{"id":1547,"date":"2012-05-22T17:02:58","date_gmt":"2012-05-22T15:02:58","guid":{"rendered":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/?p=1547"},"modified":"2012-05-30T16:08:32","modified_gmt":"2012-05-30T14:08:32","slug":"les-alchimies-iii-la-symetrie-des-abreges","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/?p=1547","title":{"rendered":"LES ALCHIMIES III &#8211; La sym\u00e9trie des abr\u00e9g\u00e9s"},"content":{"rendered":"<h2 align=\"center\"><strong>III<\/strong><\/h2>\n<h2 align=\"center\"><strong>La sym\u00e9trie des abr\u00e9g\u00e9s<\/strong><\/h2>\n<p align=\"center\"><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"text-decoration: underline;\">La confusion, la distinction<\/span><\/strong> \u2014 La confusion ressemble \u00e0 la fusion, au chevauchement de la \u00ab\u00a0monture\u00a0\u00bb, mais elle n&rsquo;en est que la ressemblance, car elle ne m\u00e8ne plus \u00e0 rien, \u00e0 aucun d\u00e9placement ou change. Elle n&rsquo;est plus qu&rsquo;une mati\u00e8re d\u00e9pourvue de tout sens et de tout cens : l&rsquo;amalgame des parages, l&rsquo;h\u00e9t\u00e9roclite des banlieues.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La distinction elle-m\u00eame s&rsquo;y fait ambivalente, car ce peut \u00eatre l&rsquo;\u00e9lection, la lign\u00e9e de Gauvain, ou le discernement &#8211; cruel mais sain &#8211; du roturier : tant\u00f4t la face cach\u00e9e de la pierre, tant\u00f4t la casse des feuillets d&rsquo;ardoises, qui, l&rsquo;une et l&rsquo;autre, sauvent du d\u00e9lit.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;extr\u00eame confusion des scolastiques, mais aussi des conciles chr\u00e9tiens, \u00e0 partir du 11<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, r\u00e9pond \u00e0 celle des \u00ab\u00a0teinturiers\u00a0\u00bb et des Virgile, avant Bo\u00e8ce, mais aussi \u00e0 celle des premiers conciles (avant le 6<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Elles pourraient tenir, toutes deux, \u00e0 l&rsquo;imposition de la nouvelle dialectique : de la Figure et du Mouvement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Depuis le 5<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle (Aeineias ou le temps d&rsquo;Arthur) jusqu&rsquo;au 13<sup>\u00e8me<\/sup> (Villeneuve ou les premi\u00e8res lectures du Graal), les figures apparaissent localis\u00e9es : elles sont \u00e0 l&rsquo;ouest ou \u00e0 l&rsquo;est dans l&rsquo;espace, si je traite des voies horizontales. Mais aussi, dans le temps, Je a pu dire celles de l&rsquo;enfance, affabul\u00e9es, celles de l&rsquo;adulte, principielle. Ou bien, joignant l&rsquo;espace cosmique et le temps cyclique, il a pu dire le midi et le minuit dans le Jour, les deux Saint-Jean dans l&rsquo;ann\u00e9e (la plus longue nuit, le plus long jour) &#8211; en jouant ensemble, alors, d&rsquo;Ouranos et de Kronos, de la Croix d&rsquo;Ixion et du cercle d&rsquo;Herm\u00e8s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette localisation qualifiait les figures. Ni le qu\u00eateur ni l&rsquo;alchimiste ne pouvait confondre l&rsquo;est avec l&rsquo;ouest, la fable avec le principe, le midi avec le minuit. Ils ne pouvaient pas amalgamer les diff\u00e9rentes coupes ou tables, ni l&rsquo;arc d&rsquo;Ar\u00e8s avec la nef d&rsquo;Eros, bien qu&rsquo;ils fussent tous les deux l&rsquo;Archer (le Sagittaire), ni la lance avec les couteaux, bien qu&rsquo;ils soient tous les deux des instruments de change, de p\u00e9n\u00e9tration ou de partage.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Non seulement, situ\u00e9es, les figures s&rsquo;opposent, mais les passages de l&rsquo;une \u00e0 l&rsquo;autre, eux-m\u00eames situ\u00e9s dans le temps ou l&rsquo;espace, comme des \u00ab\u00a0r\u00e9gions\u00a0\u00bb (phases ou niveaux) ne peuvent \u00eatre non plus confondus. Ce chemin-ci est orient\u00e9, celui de Galaad ou de Bo\u00e8ce (et celui des Modernes, depuis). Ce chemin-l\u00e0 ignore le choix volontaire et le principe, de joint scientiste, il se pr\u00e9sente comme fabuleux, mythologique, soit pour Lancelot et Gauvain, soit pour le \u00ab\u00a0teinturier\u00a0\u00bb antique. Dans le temps, une voie est celle de l&rsquo;enfance, l&rsquo;autre est de l&rsquo;adulte ou du raisonnable; ou bien du d\u00e9clin de la lumi\u00e8re l&rsquo;une, de son renouveau l&rsquo;autre. Leurs oppositions les nomment et d\u00e9finissent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le mouvement change tout. Parce qu&rsquo;il interdit le positionnement, ou parce qu&rsquo;il n&rsquo;en fait qu&rsquo;une probabilit\u00e9, une contingence. Le mouvement ne peut \u00eatre quantifi\u00e9, et cela qu&rsquo;il s&rsquo;agisse d&rsquo;un mouvement spatial ou d&rsquo;un temporel. Dans l&rsquo;espace, le passage sera + ou &#8211; peupl\u00e9 (un d\u00e9sert, une for\u00eat); dans le temps, il sera + ou &#8211; rapide : le cavalier va plus vite que le pi\u00e9ton. Ici et l\u00e0, le passage se dira + ou &#8211; moins passager, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse d&rsquo;une ruelle ou d&rsquo;un vol de canards. Cette homonymie : le passage passager dit toute la confusion de la quantification. La charge \u00e9nerg\u00e9tique, li\u00e9e \u00e0 la vitesse, peut-elle \u00e9quivaloir le peuplement d&rsquo;une rue?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme la vitesse se lie \u00e0 la charge du passant (sa fr\u00e9quence \u00e0 son \u00e9nergie), le peuplement de la rue est fonction de sa longueur (suppos\u00e9 que le passage y soit mesurable en termes de <span style=\"text-decoration: underline;\">quanta<\/span>) en fonction de l&rsquo;heure ou du jour : le peuplement y est plus grand \u00e0 l&rsquo;ouverture, \u00e0 la fermeture des bureaux, et presque nul le dimanche, tout \u00e0 fait nul en ao\u00fbt.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A vouloir qu&rsquo;un quantum commun unisse la probabilit\u00e9 de position (dans l&rsquo;espace) et la quantit\u00e9 de mouvements dans le temps, Planck ne cr\u00e9era, au 20<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, qu&rsquo;un \u00ab\u00a0facteur d&rsquo;ind\u00e9termination\u00a0\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire une source d&rsquo;erreur. Il ne traitera que de la mati\u00e8re la plus secr\u00e8te : l&rsquo;indiscernable particule\/onde, mais le principe d&rsquo;ind\u00e9termination ne joue pas seulement dans le monde invisible, subatomique. Il ne s&rsquo;impose que mieux dans le monde visible des \u00ab\u00a0passages passagers\u00a0\u00bb, des rues et des vols.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les alchimistes des 13<sup>\u00e8me<\/sup> et 14<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cles ne jouaient que du triangle et de la croix, ou bien de l&rsquo;analemme (les deux serpents) et de l&rsquo;Ouroboros (le serpent qui se mord la queue). Un disciple de Planck se rira de ces distinctions na\u00efves. Et pourtant!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si le mouvement \u2014 le change \u2014 est un d\u00e9placement, le voyageur passe d&rsquo;une r\u00e9gion, phase ou saison, \u00e0 l&rsquo;autre, comme de Rome au pays de Galles, ou \u00e0 l&rsquo;inverse. Dans les deux cas, ce ne sera pas sans traverser la Gaule.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les deux triangles \u2014 ou les deux serpents de l&rsquo;ellipse \u2014 formulent des voies contraires qui passent par les m\u00eames r\u00e9gions :<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0 <a href=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2012\/04\/LES-SYMETRIES001.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1552\" title=\"LES SYMETRIES001\" src=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2012\/04\/LES-SYMETRIES001.jpg\" alt=\"\" width=\"378\" height=\"123\" srcset=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2012\/04\/LES-SYMETRIES001.jpg 378w, http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2012\/04\/LES-SYMETRIES001-300x97.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 378px) 100vw, 378px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En cette figure, Aeineias (B&rsquo;) et Villeneuve (B\u00a0\u00bb) disent la m\u00eame chose : ils traversent une m\u00eame r\u00e9gion B. En A&rsquo; Le Chr\u00e9tien et en A\u00a0\u00bb L&rsquo;anonyme ont dit la m\u00eame chose, en A. Du solstice d&rsquo;hiver au solstice d&rsquo;\u00e9t\u00e9, ou de celui-ci \u00e0 celui-l\u00e0, la lumi\u00e8re franchit un m\u00eame passage : l&rsquo;\u00e9quinoxe (de printemps \u00e0 l&rsquo;aller, de l&rsquo;automne au retour).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En cette figure, Aeineias (B&rsquo;) et Villeneuve (B\u00a0\u00bb) disent la m\u00eame chose : ils traversent une m\u00eame r\u00e9gion B. En A&rsquo; Le Chr\u00e9tien et en A\u00a0\u00bb L&rsquo;anonyme ont dit la m\u00eame chose, en A. Du solstice d&rsquo;hiver au solstice d&rsquo;\u00e9t\u00e9, ou de celui-ci \u00e0 celui-l\u00e0, la lumi\u00e8re franchit un m\u00eame passage : l&rsquo;\u00e9quinoxe (de printemps \u00e0 l&rsquo;aller, de l&rsquo;automne au retour).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les passagers alors (dans le sens de passants) semblent d\u00e9crire un cercle, zodiacal, du jour ou de l&rsquo;ann\u00e9e. Mais, dans le cercle, la loi ne joue plus : le voyageur y passe par des phases diff\u00e9rentes, incomparables les unes aux autres, comme du nord-ouest au sud-ouest, du sud-est au nord-est, ou comme d&rsquo;un El\u00e9ment, d&rsquo;un Jeu, d&rsquo;une science \u00e0 l&rsquo;autre. Ou \u00e0 l&rsquo;inverse. Seul, le point de d\u00e9part <span style=\"text-decoration: underline;\">est<\/span> le point d&rsquo;arriv\u00e9e. Tout au long des parcours, Scot Erig\u00e8ne inverse Bo\u00e8ce, le principe la fable ou Galaad Gauvain. L&rsquo;Or est substance encore en A&rsquo; et A\u00a0\u00bb; il est symbole en B&rsquo; et B\u00a0\u00bb. Il peut s&rsquo;identifier aux Qu\u00eates v\u00e9cues en A, aux lectures des Qu\u00eates en B. Mais, l&rsquo;or qu\u00eat\u00e9 (par les Antiques) n&rsquo;est pas l&rsquo;or regrett\u00e9, qu&rsquo;il convient de r\u00e9nover (pour les Modernes).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comment donc traiter, comme d&rsquo;une seule figure, du triangle et de la croix, de l&rsquo;analemme et de la circonf\u00e9rence? De l&rsquo;homonymat (de gr\u00e9, d&rsquo;amalgame, d&rsquo;agr\u00e9gation, de parade) et de la synonymie de r\u00f4le et d&#8217;emploi, dans la fonction de l&rsquo;acteur, de la station et de l&rsquo;\u00e9tat, dans les dispositions de l&rsquo;acteur? Ce ne peut \u00eatre qu&rsquo;en disant, tout ensemble, les fonctions et les dispositions de l&rsquo;acteur. En la fin des lectures du Graal, ou au commencement des Qu\u00eates, c&rsquo;est ce qu&rsquo;ont fait Lulle et Zosime.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"text-decoration: underline;\">Zosime<\/span><\/strong> \u2014 L&rsquo;ambigu\u00eft\u00e9 du nom est telle que certains datent l&rsquo;\u0153uvre de l&rsquo;alchimiste de la premi\u00e8re moiti\u00e9 du 3<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, d&rsquo;autres de la seconde moiti\u00e9 du 4<sup>\u00e8me<\/sup>. De fait, le nom et l&rsquo;\u0153uvre remplissent les deux si\u00e8cles, le 3<sup>\u00e8me<\/sup> et le 4<sup>\u00e8me<\/sup>, tandis que les r\u00e9f\u00e9rences au nom et les commentaires de l&rsquo;\u0153uvre se retrouvent chez Olympiodore, au 5<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, et m\u00eame chez Le Chr\u00e9tien.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce commentateur y voit un historien, lui-m\u00eame compilateur de toutes les \u0153uvres pr\u00e9c\u00e9dentes; cet autre, un th\u00e9oricien, sinon le fondateur de l&rsquo;alchimie symbolique. Lindsay admet l&rsquo;hypoth\u00e8se \u2014 tr\u00e8s vraisemblable \u2014 de deux auteurs : l&rsquo;un, qui put vivre sous le premier empereur n\u00e9o-chr\u00e9tien, S\u00e9v\u00e8re-Alexandre, et le second sous le r\u00e8gne de Constantin, cent ans plus tard. La tradition, qui parle d&rsquo;un seul auteur, lui accorde la paternit\u00e9 de 28 ouvrages, dont 4 seulement nous restent : un trait\u00e9 des Teintures, des lettres \u00e0 sa s\u0153ur, des Visions et des fragments de ce qui aurait pu \u00eatre un ouvrage historique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si Zosime ou les Zosime ont \u00e9crit 28 ouvrages, ces quatre textes en donnent \u00e0 peine le septi\u00e8me. Pour le reste, compilations et th\u00e9ories, il nous faut nous en remettre aux commentaires ou r\u00e9f\u00e9rences qui ont suivi. Tout essai de synth\u00e8se, par voie de cons\u00e9quence, n&rsquo;en peut \u00eatre qu&rsquo;al\u00e9atoire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;ouvrage sur les Teintures est, des quatre, le plus complet. Il traite moins des \u00ab\u00a0figures\u00a0\u00bb que des \u00ab\u00a0mouvements\u00a0\u00bb, mais il s&rsquo;agit de mouvements formels, ou symboliques, que Zosime symbolise par des acteurs : les Anges (A\u00efons) et les D\u00e9mons ou G\u00e9nies.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"text-decoration: underline;\">Zosime<\/span><\/strong> \u2014 L&rsquo;ambigu\u00eft\u00e9 du nom est telle que certains datent l&rsquo;\u0153uvre de l&rsquo;alchimiste de la premi\u00e8re moiti\u00e9 du 3<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, d&rsquo;autres de la seconde moiti\u00e9 du 4<sup>\u00e8me<\/sup>. De fait, le nom et l&rsquo;\u0153uvre remplissent les deux si\u00e8cles, le 3<sup>\u00e8me<\/sup> et le 4<sup>\u00e8me<\/sup>, tandis que les r\u00e9f\u00e9rences au nom et les commentaires de l&rsquo;\u0153uvre se retrouvent chez Olympiodore, au 5<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, et m\u00eame chez Le Chr\u00e9tien.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce commentateur y voit un historien, lui-m\u00eame compilateur de toutes les \u0153uvres pr\u00e9c\u00e9dentes; cet autre, un th\u00e9oricien, sinon le fondateur de l&rsquo;alchimie symbolique. Lindsay admet l&rsquo;hypoth\u00e8se \u2014 tr\u00e8s vraisemblable \u2014 de deux auteurs : l&rsquo;un, qui put vivre sous le premier empereur n\u00e9o-chr\u00e9tien, S\u00e9v\u00e8re-Alexandre, et le second sous le r\u00e8gne de Constantin, cent ans plus tard. La tradition, qui parle d&rsquo;un seul auteur, lui accorde la paternit\u00e9 de 28 ouvrages, dont 4 seulement nous restent : un trait\u00e9 des Teintures, des lettres \u00e0 sa s\u0153ur, des Visions et des fragments de ce qui aurait pu \u00eatre un ouvrage historique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si Zosime ou les Zosime ont \u00e9crit 28 ouvrages, ces quatre textes en donnent \u00e0 peine le septi\u00e8me. Pour le reste, compilations et th\u00e9ories, il nous faut nous en remettre aux commentaires ou r\u00e9f\u00e9rences qui ont suivi. Tout essai de synth\u00e8se, par voie de cons\u00e9quence, n&rsquo;en peut \u00eatre qu&rsquo;al\u00e9atoire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;ouvrage sur les Teintures est, des quatre, le plus complet. Il traite moins des \u00ab\u00a0figures\u00a0\u00bb que des \u00ab\u00a0mouvements\u00a0\u00bb, mais il s&rsquo;agit de mouvements formels, ou symboliques, que Zosime symbolise par des acteurs : les Anges (A\u00efons) et les D\u00e9mons ou G\u00e9nies.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les Teintures sont dites <em>naturelles <\/em><em><\/em>(\u0153uvres des anges) ou<em> opportunes <\/em>(\u0153uvres des d\u00e9mons). Mais, dans les \u00ab\u00a0Lettres \u00e0 la s\u0153ur\u00a0\u00bb, l&rsquo;alchimiste traite d&rsquo;une troisi\u00e8me esp\u00e8ce d&rsquo;acteurs : l&rsquo;homme et ses<em> <\/em><em>fourneaux<\/em><strong>, <\/strong>qui proc\u00e8dent \u00e9galement par la voie naturelle ou la voie opportune. Pour acc\u00e9der \u00e0 la premi\u00e8re, il suit que la soumission, la croyance, la pri\u00e8re suffisent : on la dirait, tout aussi bien, une voie mystique. Pour cheminer en la seconde, l&rsquo;effort, le soin, la technique apparaissent n\u00e9cessaires, mais non pas suffisants, puisque, \u00e0 tout moment, le d\u00e9mon intervient; le recours \u00e0 l&rsquo;opportunit\u00e9 (par la connaissance du zodiaque) y serait un rem\u00e8de, semble-t-il, plut\u00f4t qu&rsquo;un d\u00e9lit, par la r\u00e9v\u00e9lation de la face cach\u00e9e \u2014 et de l&rsquo;ensemble cosmique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les 3 acteurs pourtant : anges, d\u00e9mons, fourneaux ne recouvrent ici que la dialectique cruciale : nature, opportunit\u00e9, rationnelles d&rsquo;une part, irrationnelles de l&rsquo;autre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une symbolique tout autre, \u00e9parse dans les fragments, les lettres et le trait\u00e9, oppose deux acteurs bien diff\u00e9rents : l&rsquo;homme de cuivre et le barbier\/m\u00e9decin \u00e0 la chevelure d&rsquo;argent. Il n&rsquo;est pas trop aventur\u00e9 de voir en l&rsquo;homme de cuivre une symbolique du M\u00e9tal (humidifi\u00e9) et dans le barbier d&rsquo;argent une symbolique du Min\u00e9ral (en sa voie s\u00e8che). Ou, dans le chemin du cuivre une voie horizontale, de l&rsquo;ouest vers l&rsquo;est et, dans le chemin de l&rsquo;argent, une voie verticale, du haut en bas, une \u00ab\u00a0retomb\u00e9e\u00a0\u00bb m\u00e9taphysique. En effet, le barbier se pr\u00e9sente comme un T\u00e9moin, qui voit les choses de haut : il assiste \u00e0 la corruption de l&rsquo;homme de cuivre, puis \u00e0 son \u00e9trange renouveau ou retour. Pour lui, visiblement, tout \u00eatre fait le tour, d\u00e9crit le cercle. Au contraire, l&rsquo;homme de cuivre ne peut qu&rsquo;\u0153uvrer et mourir de son ouvrage, s&rsquo;il refuse le miracle de la renaissance (du cycle). Essayons de comprendre ce que cela signifie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les Qu\u00eates du Graal (leurs lectures, maintenant connues par les aventures celtiques seulement, puisque Arthur ne r\u00e8gnera qu&rsquo;au 5<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle) traiteront d&rsquo;un Temps\/dur\u00e9e, compris entre la Promesse du Sang et la R\u00e9ponse de la partition. Les Qu\u00eates, vues de la sorte, ne sont que des transports : du Sang, depuis le Golgotha jusqu&rsquo;au pays de Galles, ou de la partition, par Galaad, dans le sens inverse par l&rsquo;homonymat de la Coupe.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les alchimies, depuis Olympiodore jusqu&rsquo;\u00e0 Villeneuve, ne traitent que d&rsquo;un objet de l&rsquo;espace : l&rsquo;Or. Mais leurs \u00e9tudes montrent que l&rsquo;esprit des alchimies, ange ou d\u00e9mon, et l&rsquo;alchimiste lui-m\u00eame, par la voie humide (qui rassemble) et la voie s\u00e8che (qui d\u00e9sassemble) op\u00e8rent dans le Temps, comme une \u00e9toile ou une plan\u00e8te (le soleil, la lune) se manifeste ou disparait.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans l&rsquo;espace, cependant, les zones ou champs se r\u00e9p\u00e8tent, comme la Gaule entre les deux extr\u00eames (l&rsquo;Orient et l&rsquo;Angleterre).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A un certain moment de la coagulation ou de la dissolution, la m\u00eame op\u00e9ration s&rsquo;impose, sur le cuivre ou sur l&rsquo;argent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par le ou les triangles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le temps, les zones ou champs ne s&rsquo;\u00e9quivalent plus : les actes des d\u00e9mons ne sont jamais ceux des anges, ni la voie opportune une voie naturelle, ni le principe une magie, ni l&rsquo;adulte un enfant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le cercle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le temps quitte la triangulation ancienne (Pass\u00e9, Pr\u00e9sent, Avenir) pour \u00e9pouser le cercle, et la Croix dans le cercle : le spirituel irrationnel, le rationnel humain, mais aussi la fl\u00e8che naturelle des anges, la fl\u00e8che opportune des d\u00e9mons.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et, par suite, l&rsquo;espace quitte la quadrature spatiale (les Cardinaux) pour \u00e9pouser la forme du triangle : l&rsquo;invisible devient visible (ce qui n&rsquo;\u00e9tait pas l\u00e0 y prend racine), le visible ou perceptuel devient invisible ou conceptuel, comme la fable le principe, ou l&rsquo;image le symbole. Le 3<sup>\u00e8me<\/sup> facteur, au c\u0153ur, est alors l&rsquo;Un, le chevauchement de l&rsquo;Instant : <em>hic et nunc, <\/em>au sommet.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les quadratures, presque indiscernables, de Zosime ne jouent que du mouvement, des changes, mais ce sont des changes temporels, des mutations, comme du barbier d&rsquo;argent \u00e0 l&rsquo;homme de cuivre ou \u00e0 l&rsquo;inverse, non pas des changes spatiaux, des d\u00e9placements.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On chercherait en vain dans son \u0153uvre mention de l&rsquo;occident et de l&rsquo;orient, du nord et du midi. Tous ses ouvrages (connus) ne traitent que du temporel, et de m\u00eame l&rsquo;id\u00e9e qu&rsquo;il se fait \u2014 confuse \u2014 de la triangulation : anges, d\u00e9mons, fourneaux. Simplement \u2014 et ce n&rsquo;est pas rien \u2014 il d\u00e9double les \u00ab\u00a0fourneaux\u00a0\u00bb humains, en naturels et opportuns, de m\u00eame que les Esprits en anges et d\u00e9mons.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A l&rsquo;autre bout des cha\u00eenes, mais innom\u00e9, est l&rsquo;Or\/substance, le chevauchement du barbier d&rsquo;argent et de l&rsquo;homme de cuivre, dont Zosime ne dit rien (dans les fragments connus) : le barbier est toujours t\u00e9moin, dans la Noosph\u00e8re de Chardin, l&rsquo;homme de cuivre seul esp\u00e8re et se corrompt, exige ou d\u00e9sesp\u00e8re, jusqu&rsquo;aux flammes du N\u00e9ant qui, enfin, le d\u00e9truisent, dans la Biosph\u00e8re de Chardin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;\u00e9trange est que la voie des d\u00e9mons, opportune, zodiacale, recompose ici le cercle (noosph\u00e9rique selon Chardin), et que la voie des anges, naturelle comme triangulaire (le pass\u00e9, le pr\u00e9sent, l&rsquo;avenir) recompose ici le triangle ou l&rsquo;ellipse, biosph\u00e9rique selon Chardin. C&rsquo;est que la premi\u00e8re figure (l&rsquo;Ouroboros) se donne pour mythologique, par les 12 signes ou les 12 dieux, et que la seconde (analemmique) se donne pour mystique, de soumission, de Foi.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"text-decoration: underline;\">Raymond Lulle<\/span><\/strong> \u2014 Lorsqu&rsquo;il(s) \u00e9crive (nt), le ou les Zosime, les Qu\u00eates n&rsquo;ont pas commenc\u00e9, la Table Ronde n&rsquo;existe pas, Arthur m\u00eame n&rsquo;est pas n\u00e9 : le seul fondement des Teintures est la Promesse, qu&rsquo;un jour, l&rsquo;Etre en Soi, l&rsquo;Or\/substance dominera sur le monde entier.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais \u00e9trangement, par les philosophes antiques, Zosime sait qu&rsquo;au chemin de l&rsquo;espoir ou de la Croyance (des anges ou du barbier d&rsquo;argent), correspond et s&rsquo;oppose le chemin de la destruction, de la rationalit\u00e9 (des d\u00e9mons, de l&rsquo;homme de cuivre); et que l&rsquo;un n&rsquo;est pas sans l&rsquo;autre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quand Lulle \u00e9crit, aux fronti\u00e8res de l&rsquo;an 1300, non seulement les Qu\u00eates sont achev\u00e9es, depuis longtemps, mais les Lectures de la Qu\u00eate ont eu leur terme. Il ne reste plus \u00e0 d\u00e9couvrir que les cons\u00e9quences de la R\u00e9ponse : l&rsquo;\u00e9parpillement de la mati\u00e8re et ce que les savants de la Belle Epoque nommeront l&rsquo;infaillible \u00ab\u00a0entropie\u00a0\u00bb. D\u00e9j\u00e0, cent chemins ont \u00e9t\u00e9 rouverts, qui tous ram\u00e8nent vers l&rsquo;Orient : les p\u00e8lerinages des 10<sup>\u00e8me<\/sup> et 11<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cles, puis les Croisades, des pauvres, des enfants, des jaques, mais des seigneurs aussi, des \u00e9v\u00eaques et des rois, sans autre r\u00e9sultat que de br\u00e8ves royaut\u00e9s de J\u00e9rusalem, non moins \u00e9ph\u00e9m\u00e8res que celle de Galaad sur Sarraz.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces grands mouvements de foule ont eu leur terme, par la captivit\u00e9 et la mort de Saint Louis, en m\u00eame temps qu&rsquo;\u00e9clataient tous les empires d&rsquo;Amour, de la Croix ou du Poisson : des Abbassides ou des Zagu\u00e8s (en Ethiopie), des pr\u00eatres Jean, des Song en Chine, des \u00ab\u00a0M\u00e9t\u00e8ques\u00a0\u00bb ou Chimus en Am\u00e9rique, des Cara\u00eftes juifs ou de la Doctrine du C\u0153ur des Islamiques, de la Grande Chr\u00e9tient\u00e9 partout ailleurs. Non seulement Lulle est seul, comme Galaad, mais il n&rsquo;a pas une arme, ni la lance ni l&rsquo;\u00e9p\u00e9e : tout au plus les ciseaux d&rsquo;une logique ma\u00eetresse, d&rsquo;un principe assur\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A son premier voyage vers l&rsquo;est, esclave des Maures, il a \u00e9t\u00e9 en proie \u00e0 de tels maux que son corps ne sera plus jamais le m\u00eame. Tortur\u00e9 de nouveau, \u00e0 son dernier voyage, il mourra sur le navire qui le ram\u00e8ne en France. Il ne voulait pas combattre le Musulman, mais seulement le convaincre \u2014 ou le s\u00e9duire. Entre les deux voyages il n&rsquo;aura fait qu&rsquo;\u00e9crire sur les 12 entit\u00e9s : <span style=\"text-decoration: underline;\">L&rsquo;arbre de la science<\/span>, qui porte les 12 fruits, selon l&rsquo;Apocalypse, ou les 4 qui multiplient 3, selon Bo\u00e8ce ou Erig\u00e8ne, puis <span style=\"text-decoration: underline;\">Les douze principes<\/span> (vers 1310), qui affinent le premier propos.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais, alors que l&rsquo;\u0153uvre de Zosime (ou des Zosime) demeurait mythologique ou fantastique, magique, avec ses personnages de r\u00eave, ses anges et ses d\u00e9mons, en l&rsquo;ignorance du jeu de la forme et de la mati\u00e8re, les ouvrages de Lulle se fondent sur la dialectique hautement rationnelle, dans le refus outrag\u00e9 de tous les panth\u00e9ismes et de toutes les magies. C&rsquo;en est au point que certains commentateurs nieront que Lulle ait \u00e9t\u00e9 un alchimiste : il ne croit pas que, d\u00e9sormais, on puisse \u00ab\u00a0faire\u00a0\u00bb de l&rsquo;or.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Que dit-il donc? Qu&rsquo;il y a un temps o\u00f9 la mati\u00e8re peut \u00eatre substance, divine, l&rsquo;En Soi; et un temps autre, o\u00f9 les apparences, les aspects, les esp\u00e8ces de l&rsquo;objet, donnent lieu \u00e0 la Forme\/essence.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais de l&rsquo;une \u00e0 l&rsquo;autre, ou \u00e0 l&rsquo;inverse, la mati\u00e8re et la forme ne sont que des chemins, exactement antinomiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La Mati\u00e8re stagne ou se corrompt, mais elle parle \u00e0 l&rsquo;imagination et \u00e0 l&rsquo;intelligence. Lorsqu&rsquo;on la croit dissoute, elle parle \u00e0 la m\u00e9moire (du cycle, entre autres).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La Forme se r\u00e9g\u00e9n\u00e8re, elle se compose; ordonnanc\u00e9e, localis\u00e9e, elle parle au sens (sensoriel); ses stations figurent le mouvement v\u00e9ritable, qui d\u00e9bouche en une volont\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2012\/04\/LES-SYMETRIES002.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1556\" title=\"LES SYMETRIES002\" src=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2012\/04\/LES-SYMETRIES002.jpg\" alt=\"\" width=\"527\" height=\"162\" srcset=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2012\/04\/LES-SYMETRIES002.jpg 527w, http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2012\/04\/LES-SYMETRIES002-300x92.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 527px) 100vw, 527px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La mati\u00e8re, ou stagnante ou corrompue, sous-tend la figure ou l&rsquo;aspect, qui sont hors d&rsquo;elle, en leur mouvement, par les sens, comme la \u00ab\u00a0dur\u00e9e\u00a0\u00bb de l&rsquo;objet sous-tend ses apparences successives.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration de la forme (par sa composition) sous-tend l&rsquo;intelligence et l&rsquo;imagination des sages et des po\u00e8tes, qui les suscitent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au c\u0153ur de la mati\u00e8re\/substance, dans l&rsquo;Un, la forme n&rsquo;est plus qu&rsquo;une volont\u00e9 d&rsquo;\u00eatre autre, par l&rsquo;institution de la monture.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aux fronti\u00e8res de la forme (vide, alors), toute la mati\u00e8re s&rsquo;est faite m\u00e9moire (informatique, \u00e0 ce qu&rsquo;on pr\u00e9tend aujourd&rsquo;hui).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par cette m\u00e9moire, une forme se cr\u00e9e, cyclique, au-del\u00e0 de la destitution ou de la mouture (le relief).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les 12 s&rsquo;ordonnent ou se succ\u00e8dent dans l&rsquo;alternance du continu : r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration, mouvement, mati\u00e8re, corruption, intelligence, m\u00e9moire, et du discontinu : volont\u00e9s, stagnations, imaginations, formes, compositions, aspects sensoriels.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ni l&rsquo;ange ne suit la voie de Gauvain, ni le d\u00e9mon celle de Galaad. Mais l&rsquo;un succ\u00e8de \u00e0 l&rsquo;autre sans cesse, car il est des cycles de toutes grandeurs, et le jeu se joue dans la seconde comme dans les vingt-six mille ans. A tout instant, dans l&rsquo;Instant m\u00eame, le discontinu c\u00e8de au continu, la perception \u00e0 la conception, l&rsquo;imagination \u00e0 l&rsquo;intelligence, la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration \u00e0 la composition, etc.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A la limite, les Figures seules se localisent : par l&rsquo;Un ou dans la Forme Vide. Mais celle-l\u00e0 ne peut \u00eatre que contourn\u00e9e, imp\u00e9n\u00e9trable (la substance), celle-ci, p\u00e9n\u00e9tr\u00e9e, ne r\u00e9v\u00e8le rien que le vide. Le seul probl\u00e8me de l&rsquo;homme\/je est celui du Mouvement, en ses formes ou mati\u00e8res diverses, concr\u00e8tes encore (la stagnation, la corruption) ou bien abstraites d\u00e9j\u00e0, par l&rsquo;intelligence, l&rsquo;imagination; statiques ou dynamiques. Tels sont en somme les actes de l&rsquo;homme de cuivre, tourn\u00e9s vers l&rsquo;est ou vers la mort, et les regards du barbier d&rsquo;argent, tourn\u00e9s vers l&rsquo;ouest ou vers la vie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On se rappellera que Lulle \u00e9crit une soixante d&rsquo;ann\u00e9es apr\u00e8s Attar et l&rsquo;auteur inconnu de l&rsquo;<span style=\"text-decoration: underline;\">Aurora consurgens<\/span> (Thomas d&rsquo;Aquin, apr\u00e8s le reniement de sa Somme?). Instruit de l&rsquo;Islam, il connait s\u00fbrement <span style=\"text-decoration: underline;\">Le colloque des oiseaux<\/span>; chr\u00e9tien et alchimiste, il ne peut ignorer l&rsquo;<span style=\"text-decoration: underline;\">Aurora<\/span>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aussi voit-on ses 12 Principes co\u00efncider avec les 7 Vall\u00e9es ou Paraboles :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration\/composition en 1,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">le mouvement et les sens en 2,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">la mati\u00e8re et la volont\u00e9 en 3 et 4,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">la stagnation ou corruption en 5,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">l&rsquo;intelligence\/imagination en 6,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">la forme vide (m\u00e9moire informatique) en 7.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais, dans l&rsquo;arbre de la science, le zodiaque d&rsquo;une part, le d\u00e9lit d&rsquo;Adam de l&rsquo;autre, les 12 avaient reconstitu\u00e9 le cercle : ils jouaient encore de la Pierre en sa carri\u00e8re, non pas de l&rsquo;analemme des feuillets et de leur joint. Ou, si l&rsquo;on veut, l&rsquo;Arbre fondait la croix, dans le cercle; les Douze Principes inventent \u2014 r\u00e9inventent \u2014 les triangles, inscrits dans les ellipses.<\/p>\n<p>Comme au temps de Zosime, il semble que tout soit dit. Nous allons voir qu&rsquo;il n&rsquo;en est rien.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"text-decoration: underline;\">Les abr\u00e9g\u00e9s<\/span><\/strong> \u2014 Les alchimies n&rsquo;\u00e9tudient plus \u2014 ou pas encore \u2014 le cycle de l&rsquo;Icthus, du Poisson, car cette \u00e9tude ne leur donnerait aucun moyen de cr\u00e9er ou de recr\u00e9er l&rsquo;Etre en Soi : l&rsquo;Or\/substance. Elles doivent \u00e9tudier l&rsquo;ensemble des cycles (cinq selon Hildegarde, six selon Glaber, mais trois seulement pour Joachim de Flore), c&rsquo;est-\u00e0-dire le Grand Cycle, contenant des 12, auquel aucun proph\u00e8te n&rsquo;atteint. Les Saintes Ecritures ne disent que ces 3 : l&rsquo;Eden, l&rsquo;Alliance, l&rsquo;Eucharistie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;Apocalypse, ou les Voyages de Gilgamesh, ceux d&rsquo;Ulysse, en disaient beaucoup plus, par les 12 Signes ou les 12 Iles. Mais qui les lit ou sait les lire? Ils sont proscrits \u2014 ou incompris. Les angoisses du temps : les invasions barbares des 3<sup>\u00e8me<\/sup> et 4<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cles, ou les invasions du 13<sup>\u00e8me<\/sup> et les fl\u00e9aux du 14<sup>\u00e8me<\/sup> contraignent le docte m\u00eame en son \u00e9poque, difficilement et douloureusement. En ce qui concerne le 14<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, les Pestes Noires ont d\u00e9truit le quart ou le tiers de l&rsquo;humanit\u00e9 en moins de trente ans (1320\/1350). Cent ans plus tard, autour de 1450, d&rsquo;autres \u00e9pid\u00e9mies ravageront les grandes villes, dont Paris. En ces m\u00eames ann\u00e9es, o\u00f9 la Byzance chr\u00e9tienne s&rsquo;effondre (comme Isra\u00ebl en -712), une puissance nouvelle na\u00eet : celle de l&rsquo;adolescence, comparable \u00e0 celle des esclaves jadis; les \u00e9tudiants se r\u00e9voltent et, de cette r\u00e9volte, r\u00e9p\u00e9t\u00e9e sur vingt ans, surgit une autre valeur : le g\u00e9nie de Villon. Elle se fonde sur la Cr\u00e9ation, comme la neuve valeur du 7<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle avant le Christ s&rsquo;\u00e9tait fond\u00e9e sur le Dialogue, la Semblance th\u00e9\u00e2trale et les G\u00e9meaux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces temps o\u00f9 tout s&rsquo;\u00e9croule sont donc aussi des temps o\u00f9 tout se renouvelle. Certains regardent vers l&rsquo;Ouest, d\u00e9j\u00e0 : les cr\u00e9ateurs de Rome (Romulus et R\u00e9mus) ou les premiers d\u00e9couvreurs de l&rsquo;Am\u00e9rique qu&rsquo;en 1492, Christophe Colomb symbolisera. Le chemin orient\u00e9, de Galaad ou de Lulle, se fait de nouveau le chemin de l&rsquo;aventure et du miracle, d\u00e9pourvu de toute orientation. Cette inversion peut se figurer par la mont\u00e9e ou la descente d&rsquo;un alpiniste, mais l&rsquo;imagination impose d&rsquo;autres inversions.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pr\u00e8s du sommet, les voyageurs ne voient que lui. Mais, plus bas sur la pente qu&rsquo;ils montent ou qu&rsquo;ils descendent, ils ne distinguent plus \u2014 ou pas encore \u2014 le mont, perdu dans les brouillards.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au contraire, la vall\u00e9e leur apparait \u2014 encore ou d\u00e9j\u00e0 \u2014 perceptible.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quelque part, \u00e0 mi-pente, le voyageur distingue le sommet, ses glaces et ses fissures, surtout, ET la vall\u00e9e, non loin, ses p\u00e2turages et ses villages. Mais, pour les voir clairement ensemble, il lui faudrait s&rsquo;\u00e9lever, en un h\u00e9licopt\u00e8re ou un a\u00e9roplane. D&rsquo;assez haut, il ne verra pas ensemble seulement le sommet et la vall\u00e9e, mais d&rsquo;autres monts, d&rsquo;autres vall\u00e9es, et le \u00ab\u00a0pays\u00a0\u00bb tout entier.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le \u00ab\u00a0pays\u00a0\u00bb, ici, s&rsquo;impose comme le Grand Cycle dans le temps. Mais c&rsquo;est un pays plat, aux reliefs abolis, o\u00f9 la for\u00eat mange les arbres et le village les maisons, o\u00f9 les promeneurs ne sont que des points et les cort\u00e8ges des lignes \u00e0 peine sugg\u00e9r\u00e9es. Une r\u00e9alit\u00e9 g\u00e9om\u00e9trique, une coupe ou un tailloir, bien diff\u00e9rente de la r\u00e9alit\u00e9 concr\u00e8te.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il n&rsquo;\u00e9tonne pas que les peuples \u2014 et le jeune, l&rsquo;apprenti qui les incarne \u2014 refusent cette plate abstraction. En leurs r\u00e9voltes, les \u00e9tudiants de Paris, mais aussi d&rsquo;Angers ou de Montpellier, ne prennent plus au s\u00e9rieux les Topiques de Bo\u00e8ce : le <em>quadrivium <\/em>des sciences et le<em> trivium <\/em>des arts, dominants jusqu&rsquo;alors. Ils en font un jeu de cartes, le Criq (ou des Quatre et des Trois). Ils d\u00e9crochent les enseignes des boutiques, des tavernes, pour marier autrement la Truie et l&rsquo;Ours, la Pierre et le Gr\u00e8s. Ils se donnent une langue, le Jargon, l&rsquo;argot, bien \u00e9loign\u00e9e de la langue universitaire; ils se donnent des fonctions, des r\u00f4les : crocheteurs, truands ou Coquillards, bien diff\u00e9rents des beaux emplois : juges, avocats, m\u00e9decins ou professeurs auxquels les Facult\u00e9s les destinent. Par les Jaqueries les peuples aussi ont commenc\u00e9 de se r\u00e9volter, sinon ces Peuples nouveaux qui conqui\u00e8rent la Terre : Azt\u00e8ques, Incas, Mongols ou Turcs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais cette f\u00e9brilit\u00e9, ce vouloir passionn\u00e9 d&rsquo;une rapidit\u00e9, d&rsquo;une vitesse plus grande, ils ne se fondent pas sur le peuplement, comme il se devrait. Au contraire, le Monde se d\u00e9peuple sans cesse : toute la population du globe ne comptera plus qu&rsquo;\u00e0 peine cinq cent millions d&rsquo;humains vers 1600. Les \u00ab\u00a0passages passagers\u00a0\u00bb ont cess\u00e9 de se confondre : la charge ne fait plus la vitesse, mais l&rsquo;espace nargue le temps.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est fatal qu&rsquo;un alchimiste au moins en prenne conscience : ils furent cent, de premi\u00e8re grandeur, aux 14<sup>\u00e8me<\/sup> et 15<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cles. Mais le plus pr\u00e9cis d&rsquo;entre eux les r\u00e9sume tous : Georges Ripley.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"text-decoration: underline;\">Georges Ripley<\/span><\/strong> \u2014 Il est mort en 1490, au moment m\u00eame o\u00f9 l&rsquo;Am\u00e9rique va \u00eatre d\u00e9couverte, o\u00f9 peintres et m\u00e9decins, architectes, musiciens renouvellent toutes les sciences et tous les arts, porteurs aussi de sens nouveaux, et o\u00f9 deux empires neufs vont se partager la Terre, l&rsquo;Espagne et le Portugal, de par la volont\u00e9 du pape monstrueux et g\u00e9nial : Borgia.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Son \u0153uvre porte le titre : <span style=\"text-decoration: underline;\">Les Douze Portes<\/span>, car le temps des \u00ab\u00a0principes\u00a0\u00bb semble r\u00e9volu. Il s&rsquo;agit maintenant de seuils \u00e0 franchir ou non, de \u00ab\u00a0passages\u00a0\u00bb et non de voyages, fussent-ils de Galaad.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce n&rsquo;est pas que Ripley n\u00e9glige les positionnements, de l&rsquo;est ou de l&rsquo;ouest, mais il ne fait pas de l&rsquo;un le d\u00e9part et de l&rsquo;autre le terme :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0L&rsquo;Occident est le commencement de la pratique (par l&rsquo;exercice de la volont\u00e9), l&rsquo;Orient est le commencement de la th\u00e9orie (par la m\u00e9moire, \u00e9ventuellement informatique). Le principe de la destruction (le temps qu&rsquo;il vit) est entre les deux\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais, pour atteindre \u00e0 cette synth\u00e8se topologique, il aura jou\u00e9 de facteurs tout autres : concr\u00e8tement, les sexes, abstraitement le cercle, le zodiaque, et la croix \u2014 des saisons.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0De l&rsquo;Occident avance-toi vers la t\u00e9n\u00e8bre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alt\u00e8re et dissous le mari et la femme entre l&rsquo;hiver et le printemps (\u00e0 l&rsquo;\u00e9quinoxe). Change l&rsquo;eau en une terre noire et \u00e9l\u00e8ve-toi, \u00e0 travers les couleurs vari\u00e9es, vers l&rsquo;Orient, o\u00f9 se montre la pleine lune.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s le purgatoire (ou la terminaison, la forme vide) apparait le soleil blanc et radieux. C&rsquo;est l&rsquo;\u00e9t\u00e9 apr\u00e8s l&rsquo;hiver, le jour apr\u00e8s la nuit. La terre et l&rsquo;eau se sont transform\u00e9es en air (le domaine du Ph\u00e9nix, ou du Roi des Oiseaux selon Attar).\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D&rsquo;o\u00f9 : \u00ab\u00a0Il faut commencer au soleil couchant\u00a0\u00bb si l&rsquo;on veut voir venir l&rsquo;heure du Grand Midi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La r\u00e9volution n&rsquo;est pas mince, que Ripley ose formuler. Car, jusqu&rsquo;alors, les alchimistes ont tenu l&rsquo;Un (l&rsquo;En Soi ou la Substance) pour le moment et le lieu souverains : l&rsquo;Objet des qu\u00eates. Mais, pour Ripley, ce n&rsquo;est rien que l&rsquo;union de l&rsquo;\u00e9pouse et de l&rsquo;\u00e9poux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le v\u00e9ritable objet, au terme oppos\u00e9, est le purgatoire de la forme vide : le Grand Midi, vers lequel toute l&rsquo;humanit\u00e9 se dirige. Nourri de Dante, sans doute, ou des voyages de Sindbad (pour qui le Grand Oc\u00e9an, de l&rsquo;est, sous-tend un ciel nouveau), il fait du purgatoire le lieu\/moment o\u00f9 le soleil d&rsquo;un nouveau jour se l\u00e8ve, o\u00f9 s&rsquo;imposera le 8<sup>\u00e8me<\/sup> Ciel, la 8<sup>\u00e8me<\/sup> sph\u00e8re du Paradis. Intuition inconcevable, que rien ne semble justifier, quand tout s&rsquo;effondre, quand l&rsquo;humanit\u00e9 se meurt, par d\u00e9peuplement, quand tous les principes s&rsquo;abolissent! Mais Dante a dit que 1515 porterait le grand renversement, et Ripley le croit. Vingt autres proph\u00e8tes le croient aussi (d&rsquo;Ailly, de Cues) ou le croiront (Ulrich de Mayence, le R\u00e9volutionnaire du Rhin, Paracelse, Nostredame, Montaigne ou Rabelais), comme nous allons le voir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e8s le 13<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, un disciple de Joachim de Flore, le fr\u00e8re G\u00e9rard a fragment\u00e9 les temps \u00e0 venir en 5 r\u00e8gnes (et 5 r\u00e9volutions), sur l&rsquo;exemple des Assyriens\/M\u00e8des, puis des nouveaux Perses (un \u00ab\u00a0empire du sud\u00a0\u00bb : l&rsquo;Espagne), puis des nouveaux Grecs, ath\u00e9niens ou spartiates (persans ou turcs, islamiques), puis d&rsquo;une nouvelle Mac\u00e9doine et d&rsquo;un autre Alexandre, et d&rsquo;un nouvel empire romain, au terme. Il les a d\u00e9finis comme une victoire croissante des la\u00efques contre le Clerg\u00e9, des orientaux sur les occidentaux (puis \u00e0 l&rsquo;inverse), des peuples contre les rois et de l&rsquo;Ordre Nouveau, enfin, sur toutes les confusions.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le renversement, ainsi, de la victoire de l&rsquo;Orient \u00e0 celle de l&rsquo;Occident, au c\u0153ur du 3<sup>\u00e8me<\/sup> r\u00e8gne, constitue le nouveau centre d&rsquo;un processus en forme de boucle, qui renverse le cheminement vers l&rsquo;est en un nouveau voyage vers l&rsquo;ouest. Car les 4 saisons de Ripley se r\u00e9p\u00e8tent tous les ans, comme la partition du jour tous les jours, ou celle des \u00e8res toutes les grandes ann\u00e9es, etc.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est bien le temps qui est cyclique, circulaire, zodiacal, en ses 12 portes. En l&rsquo;Espace (l&rsquo;autre \u00ab\u00a0esp\u00e8ces\u00a0\u00bb) ne se formulent que les deux c\u00f4t\u00e9s du triangle, s\u00e9par\u00e9s en la base, mais joints en leur sommet, par la copulation des mari\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On dira que cette distinction n&rsquo;avait rien que de logique, de rationnel, en la fin du 15<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, apr\u00e8s l&rsquo;Apocalypse, le Coran et Dante, Joachim de Flore, Fr\u00e8re G\u00e9rard, Hildegarde, Catherine de Sienne, d&rsquo;Ailly et de Cues. Mais que dira-t-on, en retrouvant une dialectique semblable au 1<sup>er<\/sup> si\u00e8cle apr\u00e8s J.-C.?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"text-decoration: underline;\">Thessalos<\/span><\/strong> \u2014 Sa seule \u0153uvre \u2014 connue \u2014 est dat\u00e9e du r\u00e8gne de N\u00e9ron, mais elle peut l&rsquo;\u00eatre plus pr\u00e9cis\u00e9ment, car il s&rsquo;agit d&rsquo;une lettre, d&rsquo;une \u00e9pitre \u00e0 cet empereur, qui ne s&rsquo;ouvrit aux doctrines des mages et des proph\u00e8tes d&rsquo;Orient qu&rsquo;apr\u00e8s 58 et se suicida dix ans plus tard. Quelque 1 440 ans s\u00e9parent l&rsquo;\u0153uvre de Thessalos de celle de Ripley.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aucun myst\u00e8re ici, et aucun herm\u00e9tisme, bien que l&rsquo;\u00e9pitre comport\u00e2t un recours au divin!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Venu de l&rsquo;orient (la Lydie), l&rsquo;alchimiste a fait voile vers Alexandrie (\u00e0 l&rsquo;ouest) pour apprendre la science des Teintures. De nombreux ouvrages, dont celui du Roi Nechepsou, lui ont enseign\u00e9 les antipathies (les \u00e9poux disjoints) et les sympathies (leur union) des min\u00e9raux et v\u00e9g\u00e9taux entre eux. Ces accords ou d\u00e9saccords (les Opportunit\u00e9s de Zosime) se fondaient uniquement sur le zodiaque, sur les cycles du temps; car le rem\u00e8de du printemps n&rsquo;est pas celui de l&rsquo;automne, ni la bonne drogue du matin celle du soir. Mais, apr\u00e8s de nombreux \u00e9checs, Thessalos a d\u00fb reconnaitre l&rsquo;insuffisance de sa m\u00e9thode.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans un second voyage, vers l&rsquo;occident toujours (de sa Lydie vers Th\u00e8bes), l&rsquo;alchimiste a compris que l&rsquo;\u0152uvre ne se fondait pas seulement sur les cycles du temps, et que l&rsquo;effort du plus savant n&rsquo;y peut suffire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au fond de la grotte la plus obscure, en la T\u00e9n\u00e8bre, il a fait usage d&rsquo;une poudre inconnue (du phosphore?) pour \u00e9voquer le dieu sauveur : Askl\u00e9pios. Dans la fulgurance, l&rsquo;ancien dieu m\u00e9decin lui est apparu et lui a parl\u00e9. Il lui a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 le secret topologique qui, de l&rsquo;Orient \u00e0 l&rsquo;Occident, mais aussi de la montagne \u00e0 la vall\u00e9e, situe les emplacements, les dispositions favorables \u00e0 la cueillette des ingr\u00e9dients alchimiques. Car, s&rsquo;ils ne doivent pas \u00eatre cueillis n&rsquo;importe quand, ils ne peuvent \u00eatre trouv\u00e9s n&rsquo;importe o\u00f9. Ce secret, que le dieu lui a interdit de divulguer, Thessalos se propose de le confier \u00e0 l&#8217;empereur, si N\u00e9ron daigne le recevoir. Car il s&rsquo;agit d&rsquo;un secret d&rsquo;une telle complexit\u00e9 que m\u00eame un roi comme Nechepsou n&rsquo;en a connu qu&rsquo;une partie : les affinit\u00e9s des pierres et des plantes avec le Cosmos (en m\u00eame temps qu&rsquo;entre elles). Mais \u00ab\u00a0l&rsquo;esprit divin qui, dans son extr\u00eame subtilit\u00e9, traverse chaque substance, s&rsquo;est r\u00e9pandu, plut\u00f4t qu&rsquo;ailleurs, en ces endroits que l&rsquo;influx astral atteignit successivement, au cours de la r\u00e9volution cosmique\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une sym\u00e9trie parfaite n&rsquo;est pas niable entre le sch\u00e8me de Ripley et la lettre de Thessalos : ils conjuguent tous deux une figure cyclique, zodiacale et l&rsquo;analemme ou les ellipses que dessinent les 2 voies (de la forme et de la mati\u00e8re, des anges et des d\u00e9mons, de l&rsquo;opportunit\u00e9 et de la nature, de la fable et du principe encore). Ils font tous deux du Cercle une figure temporelle, que partage la croix (des saisons) et des triangles, des pyramides, des c\u00f4nes, des figures de l&rsquo;espace. Si la premi\u00e8re est g\u00e9n\u00e9rale, li\u00e9e au Genre \u2014 \u00e0 ce point qu&rsquo;elle se r\u00e9p\u00e8te d&rsquo;un jour, d&rsquo;un mois, d&rsquo;une \u00e8re \u00e0 l&rsquo;autre, la seconde se fonde sur les esp\u00e8ces, comme le dit d&rsquo;ailleurs le mot : Espace, et c&rsquo;est pourquoi les chemins de l&rsquo;alchimie exigent d&rsquo;autres guides que les chemins de la m\u00e9tallurgie, deux mille ans plus t\u00f4t. Le secret de l&rsquo;Amour et de ses qu\u00eateurs n&rsquo;est pas (ne sera pas pour le Lydien, ne fut pas pour le Chr\u00e9tien) celui de l&rsquo;Alliance et de ses tribus, ni celui de l&rsquo;Eden et de ses g\u00e9n\u00e9rations.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais, surtout peut-\u00eatre, la sym\u00e9trie s&rsquo;impose entre les deux \u00e9poques, de Thessalos et de Ripley. Car, ici et l\u00e0, les deux voies se croisent. Quand Ripley meurt, tandis que tous semblent vivre le chemin du principe, vers l&rsquo;est, un autre occident se projette : l&rsquo;Am\u00e9rique d\u00e9couverte. Lorsque le Lydien \u00e9crit, Rome \u2014 \u00e0 l&rsquo;ouest \u2014 est le but par excellence (et c&rsquo;est \u00e0 l&#8217;empereur que lui-m\u00eame \u00e9crit), mais bien des nostalgiques regardent encore vers l&rsquo;est, et, finalement, c&rsquo;est vers la Gr\u00e8ce que N\u00e9ron accomplira son grand voyage.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin, il se trouve que, dans les deux \u00e9poques, l&rsquo;Or n&rsquo;est pas un symbole pour tous. De Thessalos \u00e0 Zosime datent les pers\u00e9cutions les plus violentes contre les faiseurs de fausse monnaie : elles atteindront leur apog\u00e9e en la fin du 3<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, alors que Zosime oppose les d\u00e9mons et les anges. Une telle violence ne rena\u00eet qu&rsquo;aux si\u00e8cles qui s\u00e9parent Lulle de Ripley.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1450, on \u00e9bouillante, dans une chaudi\u00e8re, avant de pendre son corps, le faux-monnayeur, \u00ab\u00a0tra\u00eetre \u00e0 son Roy et \u00e0 Dieu\u00a0\u00bb. En d\u00e9pit de sa mauvaise vie, m\u00eame un Villon ne pourra que s&rsquo;en remettre aux anges et dire son horreur des d\u00e9mons, car l\u00e0 r\u00e9side encore le partage, comme le proclament toutes les inquisitions.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est \u00e0 craindre que, vus de l&rsquo;avion ou du deltaplane, le sommet et la vall\u00e9e n&rsquo;offriraient que ces figures contradictoires : soit le domaine des anges : l&rsquo;Or\/substance, en sa pleine valeur, et la fausse monnaie, le domaine des d\u00e9mons (en toutes les valeurs frauduleuses). Mais les cycles du temps et les lieux de l&rsquo;espace disent tout autre chose.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"text-decoration: underline;\">L&rsquo;Espace et le Temps<\/span><\/strong> \u2014 Pour les qu\u00eates du Graal et l&rsquo;alchimie de la substance, les 4 cardinaux contenaient l&rsquo;Espace, mais les unes et l&rsquo;autre ne parlaient que d&rsquo;<span style=\"text-decoration: underline;\">\u00e9tendue<\/span> : de la pierre ou du bloc, de la table ou de la coupe. Leurs d\u00e9lits m\u00eame n&rsquo;\u00e9taient que des \u00e9tendues : des faces apparentes ou du joint.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au contraire, quand ils traitaient du Temps, ils ne disaient que des dur\u00e9es : du matin ou de l&rsquo;enfance, de l&rsquo;apr\u00e8s-midi ou de l&rsquo;\u00e2ge adulte. Inverses, les deux <em>dur\u00e9es<\/em>, magique l&rsquo;une, morale l&rsquo;autre, se joignaient ou, plut\u00f4t, se chevauchaient en un moyeu\/milieu, qu&rsquo;on pouvait dire la pubert\u00e9 ou l&rsquo;ermitage, le Graal En Soi ou l&rsquo;Or\/substance. Dans l&rsquo;Instant, <em>hic et nunc<\/em> (mais aussi le <span style=\"text-decoration: underline;\">Sic<\/span> et le <span style=\"text-decoration: underline;\">Non<\/span> d&rsquo;Ab\u00e9lard) s&rsquo;alliaient la Fable, son esp\u00e9rance na\u00efve, et le principe, en sa permanente nostalgie. Ou bien : la fl\u00e8che de la perception et celle, contraire, de la conception, du Pass\u00e9 au devenir l&rsquo;une, du devenu \u00e0 l&rsquo;Avenir l&rsquo;autre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Hors des Qu\u00eates et de leurs lectures, on dirait que l&rsquo;Espace et le Temps se pr\u00e9sentent autrement, \u00e0 l&rsquo;inverse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour Thessalos et Ripley, c&rsquo;est le Temps qui se fait quadrilogique. La Croix dans le cercle, la \u00ab\u00a0partition\u00a0\u00bb le d\u00e9finit, elle seule permet de le r\u00e9partir en 4 zones, qui sont \u00e9galement 4 triangles, isoc\u00e8les et rectangles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;ingr\u00e9dient se cueille en mars ou en juillet, il est du printemps ou de l&rsquo;\u00e9t\u00e9; mais les chemins aussi, du jour, du mois, de l&rsquo;ann\u00e9e, se situent en ce quadrant-ci ou en celui-l\u00e0, et le Couple, s\u00e9par\u00e9 en plein midi, se retrouve uni au minuit. Le Pass\u00e9, l&rsquo;Avenir, le devenir et le devenu se font une quadrature : inconciliables, les premiers, quand les seconds se concilient et se chevauchent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Diff\u00e9remment, l&rsquo;Espace n&rsquo;est plus \u2014 ou pas encore \u2014 l&rsquo;\u00e9tendue, de ce corps ou de cet instrument. Il peut \u00eatre ce qui s\u00e9pare les discontinus, comme on dit encore un \u00ab\u00a0espace\u00a0\u00bb pour dire l&rsquo;intervalle qui les s\u00e9pare. Il d\u00e9borde les corps qui s&rsquo;y meuvent ou les objets qu&rsquo;on y transporte. Cet Espace est trilogique : Je ne lui reconnait que les 3 dimensions. Si les lignes, courbes ou droites, dessinent la premi\u00e8re, l&rsquo;unique, en la seconde, par le joint de l&rsquo;horizontal et du vertical, les triangles, les carr\u00e9s se reconstituent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans les 3 dimensions s&rsquo;imposent les volumes : le c\u00f4ne, la pyramide, la sph\u00e8re ou le cube, projetant seulement le r\u00eave d&rsquo;une 4<sup>\u00e8me<\/sup>, qui jouerait du contenu et du contenant. Car Je lui-m\u00eame n&rsquo;a que ces trois dimensions, s&rsquo;il ne traite que de l&rsquo;Espace.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais le centre du temps quadrilogique, o\u00f9 le situer? Au centre du cercle, \u00e0 l&#8217;embranchement des voies horizontale et verticale? Ou bien en des foyers divers, en cette ellipse-l\u00e0 (de l&rsquo;\u00e9tendue et de la dur\u00e9e) ou en celle-ci, du Temps et de l&rsquo;Espace? Ni Zosime, Lulle, ni Thessalos, Ripley n&rsquo;ont consid\u00e9r\u00e9 ce probl\u00e8me g\u00e9om\u00e9trique, trop pr\u00e9occup\u00e9s \u2014 d\u00e9j\u00e0 ou encore \u2014 par la mati\u00e8re de l&rsquo;UN.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Jean-Charles Pichon<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>III La sym\u00e9trie des abr\u00e9g\u00e9s \u00a0 La confusion, la distinction \u2014 La confusion ressemble \u00e0 la fusion, au chevauchement de la \u00ab\u00a0monture\u00a0\u00bb, mais elle n&rsquo;en est que la ressemblance, car elle ne m\u00e8ne plus \u00e0 rien, \u00e0 aucun d\u00e9placement ou &hellip; <a href=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/?p=1547\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[37],"tags":[],"class_list":["post-1547","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-les-alchimies"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1547","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1547"}],"version-history":[{"count":17,"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1547\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1835,"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1547\/revisions\/1835"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1547"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1547"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1547"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}