{"id":2298,"date":"2012-08-27T16:40:42","date_gmt":"2012-08-27T14:40:42","guid":{"rendered":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/?p=2298"},"modified":"2012-10-24T17:25:35","modified_gmt":"2012-10-24T15:25:35","slug":"les-jours-et-les-nuits-du-cosmos-deuxieme-partie-1-leau-la-lune-et-la-mere","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/?p=2298","title":{"rendered":"LES JOURS ET LES NUITS DU COSMOS &#8211; DEUXIEME PARTIE &#8211; 1 &#8211; L&rsquo;EAU, LA LUNE ET LA MERE"},"content":{"rendered":"<h1 style=\"text-align: center;\">DEUXIEME PARTIE<\/h1>\n<h1 style=\"text-align: center;\"><em>LES REPLIS DU SERPENT<\/em><\/h1>\n<h2 style=\"text-align: center;\">I<\/h2>\n<h2 style=\"text-align: center;\">L&rsquo;EAU, LA LUNE ET LA MERE<\/h2>\n<p align=\"center\"><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans cette laborieuse remont\u00e9e du temps que nous effectuons, il est curieux de constater comment, presque insensiblement, les faits \u2014 historiques, arch\u00e9ologiques \u2014 se rar\u00e9fient, cependant que leur raret\u00e9 croissante durcit et rend plus n\u00e9cessaire les cadres th\u00e9oriques de notre recherche.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au point o\u00f9 nous en sommes, ainsi, il appara\u00eet certain qu\u2019avant l\u2019\u00e8re des G\u00e9meaux fut une autre p\u00e9riode, qui dut \u00eatre domin\u00e9e par le mythe du Serpent, cr\u00e9atrice d\u2019un cycle lunaire et illustr\u00e9e par la spirale. Celle-ci se retrouve \u00e0 Suse comme dans les poteries du Fayoum. Le calendrier lunaire pr\u00e9c\u00e8de le calendrier solaire en Egypte, en Extr\u00eame-Orient\u00a0; au Mexique, il s\u2019est maintenu \u2014 en partie \u2014 jusqu\u2019\u00e0 la conqu\u00eate espagnole. Quant au Serpent, il fut l\u2019embl\u00e8me des dieux anciens de l\u2019Egypte et de l\u2019Inde, ainsi que des Cam\u00e9s mayas, que les Jumeaux vainquirent. Mais le lien symbolique qui devait unir la lune, la spirale et le serpent \u00e9chappe \u00e0 un premier regard, et l\u2019on comprend que les premiers historiens des religions ne l\u2019aient pas m\u00eame cherch\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au contraire, nos tableaux de concordance nous d\u00e9couvrent ce que put \u00eatre ce lien, en m\u00eame temps qu\u2019ils pr\u00e9cisent l\u2019\u00e9poque o\u00f9 le Mythe initial dut na\u00eetre, m\u00fbrir et s\u2019accomplir en un Royaume difficilement imaginable.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En effet, l\u2019\u00e8re des <em>Poissons<\/em> a connu son \u00e9veil de 200 avant J.-C. \u00e0 200 apr\u00e8s J.-C.\u00a0; son \u00ab\u00a0royaume\u00a0\u00bb s\u2019est situ\u00e9 entre 750 et 1250 apr\u00e8s J.-C.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019\u00e8re du <em>B\u00e9lier<\/em> a connu son \u00e9veil de 2350 \u00e0 1950 avant J.-C.\u00a0; \u00ab\u00a0royaume\u00a0\u00bb\u00a0: 1400-900.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour l\u2019\u00e8re du <em>Taureau<\/em>, nous avons les dates\u00a0: \u00e9veil\u00a0: 4500-4100\u00a0; \u00ab\u00a0royaume\u00a0\u00bb\u00a0: 3550-3050.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour l\u2019\u00e8re des <em>G\u00e9meaux\u00a0<\/em>: \u00e9veil\u00a0: 6650-6250\u00a0; \u00ab\u00a0royaume\u00a0\u00bb\u00a0: 5700-5200.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il s\u2019ensuit que l\u2019\u00e8re ant\u00e9rieure aux G\u00e9meaux dut conna\u00eetre son \u00e9veil entre 8800 et 8400, et son \u00ab\u00a0royaume\u00a0\u00bb, son apog\u00e9e entre 7850 et 7350. Quant \u00e0 ses symboles, multipli\u00e9s par les mutations successives, ils doivent d\u00e9tenir tous les caract\u00e8res que les astrologues donnent au signe du <em>Cancer\u00a0<\/em>: influence lunaire, introspection et connaissance, retour au f\u0153tus et \u00e0 la m\u00e8re, etc.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><em>Un premier symbole\u00a0: l\u2019Eau<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Historiquement, ce dernier Signe pr\u00e9sente une singularit\u00e9\u00a0: il marque la limite o\u00f9 notre zodiaque (qu\u2019on peut dater de l\u2019\u00e9poque hell\u00e9nistique) cesse de correspondre avec les zodiaques ant\u00e9rieurs. Alors que les Mages, les Chald\u00e9ens, les anciens Grecs et les Sum\u00e9riens avant eux, connaissaient les Poissons, le B\u00e9lier, le Taureau et les G\u00e9meaux, ils ne connaissaient pas le Cancer, non plus qu\u2019ils ne reconnaissaient comme Signes le Lion, la Vierge, la Balance\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour eux, le Signe que nous nommons Balance \u00e9tait le Signe de la Temp\u00eate, du Vent, du Sanglier\u00a0; la Vierge \u00e9tait la D\u00e9esse des Moissons<a title=\"\" href=\"#_ftn1\">[1]<\/a>\u00a0; le Lion s\u2019identifiait au Soleil. Du moins utilisaient-ils en tant que symboles \u00ab\u00a0secondaires\u00a0\u00bb la Vierge, le Lion et la Balance. Mais le mot m\u00eame \u00ab\u00a0Cancer\u00a0\u00bb leur \u00e9tait inconnu\u00a0; on n\u2019en trouve pas trace certaine avant l\u2019\u00e8re des Poissons, bien que le Signe et les mythes qui lui sont rattach\u00e9s fussent parfaitement appr\u00e9ci\u00e9s d\u00e8s le 2<sup>\u00e8me<\/sup> mill\u00e9naire en Egypte (<em>L\u2019Amdouat<\/em>) et en Sumer (<em>Le Livre de la Cr\u00e9ation<\/em>)\u00a0; d\u00e8s le 3<sup>\u00e8me<\/sup> mill\u00e9naire en Chine. Simplement, le symbole-cl\u00e9 du signe n\u2019\u00e9tait pas alors le Cancer mais le Serpent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Plus t\u00f4t, qu\u2019\u00e9tait-il\u00a0? Il faut y r\u00eaver. Selon notre tableau \u00ab\u00a0Th\u00e9orique\u00a0\u00bb, le premier temps du Mythe aurait recouvert pr\u00e8s de cinq mill\u00e9naires, du 9<sup>\u00e8me<\/sup> au 4<sup>\u00e8me<\/sup>, c&rsquo;est-\u00e0-dire une \u00e9poque o\u00f9 l\u2019on chercherait en vain des rep\u00e8res et des preuves historiques. Au contraire, l\u2019arch\u00e9ologie peut nous \u00eatre d\u2019un certain secours.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En Asie occidentale, de nombreux gisements (fouilles d\u2019Eguam, de J\u00e9richo) nous r\u00e9v\u00e8lent vers 7000 l\u2019existence d\u2019un peuple de p\u00eacheurs plus ancien que les Natoufiens. La marque principale de cette civilisation serait l\u2019existence de cimeti\u00e8res situ\u00e9s \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des bourgs. A Muharet-el-Wad, on a pu d\u00e9nombrer quatre-vingt sept individus, parmi lesquels soixante-quatre adultes, recroquevill\u00e9s dans la position du f\u0153tus.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Datant de la m\u00eame \u00e9poque, des pagaies ont \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9es \u00e0 Star Carr en Angleterre, ainsi qu\u2019un cano\u00eb creus\u00e9 \u00e0 Pene en Hollande (6250). Nomm\u00e9s Magl\u00e9mosiens, du nom du grand marais (magle mose) de Mullerup, au Danemark, ces peuples de l\u2019Europe du Nord paraissent avoir v\u00e9cu entre le 8<sup>\u00e8me<\/sup> et le 6<sup>\u00e8me<\/sup> mill\u00e9naires, sur l\u2019emplacement de la Grande-Bretagne, de l\u2019Allemagne du Nord et sur les bords de la mer Baltique, puis s\u2019\u00eatre \u00e9tendus vers la Russie de l\u2019Est, la Su\u00e8de centrale et la Norv\u00e8ge du Nord, \u00e0 mesure que les glaciers de la derni\u00e8re glaciation disparaissaient de l\u2019Europe septentrionale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Leurs outils et leurs armes se composent de t\u00eates de pioches, de haches, de pointes de javelots, d\u2019hame\u00e7ons, d\u2019aiguilles \u00e0 filet, d\u2019outils pour travailler le cuir. Les techniques d\u00e9coratives, rudimentaires selon le jugement contemporain, s\u2019expriment g\u00e9n\u00e9ralement par l\u2019inscription de lignes tr\u00e8s fines ou de petits trous dispos\u00e9s en chevrons ou en lignes spiralo\u00efdales. Ces m\u00eames motifs se retrouvent \u00e0 Suse I (5500-5000) et dans les plus anciens vestiges \u00e9gyptiens, du Fayoum, o\u00f9 ils paraissent avoir pr\u00e9exist\u00e9 aux motifs sym\u00e9triques de l\u2019\u00e8re des G\u00e9meaux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Peuple de p\u00eacheurs, les Magl\u00e9mosiens n\u2019ont pas laiss\u00e9 de ruines de cit\u00e9s ou de bourgs, non plus que de s\u00e9pultures reconnaissables. Ils semblent avoir constitu\u00e9 un passage (d\u2019une dur\u00e9e de deux mill\u00e9naires) entre les peuples d\u2019Am\u00e9rique du Nord et de Sib\u00e9rie centrale, uniquement nomades, de l\u2019\u00e8re du Lion, et les civilisations plus \u00e9volu\u00e9es d\u2019Asie orientale et de Lybie, dont les dieux \u00e9taient la pluie et la lune.<\/p>\n<div><\/div>\n<hr align=\"left\" size=\"1\" width=\"33%\" \/>\n<div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a title=\"\" href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> Chez les Arabes encore, l\u2019Epi\u00a0: Elsembala.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><em>Les dieux de la pluie<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les premi\u00e8res s\u00e9pultures \u00e9gyptiennes, au Fayoum, en Haute-Egypte (dat\u00e9es par le radiocarbone du 6<sup>\u00e8me<\/sup> mill\u00e9naire) sont nettement post\u00e9rieures aux traces magl\u00e9mosiennes et m\u00eame aux s\u00e9pultures pr\u00e9-natoufiennes, auxquelles elles ressemblent souvent. Elles se situent en la p\u00e9riode des pluies abondantes (6000-4000), dont l\u2019optimum sera atteint au d\u00e9but de l\u2019\u00e8re du Taureau, et couvrent donc l\u2019\u00e8re g\u00e9mique tout enti\u00e8re. Pour une raison inconnue, les Fayoumiens se sont tenus \u00e0 l\u2019\u00e9cart de cette civilisation nouvelle\u00a0; ils ont continu\u00e9 d\u2019adorer des dieux de la pluie (Min, Seth) et d\u2019appliquer les rites primitifs du Cancer, jusqu\u2019au 5<sup>\u00e8me<\/sup> mill\u00e9naire inclus.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De nombreux silos exhum\u00e9s ont fourni des traces de vannerie tress\u00e9e, ainsi que des faucilles d\u2019os ou de bois munies de lames de silex (o\u00f9 je crois distinguer des vestiges d\u2019une civilisation de la Vierge et, plus sp\u00e9cialement, de sa premi\u00e8re mue\u00a0: 8000-4000, syncr\u00e9tisme vierge-dieux de la pluie<a title=\"\" href=\"#_ftn1\">[1]<\/a>). Les traces d\u2019habitation indiquent l\u2019usage de tentes ou de huttes de branchages\u00a0; les r\u00e9cipients sont de formes simples, sans d\u00e9coration, sans anse ni bec.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un peu plus au nord, au seuil du Delta, El Omari et Merimd\u00e9 ont fourni des des vestiges d\u2019une civilisation similaire, dat\u00e9e du V<sup>e<\/sup> mill\u00e9naire (pour Merimd\u00e9) et du IV<sup>e<\/sup> mill\u00e9naire pour El Omari\u00a0; cependant, des motifs en spirales y apparaissent sur les poteries et les morts y sont encore enterr\u00e9s selon la coutume pr\u00e9-g\u00e9mique, au milieu des habitations plut\u00f4t qu\u2019en dehors du village.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce rite mortuaire tr\u00e8s caract\u00e9ristique s\u2019attache particuli\u00e8rement \u00e0 reproduire la position du f\u0153tus dans le ventre de la m\u00e8re, f\u00fbt-ce en liant les membres, ainsi qu\u2019\u00e0 sauvegarder la partie la plus noble de l\u2019individu\u00a0: la t\u00eate. On ne la d\u00e9tache plus du tronc comme dans une p\u00e9riode ant\u00e9rieure, mais on l\u2019\u00e9vide du cerveau, dont la cavit\u00e9 est remplie d\u2019argile. Enfin, le motif de la spirale sur les poteries d\u00e9montre la pr\u00e9occupation majeure de ces antiques peuplades\u00a0: une figuration de la totalit\u00e9, c&rsquo;est-\u00e0-dire de la \u00ab\u00a0chose\u00a0\u00bb contenue (dans le cercle ou le n\u0153ud), dont on peut faire le tour.<a title=\"\" href=\"#_ftn2\">[2]<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi, d\u00e8s leurs d\u00e9buts, les rites canc\u00e9riques se manifestent sous le triple aspect qu\u2019on leur verra au cours des \u00e2ges\u00a0: pr\u00e9pond\u00e9rance donn\u00e9e au cerveau, \u00e0 l\u2019esprit\u00a0; retour \u00e0 la matrice maternelle\u00a0; obsession de la matrice elle-m\u00eame\u00a0: centre du monde, univers clos. Entre la cr\u00e9ation instinctive du Lion (le hasard de la Roue) et la cr\u00e9ation purement \u00ab\u00a0gratuite\u00a0\u00bb des G\u00e9meaux (la c\u00e9ramique, la danse), les \u0153uvres canc\u00e9riques offrent un caract\u00e8re de pr\u00e9m\u00e9ditation et d\u2019intellectualisme qui les distingue entre toutes. Apr\u00e8s que l\u2019homme eut appris qu\u2019il pouvait faire na\u00eetre des formes de ses mains et avant qu\u2019il s\u2019en divert\u00eet, il s\u2019en \u00e9merveilla longuement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette \u00ab\u00a0prise au s\u00e9rieux\u00a0\u00bb de l\u2019esprit porte un nom\u00a0: la connaissance. Se sachant cr\u00e9ateur, l\u2019homme voulut savoir le \u00ab\u00a0comment\u00a0\u00bb de la cr\u00e9ation. Il observa la vie dans les eaux mortes et les phases de la lune\u00a0; il regarda les enfants na\u00eetre et il ouvrit le ventre de la femme enceinte pour d\u00e9couvrir comment l\u2019homme peut y tenir. Alors, il sut reproduire la forme du f\u0153tus, image de l\u2019univers\u00a0; alors, il sut que la femme est l\u2019esclave de la lune\u00a0; il connut que les plantes ont besoin de la pluie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le rapport lune-pluie est l\u2019un des mieux connus des ethnologues<a title=\"\" href=\"#_ftn3\">[3]<\/a> et je ne m\u2019y attarderai pas, sinon pour souligner qu\u2019historiquement il se trouve v\u00e9rifi\u00e9 en tous lieux du monde, entre le VII<sup>e<\/sup> et le V<sup>e<\/sup> mill\u00e9naires, pr\u00e9cis\u00e9ment. C\u2019est l\u2019\u00e9poque que Posnanski assigne aux vestiges lunaires de Tiahuanaco, alors que les P\u00e9ruviens ne sont qu\u2019un peuple de p\u00eacheurs, dont les ressources \u2014 les coquillages et les poissons \u2014 et le mat\u00e9riau de construction, le roseau de lagune, apparaissent li\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9l\u00e9ment liquide. Et, de m\u00eame, en Palestine, en Hollande, au Danemark, en Angleterre, ce sont des peuples de p\u00eacheurs que nous trouvons.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une fois encore, le Mythe recouvre l\u2019\u00e9v\u00e8nement. Il n\u2019est gu\u00e8re de Livres et de l\u00e9gendes sacr\u00e9s qui ne gardent le souvenir de ces \u00e2ges anciens o\u00f9 \u00ab\u00a0sous la chaleur solaire (en l\u2019\u00e2ge du Lion) se form\u00e8rent des nuages et des orages\u00a0; d\u2019\u00e9normes chutes d\u2019eau se produisirent, et le fracas du tonnerre r\u00e9veilla les Zophesamins, qui s\u2019\u00e9pouvant\u00e8rent et se divis\u00e8rent en m\u00e2les et femelles. Ceux-l\u00e0, les premiers, divinis\u00e8rent les produits de la terre, les astres, et les ador\u00e8rent.<a title=\"\" href=\"#_ftn4\">[4]<\/a>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces Zophesamins (les \u00ab\u00a0animaux intelligents\u00a0\u00bb, dit le texte) sont vus, selon les peuples, tr\u00e8s diff\u00e9remment. Dans le Popol Vuh, les seigneurs Cam\u00e9, qu\u2019annonce et symbolise le grand serpent Zakicaz, sont des M\u00e9chants dont les Jumeaux triomphent \u2014 par le feu, la sarbacane et le Jeu de la balle. Au contraire, dans l\u2019\u00e9pop\u00e9e polyn\u00e9sienne des Maui, le premier homme na\u00eet d\u2019un ver de vase, et le p\u00e8re du h\u00e9ros Kisikisi, le vieil Atalaga, fait pleuvoir \u00e0 son gr\u00e9.<\/p>\n<div><br clear=\"all\" \/><\/p>\n<hr align=\"left\" size=\"1\" width=\"33%\" \/>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> C\u2019est alors que le dieu humain Min est figur\u00e9 par un verrou (selon SETHE).<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref2\">[2]<\/a> Le culte du cr\u00e2ne humain et le motif de la spirale se retrouvent encore associ\u00e9s en Nouvelle-Z\u00e9lande, aux Marquises, etc. Diff\u00e9remment, la position f\u0153tale et l\u2019ensevelissement dans un sac qui rappelle le placenta caract\u00e9risent les momies p\u00e9ruviennes de l\u2019\u00e2ge archa\u00efque (Mus\u00e9e de l\u2019Homme).<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref3\">[3]<\/a> Sur les rapports \u00ab\u00a0lune-serpents\u00a0\u00bb\u00a0: R. BRIFFAULT, \u00ab\u00a0<em>The Mothers<\/em>\u00a0\u00bb\u00a0; FRAZER, \u00ab\u00a0<em>The Belief in Immortality<\/em>\u201d; HENTZE, \u201c<em>Mythes et symbols lunaires<\/em>\u201d. \u2014 Sur les rapports \u201clune-eaux\u201d: J. BIDEZ et F. CUMONT\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Les Mages hell\u00e9nis\u00e9s<\/em>\u00a0\u00bb\u00a0; P. SAINTYVES, \u00ab\u00a0<em>L\u2019astrologie populaire<\/em>\u00a0\u00bb, Paris, 1937\u00a0; KRAPPE, \u00ab\u00a0<em>Gen\u00e8se des Mythes<\/em>\u00a0\u00bb\u00a0; W.SCHMIDT, \u00ab\u00a0<em>Ursprung<\/em>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a title=\"\" href=\"#_ftnref4\">[4]<\/a> EUSEBE, cit\u00e9 par le P\u00e8re LAGRANGE\u00a0: <em>Etudes sur les religions s\u00e9mitiques<\/em>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><em>La Lune et le Serpent<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les V\u00e9das et les livres brahmanes enseignent que \u00ab\u00a0la lune est dans les eaux\u00a0\u00bb et que \u00ab\u00a0la pluie vient de la lune\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn1\">[1]<\/a>. Ap\u00e2nap\u00e2, \u00ab\u00a0le fils de l\u2019eau\u00a0\u00bb, \u00e9tait \u00e9galement dans l\u2019Inde un mythe lunaire\u00a0; An\u00e2hit\u00e2, d\u00e9esse iranienne des Eaux \u00e9tait \u00ab\u00a0lunaire dans sa condition c\u00e9leste\u00a0\u00bb\u00a0; Sin, dieu babylonien de la lune, contr\u00f4lait les eaux<a title=\"\" href=\"#_ftn2\">[2]<\/a>. Une tribu br\u00e9silienne nomme \u00ab\u00a0M\u00e8re des Eaux\u00a0\u00bb la fille du dieu de la lune\u00a0; d\u2019autre part, le rapport de causalit\u00e9 entre la lune et les mar\u00e9es \u00e9tait connu des Grecs, des Celtes, des Maoris de Nouvelle-Z\u00e9lande, des Eskimos<a title=\"\" href=\"#_ftn3\">[3]<\/a>. Enfin, nous le verrons, les Kenningar islandais associent dans une m\u00eame formule la lune et le Serpent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Or le Serpent est li\u00e9 \u00e0 la pluie et \u00e0 l\u2019eau dans la plupart des grandes tribus australiennes et africaines\u00a0; il l\u2019\u00e9tait \u00e9galement chez les Incas et dans l\u2019Inde de l\u2019\u00e9poque pr\u00e9bouddhique, o\u00f9 le g\u00e9nie-serpent se trouvait toujours dans le voisinage des lacs, des sources, des \u00e9tangs. Egalement, le Serpent est un symbole lunaire chez les Mayas, chez les Grecs (Art\u00e9mis, H\u00e9cate tiennent des serpents dans les mains), chez les Ph\u00e9niciens. D\u2019apr\u00e8s certaines superstitions de l\u2019Europe centrale, si l\u2019on enterre les cheveux arrach\u00e9s \u00e0 une femme qui se trouve sous l\u2019influence de la lune (\u00e0 l\u2019\u00e9poque des r\u00e8gles), ils se transforment en serpents<a title=\"\" href=\"#_ftn4\">[4]<\/a>. Une tr\u00e8s belle l\u00e9gende africaine, le \u00ab\u00a0conte des Wakaranga\u00a0\u00bb identifie en un seul mythe la pluie, la lune et le reptile.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Le jeune homme marqu\u00e9 au front d\u2019un signe en forme de lune \u00e9pousa la jeune fille. Lorsque la pluie faisait d\u00e9faut, le jeune homme allait dans la caverne et disait au serpent\u00a0: \u00ab\u00a0Je suis le jeune homme marqu\u00e9 au front d\u2019un signe en forme de lune. Rampe sur mes pieds, sur mon corps et sur la marque de mon front\u00a0\u00bb. Le serpent le faisait, et il pleuvait\u00a0\u00bb.<a title=\"\" href=\"#_ftn5\">[5]<\/a><\/p>\n<div style=\"text-align: justify;\"><br clear=\"all\" \/><\/p>\n<hr align=\"left\" size=\"1\" width=\"33%\" \/>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> <em>Rig V\u00e9da<\/em>, I, 105, 1\u00a0; <em>Aitareya Br\u00e2hmana<\/em>, VIII, 28, 15.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref2\">[2]<\/a> Mirc\u00e9a ELIADE, opus cit\u00e9.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref3\">[3]<\/a> BRIFFAULT\u00a0: <em>The Mothers\u00a0<\/em>; KRAPPE\u00a0: <em>Gen\u00e8se des Mythes\u00a0<\/em>; W. SCHMIDT\u00a0: <em>Ursprung<\/em>.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref4\">[4]<\/a> Mirc\u00e9a ELIADE, opus cit\u00e9.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref5\">[5]<\/a> <em>Le dossier Afrique<\/em> (Collection Marabout).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><em>Le Serpent et la M\u00e8re<\/em><\/strong><\/p>\n<p>La religion-m\u00e8re du Cancer, ce qu\u2019elle fut, o\u00f9 elle naquit, quel dieu elle adorait, nous ne pouvons \u00e9videmment que l\u2019imaginer, puisque sa disparition se situe au V<sup>e<\/sup> mill\u00e9naire, ant\u00e9rieurement aux d\u00e9buts de l\u2019Histoire. Au contraire, dans sa 1<sup>\u00e8re<\/sup> mue, entre 3700 et 700, le Mythe peut faire l\u2019objet d\u2019une plus s\u00e9rieuse \u00e9tude. Les anciennes d\u00e9esses-m\u00e8res ph\u00e9niciennes sont dat\u00e9es du d\u00e9but de cette p\u00e9riode\u00a0; elles se survivront jusqu\u2019\u00e0 la fin de l\u2019Assyrie, au VIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle et rena\u00eetront, dans la mue suivante, \u00e0 Carthage, en Egypte, \u00e0 Rome.<\/p>\n<p>L\u2019alliance d\u2019un mythe quelconque avec le mythe qui a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 son pr\u00e9d\u00e9cesseur semble constituer le tournant d\u00e9cisif d\u2019une \u00ab\u00a0grande ann\u00e9e\u00a0\u00bb\u00a0: le tournant qui conduit \u00e0 la premi\u00e8re mue. L\u2019Islam, 1<sup>\u00e8re<\/sup> mue du Taureau, repose sur le Croissant (syncr\u00e9tisme Taureau-Cancer)\u00a0; les cultes myc\u00e9niens, 1<sup>\u00e8re<\/sup> mue des G\u00e9meaux, reposent sur l\u2019aigle ou le lion double (et sur les Dioscures, fils du Cygne), syncr\u00e9tisme G\u00e9meaux-Lion.<\/p>\n<p>De m\u00eame, l\u2019apparition de la D\u00e9esse-M\u00e8re au seuil de la 1<sup>\u00e8re<\/sup> mue du Cancer laisser penser qu\u2019ici le premier syncr\u00e9tisme (d\u2019origine h\u00e9r\u00e9tique) dut consister en une alliance entre la Vierge et le Serpent (que la Gen\u00e8se biblique pr\u00e9cis\u00e9ment nous conte). La Vierge sait et devient <em>m\u00e8re<\/em>, c&rsquo;est-\u00e0-dire consciente de sa cr\u00e9ation.<\/p>\n<p>Alors, les \u00ab\u00a0animaux intelligents\u00a0\u00bb s\u2019\u00e9pouvant\u00e8rent et se divis\u00e8rent en m\u00e2les et femelles\u2026 Car, plus t\u00f4t, savaient-ils seulement que la vie na\u00eet de l\u2019union de l\u2019homme et de la femme ou ne croyaient-ils pas, comme hier encore certaines peuplades australiennes, que la vie est un don des dieux\u00a0?<\/p>\n<p>Dans la Bible, le rapport \u00ab\u00a0savoir-maternit\u00e9\u00a0\u00bb est soulign\u00e9 par la menace divine\u00a0: \u00ab\u00a0Maintenant (que tu sais) tu enfanteras dans la douleur.\u00a0\u00bb On peut croire, en effet, qu\u2019inconsciente ou se croyant le r\u00e9ceptacle d\u2019un dieu, la femme souffrait moins dans l\u2019enfantement. Mais, d\u00e9sormais, li\u00e9e \u00e0 la lune et aux mar\u00e9es, savante, la femme s\u2019identifie triplement au Serpent. Il faudra l\u2019av\u00e8nement de l\u2019\u00e8re des Poissons pour qu\u2019\u00e0 nouveau une Vierge soit le calice d\u2019un Dieu et puisse de son talon \u00e9craser le Diable.<\/p>\n<p>On ne s\u2019\u00e9tonnera plus que, partout, les d\u00e9esses-m\u00e8res soient marqu\u00e9es du Serpent, ou qu\u2019elles tiennent des reptiles (comme les M\u00e8res cr\u00e9toises et, plus tard, les d\u00e9esses lunaires en Gr\u00e8ce), ou que l\u2019Ureus, le Naja les couronne (Isis sous son aspect lunaire). Parfois aussi, le syncr\u00e9tisme Taureau-Cancer (le \u00ab\u00a0croissant\u00a0\u00bb en forme de lune et de cornes) prend la place du Serpent, comme au front de l\u2019Ishtar assyrienne ou des d\u00e9esses de Tyr et de Sidon. Enfin, les dieux eux-m\u00eames portent le symbole canc\u00e9rique \u2014 en des lieux aussi \u00e9loign\u00e9s l\u2019un de l\u2019autre que l\u2019ancien P\u00e9rou et la ville sum\u00e9rienne de Lagash, o\u00f9 le dieu h\u00e9r\u00e9tique Gish-Zi-da tient le caduc\u00e9e classique aux reptiles enlac\u00e9s.<a title=\"\" href=\"#_ftn1\">[1]<\/a><\/p>\n<p>Nous sommes alors en 2200-2100, l\u2019\u00e9poque o\u00f9 les Hittites et les S\u00e9mites de Canaan, en l\u2019attente de leur dieu-b\u00e9lier, adorent des divinit\u00e9s-serpents<a title=\"\" href=\"#_ftn2\">[2]<\/a>. Ce culte impr\u00e9gnera de telle sorte les premiers H\u00e9breux que Mo\u00efse, loin de le proscrire, le pratiquera lui-m\u00eame pendant l\u2019Exode. Pour combattre l\u2019invasion des \u00ab\u00a0reptiles br\u00fblants\u00a0\u00bb dont les morsures d\u00e9ciment le peuple \u00e9lu, Yahv\u00e9 lui conseillera l\u2019\u00e9rection d\u2019une idole, le Serpent d\u2019Airain, dont la vue fermera les plaies et purifiera le sang<a title=\"\" href=\"#_ftn3\">[3]<\/a>. On ignore tout de la nature de l\u2019\u00e9pid\u00e9mie qui frappait le Peuple\u00a0; mais l\u2019anecdote t\u00e9moigne d\u00e9j\u00e0 de la \u00ab\u00a0vertu th\u00e9rapeutique\u00a0\u00bb du Signe.<\/p>\n<p>A travers les croyances chinoises, selon lesquelles le Serpent \u00e9tait un rem\u00e8de \u00e0 d\u2019innombrables maux, et les cultes herm\u00e9tiques et gnostiques, le symbole s\u2019en est maintenu jusqu\u2019\u00e0 nous, qui reconnaissons l\u2019embl\u00e8me de la M\u00e9decine dans le Serpent Double.<\/p>\n<div><br clear=\"all\" \/><\/p>\n<hr align=\"left\" size=\"1\" width=\"33%\" \/>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> Dionysos lui-m\u00eame \u00e9tait rattach\u00e9 au cycle canc\u00e9rique de la fa\u00e7on suivante\u00a0: transform\u00e9 en <em>serpent<\/em>, Zeus avait eu de Pers\u00e9phone un fils, Zagreus, que les Titans d\u00e9pec\u00e8rent, mais dont Ath\u00e9na d\u00e9roba le c\u0153ur. Ce fut ce c\u0153ur, r\u00e9duit en poudre, qui rendit S\u00e9m\u00e9l\u00e9 m\u00e8re de Dionysos. Zagreus (le \u00ab\u00a0preneur d\u2019hommes\u00a0\u00bb) est \u00e9galement le nom de Pluton en m\u00eame temps que l\u2019un des acteurs principaux dans les myst\u00e8res d\u2019Eleusis (sous le nom d\u2019Iakhos). Enfin, le Sabazius phrygien et thrace, dieu b\u00e9lique, lui fut parfois identifi\u00e9 comme fils de Rh\u00e9a ou de Cyb\u00e8le.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref2\">[2]<\/a> Adolphe LODS\u00a0: <em>Isra\u00ebl, des origines au milieu du VIII<sup>e <\/sup>si\u00e8cle,\u00a0<\/em>La Renaissance du Livre.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref3\">[3]<\/a> <em>Les Nombres<\/em>, XXI, 719.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><em>Les dieux de la Pierre<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Unique \u00ab\u00a0faux dieu\u00a0\u00bb permis au peuple \u00e9lu, le totem du Serpent d\u2019Airain nous introduit \u00e0 l\u2019\u00e9tude d\u2019un autre syncr\u00e9tisme canc\u00e9rique. C\u2019est alors (au milieu du second mill\u00e9naire) que, sous la forme de la Pierre Noire, les mythes du Serpent et du B\u00e9lier commencent \u00e0 faire l\u2019objet de cultes divers chez les peuples s\u00e9mitiques hostiles aux H\u00e9breux\u00a0: H\u00e9t\u00e9ens, Amonites, Madianites, etc. Il ne semble pas que le culte b\u00e9thelien ait \u00e9t\u00e9 ant\u00e9rieur \u00e0 1700 ou 1800 avant J.-C. Mais d\u2019autres rites m\u00e9galithiques paraissent pouvoir \u00eatre dat\u00e9s de 2800-2600 ou m\u00eame 3000.<\/p>\n<p>Ces rites sont li\u00e9s\u00a0:<\/p>\n<p>1\u00b0 au culte des d\u00e9esses-m\u00e8res et du Taureau sacr\u00e9 (syncr\u00e9tisme Taureau-Cancer)\u00a0;<\/p>\n<p>2\u00b0 \u00e0 la notion d\u2019inhumation collective (dans une m\u00eame grotte ou sous un m\u00eame tumulus).<\/p>\n<p>Leur origine se situe, selon l\u2019arch\u00e9ologie, en Cr\u00e8te (Minoen ancien), dans les Cyclades du Sud et dans l\u2019ancienne Acha\u00efe. Il est commun\u00e9ment admis que leur expansion g\u00e9ographique aurait suivi les bords de la M\u00e9diterran\u00e9e, travers\u00e9 l\u2019Espagne du Sud et remont\u00e9 vers le Golfe de Gascogne, puis la Bretagne, l\u2019Irlande, le pays de Galles et le Danemark. Dans tous ces pays, en effet, se retrouvent des dolmens et des pierres lev\u00e9es. Il est remarquable que les \u00e9tapes du p\u00e9riple co\u00efncident avec des r\u00e9gions riches en cuivre, bien que des objets de m\u00e9tal n\u2019aient \u00e9t\u00e9 d\u00e9couverts que dans les tombes ib\u00e9riques (Palmella).<\/p>\n<p>Longuement consid\u00e9r\u00e9es comme essentiellement \u00ab\u00a0celtiques\u00a0\u00bb, pierres lev\u00e9es et galeries mortuaires ne peuvent donc pas avoir \u00e9t\u00e9 l\u2019\u0153uvre des Celtes primitifs tr\u00e8s ant\u00e9rieurs \u00e0 cette immigration et dont les cultes initiaux se rattachaient aux mythes solaires.<\/p>\n<p>En revanche, on peut admettre que le culte de la pierre (qu\u2019il de bethel, d\u2019herma\u00ef ou de pierres lev\u00e9es) est <em>toujours<\/em> li\u00e9 \u00e0 des mythes canc\u00e9riques (Cancer + Taureau, Cancer + B\u00e9lier\u2026). Une curieuse \u00e9volution en est les \u00ab\u00a0pierres trou\u00e9es\u00a0\u00bb de l\u2019Inde ancienne (Mohenjo-Daro), dont le culte existe encore de nos jours. Le trou de la pierre est dit \u00ab\u00a0porte de la d\u00e9livrance\u00a0\u00bb (mukyi-dv\u00e2ra). Cette formule semble s\u2019appliquer \u00e0 la d\u00e9livrance du Cosmos et du cycle karmique, dont Coomaraswamy fait une notion solaire (syncr\u00e9tisme Cancer-Lion).<a title=\"\" href=\"#_ftn1\">[1]<\/a><\/p>\n<p>Au contraire, n\u00e9es au lendemain du \u00ab\u00a0royaume\u00a0\u00bb d\u2019Isra\u00ebl, trois divinit\u00e9s seront toutes trois des dieux du Seuil, li\u00e9es au culte de la Pierre et au mythe du B\u00e9lier.<\/p>\n<p>Dans l\u2019Inde, Agni, repr\u00e9sent\u00e9 par un jeune homme bic\u00e9phale mont\u00e9 sur un b\u00e9lier, est dit le Grand Portier\u00a0: il s\u2019incarne dans la Pierre de l\u2019autel brahmanique ou du foyer.<\/p>\n<p>A Rome, Janus, dont les deux faces regardent, comme celles d\u2019Agni, l\u2019une vers l\u2019int\u00e9rieur (de la maison, du temple), l\u2019autre vers l\u2019ext\u00e9rieur, est rigoureusement li\u00e9 \u00e0 l\u2019id\u00e9e de la limite, du seuil. Plus tard, dans les campagnes gallo-romaines, une simple pierre ou borne en sera une illustration suffisante. Des Janus limiteront les champs. Aucun animal ne figure le dieu, mais les boucles en accroche-c\u0153ur qu\u2019il porte sur les temples reproduisent les cornes doubles. Associ\u00e9 \u00e0 l\u2019id\u00e9e du Diable (le Serpent) dans la mythologie chr\u00e9tienne, le Faune grec a le front pareillement orn\u00e9.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 Herm\u00e8s (Mercure), sa double personnalit\u00e9 est indiqu\u00e9e par les deux serpents de son sceptre (caduc\u00e9e), ainsi que par les deux ailes qu\u2019on lui voit, tant\u00f4t \u00e0 son casque, tant\u00f4t \u00e0 ses pieds. Nous avons \u00e9tudi\u00e9 bri\u00e8vement ses rapports avec le B\u00e9lier (la Toison d\u2019Or) et avec le culte des Pierres sacr\u00e9es, auxquelles il emprunta son nom (les \u00ab\u00a0herma\u00ef\u00a0\u00bb).<\/p>\n<div><br clear=\"all\" \/><\/p>\n<hr align=\"left\" size=\"1\" width=\"33%\" \/>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> COOMARASWAMY\u00a0: <em>The darker side of the dawn<\/em>, 1935.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><em>Le Serpent g\u00e9mique<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Ainsi, \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque (VIII<sup>e<\/sup> &#8211; VII<sup>e<\/sup> si\u00e8cles avant J.-C.), Indiens, Hell\u00e8nes et peuples du Latium reconnaissaient une divinit\u00e9 g\u00e9mique (visage double, ailes doubles), b\u00e9lique et canc\u00e9rique (la Pierre, le Serpent). En effet, les alliances Serpent-Taureau (le Croissant) et Serpent-B\u00e9lier (la Pierre Noire) succ\u00e9daient \u00e0 un syncr\u00e9tisme Serpent-G\u00e9meaux tr\u00e8s ant\u00e9rieur. D\u00e8s le r\u00e9veil des G\u00e9meaux, au XVI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle avant J.-C., il dominait non seulement en Egypte, en Perse, mais en Extr\u00eame-Orient, o\u00f9 le dieu supr\u00eame, le Souverain d\u2019En-Haut, se soumettait \u00e0 la dialectique g\u00e9mique du Yin et du Yang et o\u00f9 le Serpent se pr\u00e9sentait sous la forme de deux reptiles (ou deux f\u0153tus) reploy\u00e9s ou lov\u00e9s l\u2019un en l\u2019autre.<\/p>\n<p>Illustrations des deux principes M\u00e2le et Femelle (mais aussi du chaud et du froid, du sec et de l\u2019humide), le Yang et le Yin s\u2019expriment essentiellement par la ligne pleine (continue) et la ligne bris\u00e9e (ou discontinue). Sous une forme mythique, c\u2019est l\u2019\u00e9ternel conflit que racontent les combats d\u2019Osiris et de Seth, d\u2019Ormuzd et d\u2019Ahriman, le \u00ab\u00a0bon souverain\u00a0\u00bb ou le \u00ab\u00a0meilleur dieu\u00a0\u00bb \u00e9tant toujours celui qui organise et qui maintient, le planificateur et le constructeur (ou la lumi\u00e8re \u00e9tale) par opposition \u00e0 l\u2019Esprit de trouble, de t\u00e9n\u00e8bres, menteur et infid\u00e8le \u00e0 sa propre parole, qu\u2019on ne peut jamais compl\u00e8tement d\u00e9truire parce qu\u2019il est \u00e9galement un aspect de la vie. Or, Seth est un dieu de la pluie et c\u2019est sous l\u2019aspect d\u2019un serpent qu\u2019Ahriman intervient dans la chronologie mythique de l\u2019Avesta.<\/p>\n<p>Un culte encore vivant en Australie (dans l\u2019Aruhem Land et le Northern Territory) allie les deux grands mythes canc\u00e9rique et g\u00e9mique dans un rituel que Mirc\u00e9a Eliade a longuement analys\u00e9<a title=\"\" href=\"#_ftn1\">[1]<\/a>. Pour le Kunapipi, \u00ab\u00a0la puissance sacr\u00e9e d\u00e9tenue par les Etres surnaturels est lib\u00e9r\u00e9e par la r\u00e9p\u00e9tition des actes pos\u00e9s par ces Etres dans le temps du R\u00eave\u00a0\u00bb. Or, le R\u00eave est le domaine du Cancer, la Reproduction, le pouvoir des G\u00e9meaux.<\/p>\n<p>Deux s\u0153urs jumelles, les Wauwalack, sont les h\u00e9ro\u00efnes du rite. \u00ab\u00a0S\u0153urs qui sont, en r\u00e9alit\u00e9, des M\u00e8res\u00a0\u00bb\u00a0: le nom du culte, Kunapipi, se traduit en effet par \u00ab\u00a0M\u00e8re\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0Vieille femme\u00a0\u00bb. D\u2019ailleurs, l\u2019a\u00een\u00e9e des S\u0153urs vient d\u2019accoucher et l\u2019impuret\u00e9 qui r\u00e9sulte de ces couches r\u00e9centes \u00e9loigne d\u2019elle tous les animaux et les \u00eatres de la cr\u00e9ation, \u00e0 l\u2019exception du Serpent, Julunggul, qui, attir\u00e9 tout au contraire par l\u2019acte de la maternit\u00e9, poursuit les S\u0153urs.<\/p>\n<p>Pour l\u2019\u00e9loigner la plus jeune danse\u00a0; mais il les d\u00e9vore toutes les deux, ainsi que la hutte o\u00f9 elles s\u2019\u00e9taient r\u00e9fugi\u00e9es et, se dressant, tout droit, la t\u00eate au ciel, il s\u2019identifie au Phallus vainqueur (dans lequel nous avons appris \u00e0 symboliser le Taureau). Les S\u0153urs et l\u2019enfant reviendront \u00e0 la vie \u2014 une seule fois \u2014 pour \u00eatre \u00e0 nouveau d\u00e9vor\u00e9es.<\/p>\n<p>Sur ce mythe, d\u2019autres se sont cr\u00e9\u00e9s parmi lesquels celui d\u2019un second serpent python, Lu\u2019niugu, qui veut imiter Julunggul et d\u00e9vore tous les jeunes gens qu\u2019il rencontre\u00a0; mais quand il les d\u00e9glutit, il les rend morts \u2014 et m\u00eame \u00e0 l\u2019\u00e9tat de squelette\u00a0; Le th\u00e8me des G\u00e9meaux se reconna\u00eet ici, puisque les indig\u00e8nes repr\u00e9sentent ce python par deux poteaux nomm\u00e9s Jelmalandji, si bien que les deux Serpents ont pris la place des deux S\u0153urs.<\/p>\n<p>Je n\u2019analyserai pas le rite lui-m\u00eame, tr\u00e8s pr\u00e9cis\u00e9ment d\u00e9crit dans les ouvrages sp\u00e9cialis\u00e9s<a title=\"\" href=\"#_ftn2\">[2]<\/a>, sinon pour indiquer qu\u2019y est reconnaissable le symbolisme du \u00ab\u00a0regressus ad uterum\u00a0\u00bb, le retour au ventre de la M\u00e8re primordiale, qui fut s\u00fbrement l\u2019un des rites essentiels de la religion du Cancer en ses beaux jours (comme l\u2019attestent les s\u00e9pultures de J\u00e9richo et du Fayoum) et qui se retrouve dans un grand nombre de traditions asiatiques.<\/p>\n<p>L\u2019une de celles-ci est la c\u00e9r\u00e9monie upan\u00e2yama, consign\u00e9e dans l\u2019Atharva V\u00e9da (XI, 5, 3) et qui se pr\u00e9sente comme l\u2019introduction du n\u00e9ophyte aupr\u00e8s d\u2019un pr\u00e9cepteur. L\u2019\u00e9l\u00e8ve quitte sa retraite au terme de \u00ab\u00a0trois nuits\u00a0\u00bb pour \u00eatre rendu \u00e0 la vie, \u00ab\u00a0n\u00e9 une seconde fois\u00a0\u00bb. L\u2019image bouddhique qui exprime cette renaissance, \u00ab\u00a0il brise la coquille de l\u2019\u0153uf\u00a0\u00bb est l\u2019exacte formule bantoue\u00a0: \u00ab\u00a0Maintenant, le poussin sort de l\u2019\u0153uf, nous sommes pareils aux pots fra\u00eechement retir\u00e9s du feu\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Il est remarquable, ajoute Mirc\u00e9a Eliade, que la m\u00eame image r\u00e9unisse deux motifs \u00e0 la fois embryologiques et initiatiques\u00a0: l\u2019\u0153uf et le pot.\u00a0\u00bb Or, l\u2019\u0153uf, c\u2019est le cycle ferm\u00e9, le serpent lov\u00e9, le Yin et le Yang en un\u00a0; le pot, c\u2019est la matrice o\u00f9 l\u2019enfant na\u00eet\u00a0: les deux formulations essentielles du Cancer en un symbole.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div><br clear=\"all\" \/><\/p>\n<hr align=\"left\" size=\"1\" width=\"33%\" \/>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> Mirc\u00e9a ELIADE\u00a0: <em>Naissances mystiques<\/em>, Gallimard.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref2\">[2]<\/a> R. M. BERNDT\u00a0: <em>Kunapipi<\/em>, Melbourne, 1951.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><em>La magie noire<\/em><\/strong><\/p>\n<p>A ce stade, nous n\u2019avons que faire des Australiens et des Bantous pour nous fournir des \u00ab\u00a0preuves\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0En revenant \u00e0 l\u2019origine, on \u00e9vite la vieillesse, on retourne \u00e0 l\u2019\u00e9tat de f\u0153tus\u00a0\u00bb, dit un texte tao\u00efste qui enseigne l\u2019art de la \u00ab\u00a0respiration embryonnaire\u00a0\u00bb. Un autre texte nous \u00e9claire singuli\u00e8rement sur l\u2019alchimie moyen\u00e2geuse, en nous expliquant \u00e0 la fois la terminologie herm\u00e9tique et le recours passionn\u00e9 \u00e0 la Grande M\u00e8re Isis des adeptes du Grand \u0152uvre\u00a0: \u00ab\u00a0C\u2019est pourquoi Jou-lai, dans sa mis\u00e9ricorde, a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 la m\u00e9thode du travail du Feu et enseign\u00e9 aux hommes \u00e0 p\u00e9n\u00e9trer \u00e0 nouveau dans la matrice\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Nous savons par les exemples des G\u00e9meaux et du Taureau que la premi\u00e8re mue d\u2019un mythe peut \u00e9voluer en magie. Ces pratiques d\u2019envo\u00fbtement par simulacre que nous avons vues s\u2019\u00e9tendre au monde entier entre le d\u00e9but de l\u2019\u00e8re chr\u00e9tienne et le \u00ab\u00a0royaume\u00a0\u00bb chr\u00e9tien, puis rena\u00eetre aux XIII<sup>e<\/sup> et XIV<sup>e<\/sup> si\u00e8cles, nous en retrouvons l\u2019\u00e9quivalent dans la seconde mue du Cancer, avant et apr\u00e8s le \u00ab\u00a0royaume\u00a0\u00bb b\u00e9lique. Mais cette magie-ci n\u2019est pas l\u2019\u00e9manation du simulacre et du jeu (ni de l\u2019incantation, comme la magie taurique)\u00a0; c\u2019est le secret d\u2019Herm\u00e8s, le \u00ab\u00a0tout en un\u00a0\u00bb qui d\u00e9bouche d\u2019une part sur l\u2019alchimie, de l\u2019autre sur la magie noire.<\/p>\n<p>Le principe directeur en est que la partie, analogue \u00e0 l\u2019ensemble, contient toutes les vertus de la totalit\u00e9. Sur le plan inf\u00e9rieur, une des applications en sera qu\u2019un seul crachat contient la maladie qui atteint tout le corps\u00a0: \u00e0 partir de ce crachat, le sorcier sauve le malade \u2014 ou le perd\u00a0; et le m\u00e9decin contemporain court le m\u00eame risque (car le vaccin n\u2019est autre qu\u2019une hom\u00e9opathie qui ne veut pas dire son nom\u00a0: dans les deux cas, on donne le mal pour en gu\u00e9rir).<\/p>\n<p>Sur le plan sup\u00e9rieur, une autre application du principe sera que l\u2019\u00e9nergie cosmique peut \u00eatre domin\u00e9e, dompt\u00e9e dans le moindre atome de mati\u00e8re. Ainsi, l\u2019Indien Otawa ne br\u00fble jamais une ar\u00eate de poisson dans la crainte d\u2019\u00e9carter le poisson de ses filets. \u00ab\u00a0Si tu s\u00e8mes tes ongles ou tes cheveux, tu s\u00e8mes ta mort\u00a0\u00bb, dit un proverbe polonais (parce qu\u2019il suffira de d\u00e9truire l\u2019ongle ou le cheveu pour atteindre celui ou celle qui l\u2019a perdu). Presque toutes les superstitions de notre \u00e9poque (la troisi\u00e8me cigarette, le lever du pied droit, l\u2019\u00e9chelle, le chat noir ou le corbeau) s\u2019apparentent aux m\u00eames traditions\u00a0: elles expriment la peur de l\u2019objet qui, pour une quelconque raison, contient et manifeste l\u2019\u00e9v\u00e8nement dans sa totalit\u00e9.<\/p>\n<p>Or, ces croyances et ces pratiques apparaissent dans l\u2019Histoire, pour la premi\u00e8re fois d\u2019une mani\u00e8re assur\u00e9e, au cours du second mill\u00e9naire, puis aux IX<sup>e<\/sup> et VIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cles avant J.-C. Ce fut contre ces \u00ab\u00a0sorcelleries\u00a0\u00bb que Samuel, puis les rois de Juda durent s\u2019\u00e9lever\u00a0; ainsi qu\u2019\u00e0 l\u2019autre bout du monde les derniers souverains Tcheou. Ce sera par ces pratiques que les mages perses, les pr\u00eatres d\u2019Epidaure et de Byblos se feront, encore au temps du Christ, une consid\u00e9rable client\u00e8le.<\/p>\n<p>Ici, le mythe de la M\u00e8re s\u2019identifie pleinement \u00e0 l\u2019illusion de la Connaissance et le Serpent au Cerceau du Monde. Mais ici \u00e9galement, nous sommes d\u00e9j\u00e0 au seuil de la seconde mue du Cancer et nous devons, avant de l\u2019\u00e9tudier, en revenir \u00e0 l\u2019histoire des religions chinoises, que nous avons n\u00e9glig\u00e9es jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Jean-Charles Pichon 1963<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>DEUXIEME PARTIE LES REPLIS DU SERPENT I L&rsquo;EAU, LA LUNE ET LA MERE \u00a0 Dans cette laborieuse remont\u00e9e du temps que nous effectuons, il est curieux de constater comment, presque insensiblement, les faits \u2014 historiques, arch\u00e9ologiques \u2014 se rar\u00e9fient, cependant &hellip; <a href=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/?p=2298\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[31],"tags":[],"class_list":["post-2298","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-les-cycles-du-retour-eternel"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2298","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2298"}],"version-history":[{"count":12,"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2298\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2360,"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2298\/revisions\/2360"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2298"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2298"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2298"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}