{"id":1021,"date":"2011-10-05T11:39:58","date_gmt":"2011-10-05T09:39:58","guid":{"rendered":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/?p=1021"},"modified":"2012-06-22T17:15:35","modified_gmt":"2012-06-22T15:15:35","slug":"les-precis-ridicules-ii-2","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/?p=1021","title":{"rendered":"LES PRECIS RIDICULES &#8211; II (2) &#8211;"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 style=\"text-align: center;\"><strong>II<\/strong><\/h2>\n<h2 style=\"text-align: center;\">Les Philosophes<\/h2>\n<h2 style=\"text-align: center;\"><strong>KANT<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Texte : <em>La critique de la raison pure <\/em>(1781)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Le probl\u00e8me <\/em>\u2013<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le probl\u00e8me irr\u00e9solu devant lequel se retrouve Kant apr\u00e8s un si\u00e8cle et demi de rationalisme croissant est l&rsquo;antinomie du sujet et de l&rsquo;objet. Descartes l&rsquo;a clairement pos\u00e9 par son <em>cogito, ergo sum<\/em> : je pense en fonction de ce que je suis, c&rsquo;est-\u00e0-dire que ma perception de l&rsquo;objet n&rsquo;est qu&rsquo;une abstraction subjective qui correspond ou non \u00e0 l&rsquo;objet.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans quelle mesure y correspond-elle?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sur cette question, depuis Descartes, toute la philosophie s&rsquo;est partag\u00e9e. Alors que les rationalistes : Locke, Hume et les encyclop\u00e9distes fran\u00e7ais r\u00e9pondent : elle y correspond \u00e9troitement, comme le reflet \u00e0 son mod\u00e8le, une autre voie, de Spinoza \u00e0 Leibniz, continue de pr\u00e9tendre que \u00ab\u00a0la pens\u00e9e\u00a0\u00bb est autre chose que \u00ab\u00a0l&rsquo;\u00e9tendue\u00a0\u00bb et que l&rsquo;une et l&rsquo;autre ne peuvent s&rsquo;allier qu&rsquo;en Dieu. C&rsquo;est donc par la contemplation de l&rsquo;Etre inscrit en moi (Leibniz, Crusius) que ma pens\u00e9e subjective con\u00e7oit \u2013 fragmentairement, spatialement \u2013 l&rsquo;objet.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au plan de la m\u00e9taphysique, seul Spinoza a, sinon r\u00e9solu, envisag\u00e9 le probl\u00e8me dans sa totalit\u00e9 en faisant de l&rsquo;Etre le produit du M\u00eame (par la Pens\u00e9e) et de l&rsquo;Autre (par l&rsquo;Etendue). D\u00e8s lors, JE ne peut approcher ces attributs de l&rsquo;Etre que par ses propres modalit\u00e9s, analogues aux modalit\u00e9s des attributs de l&rsquo;Etre : l&rsquo;<em>Entendement<\/em>, par la pens\u00e9e, le <em>Tout du Monde<\/em> dans l&rsquo;\u00e9tendue et la <em>Dialectique<\/em> ou Analogie, qui \u00e9tablit de fait le rapport constant entre l&rsquo;Etre et Moi, comme elle \u00e9tablit, dans l&rsquo;Etre, le rapport constant entre ses attributs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Kant rejette cette vue transcendante de l&rsquo;Etre : il ne cite jamais Spinoza mais nous verrons qu&rsquo;il l&rsquo;utilise. Ou du moins, il ne consid\u00e8re cette vue que comme \u00ab\u00a0transcendantale\u00a0\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire comme le fruit d&rsquo;une pens\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ma perception de la r\u00e9alit\u00e9 objective, dit-il, y correspond absolument dans la mesure o\u00f9 celle-ci m&rsquo;est donn\u00e9e par la transcendance essentielle; elle n&rsquo;y correspond que relativement dans la mesure o\u00f9 la forme transcendantale que je donne \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 est la cr\u00e9ation de ma pens\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Plut\u00f4t que du Sujet et de l&rsquo;Objet, ainsi, il ne pr\u00e9tend traiter que des processus qui s&rsquo;\u00e9tablissent de l&rsquo;un \u00e0 l&rsquo;autre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il nomme <em>sentiment<\/em> (de la mati\u00e8re) le processus objet-sujet, ind\u00e9pendant de la pens\u00e9e, contingent ou hasardeux, que procurent les sensations mais \u00e9galement la sensibilit\u00e9, et, finalement, le tout du Monde de Spinoza, dans ses rapports avec JE.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il nomme <em>entendement<\/em> (des formes) le processus sujet-objet, par lequel JE impose \u00e0 l&rsquo;univers ses cat\u00e9gories et ses lois, en donnant au mot, somme toute, le m\u00eame sens que Spinoza.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aux deux \u00ab\u00a0directions\u00a0\u00bb de Platon se comparent et s&rsquo;opposent les deux termes de la \u00ab\u00a0scission premi\u00e8re\u00a0\u00bb de Kant entre le sujet et l&rsquo;objet. De la m\u00eame mani\u00e8re que Platon refusant de choisir entre les deux voies de Parm\u00e9nide et de H\u00e9raclite, Kant refuse la voie causale de Descartes et la voie mystique de Spinoza. Si l&rsquo;Entendement \u0153uvre dans le sens sujet\/objet en r\u00e9inventant les formes de l&rsquo;\u00e9tendue, la Sensibilit\u00e9 \u0153uvre dans le sens objet\/sujet en imposant au Je-sujet la mati\u00e8re m\u00eame de l&rsquo;existence.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il s&rsquo;ensuit que \u00ab\u00a0l&rsquo;objet de la pens\u00e9e\u00a0\u00bb est la forme, non la mati\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Kant fait appara\u00eetre ainsi la n\u00e9cessit\u00e9 de cadres de la pens\u00e9e (les <em>cat\u00e9gories<\/em>) tels que ce cadres satisfassent la logique de l&rsquo;entendement (donnent une forme n\u00e9cessaire \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9) et recueillent l&rsquo;essence mat\u00e9rielle de l&rsquo;Etre, c&rsquo;est-\u00e0-dire laissent ouvertes les portes par lesquelles l&rsquo;Etre me communique son sentiment, malgr\u00e9 l&rsquo;apparente contingence de la sensibilit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il fait de la relation sujet\/objet, l&rsquo;Entendement, une n\u00e9cessit\u00e9 formelle et, de la relation inverse, une contingence mat\u00e9rielle dont l&rsquo;accord autorise le JE, tout \u00e0 la fois, \u00e0 recevoir la substance de l&rsquo;Etre et \u00e0 lui inventer des formes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On a not\u00e9 que le choix des Id\u00e9es formelles contre la Mati\u00e8re invisible n&rsquo;entra\u00eenait pas le philosophe grec \u00e0 nier l&rsquo;existence de l&rsquo;Invisible; car, derri\u00e8re les ombres formelles que distinguent les habitants de la caverne se tient l&rsquo;immortel Eros, le dieu du Nombre et de la Direction.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De m\u00eame, le choix de la forme cat\u00e9gorielle contre le Sentiment mat\u00e9riel n&rsquo;entra\u00eene pas Kant \u00e0 nier cette mati\u00e8re \u00ab\u00a0transcendante\u00a0\u00bb, cette substance de l&rsquo;Etre; car, derri\u00e8re les cat\u00e9gories que l&rsquo;Entendement cr\u00e9e se tient l&rsquo;<em>Archetypus intellectus <\/em>ou Intuition des Arch\u00e9types, le Verbe Interne des Rose-Croix, l&rsquo;Harmonie cr\u00e9atrice de Leibniz et Crusius.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si la raison permet de construire de construire les Id\u00e9es ou les Cat\u00e9gories de l&rsquo;Etre, l&rsquo;appr\u00e9hension de l&rsquo;Etre demeure hors de la raison : elle est nomm\u00e9e un \u00ab\u00a0saut\u00a0\u00bb chez les deux philosophes, c&rsquo;est-\u00e0-dire une rupture dans la d\u00e9marche causale, par laquelle JE passe de la causalit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;a-causalit\u00e9 ou du \u00ab\u00a0sens\u00a0\u00bb au \u00ab\u00a0cens\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">N\u00e9anmoins, Platon n&rsquo;a pas laiss\u00e9 trace du raisonnement par lequel il en est venu \u00e0 formuler ses 4 termes et ses 3 dimensions : il les avait re\u00e7us, comme une \u00e9vidence \u00e9ternelle, des pr\u00eatres \u00e9gyptiens et des mythologues grecs qui l&rsquo;avaient pr\u00e9c\u00e9d\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Kant rejette au d\u00e9part tout cet \u00e9sot\u00e9risme, celui des musulmans comme celui des scolastiques, et l&rsquo;h\u00e9ritage de Dante non moins que celui des Grecs. C&rsquo;est logiquement qu&rsquo;il veut en venir \u00e0 l&rsquo;Appareil dont il ressent l&rsquo;imp\u00e9rieux besoin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Le contenant et le contenu<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aucun des grands philosophes syst\u00e9matiques : Descartes, Spinoza et Kant ne parle express\u00e9ment du Contenant et du Contenu de JE, mais ils ne cessent de s&rsquo;y r\u00e9f\u00e9rer.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quand Descartes parle des \u00ab\u00a0substances\u00a0\u00bb : la pens\u00e9e et l&rsquo;\u00e9tendue, il entend le contenu de JE (la pens\u00e9e) et son contenant (l&rsquo;\u00e9tendue). De m\u00eame Spinoza; \u00e0 cela pr\u00e8s qu&rsquo;il fait de la Pens\u00e9e le contenu de l&rsquo;<em>Etre m\u00eame<\/em> et de l&rsquo;Etendue ce qui \u00e9mane de l&rsquo;Etre, en tant que m\u00eame chose ou chose diff\u00e9rente, mais toujours <em>autre<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par suite, quand Spinoza traite des modes de la Substance : le temps ou la n\u00e9cessit\u00e9, la dialectique, le \u00ab\u00a0tout du monde\u00a0\u00bb, il n&rsquo;en fait pas les modes d&rsquo;un seul des attributs mais des deux attributs ensemble : ce sont \u00e0 la fois les modes de la Pens\u00e9e et de l&rsquo;Etendue.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quand il dit l&rsquo;Entendement (du sujet vers l&rsquo;objet), Kant parle d&rsquo;une voie du contenu de JE vers son contenant. Et il parle d&rsquo;une voie du contenant de JE vers son contenu quand il dit la Mati\u00e8re ou la Sensibilit\u00e9. Mais il n&rsquo;oublie jamais que son syst\u00e8me n&rsquo;est que le produit de son entendement (y compris l&rsquo;id\u00e9e qu&rsquo;il se fait de la voie inverse). Plut\u00f4t, ainsi, qu&rsquo;il ne traite du Contenant de JE et de son contenu, c&rsquo;est le JE lui-m\u00eame son seul objet, \u00e0 la fois comme contenu dans l&rsquo;\u00e9tendue et contenant d&rsquo;une pens\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En tant que contenu dans l&rsquo;Etendue, Je n&rsquo;est qu&rsquo;en <em>relation<\/em> avec l&rsquo;Autre; en tant que contenant d&rsquo;une Pens\u00e9e, JE n&rsquo;est que mode ou une <em>modalit\u00e9<\/em> de l&rsquo;En-soi ou de soi-m\u00eame, et cela qu&rsquo;il soit en relation avec le \u00ab\u00a0Tout du monde\u00a0\u00bb ou avec une r\u00e9alit\u00e9 transcendante; que l&rsquo;objet de sa pens\u00e9e soit abstrait ou concret.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les deux premiers cadres cat\u00e9goriels doivent donc \u00eatre, n\u00e9cessairement, la Relation et la Modalit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">N\u00e9anmoins, en tant que cadres cat\u00e9goriels, elles ne sont, l&rsquo;une et l&rsquo;autre, que des modes de la Pens\u00e9e; et, en tant qu&rsquo;elles refl\u00e8tent la r\u00e9alit\u00e9 mat\u00e9rielle, ext\u00e9rieure \u00e0 JE ou int\u00e9rieure \u00e0 lui (ses organes, son sang, ses cellules, ses \u00e9tats), elles se pr\u00e9sentent, l&rsquo;une et l&rsquo;autre, comme des relations du sujet et de l&rsquo;objet.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme Spinoza rattache les modes de l&rsquo;Etre non pas \u00e0 l&rsquo;un de ses attributs (l&rsquo;Etendue ou la Pens\u00e9e), mais aux deux attributs joints, Kant doit y rattacher non seulement les modalit\u00e9s mais les relations.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aux 3 modes de Spinoza : Entendement, Tout du monde et Dialectique (mouvement\/repos) correspondent donc chez Kant trois cat\u00e9gories de la Relation et trois cat\u00e9gories de la Modalit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il imagine que l&rsquo;Etre est \u00e0 la fois une subjective modalit\u00e9 et une objective relation. En tant que modalit\u00e9, c&rsquo;est l&rsquo;antique substance de Spinoza ou la nouvelle causalit\u00e9 de Descartes, mais toujours <em>continue<\/em>, comme le fut autrefois l&rsquo;exhalaison \u00ab\u00a0humide\u00a0\u00bb d&rsquo;Aristote, et comme l&rsquo;est aujourd&rsquo;hui la loi de causalit\u00e9. En tant que relation, c&rsquo;est l&rsquo;antique forme ou figure, soit l&rsquo;exhalaison \u00ab\u00a0s\u00e8che\u00a0\u00bb d&rsquo;Aristote soit la forme cat\u00e9gorielle, mais toujours <em>discontinue<\/em>, c&rsquo;est-\u00e0-dire possible ou impossible, existante ou inexistante.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais cet Etre transcendant n&rsquo;int\u00e9resse pas Kant, dont le seul propos est le JE, qui inverse ces approches de l&rsquo;Etre, comme la vision inverse de l&rsquo;objet. C&rsquo;est alors dans la relation que JE saisit quelque chose des modalit\u00e9s de l&rsquo;Etre, comme substance ou causalit\u00e9; c&rsquo;est dans sa modalit\u00e9 propre que JE assume le probable et l&rsquo;improbable, l&rsquo;existence ou l&rsquo;inexistence.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Car il est lui-m\u00eame, JE, ext\u00e9rieurement discontinu (un corps parmi les autres corps) et, comme aspect, une simple <em>partie<\/em> de l&rsquo;Etendue, mais int\u00e9rieurement continu (substantiellement et rationnellement) et, comme \u00e9tat, la <em>totalit\u00e9<\/em> de ses pens\u00e9es et de ses organes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e8s lors, aux deux relations subjectives (substance\/causalit\u00e9) le philosophe adjoint la <em>r\u00e9ciprocit\u00e9<\/em>; ou, au cat\u00e9gorique et \u00e0 l&rsquo;hypoth\u00e9tique, le disjonctif (ni, ou).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aux deux modalit\u00e9s objectives (possible\/impossible, existence\/inexistence), il adjoint la modalit\u00e9 synth\u00e9tique : <em>n\u00e9cessit\u00e9\/contingence<\/em>. C&rsquo;est-\u00e0-dire : \u00e0 l&rsquo;assertorique, qui affirme, et probl\u00e9matique (qui doute), l&rsquo;apodictique ou l&rsquo;irr\u00e9versibilit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais, dans ce syst\u00e8me, que devient l&rsquo;Objet?<\/p>\n<div id=\"attachment_1035\" style=\"width: 234px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/KANT8.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1035\" class=\"size-medium wp-image-1035\" title=\"KONICA MINOLTA DIGITAL CAMERA\" src=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/KANT8-224x300.jpg\" alt=\"\" width=\"224\" height=\"300\" srcset=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/KANT8-224x300.jpg 224w, http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/KANT8.jpg 602w\" sizes=\"auto, (max-width: 224px) 100vw, 224px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1035\" class=\"wp-caption-text\">Illustration Pierre-Jean Debenat<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Quantit\u00e9 et qualit\u00e9<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En l&rsquo;\u00e9clatement de l&rsquo;Etre (forme\/substance), cons\u00e9cutif \u00e0 la fin du Temps d&rsquo;Amour, la Forme est devenue l&rsquo;objet et la Substance le sujet.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Puis, le Sujet s&rsquo;est scind\u00e9 en mati\u00e8re et nature (essence, loi, en-soi, \u00eatre m\u00eame), l&rsquo;une et l&rsquo;autre continues.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En m\u00eame temps, l&rsquo;Objet se scindait en apparences (qualit\u00e9s, couleurs) et nombre (la quantit\u00e9), les unes et l&rsquo;autre discontinues.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Depuis le 16<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, ridiculis\u00e9es par les libertins, les formes-nombres sont presque enti\u00e8rement abandonn\u00e9es; elles ne subsistent plus que comme \u00ab\u00a0\u00e9tats de caducit\u00e9\u00a0\u00bb ou comme \u00ab\u00a0quantit\u00e9s de mouvements\u00a0\u00bb (par exemple, dans les lois de Galil\u00e9e), c&rsquo;est-\u00e0-dire dans le sens pass\u00e9-avenir, de la cause (l&rsquo;origine) \u00e0 l&rsquo;effet (la mort).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un Spinoza, au contraire, loin de relier les Qualit\u00e9s aux apparences, en a fait des degr\u00e9s de perfectionnement (donc, num\u00e9riques). Pour le mythologue, la forme n&rsquo;est plus que Nombre, et le mythologue se fait math\u00e9maticien, de Neper \u00e0 Gauss, par Newton et Boscovitch. Pour le rationaliste, la forme n&rsquo;est plus que la Qualit\u00e9 apparente, donc observable et reproductible.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ici encore, Kant ne suit aucune des deux voies. Gardant les vocables \u00ab\u00a0quantit\u00e9\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0qualit\u00e9\u00a0\u00bb, il les rattache non aux formes ext\u00e9rieures mais au JE m\u00eame, consid\u00e9r\u00e9 comme un objet.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous avons vu que JE, tout \u00e0 la fois, est contenu dans l&rsquo;Etendue et contenant d&rsquo;une Pens\u00e9e. Il est donc, \u00e0 la fois, partie et totalit\u00e9, comme l&rsquo;est d&rsquo;ailleurs toute Unit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e8s le 15<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, le cardinal de Cues avait con\u00e7u que l&rsquo;Un est ce primordial, comme <em>maximum<\/em> de toutes les fractions moindres que l&rsquo;Unit\u00e9, et ce primaire, comme <em>minimum<\/em> de tous les ensembles imaginables, plus grands que l&rsquo;Unit\u00e9. Kant ne cite pas de Cues, mais peut-\u00eatre le connaissait-il par Leibniz, pour qui le Un, \u00e9galement, est, quantitativement, cette partie et ce tout :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1 = q X 1\/q,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">c&rsquo;est-\u00e0-dire que, dans l&rsquo;unit\u00e9 de l&rsquo;Etre, le nombre q ne cro\u00eet pas sans que la fraction 1\/q d\u00e9croisse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La vraie trouvaille de Kant est d&rsquo;avoir d\u00e9couvert que, en tant que totalit\u00e9, JE affirme \u00ab\u00a0son\u00a0\u00bb existence; en tant que partie, il nie ce qu&rsquo;il n&rsquo;est pas.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Toute quantit\u00e9 est donc l&rsquo;une de ces trois :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">a) le 1, plus petite partie de tout ensemble, et tous les nombres entiers plus grands que 1,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">b) le 1, maximum de toutes les fractions ou d\u00e9cimales inf\u00e9rieures \u00e0 l&rsquo;unit\u00e9,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">c) le <em>singulier<\/em>, \u00e0 la fois partie et totalit\u00e9, comme contenu et contenant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Toute qualit\u00e9 est l&rsquo;une de ces trois :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">a) vue par la JE totalit\u00e9 : la r\u00e9alit\u00e9 subjective ou l&rsquo;<em>affirmation <\/em>de cette r\u00e9alit\u00e9,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">b) vue par le JE partie : la <em>n\u00e9gation<\/em> de ce qu&rsquo;il n&rsquo;est pas,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">c) l&rsquo;infinit\u00e9 de la pens\u00e9e-totalit\u00e9 et la limite qu&rsquo;impose \u00e0 ce qu&rsquo;il n&rsquo;est pas le JE-partie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aux 4 cadres cat\u00e9goriels, n\u00e9cessaires et suffisants, qu&rsquo;il nomme : Relation, Modalit\u00e9, Quantit\u00e9, Qualit\u00e9, Kant juxtapose les 3, non pas \u00e0 l&rsquo;un ou l&rsquo;autre des cadres mais aux 4 ensemble.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il les nomme :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9, partie, singulier dans la Quantit\u00e9,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">affirmation, n\u00e9gation, infini\/limite dans la Qualit\u00e9,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">cat\u00e9gorie, hypoth\u00e8se, disjonction dans la Relation,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">probl\u00e9matique, assertorique, apodictique (ou irr\u00e9versible) dans la Modalit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin \u2013 et c&rsquo;est l\u00e0 le point faible dans son syst\u00e8me \u2013 le philosophe affirme qu&rsquo;aux 12 jugements (subjectifs) correspondent en effet les 12 cat\u00e9gories, constitutives de la r\u00e9alit\u00e9 :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">au jugement cat\u00e9gorique (A = B), le rapport substance\/accident,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">au jugement hypoth\u00e9tique (s&rsquo;il y a, il y a), le rapport causal,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">au jugement disjonctif (ou\u2026 ou\u2026), la r\u00e9ciprocit\u00e9,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">au jugement assertorique, l&rsquo;existence ou l&rsquo;inexistence,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">au jugement probl\u00e9matique, le possible ou l&rsquo;impossible,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">au jugement apodictique, la dualit\u00e9 n\u00e9cessit\u00e9\/contingence,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">au jugement particulier, la pluralit\u00e9, ensemble des parties,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">au jugement g\u00e9n\u00e9ral, la totalit\u00e9,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">au jugement singulier, l&rsquo;unit\u00e9 (partie ou totalit\u00e9),<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">au jugement affirmatif, la r\u00e9alit\u00e9,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">au jugement n\u00e9gatif, la n\u00e9gation ou l&rsquo;irr\u00e9el,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">au jugement infini, la dualit\u00e9 limite\/infini.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et il en d\u00e9duit les 3 sch\u00e8mes :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/KANT001.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1022\" title=\"KANT001\" src=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/KANT001.jpg\" alt=\"\" width=\"703\" height=\"419\" srcset=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/KANT001.jpg 703w, http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/KANT001-300x178.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 703px) 100vw, 703px\" \/><\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>C&rsquo;est-\u00e0-dire que, de 3 sch\u00e8mes construits sur le mod\u00e8le :<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">contenant<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">________<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">contenu<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">il fait le sch\u00e8me de la r\u00e9alit\u00e9 contenante ou \u00e9tendue (a), le sch\u00e8me de la pens\u00e9e contenue (b) et le sch\u00e8me du JE lui-m\u00eame, contenu dans l&rsquo;\u00e9tendue et contenant de la pens\u00e9e (c). Mais c&rsquo;est ce qu&rsquo;aucun raisonnement ne l&rsquo;autorise \u00e0 faire. Car son syst\u00e8me ne refl\u00e8te pas la r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<p><em>Les malentendus<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ontologiquement, le syst\u00e8me kantien se pr\u00e9sente comme une restriction en 3 points de la r\u00e9alit\u00e9 :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">a) elle exclut la <em>transcendance<\/em> (l&rsquo;Etre en soi) pour se satisfaire d&rsquo;une approche formelle, <em>transcendantale<\/em>, de l&rsquo;Etre;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">b) dans le transcendantal, elle exclut le sens objet\/sujet ou la sensibilit\u00e9 pour se satisfaire de l&rsquo;entendement (le rapport sujet\/objet);<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">c) dans l&rsquo;entendement, elle pr\u00e9tend identifier les jugements cat\u00e9goriels aux cat\u00e9gories m\u00eames de la r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il s&rsquo;ensuit qu&rsquo;en regard de la r\u00e9alit\u00e9, le syst\u00e8me n&rsquo;est qu&rsquo;un immense malentendu. Or, Kant n&rsquo;en nomme pas 3 mais 4.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Soit le sch\u00e8me g\u00e9n\u00e9ral :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/KANT002.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1025\" title=\"KANT002\" src=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/KANT002.jpg\" alt=\"\" width=\"1057\" height=\"125\" srcset=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/KANT002.jpg 1057w, http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/KANT002-300x35.jpg 300w, http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/KANT002-1024x121.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 1057px) 100vw, 1057px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 2, le malentendu est <em>m\u00e9taphysique<\/em> : il joue de l&rsquo;en-soi, la chose m\u00eame, l\u00e0-bas, \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur, et de son aperception ici, \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de JE.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Kant corrige le malentendu, dans la relation, en 3, par le rapport causalit\u00e9\/substance et la croyance en une r\u00e9ciprocit\u00e9 entre l&rsquo;Etre comme cause et comme en-soi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 3, le malentendu est <em>logique<\/em> : il joue de l&rsquo;objectivit\u00e9 per\u00e7ue comme apparence formelle (les m\u00eames causes produisent les m\u00eames effets) et de l&rsquo;objectivit\u00e9 r\u00e9elle ou substantielle (A n&rsquo;est que A).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Kant corrige le malentendu, dans la Quantit\u00e9, en 1, par le rappel que l&rsquo;exigence logique se situe hors du rapport r\u00e9el sujet\/objet : le saut est constamment requis de la simple logique formelle (o\u00f9 le contenant contient le contenu) \u00e0 une logique transcendantale (o\u00f9 le JE contenant de l&rsquo;en-soi est contenu dans le hors-soi).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1, le malentendu est <em>m\u00e9thodologique<\/em> : il proc\u00e8de de l&rsquo;anticipation de la pens\u00e9e sur l&rsquo;acte, si bien que JE ne retrouve dans la connaissance (en tant que totalit\u00e9) que ce qu&rsquo;il y a lui-m\u00eame inclus (en tant que partie).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Kant corrige le malentendu, en 4, par le saut qui fait passer des hypoth\u00e8ses rationnelles ou num\u00e9riques (par exemple, en math\u00e9matique) \u00e0 l&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;une totalit\u00e9 transcendantale, qui recouvrirait les fondements m\u00eames de la pens\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 4, le malentendu est <em>psychologique<\/em> : il consiste en la cr\u00e9ation \u2013 r\u00e9active \u2013 de la r\u00e9alit\u00e9 ext\u00e9rieure. C&rsquo;est l&rsquo;impossibilit\u00e9 d&rsquo;objectiver sa pens\u00e9e sans la trahir, en se consid\u00e9rant soi-m\u00eame comme ext\u00e9rieur \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 (observateur ou juge) et contenant de la notion prise alors pour l&rsquo;objet, ou de la carte prise pour le territoire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Kant corrige le malentendu, en 2, par le rappel de la validit\u00e9 objective de la pens\u00e9e, transcend\u00e9e par la prise de conscience de la \u00ab\u00a0constitution du sujet\u00a0\u00bb, limit\u00e9 et non infini.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais on voit qu&rsquo;ainsi, le rem\u00e8de au malentendu psychologique, en 4, reconduit au malentendu m\u00e9thodologique, en 1 : l&rsquo;anticipation de la pens\u00e9e sur l&rsquo;acte;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">que le rem\u00e8de au malentendu m\u00e9thodologique, en 1, reconduit au malentendu logique, entre la cause et toute hypoth\u00e8se rationnelle d&rsquo;une part, et la substance mat\u00e9rielle et toute assertion existentielle de l&rsquo;autre;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">que le rem\u00e8de au malentendu logique, en 3, reconduit au malentendu m\u00e9taphysique ou \u00e0 l&rsquo;impossible rapport entre l\u00e0-bas et ici;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">que le rem\u00e8de au malentendu m\u00e9taphysique, en 2, reconduit au malentendu psychologique, la cr\u00e9ation r\u00e9active de la r\u00e9alit\u00e9 ext\u00e9rieure.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Kant a fait tourner l&rsquo;appareil dans le sens pr\u00e9cessionnel : 2 \u2013 3 \u2013 1 \u2013 4 \u2013 2,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">alors qu&rsquo;il tourne dans le sens des aiguilles d&rsquo;une montre (dans le sch\u00e9ma choisi) : 4 \u2013 1 \u2013 3 \u2013 2 \u2013 4.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Or, ces malentendus, relatifs aux 4 seuils, et cette erreur, plus grave, relative aux 2 sens, n&rsquo;ont qu&rsquo;une seule origine : le non-renversement du sch\u00e8me des jugements subjectifs au sch\u00e8me des 12 cat\u00e9gories objectives (constitutives de la r\u00e9alit\u00e9).<\/p>\n<div id=\"attachment_1036\" style=\"width: 234px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/KANT9.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1036\" class=\"size-medium wp-image-1036\" title=\"KONICA MINOLTA DIGITAL CAMERA\" src=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/KANT9-224x300.jpg\" alt=\"\" width=\"224\" height=\"300\" srcset=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/KANT9-224x300.jpg 224w, http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/KANT9.jpg 602w\" sizes=\"auto, (max-width: 224px) 100vw, 224px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1036\" class=\"wp-caption-text\">Illustration Pierre-Jean Debenat<\/p><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>L&rsquo;inversion<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si la complexit\u00e9 des 4 malentendus peut se r\u00e9duire aux 3 restrictions du syst\u00e8me kantien, il ne doit pas \u00eatre impossible de rem\u00e9dier \u00e0 ceux-l\u00e0 en supprimant celles-ci. C&rsquo;est-\u00e0-dire :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">a) en d\u00e9finissant le <em>transcendantal<\/em> comme une \u00ab\u00a0relation\u00a0\u00bb typiquement kantienne et en le resituant dans l&rsquo;Etre informel (la transcendance rejet\u00e9e),<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">b) en d\u00e9finissant l&rsquo;<em>entendement<\/em> comme relationnel et modal : la totalit\u00e9 des pens\u00e9es mais une partie dans le transcendantal,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">c) en d\u00e9finissant le syst\u00e8me <em>cat\u00e9gorique<\/em> comme un \u00e9tat ou mode de la pens\u00e9e, li\u00e9 \u00e0 un moment (de l&rsquo;histoire calend\u00e9rique), en m\u00eame temps qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;Etre formel, mais immat\u00e9riel, que Kant a nomm\u00e9 l&rsquo;Archetypus Intellectus.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais cela ne se peut sans d\u00e9finir le double rapport entre la Forme et la Substance d&rsquo;une part, la Pens\u00e9e et l&rsquo;Etendue de l&rsquo;autre. Or, ce n&rsquo;est pas le plus ais\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans la voie cart\u00e9sienne, seule la mati\u00e8re est objective, \u00e9tendue, toute pens\u00e9e se pr\u00e9sente comme subjective, essentielle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans la voie de Spinoza, l&rsquo;\u00e9tendue est \u00e9galement ext\u00e9rieure \u00e0 l&rsquo;Etre (son \u00e9manation) et la pens\u00e9e interne \u00e0 l&rsquo;Etre, mais l&rsquo;une et l&rsquo;autre sont des attributs de la Substance, c&rsquo;est-\u00e0-dire seulement substantielles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour Kant, les choses de l&rsquo;\u00e9tendue sont formelles, dans le transcendantal, et le jugement du m\u00eame ne s&rsquo;exprime que par des formes cat\u00e9gorielles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Toute sa pens\u00e9e, ainsi, se r\u00e9duit au triple sch\u00e8me :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">la transcendance (hors du connaissable : informelle)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/KANT003.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1027\" title=\"KANT003\" src=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/KANT003.jpg\" alt=\"\" width=\"1058\" height=\"361\" srcset=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/KANT003.jpg 1058w, http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/KANT003-300x102.jpg 300w, http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/KANT003-1024x349.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 1058px) 100vw, 1058px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">l&rsquo;Archetypus (hors de l&rsquo;\u00e9tendue : immat\u00e9riel).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On voit que, dans un tel syst\u00e8me, non seulement l&rsquo;Etre comme informel mais l&rsquo;Archetypus, comme immat\u00e9riel, sont tenus en dehors de la r\u00e9alit\u00e9 (de la Pens\u00e9e ou de l&rsquo;Etendue). D&rsquo;o\u00f9 son caract\u00e8re paradoxal et irr\u00e9el.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Car le contenant (la totalit\u00e9) ne peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme int\u00e9rieur au contenu (la partie), m\u00eame s&rsquo;il en est ainsi pour un JE objectif auquel JE ne peut atteindre sans cesser d&rsquo;\u00eatre JE.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le sch\u00e8me 2, ainsi, doit \u00eatre invers\u00e9 en :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/KANT004.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1028\" title=\"KANT004\" src=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/KANT004.jpg\" alt=\"\" width=\"1059\" height=\"162\" srcset=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/KANT004.jpg 1059w, http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/KANT004-300x45.jpg 300w, http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/KANT004-1024x156.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 1059px) 100vw, 1059px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et, d\u00e8s lors, il ne subsiste aucun des 4 malentendus.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais, contradictoirement, d\u00e8s lors, le syst\u00e8me cesse d&rsquo;\u00eatre induit de l&rsquo;exp\u00e9rience, o\u00f9 le JE-unit\u00e9 est partie relationnelle dans la Relation et totalit\u00e9 modale de ses modes, selon le sch\u00e8me :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/KANT005.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1029\" title=\"KANT005\" src=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/KANT005.jpg\" alt=\"\" width=\"1058\" height=\"205\" srcset=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/KANT005.jpg 1058w, http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/KANT005-300x58.jpg 300w, http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/KANT005-1024x198.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 1058px) 100vw, 1058px\" \/><\/a><\/p>\n<p>En identifiant le jugement cat\u00e9goriel \u00e0 la cat\u00e9gorie constitutive (en d\u00e9pit de sa mise en garde de ne pas confondre la notion ou le rapport sujet\/objet avec le fait ou le rapport objet\/sujet), Kant a pos\u00e9 deux axiomes inconciliables, tels qu&rsquo;il ne peut \u00e0 la fois admettre l&rsquo;un et l&rsquo;autre, car l&rsquo;Entendement oppose n\u00e9cessairement le contenu au contenant, ne serait-ce que pour les distinguer. Si bien qu&rsquo;une partie relationnelle dans la Relation ou une modalit\u00e9 dans le Mode ne sont pour l&rsquo;Entendement que des tautologies.<\/p>\n<p>Soit une s\u00e9rie constitutive corporelle :<\/p>\n<p>l&rsquo;\u00e9piderme &gt; le sang (dans la veine ou l&rsquo;art\u00e8re) &gt; le globule (dans le sang) &gt; la cellule, le noyau, etc.<\/p>\n<p>3 termes de cette s\u00e9rie sont effectivement constitutifs, mais le 4<sup>\u00e8me<\/sup> est relationnel (l&rsquo;\u00e9piderme), et c&rsquo;est en tant que relation avec l&rsquo;\u00e9tendue que le corps tout entier est per\u00e7u.<\/p>\n<p>Soit une s\u00e9rie constitutive immat\u00e9rielle :<\/p>\n<p>les arch\u00e9types initiaux &lt; les associations de pens\u00e9e (hasardeuses) &lt; les syntagmes logiques ou grammaticaux &lt; le jugement.<\/p>\n<p>3 termes sur 4 de cette s\u00e9rie sont constitutifs et le 4<sup>\u00e8me<\/sup> seulement est modal (le jugement), mais c&rsquo;est en tant que mode de pens\u00e9e, d&rsquo;ailleurs conforme ou non \u00e0 la mode du temps, que la s\u00e9rie enti\u00e8re est per\u00e7ue.<\/p>\n<p>Or, la seconde s\u00e9rie s&rsquo;exprime comme un acheminement de la particularit\u00e9 (cet arch\u00e9type-l\u00e0) \u00e0 la g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9 du jugement; la premi\u00e8re s\u00e9rie se formule comme une succession mat\u00e9rielle des cellules \u00e0 la totalit\u00e9 de l&rsquo;individu.<\/p>\n<p>Mais elles sont toutes deux, \u00e0 la fois, des modalit\u00e9s et des relations, alternativement solides et liquides ou hasardeuses et n\u00e9cessaires (dans le sens kantien du vocable).<\/p>\n<p>Le seul sch\u00e8me qui tiendrait compte de cette dialectique, \u00e0 l&rsquo;infini, ne serait pas dialectique mais quadrilogique :<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/KANT006.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1031\" title=\"KANT006\" src=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/KANT006.jpg\" alt=\"\" width=\"1056\" height=\"166\" srcset=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/KANT006.jpg 1056w, http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/KANT006-300x47.jpg 300w, http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/KANT006-1024x160.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 1056px) 100vw, 1056px\" \/><\/a><\/p>\n<p>A ce sch\u00e8me et \u00e0 celui-ci seulement pourraient se juxtaposer non seulement le 3<sup>\u00e8me<\/sup> tableau de Kant mais ceux de Platon et de Lie tseu :<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/KANT007.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1032\" title=\"KANT007\" src=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/KANT007.jpg\" alt=\"\" width=\"1059\" height=\"233\" srcset=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/KANT007.jpg 1059w, http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/KANT007-300x66.jpg 300w, http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/KANT007-1024x225.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 1059px) 100vw, 1059px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Imm\u00e9diatement per\u00e7u par un \u00e9sot\u00e9riste, un tel sch\u00e8me ne peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 par la raison que comme follement impr\u00e9cis (jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;absurde), puisque la raison ne reconna\u00eet qu&rsquo;un seul sens sur les deux, des aiguilles d&rsquo;une montre ou \u00e0 l&rsquo;inverse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Platon et Kant<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette impr\u00e9cision n&rsquo;enl\u00e8ve rien \u00e0 la perfection de l&rsquo;ensemble, mais elle enl\u00e8ve, en quelque sorte, tout support <em>rationnel<\/em> au syst\u00e8me kantien. Le philosophe en \u00e9tait assez conscient pour, ne mettant jamais en doute le caract\u00e8re universel de ses tableaux, reconna\u00eetre en plusieurs occasions qu&rsquo;il ne pouvait \u00ab\u00a0ni les d\u00e9montrer rationnellement ni en justifier les rapports\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le <em>4<sup>\u00e8me<\/sup> r\u00e9volt\u00e9<\/em> est de nouveau \u00e0 l&rsquo;\u0153uvre, que Kant honore \u00e0 sa fa\u00e7on quand, se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 Platon, il affirme que \u00ab\u00a0notre raison s&rsquo;\u00e9lance tout naturellement vers des connaissances qui vont trop loin pour qu&rsquo;un quelconque objet fourni l&rsquo;exp\u00e9rience puisse co\u00efncider avec elles, (mais) qu&rsquo;elles n&rsquo;en ont pas moins leur r\u00e9alit\u00e9 propre et ne se r\u00e9duisent pas \u00e0 des chim\u00e8res\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De fait, Kant ne cesse pas de se comparer au philosophe grec et de tenter de comprendre, par suite, ses 3 Id\u00e9es. Si son domaine est l&rsquo;Entendement, auquel il a r\u00e9duit le Vrai, il ne craint pas de s&rsquo;\u00e9vader vers le Beau ou vers le Bien :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Deux choses remplissent mon \u00e2me d&rsquo;admiration et de respect, le ciel \u00e9toil\u00e9 au-dessus de moi et la loi morale en moi\u00a0\u00bb (<em>Critique de la raison pratique)<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">S&rsquo;il voit dans le Beau le plus haut terme de l&rsquo;objectivit\u00e9 parfaite, li\u00e9 \u00e0 un Chiffre qu&rsquo;il ne conna\u00eet pas, il fait du Bien le plus haut terme d&rsquo;une \u00ab\u00a0subjectivit\u00e9 collective\u00a0\u00bb qu&rsquo;impose \u00e0 l&rsquo;\u00e2me l&rsquo;Imp\u00e9ratif Cat\u00e9gorique, recr\u00e9ant de la sorte, sinon trois dieux, trois entit\u00e9s : l&rsquo;Imp\u00e9ratif, l&rsquo;Archetypus Intellectus et le Chiffre de l&rsquo;harmonie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En d\u00e9pit de ces tentatives \u2013 et tentations \u2013 non seulement le philosophe allemand ne r\u00e9p\u00e8te pas le Grec, mais leurs syst\u00e8mes sont exactement antinomiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">a) Platon diversifie \u00e0 l&rsquo;infini les 12, au point de ne pouvoir les nommer; Kant s&rsquo;en tient, toute sa vie, \u00e0 la formulation qu&rsquo;il d\u00e9finit;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">b) Platon a ignor\u00e9 le Sujet : son syst\u00e8me se veut totalement objectif; Kant ignore l&rsquo;Objet : son syst\u00e8me se veut uniquement subjectif;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">c) Platon se fonde sur le Nombre, Eros; Kant sur le dieu du subconscient : l&rsquo;Intelligence des arch\u00e9types.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si Platon n&rsquo;a con\u00e7u le Verbe Int\u00e9rieur (Basis ou H\u00e9pha\u00efstos) que comme un \u00ab\u00a04<sup>\u00e8me<\/sup> rebelle\u00a0\u00bb ou le serviteur du D\u00e9miurge, exactement le da\u00efmon de Socrate, Kant ne con\u00e7oit le Nombre que comme un chiffre ou une cl\u00e9 pour d\u00e9crypter le subconscient. O\u00f9 le premier d\u00e9nombre, le deuxi\u00e8me d\u00e9chiffre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Or, pr\u00e9cis\u00e9ment, c&rsquo;est le m\u00e9pris de la \u00ab\u00a0dialectique profonde\u00a0\u00bb au profit du Nombre qui a fait l&rsquo;\u00e9chec de Platon quand il tentait de formuler son utopie : la R\u00e9publique. Car la cit\u00e9 future, d&rsquo;Amour, devait \u00eatre essentiellement dialectique et polaris\u00e9e. Mais il manquait \u00e0 Platon la connaissance ou la compr\u00e9hension de cette polarit\u00e9, encore inconnue ou \u00e0 peine sugg\u00e9r\u00e9e par Emp\u00e9docle, si bien que son Eros demeure herm\u00e9tique ou savant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De m\u00eame, c&rsquo;est le m\u00e9pris du nombre (et, particuli\u00e8rement, son ignorance du maniement de l&rsquo;inversion math\u00e9matique) au profit de la \u00ab\u00a0dialectique profonde\u00a0\u00bb qui fait l&rsquo;\u00e9chec de Kant, quand il tente de cr\u00e9er son utopie : la Soci\u00e9t\u00e9 Civile. Aux 3 restrictions qu&rsquo;il s&rsquo;impose correspondent les 3 visions de l&rsquo;Histoire future auxquelles il parvient :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">a) une caducit\u00e9 croissante : ce sera l&rsquo;<em>entropie<\/em>, que r\u00e9v\u00e8lera la 2<sup>\u00e8me<\/sup> loi de la thermodynamique. Toute causalit\u00e9 \u00e9tant n\u00e9cessit\u00e9 et le sens du temps cause\/effet ne conduisant qu&rsquo;\u00e0 la mort, il n&rsquo;y a pas de renaissance possible. L&rsquo;humanit\u00e9 ne peut aller que d&rsquo;un \u00e2ge d&rsquo;or originel (la coh\u00e9rence parfaite) \u00e0 un d\u00e9sordre croissant;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">b) une am\u00e9lioration constante (depuis l&rsquo;h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 d&rsquo;origine), ce sera la notion mat\u00e9rialiste du Progr\u00e8s, tendant de fait \u00e0 une homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 parfaite, \u00e0 une autre sorte de mort paradisiaque : le futur \u00e2ge d&rsquo;or;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">c) un \u00e9ternel balancement du pire au mieux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le philosophe rejette comme monstrueuse la premi\u00e8re hypoth\u00e8se et, comme irr\u00e9alisable, la seconde. Si le chemin de la perfection est imaginable, sa finalit\u00e9 nous \u00e9chappe; ou, pour mieux dire, \u00ab\u00a0la perfection n&rsquo;est qu&rsquo;une id\u00e9e, elle n&rsquo;est pas une possibilit\u00e9 r\u00e9elle\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quant \u00e0 la troisi\u00e8me hypoth\u00e8se, l&rsquo;alternance, elle ne conduit qu&rsquo;\u00e0 un \u00e9tatisme d&rsquo;o\u00f9 seraient exclus \u00e0 la fois \u00ab\u00a0le droit \u00e0 la r\u00e9volte\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0le droit \u00e0 la tyrannie\u00a0\u00bb. En sorte que l&rsquo;Archetypus de Kant demeure seulement dialectique et son Utopie une conformit\u00e9, alors que la cit\u00e9 future (de Libert\u00e9), si elle advient, devra \u00eatre cr\u00e9atrice et potentialisante.<\/p>\n<div id=\"attachment_1037\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/KANT10.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1037\" class=\"size-medium wp-image-1037\" title=\"KONICA MINOLTA DIGITAL CAMERA\" src=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/KANT10-300x225.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"225\" srcset=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/KANT10-300x225.jpg 300w, http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/KANT10.jpg 602w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1037\" class=\"wp-caption-text\">Illustration Pierre-Jean Debenat<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1796, s&rsquo;avouant que la Raison demeure impuissante ici \u2013 et sa propre Critique d\u00e9risoire \u2013 Kant ne craindra pas de pr\u00e9voir une \u00ab\u00a0nouvelle scolastique\u00a0\u00bb, un simple \u00ab\u00a0langage d&rsquo;\u00e9cole\u00a0\u00bb dans les soci\u00e9t\u00e9s de l&rsquo;avenir<a href=\"#_ftn1\">[1]<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e8s 1784, il aura glorifi\u00e9 l&rsquo;absolutisme des Princes et refus\u00e9 le chemin de la tol\u00e9rance au profit de la soumission. Son \u00e9poque est \u00ab\u00a0mauvaise\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0atteinte de barbarie\u00a0\u00bb, mais il continue \u00e0 croire en l&rsquo;avenir. Lorsque cette croyance se fera totalement utopique, il devra renoncer \u00e0 l&rsquo;enseignement (1796).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De 1798 \u00e0 sa mort (1804), il sombrera dans une d\u00e9mence s\u00e9nile. Ce sera dans cette p\u00e9riode qu&rsquo;il tentera \u2013 vainement \u2013 d&rsquo;atteindre au Chiffre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ses \u0153uvres les plus importantes auront tenu en ces quinze ans : 1781\/1796, 2159 ans \u00a0apr\u00e8s l&rsquo;\u0153uvre de Platon (-378\/-263 pour l&rsquo;essentiel) et sa mort est survenue 2 151 ans apr\u00e8s celle du Grec (-347\/1804). Kant a v\u00e9cu 80 ans et Platon 83 ans, en sorte que 2 154 ans s\u00e9parent leurs naissances : -430\/1724).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Telle est la correspondance la plus notable entre les deux philosophes. L&rsquo;un a v\u00e9cu la fin de la Vierge et l&rsquo;autre la fin du Roi, au seuil tous deux de la m\u00eame \u00ab\u00a0saison\u00a0\u00bb pr\u00e9cessionnelle : le triomphe universel de la Raison.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quand meurt le Grec l&rsquo;\u00e9toile d&rsquo;Alexandre se l\u00e8ve; celle de Napol\u00e9on quand l&rsquo;Allemand meurt.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Les successeurs : Hegel<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A la correspondance des temps s&rsquo;en ajouteront bient\u00f4t cent autres.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avec Philippe et Alexandre, la Mac\u00e9doine prend sur la sc\u00e8ne du monde la place qu&rsquo;y ont tenue nagu\u00e8re encore la Grande Perse, puis les cit\u00e9s grecques : l&rsquo;avenir est aux petits Etats hell\u00e9nistiques, dont les technites chald\u00e9ens feront ce qu&rsquo;on sait.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avec les arm\u00e9es de la R\u00e9publique, du Consulat et de l&rsquo;Empire, la France prend la place qu&rsquo;ont tenue nagu\u00e8re encore la Grande Espagne et les divers Islams : l&rsquo;avenir est aux petits Etats europ\u00e9ens dont quinze ou vingt esprits juda\u00efsant : Darwin, Marx, Freud, Einstein, L\u00e9nine feront ce que nous voyons. C&rsquo;est la R\u00e9volution fran\u00e7aise qui a donn\u00e9 aux juifs leur statut de citoyens, mais c&rsquo;est Napol\u00e9on qui les a lib\u00e9r\u00e9s dans toute l&rsquo;Europe, instituant leur Sanh\u00e9drin et glorifiant au-dessus de toutes les entit\u00e9s leur dieu de Justice.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pas plus qu&rsquo;Aristote n&rsquo;\u00e9tait chald\u00e9en, Hegel n&rsquo;est juif. Mais, comme le syst\u00e8me du premier ramenait des formes platoniciennes \u00e0 l&rsquo;exaltation de la mati\u00e8re, le syst\u00e8me du second ram\u00e8ne de la subjectivit\u00e9 kantienne \u00e0 l&rsquo;objectivit\u00e9 scientiste.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme, aux 4 de Platon, mal d\u00e9finis, Aristote substituait les Qualit\u00e9s, d&rsquo;o\u00f9 allait na\u00eetre toute la science technite, aux 3 de Kant, mal d\u00e9finis, Hegel suppl\u00e9e par la Th\u00e8se, l&rsquo;Antith\u00e8se et la Synth\u00e8se, d&rsquo;o\u00f9 na\u00eetront non seulement la science acad\u00e9mique du 19<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle mais, en menant jusqu&rsquo;\u00e0 son terme le recours au Fait (contre le Mythe), toute l&rsquo;\u00e9conomie marxiste, l&rsquo;\u00e9volutionnisme darwinien et la psychanalyse freudienne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour Aristote comme pour Hegel, c&rsquo;est d&rsquo;abord le recours \u00e0 la causalit\u00e9. Mais c&rsquo;est aussi la haine de la voie inverse : le rejet du d\u00e9lirant (platonicien nagu\u00e8re, aujourd&rsquo;hui marginal, id\u00e9aliste, r\u00e9trograde, \u00e0 enfermer).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Retenant seulement du syst\u00e8me kantien la mise en parenth\u00e8se de la\u00a0 \u00ab\u00a0transcendance\u00a0\u00bb, mais niant la priorit\u00e9 du subjectif sur l&rsquo;objectif, mille savants pr\u00e9tendront que l&rsquo;Objet est connaissable \u2013 ou observable, sinon \u2013 et le prouveront par un flot de trouvailles techniques sans exemple dans le pass\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pas plus qu&rsquo;Aristote nagu\u00e8re, Hegel n&rsquo;a d\u00e9sir\u00e9 de tels disciples. La preuve en serait ais\u00e9e \u00e0 administrer : par son sens rigoureux, encore kantien, de la Loi; par sa connaissance des Eres successives de l&rsquo;humanit\u00e9 et de leur d\u00e9clin fatal, suivi d&rsquo;un renouveau; par son affirmation que l&rsquo;En-soi se r\u00e9alise, de m\u00eame que l&rsquo;humanit\u00e9, par cycles successifs et que le JE est nombre; par le sens proph\u00e9tique qu&rsquo;on ne peut lui d\u00e9nier (l&rsquo;Avenir appartient \u00e0 l&rsquo;Am\u00e9rique du Nord), etc. Mais, plus que tout autre, il a omis de se consid\u00e9rer comme contenu dans le R\u00e9el (espace et temps); il s&rsquo;est cru en mesure de d\u00e9cr\u00e9ter des lois qui r\u00e9giraient l&rsquo;univers. En oubliant qu&rsquo;on ne juge que du dehors et que nul homme ne peut se dire hors de <em>ce qui est<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par cette br\u00e8che se sont engouffr\u00e9s toutes les sciences d&rsquo;abord, puis tous les syst\u00e8mes politiques, \u00e9conomiques, sociologiques, ethnologiques, astrophysiques et m\u00e9dicaux qui n&rsquo;ont pas fini de prolif\u00e9rer. Or, \u00e0 chaque syst\u00e8me correspond une application restreinte, puis universelle. A chaque application une nouvelle restriction de la libert\u00e9 individuelle, une nouvelle h\u00e9catombe, une nouvelle pollution, une nouvelle destruction de biens irr\u00e9cup\u00e9rables, dans le renversement du progressisme juif \u00e0 l&rsquo;expression contemporaine de la Tych\u00e9 des Hell\u00e9nistes : \u00ab\u00a0On n&rsquo;arr\u00eate pas le progr\u00e8s\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Puis, ce temps aussi se retourne, et de nouveaux pr\u00e9cis ridicules voient le jour, qu&rsquo;il reste \u00e0 \u00e9tudier.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Jean-Charles Pichon<\/p>\n<div>\n<hr size=\"1\" \/>\n<div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> On ne compare pas sans surprise cette vision \u00e0 celle de Nietzsche, dont la philosophie ne doit gu\u00e8re \u00e0 Kant; c&rsquo;est la m\u00eame soci\u00e9t\u00e9 \u00ab\u00a0non vraie\u00a0\u00bb et sans vertu, en laquelle les deux penseurs voient l&rsquo;antichambre de la Libert\u00e9. Cette socialisation, d&rsquo;une part fanatis\u00e9e et de l&rsquo;autre imposteuse, que seront, d&rsquo;une mani\u00e8re quelconque, tous les Etats de la Terre avant la fin de ce si\u00e8cle\u2026<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; II Les Philosophes KANT &nbsp; Texte : La critique de la raison pure (1781) Le probl\u00e8me \u2013 Le probl\u00e8me irr\u00e9solu devant lequel se retrouve Kant apr\u00e8s un si\u00e8cle et demi de rationalisme croissant est l&rsquo;antinomie du sujet et de &hellip; <a href=\"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/?p=1021\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[41],"tags":[],"class_list":["post-1021","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-le-jeu-de-la-realite"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1021","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1021"}],"version-history":[{"count":13,"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1021\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1936,"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1021\/revisions\/1936"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1021"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1021"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.jeancharlespichon.com\/wp\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1021"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}