{"id":1055,"date":"2011-10-04T19:33:12","date_gmt":"2011-10-04T17:33:12","guid":{"rendered":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/?p=1055"},"modified":"2012-06-22T17:16:13","modified_gmt":"2012-06-22T15:16:13","slug":"les-precis-ridicules-ii-4","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/?p=1055","title":{"rendered":"LES PRECIS RIDICULES &#8211; II (4) &#8211;"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 style=\"text-align: center;\"><strong>IV<\/strong><\/h2>\n<h2 style=\"text-align: center;\">Les machines c\u00e9libataires :<\/h2>\n<h2 style=\"text-align: center;\"><strong>JARRY<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Le texte : Gestes et Opinions du docteur Faustroll<\/em>, entre autres machines c\u00e9libataires contemporaines.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il a peut-\u00eatre paru surprenant qu&rsquo;on ne puisse donner une ant\u00e9riorit\u00e9 certaine \u00e0 l&rsquo;\u0153uvre de Lie tseu sur la <em>Kosmopoiia<\/em> ou \u00e0 l&rsquo;inverse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais voici deux groupes d&rsquo;ouvrages tout proches de nous : les travaux de Jung et de Pauli d&rsquo;une part, les Machines c\u00e9libataires de l&rsquo;autre, et il n&rsquo;est pas facile de d\u00e9cider de l&rsquo;ant\u00e9riorit\u00e9 des uns sur les autres.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour mieux faire comprendre cette difficult\u00e9, je prendrai un exemple diff\u00e9rent : celui des travaux relatifs aux \u00ab\u00a0cycles moyens\u00a0\u00bb temporels : la Grande Ann\u00e9e et l&rsquo;\u00e8re pr\u00e9cessionnelle, entre autres.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La connaissance de ces cycles, encore tr\u00e8s pr\u00e9cise au 16<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle (Nostradamus, Kepler) et combattue au 17<sup>\u00e8me<\/sup>, n&rsquo;\u00e9tait plus que latente au 18<sup>\u00e8me<\/sup>, d\u00e9form\u00e9e ou annul\u00e9e au si\u00e8cle dernier.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aujourd&rsquo;hui, selon sa culture particuli\u00e8re, chaque \u00e9sot\u00e9riste cyclologue se donne un pr\u00e9curseur diff\u00e9rent : Gu\u00e9non, Paul Le Cour, K\u00fcnkel, Filipoff et se pr\u00e9sente lui-m\u00eame volontiers comme le \u00ab\u00a0premier\u00a0\u00bb synth\u00e9tiseur des syst\u00e8mes diff\u00e9rents.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une courte chronologie n&rsquo;est pas inutile ici :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1908 : Ren\u00e9 Gu\u00e9non d\u00e9finit la demi-Grande Ann\u00e9e, de quelque 12 960 ans (6 X 2 160), mais ne lui donne que 12 882 ans;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1917 : O. Spengler publie <em>Le destin de l&rsquo;Occident<\/em>, dont l&rsquo;intervalle de 2 160 ans est l&rsquo;une des cl\u00e9s;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1922 : Hans K\u00fcnkel d\u00e9finit num\u00e9riquement l&rsquo;\u00e8re du Verseau (<em>La Grande Ann\u00e9e<\/em>;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1933 : L. Filipoff date l&rsquo;\u00e8re du Taureau de -4 100, l&rsquo;\u00e8re du B\u00e9lier de -1 980, etc. (<em>Les pr\u00e9curseurs d&rsquo;Hipparque<\/em>);<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1937 : Paul Le Cour publie <em>L&rsquo;Ere du Verseau<\/em> et Christian Meir-Parm date l&rsquo;entr\u00e9e dans l&rsquo;\u00e8re de f\u00e9vrier 1962.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le printemps et l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1963 paraissent quatre ouvrages qui pr\u00e9cisent les notions d&rsquo;\u00e8res pr\u00e9cessionnelles et en tirent quelques prospectives pour l&rsquo;avenir imm\u00e9diat. De f\u00e9vrier \u00e0 juillet :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Les cahiers de cours de Mo\u00efse<\/em>, de Jean Sendy (Julliard),<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Le royaume et les proph\u00e8tes<\/em>, de l&rsquo;auteur (Laffont),<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Aspects du mythe<\/em>, de Mirc\u00e9a Eliade (Gallimard),<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>La nouvelle culture du Verseau<\/em>, de Methodi Constantinov (Courrier du Livre).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ils passent \u00e0 peu pr\u00e8s inaper\u00e7us. Mais, d\u00e9sormais, les livres seront nombreux qui reprendront et d\u00e9velopperont les arguments et les calculs de ces ouvrages. Une synth\u00e8se sur la question, la plus compl\u00e8te \u00e0 ce jour, est celle de Robert Amadou : <em>La pr\u00e9cession des \u00e9quinoxes<\/em>, dans <em>Aquarius<\/em> (1979, \u00e9ditions Albatros).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Daterons-nous les \u0153uvres charni\u00e8res sur le Verseau de la p\u00e9riode 1908\/1920, de la p\u00e9riode 1933\/1937, de l&rsquo;ann\u00e9e 1963 ou de 1979? Il faudra dire, \u00e9videmment, que, dans cette soixantaine d&rsquo;ann\u00e9es 1908\/1968 est paru un grand nombre d&rsquo;ouvrages qui ont remis au go\u00fbt du jour une science m\u00e9pris\u00e9e ou rejet\u00e9e pendant trois si\u00e8cles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Etrangement, les trois m\u00eames p\u00e9riodes : 1905\/1920, 1950\/1960 et 1978\/1980 ont vu se d\u00e9velopper, parall\u00e8lement en quelque sorte, les th\u00e8ses de l&rsquo;a-causalit\u00e9 et la reconnaissance ou la compr\u00e9hension des \u00ab\u00a0machines c\u00e9libataires\u00a0\u00bb; dans les trois cas :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">a) les pr\u00e9curseurs ont publi\u00e9 entre 1910 et 1920, Gu\u00e9non, Spengler, mais aussi Roussel (1910), Roussel de nouveau et Kafka (1914), Duchamp (1911), pour la premi\u00e8re \u00e9bauche de <em>La mari\u00e9e mise \u00e0 nu<\/em>. La premi\u00e8re \u00e9dition du <em>Docteur Faustroll<\/em> est dat\u00e9e de 1911.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Or, Jung donne pour date au commencement de ses travaux sur l&rsquo;a-causalit\u00e9 l&rsquo;ann\u00e9e 1920 et les premiers travaux de Kammerer \u00e9taient achev\u00e9s en 1919;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">b) en 1958, Eliade a publi\u00e9 ses premiers textes sur \u00ab\u00a0l&rsquo;\u00e9ternel retour\u00a0\u00bb et j&rsquo;ai d\u00e9velopp\u00e9 la th\u00e8se de l&rsquo;influence des cycles sur l&rsquo;\u0153uvre de Nostradamus.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est en 1954 que Michel Carrouges a publi\u00e9 son \u00e9tude sur Duchamp, Kafka, Roussel et Jarry, entre autres, sous le titre : <em>Les machines c\u00e9libataires<\/em> (Editions Arcanes).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et c&rsquo;est en 1950 que Jung a publi\u00e9 la premi\u00e8re version (en langue allemande) de l&rsquo;ouvrage compl\u00e9t\u00e9 et traduit en anglais en 1960.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">c) depuis 1978, j&rsquo;ai dit le renouveau d&rsquo;int\u00e9r\u00eat pour les cycles. Il correspond \u00e0 la premi\u00e8re synth\u00e8se de tous les courants scientifiques en faveur de l&rsquo;a-causalit\u00e9 : <em>Janus<\/em>, d&rsquo;Arthur K\u0153stler et, peut-\u00eatre, \u00e0 l&rsquo;\u00e9claircissement de l&rsquo;\u0153uvre de Jarry que constitue le pr\u00e9sent ouvrage.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On dira que les appareils des machines c\u00e9libataires sont \u00e9videmment ant\u00e9rieurs \u00e0 l&rsquo;appareil jungien; mais qu&rsquo;importe, en r\u00e9alit\u00e9, si celui-ci a \u00e9t\u00e9 d\u00e9crypt\u00e9 avant ceux-l\u00e0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Les machines c\u00e9libataires<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Des sept ouvrages que Michel Carrouges pr\u00e9sente comme les \u00ab\u00a0pr\u00e9curseurs\u00a0\u00bb des machines c\u00e9libataires, pas un seul ne fut tol\u00e9r\u00e9 ni m\u00eame <em>reconnu<\/em> du vivant de l&rsquo;auteur. Ce sont : tr\u00e8s d\u00e9tach\u00e9, <em>Le scarab\u00e9e d&rsquo;or<\/em> d&rsquo;Edgar Poe, puis <em>L&rsquo;Eve future<\/em>, de Villiers de l&rsquo;Isle-Adam (1886), l&rsquo;\u0153uvre de Jarry, la <em>Mari\u00e9e mise \u00e0 nu par ses c\u00e9libataires, m\u00eame<\/em>, de Marcel Duchamp, <em>Les impressions d&rsquo;Afrique<\/em> et le <em>Locus Solus<\/em>, de Raymond Roussel et <em>La colonie p\u00e9nitentiaire<\/em> de Kafka, tous ant\u00e9rieurs \u00e0 1914.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une dizaine d&rsquo;autres ont suivi, que Carrouges ne cite pas tous, d&rsquo;Apollinaire, de Mme Hillel-Erlanger, de Leiris, de Cocteau, de Maurice Fourr\u00e9, etc., pour la plupart contenus dans la p\u00e9riode de l&rsquo;imm\u00e9diate apr\u00e8s-guerre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En toutes ces \u0153uvres la Machine comporte les 4 parties auxquelles nous sommes maintenant accoutum\u00e9s, et son d\u00e9cryptage consiste uniquement en l&rsquo;\u00e9tude de chacune d&rsquo;elles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>1 \u2013 Au nord-est : le commandement indistinct<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A l&rsquo;origine des \u00e9crits herm\u00e9tiques, nous motions la mention des \u00ab\u00a0livres cach\u00e9s\u00a0\u00bb dans le temple. Puis, alors m\u00eame que Bolos trouvait ces livres, il ne pouvait les comprendre \u2013 jusqu&rsquo;au moment o\u00f9 il lisait la phrase c\u00e9l\u00e8bre sur \u00ab\u00a0la nature qui domine, celle qui vainc et celle qui s\u00e9duit\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Egalement, dans la <em>Kosmopoiia<\/em>, au niveau le plus haut, l&rsquo;Etre, m\u00eame nomm\u00e9 \u2013 doublement \u2013 demeure inintelligible (en sa nature informe et, donc, en sa totalit\u00e9).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La m\u00eame inscription illisible est au sommet droit des machines :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">dans Poe, l&rsquo;\u00e9crit n&rsquo;est pas seulement chiffr\u00e9, mais d&rsquo;abord invisible. Il faut la proximit\u00e9 \u2013 hasardeuse \u2013 d&rsquo;un feu pour que les signes en soient r\u00e9v\u00e9l\u00e9s;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">dans Kafka, l&rsquo;inscription est trop ancienne; il ne se trouve plus personne pour la lire, car le Vieux Commandant est mort;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">dans Duchamp, les 3 cases dessin\u00e9es par le peintre demeurent vides, car Duchamp ignore les signes \u00ab\u00a0sch\u00e9matiques\u00a0\u00bb qui pourraient les remplir et devraient correspondre \u00ab\u00a0\u00e0 la tripartition de la Voie lact\u00e9e\u00a0\u00bb;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">dans le <em>Locus Solus<\/em>, se produit initialement \u00ab\u00a0la formulation muette d&rsquo;anciennes paroles perdues\u00a0\u00bb, que seul Canterel peut traduire phon\u00e9tiquement. Je ne sais pourquoi, lisant ce texte, je pense toujours \u00e0 Carteret, le magicien du verbe, auquel il est interdit d&rsquo;\u00e9crire;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">dans Villiers de l&rsquo;Isle-Adam, l&rsquo;Eve future Hadaly est tout enti\u00e8re cette inscription. Car le robot f\u00e9minin n&rsquo;est qu&rsquo;un ordinateur, o\u00f9 s&rsquo;inscrivent en relief \u00ab\u00a0les gestes, la d\u00e9marche, les expressions et les attitudes de l&rsquo;\u00eatre ador\u00e9\u00a0\u00bb;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">enfin, dans le <em>Docteur Faustroll<\/em>, l&rsquo;initiateur de l&rsquo;aventure, l&rsquo;huissier, trouve porte close et ne peut donc lire son commandement \u00e0 personne, s&rsquo;en d\u00e9chargeant aux mains de M. le Maire du Q<sup>\u00e8me<\/sup> arrondissement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il faut ajouter que, dans six sur sept des appareils d\u00e9crits, la lecture impossible se double d&rsquo;un \u00ab\u00a0d\u00e9lit\u00a0\u00bb ind\u00e9termin\u00e9 ou d&rsquo;une figure ignoble. Le condamn\u00e9 de Kafka est puni pour n&rsquo;avoir pas ob\u00e9i \u00e0 l&rsquo;ordre qu&rsquo;il ne pouvait conna\u00eetre; dans Roussel, le crime, non moins incertain (une agression \u00e9rotique manqu\u00e9e) vaut au \u00ab\u00a0soldat d&rsquo;autrefois\u00a0\u00bb d&rsquo;\u00eatre enferm\u00e9 dans la mosa\u00efque que dessine l&rsquo;appareil sur le sol. S&rsquo;il vient saisir les 27 livres de Faustroll, n&rsquo;est-ce pas que l&rsquo;huissier consid\u00e8re leur possession comme un d\u00e9lit?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La figure ignoble est, dans Duchamp, une \u00ab\u00a0larve cosmique\u00a0\u00bb, dans Poe le scarab\u00e9e. Dans l&rsquo;<em>Eve future<\/em>, le professeur met le h\u00e9ros en garde contre le \u00ab\u00a0crime universel\u00a0\u00bb qu&rsquo;est la fabrication de la femme-objet et ce h\u00e9ros lui-m\u00eame, confus\u00e9ment, se sait coupable \u00ab\u00a0de n&rsquo;avoir pas su aimer\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans <em>Le Surm\u00e2le<\/em>, autre ouvrage de Jarry, d\u00e9crivant\u00a0 la partie sup\u00e9rieur de l&rsquo;appareil, un train, l&rsquo;auteur \u00e9voque le papillon Sphinx de mort entr\u00e9 dans sa chambre de c\u00e9libataire et qui cognait \u00e0 coups r\u00e9guliers le plafond : \u00ab\u00a0top, top, top\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>2 \u2013 Au nord-ouest : la mari\u00e9e ou le pendu<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le dessin de Duchamp, cette seconde partie se pr\u00e9sente comme la mari\u00e9e m\u00eame, pendue. Dans la hie de <em>Locus Solus<\/em>, elle s&rsquo;offre comme une triple griffe perpendiculaire, agrippante et p\u00e9n\u00e9trante. Dans une \u0153uvre secondaire de Poe, <em>Le puits et le pendule<\/em>, il s&rsquo;agit d&rsquo;une faux dont le tranchant, inexorablement, se rapproche du condamn\u00e9; dans <em>Le scarab\u00e9e d&rsquo;or<\/em>, c&rsquo;est un fil, descendu de l&rsquo;arbre par \u00ab\u00a0l&rsquo;\u0153il de la t\u00eate de mort\u00a0\u00bb, qui r\u00e9v\u00e8le l&#8217;emplacement du tr\u00e9sor. Dans Kafka, cette seconde partie est \u00e9galement une \u00ab\u00a0dessinatrice\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0demoiselle\u00a0\u00bb qui, perpendiculaire \u00e0 l&rsquo;inscription, va la retranscrire dans la chair du condamn\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce bourreau f\u00e9minin (la mari\u00e9e, la demoiselle, la hie) est lui-m\u00eame victime : le pendu. Carrouges va plus loin : il suppose que le d\u00e9lit inconnu \u2013 ou mal connu : impossibilit\u00e9 de lecture ou \u00e9rotisme manqu\u00e9 n&rsquo;est jamais sans rapport avec la solitude de la demoiselle ou de la mari\u00e9e (le drame de la femme incomprise et rejet\u00e9e dans <em>L&rsquo;Eve future<\/em>). Le coupable, quel que soit son crime, s&rsquo;est arrach\u00e9 d&rsquo;abord \u00e0 la Nature, \u00e0 l&rsquo;Etre, \u00e0 la Loi \u00e9ternelle que la Femme figure : son ch\u00e2timent n&rsquo;est autre que son d\u00e9lit.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>3 \u2013 Au sud-ouest : le lit de supplice<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A l&rsquo;inscription illisible et au pendu en suspension, dans la partie sup\u00e9rieure de l&rsquo;appareil, correspondent les deux parties inf\u00e9rieures.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La premi\u00e8re est l&rsquo;endroit, couche, rigole, route o\u00f9 peinent les supplici\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans Kafka, le condamn\u00e9 y est attach\u00e9, nu, et un b\u00e2illon \u00e9touffe ses cris, tandis que la herse le lac\u00e8re. Dans Roussel, le lieu de supplice est la mosa\u00efque sur le sol dont est captif le vieux soldat. C&rsquo;est un bateau-lit qu&#8217;emprunte Faustroll pour fuir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Parfois le supplice est tout autre : dans le <em>Surm\u00e2le<\/em>, il s&rsquo;agit de l&rsquo;effort surhumain que s&rsquo;imposent les cyclistes pour battre le train; dans <em>Le puits et le pendule<\/em>, de l&rsquo;angoisse du captif pris entre la faux qui le menace et le puits qui s&rsquo;ouvre pr\u00e8s de lui; dans l&rsquo;<em>Eve future<\/em>, ce sera l&rsquo;impuissance du h\u00e9ros \u00e0 aimer la femme illusoire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais, toujours le lieu de torture est plus bas que le tourmenteur, par exemple la route que le train.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il n&rsquo;est autre que la <em>dur\u00e9e<\/em>, de la vie vou\u00e9e \u00e0 la mort, de l&rsquo;entropie thermodynamique, de la d\u00e9sint\u00e9gration de l&rsquo;isotope, etc., que la <em>Kosmopoiia<\/em>, jadis, figurait par les 7 rires de Dieu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces 7 sont, chez Roussel, ant\u00e9rieurs aux \u00ab\u00a0histoires du cube de verre\u00a0\u00bb, les 7 \u00ab\u00a0ludions\u00a0\u00bb; chez Jarry : les 7 cyclistes du <em>Surm\u00e2le<\/em> ou les 7 jours de la mort universelle dans <em>Faustroll<\/em>, dont je parlerai plus loin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Chez les autres auteurs, les supplices sont divers, progressifs, minutieusement d\u00e9crits, mais ils ne sont pas nombr\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le dessin de Duchamp, les 7 c\u00f4nes frappent d&rsquo;abord le regard. Mais ils se situent au centre (dans la partie inf\u00e9rieure de l&rsquo;appareil) plut\u00f4t que franchement \u00e0 gauche. Ils surmontent les 3 engrenages dont l&rsquo;utilit\u00e9 n&rsquo;est pas d\u00e9finie.<\/p>\n<div id=\"attachment_1091\" style=\"width: 235px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/11\/JARRY2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1091\" class=\"size-medium wp-image-1091\" title=\"JARRY2\" src=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/11\/JARRY2-225x300.jpg\" alt=\"\" width=\"225\" height=\"300\" srcset=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/11\/JARRY2-225x300.jpg 225w, http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/11\/JARRY2.jpg 544w\" sizes=\"auto, (max-width: 225px) 100vw, 225px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1091\" class=\"wp-caption-text\">Illustration Pierre-Jean Debenat<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>4 \u2013 Au sud-est : le cimeti\u00e8re, l&rsquo;\u00e9claboussure<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Kafka nomme cette partie \u00ab\u00a0cimeti\u00e8re des uniformes\u00a0\u00bb. D&rsquo;autres auteurs la figurent par une succession de sc\u00e8nes ou de tableaux (Roussel, Villiers de l&rsquo;Isle-Adam). Nous verrons l&rsquo;importance qu&rsquo;elle prend dans <em>Faustroll<\/em>. On ne peut pas ne pas penser au \u00ab\u00a0cimeti\u00e8re des symboles hi\u00e9roglyphiques\u00a0\u00bb de Flamel ou aux symboles sans signification de Sc\u00e8ve.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si l&rsquo;Illisible est le Ph\u00e9nix, la herse du supplice le bec du P\u00e9lican et les supplices comme les 7 couleurs du spectre ou les 7 mutations de la Salamandre, la 4<sup>\u00e8me<\/sup> partie de l&rsquo;appareil se pr\u00e9sente d&rsquo;abord comme le Grain qu&rsquo;on met en terre et qui ne peut rejaillir qu&rsquo;<em>autre<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D&rsquo;o\u00f9, le double caract\u00e8re de la 4<sup>\u00e8me<\/sup> partie : d&rsquo;une part, un lieu de mort, d&rsquo;autre part un lieu de \u00ab\u00a0travers\u00e9e\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La mort est partout ici. Celle du h\u00e9ros, bien s\u00fbr, mais aussi celles de personnages annexes, visiteurs ou bourreaux. Dans Kafka, le supplice du Nouveau Commandant suit la mort du condamn\u00e9; dans Villiers de l&rsquo;Isle-Adam, la mort de l&rsquo;Eve future, enferm\u00e9e dans une caisse faite comme un sarcophage, est un cataclysme g\u00e9n\u00e9ral : le naufrage du navire qui transporte \u00e0 la fois le h\u00e9ros et sa caisse. Dans <em>Faustroll<\/em>, le d\u00e9sastre est universel.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette mort n&rsquo;est pas n&rsquo;importe quelle : elle s&rsquo;accompagne d&rsquo;une s\u00e9rie de ph\u00e9nom\u00e8nes d\u00e9go\u00fbtants : le vomissement (et c&rsquo;est pour ne pas r\u00e9v\u00e9ler sa nature non-humaine, en ne vomissant pas, que l&rsquo;Eve est enferm\u00e9e le temps de la travers\u00e9e), ou les \u00e9jaculations de la \u00ab\u00a0mati\u00e8re jaune\u00a0\u00bb dans <em>Faustroll<\/em>, les gesticulations d\u00e9risoires, les simulacres m\u00e9caniques de l&rsquo;amour dans le <em>Surm\u00e2le<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais, essentiellement, elle est un d\u00e9nuement ensemble qu&rsquo;un d\u00e9nouement : la <em>n\u00e9cessit\u00e9<\/em> absolue, en m\u00eame temps qu&rsquo;un enrichissement absolu : la d\u00e9couverte du tr\u00e9sor dans le <em>Scarab\u00e9e d&rsquo;or<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Comme le condamn\u00e9 devient calme \u00e0 la sixi\u00e8me heure!\u00a0\u00bb \u00e9crit Kafka. \u00ab\u00a0L&rsquo;esprit le plus simple s&rsquo;ouvre alors. Cela commence autour des yeux, puis rayonne et s&rsquo;\u00e9tend. Un spectacle qui vous tenterait de vous mettre aussi sous la herse\u2026\u00a0\u00bb (traduction de Vialatte).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Finalement, l&rsquo;homme qui parle ainsi, l&rsquo;officier, ne peut r\u00e9sister \u00e0 la tentation. Il prend la place du condamn\u00e9, sous le pr\u00e9texte de v\u00e9rifier le fonctionnement de l&rsquo;appareil. Cette simple curiosit\u00e9 \u00ab\u00a0technique\u00a0\u00bb ach\u00e8ve de d\u00e9traquer la machine. L&rsquo;officier ne conna\u00eet pas la d\u00e9livrance promise, il meurt pour rien : \u00ab\u00a0ce que tous les autres avaient trouv\u00e9 sous la chine, l&rsquo;officier ne l&rsquo;y trouvait pas\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour celui qui n&rsquo;est pas \u00ab\u00a0conforme\u00a0\u00bb, la 4<sup>\u00e8me<\/sup> partie n&rsquo;est vraiment qu&rsquo;un cimeti\u00e8re, car il n&rsquo;est d&rsquo;autre salut possible que la r\u00e9v\u00e9lation de l&rsquo;illisible inscription par les plaies de son propre corps ou les \u00e9tapes de sa propre souffrance ou les p\u00e9rip\u00e9ties absurdes de tous les \u00ab\u00a0voyages\u00a0\u00bb. De tous les morts des <em>Gestes et opinions<\/em>, seul, le docteur Faustroll atteint \u00e0 \u00ab\u00a0l&rsquo;inconnue dimension\u00a0\u00bb; de tous les personnages de <em>Locus Solus<\/em>, seule, Faustine conna\u00eetra l&rsquo;espoir de son futur accomplissement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Carrouges n&rsquo;a pas tort, ici, de parler de \u00ab\u00a0travers\u00e9e du miroir\u00a0\u00bb, r\u00e9p\u00e9tant Carroll et Cocteau. A la travers\u00e9e ne survit \u2013 au-del\u00e0 de la mort \u2013 que le voyageur qui sait souffrir sans s&rsquo;\u00e9mouvoir, ni de la douleur ni du d\u00e9sir ni du regret, lecteur jusqu&rsquo;au bout de l&rsquo;indicible.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Son propre vomissement ou flamboiement, alors, n&rsquo;est autre que sa d\u00e9livrance. Le dernier dessin de Duchamp, \u00e0 l&rsquo;extr\u00e9mit\u00e9 droite de sa figure, est cette \u00ab\u00a0\u00e9claboussure\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Les nombres de Locus Solus<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Chez la plupart, les nombres ne sont pas pr\u00e9cis\u00e9s, et seulement <em>visibles<\/em> sans l&rsquo;\u0153uvre de Duchamp. Au reste, les appareils des pr\u00e9curseurs, Poe, Villiers de l&rsquo;Isle-Adam, sont simples : les quatre parties de l&rsquo;appareil en d\u00e9couvrent tout le secret.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au contraire, Roussel est prolixe en m\u00eame temps que minutieux. Pour ne citer que son ouvrage le plus achev\u00e9, <em>Locus Solus<\/em> se pr\u00e9sente comme cette description d\u00e9taill\u00e9e d&rsquo;une visite au fabuleux domaine de Canterel.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1 \u2013 Le 1<sup>er<\/sup> chapitre est centr\u00e9 sur 4 figures : un f\u00e9tiche et 3 bas-reliefs montrant :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211; une jeune femme extasi\u00e9e dans un rouge cr\u00e9puscule,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211; la m\u00eame inconnue, royale, royale, extrayant d&rsquo;un coussin bleu un bouffon rose et borgne,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211; le borgne rose d\u00e9signant un bloc de marbre vert (l&rsquo;Ego) \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e d&rsquo;un tunnel ferm\u00e9 par une grille.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cependant, Canterel ne signale pas 3 couleurs mais 4 : le bleu, le vert, le rose et l&rsquo;or.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">2 \u2013 La hie ou demoiselle figure la 2<sup>\u00e8me<\/sup> merveille du domaine. Il ne s&rsquo;agit en fait que d&rsquo;un immense appareil dentaire m\u00fb par le vent et le soleil, la mosa\u00efque sur le sol, dont le motif est le re\u00eetre captif, se composants de dents de diff\u00e9rentes grandeurs et de diff\u00e9rentes couleurs, que la hie situe en leurs places.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">3 \u2013 Le 3<sup>\u00e8me<\/sup> chapitre contient la description de 7 ludions en suspension dans l&rsquo;<em>aqua-micans<\/em> d&rsquo;un immense diamant. Le commentaire de Canterel ne laisse pas de doute sur le caract\u00e8re historique de l&rsquo;ensemble, depuis -331 (Alexandre le Grand) jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;enfance de Wagner (1813) : 2 144 ans au lieu des 2 154 de Platon et les 2 160 de l&rsquo;\u00e8re traditionnelle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">4 \u2013 Le 4<sup>\u00e8me<\/sup> secret de Canterel se pr\u00e9sente comme un cube de verre de proportions non moins consid\u00e9rables et que l&rsquo;all\u00e9e circulaire ceinture comme une \u00eele. La promenade conduit les h\u00f4tes \u00e0 travers 8 cellules, o\u00f9 8 personnages, morts et artificiellement ressuscit\u00e9s, accomplissent r\u00e9p\u00e9titivement des gestes bizarres et prononcent des paroles absurdes, mais dont les histoires, aux p\u00e9rip\u00e9ties causalement d\u00e9duites, sont ensuite longuement cont\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">5 \u2013 La 5<sup>\u00e8me<\/sup> \u00e9tape est une chambre. Y joue le nombre 6. Aux 6 fus\u00e9es issues de 6 flacons succ\u00e8dent les 6 objets : une lampe, un poin\u00e7on, une r\u00e8gle, une tablette de cire, un appareil acoustique et une feuille de carton \u00e9vid\u00e9e qui enserre un grenat plat et taill\u00e9 en losange, dont l&rsquo;usage \u00e9galement sera explicit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le cr\u00e9puscule, c&rsquo;est par un sentier montant, escarp\u00e9, que, quittant l&rsquo;esplanade, Canterel a guid\u00e9 ses h\u00f4tes vers la chambre. La nuit venue, une \u00ab\u00a0longue descente\u00a0\u00bb conduit au 6<sup>\u00e8me<\/sup> lieu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">6 \u2013 Plac\u00e9 sous le double signe de Cyrus (date pr\u00e9cis\u00e9e : -550) et de Paracelse, 2 100 ans plus tard, le 6<sup>\u00e8me<\/sup> secret de Canterel allie la m\u00e9decine, les tarots et l&rsquo;alchimie. Les \u00ab\u00a0voyants\u00a0\u00bb : F\u00e9licit\u00e9, Luc et Sil\u00e9is sont 3; 3 les oiseaux proph\u00e9tiques; 3 les notes de musique, les tarots utilis\u00e9s, les corps trait\u00e9s par l&rsquo;alchimiste : Charbon, Soufre et Salp\u00eatre, dont le produit \u2013 la poudre \u00e0 canon \u2013 se retrouve dans les composantes du sang de F\u00e9licit\u00e9 et provoque l&rsquo;<em>explosion<\/em> qui ach\u00e8ve le chapitre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">7 \u2013 Jung arr\u00eate sa qu\u00eate aux techniques (astrologie, I King, tarots) qu&rsquo;il consid\u00e8re comme des m\u00e9thodes possibles de p\u00e9n\u00e9tration de la r\u00e9alit\u00e9 a-causale, mais qu&rsquo;il ne sait lui-m\u00eame pratiquer. Le 7<sup>\u00e8me<\/sup> chapitre les r\u00e9sume dans l&rsquo;art du Coq de No\u00ebl, astrologue et chiromancien. L&rsquo;une des cl\u00e9s en est la triple question :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">l&rsquo;ai-je eu?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 l&rsquo;ai-je?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">l&rsquo;aurai-je?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le nombre est donc le 3, mais aussi le 6, les r\u00e9ponses se groupant en \u00ab\u00a0six familles d&rsquo;esprits\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ayant \u00e9clair\u00e9 le destin de Faustine par son horoscope (Saturne dans Hercule), le Coq en d\u00e9couvre le parfait symbole dans ses cartes, sous la rubrique \u00ab\u00a0l&rsquo;ai-je eu?\u00a0\u00bb : la fuite hors de Byzance, sur un cheval noir, de la courtisane Chrysomallo \u2013 vers la \u00ab\u00a0puissante flamme unique qui d\u00e9sormais l&rsquo;accaparera tout enti\u00e8re\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une \u00e9tranget\u00e9 du p\u00e9riple est qu&rsquo;il ne commence point par le nord-est, comme les appareils ant\u00e9rieurs, mais du milieu du jour et du milieu de la partie sup\u00e9rieure, ainsi que le pr\u00e9cisent les sens de la promenade, minutieusement d\u00e9crits :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/11\/JARRY001.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1057\" title=\"JARRY001\" src=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/11\/JARRY001.jpg\" alt=\"\" width=\"748\" height=\"184\" srcset=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/11\/JARRY001.jpg 748w, http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/11\/JARRY001-300x73.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 748px) 100vw, 748px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une autre originalit\u00e9 du texte est sa constante antinomie entre la s\u00e9cheresse descriptive des symboles et la prolixit\u00e9 m\u00e9lodramatique des r\u00e9cits qui les explicitent. Il faudrait d\u00e9tailler, entre autres, les 8 histoires du cube de verre, d&rsquo;autant plus extravagantes en leur qu\u00eate d&rsquo;une causalit\u00e9 que les \u00ab\u00a0motifs\u00a0\u00bb r\u00e9p\u00e9titifs en furent plus froidement d\u00e9crits.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais plus significatifs encore sont les sept ludions en suspension dans l&rsquo;aqua-micans du grand diamant qui surmonte l&rsquo;esplanade o\u00f9 \u0153uvre la hie. Retrouv\u00e9es les paroles perdues que Cantarel traduit phon\u00e9tiquement, ces personnages se r\u00e9v\u00e8lent \u00eatre :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211; Alexandre le Grand, menac\u00e9 d&rsquo;\u00eatre \u00e9trangl\u00e9 par un fil d&rsquo;or que tire un oiseau,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211; Pilate, terrass\u00e9 par une lumi\u00e8re-croix,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211; le po\u00e8te Gilbert qui, sous l&rsquo;\u00e9clat de la lune, invente le sistre impair,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211; le nain Pizzighini, qui sue le sang \u00e0 chaque printemps,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211; Atlas, qui botte le firmament dans le Capricorne,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211; Voltaire, stup\u00e9fait par l&rsquo;\u00e9clat du visage d&rsquo;une vierge en pri\u00e8res,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211; Mme Wagner lisant le destin de son fils (Perceval?) dans les dessins d&rsquo;une \u00e9clatante limaille de fer.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ici, le th\u00e8me du Reflet (de la lumi\u00e8re, du printemps, de l&rsquo;\u00e9clat) alterne avec des termes de cr\u00e9ation (Alexandre, Gilbert, Voltaire, Wagner) comme, dans la <em>Kosmopoiia<\/em>, les th\u00e8mes du Serpent et ceux du Reflet.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Le Surm\u00e2le<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Diff\u00e9remment, les 7 rivaux du train dans le <em>Surm\u00e2le<\/em> non seulement reproduisent, en les d\u00e9calant d&rsquo;une \u00e8re pr\u00e9cessionnelle, les 7 rires de la <em>Kosmopoiia<\/em>, mais ils impliquent le m\u00eame retournement entre les 4 premiers et les 3 derniers.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comparons :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Phos\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Eshakl\u00e9o\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0 Nous\u00a0\u00a0 Genna<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Herm\u00e8s\u00a0\u00a0\u00a0 Kairos\u00a0\u00a0\u00a0 Psych\u00e9<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">et :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">les 4 cyclistes vivants<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">le mort\u00a0\u00a0 le nain\u00a0\u00a0 le surm\u00e2le<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le mort <em>simule<\/em> la vie de telle sorte qu&rsquo;on ne le distingue pas de ses compagnons vivants; le Nain est, de tous temps, un symbole herm\u00e9tique, le surm\u00e2le est le fils du Roi, le Prince.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les symboles sont ici d\u00e9cal\u00e9s comme des signes zodiacaux :<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Cancer\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Lion \u00a0\u00a0 Vierge<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">aux signes :<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">G\u00e9meaux\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Cancer\u00a0\u00a0 Lion.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quant au retournement, il est soulign\u00e9 par le fait que, <em>avant<\/em> la r\u00e9v\u00e9lation de la mort du 5<sup>\u00e8me<\/sup> cycliste, comme les c\u00e9libataires et le train (qui emporte la femme) se trouvent \u00e0 la m\u00eame hauteur, la courbe de la route se renverse, de telle sorte que les cyclistes ont l&rsquo;air de \u00ab\u00a0mouches courant sur un plafond\u00a0\u00bb. Et c&rsquo;est \u00e0 cette occasion que Jarry \u00e9voque les \u00ab\u00a0top top top\u00a0\u00bb du grand Sphinx atropos au plafond de la chambre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais, que Jarry ait lu ou non le texte hell\u00e9nistique, qu&rsquo;il l&rsquo;ait aussi profond\u00e9ment compris ou qu&rsquo;il ait, par intuition pure, recr\u00e9\u00e9 le m\u00eame appareil, ces petites rencontres sont peu de chose aupr\u00e8s du prodigieux panorama \u00e9sot\u00e9rique qu&rsquo;offre son livre le plus secret et le plus riche : les <em>Gestes et Opinions<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">LA PATAPHYSIQUE<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De toutes les machines c\u00e9libataires la plus parfaite est la Pataphysique d&rsquo;Alfred Jarry, enti\u00e8rement contenue dans <em>Les Gestes et Opinions du Docteur Faustroll<\/em>. Publi\u00e9\u00a0\u00a0\u00a0 seulement en 1911, apr\u00e8s la mort du po\u00e8te, ce Pr\u00e9cis se d\u00e9compose en huit livres, de tons et de caract\u00e8res divers. Le premier porte la date du 8 f\u00e9vrier 1898, qui put \u00eatre celui de sa composition. Le dernier n&rsquo;est pas dat\u00e9 mais, pour une raison d\u00e9cisive, que j&rsquo;exposerai, il ne peut \u00eatre ant\u00e9rieur \u00e0 l&rsquo;invention de la constante de Planck (1900), en sorte que Jarry a sans doute travaill\u00e9 au livre pendant les neuf derni\u00e8res ann\u00e9es de sa vie (1898\/1907).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;inscription qui se trouve au seuil de toutes les machines c\u00e9libataires constitue l&rsquo;essentiel du 1<sup>er<\/sup> Livre. Elle porte le nombre 27, comme la <em>Kosmopoiia<\/em> et se compose 1) des 27 livres de la biblioth\u00e8que de Faustroll, 2) des 27 \u00ab\u00a0\u00e9lus\u00a0\u00bb tir\u00e9s de ces livres.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il faut citer :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0\u00bb De Baudelaire, le Silence d&rsquo;Edgar Poe, en ayant soin de retraduire en grec la traduction de Baudelaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0De Bergerac, l&rsquo;arbre pr\u00e9cieux auquel se m\u00e9tamorphos\u00e8rent, au pays du soleil, le rossignol et ses sujets.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0De Luc, le Calomniateur, qui porta le Christ sur un lieu \u00e9lev\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0De Bloy, les cochons de la Mort, cort\u00e8ge de la Fianc\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0De Coleridge, l&rsquo;arbal\u00e8te du vieux et le squelette flottant du vaisseau qui, d\u00e9pos\u00e9 dans l&rsquo;as, fut crible sur crible.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0De Darien, les couronnes de diamant des perforatrices du Saint-Gothard.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0De Desbordes-Valmore, le canard que d\u00e9posa le b\u00fbcheron aux pieds des enfants, et les cinquante-trois arbres marqu\u00e9s \u00e0 l&rsquo;\u00e9corce.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0D&rsquo;Elskamp, les li\u00e8vres qui, courant sur les draps, devinrent des mains rondes et port\u00e8rent l&rsquo;univers sph\u00e9rique comme un fruit.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0De Florian, le billet de loterie de Scapin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Des Mille et une Nuits, l&rsquo;\u0153il crev\u00e9 par la queue du cheval volant du troisi\u00e8me Kalender, fils de roi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0De Grabbe, les treize compagnons tailleurs que massacra, \u00e0 l&rsquo;aurore, le baron Tual par l&rsquo;ordre du chevalier de l&rsquo;ordre pontifical du M\u00e9rite Civil, et la serviette qu&rsquo;il se noua pr\u00e9alablement autour du cou.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0De Kahn, un des timbres d&rsquo;or des c\u00e9lestes orf\u00e8vreries.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0De Lautr\u00e9amont, le scarab\u00e9e, beau comme le tremblement des mains dans l&rsquo;alcoolisme, qui disparaissait \u00e0 l&rsquo;horizon.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0De Mallarm\u00e9, le vierge, le vivace et le bel aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0De Mend\u00e8s, le vent du nord qui, soufflant sur la vaste mer, m\u00ealait \u00e0 son sel la sueur du for\u00e7at qui rama jusqu&rsquo;\u00e0 cent vingt ans.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0De l&rsquo;Odyss\u00e9e, la marche joyeuse de l&rsquo;irr\u00e9prochable fils de P\u00e9l\u00e9e, par la prairie d&rsquo;asphod\u00e8les.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0De P\u00e9ladan, le reflet, au miroir du bouclier \u00e9tam\u00e9 de la cendre des anc\u00eatres, du sacril\u00e8ge massacre des sept plan\u00e8tes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0De Rabelais, les sonnettes auxquelles dans\u00e8rent les diables pendant la temp\u00eate.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0De Rachilde, Cl\u00e9op\u00e2tre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0De R\u00e9gnier, la plaine saure o\u00f9 le centaure moderne s&rsquo;\u00e9broua.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0De Rimbaud, les gla\u00e7ons jet\u00e9s par le vent de Dieu aux mares.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0De Schwob, les b\u00eates \u00e9cailleuses que mimait la blancheur des mains du l\u00e9preux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0D&rsquo;Ubu Roi, la cinqui\u00e8me lettre du premier mot du premier acte.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0De Verhaeren, la croix faite par la b\u00eache aux quatre fronts des horizons.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0De Verlaine, des voix asymptotes \u00e0 la mort.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0De Verne, les deux lieues et demie d&rsquo;\u00e9corce terrestre.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On pense aux recensements insens\u00e9s de Sc\u00e8ve, mais on y pense seulement. Car les 27 \u00ab\u00a0\u00e9lus\u00a0\u00bb ne sont en rien insens\u00e9s. De l&rsquo;\u00e9sot\u00e9risme universel ils ne retiennent que les symboles-cl\u00e9s du Verseau (l&rsquo;arbre, le miroir, le vent) ou de ses alli\u00e9s dans la Personne (le fils de roi, le cr\u00e9ateur, le t\u00e9n\u00e9breux), soit en eux-m\u00eames, soit dans leurs d\u00e9riv\u00e9s (le mime pour le miroir, la lumi\u00e8re pour le roi, etc.), ainsi que les nombres-cl\u00e9s : les 4 cardinaux, les 13 tailleurs, les 53 arbres [(27 X 2) \u2013 1], etc.<a href=\"#_ftn1\">[1]<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">S&rsquo;il n&rsquo;eut recueilli ces cl\u00e9s, jamais Faustroll n&rsquo;aurait atteint au terme de son aventure.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les chapitres suivants d\u00e9crivent le voyage \u00e0 travers les 13 \u00eeles : ils n&rsquo;apportent rien de plus, apparemment, que les s\u00e9ries analogues de Roussel, Leiris, Apollinaire et Cocteau (dans <em>Le sang d&rsquo;un po\u00e8te<\/em>).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La mort de l&rsquo;univers emplit le 4<sup>\u00e8me<\/sup> Livre. Soit, pendant 7 jours :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211; la mort de tous les vidangeurs et militaires,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211; des femmes,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211; des petits enfants,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211; des quadrup\u00e8des comestibles, ruminants, \u00e0 l&rsquo;ongle divis\u00e9,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211; des cocus et clercs d&rsquo;huissiers,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211; des bicyclistes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La lumi\u00e8re se mue en fum\u00e9e le 7<sup>\u00e8me<\/sup> jour.<\/p>\n<div id=\"attachment_1092\" style=\"width: 235px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/11\/JARRY4a.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1092\" class=\"size-medium wp-image-1092\" title=\"JARRY4a\" src=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/11\/JARRY4a-225x300.jpg\" alt=\"\" width=\"225\" height=\"300\" srcset=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/11\/JARRY4a-225x300.jpg 225w, http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/11\/JARRY4a.jpg 640w\" sizes=\"auto, (max-width: 225px) 100vw, 225px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1092\" class=\"wp-caption-text\">Illustration Gilles et Pierre-Jean Debenat<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 5<sup>\u00e8me<\/sup> Livre d\u00e9crit les c\u00e9r\u00e9monies bourgeoises de la mort de <em>Latente obscure<\/em>, avec tout son appr\u00eat sentimental, \u00e9motionnel et musical; car \u00ab\u00a0une veine de liquide se rompt \u00e0 certains intervalles de pr\u00e9f\u00e9rence \u00e0 d&rsquo;autres et, selon sa nature, rend certains sons mieux que d&rsquo;autres.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette <em>r\u00e9sonance<\/em> n&rsquo;est pas seulement musicale : elle peut \u00eatre color\u00e9e. Ainsi, \u00e9crit Jarry, \u00ab\u00a0Quand Vincent van Gogh eut d\u00e9lut\u00e9 son creuset, et refroidi la masse en bon \u00e9tat de la vraie pierre philosophale\u2026 toutes choses se transmut\u00e8rent au m\u00e9tal-roi\u2026\u00a0\u00bb Et le peintre dit : Que c&rsquo;est beau le jaune!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;or de l&rsquo;alchimiste est \u00ab\u00a0jeune et vierge, de tout point semblable \u00e0 celui dont les petits enfants conchient.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 6<sup>\u00e8me<\/sup> Livre va donc d\u00e9crire, tandis que la Machine \u00e0 Peindre fonctionne, \u00ab\u00a0s&rsquo;inclinant et d\u00e9clinant en directions infiniment vari\u00e9es\u00a0\u00bb, les \u00e9jaculations de la b\u00eate Cyclamen (jaune), orthographi\u00e9e \u00ab\u00a0Clinamen\u00a0\u00bb pour y r\u00e9v\u00e9ler la n\u00e9cessaire inversion.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La couleur est ici triplement plaque tournante, comme elle le fut jadis en Gr\u00e8ce, en Chine et dans l&rsquo;Inde. Elle symbolise les fant\u00f4mes n\u00e9s de la mort et le ton de l&rsquo;ouvrage s&rsquo;y modifie, comme de la fantaisie la plus \u00e9chevel\u00e9e \u00e0 la m\u00e9ditation la plus profonde; mais aussi elle situe, aux 0,6 de la dur\u00e9e, et plus pr\u00e9cis\u00e9ment ensuite, le pont o\u00f9 se renverse la mortelle entropie en cycle inverse, comme les 13 \u00e9jaculations renversent les 13 \u00eeles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Celles-ci ouvraient sur l&rsquo;avenir; celles-l\u00e0 recr\u00e9ent le pass\u00e9, c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;\u00e8re du Poisson ou de l&rsquo;<em>Ichtus<\/em>, depuis -540 jusqu&rsquo;au temps de Nuysement (1620). Il s&rsquo;agit de :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1 \u2013 Nabuchodonosor chang\u00e9 en b\u00eate (le coucher du soleil) : -540,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">2 \u2013 le fleuve et la prairie (\u00e0 la robe verte) : -375,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">3 \u2013 vers la croix (blanche en travers du dragon vert) : -210,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">4 \u2013 la fuite de l&rsquo;ange Lucifer (le bleu, le rose) : -45,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">5 \u2013 Amour (le c\u0153ur rouge et bleu) : 120,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">6 \u2013 le bouffon (rouge) : 285,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">7 \u2013 le doigt de Dieu : toujours plus loin (vers le haut) : 450,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">8 \u2013 la peur fait le silence (le noir) : 615,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">9 \u2013 aux enfers : le sang liquide (vers le bas) : 780,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">10 \u2013 de Bethl\u00e9em aux Oliviers [le J-N-R-I (le rouge)] : 945,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">11 \u2013 simple sorci\u00e8re, en route vers le diable (rouge) : 1110,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">12 \u2013 la recr\u00e9ation du monde (\u00e0 l&rsquo;exception de la Forme) : 1275,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">13 \u2013 les m\u00e9decins et l&rsquo;amant (le vert, les g\u00e9meaux, la vaine d\u00e9votion) : 1440\/1605.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les dates sont de moi et je ne puis assurer qu&rsquo;elles soient exactes, \u00e0 vingt ans pr\u00e8s. Mais il est certain qu&rsquo;une telle succession d&rsquo;\u00e9jaculations r\u00e9sume les deux mille ans d&rsquo;Histoire, depuis la fin de Babylone jusqu&rsquo;au 17<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 7<sup>\u00e8me<\/sup> Livre d\u00e9crit la mort de Faustroll, \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 63 ans, puis le passage de son \u00e2me \u00ab\u00a0abstraite et nue\u00a0\u00bb au \u00ab\u00a0royaume de l&rsquo;inconnue dimension\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 8<sup>\u00e8me<\/sup> Livre se compose de deux lettres d&rsquo;outre-tombe, d&rsquo;un dialogue sur l&rsquo;Erotique, d&rsquo;un fragment de catachimie et de l&rsquo;ultime savant calcul relatif \u00e0 \u00ab\u00a0la surface de Dieu\u00a0\u00bb. Ce sont les seuls fondements authentiques de l&rsquo;immense science de Pataphysique dont il est \u00e0 craindre que, jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent, ses admirateurs eux-m\u00eames n&rsquo;aient per\u00e7u que le prenant d\u00e9lire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors qu&rsquo;il s&rsquo;agit peut-\u00eatre du plus pr\u00e9cis des appareils ridicules.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je crois du moins que Jarry en avait l&rsquo;ambition. Je ne peux trouver un autre sens \u00e0 l&rsquo;extraordinaire dialogue entre Mathet\u00e8s et Ibicrate (<em>Petits crayons de Pataphysique d&rsquo;apr\u00e8s Ibicrate le G\u00e9om\u00e8tre et son divin ma\u00eetre Sophrotatos l&rsquo;Arm\u00e9nien, traduits et mis en lumi\u00e8re par le docteur Faustroll<\/em>), si diff\u00e9rent de ton des premiers livres!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0La juxtaposition des deux signes (+ et -), du binaire et du ternaire, donne la figure de la lettre H, qui est Chronos, p\u00e8re du Temps ou de la Vie, et ainsi comprennent les hommes\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Le t\u00e9tragone de Sophrotatos, se contemplant soi-m\u00eame, inscrit en soi-m\u00eame un autre t\u00e9tragone, qui est \u00e9gal \u00e0 sa moiti\u00e9, et le mal est sym\u00e9trique et n\u00e9cessaire reflet du bien, qui sont uniquement deux id\u00e9es, ou l&rsquo;id\u00e9e du nombre deux\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Les nombres de Jarry<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1905, il faut \u00eatre \u00e0 demi-fou pour \u00e9crire un trait\u00e9 d&rsquo;\u00e9sot\u00e9risme et fou compl\u00e8tement pour le chiffrer. Tout le si\u00e8cle pr\u00e9c\u00e9dent a \u00e9t\u00e9 rempli des \u00e9lucubrations les plus d\u00e9mentielles en ce domaine : emploi immod\u00e9r\u00e9 du nombre d&rsquo;or (tel que \u03b8 \u2013 1 = 1\/\u03b8), du nombre \u03c0, des nombres myst\u00e9rieux pr\u00e9tendument inscrits dans la Grande Pyramide ou recueillis de quelque ancien grimoire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais, depuis trois si\u00e8cles, les math\u00e9maticiens ont jou\u00e9 de constantes non moins surprenantes que le nombre d&rsquo;or. J&rsquo;ai cit\u00e9 le Nombre d&rsquo;Avogadro. D\u00e8s 1620, Neper avait invent\u00e9 les logarithmes sur la base de e = 2,178; au si\u00e8cle suivant, Euler le nombre \u00e8 \u2013 1 = 1,718, limite \u00e0 l&rsquo;infini de la s\u00e9rie des factorielles inverses et base, au 20<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, de l&rsquo;\u00e9tude de la d\u00e9sint\u00e9gration d&rsquo;un corps radioactif. Enfin, Planck nombrait le \u00ab\u00a0quantum d&rsquo;action\u00a0\u00bb d&rsquo;un \u00e9lectron ondulatoire (de fr\u00e9quence f) : h = 6,624\u207b\u00b2\u2077 (plus proche de 6,6 lors des premi\u00e8res estimations de h).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour le profane, les nombres e, e \u2013 1, h n&rsquo;\u00e9taient pas moins irrationnels (dans le sens de fantastiques) que le nombre d&rsquo;or. Il ne peut donc surprendre que les nombres de Jarry n&rsquo;aient pr\u00eat\u00e9 qu&rsquo;au sourire. Lui-m\u00eame ne quittait pas son masque bouffon : \u00ab\u00a0J&rsquo;ai vu les deux rang\u00e9es de spectres et le spectre jaune m&rsquo;a rendu mon centim\u00e8tre par la vertu du chiffre 5,892 X 10\u207b\u00b9\u2075\u00a0\u00bb (VIII, 1<sup>\u00e8re<\/sup> Lettre d&rsquo;outre-tombe).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Le soleil est un globe froid, solide et homog\u00e8ne. Sa surface est divis\u00e9e en carr\u00e9s d&rsquo;un m\u00e8tre, qui sont la base de longues pyramides renvers\u00e9es, filet\u00e9es, longues de 696,999 km\u00a0\u00bb (VIII, 2<sup>\u00e8me<\/sup> Lettre).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Subitement, la seconde retrouv\u00e9e par la valeur absolue de 9,413 kilom\u00e8tres\u2026\u00a0\u00bb(VIII, 2<sup>\u00e8me<\/sup> Lettre).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Certainement, Jarry parodie le langage scientifique ici (le calcul de la longueur d&rsquo;onde par le temps), le langage pseudo-\u00e9sot\u00e9rique l\u00e0 (les calculs d\u00e9duits des dimensions des pyramides). Le chiffre 5,892 X 10\u207b\u00b9\u2075 est visiblement une parodie de la constante de Planck.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il n&rsquo;est qu&rsquo;un malheur : les nombres 5,892, 9,413, 696,999 ne peuvent \u00eatre hasardeux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le rapport 9,413\/5,892 = 1,5975<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">et 696 999 = 1,5975\u00b9\u2074 (puisque le sch\u00e9ma compte 13 phases).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lorsqu&rsquo;on pense au travail que repr\u00e9sente la recherche de la 14<sup>\u00e8me<\/sup> puissance de 1,5975, en un temps o\u00f9 le calculateur \u00e9lectronique n&rsquo;existe pas, on ne peut croire que Jarry s&rsquo;y soit livr\u00e9 par plaisanterie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Examinons.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">h se pr\u00e9sente comme \u00ab\u00a0la surface d\u00e9crite par le quantum d&rsquo;action de la particule ou par le rapport fr\u00e9quence\/\u00e9nergie f\/e.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Or, la surface de tout cercle est donn\u00e9e par la formule : \u03c0R\u00b2.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le rayon d&rsquo;action de la particule est alors :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">a) au carr\u00e9 :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">R\u00b2 = h\/\u03c0 = 2,094 (pour h = 6,6),<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">et b) :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">R = \u221ah\/\u03c0 = 1,44.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D&rsquo;autre part, la dur\u00e9e d&rsquo;un corps est donn\u00e9e par les 12\/7 de Platon ou les 1,718 (e \u2013 1) de la physique contemporaine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En consid\u00e9rant e \u2013 1 comme un autre rayon au carr\u00e9 (du cercle inscrit chez Platon), R&rsquo; = \u221ae \u2013 1 = 1,310,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">et le rapport R\u00b2\/R&rsquo; est 1,5975.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En possession de ces deux nombres : le rapport constant R\u00b2\/R&rsquo; = t = 1,5975 et R = 1,44, Jarry dispose des mat\u00e9riels math\u00e9matiques qui permettent de calculer les orbites de r\u00e9sonance, c&rsquo;est-\u00e0-dire les inscriptions successives des deux cercles de Platon : le cercle de la <em>dur\u00e9e<\/em> et celui de l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 arch\u00e9typale, calcul\u00e9 en fonction du seul quantum d&rsquo;action :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1,44 X 1,5975 = 2,308, peu diff\u00e9rent de 12\/5 : 2,4,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1,44 X 1,5975\u00b2 = 3,688,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1,44 X 1,5975\u00b3 = 5,892,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1,44 X 1,5975\u2074 = 9,413, etc.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En ordonn\u00e9es :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/11\/JARRY002.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1058\" title=\"JARRY002\" src=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/11\/JARRY002.jpg\" alt=\"\" width=\"743\" height=\"74\" srcset=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/11\/JARRY002.jpg 743w, http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/11\/JARRY002-300x29.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 743px) 100vw, 743px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces nombres sont si peu ridicules que, depuis de Niels Bohr, post\u00e9rieure \u00e0 celle de Jarry, <em><span style=\"text-decoration: line-through;\">h <\/span><\/em>= h\/2\u03c0, et ce nombre <em><span style=\"text-decoration: line-through;\">h<\/span> <\/em>est effectivement consid\u00e9r\u00e9 comme la constante \u00ab\u00a0cin\u00e9tique\u00a0\u00bb qui permet de calculer les positions successives de la particule sur les orbites subatomiques, par la fonction :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/11\/JARRY003.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1059\" title=\"JARRY003\" src=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/11\/JARRY003.jpg\" alt=\"\" width=\"748\" height=\"81\" srcset=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/11\/JARRY003.jpg 748w, http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/11\/JARRY003-300x32.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 748px) 100vw, 748px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Niels Bohr consid\u00e8re comme une circonf\u00e9rence (\u03c02R) la constante h, que Jarry consid\u00e8re comme une surface (\u03c0R\u00b2)<a href=\"#_ftn2\">[2]<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">S&rsquo;il ne retrouve pas ainsi la s\u00e9rie cin\u00e9tique des orbites subatomiques, il retrouve la s\u00e9rie atomique des corps chimiques, que commande la formule 2 n\u00b2.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais il retrouve bien davantage : la mesure limite de l&rsquo;infini : 696,999 Unit\u00e9s de temps, ou 1,44 X 696,999 = 1 000 Unit\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En temps platoniciens (1 260 ans), le nombre devient :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1 000 X 1 260 = 1 260 000 ans<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">ou, plus exactement :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1 003,6785 X 1 254\u00a0 : 1 258 612,8 ans.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;\u00e9tait, en 1905, la plus longue p\u00e9riode calcul\u00e9e par un \u00e9sot\u00e9riste occidental<a href=\"#_ftn3\">[3]<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et c&rsquo;\u00e9tait aussi la premi\u00e8re synth\u00e8se \u2013 presque parfaite \u2013 de l&rsquo;\u00e9sot\u00e9risme mill\u00e9naire (Platon, Ptol\u00e9m\u00e9e, Jean, Joachim) et de la physique du 20<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle. J&rsquo;en noterai une application :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Platon situait le retournement du temps entre 81\/64 et 12\/8, ou entre 1,2154 et 1,5 dans la dur\u00e9e. Entre 1 524 ans et 1 835 ans dans l&rsquo;\u00e8re pr\u00e9cessionnelle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Jarry donne le nombre : 1,44 = 1 814 dans l&rsquo;\u00e8re pr\u00e9cessionnelle, \u00e0 1 814 \u2013 1 260 = 554 ans de l&rsquo;Unit\u00e9 (ou Royaume), c&rsquo;est-\u00e0-dire aux 0,6 de la <em>dur\u00e9e<\/em> de 900 ans, ainsi que la physique contemporaine date le retournement pr\u00e9cessionnel (ou \u00ab\u00a0r\u00e9sonance\u00a0\u00bb) des 0,6 de la dur\u00e9e de l&rsquo;\u00e9lectron.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il reste que les pr\u00e9cisions croissantes donn\u00e9es au nombre h depuis 1905 affinent les nombres de Jarry et les approchent de ceux de Platon. R\u00b2 = h\/\u03c0 ne vaut plus 2,094 mais 2,108.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">R ne vaut plus 1,44 mais 1,451 ou 1 + 0,451.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il n&rsquo;est pas impossible que les limites de ces corrections, \u00e0 l&rsquo;infini, soient les nombres 2,154 et 0,464, tels que le rapport q X 1\/q = 1 soit en effet 2,154\u00a0 X \u00a00,464 = 1, permettant la s\u00e9rie :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">0,2154 X 2,154 = 0,464; 0,464 X 2,154 = 1;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1 X 2,154 = 2,154; 2,154 X 2,154 = 4,64;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">4,64 X 2,154 = 10; 10 x 2,154 = 21,54; etc.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Le point cardinal<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On dira qu&rsquo;aucune autre machine c\u00e9libataire n&rsquo;atteint \u00e0 la pr\u00e9cision de <em>Faustroll<\/em>. Il faudrait, pour en \u00eatre s\u00fbr, les analyser plus minutieusement que je ne l&rsquo;ai fait, pour ne pas fatiguer le lecteur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J&rsquo;en donnerai pour exemple <em>Le point cardinal<\/em> (1927), o\u00f9 Michel Leiris reproduit tr\u00e8s en d\u00e9tail les quatre parties de l&rsquo;appareil.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1) au nord-est se reconna\u00eet la \u00ab\u00a0rampe\u00a0\u00bb, comme une \u00ab\u00a0herse de lumi\u00e8re\u00a0\u00bb,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">2) puis la <em>chute<\/em> verticale, une cascade rempla\u00e7ant ici la mari\u00e9e, la hie ou la dessinatrice,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">3) au sud-ouest, la for\u00eat, sem\u00e9e d&rsquo;inscriptions obsc\u00e8nes, \u00ab\u00a0le sexe \u00e0 la cl\u00e9 de vo\u00fbte, d&rsquo;o\u00f9 pendait une lampe \u00e0 huile dont la flamme tenait lieu de toison\u00a0\u00bb. Les graffitis de la for\u00eat sont des tatouages \u00e0 m\u00eame la peau d&rsquo;une femme nue et qui figurent toute l&rsquo;histoire du monde, recr\u00e9ant ainsi les s\u00e9ries \u00ab\u00a0historiques\u00a0\u00bb de Roussel et de Faustroll.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quant aux machines, elles marchent au gaz et entra\u00eenent le narrateur dans un autre lit de supplice : \u00ab\u00a0Une eau limoneuse, entre deux rives industrielles, bord\u00e9es d&rsquo;usines \u00e0 gaz et de tas de charbon\u00a0\u00bb,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">4) le voyage s&rsquo;ach\u00e8ve dans un cimeti\u00e8re d&rsquo;uniformes et de livr\u00e9es annonc\u00e9 comme \u00ab\u00a0champs catalauniques\u00a0\u00bb (19 lettres). S&rsquo;y combattent des chariots et des guerriers. Quand la bataille s&rsquo;ach\u00e8ve, les 19 lettres de l&rsquo;inscription s&rsquo;inscrivent dans le sol, tandis que le nombre 19 se projette en flammes a\u00e9riennes dans le Ciel, o\u00f9 le 1 et le 9 se s\u00e9parent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je n&rsquo;aurais pas vu le moindre rapport entre les 27 de Faustroll et les 19 de Leiris si je n&rsquo;avais eu en m\u00e9moire les 19 Lettres Vivantes du proph\u00e8te iranien du 19<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, le B\u00e2b, fondateur du b\u00e2bisme (le b\u00e9ha\u00efsme aujourd&rsquo;hui) et l&rsquo;affirmation du proph\u00e8te que les Lettres seront 27 le jour o\u00f9 le Nouveau (dieu) sera survenu<a href=\"#_ftn4\">[4]<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comparons :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/11\/JARRY004.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1060\" title=\"JARRY004\" src=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/11\/JARRY004.jpg\" alt=\"\" width=\"748\" height=\"290\" srcset=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/11\/JARRY004.jpg 748w, http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/11\/JARRY004-300x116.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 748px) 100vw, 748px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il ne manque, \u00e0 ce dernier sch\u00e8me, comme aux 19 lettres du B\u00e2b, que les 4 sup\u00e9rieurs ou Anges et les 4 inf\u00e9rieurs ou pr\u00e9cessionnels, du Motif proprement dit : le nouveau dieu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est qu&rsquo;en effet, Dieu ne s&rsquo;identifie pas \u00e0 l&rsquo;Unit\u00e9. Dans le 8<sup>\u00e8me<\/sup> Livre de <em>Faustroll<\/em>, Jarry a d\u00e9montr\u00e9 que Dieu est trigone et l&rsquo;\u00e2me pareillement, mais que l&rsquo;homme est t\u00e9tra\u00e8dre \u00ab\u00a0parce que ses \u00e2mes ne sont pas ind\u00e9pendantes\u00a0\u00bb. Si les \u00e2mes se font ind\u00e9pendantes (par la synchronicit\u00e9 a-causale), l&rsquo;homme est Dieu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Jarry a conclu son livre par l&rsquo;affirmation d\u00e9cisive : <em>Dieu est le point tangent de z\u00e9ro et de l&rsquo;infini<\/em>, que toutes les machines contiennent en germe mais quel Kant avait d\u00e9j\u00e0 formul\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Le motif et l&rsquo;\u00e9motivit\u00e9<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pas plus que la <em>Kosmopoiia<\/em>, les machines c\u00e9libataires ne peuvent \u00eatre r\u00e9duites au num\u00e9rique. Une pens\u00e9e arch\u00e9typale est au travail dans ces \u00e9tranges recensements.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e8s les premi\u00e8res machines, d&rsquo;Edgar Poe et de l&rsquo;Isle-Adam, on voit se poser et s&rsquo;opposer deux attitudes du JE; non pas, comme on aurait pu s&rsquo;y attendre, le sujet et l&rsquo;objet, mais le <em>lecteur<\/em> (voyeur, observateur\u2026) et le <em>d\u00e9linquant<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Chez les deux auteurs, les deux attitudes se jouxtent tr\u00e8s \u00e9troitement, au point de se confondre. Si la r\u00e9cup\u00e9ration du tr\u00e9sor est un d\u00e9lit (dans <em>Le scarab\u00e9e d&rsquo;or<\/em>), cette r\u00e9cup\u00e9ration ne se r\u00e9alise que par le d\u00e9cryptage du parchemin; si la cr\u00e9ation de l&rsquo;Eve future est le d\u00e9lit par excellence, cette cr\u00e9ation n&rsquo;est autre qu&rsquo;une lecture (phonographique, puis cybern\u00e9tique), puisque l&rsquo;Eve n&rsquo;est qu&rsquo;un robot.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Plus tard, chez Kafka et Roussel, les deux attitudes se s\u00e9parent et se diversifient \u00e0 la fois. Chez Kafka, le d\u00e9lit l&#8217;emporte : il est la cause (ou motivation) du supplice. Mais la lecture est double : impossible dans l&rsquo;\u00e9pellation, car le chiffre de l&rsquo;inscription a \u00e9t\u00e9 perdu, mais r\u00e9alis\u00e9e dans la r\u00e9v\u00e9lation, quand les lettres s&rsquo;inscrivent dans la chair du condamn\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Chez Roussel, la lecture l&#8217;emporte : <em>Les Impressions d&rsquo;Afrique<\/em> comme le <em>Locus Solus<\/em> ne sont gu\u00e8re que des lectures. Mais, en chaque sc\u00e8ne de l&rsquo;un et chaque tableautin de l&rsquo;autre est d\u00e9crit un d\u00e9lit, ainsi que son ch\u00e2timent. Ces d\u00e9lits sont de deux ordres, soit un appauvrissement, soit un accaparement. Et le ch\u00e2timent est le d\u00e9nuement ou le hasard.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La pataphysique de Jarry reprend et ridiculise toutes ces notions. Lectures sont le voyage \u00e0 travers les 13 \u00eeles, et les 27 ouvrages retenus par Faustroll; mais d\u00e9lits sont les 27 Verbes soulign\u00e9s en chaque ouvrage et les 13 \u00e9jaculations.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ch\u00e2timent est la mort, au terme de leur dur\u00e9e, de tous les personnages, mais lectures \u2013 r\u00e9v\u00e9l\u00e9es \u2013 les Nombres et les Principes au-del\u00e0 de la mort de Faustroll.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cependant, les notions d&rsquo;\u00e9pellation et de r\u00e9v\u00e9lations (dans la Lecture) sont ici \u00e0 peine soulign\u00e9es, sauf par le rire du singe : Ha Ha, que l&rsquo;\u00e9pellation ne peut \u00e9clairer sans le secours de la r\u00e9v\u00e9lation. Quant aux notions de d\u00e9pouillement et d&rsquo;accaparement, (dans le D\u00e9lit), elles sont si bien m\u00eal\u00e9es qu&rsquo;elles en deviennent indiscernables.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est que, \u00e0 la notion de Lecture, Jarry substitue celle de <em>motif<\/em>, \u00e0 la fois \u00ab\u00a0figure\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0motivation\u00a0\u00bb; \u00e0 la notion de D\u00e9lit, il substitue celle d&rsquo;<em>\u00e9motivit\u00e9<\/em>, \u00e0 la fois \u00ab\u00a0peur de manquer\u00a0\u00bb : la n\u00e9cessit\u00e9 ou le besoin, et \u00ab\u00a0la volont\u00e9 d&rsquo;acqu\u00e9rir\u00a0\u00bb, par hasard, \u00e9v\u00e9nement ou chance.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce faisant, il d\u00e9double la dialectique kantienne entre N\u00e9cessit\u00e9 et Contingence.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il montre que la N\u00e9cessit\u00e9 n&rsquo;est pas seulement une \u00ab\u00a0causalit\u00e9\u00a0\u00bb (ou une motivation) mais aussi le d\u00e9nuement, dans le sens populaire du vocable. Et que le Contingent n&rsquo;est pas seulement le hasard de Kant et de Monod mais aussi la limite quantique, comme dans les expressions : le contingent militaire, le contingent fiscal, le contingent import-export, etc.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi se dessine une nouvelle quadrilogie, qui n&rsquo;oppose plus seulement la logique subjective (causale) et la non-logique objective (contingente), mais aussi la Certitude d&rsquo;une part, la Probabilit\u00e9 de l&rsquo;autre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Contrairement \u00e0 la pr\u00e9tention rationaliste, nous savons aujourd&rsquo;hui que la causalit\u00e9, la sp\u00e9cialisation, l&rsquo;accroissement des combinaisons possibles par la multiplication des facteurs, n&rsquo;est pas le chemin de la certitude, mais celui de l&rsquo;ind\u00e9termination, de l&rsquo;incoh\u00e9rence et de la destruction au bout.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les po\u00e8tes l&rsquo;ont toujours dit.<\/p>\n<div id=\"attachment_1093\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/11\/JARRY5a.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1093\" class=\"size-medium wp-image-1093\" title=\"JARRY5a\" src=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/11\/JARRY5a-300x185.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"185\" srcset=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/11\/JARRY5a-300x185.jpg 300w, http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/11\/JARRY5a.jpg 855w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1093\" class=\"wp-caption-text\">Illustration Pierre-Jean Debenat<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>La libert\u00e9<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les appareils des pr\u00e9curseurs, Poe, Villiers de l&rsquo;Isle-Adam, Kafka encore, n&rsquo;ont pas\u00a0 rejet\u00e9 la notion de d\u00e9lit, ni, par suite, le principe de causalit\u00e9. Ce sont des machines d&rsquo;esclaves, d\u00e9pourvues de sens (\u00e0 l&rsquo;exception de celui, tout causal, de la dessinatrice ou du pendu). D\u00e8s qu&rsquo;interviennent les sens, chez Roussel, chez Jarry, on voit que les motifs se multiplient, se pr\u00e9cisent :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211; historiques dans le sens causal,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211; r\u00e9p\u00e9titifs dans le sens inverse,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">et r\u00e9p\u00e8tent en somme les 7 rires d&rsquo;une part, les 4 pythons et les 3 reflets de l&rsquo;autre, de la <em>Kosmopoiia<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais, d&rsquo;une autre mani\u00e8re, les machines du <em>Locus Solus<\/em> et de Faustroll ont rejoint le pr\u00e9cis de Nuysement. Le probl\u00e8me n&rsquo;y est plus que celui du d\u00e9passement de la mort. Et le d\u00e9passement, en ses 4 possibilit\u00e9s, est tel que les notions de d\u00e9lit et de ch\u00e2timent, de jugement, de justification, n&rsquo;interviennent jamais plus. En m\u00eame temps, la seule vertu de nos p\u00e8res, la sensibilit\u00e9 ou l&rsquo;\u00e9motivit\u00e9, devient le p\u00e9ril par excellence; si bien qu&rsquo;il ne peut justifier la Justice.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sans doute, en 1905\/1910, la Justice est loin d&rsquo;avoir d\u00e9sert\u00e9. La France vit encore des remous de l&rsquo;affaire Dreyfus; et le proph\u00e8te de Sion, Th\u00e9odore Herzl, a vu, avant de mourir, triompher son id\u00e9e d&rsquo;une reconstruction de l&rsquo;antique Isra\u00ebl.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est au nom de la l\u00e9galit\u00e9, du Bon Droit contre le mauvais que vont \u00eatre d\u00e9clench\u00e9es les terribles h\u00e9catombes de 1914, puis, de 1939 (d\u00e8s 36, en Espagne). Depuis lors, les m\u00eames l\u00e9gislations et d&rsquo;autres, du travail par les syndicats, de l&rsquo;amour, du couple, de la procr\u00e9ation par les lois de plus en plus nombreuses, de la sociologie et de l&rsquo;\u00e9conomie par des planifications sans nombre, ont poursuivi dans la m\u00eame voie, qui n&rsquo;est pas celle de la libert\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais Roussel et Jarry n&rsquo;ont pas \u00e9crit pour leur \u00e9poque. Leurs pr\u00e9cis portent les deux si\u00e8cles \u00e0 venir. Ils en annoncent seulement le terme : un temps \u2013 tout autre \u2013 o\u00f9 la notion de d\u00e9lit aura totalement disparu, en m\u00eame temps que la justification par l&rsquo;\u00e9motivit\u00e9, pour laisser en pr\u00e9sence le contingent et la n\u00e9cessit\u00e9-besoin (le motif et la motivation) d&rsquo;une part, la r\u00e9it\u00e9ration et la pr\u00e9cession de l&rsquo;autre. Comme dans le sch\u00e8me :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/11\/JARRY005.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1066\" title=\"JARRY005\" src=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/11\/JARRY005.jpg\" alt=\"\" width=\"748\" height=\"142\" srcset=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/11\/JARRY005.jpg 748w, http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/11\/JARRY005-300x56.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 748px) 100vw, 748px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;homme que ce sch\u00e8me d\u00e9crit est le lib\u00e9r\u00e9, conscient \u00e0 la fois de sa place dans l&rsquo;univers (dans l&rsquo;espace et le temps) et de son pouvoir r\u00e9el. Lib\u00e9r\u00e9 parce que responsable, non pas en regard d&rsquo;une quelconque causalit\u00e9 mais en regard de l&rsquo;\u00e9ternel possible : l&rsquo;instant, o\u00f9 le devenir le relance, toujours vierge en l&rsquo;action non encore devenue, pour tisser \u00e0 nouveau son fil, s&rsquo;il est un ver, ou pour cr\u00e9er le nouveau cristal, le nouveau corail, le nouveau fractal, qui le motivera de nouveau.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si les \u0153uvres herm\u00e9tiques ont men\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;absurde les jeux de nombres platoniciens, on voit que les machines c\u00e9libataires m\u00e8nent jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;absurde les jeux de mots kantiens. Car le Motif vaut bien l&rsquo;Aff\u00e9rence!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il reste que ces jeux nous en disent plus sur la nature de l&rsquo;Etre que la s\u00e9riosit\u00e9 rationnelle et la gravit\u00e9 religieuse :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">que les dieux d\u00e9g\u00e9n\u00e8rent et que, si l&rsquo;Amour fut dieu, l&rsquo;\u00e9motivit\u00e9 n&rsquo;est plus que la cha\u00eene de l&rsquo;esclave, seulement balanc\u00e9 entre la peur du risque et l&rsquo;espoir de la bonne heure,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">mais que les dieux renaissent et que, par-del\u00e0 le Juge et le Jaloux, c&rsquo;est \u00e0 nouveau le d\u00e9miurge, Lib\u00e9rateur, qui dispose des figures et des motivations, qui impose le quantum, ainsi que l&rsquo;inversion, quand l&rsquo;heure en est venue\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">sinon pour le bonheur de l&rsquo;homme, du moins pour sa r\u00e9surrection.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Jean-Charles Pichon<\/p>\n<div>\n<hr size=\"1\" \/>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><a href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> Les deux seuls \u00e9lus qui ne sont pas tir\u00e9s d&rsquo;\u0153uvres contemporaines sont encore des figures du Lib\u00e9rateur : le Calomniateur ou Tentateur de Luc et le fils de P\u00e9l\u00e9e, Achille.<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><a href=\"#_ftnref2\">[2]<\/a> En fait, comme nous le verrons, il s&rsquo;agit d&rsquo;un volume (conclusion : <em>le Scepticisme<\/em>).<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><a href=\"#_ftnref3\">[3]<\/a> Car le Para indien vaut \u00e9galement 1 000 Unit\u00e9s.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref4\">[4]<\/a> Lire <em>L&rsquo;Islam dans le Coran<\/em> (Editions E-dite).<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; IV Les machines c\u00e9libataires : JARRY &nbsp; Le texte : Gestes et Opinions du docteur Faustroll, entre autres machines c\u00e9libataires contemporaines. Il a peut-\u00eatre paru surprenant qu&rsquo;on ne puisse donner une ant\u00e9riorit\u00e9 certaine \u00e0 l&rsquo;\u0153uvre de Lie tseu sur &hellip; <a href=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/?p=1055\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[41],"tags":[],"class_list":["post-1055","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-le-jeu-de-la-realite"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1055","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1055"}],"version-history":[{"count":13,"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1055\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1937,"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1055\/revisions\/1937"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1055"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1055"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1055"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}