{"id":2197,"date":"2012-08-27T21:17:20","date_gmt":"2012-08-27T19:17:20","guid":{"rendered":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/?p=2197"},"modified":"2012-09-24T17:08:09","modified_gmt":"2012-09-24T15:08:09","slug":"les-jours-et-les-nuits-du-cosmos-premiere-partie-les-pantheons-1-les-gemeaux","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/?p=2197","title":{"rendered":"LES JOURS ET LES NUITS DU COSMOS : PREMIERE PARTIE : LES PANTHEONS 1 Les G\u00e9meaux"},"content":{"rendered":"<h1 align=\"center\"><strong>PREMIERE PARTIE<\/strong><\/h1>\n<h1 align=\"center\"><strong><em>LES PANTHEONS<\/em><\/strong><\/h1>\n<p align=\"center\"><strong><em>\u00a0<\/em><\/strong><\/p>\n<h2 align=\"center\"><strong>I<\/strong><\/h2>\n<h2 align=\"center\"><strong>LES GEMEAUX<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">\n<div id=\"attachment_2246\" style=\"width: 234px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2012\/08\/GEMEAUX-3.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2246\" class=\"size-medium wp-image-2246\" title=\"KONICA MINOLTA DIGITAL CAMERA\" src=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2012\/08\/GEMEAUX-3-224x300.jpg\" alt=\"\" width=\"224\" height=\"300\" srcset=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2012\/08\/GEMEAUX-3-224x300.jpg 224w, http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2012\/08\/GEMEAUX-3.jpg 650w\" sizes=\"auto, (max-width: 224px) 100vw, 224px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2246\" class=\"wp-caption-text\">Illustration Pierre-Jean Debenat<\/p><\/div>\n<p align=\"center\"><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au-del\u00e0 de l&rsquo;\u00e8re du Taureau, notre principal support : l&rsquo;Histoire, nous abandonne. L&rsquo;historien pi\u00e9tine au seuil du 4<sup>\u00e8me<\/sup> mill\u00e9naire (premi\u00e8res dynasties thinites en Egypte, \u00e2ge de Kish en Sumer) et n&rsquo;ose plus rien aventurer.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nos concordances, sans doute, permettraient d&rsquo;\u00e9tablir qu&rsquo;une religion fond\u00e9e sur le mythe des G\u00e9meaux put s&rsquo;instaurer 2150 ans avant l&rsquo;av\u00e8nement du Taureau, soit vers 6250, apr\u00e8s une lente croissance secr\u00e8te de huit si\u00e8cles. Mais les trois exemples \u00e9tudi\u00e9s (Taureau, B\u00e9lier, Poissons) appara\u00eetraient insuffisants \u00e0 un certain nombre d&rsquo;esprits pour en induire une hypoth\u00e8se n\u00e9cessairement th\u00e9orique. Ici, notre m\u00e9thode doit donc \u00eatre modifi\u00e9e, de mani\u00e8re \u00e0 donner le pas aux mythes sur des datations impr\u00e9cises.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une liste astrologique arabe du 8<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle porte en face du nom de la plan\u00e8te Alhiotl (dans les G\u00e9meaux) la mention : \u00ab\u00a0Homme qui se r\u00e9jouit d&rsquo;un concert d&rsquo;instruments\u00a0\u00bb. C&rsquo;est accorder d&#8217;embl\u00e9e \u00e0 l&rsquo;homme du Signe la qualit\u00e9 de joueur et de baladin. Or, dans la collection \u00ab\u00a0Le Zodiaque\u00a0\u00bb, l&rsquo;ouvrage consacr\u00e9 au Signe d\u00e9finit cet homme d&rsquo;un mot : l&rsquo;arlequin.<a title=\"\" href=\"#_ftn1\">[1]<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Arlequin, celui qui joue, qui voltige et distrait. L&rsquo;image, tout \u00e0 la fois, rappelle que les G\u00e9meaux sont un signe d&rsquo;air, dont la plan\u00e8te privil\u00e9gi\u00e9e, Mercure, est le domaine d&rsquo;un dieu ail\u00e9, et souligne l&rsquo;aspect ludique, changeant du symbole : Arlequin ne sait pas choisir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En effet, Osiris pourra \u00eatre faucon, taureau, b\u00e9lier, sans cesser d&rsquo;\u00eatre; Zeus, lui aussi, se fera taureau, cygne ou pluie d&rsquo;or\u2026 Quant aux G\u00e9meaux eux-m\u00eames, on les verra des dieux, comme les fr\u00e8res maudits de la Gen\u00e8se babylonienne et les A\u00e7vins indiens, ou de simples hommes comme Romulus et R\u00e9mus. Ils pourront \u00e9galement \u00eatre l&rsquo;un homme, l&rsquo;autre dieu, comme Castor et Pollux, les Dioscures. Pour l&rsquo;historien des religions, ce prot\u00e9isme n&rsquo;est qu&rsquo;une difficult\u00e9 suppl\u00e9mentaire, car il n&rsquo;est pas ais\u00e9 de suivre l&rsquo;\u00e9volution d&rsquo;un Signe \u00e0 ce point fantasque, alors que les symboles nous en sont mal connus.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quelques traits cependant demeurent reconnaissables dans tous les panth\u00e9ons g\u00e9miques. Ce signe d&rsquo;air sera toujours repr\u00e9sent\u00e9 symboliquement par un oiseau : faucon, aigle, condor, et humainement par un couple fraternel : les lahamous sum\u00e9riens, Ahriman et Ormuzd, Osiris et Seth, Castor et Pollux, etc. Historiquement enfin, la naissance du mythe semble correspondre \u00e0 l&rsquo;av\u00e8nement des premi\u00e8res communaut\u00e9s agricoles et, plus pr\u00e9cis\u00e9ment, \u00e0 la p\u00e9riode o\u00f9 l&rsquo;homme apprit \u00e0 vaincre certains fl\u00e9aux naturels, la s\u00e9cheresse entre autres, et \u00e0 \u00ab\u00a0forcer la nature\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Etudiant les survivances du \u00ab\u00a0cycle agraire\u00a0\u00bb dans le monde contemporain, Mirc\u00e9a Eliade<a title=\"\" href=\"#_ftn2\">[2]<\/a>, ainsi, me para\u00eet avoir \u00e9t\u00e9 amen\u00e9 \u00e0 y d\u00e9couvrir un th\u00e8me g\u00e9mique caract\u00e9ris\u00e9 : l&rsquo;\u00e9change \u00ab\u00a0homme-plante\u00a0\u00bb, valable dans les deux sens : la plante gu\u00e9rit l&rsquo;homme, mais les souffrances de l&rsquo;homme font la vie de la plante.<\/p>\n<div><br clear=\"all\" \/><\/p>\n<hr align=\"left\" size=\"1\" width=\"33%\" \/>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> Publi\u00e9 sous la direction de F.-R. BASTIDE (Le Seuil).<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a title=\"\" href=\"#_ftnref2\">[2]<\/a> Mirc\u00e9a ELIADE, <em>Trait\u00e9 d&rsquo;Histoire des Religions<\/em> (Payot).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><em>La plante gu\u00e9rit l&rsquo;homme<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans certaines r\u00e9gions d&rsquo;Afrique et de Scandinavie, on soigne l&rsquo;enfant malade en le faisant passer entre deux arbres fruitiers li\u00e9s ensemble ou dans la cavit\u00e9 d&rsquo;un arbre. L\u00e9gendairement, cette tradition rejoint l&rsquo;espoir de la naissance ou de la renaissance. Dionysos fut mis, d\u00e8s sa venue au monde, dans une corbeille qui contenait les pr\u00e9mices des r\u00e9coltes; la m\u00eame l\u00e9gende s&rsquo;attache \u00e0 la naissance de Mo\u00efse l&rsquo;Egyptien, \u00e0 celle de Sargon 1<sup>er<\/sup> d&rsquo;Akkad.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est \u00e0 Byblos, tout contre un arbre (\u00e9rica ou c\u00e8dre) qu&rsquo;Isis retrouva le coffre o\u00f9 gisait le corps d&rsquo;Osiris, son \u00e9poux. L&rsquo;arbre, merveilleusement, avait grandi au point de recouvrir et de contenir le cercueil flottant. Rappelons qu&rsquo;Osiris est le dieu g\u00e9mique par excellence, comme l&rsquo;attestent les deux plumes qui lui servent de coiffure et le r\u00e9cit tr\u00e8s compliqu\u00e9 de ses luttes contre son fr\u00e8re jumeau Seth.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nyberg a r\u00e9uni un tr\u00e8s grand nombre de faits qui prouvent la croyance quasi universelle que l&rsquo;enfant n\u00e9 aupr\u00e8s d&rsquo;un arbre aura un meilleur destin; parfois, il est \u00e0 sa naissance emmaillot\u00e9 ou frott\u00e9 avec des herbes et des branches vertes.<a title=\"\" href=\"#_ftn1\">[1]<\/a> Dans les Indes, un couple sans enfant plante deux arbustes, un manguier m\u00e2le et un figuier femelle (Arasu et Vepu) et les unit par des fibres. Ce mariage des arbres assurera la f\u00e9condit\u00e9 du couple humain.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans nos r\u00e9gions occidentales, la tradition du Mai t\u00e9moigne du maintien de croyances analogues. En Europe centrale, au d\u00e9but de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 ou \u00e0 la Saint-Jean, un arbre est plant\u00e9 sur la place du village; il en \u00e9tait de m\u00eame en France \u00e0 la fin du Moyen Age. En Angleterre, le 1<sup>er<\/sup> mai, on prom\u00e8ne des couronnes de branchages et de fleurs. En Su\u00e8de, le pin, d\u00e9pouill\u00e9 de ses branches, est orn\u00e9 de fleurs artificielles; puis les cendres de l&rsquo;arbre, \u00ab\u00a0le m\u00e2t de Mai\u00a0\u00bb, sont dispers\u00e9es dans les champs pour favoriser les prochaines r\u00e9coltes. Chez les Slaves de Carinthie, \u00e0 la Saint-Georges, un jeune homme est envelopp\u00e9 de branchages verts; dans d&rsquo;autres r\u00e9gions de la Russie, les feuillages ont disparu : le \u00ab\u00a0Georges Vert\u00a0\u00bb est seulement rev\u00eatu d&rsquo;un drap de cette couleur. Toutes les festivit\u00e9s possibles, orgie, danses, musique, \u00ab\u00a0gaudrioles\u00a0\u00bb, accompagnent le Mai ici et l\u00e0. Ou bien, on distribue des cadeaux et des gages, ne f\u00fbt-ce que l&rsquo;humble brin de muguet\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><em>La mort fait la vie<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais, \u00e9galement, la mort de l&rsquo;homme fait la vie de la plante. En Egypte, le bl\u00e9 naissait d&rsquo;Osiris mort; sous la forme d&rsquo;un vautour (l&rsquo;oiseau), c&rsquo;est en se pla\u00e7ant au-dessus du cadavre d&rsquo;Osiris qu&rsquo;Isis devient enceinte d&rsquo;Horus.<a title=\"\" href=\"#_ftn2\">[2]<\/a> En Iran, la plante rivas na\u00eet de l&rsquo;homme primordial Gayomart, violemment sacrifi\u00e9. W. Schmidt rapporte qu&rsquo;en Australie, les c\u00e9r\u00e9monies d&rsquo;initiation d&rsquo;une tribu comportent le sc\u00e9nario suivant : le n\u00e9ophyte est enterr\u00e9, puis on plante sur lui un arbuste. Par ses mouvements, le jeune homme fait trembler l&rsquo;arbre; alors, il se l\u00e8ve et sort de la tombe.<a title=\"\" href=\"#_ftn3\">[3]<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sur le cadavre d&rsquo;un homme, un jour, les c\u00e9r\u00e9ales pouss\u00e8rent mieux. Ce jour-l\u00e0, les hommes purent s&rsquo;\u00e9loigner des rives du fleuve et de ses alluvions, p\u00e9n\u00e9trer, assur\u00e9s, \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur des terres. Ils purent m\u00e9priser la croyance antique aux \u00ab\u00a0eaux f\u00e9condantes\u00a0\u00bb. L&rsquo;eau ne fut plus la seule matrice de la vie : la mort la suppl\u00e9a.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En certains cas, cette fusion de l&rsquo;homme et de la plante en vient au point de cr\u00e9er de v\u00e9ritables liens de filiation. Les Miao adorent le bambou comme leur propre anc\u00eatre; \u00e0 Formose, aux Philippines, au Japon, des cultes similaires ont pu \u00eatre observ\u00e9s. Une tribu de Madagascar, les Antaifasy, se disent les descendants du bananier; dans le Penjab, Udumbara, nom d&rsquo;un peuple, est aussi le nom de la \u00ab\u00a0ficus glomerata\u00a0\u00bb. Et les habitants de l&rsquo;ancienne Corinthe (Ephyre) se croyaient fils de champignons pouss\u00e9s apr\u00e8s la pluie.<a title=\"\" href=\"#_ftn4\">[4]<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La pierre des nautes parisiens qui porte l&rsquo;effigie des G\u00e9meaux montre \u00e9galement un homme au torse pris dans un arbre, sans qu&rsquo;on puisse d\u00e9terminer si l&rsquo;homme devient un arbre (comme dans les \u00ab\u00a0M\u00e9tamorphoses\u00a0\u00bb d&rsquo;Ovide)<a title=\"\" href=\"#_ftn5\">[5]<\/a> ou s&rsquo;il ne na\u00eet pas de l&rsquo;arbre plut\u00f4t. Cette incertitude, ou cette dialectique, est sans doute la clef du myst\u00e8re osirien : la vie et la mort sont li\u00e9es par un \u00e9ternel retour de l&rsquo;une \u00e0 l&rsquo;autre. De la mort na\u00eet la vie : myst\u00e8re agraire; fondement de la mystique du \u00ab\u00a0double\u00a0\u00bb; intuition r\u00e9volutionnaire, scandaleuse et g\u00e9niale des cr\u00e9ateurs du mythe.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Or \u2014 c&rsquo;est cela qui nous int\u00e9resse \u2014 partout, ce th\u00e8me demeure li\u00e9 au th\u00e8me des G\u00e9meaux. Les dieux de l&rsquo;Egypte et de l&rsquo;Iran \u00e9taient des fr\u00e8res semblables. Chez les Bagandas, en Afrique centrale, la femme qui donne naissance \u00e0 des jumeaux devient capable de f\u00e9conder les bananiers : une feuille de cet arbre port\u00e9e entre ses jambes se vend \u00e0 bon prix aux fermiers voisins.<a title=\"\" href=\"#_ftn6\">[6]<\/a> Selon un mythe indochinois, c&rsquo;est un couple de jumeaux, fr\u00e8re et s\u0153ur, r\u00e9fugi\u00e9 dans une courge, qui fertilise le fruit : de la graine de la courge sont sorties toutes les races humaines.<a title=\"\" href=\"#_ftn7\">[7]<\/a> Dans les traditions indiennes, les jumeaux, Krp\u00ef et Krpa, naissent de l&rsquo;union de Gautama et d&rsquo;une touffe de roseau; dans la tradition iranienne, le couple Mashyagh et Mashy\u00e2nagk na\u00eet de la plante rivas f\u00e9cond\u00e9e par Gayomart, et d&rsquo;un roseau, dans la tradition japonaise, les dieux Izanagi et Izanami.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ailleurs, le symbole avien compl\u00e8te le mythe. En Equateur, la tribu des \u00ab\u00a0Canari\u00a0\u00bb a conserv\u00e9 la l\u00e9gende de jumeaux \u00e9chapp\u00e9s au d\u00e9luge, que nourrissent des \u00ab\u00a0oiseaux\u00a0\u00bb \u00e0 visage de femme; dans le Honduras, la Femme-Blanche donne le jour, bien que vierge, \u00e0 trois fils qui se ressemblent, avant de dispara\u00eetre dans le ciel sous forme d&rsquo;un oiseau.<a title=\"\" href=\"#_ftn8\">[8]<\/a><\/p>\n<div><\/div>\n<hr align=\"left\" size=\"1\" width=\"33%\" \/>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> NYBERG,<em> Kind und Erde<\/em>.<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref2\">[2]<\/a> MARIOTTE, <em>Dend\u00e9rah<\/em>, IV.<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref3\">[3]<\/a> W. SCHMIDT<em>, Ursprung<\/em>, III.<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref4\">[4]<\/a> OVIDE, <em>M\u00e9tamorphoses<\/em>, VII, 5.<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref5\">[5]<\/a> La m\u00e9tamorphose de Crocus (Ovide, IV, 283). Les Pierres des Nautes, dat\u00e9es du r\u00e8gne de Tib\u00e8re, peuvent encore se voir au mus\u00e9e de Cluny.<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref6\">[6]<\/a> FRAZER<em>, The Magic King <\/em>et <em>Golden Bough<\/em>.<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref7\">[7]<\/a> MATSUMOTO, <em>Essai sur la mythologie japonaise<\/em>.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a title=\"\" href=\"#_ftnref8\">[8]<\/a> MAX FAUCONNET, <em>Mythologies des deux Am\u00e9riques<\/em>, dans \u00ab\u00a0La Mythologie G\u00e9n\u00e9rale\u00a0\u00bb (Hachette).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><em>Les origines<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les dieux les plus anciens de l&rsquo;Egypte sont le scorpion, le soleil, le serpent et le faucon. Avec la d\u00e9esse Nekbet, ils forment ce que devait \u00eatre le panth\u00e9on d&rsquo;un grand peuple avant la naissance du Taureau : les G\u00e9meaux (ou l&rsquo;oiseau), le Cancer (ou le serpent), le Lion (ou le soleil), la Vierge et le Scorpion.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces dieux, dont on retrouve les traces \u00e0 N\u00e9gada comme au sud du Fayoum, n&rsquo;ont pas, bien entendu, ni la m\u00eame anciennet\u00e9 ni la m\u00eame importance. Le Scorpion, notamment, arrive tout \u00e0 la fin du cycle de ses survies, quel que soit ce cycle. Les scorpions-dieux de Th\u00e8bes et l&rsquo;\u00e9norme t\u00eate de massue du roi Scorpion d\u00e9couverte \u00e0 Hi\u00e9rakoupolis sont les derniers vestiges religieux ou mythiques dont nous ayons connaissance. L&rsquo;\u00e9poque thinite<a title=\"\" href=\"#_ftn1\">[1]<\/a> nous montrera encore des Isis, des serpents, des faucons; mais le Scorpion aura disparu d&rsquo;Egypte comme de Sum\u00e9rie (sauf dans la l\u00e9gende du soleil). La Cr\u00e8te, Myc\u00e8nes, la Gr\u00e8ce et Rome l&rsquo;ignorent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La datation des dynasties pr\u00e9thinites est encore tr\u00e8s controvers\u00e9e. Pour l&rsquo;\u00e9gyptologue Kees, elles ne d\u00e9borderaient pas le 4<sup>\u00e8me<\/sup> mill\u00e9naire; pour l&rsquo;\u00e9gyptologue S\u00e8the, elles prendraient origine au milieu du 5<sup>\u00e8me<\/sup>.<a title=\"\" href=\"#_ftn2\">[2]<\/a> Les \u00ab\u00a0l\u00e9gendes\u00a0\u00bb nous d\u00e9couvrent un tout autre pass\u00e9. Selon l&rsquo;historien \u00e9gyptien Man\u00e9thon (reproduit par Eus\u00e8be et Julius l&rsquo;Africain), il y aurait eu, ant\u00e9rieurement au premier roi thinite, Man\u00e8s, des \u00ab\u00a0M\u00e2nes\u00a0\u00bb au pouvoir pendant 5813 ans et, ant\u00e9rieurement \u00e0 ceux-ci, trente rois memphites et dix rois thinites (2140 ans). Suivre cet historien reviendrait \u00e0 situer les origines de l&rsquo;Egypte historique vers 11000 avant J.-C. Mais un autre manuscrit, dit \u00ab\u00a0papyrus de Turin\u00a0\u00bb, indique une plus longue suite de rois, \u00ab\u00a0les serviteurs d&rsquo;Horus\u00a0\u00bb, directement ant\u00e9rieurs \u00e0 Man\u00e8s et qui auraient r\u00e9gn\u00e9 pendant 13420 ans.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;arch\u00e9ologue contemporain distingue, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque pr\u00e9thinite, quatre civilisations distinctes : le Badarien, l&rsquo;Amratien, le Gerz\u00e9en, le Maadien.<a title=\"\" href=\"#_ftn3\">[3]<\/a> Il semble qu&rsquo;en Haute-Egypte du moins, le Badarien ait pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 l&rsquo;Amratien et celui-ci le Gerz\u00e9en. Les tombes mises \u00e0 jour \u00e0 N\u00e9gada (amratiennes et gerz\u00e9ennes) furent class\u00e9es par leur d\u00e9couvreur, Petrie, en zones de s\u00e9quences-dates fond\u00e9es sur l&rsquo;anciennet\u00e9 des poteries, la plus r\u00e9cente, SD 79, correspondant au r\u00e8gne de Man\u00e8s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La m\u00e9thode de Petrie est d\u00e9duite de cette argumentation que, si une tombe rec\u00e8le des poteries SD 30-37, SD 30-50, SD 35-71, elle ne peut \u00eatre ant\u00e9rieure \u00e0 SD 35, puisqu&rsquo;elle contient un type qui ne se rencontre qu&rsquo;\u00e0 partir de cette date, ni post\u00e9rieure \u00e0 SD 37, puisqu&rsquo;elle contient un type qui dispara\u00eet \u00e0 cette date.<a title=\"\" href=\"#_ftn4\">[4]<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Or, si brillante que semble la d\u00e9duction, elle demeure assez fragile; parce qu&rsquo;elle repose tout enti\u00e8re sur l&rsquo;hypoth\u00e8se que \u00ab\u00a0les imitations d&rsquo;un vase sont moins parfaites que le vase et qu&rsquo;elles lui ressemblent de moins en moins \u00e0 mesure qu&rsquo;elles se font plus nombreuses et s&rsquo;\u00e9loignent davantage de l&rsquo;\u00e9poque o\u00f9 le prototype a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9\u00a0\u00bb. En fait, il ne semble pas qu&rsquo;un rapport si \u00e9troit existe \u00ab\u00a0entre la qualit\u00e9 des palettes et leur \u00e2ge\u00a0\u00bb; les \u00e9bauches \u00e9galement sont moins parfaites que l&rsquo;\u0153uvre achev\u00e9e : des types de SD 77 paraissent moins d\u00e9grad\u00e9s que des types plus anciens, SD 42-50, comme si la technique s&rsquo;\u00e9tait perfectionn\u00e9e de ceux-ci \u00e0 celle-l\u00e0.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Surtout, Petrie a \u00e9t\u00e9 conduit, par son syst\u00e8me, \u00e0 assigner aux quatre civilisations pr\u00e9dynastiques des dur\u00e9es beaucoup trop r\u00e9duites (le Badarien de SD 21 \u00e0 29; l&rsquo;Amratien de 30 \u00e0 37; le Gerz\u00e9en, de 38 \u00e0 60\u2026) : ni les techniques ni les peuples anciens n&rsquo;\u00e9voluaient en quelques ann\u00e9es (ou bien nous devrions renoncer \u00e0 notre th\u00e9orie la plus ch\u00e8re : l&rsquo;acc\u00e9l\u00e9ration croissante du Progr\u00e8s!).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Depuis Petrie, d&rsquo;autres classifications ont \u00e9t\u00e9 propos\u00e9es. Peet et Droops divisent la p\u00e9riode pr\u00e9dynastique en quatre classes : poterie avec englobe d&rsquo;ocre rouge; poterie noire, en g\u00e9n\u00e9ral polie; poterie en argile \u00e9pur\u00e9e; poterie en terre non \u00e9pur\u00e9e, \u00e0 surface rugueuse. Junker d\u00e9limite trois p\u00e9riodes seulement : polie, liss\u00e9e, grossi\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Des parall\u00e8les ont \u00e9t\u00e9 \u00e9tablis entre ces civilisations et les diff\u00e9rents niveaux m\u00e9sopotamiens et iraniens, selon lesquels les types SD 79-77 (protodynastiques) correspondraient au dynastique sum\u00e9rien ancien (Kish : 3300-3000); le Gerz\u00e9en et le Maadien (pr\u00e9dynastique moyen et r\u00e9cent) \u00e0 Suse II en Iran, Warka en M\u00e9sopotamie \u2014 \u00e9poque \u00ab\u00a0post-d\u00e9luge\u00a0\u00bb : 3600-3300; le Badarien et l&rsquo;Amratien (pr\u00e9dynastique ancien) \u00e0 Suse I et aux plus anciens vestiges ubaidiens en M\u00e9sopotamie : 4500 &#8211; 3800. L&rsquo;ensemble relie le N\u00e9olithique \u00e9gyptien, vers 5000, aux premi\u00e8res dynasties thinites, si l&rsquo;on date celles-ci du 4<sup>\u00e8me<\/sup> mill\u00e9naire seulement.<\/p>\n<div><br clear=\"all\" \/><\/p>\n<hr align=\"left\" size=\"1\" width=\"33%\" \/>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> Appel\u00e9e ainsi, parce que, selon Man\u00e9thon, le fondateur de la dynastie, Man\u00e8s, aurait \u00e9t\u00e9 originaire de Thinis.<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref2\">[2]<\/a> Selon Petrie, 4326-4078; selon Borchard, vers 4553-4050. Mais, selon Meyer, en 3315 ou 3197, selon Gauthier, entre 3200 et 3000, et selon Scharff, vers 3000.<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref3\">[3]<\/a> Mis en lumi\u00e8re par MM. Petrie, Scharff, Meyer\u2026 (sous des noms parfois diff\u00e9rents : ainsi Petrie ne parle pas du Maadien, mais divise le Gerz\u00e9en en deux branches).<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a title=\"\" href=\"#_ftnref4\">[4]<\/a> Docteur EMILE MASSOULARD, <em>Pr\u00e9histoire et Protohistoire d&rsquo;Egypte<\/em>, Institut d&rsquo;Ethnologie, 1949.<\/p>\n<p><strong><em>Les croyances<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e8s l&rsquo;\u00e9poque gerz\u00e9enne, nous avons d\u00e9j\u00e0 not\u00e9 l&rsquo;apparition du b\u0153uf et du taureau. Les vestiges de cette p\u00e9riode (\u00e0 Gebel-el-Arak notamment) t\u00e9moignent en effet d&rsquo;une forte influence de Kish et de Suse sur la civilisation \u00e9gyptienne (homme aux deux lions, femmes se tenant par la main, de caract\u00e8re typiquement \u00e9lamite); ils tendraient \u00e0 prouver que vers 3500-3200, aux temps de la premi\u00e8re dynastie de Kish et de Suse II, des exp\u00e9ditions victorieuses seraient venues du Nord jusque dans la vall\u00e9e du Nil.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au contraire, les premi\u00e8res d\u00e9corations g\u00e9miques, \u00ab\u00a0deux t\u00eates d&rsquo;oiseau s\u00e9par\u00e9es par une encoche ou une saillie\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0deux moiti\u00e9s d&rsquo;oiseau accol\u00e9es\u00a0\u00bb, etc., ont \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9es dans des tombes de l&rsquo;\u00e8re amratienne (Mahasna : SD 34-43). D&rsquo;autre part, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque (ind\u00e9termin\u00e9e : entre 5000 et 4000) o\u00f9 l&rsquo;Egypte \u00e9tait divis\u00e9e en \u00ab\u00a0nomes\u00a0\u00bb ou r\u00e9gions, le faucon, embl\u00e8me des G\u00e9meaux, se retrouve en majorit\u00e9 dans la plupart des cultes r\u00e9gionaux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le 3<sup>\u00e8me<\/sup> nome, l&rsquo;enseigne mythique est faite de deux plumes et la divinit\u00e9 est la d\u00e9esse vautour Nekbet. Le 4<sup>\u00e8me<\/sup> se reconnaissait primitivement dans un sceptre recourb\u00e9 d&rsquo;un bout et fourchu de l&rsquo;autre (embl\u00e8me probable du Scorpion), puis dans le dieu-faucon Montou. L&rsquo;oryx et le faucon figuraient conjointement le 16<sup>\u00e8me<\/sup> nome. Ailleurs, o\u00f9 le symbole ail\u00e9 manque, d&rsquo;autres symboles g\u00e9miques sont \u00e9vidents : le 13<sup>\u00e8me<\/sup> et le 14<sup>\u00e8me<\/sup> adoraient un arbre, \u00ab\u00a0nedj\u00e9fet\u00a0\u00bb; le 5<sup>\u00e8me<\/sup> admettait les deux dieux Seth et N\u00e9noun, dieu-faucon, qui fut identifi\u00e9 tardivement \u00e0 Horus.<a title=\"\" href=\"#_ftn1\">[1]<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A l&rsquo;\u00e9poque o\u00f9 les nomes c\u00e8dent \u00e0 une organisation bipartite du pays, cette organisation m\u00eame se pr\u00e9sente comme un reflet des croyances g\u00e9miques.<a title=\"\" href=\"#_ftn2\">[2]<\/a> Deux royaumes se partagent l&rsquo;Egypte, l&rsquo;un dont la capitale \u00e9tait Balamoun; l&rsquo;autre, Ballas. Horus \u00e9tait le dieu de la Basse-Egypte (embl\u00e8me : l&rsquo;abeille), Seth le dieu de la Haute-Egypte (embl\u00e8me : le jonc); de leur rivalit\u00e9 naissaient tous les conflits entre les deux royaumes.<a title=\"\" href=\"#_ftn3\">[3]<\/a> Enfin, l&rsquo;\u00e9tude du calendrier \u00e9gyptien fait ressortir qu&rsquo;\u00e0 cette \u00e9poque \u00ab\u00a0l&rsquo;ann\u00e9e \u00e9tait purement agraire. L&rsquo;inondation, la croissance des plantes, la r\u00e9colte en constituaient les divisions principales et le d\u00e9but de l&rsquo;inondation en marquait le commencement\u00a0\u00bb.<a title=\"\" href=\"#_ftn4\">[4]<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il serait donc tentant de voir dans les pays du Nil le berceau de la religion g\u00e9mique, puisqu&rsquo;il semble, pour les raisons que nous avons dites, que cette religion prit naissance en m\u00eame temps que l&rsquo;agriculture. Et, en effet, les fouilles r\u00e9v\u00e8lent, d\u00e8s le N\u00e9olithique \u00e9gyptien, l&rsquo;existence de scies ou d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments de faucilles caract\u00e9ristiques des premi\u00e8res civilisations agricoles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cependant, les c\u00e9r\u00e9ales (orge et bl\u00e9), tr\u00e8s diversifi\u00e9es d\u00e8s cette \u00e9poque en Palestine, Syrie, Cilicie \u2014 jusqu&rsquo;aux plateaux au nord de l&rsquo;Irak \u2014 \u00e9taient beaucoup plus rares et moins diverses en Egypte. M\u00eame de nos jours, le bl\u00e9 sauvage de l&rsquo;esp\u00e8ce \u00ab\u00a0Triticum dicocco\u00efdes\u00a0\u00bb, d&rsquo;o\u00f9 est sorti le bl\u00e9 n\u00e9olithique du Fayoum, ne pousse naturellement qu&rsquo;en Arm\u00e9nie, Syrie, Palestine, Transjordanie et dans l&rsquo;ouest de la Perse. On admet que ces cultures auraient \u00e9t\u00e9 introduites dans les Hauts Royaumes \u00e9gyptiens par d&rsquo;autres civilisations venues de l&rsquo;Irak et de la Jordanie; les religions li\u00e9es \u00e0 ces cultures auraient suivi le m\u00eame chemin.<a title=\"\" href=\"#_ftn5\">[5]<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">S\u00e8the fait valoir \u00e0 ce sujet un argument sp\u00e9cieux mais non pas n\u00e9gligeable. L&rsquo;identit\u00e9 des mots \u00e9gyptiens \u00ab\u00a0Droite\u00a0\u00bb &#8211; \u00ab\u00a0Ouest\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Gauche\u00a0\u00bb &#8211; \u00ab\u00a0Est\u00a0\u00bb prouverait que ces civilisateurs sont bien venus du Nord par le d\u00e9sert du Sina\u00ef; s&rsquo;ils \u00e9taient venus du Sud, l&rsquo;identit\u00e9 des mots droite-ouest, gauche-est, serait inexplicable.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin, ant\u00e9rieurement aux dieux g\u00e9miques (et m\u00eame alors que les \u00ab\u00a0Egyptiens\u00a0\u00bb n&rsquo;occupaient pas encore la vall\u00e9e du Nil mais habitaient le plateau de Lybie), ces peuples paraissent avoir ador\u00e9 Seth, divinit\u00e9 de la pluie et de l&rsquo;humidit\u00e9. Son embl\u00e8me \u00e9tait un petit quadrup\u00e8de inconnu, \u00e0 museau pointu, aux oreilles hautes et droites, \u00e0 la queue mince et longue (selon certains, un \u00e2ne; selon d&rsquo;autres, un chacal). Min, second dieu libyen, aurait \u00e9t\u00e9 de m\u00eame une divinit\u00e9 de la f\u00e9condit\u00e9; son embl\u00e8me, un dard \u00e0 deux pointes, le rattache peut-\u00eatre au cycle ouranien, peut-\u00eatre au cycle du Scorpion.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mon hypoth\u00e8se (si je puis m&rsquo;en permettre une en conclusion de tant d&rsquo;incertitudes!) est que les premiers \u00ab\u00a0Egyptiens\u00a0\u00bb venus de Libye se seraient install\u00e9s sur les rives du Nil, en Haute-Egypte, o\u00f9 Seth continua longtemps d&rsquo;\u00eatre ador\u00e9, et dont les alluvions favorisaient les cultures humides et sauvages. Puis, sous l&rsquo;influence des peuples du Nord, se serait constitu\u00e9 un autre royaume, aux techniques agricoles plus \u00e9volu\u00e9es, aux dieux g\u00e9miques, dont Horus, le faucon, l&rsquo;abeille (et, tardivement, le fils d&rsquo;Osiris) est le plus clair symbole. Toute l&rsquo;histoire de l&rsquo;Egypte pr\u00e9dynastique n&rsquo;aurait donc \u00e9t\u00e9 qu&rsquo;une lutte entre deux conceptions de l&rsquo;agriculture, puis de la vie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Or, le d\u00e9but du N\u00e9olithique \u00e9gyptien est dat\u00e9 par Moret et Joleaud de 8000-7000 avant J.-C.; par miss Caton-Thompson de 5800 seulement. En ce qui concerne d&rsquo;autres r\u00e9gions voisines (l&rsquo;Asie Mineure), cette derni\u00e8re date peut \u00eatre assur\u00e9ment recul\u00e9e.<\/p>\n<div><\/div>\n<hr align=\"left\" size=\"1\" width=\"33%\" \/>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> Selon la reconstitution de l&rsquo;\u00e9gyptologue S\u00e8the. Kees s&rsquo;est au contraire souci\u00e9 de rattacher ces \u00ab\u00a0dieux locaux\u00a0\u00bb \u00e0 un panth\u00e9on de \u00ab\u00a0dieux cosmiques\u00a0\u00bb dont on remarque avec une certaine surprise qu&rsquo;ils correspondent \u00e0 nos signes zodiacaux. A c\u00f4t\u00e9 du dieu-Soleil, nous trouvons en effet des dieux \u00e0 t\u00eate de Lion (Shou et Tefnout), des dieux-faucons (g\u00e9miques), une d\u00e9esse-vache (Nout), une d\u00e9esse-panth\u00e8re (la Panth\u00e9e canc\u00e9rique) Mafdet, etc.<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref2\">[2]<\/a> Encore une fois, la datation de ce passage des \u00ab\u00a0nomes\u00a0\u00bb \u00e0 l&rsquo;organisation bipartite est impossible \u00e0 pr\u00e9ciser. S\u00e8the le suppose ant\u00e9rieur \u00e0 4200 avant J.-C.; Kees, \u00e0 3400 seulement. Une indication tr\u00e8s vague nous est donn\u00e9e par la liste \u00ab\u00a0de Palerme\u00a0\u00bb, qui \u00e9num\u00e8re neuf rois couronn\u00e9s de la couronne rouge de Basse-Egypte et dix coiff\u00e9s de la couronne blanche de Haute-Egypte. La division bipartite aurait dur\u00e9 dix g\u00e9n\u00e9rations environ.<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref3\">[3]<\/a> Plus tard, peu avant l&rsquo;unification, le royaume du sud se trouva lui-m\u00eame soumis \u00e0 deux m\u00e9tropoles <em>jumelles<\/em> : N\u00e9khen et N\u00e9kheb.<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref4\">[4]<\/a> NAUGEBAUER. Cet \u00e9gyptologue estime que le calendrier solaire doit dater de la fondation d&rsquo;H\u00e9liopolis, qu&rsquo;il situe vers 3500, alors que d&rsquo;autres (S\u00e8the, Meyer) le datent de 4241 avant J.-C. (d\u00e9but de la nouvelle \u00ab\u00a0Ere\u00a0\u00bb \u00e9gyptienne). Les fouilles arch\u00e9ologiques tendent de plus en plus \u00e0 donner raison \u00e0 ces derniers.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a title=\"\" href=\"#_ftnref5\">[5]<\/a> PEAKE, <em>The origins of agriculture<\/em>, London, 1928.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2012\/09\/GEMEAUX001.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft  wp-image-2204\" title=\"GEMEAUX001\" src=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2012\/09\/GEMEAUX001.jpg\" alt=\"\" width=\"650\" height=\"409\" srcset=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2012\/09\/GEMEAUX001.jpg 650w, http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2012\/09\/GEMEAUX001-300x188.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 650px) 100vw, 650px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Religion originelle<\/strong> <em>(avant 2300)\u00a0 <\/em>:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1. Louisiane &#8211; 2. Suisse &#8211; 3. Anatolie du Nord (Angora) &#8211; 4. Asie centrale (Turkestan) &#8211; 5. Chine du Nord &#8211; 6. Sud de la Cor\u00e9e &#8211; 7. C\u00e9ram, Timor, etc. &#8211; 8 Sud-Ouest de l&rsquo;Australie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Premi\u00e8re mue <\/strong><em>(entre 1550 avant J.-C. et 1450 apr\u00e8s J.-C.) <\/em><em> <\/em>:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A. Rome &#8211; B. Gr\u00e8ce &#8211; C. Egypte &#8211; D. Anatolie &#8211; E. Perse &#8211; F. Tibet &#8211; G. Chine du Sud et Indochine &#8211; H. Philippines, Born\u00e9o, etc. &#8211; I. Indon\u00e9sie et Australie occidentale &#8211; J. Afrique du Sud, Madagascar &#8211; K Amazonie (Centre Am\u00e9rique du Sud) &#8211; L. Mexique et Am\u00e9rique centrale.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><em>Les Natoufiens<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D&rsquo;apr\u00e8s le radiocarbone<a title=\"\" href=\"#_ftn1\">[1]<\/a>, des p\u00eacheurs natoufiens campaient autour de J\u00e9richo vers 7000 avant J.-C.; ils r\u00e9coltaient le grain au moyen de faucilles munies de lames de silex. Deux ou trois si\u00e8cles plus tard, on rel\u00e8ve dans les m\u00eames r\u00e9gions l&rsquo;existence de maisons constitu\u00e9es de chambres rectangulaires group\u00e9es autour d&rsquo;une cour-cuisine; les murs en \u00e9taient faits de pierres li\u00e9es par une sorte de tourbe et les sols recouverts de pl\u00e2tre de chaux bruni.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cela n&rsquo;indiquerait rien encore, qu&rsquo;un N\u00e9olithique \u00ab\u00a0\u00e9volu\u00e9\u00a0\u00bb. Mais les d\u00e9couvertes de J\u00e9richo I et de J\u00e9richo II ont donn\u00e9 aux arch\u00e9ologues une tout autre vision de la vie en Asie Mineure vers le 7<sup>\u00e8me<\/sup> mill\u00e9naire. En effet, les deux villes (dat\u00e9es, l&rsquo;une de 6800, l&rsquo;autre de 6200), se r\u00e9v\u00e8lent avoir \u00e9t\u00e9 tout autre chose que des \u00ab\u00a0agglom\u00e9rations de huttes\u00a0\u00bb : escaliers et murailles en font de v\u00e9ritables cit\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Des vestiges typiquement religieux (concernant l&rsquo;inhumation, entre autres) nous interdisent d&rsquo;y voir d&rsquo;antiques cit\u00e9s g\u00e9miques. Du moins nous prouvent-ils que la civilisation des G\u00e9meaux ne jaillit pas du d\u00e9sert, mais, de m\u00eame que le Taureau, le B\u00e9lier et les Poissons, en marge d&rsquo;une civilisation d\u00e9j\u00e0 puissante. Ce point nous est confirm\u00e9 par la mani\u00e8re m\u00eame dont le culte des morts, tr\u00e8s vite, sera pratiqu\u00e9 chez les Natoufiens : les morts enterr\u00e9s avec leurs v\u00eatements, leurs armes et leurs ornements personnels. Bien mieux : d\u00e8s 6500 avant J.-C., les cr\u00e2nes remplis d&rsquo;argile et les yeux \u00ab\u00a0renforc\u00e9s\u00a0\u00bb de coquilles incrust\u00e9es, indiquent la volont\u00e9 de conserver au d\u00e9funt son apparence individuelle : ils annoncent les rites pharaoniques, de m\u00eame que la r\u00e9colte des c\u00e9r\u00e9ales sauvages ou cultiv\u00e9es (question encore d\u00e9battue) et l&rsquo;apparition d&rsquo;un type primitif de moulin \u00e0 bras pour \u00e9craser le grain annoncent le d\u00e9but d&rsquo;une civilisation essentiellement agricole. Momification et culture se maintiendront sept mille ans, \u00e0 travers toute l&rsquo;histoire \u00e9gyptienne d&rsquo;une part, d&rsquo;autre part \u00e0 travers la triple histoire de l&rsquo;Anatolie, de Myc\u00e8nes et des Etrusques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ajoutons que des fouilles r\u00e9centes montrent un m\u00eame degr\u00e9 de civilisation, vers le 6<sup>\u00e8me<\/sup> mill\u00e9naire, dans les collines kurdes au nord de l&rsquo;Irak. Il ne s&rsquo;agit assur\u00e9ment pas d&rsquo;une tradition circonscrite en un seul lieu, mais bient\u00f4t aussi r\u00e9pandue que le sera la religion du Taureau deux mille ans plus tard. De toute fa\u00e7on, nous nous trouvons ici \u00e0 l&rsquo;origine d&rsquo;une civilisation ant\u00e9rieure \u00e0 la plus ancienne Egypte, dont elle poss\u00e8de d\u00e9j\u00e0 deux caract\u00e8res primordiaux, l&rsquo;un mystique et l&rsquo;autre mat\u00e9riel : croyance \u00e0 la survie d&rsquo;un \u00ab\u00a0double\u00a0\u00bb et activit\u00e9 agricole, \u00e9galement bas\u00e9es l&rsquo;une et l&rsquo;autre sur un seul rythme dialectique : la mort fait la vie, la vie fait la mort.<\/p>\n<div><br clear=\"all\" \/><\/p>\n<hr align=\"left\" size=\"1\" width=\"33%\" \/>\n<div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a title=\"\" href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> La m\u00e9thode dite du \u00ab\u00a0radiocarbone\u00a0\u00bb repose sur le fait que leur radioactivit\u00e9 diminue lorsque des organismes meurent, de sorte qu&rsquo;en mesurant leur r\u00e9serve restante de C. 14, il est possible d&rsquo;estimer le temps \u00e9coul\u00e9 depuis leur mort. On doit savoir gr\u00e9 \u00e0 certains vulgarisateurs d&rsquo;avoir pr\u00e9cis\u00e9 les limites de cette m\u00e9thode. \u00ab\u00a0En dehors des possibilit\u00e9s de contamination (qui ne peuvent \u00eatre \u00e9vit\u00e9es m\u00eame avec les plus grandes pr\u00e9cautions en recueillant les \u00e9chantillons et qui peuvent avoir provoqu\u00e9 des troubles dans le processus d&rsquo;appauvrissement en C. 14)\u2026 il y a un \u00e9l\u00e9ment inh\u00e9rent d&rsquo;incertitude statique d\u00fb \u00e0 la d\u00e9sint\u00e9gration fortuite des atomes.\u00a0\u00bb (Graham Clark, <em>La pr\u00e9histoire de l&rsquo;humanit\u00e9<\/em>). Cela signifie en clair non seulement que \u00ab\u00a0les dates du C. 14 doivent \u00eatre exprim\u00e9es en tenant compte d&rsquo;un certain degr\u00e9 d&rsquo;erreur\u00a0\u00bb, mais que ces dates peuvent toujours \u00eatre modifi\u00e9es dans le sens d&rsquo;une ant\u00e9riorit\u00e9 plus grande.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><em>Le \u00ab\u00a0royaume\u00a0\u00bb g\u00e9mique?<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les livres sacr\u00e9s des H\u00e9breux et des Sum\u00e9riens nous ont permis de nous familiariser avec les religions du B\u00e9lier et du Taureau, de les mieux conna\u00eetre. En ce qui concerne les G\u00e9meaux, ces livres manquent (soit qu&rsquo;ils aient \u00e9t\u00e9 d\u00e9truits en m\u00eame temps que les civilisations auxquelles ils donn\u00e8rent naissance, soit qu&rsquo;ils jamais exist\u00e9, l&rsquo;invention de l&rsquo;\u00e9criture \u00e9tant commun\u00e9ment fix\u00e9e au 4<sup>\u00e8me<\/sup> mill\u00e9naire avant J.-C.).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">M\u00eame les secours de l&rsquo;arch\u00e9ologie nous font ici d\u00e9faut. Pour des raisons politiques, la Turquie a pendant longtemps interdit les fouilles qui nous \u00e9claireraient sur la religion et les m\u0153urs de l&rsquo;antique Anatolie. Les d\u00e9couvertes \u00a0de Schliemann \u00e0 Troie, sensationnelles \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, n&rsquo;y suffisaient pas (de tr\u00e8s loin); et les arch\u00e9ologues qui poursuivent ses recherches dans toute la Turquie n&rsquo;ont pu que r\u00e9v\u00e9ler le consid\u00e9rable ouvrage qui doit s&rsquo;y accomplir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La derni\u00e8re Troie exhum\u00e9e (la plus ancienne) pourrait \u00eatre dat\u00e9e, croit-on, de 3500 avant J.-C.; la seconde aurait \u00e9t\u00e9 an\u00e9antie entre 2800 et 2400 avant J.-C.; la troisi\u00e8me, qu&rsquo;on suppose ras\u00e9e par les Hittites, lui aurait succ\u00e9d\u00e9 de peu; trois autres s\u00e9parent cette derni\u00e8re de Troie VII-A, la ville d&rsquo;Hector et de Priam, assi\u00e9g\u00e9e puis conquise par les Myc\u00e9niens.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Or, tandis que les Troie VII \u00e0 III rec\u00e8lent un \u00ab\u00a0fouillis de dieux\u00a0\u00bb : griffons, lions, cerfs, femmes et colombes, caract\u00e9ristique du panth\u00e9on hittite, il semble que les villes les plus anciennes aient contenu des vestiges comparables \u00e0 ceux qu&rsquo;on d\u00e9couvre aujourd&rsquo;hui dans le reste de la Turquie : lion double et oiseau double (ainsi que le cerf ouranien).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On les d\u00e9couvre aussi \u00e0 Suse.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><em>Suse<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour l&rsquo;historien, la Perse archa\u00efque commence d&rsquo;exister avec les premiers royaumes \u00e9lamites (encore tr\u00e8s proches des communaut\u00e9s agraires) vers 2300-2200 avant J.-C. La religion y est un compos\u00e9 de croyances solaires (l\u00e9onines) et tauriques, comparables \u00e0 celles qu&rsquo;on d\u00e9couvre dans l&rsquo;Inde vers le m\u00eame temps. Le lion para\u00eet en \u00eatre le symbole principal.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">N\u00e9anmoins, cette \u00ab\u00a0apparition\u00a0\u00bb de l&rsquo;Elam sur la sc\u00e8ne historique aux alentours de l&rsquo;an 2000 \u00e9tait bien plut\u00f4t une renaissance \u2014 d&rsquo;un peuple plusieurs fois mill\u00e9naire, dont la derni\u00e8re cit\u00e9, Suse III, semble avoir disparu, ray\u00e9e de la carte, entre 2800 et 2700. Sept ou huit si\u00e8cles plus t\u00f4t, au lendemain du d\u00e9luge, une autre cit\u00e9, Suse II, se dressait d\u00e9j\u00e0 au m\u00eame emplacement; et, trois mill\u00e9naires avant les invasions \u00e9lamites, une premi\u00e8re cit\u00e9, Suse I, dont les vestiges nous indiquent l&rsquo;existence d&rsquo;une haute et complexe civilisation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si la sculpture et le bronze sont les r\u00e9v\u00e9lations qu\u2019apporta le Taureau, la c\u00e9ramique et le cuivre furent les techniques g\u00e9miques les plus favoris\u00e9es. Partout o\u00f9 se trouvent l\u2019une et l\u2019autre, on est certain de d\u00e9celer le symbole osirien\u00a0: l\u2019oiseau.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le d\u00e9cor des vases, plats et coupes de Suse I est, pour la plus grande part, g\u00e9om\u00e9trique. Quand des personnages y interviennent (ibex, bouquetins, palmip\u00e8des, \u00e9chassiers), ils sont fortement stylis\u00e9s\u00a0; de m\u00eame, les personnages humains, en g\u00e9n\u00e9ral accot\u00e9s et caract\u00e9ris\u00e9s par leurs mouvements \u00ab\u00a0en cha\u00eene\u00a0\u00bb (bras lev\u00e9s pour adorer, mains unies pour la danse). Outre quelques spirales, qui ne sont pas du Signe, les dessins attestent une recherche de sym\u00e9trie o\u00f9 l\u2019on doit reconna\u00eetre l\u2019esprit m\u00eame des G\u00e9meaux\u00a0: lignes parall\u00e8les, triangles r\u00e9unis par la pointe, redoublement des contours, etc. Enfin, les fouilles de T\u00e9p\u00e9-Mussian (\u00e0 cent cinquante kilom\u00e8tres \u00e0 l\u2019ouest de Suse) ont mis \u00e0 jour des c\u00e9ramiques peintes, dat\u00e9es de 5000 \u00e0 4500, qui montrent le m\u00eame souci de parall\u00e9lisme et de sym\u00e9trie, ainsi qu\u2019un grand nombre d\u2019oiseaux, stylis\u00e9s ou non.<a title=\"\" href=\"#_ftn1\">[1]<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour fragmentaires qu\u2019elles soient, ces diverses d\u00e9couvertes permettent une mani\u00e8re d\u2019esquisse de ce que put \u00eatre l\u2019histoire de la civilisation g\u00e9mique entre le 7<sup>\u00e8me<\/sup> et le 3<sup>\u00e8me<\/sup> mill\u00e9naire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Vers 7000\u00a0\u00a0\u00a0 un peuple agriculteur, les Natoufiens\u00a0;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">6500-6000\u00a0 traces rudimentaires de la religion\u00a0; la croyance au \u00ab\u00a0double\u00a0\u00bb\u00a0; les \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 premi\u00e8res momies\u00a0;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">vers 6000\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 vestiges agraires et g\u00e9miques en Fayoum\u00a0;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">vers 5500\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Suse I en Iran\u00a0; N\u00e9gada en Egypte, \u00ab\u00a0les serviteurs d\u2019Horus\u00a0\u00bb\u00a0; \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 d\u00e9veloppement du culte en Anatolie\u00a0;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">entre 4500\u00a0 d\u00e9corations g\u00e9miques de Mahasna\u00a0; les \u00ab\u00a0momies\u00a0\u00bb en Egypte\u00a0;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">et 3800<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">vers 3800\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 effondrement de Troie\u00a0I\u00a0; disparition des \u00ab\u00a0royaumes jumeaux\u00a0\u00bb en \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Egypte\u00a0;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">vers 3000\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 les dynasties thinites en Egypte\u00a0; d\u00e9saffection pour les cultes \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 g\u00e9miques\u00a0;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">vers 2800\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 disparition de l\u2019antique civilisation en Iran\u00a0; destruction de Suse III\u00a0;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">vers 2300\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 destruction de Troie II\u00a0; fin de la civilisation en Anatolie\u00a0; crise \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 religieuse en Egypte, fin de l\u2019Ancien Empire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2012\/09\/GEMEAUX002.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-2233\" title=\"GEMEAUX002\" src=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2012\/09\/GEMEAUX002.jpg\" alt=\"\" width=\"650\" height=\"547\" srcset=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2012\/09\/GEMEAUX002.jpg 650w, http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2012\/09\/GEMEAUX002-300x252.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 650px) 100vw, 650px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cela est trop peu, sans doute, pour pr\u00e9tendre \u00e9tablir une v\u00e9ritable \u00ab\u00a0concordance\u00a0\u00bb entre la religion g\u00e9mique et celles qui lui ont succ\u00e9d\u00e9\u00a0; mais c\u2019est assez pour sugg\u00e9rer que le sch\u00e9ma valable pour celles-ci le serait \u00e9galement pour celle-l\u00e0.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Jean-Charles Pichon 1963<\/p>\n<div><\/div>\n<hr align=\"left\" size=\"1\" width=\"33%\" \/>\n<div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a title=\"\" href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> Mus\u00e9e du Louvre (Mission de Morgan).<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>PREMIERE PARTIE LES PANTHEONS \u00a0 I LES GEMEAUX &nbsp; \u00a0 Au-del\u00e0 de l&rsquo;\u00e8re du Taureau, notre principal support : l&rsquo;Histoire, nous abandonne. L&rsquo;historien pi\u00e9tine au seuil du 4\u00e8me mill\u00e9naire (premi\u00e8res dynasties thinites en Egypte, \u00e2ge de Kish en Sumer) et &hellip; <a href=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/?p=2197\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[31],"tags":[],"class_list":["post-2197","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-les-cycles-du-retour-eternel"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2197","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2197"}],"version-history":[{"count":17,"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2197\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2247,"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2197\/revisions\/2247"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2197"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2197"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2197"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}