{"id":1652,"date":"2012-05-23T14:42:58","date_gmt":"2012-05-23T12:42:58","guid":{"rendered":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/?p=1652"},"modified":"2012-05-30T16:07:44","modified_gmt":"2012-05-30T14:07:44","slug":"les-alchimies-ii-linversion-des-symetries","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/?p=1652","title":{"rendered":"LES ALCHIMIES II &#8211; L&rsquo;inversion des sym\u00e9tries"},"content":{"rendered":"<h2 align=\"center\"><strong>II<\/strong><\/h2>\n<h2 align=\"center\"><strong><span style=\"text-decoration: underline;\">L&rsquo;inversion des sym\u00e9tries<\/span><\/strong><\/h2>\n<p align=\"center\"><strong><span style=\"text-decoration: underline;\"><br \/>\n<\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le premier objet de ce livre fut de tenter de montrer :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">a) la coexistence des Qu\u00eates et de l&rsquo;alchimie, comme Grandes Images celles-l\u00e0, par Syst\u00e8me de symbole physique celle-ci;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">b) la co\u00efncidence dans le temps (le 7<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle) et dans l&rsquo;espace (\u00e0 l&rsquo;ouest) du Graal et de l&rsquo;Or\/substance, comme et par la r\u00e9alit\u00e9 de l&rsquo;objet en soi, de l&rsquo;Objet Divin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais, en ce qui concerne le premier point, tous les commentateurs de l&rsquo;alchimie savent que sa dur\u00e9e fut beaucoup plus longue que celle des Qu\u00eates. De Gauvain \u00e0 Galaad, les Qu\u00eates n&rsquo;ont pu commencer avant le temps d&rsquo;Arthur (le 5<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle) et tous les livres qui en traitent \u00e9taient \u00e9crits en 1230\/1260, m\u00eame si d&rsquo;innombrables po\u00e8mes, op\u00e9ras ou \u00e9tudes en r\u00e9p\u00e8tent les th\u00e8mes et les exploits jusqu&rsquo;\u00e0 notre \u00e9poque. Une alchimie (des Teintures) existait trois si\u00e8cles avant le Christ; une autre (de pure fabrication) nourrit l&rsquo;esp\u00e9rance de certains hommes jusqu&rsquo;au 18<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il fut un temps o\u00f9 les deux recherches coexist\u00e8rent, par l&rsquo;acte ou la lecture. Il y eut des temps, de -360 \u00e0 + 450, ou de 1300 \u00e0 1800, o\u00f9 elles ne coexist\u00e8rent pas, les Qu\u00eates du Graal inexistantes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En ce qui concerne le second point, les chapitres qui pr\u00e9c\u00e8dent, d\u00e9j\u00e0, ont d\u00e9couvert plus de diff\u00e9rences entre la Coupe et l&rsquo;Or qu&rsquo;ils n&rsquo;y ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 de ressemblances ou d&rsquo;analogies.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">S&rsquo;il est vrai que 2 notions apparaissent communes \u00e0 l&rsquo;Or et au Graal, 2 autres notions propres \u00e0 l&rsquo;Or se diff\u00e9rencient absolument des 2 autres notions \u00a0propres au Graal.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les 2 notions communes sont le Continu (la coh\u00e9rence) et le Discontinu (par le partage ou l&rsquo;effeuillement). L&rsquo;alchimie parlera de coagulation, dans l&rsquo;Un, de dissolution dans le divers, l\u00e0 o\u00f9 les Qu\u00eates parlent du Sang et de la Partition, de la premi\u00e8re Coupe ou de la derni\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les 2 notions propres au Graal jouent de la maintenance (par l&rsquo;arche, la nef) et du changement, par l&rsquo;arme : p\u00e9n\u00e9trante la lance, s\u00e9cants les ciseaux. Elles ne peuvent \u00eatre \u00e9tudi\u00e9es que dans la <em>succession<\/em> : le Vase qui contient pr\u00e9c\u00e8de le Vase vide, Gauvain Galaad, le noble le roturier, la fable le principe, etc.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les 2 notions propres \u00e0 l&rsquo;Or jouent du contenant et du contenu, de l&rsquo;esp\u00e8ce et du genre, par les Sciences et les Arts, ou les Jeux et les Vertus. Mais ce sont toujours les Cardinaux d&rsquo;une part (ou les 4 El\u00e9ments), les Natures ou <em>physis<\/em> de l&rsquo;autre (les Personnes de la Trinit\u00e9). Leur complexit\u00e9 provient de leur simultan\u00e9it\u00e9 : il n&rsquo;y a pas d&rsquo;esp\u00e8ces sans genre, ni, \u00e0 l&rsquo;inverse, de g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9 sans sp\u00e9cialisation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si le lecteur veut reconduire ces 3 : une communaut\u00e9, 2 divergences, aux 4 qu&rsquo;il ne distingue plus, il devra dire le continu et le discontinu d&rsquo;une part (dans la liaison), le successif et le simultan\u00e9 de l&rsquo;autre (dans l&rsquo;opposition). Mais ce sera par le partage de la simultan\u00e9it\u00e9 en esp\u00e8ces et genres dans le dehors ou le dedans, et par le partage de la succession en association, vers la maintenance, de la dissociation vers le changement, dans l&rsquo;avant ou dans l&rsquo;apr\u00e8s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La tentation sera vive \u2014 et n\u00e9cessaire peut-\u00eatre \u2014 de ramener ces 6 aux 2 (quels qu&rsquo;ils puissent \u00eatre). Je pourrai que les qu\u00eates du Graal se fondent sur des mat\u00e9rialit\u00e9s : les personnages, les instruments, et que les alchimies se fondent sur des formulations : le carr\u00e9 ou le cube de la pierre, la triangulation des feuilles, le cercle ou la sph\u00e8re (l&rsquo;Ouroboros), la croix de la partition, etc.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il semblerait que la Croix d\u00fbt triompher ici et l\u00e0, comme le fait d&rsquo;ailleurs, pour Perceval (son ermitage) et pour Galaad (son \u00e9cu), pour Etienne (l&rsquo;horizontal, le vertical) et pour Scot Erig\u00e8ne encore (les El\u00e9ments). C&rsquo;est qu&rsquo;elle partage le Cercle et r\u00e9v\u00e8le les triangles. Mais le probl\u00e8me demeure : comment concr\u00e9tiser les Cardinaux?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce ne peut \u00eatre par le continu et le discontinu, le successif et le simultan\u00e9, bien que mille qu\u00eateurs ou chercheurs l&rsquo;aient tent\u00e9 depuis l&rsquo;an Mil. De ces 4, lequel serait au nord, au sud, \u00e0 l&rsquo;est, \u00e0 l&rsquo;ouest?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour appr\u00e9cier \u2014 dans la dur\u00e9e \u2014 la complexit\u00e9 du probl\u00e8me, rien de mieux que d&rsquo;\u00e9tudier, sans plus, les formulations\/r\u00e9alisations des deux voies, verticales\/horizontales, de Platon \u00e0 Erig\u00e8ne ou de Bo\u00e8ce \u00e0 Kant. Ce seront toujours celles du genre et de l&rsquo;esp\u00e8ce, mais \u00e0 travers de tr\u00e8s nombreuses nominations : la forme et la mati\u00e8re, la figure et le mouvement, l&rsquo;espace et le temps, le m\u00e2le et la femelle, l&rsquo;effigie et l&rsquo;alliage, etc. Partis de l&rsquo;Or\/substance au centre, il nous faudra traiter de divers Ors\/symboles d&rsquo;abord, de l&rsquo;Or\/valeur pour finir. Sur les douze ou treize si\u00e8cles encore, dont les trois de chevauchement (Bo\u00e8ce\/Erig\u00e8ne) :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2012\/05\/ALCHIMIES003.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1653\" title=\"ALCHIMIES003\" src=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2012\/05\/ALCHIMIES003.jpg\" alt=\"\" width=\"529\" height=\"84\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le chevauchement? Au c\u0153ur, au moyeu, le Graal n&rsquo;est pas moins formel que mat\u00e9riel : on l&rsquo;assemble ou le partage : la croix est dans le cercle, elle formule les triangles, les carrefours, les voies contraires. L&rsquo;Or n&rsquo;est pas moins mat\u00e9riel que formel : une pierre ou un bloc. La fable seule est sans principe, le principe sans affabulation, mais l&rsquo;Objet divin des conteurs, ou l&rsquo;algorithme universel de nos scientistes tiennent autant de l&rsquo;un que l&rsquo;autre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Or, de fait, l&rsquo;alchimie antique n&rsquo;a tenu compte, pendant 2 si\u00e8cles (de 300 \u00e0 500), que de cette mati\u00e8re et de cette forme. Pendant 400 ans (de 900 \u00e0 1300), l&rsquo;alchimie m\u00e9di\u00e9vale n&rsquo;a tenu compte de rien d&rsquo;autre. M\u00eame si, pour la premi\u00e8re, la Forme fut espoir et, pour la seconde, nostalgie. Ou \u00e0 l&rsquo;inverse, sous les noms autres de Figure et de Mouvement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En ce chapitre, seule nous importera cette inversion des sym\u00e9tries.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"text-decoration: underline;\">L&rsquo;Ouroboros<\/span><\/strong> \u2014 A l&rsquo;arriv\u00e9e (apr\u00e8s Bo\u00e8ce) et au d\u00e9part (avant Scot Erig\u00e8ne), le Cercle seul commande : le Serpent qui se mord la queue.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;<em>Agathod\u00e9mon<\/em> de Syn\u00e9sius, et peut-\u00eatre du Harran, avant Etienne, l&rsquo;Herm\u00e8s cosmique des islamiques, puis des Byzantins, apr\u00e8s lui. Les premiers le d\u00e9finissent comme le \u00ab\u00a0bon da\u00efmon\u00a0\u00bb (de Socrate), les seconds comme l&rsquo;<em>Unus Mundus<\/em> ou le Tout de l&rsquo;Univers. G\u00e9nie ou G\u00e9n\u00e9ralit\u00e9, il est le Coagulant ou l&rsquo;Unificateur, de l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment d&rsquo;Eau toujours.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais, ici et l\u00e0, le Feu le combat, comme le Lion le Serpent. Les adversaires de l&rsquo;Agathod\u00e9mon se nommeront Zosime, Olympiodor, Aeineias; ceux de l&rsquo;Herm\u00e8s se nommeront Michel Scot, Arnault de Villeneuve, Lulle (en Occident). Ces 6 noms \u00e9clairent les neuf si\u00e8cles, du 4<sup>\u00e8me<\/sup> au 13<sup>\u00e8me<\/sup>. Ils nous donnent, \u00e0 eux six, une d\u00e9finition parfaite de ce que furent la Forme et le Mati\u00e8re alors, mais par la double action de ce deux \u00e9l\u00e9ments seuls : le Feu et l&rsquo;Eau.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Que l&rsquo;Ouroboros soit une figure d&rsquo;Eau et le demeure d&rsquo;un bout \u00e0 l&rsquo;autre du processus, voil\u00e0 qui n&rsquo;est pas douteux. Tous ses adeptes honorent la <em>voie humide<\/em> de l&rsquo;alchimie et rejettent ou nient la <em>voie s\u00e8che<\/em>. A tout le moins, la chaleur doit \u00eatre constamment r\u00e9duite ou contr\u00f4l\u00e9e, car, par exemple, \u00ab\u00a0\u00e0 trop chauffer le cuivre, on le dissout\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le r\u00eave de l&rsquo;adepte est de r\u00e9aliser une coh\u00e9rence parfaite de la mati\u00e8re, une impr\u00e9gnante continuit\u00e9; or c&rsquo;est l&rsquo;Eau \u2014 ou du moins l&rsquo;Humide \u2014 qui associe les \u00e9l\u00e9ments (les grains de sable), quand le Feu, ou la chaleur, ne peut que les dissocier, les s\u00e9parer les uns des autres.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le corps le plus charg\u00e9 d&rsquo;humidit\u00e9 domine ici : le Mercure, qui est un nom d&rsquo;Herm\u00e8s. Mais il s&rsquo;agit du Trism\u00e9giste, le 3 fois ma\u00eetre, qui recouvre, zodiacalement, la trinit\u00e9 de l&rsquo;Eau : Scorpion, Cancer, Poisson, ou le Pistis, le Toth et l&rsquo;Ichtus : la compr\u00e9hension\/cr\u00e9ation, le savoir\/coh\u00e9rence, l&rsquo;amour\/charit\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"text-decoration: underline;\">L&rsquo;Ouroboros<\/span><\/strong> \u2014 A l&rsquo;arriv\u00e9e (apr\u00e8s Bo\u00e8ce) et au d\u00e9part (avant Scot Erig\u00e8ne), le Cercle seul commande : le Serpent qui se mord la queue.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;<em>Agathod\u00e9mon<\/em> de Syn\u00e9sius, et peut-\u00eatre du Harran, avant Etienne, l&rsquo;Herm\u00e8s cosmique des islamiques, puis des Byzantins, apr\u00e8s lui. Les premiers le d\u00e9finissent comme le \u00ab\u00a0bon da\u00efmon\u00a0\u00bb (de Socrate), les seconds comme l&rsquo;<em>Unus Mundus<\/em> ou le Tout de l&rsquo;Univers. G\u00e9nie ou G\u00e9n\u00e9ralit\u00e9, il est le Coagulant ou l&rsquo;Unificateur, de l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment d&rsquo;Eau toujours.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais, ici et l\u00e0, le Feu le combat, comme le Lion le Serpent. Les adversaires de l&rsquo;Agathod\u00e9mon se nommeront Zosime, Olympiodor, Aeineias; ceux de l&rsquo;Herm\u00e8s se nommeront Michel Scot, Arnault de Villeneuve, Lulle (en Occident). Ces 6 noms \u00e9clairent les neuf si\u00e8cles, du 4<sup>\u00e8me<\/sup> au 13<sup>\u00e8me<\/sup>. Ils nous donnent, \u00e0 eux six, une d\u00e9finition parfaite de ce que furent la Forme et le Mati\u00e8re alors, mais par la double action de ce deux \u00e9l\u00e9ments seuls : le Feu et l&rsquo;Eau.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Que l&rsquo;Ouroboros soit une figure d&rsquo;Eau et le demeure d&rsquo;un bout \u00e0 l&rsquo;autre du processus, voil\u00e0 qui n&rsquo;est pas douteux. Tous ses adeptes honorent la <em>voie humide<\/em> de l&rsquo;alchimie et rejettent ou nient la <em>voie s\u00e8che<\/em>. A tout le moins, la chaleur doit \u00eatre constamment r\u00e9duite ou contr\u00f4l\u00e9e, car, par exemple, \u00ab\u00a0\u00e0 trop chauffer le cuivre, on le dissout\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le r\u00eave de l&rsquo;adepte est de r\u00e9aliser une coh\u00e9rence parfaite de la mati\u00e8re, une impr\u00e9gnante continuit\u00e9; or c&rsquo;est l&rsquo;Eau \u2014 ou du moins l&rsquo;Humide \u2014 qui associe les \u00e9l\u00e9ments (les grains de sable), quand le Feu, ou la chaleur, ne peut que les dissocier, les s\u00e9parer les uns des autres.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le corps le plus charg\u00e9 d&rsquo;humidit\u00e9 domine ici : le Mercure, qui est un nom d&rsquo;Herm\u00e8s. Mais il s&rsquo;agit du Trism\u00e9giste, le 3 fois ma\u00eetre, qui recouvre, zodiacalement, la trinit\u00e9 de l&rsquo;Eau : Scorpion, Cancer, Poisson, ou le Pistis, le Toth et l&rsquo;Ichtus : la compr\u00e9hension\/cr\u00e9ation, le savoir\/coh\u00e9rence, l&rsquo;amour\/charit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Des 3, le plus important, sinon le plus durable (qu&rsquo;il est aussi), se r\u00e9f\u00e8re au pistis, au basis des gnostiques, que l&rsquo;ancienne Egypte nommait Khnoum, et la plus r\u00e9cente Chnoumis. Car le Scorpion est ce B ou ce P d&rsquo;une part, en tant que d&rsquo;Eau, ce K d&rsquo;autre part, en tant que dieu du Beau ou d\u00e9miurge.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">S&rsquo;il r\u00e9v\u00e8le sa nature d&rsquo;Eau dans le christianisme (le Verbe), par le pistis, le basis, le dieu de la basilique, il fut, aux temps anciens, le g\u00e9n\u00e9rateur du Kamoutef ou d&rsquo;Apis, les Taureaux (Mardouk en M\u00e9sopotamie) : le p\u00e8re, ou plut\u00f4t, la m\u00e8re du cr\u00e9ateur, dont la cr\u00e9ation l&rsquo;engendre, comme l&rsquo;\u0153uvre d&rsquo;art engendre la beaut\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il suit que le triomphe du christianisme fait de l&rsquo;Ouroboros, de l&rsquo;Agathod\u00e9mon, le \u00ab\u00a0bon g\u00e9nie\u00a0\u00bb, un esprit du Bien. Sa loi est le secret de la table d&rsquo;Emeraude, de la table d&rsquo;Herm\u00e8s : le Tout est Un, puisque l&rsquo;Ok\u00e9anos, le Grand Oc\u00e9an entoure le monde, comme la basilique contient tous les myst\u00e8res de Dieu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par l&rsquo;action de l&rsquo;humide, le plomb devient le cuivre, le cuivre l&rsquo;or. Toutes les diversit\u00e9s, tous les discontinus se fondront dans l&rsquo;Unique, quand le Royaume sera l\u00e0. Plut\u00f4t que le temps du Roi, ce Royaume est lui-m\u00eame con\u00e7u comme une autre Terre Promise, un retour \u00e0 l&rsquo;Eden depuis longtemps disparu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette nostalgie de l&rsquo;Eden r\u00e9nove le d\u00e9miurge, le Cr\u00e9ateur de Sumer ou de l&rsquo;Ancienne Egypte, o\u00f9 Khnoum (Enki) ne fut pas un dieu bon mais un dieu conjugu\u00e9 aux d\u00e9esses de Terre : la Grand-m\u00e8re Damkina, et la Vierge Innina (plus tard : Ishtar).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais le Taureau ne fut pas de Terre sans \u00eatre le dieu de l&rsquo;Harmonie, du Beau, et comme tel li\u00e9 aux autres constituants du Beau : l&rsquo;Arbre, le Scorpion, le Soleil (Souverain). D&rsquo;o\u00f9, ces affirmations qui \u00e9tonnent l&rsquo;ex\u00e9g\u00e8te incomp\u00e9tent : sur la pierre, \u00ab\u00a0grave un serpent annel\u00e9 dont la t\u00eate est une t\u00eate de lion, orn\u00e9e de rayons. Porte-le pour pr\u00e9venir les maux d&rsquo;estomac, par exc\u00e8s de nourriture\u00a0\u00bb. (<em>Des pierres<\/em>, de Denys).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Khnoum ou Chnoumis, d\u00e9miurges, sont \u00e9galement des <em>Ka<\/em>, des pouvoirs d&rsquo;harmonie, associ\u00e9s aux symboles souverains : le Soleil, le Lion.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sur certaines figures, les rayons sont 7 et, sur d&rsquo;autres 12. Les 7 plan\u00e8tes ou les 12 signes. C&rsquo;est tout le choix du Triangle (le joint au sommet) ou du Cercle (le zodiaque). Car les deux serpents d&rsquo;Herm\u00e8s (le caduc\u00e9e) s&#8217;embrassent et s&rsquo;enlacent pour atteindre l&rsquo;Unique : l&#8217;embrassement supr\u00eame : Tous dans l&rsquo;Un. Mais l&rsquo;Ouroboros fait le cercle ou l&rsquo;Ok\u00e9anos : en l&rsquo;Un est Tout.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En ce point pr\u00e9cis : le milieu\/centre et le milieu\/entour, d&rsquo;autres alchimistes prennent la rel\u00e8ve.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"text-decoration: underline;\">L&rsquo;Arkh\u00e9<\/span><\/strong> \u2014 Les alchimistes du Harran remontent \u00e0 l&rsquo;ancienne M\u00e9sopotamie (c&rsquo;est l\u00e0 que le p\u00e8re d&rsquo;Abraham s&rsquo;est r\u00e9fugi\u00e9, venant d&rsquo;Our).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pendant deux mille ans ou plus, forgerons, ils ont honor\u00e9 le D\u00e9miurge par le travail des m\u00e9taux. La mort de Pan, du Minotaure (exclu des enseignes de Rome), de K\u00e9matef et d&rsquo;Apis (chang\u00e9 en S\u00e9rapis) les a fait m\u00e9priser par Rome et par Byzance, plus qu&rsquo;\u00e0 demi disparaitre. Mais le renouveau de la Cr\u00e9ation, par le Coran, les a ressuscit\u00e9s : en Bagdad, les Abbassides succ\u00e8dent aux Omeyyades, au 8<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle : l\u00e0 s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve la premi\u00e8re mosqu\u00e9e, construite sur l&rsquo;exemple des ziggourats babyloniennes. La Vache Rousse de Mahomet recr\u00e9e les composants tauriques, parmi lesquels le Ka ancien : le Croissant n&rsquo;est pas le signe lunaire sans \u00eatre les cornes de l&rsquo;ancien dieu. Et, du Harran, rena\u00eet l&rsquo;antique Ouroboros.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais, dans l&rsquo;attente de ce renouveau (au 3<sup>\u00e8me<\/sup>, au 4<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle) et, de nouveau, contre l&rsquo;Islam, \u00e0 partir du 11<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, d&rsquo;autres alchimistes ont rejet\u00e9 \u00e0 la fois le Serpent et le D\u00e9miurge, l&rsquo;Eau et la Terre. Ils se fondent sur l&rsquo;Air et le Feu. Ils se nomment Aeineias (En\u00e9e) vers 450, Olympiodore, un peu plus t\u00f4t, Zosime, plus t\u00f4t encore. Ou bien, Michel Scot, Arnault de Villeneuve et Lulle, au 13<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle. Tous convertis, tous chr\u00e9tiens.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aeineias ne nous est connu que par quelques fragments, mais combien r\u00e9v\u00e9lateurs! Une affirmation survit au d\u00e9sastre de son \u0153uvre : la mati\u00e8re mue, elle se transforme et change, une statue d&rsquo;Apollon peut \u00eatre en cuivre, puis en or, par le processus de l&rsquo;alchimie; mais c&rsquo;est toujours Apollon. La forme, la figure, survit aux changes de la mati\u00e8re. Autrement dit : les disciples de l&rsquo;Ouroboros, de la Terre-Eau, ont tort de croire en la permanence, la continuit\u00e9 de la mati\u00e8re : c&rsquo;est la Forme qui se maintient et pr\u00e9serve l&rsquo;acquis. La Forme est Une, quand les mati\u00e8res ne sont que diverses : le cuivre, l&rsquo;argent, l&rsquo;or.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e8s le d\u00e9but du 5<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, Olympiodore l&rsquo;a d\u00e9j\u00e0 dit, hors du raisonnement, par la fable. Il \u00e9tait vieux, d\u00e9j\u00e0, en 415, quand, envoy\u00e9 vers Attila, vers l&rsquo;ouest, il enchantait le barbare.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Olympiodore n&rsquo;invente gu\u00e8re (il est bien \u00e9loign\u00e9 de croire en un d\u00e9miurge). Pour l&rsquo;essentiel, son \u0153uvre recense \u2014 les croyances des anciens Grecs, les El\u00e9ates. Sa croix est celle des El\u00e9ments, et son propos de distinguer entre les croyances des uns ou des autres. L&rsquo;un, montre-t-il, croyait dans la pr\u00e9\u00e9minence de l&rsquo;Eau, un autre en celle de l&rsquo;Air, mais la Terre \u2014 et son d\u00e9miurge \u2014 fut peu honor\u00e9e par les Philosophes (le Taureau d\u00e9j\u00e0 d\u00e9cadent, la Vierge morte). Olympiodore ne cite, avec m\u00e9pris, qu&rsquo;un X\u00e9nophon.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il n&rsquo;invente qu&rsquo;un arch\u00e9type, mais \u00e9loquent : l&rsquo;Arkh\u00e9. Dieu de Feu, il fut l&rsquo;Ar\u00e8s, puis le Centaure, celui qui tirait l&rsquo;arc et ne ratait jamais la cible; en tant que tel, le Souverain, de Sumer et de la Bible, l&rsquo;a honor\u00e9, car le Souverain ne peut se dispenser de viser juste. Cependant, l&rsquo;Arkh\u00e9 fut \u00e9galement, et depuis, l&rsquo;alli\u00e9 du Christ (\u00ab\u00a0Celui qui m&rsquo;envoie\u00a0\u00bb) et du dieu du Bien : l&rsquo;Eros ou l&rsquo;Arkhon des gnostiques. Dieu de Bien, en l&rsquo;\u00e8re du Poisson, il doit s&rsquo;associer aux entit\u00e9s de l&rsquo;Eau, par l&rsquo;Arche (la Nef), car la Forme conserve, prot\u00e8ge et pr\u00e9serve, au-del\u00e0 des mat\u00e9rialit\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il n&rsquo;est pas vrai, disent les alchimistes, que le Feu d\u00e9vore seulement. C&rsquo;est, au contraire, par la destruction du cuivre, sous l&rsquo;effet de la chaleur, que l&rsquo;oxyde de cuivre devient un \u00e9l\u00e9ment de la forme \u00e9ternelle : l&rsquo;Or. Car, du vide na\u00eet une r\u00e9currence, un retour, qui ressuscite la Forme.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">S&#8217;emparant de l&rsquo;Ouroboros des islamiques, un Michel Scot, puis un Villeneuve, surtout, iront plus loin dans la d\u00e9monstration. Arnault traitera toutes les figures mat\u00e9rielles (les Images) comme des expressions de symboles cach\u00e9s (syst\u00e9matiques) : sous le visage humain, la cath\u00e9drale, le coq, le lion, il montrera les formes g\u00e9om\u00e9triques qui les constituent : le triangle, le carr\u00e9, le pentagone.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les images mat\u00e9rielles se modifient sans fin, mais leurs constituants, formels, demeurent immuables (comme les Arts en chaque Science de Bo\u00e8ce).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e8s le 11<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, un \u00e9v\u00eaque, B\u00e9renger de Tours, qui peut-\u00eatre ne songeait pas \u00e0 l&rsquo;alchimie, l&rsquo;avait affirm\u00e9, renouvelant Erig\u00e8ne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les Esp\u00e8ces se modifient sans cesse de l&rsquo;une \u00e0 l&rsquo;autre : la vigne dans le raisin, le raisin dans le vin, ou le bl\u00e9 en froment, le froment dans le pain, et pourquoi pas le sang dans le vin, le corps dans le pain, ou \u00e0 l&rsquo;inverse, quand le vin devient le Sang, le pain dans le Corps? Mais, hors de ces mati\u00e8res, une Forme subsiste, l&rsquo;Essence, la Forme m\u00eame, hors des figures.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La figure g\u00e9om\u00e9trique (la croix dans le cercle, essentiellement) redevient le support\u00a0 de tous les changes de la mati\u00e8re. Ce qui \u00e9tait dehors : l&rsquo;aspect, devient le dedans : la sp\u00e9cificit\u00e9 (de ce dieu-l\u00e0). Et, bien s\u00fbr, \u00e0 cette inversion de l&rsquo;Esp\u00e8ce s&rsquo;oppose une inversion du Genre, comme du g\u00e8ne int\u00e9rieur \u00e0 la g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9 externe.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les figures internes de Villeneuve ouvrent la porte \u00e0 toutes les abstractions, \u00e0 toutes les sciences : de la g\u00e9om\u00e9trie au rythme musical (de la longueur d&rsquo;onde \u00e0 la fr\u00e9quence), du rythme au nombre arithm\u00e9tique, du nombre aux figures du cosmos, que feront triompher Copernic et Kepler, au 16<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle. Tout peut \u00eatre mesurable, puisque tout peut \u00eatre figur\u00e9. Il y suffisait de faire de l&rsquo;aspect mat\u00e9riel une sp\u00e9cialisation scientifique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il reste que les analogies d&rsquo;Aeineias, d&rsquo;Olympiodore, demeuraient des fables priv\u00e9es de leur contenu magique, bien qu&rsquo;un homme, d\u00e9j\u00e0, leur ait donn\u00e9 ce contenu : Zosime. Et que les d\u00e9monstrations de B\u00e9renger et de Villeneuve s&rsquo;offraient comme des principes g\u00e9om\u00e9triques encore priv\u00e9s de leur scientisme, de leur syst\u00e9matique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un homme leur donnera le Syst\u00e8me : Lulle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Zosime n&rsquo;a pas \u00e9crit avant le 4<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle (d&rsquo;autres ex\u00e9g\u00e8tes disent : avant le 3<sup>\u00e8me<\/sup>). De Zosime \u00e0 Bo\u00e8ce, trois si\u00e8cles s&rsquo;\u00e9coulent, ou plus ou moins : ils sont emplis de cent abr\u00e9g\u00e9s que, hors de l&rsquo;alchimie, nomment les Conciles chr\u00e9tiens et les pseudo-Virgile, d&rsquo;Arles ou de Toulouse. Lulle a \u00e9crit autour de 1300 (1296\/1316), quatre si\u00e8cles apr\u00e8s Erig\u00e8ne, et d&rsquo;autres abr\u00e9g\u00e9s y ont prolif\u00e9r\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il convient d&rsquo;en dire quelques mots, rapidement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"text-decoration: underline;\">Les machines mythologiques et sept\u00e9naires <\/span><\/strong>\u2014 Du 4<sup>\u00e8me<\/sup> au 6<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, les hommes \u00e9crivent peu. En ce qui concerne l&rsquo;Occident (les royaumes barbares, des Goths, des Wisigoths, puis des M\u00e9rovingiens) seules survivent les \u0153uvres des Virgile, de Flandre ou d&rsquo;Occitanie. L&rsquo;une des plus compl\u00e8tes est de Virgile de Toulouse : le d\u00e9membrement des 12 en 144, 12 symboles en 12 symboles chacun.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les Vierges sont 12, les symboles de l&rsquo;Arkh\u00e9 12, les Souverains 12, les Serpents 12, etc. On dira que cela ne m\u00e8ne pas tr\u00e8s loin. Mais comment traiter de la Vierge ou de l&rsquo;Arkh\u00e9 sans en avoir \u00e9pel\u00e9 tous les possibles? Ou des Sciences sans les avoir multipli\u00e9es par 3, des Vertus sans les avoir multipli\u00e9es par 4? Comment dire les changes de l&rsquo;Arme, de la lance aux ciseaux sans dire les changes de la Table, ceux de la Coupe, ceux de l&rsquo;Arche? D\u00e9risoires, les abr\u00e9g\u00e9s de ces Virgile furent indispensables au passage de Zosime au Chr\u00e9tien, par l&rsquo;Arkh\u00e9. Car il est vrai que les changes de la mati\u00e8re, comme du plomb \u00e0 l&rsquo;or, ne cessent de remettre en cause l&rsquo;Objet divin, dont seule demeure intacte la forme projective. Au contraire, de l&rsquo;Anonyme \u00e0 Lulle, nous ne trouvons plus de tels abr\u00e9g\u00e9s, car l&rsquo;Arkh\u00e9 ne cesse de s&rsquo;y partager en arch\u00e9-types, qu&rsquo;aucun ensemble n&rsquo;associe plus. En Orient comme en Occident \u2014 et sans doute plus qu&rsquo;en Bretagne \u2014 les arch\u00e9types se pr\u00e9sentent s\u00e9par\u00e9s : l&rsquo;Hindouiste et le Templier honorent avant tout les G\u00e9meaux, les <em>A\u00e7vins<\/em> ou Oiseaux jumeaux dans l&rsquo;Inde, les Fr\u00e8res sur un seul cheval dans l&rsquo;Ordre des moines chevaliers. Le Juif (Juda Hal\u00e9vy) a proclam\u00e9 d&rsquo;abord la pr\u00e9\u00e9minence de l&rsquo;Archer, du Sagittaire, ma\u00eetre dans la Kabbale ainsi que dans l&rsquo;Evangile, et que l&rsquo;Arabe et l&rsquo;Omeyyade ne rejettent pas. L&rsquo;ouroboros subsiste, par l&rsquo;Alchimie arabe et par la scolastique chr\u00e9tienne, que fonde la Table d&rsquo;Herm\u00e8s. La Vierge anime d&rsquo;abord les saintes et les mystiques : Hildegarde, Brigitte, Ang\u00e8le de Foligno, la Grande Catherine, mais celle-ci hait le \u00ab\u00a0Scorpion d&rsquo;Or\u00a0\u00bb quand Ang\u00e8le adore le dieu des T\u00e9n\u00e8bres. Hildegarde craint par-dessus tout le B\u00e9lier juif et sa justice (dont elle sait que, dans neuf si\u00e8cles, ils auront institu\u00e9 le nouveau mat\u00e9rialisme, le nouvel Age sans dieu); mais les dominicaines, fid\u00e8les \u00e0 Dominique, et les sorci\u00e8res dans leur lande ne pourront concevoir une Sagesse d\u00e9nu\u00e9e de justification, leur Vierge sera lunaire, leur compr\u00e9hension connaissance.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Roi mort, m\u00eame, cent princes vont tenter de le restaurer, les Angevins au premier chef, jusqu&rsquo;\u00e0 Londres ou \u00e0 Palerme, puis les Germaniques, les Slaves, les Boh\u00e9miens.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cet \u00e9parpillement eut pour but de pr\u00e9server la puissance des G\u00e9meaux, sous leur forme \u2014 spartiate ou indienne \u2014 de svastika : l&rsquo;inimitable Imitation dialecticienne de Bo\u00e8ce. La Croix aussi \u2014 de sang \u2014 qui orne les \u00e9cussons des Chevaliers, teutoniques, templiers, tout au long des croisades\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais cette Croix n&rsquo;est plus celle de Galaad; symbole du combat, du PAT, non plus du PAN, du carrefour. Les arch\u00e9types ne sont plus positionn\u00e9s (dans le zodiaque d&rsquo;un Bo\u00e8ce, d&rsquo;un Erig\u00e8ne), car le Joint n&rsquo;existe plus entre les feuilles, et le Principe exact \u2014 de la Science \u2014 ne s&rsquo;est pas formul\u00e9 encore.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En ce double vertige, des Virgile ou des scolastiques, l&rsquo;Ouroboros ne peut disparaitre, mais la Croix s&rsquo;y volatilise. En place des 12, ridiculis\u00e9s, ou bien impuissants, le nombre impair domine \u2014 ou d\u00e9j\u00e0, ou encore : les 3 du triangle, le 5 du pentacle, le 7 en poursuivant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Chaque nombre porte sa tradition. Le 3 celle de la Trinit\u00e9, des Arts ou des Vertus. Le pentacle renouvelle \u2014 \u00e9ternise \u2014 celui de Salomon, 2 160 ans plus t\u00f4t. Le 7 recompose en des synth\u00e8ses sans faille :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">a) les 7 m\u00e9taux, plan\u00e8tes, couleurs et notes des Antiques,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">b) les 7 Vall\u00e9es du musulman Attar (dans <em>Le Colloque des Oiseaux<\/em>) ou les 7 Paraboles de l&rsquo;<em>Aurora consurgens<\/em>, deux \u0153uvres du 13<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une magie scientifique ou une Science magique est derri\u00e8re les deux tentatives : celle d&rsquo;Aristote, qui d\u00e9montra que le plus petit est comme le plus grand : la base d&rsquo;un triangle de 7 coud\u00e9es est <em>\u00e9gale <\/em>\u00e0 celle de 5, de 3 coud\u00e9es. Car, si, du sommet du triangle, j&rsquo;abaisse une infinit\u00e9 d&rsquo;obliques (bissectrices ou diagonales), elles coupent toutes les bases en autant de points : il y a donc autant de points dans la plus petite base que dans la plus grande.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aristote fut le ma\u00eetre du Savoir, l&rsquo;homme-serpent; mais il donnait l&rsquo;Arkh\u00e9, l&rsquo;architecte, pour son ma\u00eetre \u00e0 lui : Apollon Lyc\u00e9en, et son Ecole portait ce nom : le Lyc\u00e9e. Il faudra Val\u00e9ry (au 20<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle), pour r\u00eaver d&rsquo;une pareille synth\u00e8se, entre l&rsquo;Architecte et le Musicien, un herm\u00e9tique Arkh\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comment les Sept\u00e9naires y sont-ils parvenus?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En faisant de l&rsquo;Un ou de l&rsquo;Objet divin un \u00eatre double et central : une <em>unit\u00e9<\/em> totalisante et <em>motivante<\/em>, \u00e0 laquelle tendent toutes les parties de l&rsquo;ensemble : <em>Um<\/em>; une <em>unit\u00e9<\/em> causale, un joint, <em>articulaire<\/em> de tous les principes et de toutes les sciences, comme 1 se retrouve en toutes les s\u00e9ries de nombres, naturels ou imaginaires, l&rsquo;<em>Ua<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Centrale, les Sept\u00e9naires donnent \u00e0 l&rsquo;unit\u00e9 double les phases 3 et 4 (paraboles ou vall\u00e9es). Ici, celui qui croit qu&rsquo;il monte, qu&rsquo;il \u00e9difie, descend ou tombe (de la perception \u00e0 la conception); celui qui croit tomber et succomber s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve, par la Foi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tel est le Temps de Dieu, le monde Un, ou bien l&rsquo;Objet de Perceval, d&rsquo;Etienne : l&rsquo;univers m\u00eame du chevauchement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par suite, le chemin de l&rsquo;est vers l&rsquo;ouest, la fable, se pr\u00e9sente comme une question d&rsquo;abord : o\u00f9 vais-je? Puis, comme un Quiproquo, qu&rsquo;impose le d\u00e9sir (d&rsquo;aller ici ou l\u00e0, au hasard des couleurs et de leurs tentations). Ce sont la 1<sup>\u00e8re<\/sup> et la 2<sup>\u00e8me<\/sup>, vall\u00e9e ou parabole.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A l&rsquo;inverse, le chemin de l&rsquo;ouest vers l&rsquo;est, le principe, se pr\u00e9sente comme une s\u00e9rie de jonctions, plus ou moins illusoires, dans l&rsquo;assurance de l&rsquo;Idole, en 5, puis dans l&rsquo;extinction, le partage absolu, la dissolution en 6 (la Stupeur d&rsquo;Attar, l&rsquo;an\u00e9antissement de l&rsquo;<em>Aurora<\/em>).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La 7<sup>\u00e8me<\/sup> vall\u00e9e ou 7<sup>\u00e8me<\/sup> parabole est, au contraire de l&rsquo;Un et de son chevauchement, une Forme Pure et Vide : le cycle lui-m\u00eame, en son recommencement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2012\/05\/ALCHIMIES004.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1657\" title=\"ALCHIMIES004\" src=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2012\/05\/ALCHIMIES004.jpg\" alt=\"\" width=\"562\" height=\"121\" srcset=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2012\/05\/ALCHIMIES004.jpg 562w, http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2012\/05\/ALCHIMIES004-300x64.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 562px) 100vw, 562px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si l&rsquo;Unit\u00e9 M\u00eame est le dieu lui-m\u00eame : de Terre et du Beau, le Cr\u00e9ateur, de Feu et du Vrai, le Justicier, d&rsquo;Eau et du Bien, l&rsquo;Ichtus ou le Bouddha de Charit\u00e9, les 5 autres seront :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">la mort d&rsquo;une entit\u00e9 en 7, le Souffle \u00e0 Sumer, la Vierge pour les H\u00e9breux, le Souverain au 7<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">le passage d&rsquo;un mythe \u00e0 l&rsquo;autre en 1 et 2, comme de la Terre Premi\u00e8re \u00e0 l&rsquo;Arche, dans le B\u00e9lier, ou comme de l&rsquo;Arkhon \u00e0 l&rsquo;Herm\u00e8s-Sophia dans le Poisson;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">le passage inverse en 5 et 6, comme de l&rsquo;Eden taurique \u00e0 la fin du Taureau (le B\u00e9lier), ou comme de l&rsquo;apog\u00e9e b\u00e9lique (l&rsquo;Arche) \u00e0 la fin du B\u00e9lier : le Poisson. Mais aussi le passage du Souverain l\u00e9onin \u00e0 l&rsquo;Ouroboros herm\u00e9tique, puis d&rsquo;Herm\u00e8s aux G\u00e9meaux. Car l&rsquo;enfance du B\u00e9lier fut l&rsquo;agonie de la Vierge, son \u00e2ge Kali, l&rsquo;enfance du Poisson fut l&rsquo;agonie du Lion souverain. L&rsquo;enfance du Verseau, de l&rsquo;Esprit, du Paraclet sera l&rsquo;agonie, dans le mill\u00e9naire, de l&rsquo;antique Herm\u00e8s ou Toth.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par les m\u00e9taux ou les couleurs, les 7 plan\u00e8tes, les Antiques entendirent le d\u00e9montrer. C&rsquo;est par les 7 plan\u00e8tes aussi, mais les 7 notes de l&rsquo;Harmonie, les 7 vall\u00e9es\/paraboles que les M\u00e9di\u00e9vaux entendent le d\u00e9montrer.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette d\u00e9monstration ne se fait plus dans le Cercle et par la Croix, mais par l&rsquo;analemme des deux ellipses, ou les deux serpents qui s&rsquo;enlacent, sinon les deux triangles qui se succ\u00e8dent. L&rsquo;analemme apparait d\u00e8s le 8<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, dans les \u00e9glises romanes, certains disent au 9<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle seulement (le temps d&rsquo;Erig\u00e8ne); les triangles premiers sont l&rsquo;\u0153uvre de Villeneuve, au 13<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle. Dans ces quatre si\u00e8cles (8<sup>\u00e8me<\/sup> &#8211; 12<sup>\u00e8me<\/sup>), il ne sera question que du Cercle et de la Croix.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"text-decoration: underline;\">La Figure et le Mouvement<\/span><\/strong> \u2014 Notre \u00e9tude est trop courte (de la Forme et de la Mati\u00e8re). C&rsquo;est qu&rsquo;elle se limite \u00e0 l&rsquo;Espace, au continu et au discontinu dans le contenu et le contenant. Si le contenant est le Cercle (l&rsquo;Ouroboros), le contenu est une Croix, sa partition : les Cardinaux, les El\u00e9ments, les Sciences ou les Jeux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Herm\u00e8s contient Arkh\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si le contenu est triangulaire, son contenant est un ensemble mouvant, un analemme, un caduc\u00e9e, car les droites du triangle ne sont que des simplifications des courbes elliptiques, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse des Arts ou des Vertus, des Personnes ou des Jugements.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais, ni de la forme ni de la mati\u00e8re, je ne peux faire \u00e0 coup s\u00fbr un contenant discontinu (l&rsquo;aspect) ou une contenu continu (la sp\u00e9cificit\u00e9), ni un contenu discontinu (les parties de la totalit\u00e9) ou un contenant continu (la g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9 principielle).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Deux autres notions s&rsquo;imposent : la Figure, en sa localisation (qui peut \u00eatre une mati\u00e8re, en sa masse), le Mouvement, en sa charge (qui peut \u00eatre de l&rsquo;\u00e9nergie, de la spiritualit\u00e9 pure).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La figure est rarement une mati\u00e8re : il y faut l&rsquo;infinie fragmentation des arch\u00e9types ou des <em>quanta<\/em>. Le mouvement est rarement formel : il y faut l&rsquo;astuce d&rsquo;Aeineias, ou celle des 4 Cordes de la physique moderne. Mais, \u00e0 la limite, au seuil, cela peut \u00eatre ou se faire. Il n&rsquo;est pas possible, sans d\u00e9lit (le d\u00e9lit des mythomanes) de ramener une figure \u00e0 la Forme, ni de reconduire le mouvement \u00e0 la Substance (le d\u00e9lit des scientistes).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais le temps de Dieu s&rsquo;ach\u00e8ve totalement, vers 1300, ou bien il n&rsquo;a pas commenc\u00e9 (vers 400) assez nettement pour seulement le construire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans l&rsquo;univers entier, notre univers, il n&rsquo;est plus que des mythomanes ou des scientistes. De la pierre, les mythomanes (gr\u00e9co-romains) ne voient que les faces apparentes, leur d\u00e9lit; du bloc d&rsquo;ardoises ou de paillettes, les scientistes ne consid\u00e8rent que le joint in\u00e9vitable, l&rsquo;autre d\u00e9lit, principiel.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les mythomanes sont les g\u00e9n\u00e9rations qui pr\u00e9c\u00e9d\u00e8rent Gauvain; les scientistes sont les descendants, les utilisateurs, les vestiges de Galaad; \u00e0 la limite de la Promesse (en de\u00e7\u00e0) les uns, \u00e0 la limite de la R\u00e9ponse (au-del\u00e0) les autres. Ils ont donc pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 les Qu\u00eates : Zosime, ou suivi leurs ultimes lectures : Lulle. Qu&rsquo;en \u00e9tait-il avant 432 ou apr\u00e8s 1296? D&rsquo;autres symboles de l&rsquo;Or, en de\u00e7\u00e0 ou au-del\u00e0 du Graal.<\/p>\n<p>Jean-Charles Pichon<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>II L&rsquo;inversion des sym\u00e9tries Le premier objet de ce livre fut de tenter de montrer : a) la coexistence des Qu\u00eates et de l&rsquo;alchimie, comme Grandes Images celles-l\u00e0, par Syst\u00e8me de symbole physique celle-ci; b) la co\u00efncidence dans le temps &hellip; <a href=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/?p=1652\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[37],"tags":[],"class_list":["post-1652","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-les-alchimies"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1652","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1652"}],"version-history":[{"count":7,"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1652\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1834,"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1652\/revisions\/1834"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1652"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1652"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1652"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}