\u00e9 celle des Hittites, bien que la premi\u00e8re Assyrie (Akkadie) n\u2019ait domin\u00e9 que cinq si\u00e8cles en M\u00e9sopotamie (2350-1850) avant le bref renouveau du VIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle et que la culture assyrienne apparaisse comme un m\u00e9lange confus des cultures babylonienne, \u00e9lamite et s\u00e9mite.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On enseigne aujourd\u2019hui que les anc\u00eatres des Hittites furent les premiers Indo-europ\u00e9ens d\u2019Anatolie, les Louwites (vers 2500 avant J.-C.). On suppose qu\u2019ils pouvaient venir de l\u2019Ukraine, du Bas-Danube et des Balkans, o\u00f9 le peuple des steppes se m\u00ealait aux populations de la \u00ab\u00a0c\u00e9ramique peinte\u00a0\u00bb. Il est admis enfin que les Hittites, vers 2200 avant J.-C., d\u00e9truisirent la seconde ville de Troie et que, jusqu\u2019au XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, ils subsist\u00e8rent en Anatolie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous les retrouvons alors en Palestine et en Syrie (sous les noms d\u2019Hatti ou d\u2019H\u00e9t\u00e9ens) et, d\u00e9sormais, ils ne cessent de cro\u00eetre. En 1530, ils s\u2019emparent de Babylone sous la domination kassite. Vers 1500, leur expansion en Palestine s\u2019oppose \u00e0 celle des Mitanniens ou Hourrites, pr\u00e9c\u00e9demment \u00e9tablis en M\u00e9sopotamie du Nord, et que la prise d\u2019Alep contraint \u00e0 une alliance avec l\u2019Egypte (Am\u00e9nophis III).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin, l\u2019Egypte elle-m\u00eame est menac\u00e9e. Elle doit abandonner ses possessions d\u2019Asie. Deux guerres longues (1347-1300 et 1294-1278) opposent les deux peuples avant qu\u2019une alliance survienne, consolid\u00e9e par des mariages. Ce trait\u00e9 (1278) marque \u00e0 la fois la supr\u00e9matie des Hittites et le d\u00e9but de leur d\u00e9cadence. Leur structure politique et religieuse s\u2019\u00e9croule, tandis que l\u2019invasion des \u00ab\u00a0Peuples de la Mer\u00a0\u00bb en Asie Mineure d\u00e9truit soudainement leur immense empire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On a vu que les \u00ab\u00a0Peuples de la Mer\u00a0\u00bb (Ach\u00e9ens, Sardes, Philistins) ne profiteront gu\u00e8re de ce triomphe. Repouss\u00e9s par Rams\u00e8s, ils devront supporter l\u2019expansion d\u2019Isra\u00ebl, cependant que d\u2019autres peuples, les Doriens (\u00a0?), les supplanteront dans le pays m\u00eame, la Gr\u00e8ce, qu\u2019ils ont abandonn\u00e9. Une page d\u2019histoire est tourn\u00e9e. D\u00e9sormais \u2014 et pour plusieurs si\u00e8cles \u2014 les victorieux ne jouiront plus de leurs victoires. Quant aux Hittites, ils survivront jusque vers 1150 dans le Taurus\u00a0; puis, vers cette date, dispara\u00eetront sans laisser de traces.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019ai compar\u00e9 l\u2019empire hittite au royaume perse. Ce sera une autre concordance que l\u2019Hittite, servant de la Vierge, meurt sous les coups des Ach\u00e9ens (premi\u00e8re mutation des G\u00e9meaux), comme, deux mille ans plus tard, le Perse sassanide, servant du Lion, sous les coups des Musulmans (premi\u00e8re mutation du Taureau).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En fait, de m\u00eame que les Parthes et les Sassanides ne seront pas les servants du seul Mithra mais \u00e9galement des G\u00e9meaux (Ormuzd et Ahriman), du Taureau (les tauroboles) et du B\u00e9lier (par l\u2019enseignement de Zoroastre), les Hittites n\u2019adorent pas seulement la d\u00e9esse vierge.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les plus anciens vestiges religieux des Hatti, ant\u00e9rieurement au second mill\u00e9naire, consistent en plaques circulaires d\u2019alb\u00e2tre (le \u00ab\u00a0disque\u00a0\u00bb) d\u2019o\u00f9 surgissent des cous surmont\u00e9s de t\u00eates rectangulaires\u00a0; on y reconna\u00eet g\u00e9n\u00e9ralement le mythe canc\u00e9rique de la d\u00e9esse-m\u00e8re. Plus pr\u00e8s de nous (Ancien et Nouvel Empires\u00a0: 1700-1200), les vestiges concernent un dieu \u00ab\u00a0Soleil du Ciel\u00a0\u00bb et la d\u00e9esse-lionne aussi bien qu\u2019un dieu-cerf, symbole ouranien. Je noterai pour m\u00e9moire les deux taureaux qui accompagnent toujours le dieu de l\u2019Orage. Enfin, s\u2019il est assur\u00e9 qu\u2019on puisse les identifier aux H\u00e9t\u00e9ens dont il est parl\u00e9 dans la Bible, nous devons admettre que les Hatti, \u00e0 un certain moment de leur histoire, ont v\u00e9n\u00e9r\u00e9 le B\u00e9lier (B\u00e9thel, la Toison d\u2019Or).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On a pr\u00e9tendu que les Hittites ne rejetaient aucune divinit\u00e9 rencontr\u00e9e sur les routes de leur conqu\u00eate. La m\u00eame th\u00e9orie pourrait \u00eatre soutenue en ce qui touche les Parthes. Mais c\u2019est simplement qu\u2019en sa derni\u00e8re mue la divinit\u00e9 zodiacale s\u2019appuie sur tous les supports qu\u2019elle peut trouver. Vers le milieu du II<sup>e<\/sup> mill\u00e9naire, le B\u00e9lier naissant fait preuve de sa vitalit\u00e9, le Taureau triomphe dans le monde entier, les G\u00e9meaux entament leur premi\u00e8re mue, le Lion poursuit sa troisi\u00e8me \u00ab\u00a0vie\u00a0\u00bb et le Cancer sa seconde existence. La Vierge est pr\u00e8s de sa fin, et ne l\u2019ignore pas. D\u2019o\u00f9 le multiple syncr\u00e9tisme.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En effet, les souverains hittites concevaient leur Etat comme plus sacerdotal que guerrier\u00a0; leurs \u0153uvres d\u2019art repr\u00e9sentent des dieux, non des batailles. D\u2019apr\u00e8s les rares textes parvenus jusqu\u2019\u00e0 nous, le roi reste soumis \u00e0 la puissance des pr\u00eatres. Il abandonne l\u2019arm\u00e9e en pleine campagne pour ob\u00e9ir \u00e0 ses devoirs religieux\u00a0; il porte devant le peuple, en toute occasion, la pleine responsabilit\u00e9 de la col\u00e8re divine. Nous ne pouvons donc pas rejeter l\u2019hypoth\u00e8se que le surprenant effondrement de l\u2019empire par cet affolement mystique, comparable \u00e0 celui des Sassanides vers le VI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle de notre \u00e8re, o\u00f9 je crois reconna\u00eetre l\u2019attente de la mort du Dieu, la peur du n\u00e9ant qui suivra.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce qui nous importe ici, c\u2019est que la D\u00e9esse hittite, Arunna, ne peut en aucun cas \u00eatre confondue avec les grandes d\u00e9esses de Ph\u00e9nicie et d\u2019Assyrie, divinit\u00e9s canc\u00e9riques. En effet, Arunna \u00e9tait une d\u00e9esse solaire, alors qu\u2019Ishtar et surtout Astart\u00e9 s\u2019apparentaient \u00e0 la lune et, \u00e0 ce titre, portaient le Croissant. En outre, nous avons vu qu\u2019elle \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9e comme la m\u00e8re du dieu solaire T\u00e9l\u00e9pinou (la Vierge pr\u00e9c\u00e8de le Lion) et comme la d\u00e9esse des moissons, caract\u00e8re qui l\u2019identifie \u00e0 la d\u00e9esse indienne Vin\u00e2ta, \u00e0 la sum\u00e9rienne Inanna, \u00e0 l\u2019\u00e9gyptienne Isis.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><em>Les symboles de la Vierge<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Plus on remonte dans le temps, plus il est hasardeux de d\u00e9crire les symboles rattach\u00e9s \u00e0 un Signe. Le bapt\u00eame, la p\u00eache dans la mer immense, le plancton (nourriture dig\u00e9r\u00e9e) caract\u00e9risent les Poissons, mais tous ces symboles n\u2019en font qu\u2019un. D\u2019une part, le feu, l\u2019\u00e9lan, le sexe disponible, mais \u00e9galement l\u2019abeille, les plateaux de la Justice, la pierre huil\u00e9e se rattachent au B\u00e9lier, plus vieux de deux mill\u00e9naires. Si l\u2019on en vient au Dieu dans sa premi\u00e8re mue, par exemple le Taureau, le choix nous sera donn\u00e9 entre au moins sept symboles\u00a0: le mur (l\u2019enracinement dans le sol), le sexe \u00e9rig\u00e9, la pierre lev\u00e9e, la pierre noire, la corne (et le bull-roarer), le tonnerre, le croissant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au seuil de la seconde mue, les symboles g\u00e9miques atteignent la douzaine\u00a0: l\u2019air, la sym\u00e9trie (et la dialectique)\u00a0; en Chine le Dragon \u2014 et tous les \u00eatres hybrides en Gr\u00e8ce\u00a0: centaure, faune, satyre\u00a0; l\u2019aigle et le faucon, les deux aigles (et tous animaux doubles, qu\u2019ils fussent lions ou taureaux)\u00a0; l\u2019homme-arbre, le berceau de feuillage\u00a0; toutes les statuettes-simulacres et tous les mimes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au terme de son \u00e9volution, le Lion se laissait reconna\u00eetre en vingt embl\u00e8mes diff\u00e9rents\u00a0: le feu, le soleil, le foudre, la roue, le char, le cheval, le ph\u00e9nix, le coq, le g\u00e9ant, le borgne, la couleur rouge, la lance, le sceptre, le roi ainsi que dans certains symboles virginaux (le lys, le cygne), canc\u00e9riques (la panth\u00e8re, le l\u00e9opard), g\u00e9miques (le miroir, l\u2019arc, l\u2019aigle), tauriques (le tonnerre), et m\u00eame b\u00e9liques (l\u2019abeille).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est que, tout au long de ses mill\u00e9naires d\u2019histoire, le Signe recueille et retient des symboles syncr\u00e9tiques dont il n\u2019est pas toujours le cr\u00e9ateur mais sans lesquels il n\u2019aurait pu survivre. L\u00e9da est mari\u00e9e\u00a0; mythiquement pourtant elle est une Vierge, puisque Zeus se transforme en cygne pour la s\u00e9duire. En effet, \u00ab\u00a0le cygne en litt\u00e9rature est un ersatz de la femme nue. C\u2019est la nudit\u00e9 permise, c\u2019est la blancheur immacul\u00e9e et cependant ostensible\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn1\">[1]<\/a>\u00a0; c\u2019est en fait la Virginit\u00e9, par opposition \u00e0 la F\u00e9condit\u00e9, n\u00e9cessairement secr\u00e8te\u00a0; et tous les \u00e9sot\u00e9ristes connaissent cette identification de la Vierge avec le Cygne (ou la Licorne, \u00e9galement blanche, ou le Sphinx, \u00e0 cause du \u00ab\u00a0seuil \u00e9troit\u00a0\u00bb).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les Chinois symbolisent la Vierge par le mouton (laine blanche) et nous retrouvons cette blancheur et ce caract\u00e8re bucolique chez Ovide comme chez Jean l\u2019Apocalypte, aussi bien que dans les histoires de la berg\u00e8re et du prince, o\u00f9 la berg\u00e8re est toujours vierge et le prince fils de roi, c&rsquo;est-\u00e0-dire l\u00e9onin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais une tr\u00e8s longue alliance de la Vierge et du Cancer, signe d\u2019Eau (o\u00f9 le Cancer a gagn\u00e9 le symbole de la Femme-M\u00e8re), rattache aussi la Vierge au symbole du bain. A Pessinonte, Cyb\u00e8le \u00e9tait baign\u00e9e dans le Gallos une fois l\u2019an\u00a0; \u00e0 Ancyre, dans une pi\u00e8ce d\u2019eau. Autre d\u00e9esse vierge, Ath\u00e9na \u00e9tait \u00e9galement baign\u00e9e (au III<sup>e<\/sup> si\u00e8cle apr\u00e8s J.-C., il est vrai<a title=\"\" href=\"#_ftn2\">[2]<\/a>). Mirc\u00e9a Eliade signale \u00e0 ce propos que l\u2019immersion de la Vierge Marie rena\u00eet au XIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle de notre \u00e8re et se poursuit jusqu\u2019\u00e0 nos jours, malgr\u00e9 l\u2019interdiction de l\u2019Eglise. Virginit\u00e9-blancheur-puret\u00e9\u00a0: c\u2019est un aspect du Signe\u00a0; il en est d\u2019autres.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Etudiant dans le d\u00e9tail l\u2019Apocalypse, je montrerai que le quatri\u00e8me cheval (de couleur p\u00e2le) symbolise la Vierge, dont les fid\u00e8les plus tard seront v\u00eatus de blanc et \u00ab\u00a0pr\u00e9serv\u00e9s\u00a0\u00bb, avant d\u2019\u00eatre sauv\u00e9s par le Christ. Or, Saint Jean dit que le cavalier de ce coursier se nommait la Mort et que l\u2019Enfer le suivait<a title=\"\" href=\"#_ftn3\">[3]<\/a>. L\u2019affirmation surprend, si l\u2019on ne voit dans le Signe que douceur et puret\u00e9, blancheur et innocence. Mais le Sphinx \u00e9tait rien moins que tendre, et les derniers adorateurs de la Vierge, les Cr\u00e9tois, les Hittites, ne l\u2019\u00e9taient gu\u00e8re non plus.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin, en plein \u00ab\u00a0royaume\u00a0\u00bb b\u00e9lique, au X<sup>e<\/sup> si\u00e8cle avant J.-C., un peuple naissait en Anatolie, les Phrygiens, dont l\u2019existence devait \u00eatre de peu de dur\u00e9e\u00a0: deux ou trois si\u00e8cles. Selon certains commentateurs, le dernier reste des Hittites, ce peuple se reconnaissait pour fondateur le l\u00e9gendaire Phryxos \u2014 l\u2019homme au B\u00e9lier \u2014 en m\u00eame temps que pour divinit\u00e9 principale la d\u00e9esse des Moissons Kyb\u00e9b\u00e9. Une l\u00e9gende mythologique nous montre le roi phrygien Midas faisant arr\u00eater et lier l\u2019homme qui moissonnait moins vite que lui\u00a0; puis, il lui coupait la t\u00eate et jetait son corps sur le champ. Cette l\u00e9gende laisse penser que les Phrygiens pratiquaient le sacrifice humain \u00e0 l\u2019occasion des r\u00e9coltes, et c\u2019est l\u2019instant d\u2019examiner pourquoi.<\/p>\n<div><br clear=\"all\" \/><\/p>\n<hr align=\"left\" size=\"1\" width=\"33%\" \/>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> GASTON BACHELARD, <em>L\u2019eau et les r\u00eaves<\/em>.<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref2\">[2]<\/a> CALLIMAQUE, <em>Hymnes<\/em>.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a title=\"\" href=\"#_ftnref3\">[3]<\/a> SAINT JEAN, <em>L\u2019Apocalypse<\/em>, VI, 8.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><em>Les coupeurs de t\u00eates<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans l\u2019une des s\u00e9pultures les plus anciennes, mise \u00e0 jour pr\u00e8s de J\u00e9richo (\u00e0 Eguam) et dat\u00e9e de 6800 avant J.-C., les t\u00eates apparaissent s\u00e9par\u00e9es des corps avant l\u2019inhumation. On ne doute point qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019un rite tr\u00e8s antique, dont les arch\u00e9ologues ne s\u2019expliquent pas les mobiles sacr\u00e9s. Cependant, nous savons que chez les Azt\u00e8ques, trois mois apr\u00e8s la germination du ma\u00efs, une jeune fille, en qui s\u2019incarnait la d\u00e9esse du Ma\u00efs, \u00e9tait d\u00e9capit\u00e9e. Chez une tribu dravidienne du Bengale, les Khonds, la victime (volontaire), nomm\u00e9e le M\u00e9riah, \u00e9tait sacrifi\u00e9e des mois \u2014 ou m\u00eame des ann\u00e9es \u2014 apr\u00e8s son acceptation. Les morceaux ou les cendres du corps (d\u00e9pec\u00e9 ou incin\u00e9r\u00e9) \u00e9taient alors distribu\u00e9s aux villages qui avaient particip\u00e9 \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Depuis le si\u00e8cle dernier, cette pratique interdite, les Khonds ont remplac\u00e9 la victime volontaire par un animal, bouc ou buffle. En d\u2019autres lieux \u00e9galement, on pense qu\u2019au cours des si\u00e8cles, le sacrifice humain dut c\u00e9der au sacrifice animal (Taureau, B\u00e9lier) ou m\u00eame v\u00e9g\u00e9tal. Ici, on abandonne au Dieu du Sol les premi\u00e8res graines ou les premi\u00e8res gerbes. Ailleurs, la premi\u00e8re gerbe est port\u00e9e en triomphe \u00e0 travers le village.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En Estonie, cette premi\u00e8re gerbe d\u00e9tient un pouvoir proph\u00e9tique\u00a0: le d\u00e9nombrement de ses grains devient un c\u00e9r\u00e9monial. Au P\u00e9rou, elle est conserv\u00e9e toute l\u2019ann\u00e9e, sous le nom de \u00ab\u00a0M\u00e8re du Ma\u00efs<a title=\"\" href=\"#_ftn1\">[1]<\/a>\u00a0\u00bb. La m\u00eame croyance se retrouve chez les Arabes et chez les Slaves. A Sumatra, aux C\u00e9l\u00e8bes, \u00e0 Java et \u00e0 Bali, on conna\u00eet la \u00ab\u00a0M\u00e8re du Riz\u00a0\u00bb, dont on prend le m\u00eame soin. Souvent, les \u00e9pis recueillis sont arrang\u00e9s en figure de femme\u00a0; ou bien, au contraire, une femme se costume en \u00e9pi en s\u2019affublant de paille (Danemark, Su\u00e8de, Allemagne). Chez les Slaves, celui qui lie la \u00ab\u00a0vieille femme\u00a0\u00bb avec la derni\u00e8re gerbe aura un enfant dans l\u2019ann\u00e9e<a title=\"\" href=\"#_ftn2\">[2]<\/a>. En Vend\u00e9e, r\u00e9cemment encore, on jetait en l\u2019air dans une couverture la fermi\u00e8re elle-m\u00eame, pour la vanner ainsi que le bl\u00e9\u00a0; de tels petits supplices sont fr\u00e9quents dans toutes les r\u00e9gions d\u2019Allemagne et de Russie, o\u00f9 on ligote encore le sacrifi\u00e9 dans une gerbe. Mais ici nous d\u00e9laissons les rites ancestraux, herm\u00e9tiques et cruels, de la Vierge aux Epis pour retrouver le mythe g\u00e9mique, assez longuement \u00e9tudi\u00e9. Car, aucune religion dans le monde ne s\u2019est constitu\u00e9e autour de la Vierge seule depuis pr\u00e8s de trois mille ans.<\/p>\n<div><br clear=\"all\" \/><\/p>\n<hr align=\"left\" size=\"1\" width=\"33%\" \/>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> MANNHARDT, <em>Mythologische Forsubungen<\/em>.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a title=\"\" href=\"#_ftnref2\">[2]<\/a> MIRCEA ELIADE, <em>Trait\u00e9 d\u2019Histoire des Religions<\/em>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><em>La nostalgie<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous avons vu que les ducs chinois du I<sup>er<\/sup> mill\u00e9naire avant J.-C. n\u00e9glig\u00e8rent le recours \u00e0 l\u2019Empereur Noir (embl\u00e8me\u00a0: la Tortue), bien qu\u2019ils fussent \u00e0 la recherche d\u2019un Dieu. De m\u00eame, les Egyptiens semblent avoir admis, vers 1000 avant J.-C., la disparition de leur principale d\u00e9esse. Au terme de violents conflits religieux, leurs pr\u00eatres, ou plut\u00f4t leurs pr\u00eatresses (de Makar\u00e9, \u00ab\u00a0divine \u00e9pouse d\u2019Amon\u00a0\u00bb\u00a0: 1050, jusqu\u2019aux adoratrices kouchites de Th\u00e8bes vers 700) annul\u00e8rent la virginit\u00e9 d\u2019Isis, la par\u00e8rent du Croissant et en firent une simple hypostase des d\u00e9esse-m\u00e8res de Ph\u00e9nicie, puis de Carthage. L\u2019Isis que la R\u00e9publique romaine recevra au second si\u00e8cle avant J.-C. sera \u00e9galement une d\u00e9esse-m\u00e8re. Mais, durant le m\u00eame temps, bizarrement, les Grecs continuaient de v\u00e9n\u00e9rer le souvenir de la Vierge<a title=\"\" href=\"#_ftn1\">[1]<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce fut, \u00e0 Eleusis, l\u2019essentiel des Myst\u00e8res qui se c\u00e9l\u00e9braient le jour o\u00f9 l\u2019\u00e9toile Spica (l\u2019Epi) se levait au matin (lever h\u00e9liaque). Personne ne sait exactement en quoi ils consistaient, sinon que la pr\u00e9servation de la vitalit\u00e9 d\u2019un \u00e9pi, enferm\u00e9 dans un lieu clos, y pr\u00e9sentait un caract\u00e8re sacr\u00e9<a title=\"\" href=\"#_ftn2\">[2]<\/a>. Mais, ici encore, la l\u00e9gende nous est un s\u00fbr recours.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En effet, la Vierge perdue, Pers\u00e9phone, a \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9e par Had\u00e8s, Dieu des enfers, et sa disparition a eu pour l\u2019humanit\u00e9 enti\u00e8re de catastrophiques effets\u00a0: mort des plantes, s\u00e9cheresse des sols, etc.<a title=\"\" href=\"#_ftn3\">[3]<\/a>. La M\u00e8re de Pers\u00e9phone, D\u00e9m\u00e9ter, supplie en vain le Dieu du Soleil H\u00e9lios de lui rendre sa fille. D\u00e9l\u00e9gu\u00e9 par H\u00e9lios pour r\u00e9soudre cette affaire, Mercure-Herm\u00e8s (plan\u00e8te privil\u00e9gi\u00e9e de la Vierge et des G\u00e9meaux) se contente d\u2019argumenter avec beaucoup d\u2019esprit\u00a0: les plantes rena\u00eetront au printemps suivant, dit-il en substance, la disparition de Pers\u00e9phone n\u2019est qu\u2019un sommeil hivernal qu\u2019il ne convient pas de prendre au tragique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e9m\u00e9ter n\u2019est pas convaincue \u2014 et l\u2019on peut croire que les servants nostalgiques de la Vierge Perdue ne l\u2019\u00e9taient pas davantage. Pour Cyb\u00e8le comme pour eux, la fin de la Grande Ann\u00e9e de la Vierge pouvait se comparer mais non s\u2019identifier \u00e0 la fin d\u2019une saison. D\u00e9m\u00e9ter poursuit donc ses recherches et ses clameurs\u00a0; et c\u2019est une longue odyss\u00e9e qui la m\u00e8ne des dieux chez les hommes, soit qu\u2019elle change en l\u00e9zard un jeune paysan injurieux, soit qu\u2019elle s\u2019\u00e9prenne du laboureur Triptol\u00e8me et le charge de parcourir la terre (sur un char que tra\u00eene un dragon) afin d\u2019enseigner aux hommes la notion et l\u2019art des semailles, ainsi que l\u2019accord entre l\u2019instinct, l\u2019esprit et le c\u0153ur, o\u00f9 r\u00e9side la vraie Justice.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A ce stade de son \u00e9volution, D\u00e9m\u00e9ter-C\u00e9r\u00e8s se confond avec C\u00e9r\u00e8s-Thesmophore, la L\u00e9gislatrice, et Pers\u00e9phone avec une autre Vierge Perdue, Astr\u00e9e, fille de Th\u00e9mis<a title=\"\" href=\"#_ftn4\">[4]<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme apr\u00e8s l\u2019agonie du Lion, en nos XV<sup>e<\/sup> et XVI<sup>e<\/sup> si\u00e8cles, ce qui doit nous frapper ici, c\u2019est d\u2019une part la volont\u00e9 clairement affirm\u00e9e des hommes de sauvegarder le mythe et la l\u00e9gende dans l\u2019espoir de ressusciter le dieu mort\u00a0; et, d\u2019autre part, leur impuissance et leur \u00e9chec. Au I<sup>er<\/sup> si\u00e8cle avant J.-C., la Vierge s\u2019est fondue dans les G\u00e9meaux (rites agraires), dans le Cancer (D\u00e9m\u00e9ter, Isis), dans les d\u00e9esses b\u00e9liques de la Justice\u00a0; en tant que Symbole caract\u00e9ris\u00e9, elle n\u2019existe plus\u00a0; ses cultes sont devenus \u00e9sot\u00e9riques, lorsqu\u2019ils ne sont pas abolis\u00a0; ses figurations \u2014 le Sphinx ou le Dragon \u2014 sont d\u00e9tourn\u00e9es de leur sens\u00a0; ses pratiques sont supprim\u00e9es. Si elle rena\u00eet enfin, dans le christianisme, dans le mithra\u00efsme (Mithra na\u00eet d\u2019une Vierge) ou dans le bouddhisme chinois (Kouan-yin), elle n\u2019y sera plus que la trace d\u2019une divinit\u00e9 disparue, le Seuil de la religion nouvelle, l\u2019interm\u00e9diaire entre deux Signes\u00a0: son caract\u00e8re sacr\u00e9 ne viendra plus d\u2019elle-m\u00eame, mais de son Fils, dont le Triomphe la sanctifiera.<\/p>\n<div style=\"text-align: justify;\"><br clear=\"all\" \/><\/p>\n<hr align=\"left\" size=\"1\" width=\"33%\" \/>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> \u00ab\u00a0A constater la permanence des symboles et la place pr\u00e9\u00e9minente occup\u00e9e par Kubula-Cyb\u00e8le\u2026 on peut se demander si les grands cultes anatoliens de l\u2019\u00e9poque gr\u00e9co-romaine ne sont pas l\u2019aboutissement des vieux cultes hittites.\u00a0\u00bb (RENE DUSSAUD, <em>Les Religions des Hittites et des Hourrites<\/em>, \u00ab\u00a0Mana\u00a0\u00bb, Presses Universitaires.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref2\">[2]<\/a> LUCAIN, <em>La Pharsale<\/em> \u2014 APULEE, <em>L\u2019\u00e2ne d\u2019or<\/em>.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref3\">[3]<\/a> La Vierge de Colchide, M\u00e9d\u00e9e, renaissait \u00e9galement des Enfers.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref4\">[4]<\/a> \u00ab\u00a0M\u00eame Astr\u00e9e, la derni\u00e8re Vierge, a fui la terre ensanglant\u00e9e\u00a0\u00bb. OVIDE, <em>M\u00e9tamorphoses<\/em>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><em>Tableau comparatif<\/em><\/strong><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2012\/11\/VIERGE001.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-2443\" title=\"VIERGE001\" src=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2012\/11\/VIERGE001.jpg\" alt=\"\" width=\"1747\" height=\"949\" srcset=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2012\/11\/VIERGE001.jpg 1747w, http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2012\/11\/VIERGE001-300x162.jpg 300w, http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2012\/11\/VIERGE001-1024x556.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 1747px) 100vw, 1747px\" \/><\/a><\/p>\n<p>A cette agonie survivent, ici, le syncr\u00e9tisme phrygien (IX<sup>e<\/sup> &#8211; VII<sup>e<\/sup> si\u00e8cles avant J.-C.), l\u00e0 le syncr\u00e9tisme inca (XIII<sup>e<\/sup> &#8211; XVI<sup>e<\/sup> si\u00e8cles apr\u00e8s J.-C.), le premier essentiellement b\u00e9lique et l\u00e9onin, le second rattach\u00e9 aux Poissons (Pachacamac) et au Cancer (Viracocha). Puis, une ardente nostalgie s\u2019efforce de sauvegarder les mythes \u00e0 d\u00e9faut des dieux\u00a0: ici, dans les Myst\u00e8res d\u2019Eleusis, dans les l\u00e9gendes de Pers\u00e9phone et d\u2019Astr\u00e9e\u00a0; l\u00e0, dans les f\u00eates des Parsis, dans les sectes occultes et les traces litt\u00e9raires que nous avons dites<a title=\"\" href=\"#_ftn1\">[1]<\/a>.<\/p>\n<p>Il reste cependant que ces traces litt\u00e9raires et ces groupements occultes sont de bien faibles survivances des mythes solaires, au regard du troublant d\u00e9sespoir avec lequel les Egyptiens, les Phrygiens, les Mayas, les Grecs et les Romains eux-m\u00eames accueillirent la disparition de la Vierge et en port\u00e8rent le deuil tout au long du I<sup>er<\/sup> mill\u00e9naire avant J.-C. Cette diff\u00e9rence ind\u00e9niable sugg\u00e8re une explication, qui serait en soi une int\u00e9ressante hypoth\u00e8se.<\/p>\n<div><br clear=\"all\" \/><\/p>\n<hr align=\"left\" size=\"1\" width=\"33%\" \/>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> Les derni\u00e8res pr\u00e9tentions de r\u00e9tablir socialement le culte des dieux morts furent, pour la Vierge, celles des Antiochos (223-187 et 172-164 avant J.-C.)\u00a0; pour les mythes solaires, celle des Nazis (1929-1945).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><em>La grotte et l\u2019\u00e9pi<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Dans l\u2019Apocalypse de Jean, imm\u00e9diatement apr\u00e8s l\u2019apparition du 4<sup>\u00e8me<\/sup> cheval (4<sup>\u00e8me<\/sup> sceau), les servants de la Vierge sont v\u00eatus de blanc et gard\u00e9s en r\u00e9serve \u00ab\u00a0jusqu\u2019\u00e0 ce que f\u00fbt compl\u00e9t\u00e9 le nombre de leurs fr\u00e8res, qui devaient mourir avec eux\u00a0\u00bb (5<sup>\u00e8me<\/sup> sceau). Alors, \u00ab\u00a0il se fit un grand tremblement de terre, le soleil noircit, la lune s\u2019ensanglanta, les \u00e9toiles tomb\u00e8rent, le ciel se retira comme un livre qu\u2019on roule\u2026 Et les rois et les grands, les riches, les puissants, les hommes libres, les esclaves se cach\u00e8rent dans les cavernes et dirent aux montagnes\u00a0: \u00ab\u00a0Refermez-vous, d\u00e9robez-nous \u00e0 la face du Seigneur, car voici venu le jour de sa col\u00e8re, et qui peut subsister<a title=\"\" href=\"#_ftn1\">[1]<\/a>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Plus bri\u00e8vement, une tr\u00e8s ancienne l\u00e9gende chimu dit qu\u2019autrefois les hommes vivaient \u00ab\u00a0dans l\u2019obscurit\u00e9\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Manco-Capac, ses fr\u00e8res et ses s\u0153urs, se vantaient d\u2019\u00eatre sortis de Pacari-Tamba, la caverne du devenir, le premier jour o\u00f9 le soleil avait repris sa place dans le ciel<a title=\"\" href=\"#_ftn2\">[2]<\/a>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Le tableau des concordances nous donne les dates suivantes\u00a0:<\/p>\n<p>Eveil de la Vierge\u00a0: 13100 &#8211; 12700,<\/p>\n<p>Royaume de la Vierge\u00a0: 12100 &#8211; 11600,<\/p>\n<p>Fin de l\u2019\u00e8re de la Vierge\u00a0: 10950,<\/p>\n<p>Fin de la religion-m\u00e8re\u00a0: 8700 &#8211; 8300.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Eveil du Lion\u00a0: 10950 &#8211; 10550,<\/p>\n<p>Royaume du Lion\u00a0: 9950 &#8211; 9450,<\/p>\n<p>Fin de l\u2019\u00e8re du Lion\u00a0: 8800,<\/p>\n<p>Fin de la religion-m\u00e8re\u00a0: 6550 &#8211; 6150.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Et n\u2019importe quel manuel de g\u00e9ologie nous enseigne que la derni\u00e8re glaciation (W\u00fcrm final) s\u2019est \u00e9tendue de 12000 \u00e0 8850, selon le tableau suivant\u00a0:<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2012\/11\/VIERGE002.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-2444\" title=\"VIERGE002\" src=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2012\/11\/VIERGE002.jpg\" alt=\"\" width=\"1747\" height=\"729\" srcset=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2012\/11\/VIERGE002.jpg 1747w, http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2012\/11\/VIERGE002-300x125.jpg 300w, http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2012\/11\/VIERGE002-1024x427.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 1747px) 100vw, 1747px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Il appara\u00eet que l\u2019\u00e8re de la Vierge (13100 &#8211; 10950) correspond sensiblement aux deux premi\u00e8res phases de la glaciation et que son \u00ab\u00a0royaume\u00a0\u00bb se situe \u00e0 la veille de l\u2019oscillation de B\u00f6lling, qui dut en marquer le point culminant. On pourrait penser, alors, que l\u2019Age d\u2019Or des \u00e9crivains grecs recouvre une r\u00e9alit\u00e9, puisqu\u2019il nous suffirait pour l\u2019inclure dans l\u2019Histoire de le dater de cette p\u00e9riode qui pr\u00e9c\u00e9da la destruction glaciaire.<\/p>\n<p>La soudainet\u00e9 de la catastrophe nous est d\u2019autre part affirm\u00e9e, tout \u00e0 la fois, par la l\u00e9gende et par la science. Dans les Avesta, les Arvas fuient vainement l\u2019avance \u00e9pouvantable des glaces, tandis que des mammouths sib\u00e9riens ont \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9s gel\u00e9s vifs, la panse pleine des v\u00e9g\u00e9taux qu\u2019ils n\u2019avaient pas fini de dig\u00e9rer.<\/p>\n<p>Dans H\u00e9siode, l\u2019Age d\u2019Or est d\u00e9crit comme un temps o\u00f9 les lois n\u2019existaient pas, o\u00f9 nul outil ne for\u00e7ait la terre, qui produisait d\u2019elle-m\u00eame ses fruits. Ici encore, les recherches scientifiques ne d\u00e9mentent pas la l\u00e9gende, et nous savons maintenant qu\u2019une esp\u00e8ce de bl\u00e9 sauvage (Triticum dicocco\u00efdes), ant\u00e9rieure \u00e0 l\u2019agriculture \u00ab\u00a0s\u00e8che\u00a0\u00bb des G\u00e9meaux, \u00e9tait parfaitement comestible<a title=\"\" href=\"#_ftn3\">[3]<\/a>. Bien mieux\u00a0: nous n\u2019ignorons plus qu\u2019\u00e0 l\u2019encontre d\u2019autres v\u00e9g\u00e9taux, le bl\u00e9 peut conserver sa valeur nutritive pendant des mill\u00e9naires (ainsi que l\u2019ont prouv\u00e9 la d\u00e9couverte et l\u2019examen de certaines r\u00e9serves mortuaires).<\/p>\n<p>N\u2019est-il pas \u00e0 supposer que le pr\u00e9sent de la Vierge \u00e0 l\u2019humanit\u00e9 put \u00eatre cette conservation d\u2019une esp\u00e8ce de c\u00e9r\u00e9ale sauvage pendant la derni\u00e8re glaciation de W\u00fcrm\u00a0? On sous-entend tout ce que cela suppose\u00a0: la <em>volont\u00e9<\/em> de survivre, la <em>pr\u00e9vision<\/em> de la catastrophe, l\u2019<em>organisation<\/em> de refuges et de r\u00e9serves, l\u2019<em>institution<\/em> de sanctions rigoureuses et cruelles. Mais, \u00e0 ce prix, l\u2019<em>homo sapiens<\/em> aurait surv\u00e9cu au fl\u00e9au et, pour la premi\u00e8re fois peut-\u00eatre, une esp\u00e8ce vivante \u00e9volu\u00e9e aurait franchi le cap mortel des glaciations.<\/p>\n<p>Ainsi s\u2019expliquerait tout ensemble l\u2019universelle association de l\u2019Epi et de la constellation de la Vierge, les Myst\u00e8res d\u2019Eleusis et l\u2019urne de Pandore<a title=\"\" href=\"#_ftn4\">[4]<\/a>, le titre g\u00e9n\u00e9rique de D\u00e9esses des Moissons donn\u00e9 aux d\u00e9esses-vierges et le souvenir tenace des grottes o\u00f9 l\u2019homme parvint \u00e0 subsister.<\/p>\n<p>La caverne du devenir de la l\u00e9gende inca et les grottes de l\u2019Apocalypse seraient alors \u00e0 prendre dans un sens litt\u00e9ral, que viennent confirmer les fouilles d\u2019Asie Centrale et de Palestine, ainsi que la th\u00e8se arch\u00e9ologique selon laquelle, au VIII<sup>e<\/sup> mill\u00e9naire avant J.-C., des peuplades (mal rassur\u00e9es) vivaient encore dans des cavernes et des abris sous roche.<\/p>\n<p>Mythiquement, le souvenir de la Vierge enferm\u00e9e, \u00ab\u00a0prisonni\u00e8re de sa maison\u00a0\u00bb, a pu donner naissance \u00e0 l\u2019embl\u00e8me de la Tortue, connu dans l\u2019Inde (3<sup>\u00e8me<\/sup> mue de Vichnou), en Chine (culte de l\u2019Empereur Noir) et en Cr\u00e8te, o\u00f9 cet animal \u00e9tait l\u2019une des repr\u00e9sentations de la d\u00e9esse Britomartis.<\/p>\n<p>Au m\u00eame ordre de souvenir mythique s\u2019apparenteraient les grottes o\u00f9 \u00ab\u00a0devaient\u00a0\u00bb s\u2019accomplir les Myst\u00e8res de Pers\u00e9phone, d\u2019Isis et de Cyb\u00e8le, ainsi que le mythe de la grotte o\u00f9 le Saoshyant perse allait na\u00eetre d\u2019une Vierge, o\u00f9 le J\u00e9sus de Saint Luc na\u00eet de la Vierge Marie.<\/p>\n<p>D\u2019autre part, la n\u00e9cessaire pr\u00e9vision de la catastrophe (sans laquelle le salut n\u2019e\u00fbt pas \u00e9t\u00e9 possible) aurait dot\u00e9 la Vierge \u2014 sur dix mille ans \u2014 de la constante vertu proph\u00e9tique qu\u2019on lui voit. Les souverains chinois du III<sup>e<\/sup> mill\u00e9naire tiraient connaissance de l\u2019avenir \u00e0 partir de la carapace de la Tortue ou des os du Mouton (et notre jeu des osselets est sans doute un vestige d\u2019une pratique analogue). Isis proph\u00e9tisait comme la Vierge de Delphes\u00a0; \u00e9galement, les Vierges Vestales \u00e0 Rome, les Vierges Aclla au P\u00e9rou\u2026<\/p>\n<p>Enfin, la survie nostalgique de la D\u00e9esse, apparemment plus tenace et plus fervente aux premiers si\u00e8cles avant J.-C. que la nostalgie du Roi \u00e0 notre \u00e9poque, s\u2019expliquerait de m\u00eame ais\u00e9ment\u00a0; car on peut croire que les cr\u00e9ations solaires\u00a0: l\u2019\u00e9levage du cheval, l\u2019invention de la roue, l\u2019institution de la royaut\u00e9, pour importantes qu\u2019elles fussent, n\u2019ont pas \u00e9gal\u00e9 dans le souvenir des hommes l\u2019incomparable bienfait que fut la pr\u00e9servation de l\u2019humanit\u00e9 pendant les derni\u00e8res glaciations.<\/p>\n<div><br clear=\"all\" \/><\/p>\n<hr align=\"left\" size=\"1\" width=\"33%\" \/>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> <em>L\u2019Apocalypse<\/em>, VI, II-17.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref2\">[2]<\/a> CRISTOBAL DE MOLINA, <em>Ritos y Fabulas des los Incas<\/em>.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref3\">[3]<\/a> PEAKE, <em>The origins of agriculture<\/em>.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref4\">[4]<\/a> L\u2019urne d\u2019o\u00f9 s\u2019\u00e9chappent les sept fl\u00e9aux meurtriers et o\u00f9 demeure l\u2019esp\u00e9rance. A Eleusis, de m\u00eame, un r\u00e9ceptacle clos contenait l\u2019\u00e9pi.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Jean-Charles Pichon 1963<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>III LA VIERGE AUX EPIS \u00a0 Donc, les dieux meurent \u2014 enfin\u00a0! Un dieu du moins est mort \u2014 d\u00e9finitivement, puisque voici neuf si\u00e8cles que nul ne l\u2019adore plus ou que, si quelque peuple a voulu les restaurer (Incas du &hellip; <a href=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/?p=2431\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[31],"tags":[],"class_list":["post-2431","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-les-cycles-du-retour-eternel"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2431","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2431"}],"version-history":[{"count":12,"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2431\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2447,"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2431\/revisions\/2447"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2431"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2431"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2431"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}